Violences faites aux enfants: d'anciens membres de la Ciivise déplorent l'action du gouvernement
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:05Chiffre
« Au total 33000 personnes vont témoigner. »
- 6:33Promesse
« Veillez à ce que les victimes soient informées de la libération de leur agresseurs. »
- 6:33Promesse
« Déclarer imprescriptible les viols et agressions sexuelles commis contre les enfants. »
- 6:33Promesse
« Reconnaître une infraction spécifique d'inceste. »
- 7:59Fait
« À cela s'ajoute la mise à l'écart par le gouvernement du juge Édouard Duran, alors président de la commission. »
- 8:43Fait
« Nous comme il y avait un mensonge en fait d'État et ben nous ce qu'on a fait c'est qu'on a démissionné. »
- 10:02Chiffre
« 73 % des recommandations ont eu un résultat positif, donc ont été mises en œuvre. »
- 10:45Fait
« Annonçant d'abord 75 % des recommandations appliquées, la commission a fait machine arrière. détaillant qu'il s'agissait plutôt de 25 %. »
- 12:31Fait
« Ce qui est devenu la civise aujourd'hui, je vois pas tellement l'intérêt de la poursuivre. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Quand Emmanuel Macron annonce la création de la civis, en janvier 2021, il n'a pas le choix parce que le mouvement social est trop fort. Quand la société s'organise pour créer notre colère en réalité et pour dire ça suffit, et bien c'est cette c'est de cette manière-là seulement qu'on rend politique la question des violences sexuelles fait au plus jamais ça plus jamais ça plus jamais ça. La justice ne protège pas les enfants. Donc comment est-ce qu'on peut dire que finalement tout va bien madame la marquis pour chose comme ça ? La situation est sous contrôle. Ah bon ?
situation et son contrôle et c'est pour ça qu'on a des gens en fait qui manifestent tous les lundis sous les fenêtres du du garde des sautes. Nous sommes abandonnés et surtout nous encore j'ai envie de dire je suis encore là pour pour parler pour témoigner 5 ans après, on se dit [musique] que bah sans doute que c'est une volonté politique qui n'a pas été jusqu'au bout. La honte aujourd'hui change de camp. Et à vous qui vous êtes libéré d'un fardeau que vous avez trop longtemps porté, à vous qui allez le faire et parfois hésitez, je veux juste vous dire, on est là, on vous écoute, on vous croit et vous ne serez plus [musique] jamais seul. Emmanuel Macron a proncé ses mots il y a 5 ans.
À ce moment-là, Camille Kouchner révèle des faits d'inceste commis sur son frère par son beau-père dans le livre La Familia Grandé. Sur Twitter, le hashtag mitou inceste réunit alors près de 80000 témoignages. En réponse, le président de la République lance alors la civis, la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. Ces premières missions sont alors de recueillir la parole des victimes mais aussi d'élaborer des préconisations de politique publique. Je m'appelle Arno Galé, je suis anthropologue, je suis le président de Mouve Enfant et j'ai été membre de la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.
une commission que j'ai quitté en novembre 2023. J'ai fait partie des personnes qui bah se sont mobilisées et qui se mobilisent depuis des années et j'ai trouvé que l'idée d'avoir une commission étatique qui vienne traiter la question des violences sexuelles faites aux enfants de l'inceste, c'est quelque chose qui est hyper important puisqu'il faut que ce soit quelque chose qui soit porté par les pouvoirs publics et notamment par l'État et je pense que c'est extrêmement important. Pour débuter ses travaux, la Civis lance un appel à témoignage. Tout débute avec une ligne d'écoute et pour la première fois, les victimes et leurs familles ont un lieu où la parole est recueillie.
Le téléphone n'arrête pas de sonner. Euh, il n'arrête pas de sonner. Je m'appelle Alice Guerro. J'ai été responsable du plédoyer de la civise entre 2021 et fin 2023, c'est-à-dire pendant la première civise. Le 21 septembre 2021, pour moi, c'est le début de la civise qui est le moment où on lance officiellement l'appel à témoignage [musique] de la civis. Ça fait vraiment partie de la raison d'être de la civis.
Je me souviens de ce moment où le téléphone commence à sonner [musique] une fois, deux fois et où je je dis je mais en fait c'est un moment que j'ai j'ai vécu vraiment de manière très collective [musique] et notamment avec Édouard Duran puisqu'on avait beaucoup travaillé ensemble sur la question de [musique] la campagne de communication et de de l'appel à témoignage. quelque chose qu'on vit comme étant [musique] de l'ordre là, il se passe quelque chose. Moi, j'ai été victime de double inceste dans l'enfance. Deux fois victime [musique] violence conjugale, ça c'est assez classique, c'est le considum des violences. C'était en 2023.
Euh j'ai j'ai effectivement [musique] j'ai écrit voilà, j'ai j'ai envoyé mon courrier effectivement. [musique] à la civis. J'avais déjà parlé une première fois euh parce que j'ai [musique] j'ai eu un cancer en fait quand j'avais 29 ans de l'estomac et l'équipe médicale m'a dit voilà à cet âge là c'est un cancer qui est pas très très très en tout cas fréquent est-ce que vous avez été victime d'un choc traumatique important antérieurement dans votre enfance et moi je dis non pas du tout mais ils ont beaucoup beaucoup insisté et donc en fait c'est à la suite voilà de de ce premier combat mené gagné euh que j'en ai parlé et ça s'est refermé en fait sur moi.
Ma mère m'a cru mais voilà, ma grand-mère évidemment classiquement a dit que j'étais une menteuse, que j'étais de toute façon une enfant un problème et cetera pour survivre la petite Suzanne, [musique] l'enfant que j'étais parce que ça a duré des années de [grognement] très nombreuses années. Elle a occulté en fait tout ce qu'elle pouvait pour pouvoir continuer de vivre.
Et en fait en questionnant ma mère parce que c'est un puzzle que j'arrive pas, j'ai beaucoup de trous en fait mais comme la plupart d'entre nous et en fait ma mère m'a dit que quand j'étais petite et en fait c'est à travers une photo je questionne parce que je m'aperçois qu'il y a beaucoup de photos de moi enfant et enfant petite où je suis toute nu et à chaque fois systématiquement je me touche je je me je me cache je cache mes parties mes parties intimes et ma mère me dit il y a l'année dernière ou c'est ça euh qu'en fait que j'avais pas 3 ans, il y a une photo où je je lui ai montré en fait mes parties génitales qui étaient euh intime pardon qui était qui était bah qui était sacagé par téléphone, par mail, par courrier ou encore lors de réunion publique.
Au total 33000 personnes vont témoigner. C'est inédit. La première réunion à Nant, je m'en souviendrai toujours, moi j'avais prévu 2 heures de déroulé avec des films à diffuser si personne ne posait de questions et cetera. Au bout de 5 minutes, une femme s'est levée, a demandé [musique] le micro et a témoigné de ce qu'elle avait vécu dans son enfance devant sans personne. La femme à côté d'elle a posé sa sa main sur son épaule et quand elle a eu fini de parler, elle a pris le micro [musique] et elle a témoigné à sa place. La première réunion, on assiste presque ébahi à un moment de solidarité entre les victime devant une instance publique tel qu'on en avait en réalité jamais connu.
Grâce à tous ces récits, la Civis produit un rapport. Il contient 82 recommandations adressées au gouvernement. Veillez à ce que les victimes soient informées de la libération de leur agresseurs. Déclarer imprescriptible les viols et agressions sexuelles commis contre les enfants. Prioriser le traitement des enquêtes pour violence sexuelle faites aux enfants. Reconnaître une infraction spécifique d'inceste. C'est le 19 novembre 2023 où on a rendu le rapport euh avec notamment le quasiment une représentation de l'ensemble des ministres euh parce que c'était de l'interministériel euh même si ça a été poussif parce que initialement il devait pas nous recevoir.
Donc nous on a été obligé un peu de de d'insister et on a eu une discussion à bâton rompu, hein. On n pas eu enfin je veux dire c'est pas eux qui nous ont imposé certaines préconisations. Après on sait que sur certaines préconisations, ils étaient pas forcément d'accord comme l'imprescriptibilité. On voit bien qu'ils reviennent aujourd'hui un peu. Il y a quelque chose moi que j'ai pas compris hein, je vais le dire ici face caméra de manière très simple, c'est que on nous a remercié d'un travail exceptionnel qu'on a fait en disant "Ouais, c'est super, c'est magnifique, c'est formidable." Tous les ministères, moi je me rappelle très bien de cette journée là du 19 novembre.
Euh et puis on a tellement bien travaillé qu'on nous a dit "Bon bah allez, c'est bon, au revoir, on passe à autre chose." Les membres de la civise ont le sentiment que ces 82 recommandations restent l'être morte. Quand même quand vous avez une ministre qui vous dit "Mais donner de la réparation aux gens, c'était pas dans vos cades de mission." Ça fait mal. Ben oui, c'était pas dans la lettre de mission. Mais on l'a fait et ça coûtait pas grand-chose. C'était une dette sociale de tenir cette parole. On est là, on vous croit et vous ne serez plus jamais seul parce que nous l'avons prise au mot.
À cela s'ajoute la mise à l'écart par le gouvernement du juge Édouard Duran, alors président de la commission. Une décision toujours incomprise. À ce jour, interrogée sur son éviction, le gouvernement n'a pas répondu. Le jugé Édouard Duran, il a été débarqué et vincé. Euh personne n'a pris le temps de lui passer un coup de téléphone. Il la prend par les médias. Vous vous rendez compte ? C'est c'est une une violence sans nom. Nous, il faut savoir qu'on avait écrit des mails collectifs, hein, que j'ai d'ailleurs ici euh pour demander en fait le maintien d'Edouard Duran en fait à ce poste-là.
Donc on a eu après Charlotte Cobel qui disait "Oui, les personnes ne souhaitent plus travailler, les personnes de la commission ne souhaitent plus travailler, elle avait dit publiquement sur RTL, je peux citer le média que les personnes ne souhaitent plus travailler avec le jugé Durant. C'est entièrement faux." Et nous comme il y avait un mensonge en fait d'État et ben nous ce qu'on a fait c'est qu'on a démissionné. En fait, on a été une dizaine de membres, 12 membres, je sais pas bêtises à démissionner parce que on s'est dit que c'est insupportable.
Un nouveau collège directeur est nommé mais Caroline Rissalemont qui est désignée dans ce collège directeur est mise en cause dans une affaire d'agression sexuelle, c'est Soline Peau de Vinfavre qui est alors désigné pour reprendre la présidence de ce qui sera surnommé la Civis 2. Je pense que le rapport euh de 2023 de novembre 2023 a fait beaucoup de bruit mais [musique] a dérangé beaucoup de gens, beaucoup de beaucoup de personnes. Ouais. Et donc cette volonté de que ça n'aille pas plus loin. Je m'appelle Soline Pevin Favre. Je suis présidente de l'association face à l'inceste.
Donc il y avait beaucoup d'associations qui avaient démissionné suite à la non reconduction du président Édouard Duran. Nous, on s'est vraiment posé la question évidemment et on s'est dit que le débat était ailleurs. C'était pas un débat de personne mais plutôt d'idées et et c'est la raison pour laquelle on s'est dit que c'était important de rester. Malgré ce combat, des dissonances en interne vont faire imploser la commission. Aujourd'hui, c'est Denir de Fichet qui est à la tête de la Civis.
On avait reçu une lettre de mission en le 18 juin, c'est tout un symbole 2024 qui nous fixait essentiellement pour mission de nous assurer de comment dirais-je la mise en œuvre précisément des 82 mesures. Ce que nous avons enfin recommandation hein ce que nous avons fait ce matin et on a effectué les dernières [musique] statistiques. 73 % des recommandations ont eu un résultat positif, donc ont été mises en œuvre, ce qui est quand même très intéressant et quand même qui prouve aussi l'efficacité de la civise et que la civise a été entendue tant par le par le gouvernement je dirais que par les assemblées dont l'assemblée que vous que vous représentez.
[musique] Annonçant d'abord 75 % des recommandations appliquées, la commission a fait machine arrière. détaillant qu'il s'agissait plutôt de 25 %. 75 % c'est on totalise le nombre de mesures effectuées mise en œuvre plus celles qui sont dans les tuyaux. Nous on avait voulu par cette je dis pas pirouette mais cette présentation valoriser le travail de de des administrations et des services parce que je ça me parce que c'est les vraiment les chevilles ouvrières. Enfin moi si j'ai plus d'administration qui répondent, je j'ai plus d'information. L'idée c'était de valoriser mais pas de en aucun cas de de masquer les choses.
La Civis a aussi connu une baisse de moyens colossal depuis son lancement. Questionné sur la question, le gouvernement ne nous a pas répondu.
[musique]
Que les moyens qu'on avait nous, c'était 2 millions d'euros de en terme de budget de fonctionnement au niveau de la civisme. Alors, de mémoire, c'était aux alentours de 800000 800000 € euh et chaque année sur le projet de loi de finance, donc à défendre les projets pour pouvoir essayer d'avoir un budget similaire. J'ose même pas vous en parler, il est très [musique] faible. Très très faible. C'est un budget de fonctionnement, ça va même pas, on est un peu plus de 300000 € pas plus. En octobre prochain, dans quelques semaines, la Civis devrait prendre fin. Le gouvernement n'a pas souhaité communiquer sur la manière dont il s'engagerait à continuer de faire appliquer les recommandations.
Là, l'évidence, c'est une autre [musique] prolongation sauf décision du président de la République, bien sûr, hein, ce qui est toujours possible. Euh ne devrait pas [musique] intervenir. Ce qui est devenu la civise aujourd'hui, je vois pas tellement l'intérêt de la poursuivre. Euh la fin avait été donnée dès le départ. Nous avions une lettre de mission [musique] pour 18 mois. On a demander une prolongation d'un an supplémentaire. Euh il faut savoir que tous ces membres sont bénévoles, prennent sur leur temps ou bien sont déchargés de la part de leurs administrations.
Je pense qu'il faut en donner les moyens pour vraiment euh avoir euh euh un travail euh digne [musique] de ce nom et avec des personnes qui sont reconnues euh dans leur euh [musique] dans cette mission, que la civis telle qu'elle est aujourd'hui se termine. Je trouve que c'est normal. En revanche, euh je trouve que quelque chose devrait prendre le relais et ce quelque chose, ça devrait être quelque chose de plus établi, de plus organisé, de plus structuré avec un cadre juridique qui [musique] soit valide et des moyens qui soient associés. Une commission n'est que ce que l'on en fait, celle-ci comme la civise et rien n'est ne se réduit à des questions de personne.
Mais au bout du compte, ce sont des visages qui se regardent. Je je savais qu'il fermerait l'appel à témoignage et c'est la première chose qu'ils ont fait et ça c'est immoral. Je ne sais pas [musique] quelles sont les raisons dire que c'est le coût du déni. Une des choses que nous avons dites, c'est vous avez créé la Civis sur le modèle de la commission sauvée. D'une part, il faut rendre justice sur le secrétaire d'État Adrien Taquet qui a eu l'initiative de créer une commission qui l'a faite et qui qui l'a porté. Et ensuite pour répondre à à des un choc social sur après la publication du livre de Camille Kouchner, la familière Grandé, nous avons dit "Mais cela va se reproduire.
Et vous aurez d'autres commissions à créer si vous fermez la civise. Alors, ils l'ont fermé sans la fermer. Est-elle devenue un alibis ? [musique] Je suis la personne la plus mal placée pour répondre à cette question. Je peux dire que pendant 3 ans, elle ne l'a pas été et [musique] que notre fidélité était pour les victimes et que jamais jamais la société [musique] française n'a été capable de se représenter les enfants victimes aujourd'hui et maintenant qu'en écoutant les adultes qui ont été victimes [musique] de dans leur enfance. jamais. Emmanuel Macron nous a fait une promesse, ça je le dis très frè je le dis souvent, je la répète souvent.
Il a trahi cette [musique] promesse parce que il a dit "Je vous ai entendu, vous ne serez plus jamais seul." Nous sommes abandonnés et surtout nous encore, j'ai envie [musique] de vous dire, je suis encore là pour pour parler, pour témoigner. Moi, je pense à toutes celles et ceux qui nous ont quitté et je pense surtout aux enfants d'aujourd'hui et aux enfants de demain qui ne sont pas protégés, qui sont en danger en France et ce qui a été [musique] extrêmement douloureux pour pour l'équipe et puis pour un tas de personnes d'ailleurs indépendamment de l'équipe pour l'ensemble des victimes qui allent témoignes [musique] dire c'est surtout ça le plus important d'échec.
[musique] Les choses avancent trop doucement évidemment par rapport à l'ampleur du problème, mais on ne lâchera rien et on on va continuer on va continuer à à demander [musique] à écrire des propositions de loi, à écrire des amendements pour qu'il y ait plus de protection en France. Et et on y croit, on croit que les choses avancent. Euh on croit que les choses peuvent avancer et on croit savoir comment elles peuvent avancer [musique] et donc on ne lâchera rien. Pour le budget 2027, le Premier [musique] ministre Sébastien Lecnu a annoncé 1,5 milliards d'euros consacrés à la lutte contre les violences sexistes [musique] et sexuelles et 2,6 milliards d'euros pour la protection de l'enfance.
contacté, le gouvernement n'a pas répondu à nos sollicitations. Chaque année, ce sont 1600 enfants qui sont victimes de viol et d'agression sexuelle. près de [musique] la moitié sont des victimes d'inceste.