🗣️ Restitution Notre France, Parlons-en à Toulouse | Discours de clôture d'Olivier Faure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je suis ravi d'être à Toulouse parmi vous, et pas seulement parce que j'y retrouve mon camarade Sébastien Linsigny, avec une partie de la direction de notre parti, mais aussi parce que Sébastien l'a dit, Toulouse c'est un peu une petite France qui mêle toute notre diversité, sa complexité aussi, et puis peut-être aussi parce que, comme l'a chanté de Nougaro, ici même les mémés aiment la castagne. Et donc, nous ce que nous aimons c'est effectivement le combat, nous battre pour des idées. Et nous avons voulu les éprouver avec ce que les Français avaient à nous dire, et nous sommes là au terme d'un voyage qui nous a mené d'est en ouest, du nord au sud.
Nous avons visité à la fois une grande métropole, mais aussi des villages, des villes, des territoires périurbains, des territoires très urbains, et nous avons cherché à comprendre ce que les Français avaient à nous dire. Mais que sommes-nous venus chercher au fond que nous ne sachions déjà ? Les élus ont des permanences, chaque semaine ils reçoivent. Les militants ne sont pas hors du monde, et ils vivent, ils ressemblent aux Françaises et aux Français. Mais pourtant, il y a des moments où quelque chose émerge, une conviction, celle qu'il est le moment de retourner à la source. Et la source, ce sont les Françaises et les Français eux-mêmes.
Des moments où il faut sentir de l'actualité, de ces injonctions, est d'écouter le cœur battant du pays, écouter vraiment, écouter de son cœur, écouter de sa raison. C'est ce que j'ai décidé de faire au nom de notre parti, au nom des socialistes, et je ne suis pas venu au cours de ces séances parler. Non, je suis venu écouter. Et soir après soir, vous êtes venu, et je vous ai écouté. Vous n'étiez pas forcément militantes et militants, ni même sympathisants, résignés, parfois critiques, d'autres fois, confiants ou défiants à l'égard des élus, mais vous étiez le peuple français. J'ai écouté vos vies ébranlées, secouées, empêchées.
Et comme celles et ceux qui ont participé avec moi, nous avons été nous-mêmes bousculés, parfois même bouleversés. Oui, bouleversés. Je me souviens, et vous l'avez vu dans le film qui a été passé, je me souviens de cette assistante sociale à la Seine-sur-Mer, cher Olivier, qui nous a dit souffrir de ne plus avoir les moyens de faire son métier, et qui raconte qu'elle est face à cette dame qui n'a plus rien, et qu'elle doit lui dire, mais vous n'avez plus de shampoing, et bien diluez le shampoing. Vous n'avez plus de liquide vaisselle, coupez le liquide vaisselle avec de l'eau. Vous n'avez plus d'huile, et bien maintenant, coupez la vinaigrette avec de l'eau.
Et qui finit par cette phrase, et demain je lui dis quoi ? Je lui dis qu'il faut couper l'eau avec de l'eau. Cette femme d'Argentheuil, qu'on n'a pas vue dans le film, cette jeune femme qui vivait jusqu'ici en Angleterre, à Londres, et qui est venue dans cette réunion nous dire qu'elle est atteinte d'une maladie dégénérative. Une maladie qui coûte cher. Et elle est venue pour simplement remercier la France, remercier la France d'être ce pays qui permet de se soigner gratuitement, et qui va lui permettre de continuer à vivre. Je pense aussi à cet enfant de Famek, Wassil. Onze ans. Onze ans, Wassil. Onze ans.
Assis là, à côté de sa maman, voilée, et c'est lui qui est venu nous faire l'éloge de la laïcité. Et c'est lui qui est venu nous dire, mais vous vous rendez compte, on parle beaucoup des Français racistes. Mais moi, je vous le dis, je sais que derrière la façade, les Français ne sont pas aussi racistes qu'on le dit. Nous avons ri parfois aussi. Nous avons ri, et vous avez entendu cette femme divorcée, d'origine maghrébine, et qui vient nous dire que son ex-mari, à force de regarder la télévision, a fini par devenir raciste. Et elle lui dit, mais tu ne peux pas, c'est impossible, n'oublie pas, rappelle-toi que tu as des enfants arabes racistes, tu ne peux pas l'être.
Alors oui, c'était tout ça que nous avons rencontré, que nous avons entendu. D'abord, des mots crus aussi, des mots difficiles à entendre pour celles et ceux qui passent 99% de leur existence à militer, à chercher à convaincre, et qui se retrouvent là, face à ces gens qui nous disent, je pense à ce jeune homme, c'était à Rennes, je crois, qui dit, visiblement, il ne savait pas qui j'étais, et qui dit, peu importe qui vous êtes, je sais déjà que je ne peux pas vous croire. Ce reproche, cette rupture entre le pays et ses élus, cette rupture démocratique, comme tout à l'heure nous en parlait Frédéric Gilly, je l'ai entendu chaque soir.
Du fait de ma présence, j'ai d'abord pensé que ce serait au Parti Socialiste qu'on s'en prendrait, qu'on dirait, à tel ou tel moment, vous avez trahi, à tel moment, vous étiez bien, mais là, pas du tout. Mais non, même pas. Même pas. Alors, attention, ne croyez pas que c'était la volonté d'une bienveillance à notre endroit, spécifiquement, non. Non, c'était parce que, tout simplement, ils nous vivent, nous, les hommes, les femmes politiques, comme un bloc, un bloc homogène, qui s'est disqualifié. Et, au fond, rien ne les distingue plus.
Soir après soir, j'ai entendu donc ces mots forts, ces mots qui nous disaient que nous vivons à l'écart des Françaises et des Français, que nous sommes déconnectés. cette phrase, ils prélèvent l'impôt et ensuite, ils retournent dans leur château. Je rassure tout le monde, nous n'avons pas de château, mais l'image est là. L'image est là de ce monde politique qui serait finalement totalement à l'écart de ce que vivent les Françaises et les Français. Excusez-moi de vous le dire, mais on n'a plus confiance en vous. Cette phrase que tout à l'heure, Sébastien rappelait, qu'avez-vous fait de nos peines ? Oui, qu'avez-vous fait de nos peines ?
Ce sont les mots d'une rupture démocratique profonde, une rupture qui ne se limite pas simplement à un décalage, celui dont je viens de parler, entre les dirigeants et les citoyens, mais plus tragique parce que cette rupture, elle porte sur le modèle démocratique lui-même, qui est vécu comme corrompu par l'impuissance des politiques qui ne peuvent plus rien pour nous et le contournement de la volonté populaire qu'elle s'exprime par des votes ou par des manifestations de masse. Les cahiers de doléances du Grand Débat ont été enterrés. Les Gilets jaunes, ils ont été disqualifiés. Les manifestations contre la réforme borne ont été soldées par un 49-3.
Et à chaque fois que la gauche parlementaire a cherché à remettre sur l'ouvrage, sur le métier, et bien toutes les techniques procédurales ont permis au gouvernement d'interdire le débat. Et même maintenant, François Beyrou, François Beyrou, qui avait expliqué aux Françaises et aux Français, en arrivant à Matignon, tellement heureux d'être là, nous disant, mais moi, je suis différent, voulant faire de ce dialogue social sa marque de fabrique. « Ah, il fallait maintenant reparler des retraites sans totem ni tabou, les mots sont de lui.
» Et puis voilà, le même, quelques semaines plus tard, qui nous explique désormais que rien n'est possible et qui cherche à contraindre le dialogue social, qui cherche à s'aborder son propre conclave qu'il avait lui-même annoncé. Alors, c'est comme ça. Le peuple trahit, il retire sa confiance. La France des ronds-points, des gilets jaunes, de la contestation, de la réforme des retraites. La France qui s'est élevée contre les violences sexistes et sexuelles, qui marche comme aujourd'hui contre le racisme et l'antisémitisme, elle ne s'est pas évaporée. Elle est toujours là.
Elle est toujours là, mais elle est lassée jusqu'à ne plus manifester, ne plus voter, ne plus rien attendre de la politique. Le risque, nous le connaissons, c'est le repli sur soi, sur ses proches, sur sa communauté, vécu comme le dernier filet de sécurité. Et pourtant, et pourtant, ça a été dit, à chaque déplacement, ce sont des centaines, des milliers de gens qui sont venus nous retrouver. Toutes générations confondues. Pourquoi ? Pourquoi, alors même qu'ils sont si défiants vis-à-vis de la politique, pourquoi sont-ils venus nous parler à nous qui appartenons à ce monde politique qui leur paraît si loin d'eux ?
Eh bien, sans doute parce qu'au fond de chacun, il reste quelque chose de ce peuple si politique qui pense que, qui continue de croire que la politique peut encore changer la vie. Alors, il n'y avait certes pas de rêve de grand soir. Il n'y avait pas cette idée d'une politique qui, d'un seul coup, avec une baguette magique, va tout libérer. Non, il y avait plutôt cette idée qu'avait exprimée Albert Camus lorsqu'il a reçu son prix Nobel en 1957. Cette phrase, vous la connaissez sans doute, elle dit la chose suivante. Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne, c'est pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande encore.
Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. J'ai rencontré des Françaises et des Français qui se sentent attaqués de l'extérieur car ils ne se sentent plus protégés par l'appartenance à un grand pays et minés de l'intérieur parce que notre socle de valeurs et notre modèle social semblent progressivement se dissoudre. L'unité du pays semble elle-même menacée d'archipélisation pour reprendre la formule du politologue Jérôme Fourquet. Il y a bien une grandeur qui est convoquée. Une grandeur, mais c'est celle du passé. Elle se confond avec notre patrimoine culturel.
On y parle de Tour Eiffel, on y parle de nos musées, on y parle de nos audicées industrielles passées, on y parle de tout ce qui a fait la France. La France comme un musée, la France comme une belle endormie qu'il faudrait réveiller. et surtout un modèle social qui n'épouse plus parfaitement ce que vivent nos concitoyens. Vous venez d'en parler. Nos vies ont été modifiées par les évolutions du travail. Ce travail qui ne paye plus assez pour vivre, aussi épuisant que déconsidéré, invisibilisé aussi.
Et ce n'est pas un hasard si autant de femmes se sont rendues dans ces rencontres et ont voulu parler de ce qu'elles vivaient, voulu dire qu'elles étaient au fond à la fois à souffrir de leur condition de travail, mais aussi de ne pouvoir en parler, de ne pas être entendues, d'être au fond victimes deux fois.
La première ligne, les infirmières, les aides-soignantes, les agents hospitaliers, les femmes de ménage, les caristes, les assistantes sociales, les aides familiales, les caissières, les bénévoles associatives, tous ces métiers du soin, du lien, qui prennent soin de nos aînés, qui accompagnent nos enfants, ils étaient là, ils étaient là, elles étaient là, présents, présentes pour nous dire plus que leur colère, leur amertume.
Que vaut un monde qui traite si mal les solidaires, ceux dont l'utilité sociale est indispensable à nos sociétés et qui sont privés d'une vie digne, tout en ayant le sentiment de trahir leur vocation ou leur mission lorsqu'elles ou ils n'ont plus les moyens de les accomplir dans de bonnes conditions. Vous avez entendu cette femme. Il y a aujourd'hui 30% d'entre nous qui sont monoparentales, dit-elle. On ne s'en occupe pas, on n'en a rien à foutre.
Des femmes qui galèrent, qui font la guerre, la guerre, c'est le mot qu'elles prononcent, la guerre, de se lever le matin, s'occuper de ses enfants, trouver une voisine pour aller les chercher à l'école, les récupérer, faire ses courses et puis, avec 3 ou 4 boulots, vivre avec 500 ou 600 euros par mois, devoir choisir les repas que l'on fait et les repas que l'on ne fait pas. Elle nous rappelle à cette réalité monstrueuse dans un pays qui siège parmi les 7 puissances économiques les plus importantes du monde. Et que dire de la place laissée aux plus jeunes ? Vous les avez aussi entendus. Ils sont venus nombreux nous interpeller, nous dire leur situation.
Il y avait quelque chose de douloureux dans leur prise de parole. Il y avait ce contraste entre les aînés qui disaient « L'avenir, c'est la jeunesse » et les jeunes qui venaient nous dire « Mais quelle place vous allez nous laisser ? Quelle place vous nous laissez ? » On trouve porte-close quand on cherche un emploi. Il faut travailler pour pouvoir étudier. On ne va pas travailler sur ces études, travailler pour pouvoir se financer et pour pouvoir étudier, continuer à étudier. À cet âge dont on dit qu'il est le plus beau de la vie, qui est celui de toutes les promesses, de tous les engagements, eh bien, est-ce que vous trouvez normal ?
Normal que ces jeunes-là nous disent à quel point il est difficile pour eux d'étudier, de vivre, de progresser ? Est-ce que vous trouvez normal que nous ayons tourné à ce point le dos à notre propre jeunesse ? Quelle place allons-nous donner à l'espérance si les plus jeunes d'entre nous ont même aujourd'hui le sentiment que leur place n'est plus ici mais ailleurs, qu'ils sont prêts à partir de notre pays parce qu'ils ont le sentiment que nous ne sommes plus prêts à les accompagner ? Est-ce que quelqu'un trouve normal ? Que ce soit nos jeunes qui fréquentent aujourd'hui les banques alimentaires ? Est-ce que vous trouvez cela normal ? Non. Et moi non plus, je ne trouve pas ça normal.
La pauvreté et la misère s'aggravent chaque jour un peu plus. Les plus riches s'enrichissent et les plus pauvres s'appauvrissent. et nous donnons le sentiment de rester impuissants face à ce creusement des inégalités. Victor Hugo, l'immense Victor Hugo est mort il y a maintenant exactement 150 ans. Mais son discours sur la misère est toujours d'une cruelle actualité. Que disait-il ? Vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre, tant qu'il y a en dessous de vous une partie du peuple qui désespère, tant que ceux qui pourraient travailler et demandent à travailler ne trouvent pas de travail. Depuis que ces mots ont été prononcés en 1859, nous avons heureusement beaucoup accompli.
Mais nous sommes de nouveau percutés par les logiques libérales, le techno-féodalisme, l'ubérisation de l'économie. Alors que le travail devrait être le levier, celui qui permet une intégration, donner une estime de soi, et bien nous comptons dans nos rangs, dans ce pays, la France, membre du G7, nous comptons 9 millions de nos concitoyens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Partout, nous avons entendu les mêmes incompréhensions nées du gouffre qui séparent ceux qui ont tout et ceux qui n'ont presque rien. Je cite « Est-ce que la France est un pays qui donne trop ? » Peut-être. Mais alors, elle donne mal parce qu'il y a de plus en plus de pauvres.
Nous sommes encerclés dans un piège ou quitter nos quartiers et obtenir un emploi à la hauteur de nos qualifications n'est pas possible. Ou encore, on ne vit pas, monsieur, on survit. cette agricultrice que vous avez entendue qui est installée hier depuis 21 ans et qui dit « D'année en année, en fait, je meurs. Il paraît que je nourris la France, mais ce n'est pas la France qui me nourrit. Elle est plutôt en train de me faire crever la bouche ouverte.
» Ce que j'ai compris de ces moments partagés, c'est l'appel urgent, l'appel pressant à revenir à nos fondamentaux, de stopper une course folle aux abîmes en revenant à l'essentiel, la dignité par le travail, par le logement devenu trop cher et qui limite le reste à vivre, mais aussi l'émancipation, le droit à un avenir par l'école. École dont nombre d'entre ceux qui nous ont parlé ont le sentiment qu'elle n'est plus en capacité d'accomplir sa mission. Là aussi, je cite, « Il faut changer l'éducation, revenir à un système où les enfants aient la même chose que j'ai eue. » dit un papa. « Je dois tout à l'école républicaine, mais nos enfants ne le vivent pas.
Je dois tout à l'école républicaine. » Moi aussi. Et la question que je nous pose, c'est « Est-ce que nos enfants pourront encore prononcer cette même phrase ? Je dois tout à l'école républicaine. C'est là que tout a commencé pour moi, pour vous, pour eux. C'est là que nous avons eu le sentiment d'appartenir à la République, d'accéder à sa promesse d'égalité. Le sentiment tout simple qui nous fait dire « Moi aussi, j'y ai droit. Moi aussi, je peux y arriver. Moi aussi, je vais y arriver. Et moi, demain, je veux que demain, tous les enfants de France puissent encore continuer à dire « Je dois tout à l'école de la République. » L'école n'a pas à être rentable.
L'école est là pour exercer sa fonction magistrale, former des citoyens, forger leur libre arbitre, créer des valeurs personnelles qui se fondent collectivement dans la République. Au cours de ces rendez-vous, il y avait aussi toutes nos contradictions. dans la même salle, il y avait le chef d'entreprise qui se plaint de payer trop de taxes et qui fait face à la maman qui est une maman isolée, qui appelle à l'aide parce qu'elle a la charge d'un enfant handicapé. Il y avait ceux qui refusent de continuer à alimenter le modèle social et ceux qui en ont besoin pour vivre ou survivre.
Il y avait ces Français issus de l'immigration qui se sentent étrangers dans le regard des autres et ceux qui voient dans l'étranger une menace. Il y avait cette jeune fille qui était là pour revendiquer la lutte contre le réchauffement climatique et son père à côté d'elle qui lui disait « Donnez-nous un peu de répit parce que je travaille dans l'industrie automobile. » Au bout du compte, ce qui ressort, c'est le sentiment d'une société déboussolée, sans cap, sans boussole, qui dérive au fil d'intérêts contradictoires. C'est la description d'un monde qui tourne à l'envers, confus, une bureaucratie qui régule moins qu'elle ne corsette et brille l'initiative.
Un système social devenu nébuleux qui ne sait plus faire face aux besoins réels des gens, plus assez proches et qui crée donc de la rancœur. Un système fiscal opaque qui protège les privilégiés et qui repose sur les classes moyennes. Et c'est la France, le pays de la passion de l'égalité, passion héritée de la révolution, qui est contrariée dans la façon dont fonctionne la société.
Comment accepter que la réussite de nos enfants soit conditionnée au statut social de leurs parents, que les plus riches échappent pratiquement à l'impôt, que des familles de plus en plus nombreuses peinent à finir le moins, que d'autres affichent des fortunes insolentes qu'ils menacent d'exporter si l'on envisage de les taxer, que les territoires entiers n'aient plus de médecins, d'hôpitaux et voient s'éloigner les services publics. Alors je crois que le moment est venu d'une grande remise à plat. Cette passion de l'égalité doit continuer à nous habiter, à nous inspirer et à l'égalité juridique doit venir s'ajouter celle des moyens, c'est-à-dire un droit égal et concret à trouver sa place.
Oui, sa place. J'ai croisé la route de concitoyens qui doutent de leur avenir parce qu'ils doutent d'abord de la permanence de notre identité. Identité. Identité, le mot est lâché. Ah, je sais que ça va faire rager, grogner, fâcher. Mais l'identité n'est pas un gros mot qu'il faudrait abandonner à l'extrême droite. L'identité de la France, c'est ce qui a été construit au cours de l'histoire pour finir par nous différencier des autres peuples et fonder notre personnalité nationale. Mais ces doutes, je le dis aussi sur l'identité de la France, ne sont pas d'abord liés à la question des flux migratoires. Ce n'est pas vrai, mais à notre capacité collective à tenir la promesse républicaine.
Notre identité ne se définit pas en référence à un passé figé, une histoire mythifiée, une France momifiée vers laquelle il faudrait sans cesse revenir au mépris des réalités d'aujourd'hui. Non, ce qui est intangible, ce qui traverse l'histoire, transcende nos erreurs, nos fautes et sublime nos victoires. Eh bien, c'est la devise de la République. Liberté, égalité, fraternité. Ces trois valeurs se déclinent dans un modèle démocratique et social. Des services publics puissants, une protection contre tous les grands accidents de l'existence en mutualisant les risques. Et c'est à chaque fois les entailles à ces principes qui font souffrir.
Et inversement, lorsqu'on les évoque, quand on y fait référence, c'est ce qui restaure l'espérance. Voilà le socle à partir duquel nous devons rebâtir. Ce que j'ai entendu, c'est cette envie de retrouver un pays dont la révolution a nourri l'imaginaire de peuples sur l'ensemble de la planète, qui a rendu universel les droits humains, qui a porté le droit international humanitaire, qui a eu une voix singulière, qui a résonné dans le monde avant de doucement s'éteindre sous les logiques de puissance et d'argent.
Bien sûr, le sujet de l'immigration a aussi été évoqué, souvent, mais pas sous l'angle d'une menace identitaire, plutôt comme un sujet à traiter de manière apaisée, dépassionnée, comme cette étudiante du Nord qui disait, je la cite, il faut en parler. D'ailleurs, entre nous, on arrive à en discuter. Personne ne conteste la nécessité d'accueillir les droits d'asile, les réfugiés, ni de contrôler l'identité, l'entrée, pardon, l'entrée et le séjour des étrangers. La question posée par la présence de personnes migrantes est moins celle de leur entrée que celle de leur contribution à l'activité du pays. La régularisation de ceux qui travaillent ne m'a pas semblé être un sujet.
Ce qui horte au contraire, c'est le renvoi systématique aux origines. Cette femme qui dit « Combien de générations faudra-t-il avant que mes enfants soient reconnus comme français ? » Cette femme de doué qui énumère « Je suis fille, je suis petite fille d'immigrés venus du Maghreb qui ont fait 37 ans dans la mine et dans l'acier, dans le nord et en Lorraine. Et au bout de quatre générations, au bout de quatre générations, c'est mon fils qui se fait arrêter sur le chemin du lycée parce qu'on voit encore en lui la figure de l'étranger, la figure de la menace.
C'est ça qu'ils ont à nous dire et au bout du compte, cette idée qu'au fond, on ne devient jamais français, qu'on n'est jamais français dans le regard des autres. C'est cette souffrance-là qu'il faut maintenant entendre. Mais au bout de vos colères que je fais miennes et aussi de vos découragements, j'ai senti votre désir de sortir le pays de sa langueur, de faire ensemble la démonstration que nous ne sommes ni épuisés ni prostrés. J'ai perçu cette vitalité fondée sur un amour de notre pays. Comme vous, je chéris ce pays. Comme vous, je crois en une France qui a une personnalité forgée par les épreuves de l'histoire mais en constante évolution face aux défis qui se présentent à elle.
Je crois en une France qui sait se réinventer sans se trahir. Pas un jadis dont on aurait la nostalgie, non, non, mais comme le voulait Michelet, une personne vivante ici et maintenant avec une mémoire, avec une volonté, avec un projet, nous sommes toutes et tous réunis en un même mouvement. Comme vous, je me fais une autre idée de la France que celle des exégètes de l'extrême droite qui parle d'une France flétrie. La bataille, en réalité, a commencé et elle oppose à courte échéance deux avenirs. Soit ce que vous dénoncez s'amplifiera, soit nous ouvrons un avenir désirable.
Les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations, les catastrophes climatiques deviennent de plus en plus fréquentes. À ce rythme, dans 15 ans, nos régions méditerranéennes connaîtront des températures extrêmes et certaines zones littorales pourraient même être englouties par l'élévation des eaux. Mayotte et La Réunion viennent de connaître deux cyclones, de subir deux cyclones, Chido et Garance, au prix du désespoir de leur population. Le réchauffement climatique aura des impacts significatifs sur l'économie, sur la santé, et sur les migrations internes. Il nous faudra nous adapter en permanence. Alors, que voulons-nous ?
Un futur où les efforts collectifs permettent de limiter les dégâts en construisant des villes plus résilientes, en développant massivement les énergies renouvelables, en encourageant l'agriculture régénératrice ou en investissant dans des infrastructures ou, au contraire, un futur où les crises climatiques exacerberont les inégalités et la violence. L'hyper-consommation met en péril à court terme nos ressources fondamentales et non extensibles. L'accès à l'eau, oui, l'accès à l'eau, à l'alimentation, à l'énergie. Sera-t-il un droit garanti pour tous ou un luxe réservé à quelques-uns ?
La raréfaction de l'eau, vous le savez, entraîne déjà des conflits d'usages et des tensions dans certaines régions entre parfois agriculteurs, industriels et particuliers. Le Chili a expérimenté la privatisation de l'eau. Les conséquences en ont été désastreuses. Voulons-nous suivre cette voie vers une société où le marché prend tout, où tout s'achète, tout se vend, où protéger nos biens communs et défendre une gestion publique équitable ? La société est fracturée entre les plus riches et le reste de la population.
Nous avons le choix entre un nouvel État-providence qui limite les écarts de fortune, de richesse, généralise l'accès aux services publics et un néo-féodalisme où les plus riches dominent l'économie et la politique. Les facteurs de division sont multiples. La montée du communautarisme et des replis identitaires est une réalité. Alors, sommes-nous prêts à accepter une société de plus en plus morcelée où chaque groupe vit en autarcie ? Je le dis, nous avons encore le choix d'investir dans l'éducation, dans les espaces de dialogue, dans la culture commune, plutôt que de laisser la fracture s'élargir. Le travail est progressivement transformé par les innovations technologiques.
Mais allons-nous vers un modèle où chacun pourra choisir un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle ou vers un monde où émergera un nouveau prolétariat soumis à des plateformes numériques, à des contrats courts, sans droits ni protections ? L'intelligence artificielle, la robotisation, les biotechnologies peuvent nous libérer ou au contraire nous priver de contrôle sur nos propres existences. Si nous laissons les géants du numérique imposer leurs règles, nous risquons un monde où la vie quotidienne sera dictée par des algorithmes, où la surveillance sera omniprésente. Nous avons déjà des exemples.
En Chine, le contrôle social détermine les droits des citoyens en fonction de leur comportement. Mais là aussi, nous pouvons encore choisir un autre chemin, encadrer ces technologies, garantir la transparence des algorithmes, imposer des règles strictes pour protéger nos libertés individuelles. La santé, les avancées médicales permettront de prolonger la vie, et c'est heureux, de prévenir de nombreuses maladies, d'individualiser les traitements. Mais ces progrès seront-ils accessibles à toutes et à tous ou seuls les riches, les plus riches pourront-ils s'offrir les traitements les plus avancés ? Le modèle nordique mis sur la prévention et sur l'accès à une uacelle.
Au contraire, les Etats-Unis ont un système où la santé est un privilège. Alors, de quoi est fait notre vieux pays ? Justement, justement, de la volonté d'en finir, d'abolir les privilèges. D'un siècle à l'autre, nous avons exprimé notre volonté de ne plus jamais nous laisser dicter notre destin.
Face à l'impérium des rois de droit divin, des empereurs ou des fureurs, de Valmy à Verdun, de la libération de Paris à celle de Strasbourg par le général Leclerc, et aujourd'hui, nous renouvelons cet acte de résistance face à Trump ou Poutine, Milley ou Orban, cette internationale réactionnaire qui s'est mise en tête d'imposer le retour de sociétés de rente où la loi du plus fort remplace la force de la loi. Cette volonté de maîtriser notre destin, nous ne pouvons l'envisager indépendamment du reste du monde.
Nous devons coupler cette exigence avec un nouvel internationalisme qui, en partant de l'Europe, nous tourne vers les peuples, les nations qui, quelle que soit leur géographie, souhaiteront faire progresser le combat que l'humanité doit mener contre le réchauffement climatique, pour la paix, pour une mondialisation juste, pour refuser la tentation hégémonique des oligarques de la technologie et de la finance. Et la France, la France, notre pays, doit contribuer à faire prévaloir le bien commun. notre personnalité nationale, c'est aussi cette obsession de l'unité. C'est le génie français d'avoir, en 1905, offert un cadre à notre diversité en instaurant ce principe, celui de la laïcité.
C'est cette unité qui a su forger dans la diversité des mœurs, des coutumes et des religions, notre bouclier. Maîtrise de notre destin, ouverture au monde, unité, égalité, voilà ce qui fait la France depuis la Révolution. Et voilà à partir de quoi nous allons continuer à la faire évoluer et la faire exister. En y ajoutant, bien sûr, ce qui, pour les socialistes, est indispensable et qui a été revendiqué dans tous nos échanges. Cette troisième valeur, cette troisième valeur après la liberté et l'égalité, la fraternité. Fraternité a paru comme principe dès la Révolution et que la gauche a fait ajouter à la devise républicaine lors de cette seconde révolution, celle de 1848.
La fraternité, c'est ce qui tient ensemble la liberté et l'égalité. C'est un principe autant qu'une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui. c'est l'entraide entre citoyens visant un monde meilleur. C'est le papa du petit prince Saint-Exupéry qui disait « Une démocratie doit être une fraternité, sinon c'est une imposture. » Solidaires, liés les uns aux autres, non par la contrainte mais par un libre choix et par le respect mutuel pour faire de la solidarité, non une prestation mais un état d'esprit. Aujourd'hui, comme hier, cette exigence reste la clé de l'indispensable refondation de notre pacte social et républicain auquel font obstacle deux idéologies qui le minent.
D'abord, l'idéologie ultralibérale ou néolibérale qui revendique pour l'entrepreneur une liberté totale dont l'objet est d'abord la satisfaction inépuisable d'intérêts matériels, la cupidité, le goût agressif du profit. D'autre part, le projet réactionnaire nationaliste qui partage cette première vision où tout est compétition mais qui la transpose à l'échelle des groupes humains fermés chacun sur leur identité en lutte les uns contre les autres.
et nous savons désormais depuis Washington la démonstration de l'alliance que ces deux idéologies peuvent conclure pour soumettre les peuples à toute contrainte pour les soustraire eux à toute contrainte liée à l'environnement et prêts à pousser leur logique de prédation aussi loin qu'il est possible.
à ces dérives mortifères de l'ultra-capitalisme et de l'ultra-nationalisme le principe de fraternité nous permet d'opposer une autre conception de la liberté qui n'est pas la juxtaposition d'intérêts individuels posés les uns à côté des autres non parce que cela c'est la confrontation qui finit toujours par détruire le commun la société mais la possibilité de s'accomplir par le plein exercice de ses facultés c'est la compétition qui mutile et c'est la coopération qui enrichit la ressource commune dans laquelle chacun peut puiser c'est la solidarité qui garantit notre liberté c'est l'effort commun qui permet à tous d'aller à l'école de se faire soigner transporter protéger et qui nous donne les moyens de notre liberté personnelle les progrès individuels sociaux collectifs sont indissociables la fraternité exige que nous transmettions aux générations à venir un monde dont le potentiel est équivalent à celui dont nous avons profité le principe de fraternité nous donne une vision de nos devoirs de nos obligations à l'égard du monde dont nous dépendons il fait de l'écologie non une question à part mais un enjeu inséparable de notre humanité le patrimoine dont nous jouissons matériel et immatériel constitue un trésor commun inaliénable non privatisable universellement accessible l'enjeu est de concevoir ensemble démocratiquement la société comme une société de coopération qui pense l'humain en relation avec ce qui le fait vivre alors y réussiront-nous y réussiront-nous l'avenir n'est jamais une fatalité il est un champ de possibilités et c'est la politique qui détermine qui détermine ses choix et depuis ces quelques mois passés à parcourir la France j'ai tiré la conviction que nous ne manquerons pas de combattantes et de combattants qui nous suivront dès lors que nous montrerons notre détermination que nous ne serons pas timorés face aux nécessaires changements que nous ne serons pas hésitants face aux puissants on lit Hugo tout au long de sa vie on y revient on s'émerveille devant ce torrent ininterrompu puissant indomptable de sa pensée moi j'aime infiniment une phrase cette phrase comme on fait son rêve on fait sa vie à quoi rêvaient les soldats de Valmy quand ils faisaient trembler le sol en tapant du pied et en criant vive la nation à vivre le rêve d'une nation et de la future première république nous sommes ce pays qui a besoin de grands buts de grands rêves pour s'accomplir et je nous invite à rêver à rêver encore et à bâtir ensemble cette France joyeuse fière qui s'est embrasée dans la liesse populaire lors des Jeux Olympiques pour ses médailles celle de Léon Marchand les nombreux médailles de Léon Marchand et les Toulousains peuvent en être fiers mais aussi pour la célébration de son histoire et de la grandeur de ses idéaux alors avec vous je veux tout remettre à plat et surtout tout remettre dans le bon ordre je veux que nous puissions nous soigner dignement je veux que nous puissions nous loger dignement je veux que nous puissions gagner notre vie dignement je ne veux plus que quiconque ait à choisir entre un repas le matin et le soir je ne veux plus que l'on étudie dans des classes surchargées avec des professeurs épuisés je ne veux plus que Marine Le Pen puisse se comporter comme un ennemi de l'intérieur qui sable nos défenses républicaines nos anticorps républicains et provoque l'effondrement de notre rêve républicain à force de mensonges et de promesses intenables je ne veux pas que la France se replie se dessèche se dévitalise je veux avec vous continuer le rêve français Antonio Gramsci nous avait prévenu de sa prison du fond de sa prison où Mussolini l'avait enfermé le vieux monde se meurt le nouveau monde tade à apparaître et c'est dans ce clair obscur que surgissent les monstres oui nous sommes entrés dans le temps des monstres des dérégulateurs des empereurs fous hier romains ou perses et aujourd'hui plutocrates de la tech ou autocrates nationalistes ne craignons pas les monstres nous les vaincrons nous les vaincrons comme Gramsci ayons le pessimisme de la raison mais aussi l'optimisme de la volonté nous sommes la France mes amis mes camarades c'est avec le rêve français que nous devons renouer avec la fraternité comme boussole il n'est pas celui de l'extrême droite qui le travestit en le rabougrissant en préférant aux solutions des boucs émissaires ce rêve français je veux le construire avec vous fini les huis clos les partis comme des bunkers ce que je vous propose c'est un chemin collectif qui parte de vos vies de nos vies et qui dise aux françaises et aux français que nous avons compris entendu et que ce que nous allons construire le projet que nous leur proposerons en 2027 sera d'abord le fruit de cet échange avec eux c'est là la promesse que nous devons leur faire en finir avec ces experts qui travaillent en chambre bien sûr qu'il faut des experts bien sûr qu'il faut des gens qui évaluent qui financent qui permettent de nourrir ces rêves dont je vous parle mais d'abord partir de cette réalité celle qui nous a été transmise par les françaises et les français qui n'en peuvent plus des gens qui parlent à leur place sans jamais les écouter partir de leur vie bien sûr construire ce chemin collectif depuis des mois depuis des mois j'ai entendu vos histoires vos histoires personnelles familiales et pour tout vous dire qui souvent ont fait écho à la mienne je parle de ce rêve français j'en suis l'une des incarnations je n'aime pas beaucoup parler de moi mais je veux le faire un instant vous avez partagé vos instants de vie je veux le faire à mon tour en vous disant ce que je suis d'où je viens et où je veux aller avec vous je suis des enfants nés d'une union assez improbable entre deux nationalistes entre d'un côté un grand-père qui avait puisé ses racines dans Maurras son père à lui était dans l'action française d'autre côté un grand-père qui était un lait décolonial qui a soutenu les Vietmines quand mon père a rencontré ma mère rien ne laissait penser qu'un jour il se marierait et la surprise a été grande pour mon grand-père qui ne s'attendait pas à ce que son fils un jour lui ramène une femme avec les yeux bridés et les cheveux noirs ça a été difficile peut-être pour lui de l'accepter mais ce que je sais aussi c'est qu'ils se sont aimés et c'est l'espérance de ma vie l'idée que rien n'est impossible que tout peut être soulevé que même les montagnes les préjugés le racisme tout est possible tout peut basculer à un moment et s'il n'y a pas l'amour il y a la force du combat politique et c'est cela qui me fait penser que nous pouvons encore soulever les montagnes que nous pouvons encore avancer je suis né dans un quartier populaire un quartier où étaient réunis les ouvriers de chez Michelin nombre de mes camarades n'ont pas été très loin dans leurs études je les ai quittés en franchissant les étapes à chaque écluse de la vie étudiantine certains sont morts déjà j'ai 56 ans et une part d'entre eux sont déjà morts morts dans la rue morts aussi de maladies et ils sont mes fantômes c'est avec eux que je vis avec eux que je vis et que parce que je sais ce que je leur dois parce que je sais d'où je viens parce que je sais que notre pays mérite mieux que l'abandon de celles et ceux dont on pense qu'ils ne sont rien qu'ils ne méritent rien qu'ils seraient finalement simplement cette chair à canon pour nourrir en permanence la machine économique mais que leur vie ne valent rien mais que leur vie ne vale rien non toutes ces vies valent toutes ces vies valent et c'est pour ça que je suis socialiste parce que je crois que chaque vie compte que chaque espérance compte parce que je crois que chacune et chacun d'entre nous doit pouvoir être maître de son destin que nous devons permettre à ces jeunes dont nous avons beaucoup parlé d'être demain ceux qui maîtrisant leur destin aideront à produire un pays qui sera un pays plus libre plus égal plus fraternel aussi et j'y crois comme je crois en notre humanité j'y crois comme je crois en cette nouvelle génération que vous avez pu apercevoir et qui aujourd'hui dirige le parti socialiste je suis tellement je vous le dis tellement fier de vous tellement fier de ce que vous représentez tellement fier de ce que vous apportez tellement fier de ce que vous êtes en train de construire il y a une nouvelle génération il y a des militantes et des militants qui sont là aussi pour vous accompagner qui ont traversé les étapes et que je n'oublie pas parce qu'ils ont aussi construit ils sont aussi cette chaîne qui a permis d'avancer jusqu'à aujourd'hui et c'est sur eux que vous allez maintenant vous appuyer et je sais que vous le ferez avec la volonté de prolonger prolonger ce rêve français mais prolonger aussi ce rêve socialiste celui que depuis Jaurès Blum Mitterrand nous n'avons cessé de nourrir j'y crois comme je crois en l'alliance de la démocratie la fraternité et de l'écologie j'y crois chers amis comme je crois en vous j'y crois comme je crois en vous j'y crois parce que nous sommes le pays de Rousseau de Voltaire de Jaurès et d'Hugo et que dans ce pays sur cette terre que nous chérissons ensemble nous n'avons jamais renoncé à rendre le monde plus beau alors chers amis merci à toutes et tous pour le chemin accompli parce que nous allons encore accomplir ensemble merci d'avoir écouté merci d'entendre ce que les Français vont nous dire et maintenant avançons avançons ensemble faisons en sorte de ne jamais plus décevoir de faire en sorte que tout le monde nous puissions nous lever faire en sorte que ce pays puisse retrouver la gauche que nous puissions nous retrouver les Françaises et les Français que nous puissions leur donner un espoir qu'ils ont perdu mettre fin à cette année pendant lesquelles ils ont eu le sentiment d'être oubliés et de faire en sorte que nous éloignons le spectre de l'extrême droite parce que l'extrême droite partout où elle est partout où elle avance partout où elle devient la gouvernante et bien c'est le malheur qui s'abat alors oui avançons avançons ensemble et faisons en sorte de rendre notre pays plus beau plus grand plus fort et plus fier merci à toutes et à tous et à bientôt vive la gauche vive la République et vive la France merci à tous
merci à tous
Olivier Faure