Le RN veut l'annulation de la nouvelle taxe sur l'électricité ! - Gaëtan Dussausaye (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse partielle
Pour le Rassemblement national, la censure est déjà actée ou pas encore ? Et si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui est encore négociable ?
- 0:51OuverteRéponse directe
Sur l'électricité, qu'est-ce qui vous ferait changer d'avis et dire « bon bah là c'est bon, on a eu gain de cause » ?
- 1:38OuverteRéponse partielle
Vous avez conscience que de toute façon, le prix de l'électricité va baisser d'au moins 9% ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Marine Le Pen demande aussi le sujet de la désindexation des retraites. Là aussi, jusqu'où voulez-vous aller ? Qu'est-ce qui serait pour vous une bonne réponse de la part du Premier ministre ?
- 3:25RelanceRéponse partielle
Vous souhaitez l'annulation de la hausse du ticket modérateur, 900 millions d'euros. Mais est-ce que le RN ne prend pas le risque de jouer la politique du pire si vous censurez le gouvernement ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que vous pourrez avoir gain de cause sur tout ? Et sinon, est-ce que ça veut dire que forcément, vous allez censurer, puisque vous ne pourrez pas avoir gain de cause sur tous ces éléments-là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05Locuteur non identifiéPromesse
« nous sommes pour l'annulation complète et totale de l'augmentation de la taxe sur l'électricité. »
- 1:54Locuteur non identifiéChiffre
« l'électricité depuis deux ans a augmenté, elle, de 40%. »
- 2:11Locuteur non identifiéChiffre
« c'est même 150% depuis l'élection d'Emmanuel Macron. »
- 2:43Locuteur non identifiéPromesse
« il ne doit pas y avoir une seule désindexation des pensions de retraite à compter du 1er janvier. »
- 3:31Invité politiqueChiffre
« vous souhaitez l'annulation de la hausse du ticket modérateur, 900 millions d'euros. »
- 4:40Locuteur non identifiéFait
« Elisabeth Borne, elle-même membre portant de la majorité gouvernementale, qui nous explique qu'elle est en désaccord complet avec l'intégralité du budget qui est présenté par son propre gouvernement. »
- 6:16Locuteur non identifiéChiffre
« nous sommes arrivés en tête en nombre de voix lors des dernières élections législatives. »
- 6:32Locuteur non identifiéFait
« on maintient le budget dédié à l'aide médicale d'État, c'est-à-dire à des soins gratuits réservés aux personnes en situation irrégulière sur notre territoire. »
Temps de parole
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- Présentateur16 %
- Auditeur2 %
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Nous sommes en direct justement avec Gaëtan Dussaucet, député RN des Vosges. Bonjour, merci d'être avec nous sur France Info cet après-midi. Vous êtes en direct depuis l'Assemblée nationale. Pour le Rassemblement national, la censure est déjà actée ou pas encore ? Et si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui est encore négociable ?
Eh bien écoutez, aujourd'hui il y a encore des discussions qui sont en cours, notamment dans cette commission mixte paritaire, depuis que le budget notamment du projet de loi finance de la sécurité sociale est revenu depuis le Sénat. Donc il y a des points chauds, des points qui nous concernent énormément. Je pense au gel des pensions de retraite, je pense aux exonérations de charges notamment pour les TPE et les PME. Donc nous pour le coup, le Rassemblement national a toujours été très constant. On a fixé un certain nombre de lignes rouges auprès du gouvernement et on espère qu'il les entendra dans ce dernier rang de négociations.
Mais par exemple, très concrètement, sur l'électricité, qu'est-ce qui vous ferait changer d'avis et dire « bon bah là c'est bon, on a eu gain de cause » ? Sur les périls d'électricité ?
S'il n'y avait que la question de l'électricité, mais pour vous répondre clairement et concrètement, évidemment nous sommes pour l'annulation complète et totale de l'augmentation de la taxe sur l'électricité. Le gouvernement d'ailleurs, quand on a posé la question hier à Michel Barnier au 20h d'une chaîne concurrente, le fait qu'il dise « on verra, ce n'est pas sûr », ce n'est pas possible, ce n'est pas une réponse qui est entendable. L'électricité c'est un bien de première nécessité, on parle de la capacité des Français à se chauffer. Donc évidemment, on ne peut pas comme ça se dire « on verra ». Non, on attend à avoir une position qui soit concrète, qui soit claire.
On a un peu le sentiment aujourd'hui d'être dans un avion en réalité sans pilote.
Il y a entendu ce soir, Jean-Paul Jappel.
Petite question, vous avez conscience que de toute façon, le prix de l'électricité va baisser d'au moins 9% ? – Le prix de l'électricité va baisser d'au moins 9%.
– En effet, il y a des prix au niveau du marché. – Non, non, non, les prix des consommateurs, des Français. – Il est vrai que le prix du gros de l'électricité est en train de baisser. Mais ce que vous oubliez de dire, monsieur, si vous me le permettez, c'est que l'électricité depuis deux ans a augmenté, elle, de 40%. Donc quand on nous dit que l'électricité baisse et que par conséquent on peut se permettre d'annuler un petit peu la baisse parce qu'on va augmenter les taxes de l'État, ce n'est pas entendable. Je le répète, l'électricité a augmenté de 40% depuis deux ans, c'est même 150% depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Donc à un moment donné, ce n'est plus possible.
On parle d'un bien qui est un bien nécessaire, un bien vital pour tous les Français qui ne supportent plus d'être tenus à la gorge par des factures qui sont beaucoup trop élevées.
– Gaëtan Dussosso, justement, vous le disiez tout à l'heure, il y a l'électricité, mais vous le disiez, il n'y a pas que ça. Marine Le Pen demande aussi, par exemple, le sujet de la désintexation des retraites. Là aussi, jusqu'où voulez-vous aller ? Qu'est-ce qui serait pour vous une bonne réponse de la part du Premier ministre ?
– Mais notre message a été très clair, et ce, dès le début, il ne doit pas y avoir une seule désindexation des pensions de retraite à compter du 1er janvier. Elles doivent être indexées sur l'inflation. Nos retraités, on leur a déjà demandé énormément d'efforts. Si on fait cela, parce qu'on nous parle de nous le retarder pendant six mois, mais dans tous les cas, c'est un coût qui est porté au pouvoir d'achat des retraités, et y compris des retraités les plus modestes. Donc ce n'est pas entendable. Si vous voulez, le Premier ministre Michel Barnier avait dit, lors de son discours de politique générale, qu'il voulait faire un coup de pouce pour le pouvoir d'achat des Français.
On voit concrètement avec ce budget qu'en réalité, ce n'est pas le cas. Et le pire, c'est qu'il n'y a pas eu d'inflexion dans les discussions de la part du gouvernement. En réalité, il a présenté un budget qui était déjà injuste dans sa forme initiale, et depuis, on a l'impression de faire du surplace. Le gouvernement n'entend pas l'opposition et n'entend pas le Rassemblement national.
Donc, effectivement, en taxe sur l'électricité, des indexations pour les retraites, vous auriez pu citer, effectivement, vous souhaitez l'annulation de la hausse du ticket modérateur, 900 millions d'euros. Bref, vous êtes contre, effectivement, toute mesure d'économie immédiate. Mais est-ce que le RN ne prend pas le risque de jouer la politique du pire si vous censurez le gouvernement ? Parce que, nécessairement, les marchés financiers vont s'inquiéter de l'absence de gouvernement, de l'absence de budget. Il pourrait y avoir un regain des taux d'intérêt et donc de l'inflation. Ça, ça pourrait frapper les classes moyennes, voire les classes populaires en France.
Vous n'êtes pas inquiets d'être un petit peu, passez-moi l'expression, les artisans du chaos ?
Mais attention, justement, à ne pas inverser les responsabilités. Aujourd'hui, l'instabilité, elle est créée, justement, par le gouvernement. C'est parce qu'on a ce sentiment d'être, comme je vous le disais, dans un avion sans pilote, parce qu'on ne sait pas où veut aller le gouvernement, parce qu'il y a les discours, celui du Premier ministre lors de son discours de politique générale, et ensuite les actions qui contredisent totalement les promesses du Premier ministre lui-même, eh bien qu'on a cette instabilité.
D'ailleurs, ce n'est pas que le RN qui le dit, c'est même Elisabeth Borne, elle-même membre portant de la majorité gouvernementale, qui nous explique qu'elle est en désaccord complet avec l'intégralité du budget qui est présenté par son propre gouvernement. Donc tout ça, évidemment, ça crée beaucoup d'inquiétudes, mais la responsabilité est du côté du gouvernement. Nous, on a été très clair, si vous ne voulez pas la censure, il faut entendre ce qu'ont exprimé les électeurs du RN, les 11 millions de Français qui nous ont fait confiance.
Un coup de main pour le pouvoir d'achat, un véritable soutien, et pas de fiscalité et pas d'ivresse fiscale, comme on le subit maintenant depuis beaucoup trop longtemps.
Mais alors justement, ce matin, Marine Le Pen réagissait à l'interview du Premier ministre d'hier soir. Elle disait de simples discussions, c'est mieux que crème, elles ne suffiront pas. Et on vient de le dire, la liste est assez longue sur l'électricité, l'indexation des retraites, le déremboursement des nouveaux médicaments, les réformes structurelles sur les dépenses de l'État, la préservation des entreprises, et quand même beaucoup de choses qui sont dans la balance, voilà, pour satisfaire le Rassemblement National. Est-ce que vous pensez que vous pourrez avoir gain de cause sur tout ?
Et sinon, est-ce que ça veut dire que forcément, vous allez censurer, puisque vous ne pourrez pas avoir gain de cause sur tous ces éléments-là ?
Écoutez, c'est normal pour le coup que les députés de l'opposition et que le premier groupe d'opposition à l'Assemblée Nationale soient exigeants. Et c'est normal qu'on demande avec fermeté à ce qu'on respecte la volonté des 11 millions de Français qui nous ont fait confiance. Ce n'est pas pour rien que nous sommes arrivés en tête en nombre de voix lors des dernières élections législatives. Et il faut que le gouvernement entende justement cette volonté. Encore une fois, pas seulement la volonté des députés du Rassemblement National, mais aussi et surtout la volonté du peuple français.
C'est le peuple français qui convoque et qui ordonne au gouvernement d'entendre justement ce soutien dont on a besoin, notamment sur la question du pouvoir d'achat. Donc maintenant, dans le budget, il y a évidemment des sujets qui sont scandaleux. Quand on voit que d'un côté, on explique aux Français qu'on va dérembourser une partie du remboursement des médicaments, mais que de l'autre, on maintient le budget dédié à l'aide médicale d'État, c'est-à-dire à des soins gratuits réservés aux personnes en situation irrégulière sur notre territoire, évidemment, ce n'est absolument pas entendable.
Et c'est notre rôle justement de dénoncer ces contradictions et ces injustices dans le budget du gouvernement.
Jean-Jérôme Bertonu, c'est une question pour vous.
Donc effectivement, il y a cette commission mixte paritaire, capitale. Elles le sont souvent, mais celle-là est d'autant plus essentielle sur le budget. Je voulais savoir si vous avez eu d'ores et déjà des échos. Jean-Philippe Tanguy est membre de cette commission. C'est votre coordinateur au sein du Rassemblement national sur les questions économiques. Est-ce qu'il vous a un peu donné déjà un petit peu une tendance de cette commission ? Et est-ce qu'il vous semble qu'elle va plutôt dans votre sens ou pas du tout ?
Alors pour le moment, je n'ai pas d'informations suite à la tenue depuis le début de cet après-midi de la commission dont on parle. Évidemment, ce qu'il faut quand même retenir, c'est que dans cette commission, ce sont les partis liés au gouvernement de Michel Barnier qui ont la majorité. Notamment avec leur représentation et leur poids au Sénat, ils ont la majorité. Donc si le gouvernement de Michel Barnier le veut, s'il veut enfin entendre la parole du peuple français, il peut donner raison, il peut répondre justement à ces demandes qui émanent du groupe du Rassemblement national. Donc ce qui sortira de cette commission sera pour le coup la véritable volonté du gouvernement Barnier.
Il reste encore quelques heures de négociations. On espère évidemment qu'il les entendra, sinon en effet, il prendra la voix très claire de l'ascension.
Et encore une petite question. Donc si effectivement cette commission mixte paritaire était ce qu'on appelle conclusive, ça veut dire qu'effectivement, le budget était voté à travers cette commission mixte paritaire, peut-être pas dans un sens qui vous plaît, mais était voté. Donc, et si le gouvernement souhaitait le faire passer via un 49-3, vous n'attendrez pas le vote du budget, c'est-à-dire à peu près la mi-décembre ou aux alentours du 18 décembre. Dès la semaine prochaine, dans ce cas, vous pourriez voter la censure avec le nouveau Front populaire.
Écoutez, il faut voir d'abord quel texte sort de cette commission. Comme je vous le disais, le gouvernement a la majorité, donc c'est lui qui détient finalement la responsabilité du budget qui sortira de cette commission mixte, pour le coup. Encore une fois, il a la majorité, c'est lui qui a du coup les commandes en main. Évidemment, on verra ce qu'il y a dedans. Si le gouvernement maintient la proposition qui était celle des Macronistes, qui était celle des LR, de vouloir notamment geler les pensions de retraite et notamment des retraites les plus modestes, évidemment, ça ne sera pas possible. Nos lignes rouges sont fixées depuis longtemps.
Encore une fois, nous avons toujours été constants et très clairs. On ne joue pas un double jeu avec le gouvernement. On est le plus clair possible et ce, depuis des mois. Donc, il sait à quoi s'attendre en fonction des décisions qui seront les siennes dans le cadre de cette commission.
Gaëtan Dussausaye