Lutter contre l’entrisme de l’Islam politique à l’école - Sébastien Chenu est l’invité des 4 vérités du 9 octobre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Allez, c'est l'heure du rendez-vous politique. Donc, dans Télématin et Julien, c'est Sébastien Chenu, député du Nord et vice-président du Rassemblement national, qui est votre invité ce matin dans les 4V.
Bonjour à vous Sébastien Chenu. Bonjour monsieur. Député du Nord. Et on a vu ce qui s'est passé hier dans le Nord du côté de Torquing, une ville que vous connaissez évidemment très très bien. une professeure qui a été giflée par une élève parce qu'elle lui demandait d'enlever son voile au lycée professionnel Sévigné. L'élève a été placée en garde à vue. Elle est toujours d'ailleurs en garde à vue, à l'heure où on se parle. La ministre a demandé des sanctions fermes, vous l'avez entendu hier, à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement. Est-ce que la réaction que vous avez vue, elle est à la hauteur de votre point de vue de ce qui s'est passé ou pas ?
Non, et je vais vous expliquer pourquoi. D'abord, c'est un événement grave. En réalité, cette atteinte à la laïcité, cette agression d'un professeur suite à la volonté d'imposer le voile à l'école est une atteinte grave à la laïcité qui dit beaucoup de choses. Moi, je veux d'abord avoir un mot de soutien évidemment pour l'enseignante. Mais ça dit beaucoup de choses. Pourquoi ? Parce que derrière, il y a évidemment une provocation islamiste. Le voile islamique revendiqué, imposé dans l'école telle qu'il l'était par cet élève, c'est une provocation.
Et je crois qu'effectivement, Mme Gentel, la ministre de l'Éducation nationale, qui, à part avoir lu une fiche pour dire qu'elle était évidemment scandalisée, elle a besoin d'une fiche, visiblement, pour le dire, n'est pas à la hauteur. Parce qu'en fait, le combat à mener, c'est le combat contre l'islam politique. Et elle a déjà renoncé. Elle a renoncé en... Elle vient d'arriver. Elle a été nommée il y a quelques jours. Oui, mais elle a déjà renoncé en s'abstenant, par exemple, d'imposer un moment ou de silence ou de dialogue suite au 7 octobre. Vous vous rappelez peut-être qu'elle a indiqué qu'il y aurait ce moment ou de mémoire ou de dialogue ou de silence suite aux attentats du 7 octobre.
Et puis finalement, elle a fait marche arrière. Elle a renoncé. Nous, nous avons demandé, nous, les dix parlementaires, Rassemblement national du Nord, députés européens, sénateurs, députés, nous avons demandé qu'on interdise, par exemple, une manifestation pour cause de... pour qu'il semerait un trouble à l'ordre public aujourd'hui de soutien à l'élève qui avait ce voile. Puisqu'il y a une manifestation en soutien à cet élève. Nous avons demandé que cette manifestation soit interdite. Je n'ai pas entendu Mme Jeunetais. Et je pense qu'effectivement, elle a renoncé...
C'est le ministère de l'Intérieur qui va le décider.
Oui, mais enfin, on est dans le cadre de l'éducation nationale. Mais quand je vous dis qu'elle a déjà renoncé à mener le combat contre l'islam politique, je crains que finalement, à part nous dire matin, midi et soir que ce n'est pas bien, c'est scandaleux, il faudra que... Eh bien derrière, il n'y ait pas beaucoup de... de quelque chose qui soit actif. Il n'y ait pas beaucoup de mesures qui soient prises pour faire renoncer l'islam politique. En tous les cas, son entrisme dans l'école.
Alors, il n'y a pas eu que les questions au gouvernement hier. Et cette question de cette professeure qui a été giflée. Il y a eu aussi une motion de censure qui a été déposée par le nouveau Front populaire. Et le Front National n'a pas voté... Le Rassemblement National. Pardon, le Rassemblement National n'a pas voté...
Sinon, je vais vous appeler par votre prénom.
Non, non, pardon. Le Rassemblement National n'a pas voté cette motion de censure. Est-ce que ça veut dire, comme le dit la gauche, que, en réalité, vous n'êtes pas dans l'opposition ?
Non, nous sommes des adversaires politiques de Michel Barnier. Mais des adversaires, ça ne veut pas dire, comme l'extrême-gauche, vouloir tout casser. Nous, nous avons considéré que nous allions attendre de voir quelle était la proposition de budget de Michel Barnier. Vous ne la connaissez pas encore suffisamment, cette proposition ? Vous savez, il y a eu des ballons d'essai. Regardez, par exemple, la désindexation des retraites. Il a suffi d'un tweet de Marine Le Pen pour faire reculer Michel Barnier. C'était une balle d'essai. Ils ont tenté de vouloir reculer, finalement, l'augmentation des retraites de six mois. La différée de six mois. On s'y est opposé. C'était une balle d'essai.
Nous allons attendre de voir ce que Michel Barnier propose. C'est toujours maintenu, cette mesure. Visiblement, on ne sait plus très bien. Le Premier ministre lui-même a dit qu'il y avait peut-être d'autres possibilités, d'autres choix. Oui, il dit que la porte est ouverte, qu'enfin, ça n'a pas été annulé.
Enfin, vous entendre, Marine Le Pen aurait fait reculer le gouvernement. Ce n'est pas le cas, pour l'instant.
Eh bien, nous allons voir, parce que ça, c'est une ligne rouge, voyez-vous. Ça, c'est une ligne rouge. Mais nous, nous attendons que le Premier ministre ait développé sa proposition de budget. Voter une motion de censure, a priori. C'est-à-dire, sans savoir ce qu'il y a dans la proposition de budget très concrètement. C'est du temps perdu, c'est de l'agitation. Et finalement, ça ressemble à ce que fait l'extrême gauche. Vouloir sans arrêt le chaos politique. Alors que nous, ce qu'on veut, c'est des solutions pour les Français. Faire reculer une mesure lorsqu'elle ne va pas, dans le bon sens. Et puis, essayer, au contraire, d'obtenir de ce gouvernement un maximum de mesures pour les Français.
Mais où est-ce que vous placez le curseur de la ligne rouge ? Parce qu'une chose est de ne pas voter la motion de censure, une chose est de ne pas voter le budget. Si vous ne votez pas le budget, il sera adopté vraisemblablement par 49-3. Ce n'est pas pour ça que vous ferez tomber le gouvernement. Expliquez-nous. C'est très intéressant sur cette mesure de vous parler sur les retraites. Est-ce que vous faites tomber le gouvernement si le gouvernement ne recule pas là-dessus ?
Il y a des lignes rouges. Les lignes rouges, c'est celles qui consistent à demander des efforts supplémentaires aux Français, à ceux qui travaillent ou ceux qui ont travaillé, les retraités, comme je vous l'ai indiqué, les entreprises, pour payer finalement les dégâts de la politique économique menée par ce gouvernement. Et le gouvernement précédent, puisque ce sont les mêmes depuis des années. Ils ont ruiné la France. En réalité, ils ont fait des milliards d'euros de dettes supplémentaires. Le déficit atteint des sommets absolument abyssaux. M. Attal a livré...
Pas l'échelle Barnier qui vient d'arriver aussi.
Lui, il essaie d'améliorer l'expression. Oui, mais grosso modo, c'est les mêmes. Parce que c'est la même logique. Et c'est là où c'est intéressant. C'est la même logique. Quand vous voyez que dans le projet de budget, les seules choses qui augmentent, c'est par exemple la contribution à l'Union européenne. Vous dites qu'on est dans la même logique. En réalité, Michel Barnier n'est pas dans une logique de rupture avec le macronisme. J'y viens. Il n'est pas dans une logique de rupture avec le macronisme. Il est dans une certaine forme de continuité. Les lignes rouges, je vous l'ai dit, c'est celles qui consistent à faire des efforts supplémentaires aux Français.
C'est-à-dire que nous, on veut des économies. Alors, on a fait toute une liste et on présentera la semaine prochaine la liste des économies qui sont possibles. Si on parle de la fraude, on peut imaginer que la fraude sur les cartes vitales, par exemple, est entre 7 et 12 milliards d'euros. Là, il y a des économies à aller chercher. Des économies sur l'immigration, tabou. On n'en parle absolument pas. Mais en revanche, il y a des économies sur l'immigration. En tout cas, le sujet de l'immigration, Bruno Retailleux, il en parle tout le temps. Non, mais ça, c'est autre chose. Le ministre de l'Intérieur n'est pas le ministre du budget. On considère, nous, qu'il y a jusqu'à 15 milliards d'euros.
Je viens de vous parler de la fraude aussi. Mais qu'il y a jusqu'à 15 milliards d'euros par an d'économies à faire sur le sujet de l'immigration.
Mais réponse précise. Si cette mesure sur les retraites est maintenue, vous voteriez une motion de censure avec la gauche ?
Ou bien juste, vous ne voterez pas le budget ? Ça nous mettra dans de très mauvaises dispositions. Évidemment, on ne votera pas le budget. On est dans l'opposition. On n'est pas d'accord avec la logique que je viens de vous expliquer. Cette logique qui est toujours la même. Ça, on l'a compris. Voter le budget n'est pas possible. Maintenant, demain, est-ce qu'on s'opposera ? Est-ce qu'on s'abstiendra ? Et si on s'y oppose, est-ce que ce sera suivi d'une motion de censure ? Eh bien, je dois dire que pour l'instant, Michel Barnier ne nous envoie pas de bons signaux pour nous retenir de voter une motion de censure au terme.
On voit bien qu'il y a cette épée de Damoclès sur la tête de Michel Barnier. Est-ce que vous tenez le gouvernement d'une certaine façon ? Est-ce que le gouvernement dépend de vous ?
On a dit qu'on le plaçait sous surveillance. Je crois que ça veut tout dire. On est le principal groupe d'opposition, voire même, je crois désormais, avec nos amis siotistes, le seul groupe d'opposition, tous les autres, un jour ou l'autre, ont voté pour Emmanuel Macron. Pas nous. Oui, tous les autres ont un jour voté Emmanuel Macron. Les Insoumis, la gauche, ils ont voté pour lui aux présidentielles, ils ont fait élire ses candidats aux législatives. Oui, c'est une réalité. Pas nous. Et donc, nous sommes le seul groupe d'opposition, et nous sommes aussi le plus grand groupe de parlementaires. Donc oui, nous allons faire notre boulot d'adversaire politique.
Un groupe dirigé par Marine Le Pen, qui passe en ce moment en jugement dans l'affaire des assistants parlementaires. Alors, évidemment, on ne sait pas ce qui va se passer, mais si elle a été déclarée inéligible, qu'est-ce qui se passe au parti ?
Non, mais écoutez, là, vous vous projetez très loin. Ah, oui, mais vous devez préparer un peu ce scénario qui est possible. Nous n'y croyons pas. Vous savez qu'il y a aussi des procédures d'appel, etc. Donc, par conséquent, nous irons jusqu'au bout si tel était le cas. Marine Le Pen fait valoir ses droits, explique combien c'est un procès qui est celui de la liberté des parlementaires, et non pas aujourd'hui un procès dans lequel il n'y a aucun enrichissement personnel, aucun emploi fictif. Donc, nous, nous sommes plutôt optimistes. Merci beaucoup, Sébastien Chenu.
Merci à tous les deux et merci également à Fabrice Penaud pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv. Sous-titrage Société Radio-Canada