Débats sur le budget, démission de David Rachline... Le 8h30 franceinfo de Jean-Philippe Tanguy
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul.
Bonjour Agathe.
Jean-Philippe Tanguy, on va parler de votre stratégie pour les municipales, de vos encombrants amis ou ex-amis au Rassemblement National aussi. Mais d'abord, vous êtes présenté, vous allez nous dire ce que vous en pensez tout à l'heure, vous êtes présenté comme le monsieur économie du parti. Or, dans cette séquence budgétaire, on entend surtout le PS qui a obtenu des concessions, on entend Edouard Philippe dont les troupes pourraient tout faire capoter, mais vous, le RN, terreur du budget Barnier, à quoi vous servez aujourd'hui ? Est-ce que vous pesez encore ou vous êtes devenu spectateur ?
Non, pas du tout. Je pense que nous parlons essentiellement en fait des alertes du Rassemblement National, notamment sur les hausses d'impôts. C'est nous qui avons alerté et obtenu par exemple la suppression des 500 millions d'euros de hausses de taxes foncières qui étaient cachées à Bercy, que nous avons débusqué, dénoncé, puis fait annulé. J'espère qu'on va faire la même chose sur les 2 milliards de crédit carbone que nous avons aussi débusqué la semaine dernière, qui vont entraîner une hausse très importante des carburants.
Et puis ça permet aussi de montrer que ces certificats d'économie d'énergie ne servent à rien, puisque nous avions demandé un rapport à la Cour des comptes en 2024, qui était passé à LAS, qui montrait que ces 6 milliards d'euros de 8 milliards l'année prochaine ne servent à rien, sont détournés largement pour 100 euros prêts aux Français. Il y en a à peine 30% qui arrivent pour faire des vraies économies d'énergie, donc quand même un taux de fraude et d'une efficacité de 70%. Mais il y a beaucoup de gens qui se rincent là-dessus, parce qu'en fait derrière c'est quoi ?
C'est quand même des schémas de corruption, c'est des schémas de conflits d'intérêts permanents qui pompent de l'argent des Français pour s'enrichir. Ça sert à quoi de voter des choses si à la fin on ne vote pas le budget ?
Ah bah ça je ne vous fais pas dire, mais qu'est-ce qu'on a voté en fait ? Dans ce dont vous parlez, toutes ces députés qui parlent entre eux, et puis à la fin on voit l'autre jeu entre l'Assemblée et le Sénat, les gens nous en parlent beaucoup. Nous depuis le début au Rassemblement National,
on dit que la stratégie de M. Lecornu, qui a l'air très sympathique, est une stratégie de diversion, et qu'en fait à partir du moment où les républicains de M. Wauquid-Rotaillot et les socialistes n'ont pas censuré M. Lecornu, il a pu déposer un budget, et une fois que ce budget est déposé, on arrive lentement et sûrement par l'épuisement du Parlement, parce qu'il n'y a pas de majorité en fait, et ils font semblant, à soit des ordonnances, soit une loi spéciale, et on repartira encore. Est-ce que vous aussi vous êtes dans l'assitude ? Un cycle interminable.
Non, mais moi je n'y prouve pas de l'assitude, par contre j'ai peur que les Françaises et les Français, qui ont des vies extrêmement difficiles, des occupations très importantes, eux se disent que le Parlement ne sert à rien, et de guérlasse, puisse accepter, ou en tout cas tolérer, un budget qui va créer 19 milliards d'impôts, qui continue d'augmenter la dépense d'ailleurs.
Je vous dis Jean-Philippe Tanguy, pardon, mais qu'on retient vos alertes sur les hausses d'impôts, mais ce que l'on retient aussi, c'est que les macronistes et la droite n'ont cessé de vous accuser d'avoir augmenté les impôts de 34 milliards d'euros.
Mais oui, mais c'est complètement faux. C'est quand même hallucinant que ce genre d'informations puisse circuler. C'est complètement faux.
La taxe sur les multinationales, ce n'est pas des taxes. L'impôt sur la fortune improductive, la taxe sur les superdividendes.
Vous reprenez le truc, ce n'est pas une taxe. Il y a un dispositif de lutte contre la fraude fiscale. La fraude fiscale des multinationales est de 26 milliards. Donc moi j'aimerais bien qu'on arrive à éliminer toute la fraude fiscale des multinationales. Ça m'étonnerait qu'on y arrive, juste en votant un texte. Mais c'est répété partout depuis des semaines. Et pendant ce temps-là, on ne parle pas des vrais taxes, c'est-à-dire les 19 milliards d'impôts qui sont dans le budget. Ce n'est pas une invention, c'est la réalité. Et là, plus personne n'en parle. Donc ces stratégies de diversion, ça fonctionne très bien.
Et quand même, avant-hier, les républicains, les socialistes et les macronistes ont voté la loi de fin de gestion pour 2025. Et c'est quoi cette loi de fin de gestion ? Ah ben c'est 24 milliards de hausse d'impôts. Et ça, ce n'est pas ces crèmes. Ça n'intéressait personne. C'est hallucinant. C'est passé complètement sous la vague que les LR et le gouvernement ont acté qu'en 2025, ils ont encore augmenté les impôts de 24 milliards et augmenté les dépenses de 12 milliards. Alors vous n'êtes pas d'accord ?
Vous n'êtes pas d'accord avec eux ? En tout cas, Amélie de Montchalin...
C'est hallucinant cette désinformation sur le budget.
Amélie de Montchalin, ministre du Budget, rappelle qu'en l'absence du budget de la Sécu, votée pour 2026, le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 29 milliards d'euros. Et elle met en garde les députés. On l'écoute, c'était sur France Antaire hier.
Ce que je peux vous dire, c'est que pourquoi on prendrait les décrets et pourquoi on serait obligés de les prendre ? C'est s'il n'y a pas de budget. S'il n'y a pas de budget, je ne peux pas vous dire, vous voyez, les franchises, il n'y en aura jamais. Elles ne seront jamais doublées. Donc, le gouvernement pourrait être contraint, dit-elle,
de doubler par décret les plafonds des franchises médicales. C'est ça que vous voulez ?
C'est déjà par décret le doublement des franchises médicales. Donc, Mme de Montchalin essaie de mettre sur le dos du Parlement la responsabilité qui est la sienne. Le déficit que Mme de Montchalin annonce, ce n'est pas le déficit qui tombe du ciel, c'est le déficit d'un gouvernement auquel elle participe et les ministres des comptes publics.
Mais vous ne voulez pas le changer, ce déficit, en votant un budget, justement, qui corrige la trajectoire ?
Ils ont refusé, Mme Lambret, toutes les baisses de dépenses que le Rassemblement National a proposées, aussi bien sur le PLFSS que sur le PLF. Pourquoi ? Parce qu'au lieu de s'attaquer aux retraités, aux allocations familiales ou à la santé des gens, nous, on s'attaque au guichet social de l'immigration, au coût de l'immigration. Ça, ils ne veulent pas s'y attaquer. 16 à 18 milliards d'euros d'économie qu'on peut faire dès la première année. Ils ne veulent pas s'y attaquer. Donc, comme ils ne veulent pas s'attaquer aux grands tabous qui ont structuré l'échec du système depuis 50 ans, ils font payer. Donc, ils veulent désindexer les retraites.
Ils veulent désindexer les allocations familiales et les aides sociales. Ils veulent taxer de 800 millions les tickets restaurants. Bref, la purge sociale pour faire payer aux Français la facture qu'ils ne veulent pas faire payer à leur propre échec.
M. Tanguy, pour donner un budget à la France, Sébastien Lecornu doit envisager le 49-3. Ce n'est pas de moi, c'est du président du Sénat. Président LR Gérard Larcher, ce matin dans le Figaro. Finalement, est-ce que pour vous, au Rassemblement National, cette utilisation du 49-3 permettrait d'adopter le texte sans vote, qui permettrait d'adopter le texte sans vote, n'arrangerait pas tout le monde, dont vous ? Ça n'arrangerait absolument pas le Rassemblement National, puisque ce serait une spoliation
des contribuables et des assurés sociaux, des malades. Pourquoi M. Larcher veut faire ça ? Parce qu'il veut que le 49-3 maquille ce qu'ils ont fait au Sénat. Au Sénat, ils ont décidé que les retraités au-dessus de 1 400 euros étaient des privilégiés et qu'il fallait geler leur pension. Donc, François Hollande avait déclaré qu'on était riches à 4 000 euros. Pour M. Larcher, qui vraiment est dans le besoin, et je pense qu'il a un petit peu de mal à finir les fins de mois, M. Larcher, c'est 1 400 euros, la limite. Donc, on en est là. Je rappelle que les sénateurs, c'est le dernier corps d'État, d'Élus, qui a un régime préférentiel pour les retraites.
Vous avez un mandat de sénateur, vous avez une retraite de 1 800 euros. Mais alors, 1 400 euros, c'est trop. Donc, voilà, M. Larcher et ses amis, ils ne veulent pas qu'on voit leur turpitude, ils ne veulent pas qu'on voit leur choix, et donc, ils veulent faire un 49-3 pour que ça passe crème, comme ça fait depuis 3 ans. Vous préférez une loi spéciale,
Jean-Philippe, tant pis, qui coûterait, selon Bercy, 12 milliards d'euros à peine entrés en vigueur, et ensuite, 1 milliard de plus par mois.
Mais franchement, moi, je veux bien... Vous ne croyez pas à ce que dit Bercy ? Mais bien sûr que non, je n'y crois pas, parce que c'est faux.
Ça ne va rien faire, une loi spéciale, ça n'aura pas d'effet.
Mais une loi spéciale, par définition, ça fait des économies. C'est quoi, ces 12 milliards d'euros ?
Et ça va empêcher des hausses de crédit, par exemple, pour l'hôpital ?
Oui, donc ça fait des économies. Non, l'hôpital, ce n'est pas des hausses de crédit. L'hôpital, il n'est pas défini par la loi spéciale. Il n'est pas défini par la loi spéciale, Mme Lambret, mais ce n'est pas grave. Mais ces 12 milliards d'euros, c'est encore un chiffre bidon qui circule depuis un an, sans que personne ne vérifie rien. C'est quoi, ces 12 milliards d'euros ? En fait, quand j'interroge Mme Monchalin, c'est qu'elle n'a pas pu spolier les gens à l'année dernière. Comme on n'a pas pu, grâce au Rassemblement National, on a bloqué le gel des pensions de retraite, ils estiment qu'ils ont perdu de l'argent. Donc, les Français ont gagné de l'argent. Mme de Monchalin, on a parlé.
C'est ça la vision de l'économie de Mme de Monchalin, c'est que si elle n'arrive pas à piquer toujours plus d'argent aux Françaises et aux Français, toujours plus de prestations sociales, elle pense qu'elle ne fait pas d'économie. Donc, faire des économies, c'est réduire le train de vie de l'État, c'est baisser la bureaucratie, c'est lutter contre les grands tabous, c'est pas donner, comme l'a fait hier le Sénat, 30 milliards d'euros à l'Union Européenne, mais là, pour ça, il faut du courage, il ne faut pas juste passer sur France Inter pour insulter les Françaises et les Français et les prendre pour des imbéciles qu'ils ne sont pas.
Et d'ailleurs, au terme de cette petite séquence de mensonges d'État relayés partout sur le budget, jamais le Rassemblement National n'a été aussi fort dans les sondages et on gagne au second tour, pour le moment, dans toutes les configurations.
Et on parlera de votre stratégie politique après.
Ce qui montre bien que dans notre démocratie, les Françaises et les Français s'informent, voient la vérité et que les petites magouilles de M. Wauquiez et du gouvernement, elles se voient.
Et la vérité, justement, s'agissant de l'entourage du Rassemblement National, c'est la question que l'on se pose aussi aujourd'hui, parce que David Racheline, proche de Marine Le Pen et Jordan Bardella, visé par des enquêtes judiciaires, a annoncé sa démission de son poste de vice-président du RN mardi. Quelques heures plus tôt, Marine Le Pen avait dit ne plus souhaiter qu'il soit vice-président. Pourquoi il était devenu trop encombrant, David Racheline ?
Non, mais je pense que David Racheline était très clair dans son communiqué de presse et que la prise de parole de Marine Le Pen a été très claire. Donc, vous savez, moi, je suis arrivé tardivement au Rassemblement National.
En 2020 ?
Donc, moi, si vous voulez, j'ai quand même du respect pour des gens qui ont construit ce parti. M. Racheline a été un des premiers maires du Rassemblement National, un des premiers sénateurs, et ce n'est pas à moi de donner des brevets. Donc, Marine Le Pen a pris position, Jordan Bardella a pris position, David Racheline en a tiré des conséquences, dont acte.
Derrière vous, il y a une photo, pour ceux qui nous écoutent à la radio, il faut mettre le canal 16 et nous regarder à la télévision. Ce qui interroge, c'est cette éviction de David Racheline pour une photo avec l'ancien leader du GUD, Frédéric Chatillon, alors que Libération a révélé des éléments qui accréditent une contribution en sous-main de ce même Frédéric Chatillon aux campagnes présidentielles de 2022 et aussi en 2024 pour la propagande officielle du Rassemblement National. En fait, il n'était pas du tout tenu à distance, contrairement à ce que disait Marine Le Pen, Frédéric Chatillon. Écoutez, si c'est en sous-main, c'est qu'il est tenu à distance. C'est lui qui touche l'argent.
D'accord, mais moi, je ne suis pas au courant. Et comme l'a dit, d'ailleurs, Jordan Bardella avait déjà été interrogé sur cette interrogation. On n'est pas au courant du capital des entreprises. Enfin, vous, quand vous avez recruté les prescetaires...
Vous voulez dire que vous travaillez avec des gens, mais sans connaître l'actionariat ?
Non, c'est rarement public. Ça vous gêne pas ? Si vous connaissez les actionnaires de toutes les entreprises avec qui vous travaillez, vous êtes très fortes. Mais vous, sur un plan personnel, ça ne vous gêne pas, cette proximité avec l'ancien l'usure du GUD ? Mais moi, j'ai déjà dit plusieurs fois publiquement que je considérais qu'on n'avait pas à travailler avec des gens, comment dire, qui régulièrement affichent un soutien à un certain nombre de manifestations insupportables. Mais moi, j'ai déjà dit publiquement, et c'est d'ailleurs pour ça que nous ne travaillons plus avec ces personnes. Donc vous redites à Marine Le Pen qu'il faut couper les points à Frédéric Chatillon ?
Moi, je ne dis rien à Marine Le Pen. Marine Le Pen n'a pas besoin que je lui dise quelque chose, elle le sait très bien. Et Jordan Bardella, lui aussi.
Est-ce que vous, Jean-Philippe Tanguy, vous dites que vous êtes arrivé plus tard au Rassemblement national, vous saviez que Marine Le Pen et Jordan Bardella étaient très proches de David Racheline ? Est-ce que cette proximité vous a dérangé ? Est-ce que vous estimez qu'il aurait fallu prendre de vraies distances plus tôt ?
Non, mais moi, pas du tout. Moi, David Racheline, j'ai rencontré quelques fois. Il était charmant, c'était un très bon maire, très bien réélu. En plus, il a tiré les conséquences d'un certain nombre de choses. Moi, je n'ai aucune animosité contre David Racheline et ses électeurs non plus, visiblement. Et par contre, Frédéric Chatillon, quand on vous comprenne bien, lui, par contre, vous voulez qu'il sorte du parti ? Mais il n'est jamais été dans le parti. Mais tout ça, c'est des choses que vous répétez à Séné. C'est une enquête de Libération qui a déjà... Mais d'accord, mais Libération, il raconte beaucoup de bêtises.
Par exemple, une fois, Libération, ils ont expliqué que j'avais fait payer, comment dire, les candidats régionales pour être sur la liste. Je le sais de première main que c'est complètement n'importe quoi. Donc, excusez-moi, je n'accorde pas spécialement de crédit à ce que dit Libération. Je ne suis pas un espèce de parrain de la mafia qui distribuait les places sur la liste en donnant un petit billet. D'ailleurs, si c'était vrai, je serais en prison et je mériterais de l'être. Donc, tout ce que raconte Libération n'est pas parole d'or, c'est le moins qu'on puisse dire. Et genre, la liste est longue pour Libération.
Avec Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme. Avant de parler politique et municipale, on parle de Christophe Glez, toujours prisonnier en Algérie.
Oui, Agathe, toujours détenue depuis mai 2024 en Algérie. Journaliste sportif français, condamné hier à 7 ans de prison en appel. Il est reconnu, selon la justice algérienne, coupable d'apologie du terrorisme. L'un de ses deux avocats, Maître Emmanuel Daoud, était invité de Jérôme Chapuis ce matin.
Je considère, pour ma part, que c'est un théâtre des ombres, qu'il y a des marionnettistes et que c'est une parodie de justice.
... nos pouvoirs pour obtenir sa libération.
Écoutez, nous ferons pression sur l'Algérie, comme nous l'avons dit pour Bolem Sensal, qui a fini par être libéré. Nous, de notre point de vue, on considère que le vote qu'a opéré l'Assemblée nationale contre l'accord de 1968 entre la France et l'Algérie a opéré une forte pression. Et nous, on considère que ça a joué un rôle important. Donc, on pense qu'il n'y a que le rapport de force qu'on comprenne l'Algérie, d'ailleurs. Quand on parle de parodie de justice, on voit bien qu'on ne peut pas avoir de méthode démocratique normale, ordinaire, sereine, avec un régime qui utilise des prisonniers politiques comme des otages.
C'est le bras de fer. Il a été reproché, Bruno Retailleau, d'avoir une méthode musclée. Et après son départ, Bolem Sensal a été libéré. Vous, vous pensez que face à l'Algérie, sur le dossier Christophe Glace, il faut aussi montrer les muscles ?
Oui, mais il n'y a pas eu de lien temporel entre l'éviction ou le départ de M. Retailleau et l'Algérie Retailleau. Donc, Samson Sensal, la concordance temporale, elle est avec le vote du Rassemblement national à l'Assemblée contre les accords de 1968. Tout le monde peut le vérifier.
Jean-Philippe Tanguy, vous avez annoncé en début de semaine avoir investi déjà 600 candidats pour les municipales. C'est plus qu'en 2020, vous n'aviez présenté que 410 listes. Qu'est-ce que cela signifie ?
Déjà, c'est que le début et j'espère que ça montera en puissance et ça montre que sur le terrain, nous sommes de plus en plus présents, en lien avec nos scores, en lien avec notre enracinement, en lien avec le résultat de nos maires sur le terrain, le bilan qui essaime autour d'eux.
C'est quoi votre objectif cette fois ? Parce que c'était un échec en 2020. Vous aviez gagné Perpignan, certes, mais vous n'avez pas réussi à vous enfrenter.
C'est quand même la plus grande ville tenue par l'ERN, très bien tenue par Louis Alliot. Mais notre objectif, je les ai d'enfoncer une porte ouverte, c'est de convaincre le plus d'habitants de nous confier l'ERN de leur commune, des maires qui ont un bon bilan et qui peuvent rejoindre aussi d'ailleurs le Rassemblement National sur la base d'une charte que Julien Sanchez, député européen, ancien maire de Bocquer, fait partie de cette génération d'élus qui ont démontré les capacités et les qualités des élus du Rassemblement National, peuvent signer pour rejoindre le mouvement.
C'est une charte pour convaincre ceux qui ne veulent pas être officiellement investis par l'ERN d'être soutenus par vous. Mais en échange, vous leur demandez notamment d'apporter leur parrainage à Marine Le Pen pour la présidentielle. C'est quoi ? C'est un échange de bons procédés ou c'est du chantage ?
Non, ce n'est pas vraiment du chantage. Je ne puisse pas dire que cette signature soit très insupportable pour les maires. C'est juste que quand vous rejoignez une famille politique, vous faites partie d'une aventure politique. Alors vous n'êtes pas forcément adhérent, mais vous soutenez forcément des propositions, un programme incarné par une candidate qui est Marine Le Pen à la présidentielle ou s'il y a une dissolution, Jordan Bardella à Matignon. Donc je pense que ça ne choque personne que quand vous acceptez le soutien d'un parti, en échange, vous soutenez sa candidate. Mais pas forcément avec l'étiquette ARN qui fait encore un petit peu peur à certains candidats.
Non, ce n'est pas que ça fait peur, pas du tout, parce que moi je le vois dans la somme. C'est qu'en fait, il y a beaucoup de communes qui sont gérées de manière transpartisane. Sans étiquette. Pas forcément sans étiquette, mais ce n'est pas lié directement à un parti. C'est-à-dire qu'on peut partir à une famille de pensée, à un courant de pensée, s'inscrire dans un mouvement national patriotique, sans vouloir prendre sa carte. Ça correspond à une philosophie dont les communes sont gérées.
Il faut bien le dire de plus en plus aussi, depuis la fin que moi je soutiens du cumul des mandats, je ne suis pas pour le cumul des mandats, où en fait il y a un nouveau personnel politique qui est apparu localement, qui est un personnel qui ne veut pas se lier aux questions nationales au-delà d'une inscription générale. Est-ce qu'à Bégier, vous mettrez un candidat face au maire sortant Robert Ménard ? Je crois que c'est possible, mais je ne sais pas.
Quand vous entendez Laurent Wauquiez, chef des députés de droite, expliquer qu'en cas de second tour, sans candidat LR, il invite à voter tout sauf LFI, c'est-à-dire pourquoi pas extrême droite, vous vous frottez les mains, vous vous dites que ces municipales peuvent être un laboratoire de l'union des droites ?
Je ne crois pas qu'il y aura beaucoup de candidats d'extrême droite au sangotour,
mais c'est très bien de se faire barrage aux insoumis. Vous dites que votre objectif, c'est la qualité plus que la quantité. Est-ce que vous pouvez garantir que cette fois-ci, parmi ces 600 candidats, cette fois-ci, il n'y aura aucun raciste, aucun antisémite, aucun homophobe, comme ça avait été le cas aux européennes ?
Oui, mais si vous voulez, tout pareil, ça, ça a été tellement caricaturé. Non, non, non, c'était une liste précise avec des faits. Mais non, l'essentiel, c'était que des bêtises. Il y a eu quelques cas qui ont été immédiatement réglés. Vous avez reconnu vous-même que vous aviez des brebis galeuses ? Oui, quelques cas. On les a pas inventés ? Quelques cas, oui, pas du tout. L'ampleur qui a été donnée, avec une fois plus une espèce de racolage d'État monumental, avec un site spécial racontant absolument n'importe quoi sur des collègues formidables, qui sont parfaitement avec des valeurs républicaines.
Il y a même eu un rétro-pédalage dans le Morbihan, où les médias avaient diffamé un candidat qui, en fait, disait le contraire de ce qu'on lui avait reproché. Bon, bref, c'est toujours pareil. En tout cas, cette fois-ci, vous avez scanné les profils. Non, mais par contre, il y a un élu, Raphaël Arnaud, soit disant antifa, qui a été élu, donc qui a été définitivement condamné à 4 ans.
Vous parlez d'un député, la France insoumise ?
Oui, insoumis. Tout le monde savait qui c'était. On vous interroge sur les candidats municipaux à l'ORN, et vous répondez, député à la fille. Il a été condamné, et tout le monde a dit, mais non, il est innocent, il fait appel. Pas du tout, il a retiré son appel très discrètement.
Attendez, Jean-Philippe, pardon, mais Raphaël Arnaud, c'est grave. C'est vrai, mais vous, sciemment, vous avez fait autre chose. Vous, vous avez investi un candidat condamné pour terrorisme. Nicolas Batini-Abbassia, condamné à 8 ans de prison pour terrorisme après un attentat à la voiture Bélier en 2012. Et vous vous permettez de critiquer le député à la fille ?
Oui, parce qu'il a été condamné actuellement. Monsieur, la personne dont vous parlez...
Vous condamnez déjà avant sa condamnation, Raphaël Arnaud, parce qu'il était fiché S.
Non, il l'a accepté. Oui, mais est-ce que vous aviez vu les vidéos de M. Arnaud à l'époque ? Contre M. Zemmour ou d'autres ? Bon, bref, mais ça ne vous dérange pas d'investir un candidat condamné pour terrorisme. Mais excusez-moi, ce n'est pas ça, c'est que tout est bon à chaque campagne pour salir le Rassemblement National, pour nous faire porter tout et n'importe quoi. De toute façon, à la prochaine campagne, on sera aussi responsable des 50 ans de déficit, de la dette, de l'immigration, de l'échec de l'école, de l'appauvrissement des Français. Voilà, nous sommes dans l'opposition, nous n'avons jamais gouverné et nous sommes responsables de tout dans ce pays.
Moi, je vous dis, ça ne marche pas, ce n'est pas très intéressant. Mais quand votre candidat sur le fond... Par contre, vous voyez, ce week-end, sur les marchés de Noël de ma circonscription, la situation sociale est tellement grave, que même pour faire un petit cadeau à 1 ou 2 euros, il n'y a plus de Françaises et de Français sur le marché de Noël, parce que les gens n'ont plus de sous, ils n'ont plus d'argent, et on leur raconte à la télé qu'il y a de la croissance et que tout va bien avec le pouvoir d'achat. Vous ne répondez pas à la question, parce que vous condamnez... Non, mais moi, j'essaie de parler de mon pays, de mon peuple, pour lequel je suis élu, pour lequel je me bats.
Toutes ces histoires, toujours les mêmes, on... Vous en avez marre. Parle-là, vos candidats. Non, mais ce n'est pas nos candidats, c'est votre vision de nos candidats. Et nos candidats, quand il y a un problème... Regarde, il y a une question, par exemple, sur Nicolas Badini, en Corse. Quand il y a un problème, monsieur, ils sont... Mais il faut être condamné à vie. Est-ce qu'on a posé une question ?
Non, pas du tout, c'est juste qu'il a été condamné. Donc, vous dites qu'il a été condamné, il a payé sa peine, donc vous assumez de l'investir, d'accord ? C'est ce que je dis, c'est vrai. D'accord, il se trouve qu'il est aussi à la tête d'un parti nationaliste corse, qui promeut notamment la défense de la langue corse, ou un statut de descendant. Vous, les patriotes...
Vraiment défendre la langue corse, c'était...
Vous pouvez finir une question, s'il vous plaît ? Pardon, mais Marine Le Pen s'était opposée à l'enseignement des langues régionales à l'école, donc vous n'êtes pas tout à fait sur la même ligne de ce candidat. Vous, les patriotes, vous êtes maintenant pour l'apprentissage des langues régionales, et la défense du peuple corse ?
On a toujours défendu les langues régionales, madame Lambret, c'est juste, c'était contre la co-officialité. Vous pouvez, moi je vois, je défends la langue picarde, on peut défendre...
Donc aucune contradiction dans votre soutien à ce candidat ?
On peut défendre une langue régionale, mais considérer qu'elle ne doit pas avoir le statut officiel du français, c'est tout. Mais il n'y a aucune raison d'écraser les langues régionales, d'écraser les identités régionales pour être français. On est français, et au sein de la civilisation française, il y a des identités régionales, dont la Corse.
Jean-Anne Bardella a donc reçu un 9 lors d'une séance de dédicaces de son livre. Quant en 2007, Emmanuel Macron, alors candidat, s'était lui aussi pris un 9 en pleine figure, au sein de la culture. Vous n'avez pas entendu ? Ah bah si ! Regardez, Jean-Anne Bardella, Petit Archive, avait tweeté, quoi de 9 Emmanuel Macron ? 9, jeune mot avec le mot œuf, quand ça concerne les autres, en fait, ça vous amuse ? Je ne sais pas, Jean-Anne Bardella, je crois, il avait 17 ou 18 ans, voilà.
C'est votre réponse ? Bah, c'est l'avis en fait. C'est pas de très bon go, ce... Non, mais quand vous avez 17 ou 18 ans, vous n'avez pas la même attitude que quand vous êtes responsable politique, ça me paraît évident, en fait. Vous voyez, c'est incroyable, parce que, vous ne dites pas, on a l'impression qu'il a fait ça en tant que président du Rassemblement National.
Il a évolué depuis, vous dites.
Mais tout le monde évolue.
Et justement...
Je suis sûr qu'à 17 ou 18 ans, vous n'étiez pas la même qu'aujourd'hui, en tout cas, moi, je n'étais pas la même, et j'avais pas la même attitude, j'avais pas le même comportement. Il y a des choses qui m'amusaient en privé, qui ne m'amusent pas en tant que responsable politique. Vous n'avez pas forcément conscience, comment dire, de la gravité, effectivement, de ce genre.
On vous entend, il faut qu'on avance, Jean-Philippe Tanguy, justement, à propos de Jordan Bardella, Xavier Bertrand, qui était à votre place hier sur France Info, a dit ceci, écoutez. Il parle de Marine Le Pen.
Elle n'a pas envie de se faire remplacer par Jordan Bardella, parce qu'elle le connaît très bien. Quand j'ai indiqué qu'à 30 ans, vous pouvez avoir de très belles qualités, mais que vous ne pouvez pas diriger un pays de 68 millions d'habitants, eh bien, vous remarquerez qu'il n'y a personne au Rassemblement National qui a su trouver les arguments pour me démentir. Si, il y en a un. Mathieu Vallet, député européen, candidat à la mairie de l'île, qui a dit si, si, il a de l'expérience, il a fait des jobs d'été.
Alors, allez-vous être aux yeux de Xavier Bertrand le deuxième à dire que Jordan Bardella a suffisamment d'expérience pour briguer l'Elysée ?
Non, mais il a suffisamment d'expérience, et les Françaises et les Français lui reconnaissent. Ils lui ont donné deux fois la victoire aux élections européennes, et s'il n'y avait pas eu les magouilles du deuxième tour législative, il serait Premier ministre, et la France s'en porterait bien mieux. On n'aurait pas des suspicions sur le fait de vouloir piquer encore du fric aux épargnants avec le livret A, on n'aurait pas la hausse de la CLG d'1,5 milliard, on n'aurait pas un Nutri-Score pour expliquer aux Françaises et aux Français qu'ils ont besoin d'une nounou pour s'occuper de la vie.
Vous ne répondez jamais, on parle de Bardella, vous répondez sur le Nutri-Score.
Non, mais c'est-à-dire que si vous voulez...
Le Nutri-Score, vous l'avez rejeté alors que c'est une mesure de santé publique, et il y a des Français qui aime bien aussi avoir un Nutri-Score sur les emballages.
C'est une mesure pour expliquer aux Français qui ne savent pas que manger un gâteau, c'est un petit plaisir. Les Français n'ont pas besoin de ministres et d'un état nounou pour leur expliquer ce qu'ils doivent manger. Tout le monde sait qu'il ne faut pas manger trop de Nutella et que le Coca-Sucré, ce n'est pas de l'eau. Voilà, tout le monde le sait. Il faut arrêter de prendre les Françaises et les Français pour des imbéciles.
Pardon de vous couper, mais il faut vraiment qu'on vous pose la question qui aujourd'hui, la question qui s'épanche. Dans les colonnes du magazine Elle, en kiosque ce matin, article sur le fait que désormais, Jordan Bardella est en tête des intentions de vote des hommes homosexuels au premier tour de la présidentielle. Et là, une petite phrase nous intéressait avec Agathe, vous dites, j'ouvre les guillemets, « Discriminer toute sa vie à cause de son nom, Marine Le Pen a cette même blessure que les homosexuels, elle les comprend comme Mylène Farmer, c'est-à-dire ? » Je pense que c'est très clair. En fait, vous faites des réponses courtes des fois. C'est là où je vous demande de développer.
C'est très clair. Je ne vois pas ce qu'il n'y a pas besoin de commenter plus cette phrase. Je pense que les personnes homosexuelles ou non, d'ailleurs, qui sont sensibles aux discriminations et qui liront cette phrase, la comprendront. Marine Le Pen a une sensibilité aux difficultés de la vie, aux aléas, aux discriminations, aux injustices qu'elle a beaucoup subies dans sa vie et qu'elle combat activement. Et elle incarne, en fait, elle-même par sa vie, par son parcours, par sa résilience, par sa force d'âme, cette capacité à se redresser, à affronter les difficultés de la vie. Voilà.
C'est-à-dire que malgré l'incompétence du gouvernement sur le pouvoir d'achat, la sécurité, sur la dégradation de la santé et sur, effectivement, la dégradation de la sécurité et du bien-être des personnes homosexuelles.
Comment vous faites pour concilier ces belles déclarations sur les homosexuels et le fait d'avoir Victor Orban comme principal allié, qui fait interdire la marge des fiertés en Hongrie ?
Mais vous savez, déjà, cette marge de fierté s'est tenue et nous, à titre personnel,
Malgré l'interdiction par la police ?
Elle s'est tenue et il n'y a pas eu de conséquences. Mais si, je réponds à la question. Mais non, mais la Hongrie est un pays souverain. Et moi, je suis un pays souverain. Et cet été, par exemple, il y a une espèce de serial killer qui visiblement a tué 4 personnes homosexuelles. Et ça n'a pas fait la une des journaux. Il faut qu'on termine. On n'en a pas parlé parce qu'il ne fallait pas déplaire au fait que maintenant, dans notre pays, on tue des homosexuels et que le gouvernement est incapable de protéger les homosexuels contre la mort, pas contre des histoires surréalistes qu'on raconte pour faire peur aux gens.
Merci Jean-Philippe Tanguy, merci Paul.
Merci Agathe.
Jean-Philippe Tanguy