Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air· 17 juillet 2025 11 min

Gel des pensions, abattement de 10% : qu'en pensent les retraités ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

de vacances en mai. - L.Sénéchal: Une catégorie, jusqu'ici, avait été épargnée par les différentes mesures d'économies: les retraités.

F.Bayrou voudrait geler leurs pensions l'an prochain et remplacer leur abattement de 10 % par un forfait de 1000 euros. Comment les retraités ont accueilli cette annonce? - Ce matin, au marché de Suresnes, les efforts demandés aux retraités animent les discussions autour du café. - On va encore payer.

On n'a pas le choix. - De toute façon...

Il faut que tout le monde participe. Il y a un effort national. Tout le monde doit participer.

On fera avec...

En plus, la plupart des retraités sont propriétaires. 70 % des retraités sont propriétaires. On est favorisés. - Avec des pensions qu'ils jugent plutôt confortables, l'annonce d'un gel des retraites est plus facile à digérer que pour cette retraitée qui touche 900 euros par mois. - Je suis à la retraite.

Je continue à travailler. Je n'ai pas les moyens d'arrêter et de payer une voiture ou quoi que ce soit. Maintenant, il faut faire des efforts, mais il faut que ce soient les politiques qui font des efforts en premier.

Arrêter de dépenser pour la gabegie...

Partout, à gauche et à droite... - Les retraités, on a moins besoin de choses, c'est vrai.

On s'habille moins. On mange moins. Mais on a des enfants.

Je pense aussi à nos petits-enfants, qui ont aujourd'hui besoin de nous. Le salaire des ménages ne suffit plus. - A quelques kilomètres de Fontainebleau, ce couple accuse lui aussi le coup.

Une année blanche en perspective et des dépenses de santé dans le viseur du gouvernement. - Ce sont tous mes médicaments. Au moins, je me soigne et je ne vais jamais à l'hôpital. - Lucien, 90 ans, a des problèmes cardiaques et pulmonaires.

Il prend tous les jours une dizaine de médicaments. Certains ne sont déjà plus remboursés. - Les médicaments, ce n'est pas moi qui les demande.

On me les prescrit. Si mon médecin me les prescrit, je pense qu'il considère que j'en ai besoin. - Tu prendras un café? - Oui. - Avec sa femme de 71 ans, ils touchent 2200 euros nets de retraite à deux. - On n'est pas malheureux.

Il y en a qui sont dans des situations beaucoup plus difficiles, malheureusement. Mais c'est vrai qu'on a dans la tête, maintenant, cet objectif. "Ca, on peut renoncer.

Le restaurant, finalement, on reste à la maison..." - Les seniors sont des cibles faciles pour le gouvernement, mais la colère couve. - On a l'impression qu'on ne nous entend pas.

On ne va pas dans la rue. On ne fait pas de grosses manifestations. Les retraités restent chez eux.

Je pense qu'avec ces mesures, les retraités seront plus enclins à voter pour le RN qu'avant. - Selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès, le vote en faveur du RN a considérablement progressé chez les seniors. De 12 % aux législatives de 2022, il est passé à 26 % en 2024. - L.Sénéchal: Question. - D.Seux: Jusqu'à maintenant, et on parle des retraités imposables...

C'était une réduction de 10 % plafonnée à 4321 euros, je crois. L'idée, c'est de remplacer cette réduction d'impôt de 10 % par ménage par un abattement annuel de 2000 euros par personne. Très concrètement, et c'est là l'erreur de communication de F.Bayrou hier, en réalité, pour certains retraités...

On n'a pas les statistiques, encore. A.de Montchalin a promis à l'Assemblée il y a une heure de les transmettre.

Je ne sais pas si on les aura très vite. 1/4 des retraités vont voir leur facture fiscale augmenter. Ce sont les plus aisés.

Ceux qui ont une pension supérieure à 20 000 euros. Pour une partie importante des autres imposables, il y aura un gain fiscal. L'exemple que donne le ministère des Finances depuis ce matin est le suivant: 2 retraités qui ont chacun une pension de 15 000 euros par an vont avoir un gain, avec le nouveau système, de 1000 euros par an.

Ce gain semble supérieur à la perte que va représenter, par ailleurs, le gel de leur pension pendant un an. Donc il y a des gagnants, ce qui est surprenant par rapport à tout le bruit qu'on a entendu hier. J'entendais encore le représentant du RN ce matin qui ne croyait pas en cette affaire. - L.Sénéchal: Est-ce qu'il n'aurait pas fallu trouver un mécanisme plus simple à expliquer? - D.Seux: D'une certaine manière, il est plus juste. dans l'affaire alors que l'abattement de 10 %, et je promets de ne plus donner aucun chiffre après, coûtait 4 milliards à l'Etat.

Il reprend 1 milliard. - L.Sénéchal: Les retraités, c'est le socle électoral d'E.Macron.

Ca lui avait coûté cher de toucher à la CSG, pour les retraités les plus aisés. - J.Fourquet: E.Macron avait déjà tenté de demander des efforts aux retraités les plus aisés.

Mais ce, en ciblant une certaine catégorie de retraités. Tout ça s'était mal terminé politiquement et sondagièrement. E.Macron, en bout de course, avait dû revenir sur cette décision.

Là, c'est peut-être la même histoire qui risque de se jouer. Quand c'est mal embarqué, les choses ont du mal à être remises d'aplomb par la suite. Ce retraité de la périphérie de Fontainebleau a dit que les retraités ne défilaient pas et qu'on ne les entendait donc pas.

Les retraités s'expriment différemment. - L.Sénéchal: Ils ont beaucoup de relais, depuis la CGT jusqu'au RN. - J.Fourquet: Ils sont proportionnellement plus nombreux dans les urnes.

Comme ils votent davantage que la moyenne des Français et que nous avons un pays qui vieillit, ils représentent plus de 35 % des inscrits sur les listes électorales. Mais sur différents scrutins, leur poids électoral peut monter jusqu'à 40-45 % des votants. Quand vous regardez les politiques économiques qui ont été menées au cours des dernières années, on voit qu'en filigrane, cette catégorie de la population n'a jamais été oubliée, loin s'en faut.

Un exemple très parlant: la décision qu'avait prise E.Macron pendant la campagne électorale de 2022 d'annoncer le recul de l'âge de départ à la retraite à 64 ans, qu'il savait être très impopulaire dans l'ensemble de la population, mais populaire chez les retraités. Les retraités qui n'allaient pas être concernés directement par cette mesure allaient l'être indirectement.

Toute mesure qui vise à équilibrer financièrement le système des retraites va leur profiter. Les retraités n'ont donc pas été oubliés, loin s'en faut, au cours des dernières années. - N.Saint-Cricq: Il y a eu des choses de communication.

C'est un sujet compliqué. On peut dire qu'on a un abattement de 2000 euros par an. Encore faut-il payer des impôts.

Ceux qui sont en dessous risquent de rentrer dedans, et ce sera pour eux, mais encore faut-il payer des impôts pour avoir cet avantage. Deuxièmement, il a employé l'expression "petites et moyennes retraites". Personne n'est d'accord sur la notion de "petite retraite".

Quand vous dites "20 000 par an", en termes de retraite, ça semble quelque chose d'assez faible. D'autres vont considérer que c'est énorme parce qu'ils ont moins. Il faut partir du principe que la retraitée qu'on a vue croit aux 1 % d'inflation.

Si c'est 1 % d'inflation mais que tout augmente, ça va être compliqué. Les retraités sont revendicatifs, mais pas tant que ça. Certains ont la culpabilité de dire qu'il faut faire un effort...

Ils savent qu'on dit que les actifs sont moins bien rémunérés que les non-actifs. Elle parle de la gabegie. Cette idée qu'on a travaillé très longtemps, qu'on a mérité notre retraite...

Comme s'ils ne comprenaient pas que c'était par répartition. C'est comme si on avait mis dans un cochon, une tirelire, à la caisse d'épargne...

A côté de ça: "Maintenant qu'on a des petits-enfants, des enfants...

On dépense beaucoup pour certaines personnes et c'est nous qui payons." Il faut faire comprendre la logique qu'il y a derrière, ne pas culpabiliser des retraités qui sont par définition plus malades, plus angoissés, en fin de vie... - L.Sénéchal: C'est une question de justice ou de justesse.