La bataille navale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
l'inspection. - C.Roux: Les Iraniens laissent planer le doute sur leur présence à Islamabad pour un 2e round de négociation, alors que la délégation américaine y sera vraisemblablement à partir de demain matin.
Le ton est de nouveau monté avec l'arraisonnement par les commandos marines d'un navire iranien en provenance de Chine. - A l'entrée du détroit d'Ormuz, un navire iranien tente de franchir le blocus américain. - Evacuez votre salle des moteurs.
Nous sommes prêts à ouvrir le feu pour vous stopper. - Malgré les avertissements répétés 6 heures durant de la marine américaine, l'équipage iranien n'obtempère pas. Les Américains ouvrent le feu et frappent la salle des moteurs à plusieurs reprises.
Coups de feu. L'ordre est finalement donné de passer à l'assaut. Des hélicoptères décollent dans la nuit.
Des marines débarquent pour prendre le contrôle du porte-conteneurs. ...
Une opération au lendemain d'attaques iraniennes sur au moins 4 navires, dont ce pétrolier indien. *-Vous m'avez donné l'autorisation de passer! - Touché par des tirs venus de vedettes des Gardiens de la révolution, il est contraint de faire demi-tour. *-Vous m'avez donné l'autorisation de passer et maintenant, vous tirez!
Laissez-moi faire demi-tour! - Le même jour, un cargo français du groupe CMA CGM a fait l'objet de tirs de semonce, l'obligeant à rebrousser chemin. Information confirmée par le président en personne hier à nos confrères de LCI. ... - L'Iran fait la démonstration de sa capacité de nuisance avec sa flotte dite "moustique".
De petites vedettes qui pèsent lourd sur le trafic maritime mondial. A la télévision iranienne, l'armée assure être en position de force. - Nous pouvons arrêter la production de pétrole.
Nous pouvons suspendre 15 millions de barils de pétrole par jour pendant une année entière. Nous ne voulions pas provoquer de perturbations majeures dans le monde. C'est pourquoi nous avons fait preuve de patience et agi avec retenue. - Sur son réseau social, D.Trump hausse le ton. ...
A moins de 2 jours de la fin de la trêve, la confusion règne sur la suite des négociations, loin de la détente envisagée vendredi. - A ce stade, nous n'avons pas de projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été arrêtée à ce sujet. - Alors que J.D.Vance doit partir pour le Pakistan demain, le blocage perdure autour du stock d'uranium enrichi iranien.
Trump veut le rapporter aux Etats-Unis. Hors de question, pour Téhéran. - C.Roux: On va revenir sur les négociations.
Vous avez réagi à l'interview de D.Trump, qui cite notre "formidable président". - A.Pirot: 2 choses me paraissent déroutantes.
On n'en fait pas toujours mention. Vous avez vu un article révélé ce week-end du "Wall Street Journal", qui montre la manière qu'a D.Trump de réagir ou d'agir dans cette crise.
On peut n'être qu'effrayé des révélations. Vous avez un président qui gère une crise la plus grave qu'ait connu son pays, qui est obsédé par la construction de sa salle de bal, qui est maintenu parfois à l'écart de certaines réunions parce que son impatience n'aide pas à régler les problèmes compliqués, et qui fait ses tweets dans son coin. C'est pas une image.
Il fait ses tweets dans son coin pour provoquer les Iraniens en espérant que ça aboutisse. Il demande à ses conseillers par la suite si ça aboutit. Evidemment, ça ne marche pas.
On réagit en fonction des menaces de D.Trump, de la manière dont les Iraniens réagissent. Personne ne veut faire de compromis, ne veut arriver aux pourparlers diplomatiques en position de faiblesse.
On augmente de step à chaque fois. C'est réellement inquiétant. Comment des pourparlers diplomatiques peuvent se dérouler dans des conditions saines dans l'espoir d'un compromis?
Personne ne veut faire évoluer sa position. - C.Roux: D.Trump a répondu à PBS. "Si le cessez-le-feu n'est pas renouvelé, le ton continuera de monter." Il dit que l'Iran ne devra pas posséder l'arme nucléaire.
Il revient en disant: "Ce n'est pas Israël qui m'a convaincu de la nécessité de cette guerre." Dans ce contexte, et quand il cite E.Macron, il est interrogé sur la position de la France... - G.Lagane: C'est une très vaste question.
La position des Européens a été de se tenir à distance de ce conflit. Une position un peu nuancée avec les Allemands, surprenante de la part des Italiens. G.Meloni était très proche de monsieur Trump.
C'est encore plus surprenant de la part des Britanniques, traditionnellement très proches des positions américaines. K.Starmer a décidé de s'en distancer.
Dans tous les cas que je viens de mentionner, ça leur a été très profitable sur un plan électoral. C'est une guerre globalement rejetée par les opinions publiques. Ils vont dans le sens de leur électorat.
Si on élargit le sujet, les Etats-Unis, en dehors d'être la puissance belliqueuse du Moyen-Orient, c'est aussi notre principale allié en Europe, y compris vis-à-vis de l'Ukraine. Il y a un sujet de grande stratégie. Est-ce qu'il est raisonnable de se couper des Américains alors que la guerre en Ukraine se poursuit?
La Russie reste une menace très importante à l'est de l'Europe. - C.Roux: C'est ce qu'a fait cet après-midi E.Macron.
Il était en Pologne. Il renvoyait dos à dos les Iraniens et les Américains sur le blocage du détroit. Ca vous surprend, cette position française? - G.Lagane: Non.
Monsieur Macron s'inscrit dans un vieux logiciel diplomatique français, ce qu'on a parfois appelé de manière compliquée la synthèse gaullo-mitterrandienne. La France, c'est le général de Gaulle qui est sorti de l'Otan, et monsieur Mitterrand qui a poursuivi cette logique. La France, pendant la guerre froide, avait ce grand projet de la 3e voie, entre le bloc soviétique et le bloc américain.
Il s'agissait de proposer une vision alternative. Monsieur Macron, avec son grand discours de 2017 sur l'autonomie stratégique européenne, et dans la politique qui a suivi, a tenté de promouvoir cette idée. C'est l'application à ce cas particulier de l'Iran de la volonté de ne pas s'aligner sur les Etats-Unis. - C.Roux: Même si un soldat est mort. - G.Lagane: C'est même le 2e soldat.
Un autre de nos soldats est mort, tué par une frappe d'un groupe pro-iranien en Irak. Au Liban, il y a eu la mort de ce soldat de la Finul. Dans le cas particulier, ça dépasse la grande ligne diplomatique française.
C'est aussi la difficulté à réagir. Notre position officielle, c'est de soutenir les Etats concernés: Irak et Liban. Si on se fait justice nous-mêmes, on sort de la légitimité qu'on veut donner à ces 2 Etats. - C.Roux: Question. - P.Allémonière: Dans le contexte actuel, on est dans une montée de tension.
Les Gardiens de la révolution, il faut se rendre compte que ce n'est pas un bloc monolithique. On expliquait depuis 40 jours qu'ils sont éparpillés avec des cellules, qui ont chacune une façon de décider. J'ai beaucoup de mal à penser que ce navire, qui était au large et qui dérivait pendant 5 heures avec une conversation avec les Américains, n'en ait pas référé à Téhéran et au chef des pasdarans.
J'ai beaucoup de mal à imaginer que le patron de ce porte-conteneurs, qui contenait peut-être des matériaux illicites, ait décidé tout seul de la marche à suivre. Il a poursuivi son cabotage en direction des côtes iraniennes pendant 5 heures. Il ne s'est pas arrêté.
On a une volonté des pasdarans de défier l'Amérique de D.Trump et de faire monter les tensions, toujours dans la perspective de faire monter les tensions à l'extrême,
Jean-Pierre Bataille