Gabriel Attal : "Le bac a une part de sacré en France : s'attaquer à cet objet-là, oui, c'est scandaleux"
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On connaissait la gauche caviaire, il faudra maintenant parler de la REM-OMAR. C'est OMAR servi au dîner de François de Rugy, alors président de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, le ministre de la Transition écologique sur le grill s'engage à rembourser chaque euro contesté. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Vous êtes l'invité du grand entretien ce matin de France Inter. Vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. On veut d'abord savoir si vous soutenez François de Rugy ou si vous condamnez ce train de vie fastueux à l'époque où il était président de l'Assemblée nationale.
Il y a des images qui ont choqué et qui ont choqué assez largement. Moi-même, j'ai été élu sur une circonscription en 2017. Aujourd'hui, je suis au gouvernement, mais j'ai reçu des messages, des questionnements d'habitants de ma circonscription. Et le choix qui a été fait par François de Rugy et par le Premier ministre hier, c'est de regarder tout dans le détail et d'apporter des justifications point par point. Il a commencé à le faire, François de Rugy. Il y a une succession de révélations ou d'informations qui sont communiquées par voie de presse, ce qui n'est pas évident les choses pour répondre. Il a commencé à le faire et évidemment, il va falloir continuer à le faire.
Il y a une inspection diligentée par le secrétaire général du gouvernement qui va démarrer aujourd'hui, qui va regarder dans le détail les dépenses, qui va regarder dans le détail ce qui a été fait, qui va déterminer si tout s'est fait dans les règles, si toutes les dépenses concernaient bien le mandat, les fonctions.
Mais Gabriel Attel, même si tout est dans les règles, si rien n'est frauduleux, vous voyez bien quand même que les images sont désastreuses pour la politique, pour l'exemplarité que vous prenez ?
Je l'entends parfaitement. D'abord, je comprends parfaitement que ça puisse choquer des Français qui ont du mal à finir le mois. Vous demandez des sacrifices aux Français aujourd'hui. Bien sûr, et globalement plus largement. Et puisque vous parlez d'images désastreuses de la politique, oui c'est sûr. Et c'est sûr que quand on est par ailleurs un jeune engagé en politique pour qui c'est les premières responsabilités politiques électives, ça fout un peu les boules quand même de se dire que ça renvoie à cette image et que ça va alimenter l'idée que finalement, tous les politiques, ils se gavent aux frais du contribuable, alors que ce n'est pas le cas.
Là c'est compliqué de penser le contraire quand même. Bien sûr, mais ça n'est pas le cas. Léomar, le sèche-cheveux doré à l'enfant. Bien sûr, j'entends parfaitement et c'est pour ça qu'il va y avoir des explications point par point. C'est une exception François de Rugy ? Point par point. Moi je ne vais pas rentrer là-dedans. Il était président de l'Assemblée nationale. Encore une fois, on sait que président de l'Assemblée nationale, il y a des fonctions de représentation, de diplomatie qui existent. Voilà.
Donc moi, le fait que grande gastronomie française puisse être mobilisée pour des dîners où on reçoit un ambassadeur, on reçoit des ministres étrangers, des présidents de l'Assemblée étranger, ça sur le principe, ça ne me choque pas. Ça fait partie d'une diplomatie gastronomique. La question qui est posée, c'est est-ce que dans le cadre de dîners qui sont visiblement des dîners plus informels de travail, est-ce que c'est adapté ? Voilà, c'est ça la question qui est posée aujourd'hui. A l'évidence, ça ne l'est pas.
On a vu la chef de cabinet de François de Rugy qui a démissionné. Est-ce que ce n'est pas de nouveau les fusibles que l'on fait sauter à la place des ministres ?
C'est la décision qui a été prise par François de Rugy. Moi, je n'ai pas à la commenter. C'est une décision qu'il a prise avec sa directrice de cabinet. Il y avait eu des révélations là aussi.
Elle est partie parce qu'elle a occupé un logement à vocation sociale. Aujourd'hui, on apprend que François de Rugy, lui aussi, a bénéficié d'un logement à vocation sociale. Il doit partir lui aussi aujourd'hui ?
J'ai lu ça effectivement dans la presse hier. Il a répondu immédiatement. Il a même répondu avant que l'article soit publié puisqu'il avait été informé. Il a fait le choix de faire une transparence. Voilà, donc moi, je m'étais regardé. Il publie les mails qu'il a échangés avec l'agence immobilière, l'annonce immobilière, le contrat de location, pour dire que soit ça n'est pas un appartement à vocation sociale, soit il n'a jamais été informé. En tout cas, c'était au prix du marché, comme il dit. Tout ça, ça va être regardé de toute façon. Ce qui est très difficile dans ces situations où des révélations, des informations se succèdent, c'est d'essayer de garder l'espace de quelques jours.
Parce que c'est quelques jours, une inspection, et c'est en quelques jours qu'on garde. Une forme de sérénité, si je peux dire, pour ne pas réagir à chaud en permanence à chaque information qui sort. Donc pour l'instant, il doit rester au gouvernement. Il y a une inspection qui est en cours, plusieurs inspections je crois, et c'est ces inspections qui diront si les choses ont été faites dans les règles.
Et si tout a été fait dans les règles, malgré cette image désastreuse, il peut rester au gouvernement.
Ce n'est pas à moi de le dire, ce n'est pas à moi d'en juger.
Gabriel Attal, l'actualité politique de cette semaine a été également marquée par l'investiture de Benjamin Griveaux. Là aussi, la majorité est un peu remise en cause, à cause de ce processus de nomination d'investiture pour les municipales à Paris de l'an prochain. Ça paraît très opaque. Alors que vous preniez, vous, La République En Marche, une autre démocratie plus transparente ?
D'abord, c'est le mode d'investiture qu'on a toujours eu à La République En Marche, y compris pour les élections législatives, de passer par une commission nationale d'investiture, qui est tout sauf au PAC, puisqu'on connaît les membres. C'est des membres qui sont représentatifs de la pluralité et de la diversité du mouvement. Il y a des marcheurs de terrain, il y a des référents du mouvement départementaux qui n'ont aucune fonction élective, il y a des élus, il y a même des anciens élus, il y a un panel, il y a des auditions, il y a des échanges avec les différents candidats, et il y a une décision. Donc c'est tout sauf au PAC.
Moi, j'ai fait partie d'un parti politique avant, j'étais militant au Parti Socialiste, j'ai vu ce que c'était des procédures qui pouvaient apparaître comme pseudo-démocratique, où on était investi par vote des militants, et j'ai vu les dérives que ça pouvait entraîner. Il faut se dire les choses. Voilà, aller chercher le plus de cartes possible pour faire élire à l'investiture quelqu'un. Voilà, c'est des choses qui se voient. Moi, je pense qu'il n'y a pas de système parfait. En l'occurrence, ce qu'il faut, c'est, un, que ce soit qu'il y ait une transparence sur les procédures, et il y a une transparence sur les procédures d'investiture à La République En Marche.
Et ensuite, il faut que ces procédures, elles permettent d'investir la personne qui est la mieux à même de porter un projet et de gagner dans chacune des villes, en l'occurrence pour les municipales. C'est ça qui est fait.
Et l'adversaire de Benjamin Griveaux, Cédric Villani, qui ne veut pas se rallier à sa candidature, pas avant le mois de septembre, a-t-il dit hier soir. Du coup, vous ne comprenez peut-être pas cette réaction ? Il aurait dû se rallier ?
D'abord, je ne parle pas d'adversaire. On peut être concurrent dans un parti pour avoir l'investiture. Oui, mais il faut faire attention au mot, il n'y a pas d'adversaire. Je veux dire, on est tous membres de La République En Marche.
Mais pour l'instant, il ne se rallie pas. Il n'est pas dans le même camp que Benjamin Griveaux.
Moi, je connais un peu Cédric Villani. On a siégé ensemble à l'Assemblée nationale. C'est quelqu'un de profondément entier. Et c'est pour ça que j'ai assez peu de doutes sur le fait qu'à terme, peut-être dans quelques semaines, peut-être dans quelques mois, il soutiendra le candidat qui a été investi. Et c'est pour ça que je ne suis pas non plus surpris, parce qu'il est entier, qu'il s'est investi à fond dans sa campagne, qu'objectivement, il a fait une belle campagne, qu'il a fait un beau meeting la semaine dernière, qu'aujourd'hui, à chaud, ça soit un peu difficile pour lui, tout à coup, de dire, je tourne la page, et puis c'est comme ça.
Moi, je l'entends aussi, donc je ne lui jette absolument pas la pierre. Et je suis assez confiant sur le fait que tout le monde se retrouvera assez rapidement.
Et si ça ne se passe pas comme ça, Cédric Villani doit être exclu ?
Moi, je ne me rendis pas à quelconque bâton, quoi que ce soit. Encore une fois, moi, je ne me place pas dans cette optique-là. J'ai très peu de doutes sur le fait que Cédric Villani soutiendra Benjamin Griveaux.
Gabriel Attal, vous êtes secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. Vous avez en charge le SNU, le service national universel. Pour la première fois, 150 jeunes du SNU vont défiler pour le 14 juillet, c'est ça ? Vous voulez les mettre en avant ?
Oui, il s'agit de reconnaître leur engagement. Il y a eu une phase pilote du service national universel. C'est un engagement de campagne du président de la République qui vise à instaurer dans notre pays un rite de passage pour la jeunesse autour des valeurs de la République, autour d'une notion qui tient à cœur au président, au Premier ministre, qui est celle de l'engagement. S'engager, c'est donner ce qu'on a de plus précieux, c'est-à-dire un peu de son temps, au service d'une cause à laquelle on croit. Ça peut être dans une association, ça peut être chez les pompiers, ça peut être dans la réserve, ça peut être dans un corps européen de solidarité.
Et ce service national, il a vocation de montrer à tous les jeunes toutes les possibilités qui existent pour s'engager et surtout tout ce qu'ils peuvent apporter à la société en s'engageant. Il y a 2000 jeunes qui ont été volontaires.
C'était une phase de test. Là, vous allez rendre une note, c'est ça ?
Ces jeunes, il fallait aussi reconnaître cet engagement. Et c'est pour ça que le président de la République a décidé qu'ils puissent défiler au 14 juillet dimanche. Ils vont déployer un grand drapeau français sur la place de la Concorde.
Et là, vous voulez généraliser, à toute une tranche d'âge, ce SNU. Vous allez rendre une note au président de la République dans les jours à venir avec des pistes pour généraliser, en quoi ça va consister ?
Absolument. L'engagement du président de la République, c'est un service national universel qui concerne tout le monde et qui est obligatoire pour toute une classe d'âge chaque année. Il y a un rapport qui avait été remis avant ma nomination par le général Menaouine qui avait travaillé sur ce dossier, qui proposait une généralisation en 2026. Et le président de la République, dans sa conférence de presse en sortie du Grand Débat, a dit qu'il souhaitait qu'on aille beaucoup plus vite et qu'on soit beaucoup plus ambitieux sur la montée en puissance. Et donc là, je travaille à des scénarii qui permettent d'aller plus vite et de monter plus rapidement en puissance.
Je ne peux pas vous faire aujourd'hui d'annonce de date, par définition, puisque j'y travaille et que c'est le président, le Premier ministre, qui vont arbitrer dans les prochaines semaines.
Vous avez travaillé aussi à un chiffrage, à un coût ?
Là-dessus, oui, évidemment, on travaille à un coût.
On avance 1,6 milliard.
Oui, vous savez, il y a beaucoup de chiffres qui ont circulé depuis deux ans pendant la campagne des présidentielles. On en est où, alors ? Certains avaient même avancé des chiffres de 7 milliards, 10 milliards pour expliquer que c'était infaisable parce que ça coûtait très cher. Alors, si on prend le coût pour 2 000 jeunes sur cette phase pilote et qu'on transfère, entre guillemets, sur 800 000 jeunes, on est autour d'un milliard 5. Peut-être qu'on sera en dessous, puisque, par définition, quand il y a plus de jeunes, il y a des économies d'échelle. Et par ailleurs, on va être plus performant dans nos organisations, plus efficace.
C'est pour ça qu'on a fait une phase pilote, parce qu'on est pragmatique, économe de nos moyens. Mais ce que le président de la République a toujours dit, et moi, ce que je crois profondément, c'est que c'est aussi un investissement. Quand on met en place un bilan de santé complet pour tous les jeunes à 16 ans, qu'on détecte des pathologies, ça a été le cas sur 2 000 jeunes dans la 7 phase pilote, qui potentiellement se seraient aggravés, auraient coûté plus cher à la sécurité sociale. On fait des économies.
Quand on a ce moment de brassage qui permet à des jeunes qui sont décrocheurs ou qui sont en voie de devenir décrocheurs, c'est-à-dire de quitter le système scolaire sans diplôme, sans qualification, et parfois passer plusieurs années dans l'errance. On produit aussi une économie pour la collectivité, un décrocheur en accompagnement. Il y a beaucoup d'accompagnement pour le décrocheur. En moyenne, ça revient à 237 000 euros sur la durée du décrochage par jeune.
Donc là, si on y arrive, et honnêtement, ce que j'ai vu dans cette phase pilote est très encourageant, par le partage entre les jeunes, par l'exemple que les jeunes se donnent, par les professionnels qui sont aussi dans ce service national, qui peuvent échanger avec les jeunes, par les différents bilans qui sont faits sur leur orientation, sur leurs compétences. Si on arrive à réduire le nombre de décrocheurs, en plus de faire du bien à ces jeunes pour leur orientation, leur émancipation, on produit aussi des économies pour la collectivité. Et je pense que ça, c'est intéressant de le regarder aussi, à moyen et à long terme.
Vous aviez dit que ce service national universel n'était pas un service militaire, c'est un service civique. Mais aujourd'hui, on entend des critiques quand même. On dit que c'est un peu trop autoritaire, un peu trop martial, un peu trop militaire. Il y a notamment une tribune, un des coprésidents de la FCPE, qui dit que c'est trop militaire.
Moi, ce que je constate, c'est qu'il y a une confusion parfois, dans notre pays, chez certains, entre le militarisme et le patriotisme. Aimer son drapeau, chanter la Marseillaise, ce n'est pas réservé aux militaires. Heureusement, d'ailleurs. Quand il y a une Coupe du Monde, dans les stades de foot, on chante la Marseillaise. Alors, on n'est pas obligé de le faire, c'est certain, mais on chante la Marseillaise et personne n'est axé de militarisme. Donc, je pense qu'il faut faire la part des choses. Ce n'est pas un service militaire parce qu'il n'y a pas de maniement des armes, que l'objectif, ce n'est pas de former des générations entières qui peuvent devenir soldats.
On a professionnalisé l'armée depuis que Jacques Chirac a suspendu le service militaire. On n'a pas besoin de ça. Il y a des militaires qui participent à l'encadrement et aux interventions dans les centres. Et ils apportent beaucoup aux jeunes. Les militaires, ils ont des choses à apporter sur leur expérience aussi auprès de la jeunesse. Les militaires, ils accompagnent chaque année des jeunes chez les cadets de la défense, chez le service militaire volontaire, le service militaire adapté outre-mer. Donc, ils ont des choses à apporter.
Et ce qui est intéressant, c'est qu'autour des jeunes, il y a, dans ce service national, des personnes issues de l'éducation populaire, des personnes issues des armées et des personnes issues de l'éducation nationale. Et que cette hybridation, elle s'est très bien faite. Qu'ils ont beaucoup partagé et compris ensemble au service des jeunes.
Gabriel Attal, on va tout de suite au standard puisqu'on a un premier appel d'un auditeur. Daniel, bonjour.
Oui, bonjour.
Justement, vous vouliez vous exprimer sur le SNU, le service national universel.
Oui, sur le service national universel. Vous prétendez au brassage, à la mixité. D'abord, j'ai une toute petite question. Est-ce que vous avez fait votre service militaire pour pouvoir affirmer une chose pareille ?
Alors, par définition, non, je n'ai pas fait mon service militaire. Vous êtes trop jeune. Mais ce que je peux vous dire, je n'ai pas retenu votre nom. Daniel, ce que je peux vous dire, c'est que moi, je n'ai jamais fantasmé ou dit que le service militaire était le summum de la mixité et qui permettait un brassage parfait des populations. D'abord, parce qu'il n'y avait que les garçons et pas les fils qui oubliaient quand même une part assez nette de la population. Et ensuite, parce qu'on sait bien que sur tous les dernières années, l'objectif, c'était quand même d'y échapper et qu'il y avait moins de jeunes appelés qui le faisaient que de jeunes appelés qui le faisaient.
Et donc, le service militaire n'est pas mon exemple ou mon totem en termes de mixité sociale. C'est pour ça qu'on construit quelque chose de nouveau qui est le service national universel.
Daniel, vous l'avez fait votre service militaire.
Oui, j'ai fait mon service militaire. J'ai perdu un an. Je veux dire, la mixité, le brassage, c'est du flanc. Par contre, si mon fils et moi-même ne voulons pas qu'il aille au service national universel, c'est quoi les sanctions et c'est les gendarmes qui vont venir le chercher ?
Gabriel Attal.
Alors, là, vous abordez une question qui ne se pose pas aujourd'hui puisque là, on était sur une phase pilote sur la base du volontariat, que l'an prochain, pour la première étape de montée en puissance, on sera encore sur une cohorte de jeunes volontaires. La question, elle se pose pour après, mais évidemment, beaucoup de Français se la posent. Il va y avoir un débat parlementaire puisqu'il faudra une loi pour définir les obligations et les sanctions éventuelles pour les jeunes qui ne feraient pas leur service national universel.
Aujourd'hui, il y a une journée qui est ce qui s'appelait la JAPD, journée de défense et de citoyenneté aujourd'hui, qui est obligatoire pour tous les jeunes qui se rendent dans un centre où ils sont au contact des armées pendant une journée. Elle est obligatoire. Si les jeunes n'y vont pas, il n'y a pas de gendarmes comme vous disiez qui vont les chercher chez eux. En revanche, elle est obligatoire pour valider un certain nombre de choses, le baccalauréat, le permis de conduire ou autre. Et il est possible, c'est une piste pour le service national universel de s'inspirer de ces verrous qui sont plus des verrous que des sanctions pour le SNU.
Mais moi, ce que je veux dire, c'est ma conviction, on ne peut pas la partager. C'est dommage que la phase pilote soit terminée puisque je vous aurais proposé de venir m'accompagner sur un centre en ayant été au contact avec les jeunes, avec leurs encadrants. Et quand on voit aujourd'hui ce qu'en disent les jeunes qui ont participé au service national universel dans cette phase pilote, c'est que les jeunes auront envie d'y aller parce que tous les jeunes qui en sont sortis ont dit j'ai le sentiment d'avoir grandi, j'ai mûri, j'ai le sentiment d'avoir découvert que j'étais capable de faire certaines choses dont jamais je ne m'étais dit que j'aurais été capable de les faire.
Et ça, je pense que c'est très positif et que notre jeunesse en a besoin.
Françoise nous a également appelé aux heures 1, 45, 24, 7000. Bonjour Françoise. Bonjour. Vous aussi, vous avez une question sur ces jeunes et leur engagement notamment.
Voilà. Je trouve ça parfait et comme idée. Mais les associations n'ont pas besoin de jeunes qui vont venir passer un jour, deux jours, qui vont être plutôt déboulés. Il va falloir s'occuper d'eux. Il y a déjà les jeunes qui sont en stage pendant leurs études. Est-ce qu'on ne pourrait pas plutôt remettre les contrats aidés en service ? Ça a été supprimé pour les associations qui en manquent cruellement, surtout les associations qui s'occupent du vivant comme les refuges pour les animaux. notamment, est-ce que M. Attal ne pourrait pas plutôt former des gens pour aider ces associations ?
Gabriel Attal va vous répondre.
Vous posez deux questions. Sur la première, est-ce que pour les associations finalement, c'est utile ou est-ce que c'est un poids, je ne comprends pas le mot que vous avez utilisé, ces jeunes, dans le cadre de leur mission d'intérêt général ? Puisqu'il faut le rappeler, le SNU, c'est d'abord deux semaines de cohésion encadrées par des armées, des membres de l'éducation populaire, de l'éducation nationale dans une autre région que la sienne ? Et ensuite, c'est deux semaines de mission d'intérêt général où les jeunes doivent effectivement faire une mission d'intérêt général pendant deux semaines dans une association ou un corps en uniforme.
Donc, est-ce que c'est préjudiciable pour les associations ? Moi, je ne crois pas. Je travaille beaucoup avec les associations. Je suis aussi en charge de la vie associative au gouvernement. Et sur l'exemple que vous donnez, par exemple, des refuges pour les animaux, j'ai eu de longues discussions avec Alain Bougrain-Dubourg et la Ligue de protection des oiseaux. Et ils sont très intéressés par le fait de pouvoir avoir des jeunes qui viennent les renforcer bénévolement sur le terrain dans leurs actions. Moi, je pense que c'est utile parce que...
Ce n'est pas plus intéressé par des emplois aidés ?
Mais c'est deux questions différentes. Vous savez, les associations, elles ont aussi besoin de bénévoles. Et ce qu'elles constatent, c'est qu'elles ont parfois du mal à attirer de jeunes bénévoles. Et moi, ma conviction, ce n'est pas que les jeunes n'ont pas envie d'aider et d'être utiles. C'est qu'il y a beaucoup de jeunes qui se disent qu'ils n'ont pas grand-chose à apporter et qu'ils ne mesurent pas. On est un pays qui a encore beaucoup de mal à montrer à ces jeunes leur utilité dans la société. Il y a beaucoup de jeunes qui se disent « Moi, m'engager, pourquoi pas ?
» On a vu d'ailleurs ces derniers mois que les jeunes étaient quand même assez engagés et intéressés par les causes, notamment environnementales. Mais qu'ils ne mesurent pas ce qu'ils ont à apporter. Et l'idée de cette mission d'intérêt général, c'est que tous les jeunes aient finalement ce déclic de mesurer parce que ça peut aller très vite. Il suffit de voir ce que vous êtes capable de produire par une action citoyenne sur une journée ou sur 15 jours pour le mesurer. Il suffit d'avoir un bénéficiaire si par exemple vous allez au contact de personnes précaires, un bénéficiaire qui vous remercie pour vous sentir utile et avoir envie de continuer ensuite sur du bénévolat à plus long terme.
C'est ça le pari du service national. Sur la question que vous posez des emplois aidés, moi j'assume la décision qui a été prise de transformer les emplois aidés en parcours emplois compétences parce que les emplois aidés qui sur le papier étaient là pour insérer des personnes plus que pour aider les associations. L'objectif principal officiellement c'était d'insérer des personnes qui étaient éloignées de l'emploi. En réalité c'était un subventionnement déguisé d'associations et il y avait beaucoup de personnes qui passaient en emplois aidés qui derrière n'avaient pas de perspectives positives. Donc parcours emplois compétences qu'est-ce que ça fait ? Il y a plus d'obligations d'insertion.
Moi ce que je constate encore une fois en tant que secrétaire d'Etat en charge de la vie associative c'est que c'est difficile pour des associations d'avoir toutes ces obligations supplémentaires. Et de fait il y a moins d'associations qui ont recours au parcours emplois compétences qu'aux emplois aidés. Et donc ce que vous posez c'est une vraie question c'est comment est-ce qu'on soutient l'emploi associatif pour des associations ? Plusieurs réponses. D'abord on a supprimé les cotisations salariales pour les associations qui salarient depuis le 1er janvier. Donc ça veut dire que c'est 1,4 milliard d'euros rendus aux associations qui salarient avec une baisse de charge pour leurs salariés.
Et ensuite le président de la République m'a demandé c'était aussi en sortie du grand débat de réfléchir et de travailler à des mesures nouvelles supplémentaires pour soutenir les petites associations. Et je regarde de manière très claire la question de l'emploi notamment pour avancer.
Gabriel Attal vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'éducation nationale les résultats du bac. On en a beaucoup parlé des annonces provisoires certains qui sont prévenus la veille des oraux le gouvernement aurait pu faire mieux ?
Le gouvernement il a fait ce qu'il fallait faire dans une situation exceptionnelle.
On n'aurait pas pu éviter un peu de stress aux candidats ?
On a tout fait pour éviter du stress aux candidats. Le fait de pouvoir dire aux candidats le mercredi ou le jeudi avant les résultats quand on a appris que 700 professeurs retenaient des copies et ne rendraient pas les copies.
le fait de pouvoir dire à tous les candidats vous aurez vos résultats vendredi vous saurez si vous êtes admis au baccalauréat ou non vendredi ça participait quand même à faire en sorte qu'il stresse moins il faut se mettre à la place des jeunes et de leur famille qui ont quand même stressé pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines puisqu'avant ça il y avait déjà des menaces de surveillants qui ne viendraient pas surveiller les épreuves voire qui bloqueraient l'accès à des centres d'examen pour les jeunes bien sûr que tout ça ça a alimenté le stress Vous assumez le thème
de gréviculture que vous avez déjà employé ?
Non mais ça n'a rien à voir c'était ici c'est vrai c'était à l'époque de la grève de la SNCF
Mais il y a une gréviculture dans l'éducation nationale ?
Non je ne dirais pas ça on parle de 700 correcteurs sur 175 000 correcteurs c'est-à-dire 700 personnes voilà c'est quand même une part extrêmement faible et c'est inadmissible ce qui a été fait on peut s'opposer et d'ailleurs je pense que dans les 175 000 il y en a qui peut-être partageaient des préoccupations ou des critiques des 700 mais ils ont été un minimum responsables en se disant on ne va pas pénaliser les jeunes qui stressent avant leur bac et surtout les jeunes qu'on a préparés toute l'année à passer leur bac
Jean-Michel Blanquer dit ce matin dans Le Parisien qu'il y a quelque chose de sacrilège qui a été accompli par les enseignants grévistes vous partagez ce mot sacrilège ?
Oui je partage puisque sacrilège ça veut dire une profamation une atteinte à un objet qui est sacré c'est vrai que le bac il a une part de sacré en France le bac c'est aussi un rite de passage c'est pour beaucoup de familles et de jeunes une grande source de stress et de travail et ensuite une grande source de fierté quand on l'a on voit chaque année c'est un peu le marronnier on l'a vu là les images de jeunes en larmes de joie d'avoir leur baccalauréat et aller s'attaquer à cet objet là s'attaquer à ça honnêtement oui c'est scandaleux
Gabriel Attal le secrétaire d'état auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse merci beaucoup d'avoir été notre invité vous filez sur les champs-élysées pour les répétitions du défilé avec les jeunes du SNU merci à vous merci à vous
Gabriel Attal