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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 mai 2026 24 min

Carburants, campagne 2027... Le "8h30 franceinfo" de David Lisnard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour David Lissnard. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. David Lissnard, vous êtes désormais candidat pour 2027. Vous voulez moins d'État, moins de bureaucratie. Vous allez nous dire comment vous pensez convaincre les Français sur ce créneau-là. Mais d'abord, face à la flambée des prix du carburant, le Premier ministre se résout à aller plus loin dans les aides. En tout cas, c'est ce qu'il dit Sébastien Lecornu hier à l'Assemblée.

0:28
Invité

Il va falloir changer d'ampleur et d'échelle. Et donc, le gouvernement sera amené à reprendre la parole dans les tout prochains jours et en début de semaine prochaine.

0:36
Présentateur

Qu'est-ce que vous attendez du gouvernement, David Lissnard ?

0:38
David Lisnard

On verra ce qu'il annonce. Je ne vais pas commenter l'annonce d'une potentielle annonce. Sur ce qu'il a déjà annoncé. On a été habitués à ce que ce soit un jour après l'autre. Chaque jour gagné pour eux. On sent que le pays perd du temps, mais qu'eux gagnent du temps. Et en l'occurrence, de toute façon, ils sont prisonniers des décennies d'impuissances dans lesquelles on s'est mis en affaiblissant l'État. Vous disiez tout à l'heure, moi, j'étais pour moins d'État.

Non, je suis pour l'État là où il est nécessaire, c'est-à-dire la protection, y compris dans des moments particuliers, comme une crise sanitaire ou une crise énergétique, comme on l'a vu aujourd'hui, mais où que l'État ne soit plus intrusif d'un point de vue bureaucratique, administratif.

1:17
Présentateur

Et on va développer quel est votre projet, mais à court terme, dans cette crise, que doit faire l'État ? Qu'est-ce que peut annoncer le gouvernement ? Sébastien Lecornu va faire des annonces en début de semaine ?

1:26
David Lisnard

Vu que l'État, c'est nous tous, et que nous sommes à cause de nos dirigeants surendettés, il ne peut faire que des mesures circonstancielles nécessaires pour des professions. J'ai une prud'homie de pêche professionnelle à Cannes, qui est la plus importante des Alpes-Maritimes et du Var. C'est une profession qui doit être soutenue provisoirement et de façon circonstancielle. Donc des mesures ciblées ? La seule mesure générale qui est possible, sans dégrader les comptes publics, c'est la suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie. C'est ce que je propose depuis longtemps, c'est ce qu'avait repris d'ailleurs Michel-Édouard Leclerc. Ici même d'ailleurs.

Une économie de 17 centimes par litre.

1:59
Présentateur

C'est ce qui va à la transition énergétique, à la rénovation énergétique ?

2:02
David Lisnard

Oui, mais à un moment donné, il faut choisir. C'est-à-dire que si on estime qu'il est très difficile de faire le plein, et c'est très difficile de faire le plein quand vous êtes à 2,20€, voire un peu plus sur du gasoil, ou à 2€ pour du 100,95€, c'est très difficile. Donc on ne peut pas demander tout et son contraire.

2:17
Présentateur

Mais c'est dans l'ordre des choses, au moment où on dit qu'il faut accélérer la transition énergétique, de dire l'argent qui est fléché pour la rénovation, on va le mettre pour faire baisser les prix à la pente ?

2:25
David Lisnard

Je pense que ce qui est dans l'ordre des choses, c'est d'être adulte, et de considérer qu'on ne peut pas tout faire en même temps. Donc soit on estime qu'il y a une vraie crise sociale due au prix du carburant et du gaz d'ailleurs, ce qui est le cas, et il faut des mesures circonstancielles, quitte à retarder d'autres choses, soit on estime qu'il n'y a pas de problème, mais on ne peut pas faire les deux en même temps. Juste vous dire que de toute façon, tout cela est forcément du théâtre, puisque l'État, cette année, va emprunter 310 milliards d'euros, c'est-à-dire plus que pendant la crise Covid, et que toutes les économies...

Certains disent qu'il faudrait baisser la TVA, baisser les taxes, baisser... Ça, c'est le Rassemblement National. Je pense notamment au Rassemblement National. Mais ça veut dire qu'on fait payer une partie de notre plein par nos enfants et nos petits-enfants. C'est, je trouve, d'une facilité déconcertante. Donc la réalité, c'est que tant qu'on ne s'attaquera pas à la matrice de l'État, à la façon dont notre modèle social ne fonctionne plus, tant qu'on continuera de faire des effets d'annonce circonstanciels, de flagornerie, de flatterie, nous ne réglerons pas les problèmes. Et la prochaine crise, ce sera autre chose.

Ce sera peut-être une crise sanitaire, peut-être une crise alimentaire, juste sur le prix du pétrole. On risque d'avoir une inflation alimentaire très forte parce que les engrais azotés dépendent beaucoup du pétrole. Ils sont indispensables. Eh bien, le roi est nu parce que le roi est surendetté. Le roi est surfiscalisé. Avec nos impôts, on va payer 7 fois plus d'intérêt de la dette de l'État cette année que tout le budget de la justice. Et on manque de place de prison. Et on a des conditions indignes de détention des détenus. Et on ne sanctionne pas les voies.

3:51
Invité

On va juste quitter les prisons pour rester juste sur le pétrole. Il y a un gros débat sur Total. Les socialistes ont déposé une loi pour taxer, vous savez, les surprofits de Total. Patrick Pouyannet, son PDG, a prévenu hier. L'entreprise ne pourra pas, prévient-il, maintenir son plafonnement en cas de taxe. Est-ce que c'est pour vous une mise en garde ou carrément du chantage ?

4:09
David Lisnard

C'est surtout cette espèce de frénésie socialiste qu'on retrouve aux socialistes, mais malheureusement aussi à droite, aux extrêmes où vous voulez, de toujours taxer. Nous sommes le pays qui a le record du monde des impôts et des charges. Et Total a fait plus de 51% de bénéfices, quasiment 5 milliards de bénéfices. Tant mieux pour eux, parce que si vous taxez Total, deux choses. Vous favorisez ses concurrents, Exxon, etc. Est-ce qu'on veut favoriser les entreprises concurrentes d'une entreprise française ? Deuxième élément, il semblerait que les marges de Total soient tout à fait dans la norme. On verra ce que donneront les résultats là-dessus. Qu'est-ce que vous voulez dire ?

Je vais vous dire plus 51% sur les trimestres, ça veut dire quoi la norme ? Je voudrais vous dire, la norme c'est celle du marché, c'est celle de la concurrence. Et est-ce que Total fait plus de marge que Exxon, que Shell ? Il n'y a pas de sur-profit pour vous ? Mais tout ça, ce sont des mots qui flattent l'opinion. Et en l'occurrence, je vais vous dire simplement aussi qu'il y a un principe de base, c'est que quand vous taxez le lait, vous ne taxez pas la vache. Ce n'est pas la vache qui paye, c'est le consommateur. Quand vous taxez une entreprise, c'est toujours le consommateur qui paye à la fin. On a le pays qui a les plus fortes taxes sur l'investissement, sur le profit.

On a une sur-taxe depuis maintenant un an et demi sur les résultats financiers, vous le savez. Donc vous dites stop au Total Machine. On taxe plus que le reste du monde. Et on voudrait nous faire croire que le problème du prix du carburant, c'est un manque de taxes. Pourquoi les autres pays européens, comme la même monnaie, l'Espagne, l'Italie, pourquoi les consommateurs paient beaucoup moins cher le prix du carburant ? Parce que l'État a plus de marge de manœuvre et qu'il a pu baisser les taxes. Ce qui me fait sourire dans tout cela, sourire jeune parce que je fais aussi mon plein d'essence, c'est que c'est un détournement d'opinion. C'est un détournement d'opinion.

Aujourd'hui, ce que l'on ne voit pas, en nous parlant des distributeurs, en nous parlant de Total et pas des autres compagnies étrangères, d'ailleurs c'est quand même très curieux ce masochisme anti-français, ce qu'on ne voit pas, c'est que 60% du prix du carburant vient de la fiscalité qui est la plus élevée du monde.

6:12
Présentateur

Oui, et vous ne voulez pas baisser les taxes sur le carburant ?

6:14
David Lisnard

Oui, parce qu'il y a un principe de réalité financière. C'est pour ça que je propose la suspension provisoire du C2E. C'est la moins mauvaise des mesures dans un état exemple.

6:23
Présentateur

Et sur le plan diplomatique, David Lissnard, puisque vous aspirez à diriger la France, on va écouter Emmanuel Macron qui a redit la position de l'Hexagone dans ce conflit hier depuis l'Arménie, selon lui, une position constante.

6:37
Invité

Nous appelons à la cessation de toute hostilité, au retour des négociations diplomatiques et au respect de tous les pays de la région et au retour de la liberté de navigation. Toute escalade est une faute qui nourrit la guerre.

6:51
Présentateur

Si vous étiez président, qu'auriez-vous fait différemment d'Emmanuel Macron ?

6:55
David Lisnard

Pardon, on ne peut être que d'accord avec la paix, la paix dans le monde. Sans être péjoratif, ça fait un peu Miss France.

7:01
Présentateur

Il dit des évidences, le chef de l'État ?

7:04
David Lisnard

Oui, la désescalade, la paix, la libre circulation, il a raison. Le problème, c'est que tout cela, ce sont des mots vides, non pas de sens mais d'effet, puisque les relations internationales, ce sont évidemment des rapports d'influence, voire des rapports de force. Et que lorsque vous empruntez 310 milliards dans l'année et que vous empruntez quasiment à 60% à l'étranger, vous n'êtes plus tout à fait souverain. Lorsque vous êtes surendetté, ce qui est le cas de la France, lorsque vous avez un taux d'industrie manufacturière qui vient de passer en dessous de l'Espagne, moins de 10%, alors qu'on nous parle de réindustrialisation...

7:36
Présentateur

Vous dites qu'il y a un déclassement de la France qui affaiblit le Président. Mais si vous étiez Président, qu'est-ce que vous auriez fait entre l'Iran et les États-Unis ? Est-ce que la position du chef de l'État vous paraît équilibrée ? Emmanuel Macron qui appelle à la négociation, qui a refusé d'aider Donald Trump quand Donald Trump a réclamé de l'aide pour rouvrir le détroit d'Ormos ?

7:54
David Lisnard

Deux choses, les négociations, elles sont manifestement en cours d'après ce que l'on sait, mais malgré les soubresauts de la parole à la fois iranienne et américaine. Surtout américaine, quand il y a un vol de force américaine. Deuxième élément, l'initiative qui devait être, à mon avis, concrétisée, qu'il faut encore essayer de concrétiser, c'est une initiative française et européenne avec nos alliés, notamment les Émirats arabes unis. Et je pense qu'on aurait pu rebondir sur la résolution qu'avait proposée le Bahreïn, notamment, qui a été bloquée, je trouve qu'on n'en parle pas assez, par la Chine et la Russie pour une force de garantie de liberté de circulation sur le détroit d'Ormos.

Et là, la France a un rôle à jouer. On a de vraies alliances qui ont été nouées au gré des années, et notamment par le président Chirac, et une possibilité, grâce à notre marine, grâce à notre armée, si l'Italie joue le jeu avec la Grande-Bretagne, et les États de la région, de prendre une initiative pour garantir la liberté de la circulation du détroit d'Ormos. Mais ce qui est évident, c'est que la dénéclarisation de l'Iran est une nécessité absolue, vitale. On a vu que la balistique iranienne permettait de toucher des intérêts vitaux, y compris sur le territoire hexagonal. Et donc, effectivement, oui, de façon incantatoire, espérons que les négociations aboutiront.

9:12
Invité

Une de vos formules fétiches, c'est de dire « la diplomatie sans armes, c'est de la musique sans instruments ». David Lissler, président de Bismarck, que vous avez récité. David Lissler, président, il fait quoi, notamment avec le Charles de Gaulle, là, aujourd'hui ? Vous dites qu'il faut reprendre cette proposition dans le détroit d'Ormos. Qu'est-ce que vous faites vraiment, physiquement, si vous étiez aux commandes ?

9:28
David Lisnard

Alors, un porte-avions, c'est toujours un outil diplomatique très fort. C'est un outil militaire, mais c'est un outil aussi de puissance, puisque peu de nations ont des porte-avions. Et en l'occurrence, je pense que notre rôle, c'est d'assurer la sécurité du Liban. On a un rôle historique et majeur à jouer en la matière. Et que, à ce titre, le désarmement du Hezbollah, qui est une officine de l'Iran, est une nécessité absolue.

Et je crois que de focaliser sur quelques objectifs atteignables, un, une coalition internationale respectueuse de nos intérêts, c'est-à-dire libérer la circulation maritime sur le détroit d'Ormos, et de nos principes, rétablir des principes de droit, et ce n'est pas incompatible défendre des principes et des intérêts, d'une part, et d'autre part, d'assurer un rôle de protection du Liban, d'émancipation du Liban, qui doit retrouver sa souveraineté, sa liberté, ce qui ne peut passer que par le désarmement du Hezbollah, est une nécessité, et que des initiatives doivent être prises là-dessus.

Mais le problème, c'est que la France a eu une parole tellement incohérente au gré du conflit au Proche-Orient. Souvenez-vous, le lendemain du 7 octobre, l'appel à créer une coalition pour Gaza de lutte contre le terrorisme, et puis ensuite des positions contraires une semaine après, on les avait d'ailleurs évoquées ici, les soubresauts de la position française n'aident pas à affirmer le rôle de notre pays.

10:49
Présentateur

Avec David Lissnard, maire de Cannes, président de Nouvelle Énergie. Paul, c'est un rapport qui fait débat, et il nous concerne, c'est celui sur l'audiovisuel public.

11:03
Invité

Oui, exactement. Je vous ai entendu, M. Lissnard, dire « Ah, ça c'est important en parlant du foot », mais désolé, on préfère vous interroger sur ce rapport sur l'audiovisuel public, qui a été publié hier à l'issue des travaux tant commentés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Je vous propose d'écouter Jérémy Patriel, on le sait, député Horizon, président de la commission d'enquête, et il était sur France Info hier soir.

J'ai souhaité que les Français puissent regarder cette commission d'enquête, la manière dont une commission d'enquête pouvait être transformée en lieu de la politique spectacle, en tribunal politique, en inquisition politique, et j'ai regretté effectivement la méthode employée par le rapporteur, je l'ai dit à plusieurs reprises. Ce n'était pas de la politique spectacle.

11:42
David Lisnard

On peut considérer que c'est la politique spectacle, la politique est souvent du spectacle, d'ailleurs. En revanche, je pense qu'il faut garder la pertinence d'un contrôle parlementaire. Après, chacun se fait son opinion. Est-ce que le contrôleur est objectif ou pas ? Est-ce qu'il est objectif ? Mais de se faire, de contrôler l'affectation de quasiment 4 milliards d'euros, 4 milliards d'euros décontribuables. 4 milliards d'euros de vécu par an ? Voilà.

12:06
Présentateur

Est-ce que supprimer 1 milliard sur ces 4 milliards, ce n'est pas excessif pour vous ? Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, dit que c'est la destruction annoncée du service public.

12:15
David Lisnard

J'essaie de ne pas raisonner comme ça. D'ailleurs, je trouve que la publication du Premier ministre était plutôt juste, c'est-à-dire de rappeler quels sont les objectifs d'un service public. Il parle quand même d'une occasion manquée, Sébastien Leclerc. Mais le rapport a révélé des choses tout à fait anormales sur le service public, des orientations idéologiques, Slash TV qui est un média très présent auprès des jeunes qui fait de la propagande, qui est stream, qui a un privilège blanc. On a le droit de le penser, on peut en débattre. Moi, je ne le pense pas, mais c'est de la propagande, etc. Donc ça, c'est des choses qui doivent être révélées.

Le service public, il a une exigence d'équilibre, de neutralité, d'équilibre, parce qu'il représente tous les Français, tous les contribuables. En revanche, il peut y avoir de la démagogie aussi dans la critique du service public. Je l'ai vu sur plusieurs sujets. Moi, je vois par exemple sur le festival de Cannes, Canal Plus avait apporté beaucoup et le service public avait apporté beaucoup aussi. Il y a eu, là, ces trois dernières années, une très, très bonne visibilité de l'événement. Donc c'est bien que le service public aille à Cannes ? Oui, ou le service privé. Moi, le plus performant, c'est un appel d'offres que fait le festival de Cannes. Ils prennent leurs partenaires médias.

Moi, je n'ai pas à juger cela. Mais ce que je veux dire, c'est que le travail a été fait. Donc, ce qui est sûr, c'est qu'on doit faire des économies parce qu'on dépense trop d'argent. Et ce qui est paradoxal, c'est qu'il y a eu un tel éparpillement des médias publics que ça coûte cher, plus de 4 milliards d'euros, et que les équipes sur le terrain, très souvent, manquent de moyens. Je parle en connaissance de cause. Donc, en l'occurrence, réfléchir. Quels seraient les objectifs d'un véritable service public ? Comment on peut mettre en valeur les grandes œuvres culturelles, les grandes œuvres de l'esprit ? Comment on peut soutenir la création ?

Comment on peut avoir un regard international aussi différent ? Tout cela, c'est dans la vocation des services publics. Moi, je pense qu'il y a trop de chaînes. Il y a des chaînes qui doivent être fermées, d'autres fusionnées, d'autres qui peuvent être vendues. Moi, je propose depuis longtemps que France 2, qui a une valeur commerciale, soit privatisée. Vous pouvez privatiser France 2. Oui, tout à fait. Et qu'on garde deux grandes chaînes publiques. Une qui, notamment, est sur la vocation du service public de proximité, et une autre sur une vocation culturelle, artistique et internationale. Arte fait un travail remarquable.

Je pense qu'au-delà de la polémique, regardons la bonne affectation de l'argent des contribuables, définitions de vraies missions qui font la noblesse d'un service public et qui interviennent en subsidiarité par rapport à ce que peut apporter le pluralisme des médias. Le plus important, c'est qu'il y ait un pluralisme des médias.

14:36
Présentateur

Vous êtes mise en scène avec une broyeuse, déchiquetant le code du travail ou de l'environnement pour illustrer... Vous reconnaissez vous-même. Voilà. C'était pour illustrer votre mantra, la lutte contre la bureaucratie. Ça fait penser au président argentin, Javier Mileï, avec sa tronçonneuse. Est-ce que vous prenez pour Javier Mileï ?

14:54
David Lisnard

En tout cas, ce que j'ai sûr, c'est que vous ne m'auriez jamais interrogé sur mes annonces sur la déburocratisation si je n'avais pas fait ça. Je ne vous fais pas de procès d'intention, mais je l'imagine.

15:04
Présentateur

En tout cas, vous l'avez fait pour...

15:06
David Lisnard

La réalité, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de Français, dans leur vie quotidienne, beaucoup de porteurs de projets, beaucoup de maires, d'élus locaux, beaucoup de chefs d'entreprise sont broyés par un droit qui est devenu un droit inflationniste, un droit contradictoire. Quand le code de la commande publique fait qu'on paye tous mécaniquement 20%, 30% plus cher, d'ailleurs, ça vous concerne aussi, lorsque le fait que dans la même semaine, vous pouvez être enjoint à ne plus du tout urbaniser parce qu'il y a le zéro artificialisation nette qui s'est appliqué à la codification, mais enjoint aussi, au titre de la loi, SRU a réalisé 480 logements sociaux.

Dans la même semaine, vous recevez les deux injonctions.

15:47
Invité

C'est très technique pour qu'on comprenne. Quand vous voulez supprimer 300 textes à supprimer dès le premier jour, si vous en aviez un qui parle à tout le monde, ce serait lequel ? 300, quoi ? Vous supprimeriez, c'est dur à dire, 300 textes à broyer dès le premier jour. Ce que vous avez dit, si vous aviez un test qui parlait à tout le monde, ce serait lequel ? À supprimer ?

16:03
David Lisnard

Par exemple, tiens, les DPE, quoi. C'est quoi ? Les diagnostics de performance énergétique qui font qu'aujourd'hui, on retire des centaines de milliers de logements de l'offre de logements, alors que c'est la crise sociale la plus grave actuelle. c'est la difficulté d'accéder à un logement et de face sur une espèce d'usine à gaz qui est paradoxale pour quelque chose qui a une vocation environnementale, qui n'apporte rien sur le plan environnemental. C'est plusieurs fois que vous vous attaquez aux choses environnementales, c'est comme sur le pétrole.

Non, non, mais pour une raison tout à fait simple, c'est qu'en fait, cette codification excessive et contradictoire ne défend pas la cause environnementale. Moi, je la défends la cause environnementale. Il faut un droit international, il faut de l'innovation. Et vous voyez que concrètement, dans ma ville, là, on est en train de réaliser trois réseaux de chaleur qui vont nous permettre d'avoir une énergie moins chère, décarbonés à 80%. Pourquoi faut-il 5 ou 6 ans de procédure exclusivement pour développer un réseau de chaleur ? Parce qu'on est face à des injonctions juridiques contradictoires. Lorsque, vous vous rendez compte que le droit en France a eu une inflation de plus de 50% en 20 ans.

17:06
Présentateur

Oui, alors juste, David, dis ça parce qu'il faut qu'on avance.

17:08
David Lisnard

Et c'est ce qui fait qu'on a moins de services publics. C'est-à-dire que tout le paradoxe, on a le record du monde de la dépense publique, 50% de la richesse. Et pourtant, on a 22% des urgences hospitalières qui n'arrivent plus à assumer leur mission. On n'a quasiment plus de police nationale la nuit en zone police. On dépense plus qu'ailleurs. On a des fonctionnaires qui sont de bon niveau et qui sont moins bien payés. Mais oui, c'est un détournement d'argent par l'excès bureaucratique.

17:30
Présentateur

Pierre Mileï, c'est aussi l'ultralibéralisme avec ses conséquences en Argentine, les coupes dans les retraites, la sécurité sociale, l'enseignement, le démantèlement des politiques publiques. Est-ce que c'est ça que vous voulez en France ?

17:40
David Lisnard

Mais votre question, elle est biaisée. Elle est parce que... Quand vous dites... Moi, je ne suis pas là pour défendre. Je ne suis pas en Argentine. Mais c'est vous qui vous mettez en scène avec les moyeuses. Vous dites les conséquences. Le niveau de pauvreté en Argentine a diminué de plus de 20 points. L'inflation a été divisée par 20. C'est facile. Le pays était en récession. Il a 5% de croissance. A diminué, bien sûr. Vérifiez-le. J'espère que le fact-jacking sera... Le vrai ou faux ? Objectif. Parce qu'il y a eu un fact-jacking et notamment une fact-jacking, je ne sais pas comment on dit aux féminins, qui avait été mise en place. Vous dites que les Argentins vivent mieux.

En tout cas, ils ont choisi de l'enrer élu. Il a gagné la législative. Et puis un jour, il perdra les élections. Il passeront à autre chose. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, si vous voulez plus de policiers pour nous protéger, plus de magistrats, plus de places de prison, des soignants mieux payés, des enseignants, la crise de l'éducation, elle est majeure. Dans le pays qui dépense le plus au monde, on a un déclasage. Vous voulez qu'il y ait moins de bureaucrates. Si vous voulez qu'il y ait moins de bureaucrates, il faut qu'il y ait moins de bureaucrates.

18:34
Présentateur

Il y a une étape avant, c'est la présidentielle. Vous avez quitté le parti Les Républicains, donc vous étiez vice-président, pour vous consacrer justement à votre campagne. Depuis, Bruno Rotaillot a été désigné candidat officiel de LR, malgré les autres ambitions à droite. Vous, vous vouliez un système de départage, une primaire. Ça ne sera pas le cas, en tout cas pas à court terme, pour Bruno Rotaillot. Qu'est-ce qui va se passer s'il n'y a pas de primaire, David Lissnard ? Est-ce que vous allez vous ranger derrière Bruno Rotaillot ?

19:03
David Lisnard

C'est une question très légitime. Aujourd'hui, il y a un éclatement de la proposition politique à droite et au centre, qui fait qu'on risque de regarder le deuxième tour dans son canapé devant la télé. Donc, moi je suis guidé par un principe de réalité. C'est qu'on ne peut plus se permettre un premier tour qui départage les candidats de droite, comme c'était le cas à l'époque des Chirac-Baladur, Bar-Chirac-Giscard, enfin on pourrait remonter à Chaban-Pompidou, grand président Pompidou. Et donc, c'est un principe de réalité. C'est-à-dire qu'avant la demi-finale du premier tour, il faut organiser un quart de finale. Pour l'instant, je n'ai pas entendu un contre-argument.

On voit bien qu'il n'y a pas le candidat naturel à la Sarkozy 2007 qui écrase la concurrence. Et comme je ne me retrouve pas dans les projets que je constate qui, pour moi, sont soit des projets qui sont trop étatistes, soit de personnes qui vont dire, qui vont parler de rupture, qui vont dire, allez, je vais renverser la table. En fait, ils ne feront que casser la vaisselle. Et je ne suis pas sûr qu'ils changeront la nappe. Donc, j'avance mes propositions. J'essaie de faire entendre une voix du terrain, de ce que je constate, comme maire, comme ancien commerçant. Et j'espère convaincre tout le monde de cette exigence. Ce que je veux dire, c'est que...

20:12
Présentateur

Attendez, juste une question.

20:13
David Lisnard

Poser la question à ceux qui refusent la compétition, c'est quand même curieux de dire de droite et d'être contre la compétition.

20:18
Présentateur

David Gistard, on vous entend. Seulement vous, vous proposez une primaire qui irait jusqu'à Éric Zemmour, notamment. Donc, vous proposez tout de même quelque chose qui n'est pas évident pour la droite. Vous, ça ne vous pose pas de problème de vous associer avec un parti reconquête qui est allié avec l'AFD, l'extrême droite allemande et ses références nazies au Parlement européen avec un parti, un homme qui a cherché à réhabiliter le maréchal Philippe Pétain sur la question des Juifs. Ça ne vous pose pas de problème ? Vous avez des affinités avec lui ?

20:48
David Lisnard

Tout cela est très intéressant, mais comme la question est bien, c'est que vous vous associez. Qu'est-ce que j'ai parlé de ça ? Faire une primaire avec, David Gistard. Donc, plutôt que d'affronter au premier tour de la présidentielle et de prendre le risque de regarder le deuxième tour Bardella-Mélenchon, selon la formule consacrée, je pense qu'il vaut mieux affronter la concurrence avant. C'est tout. Et donc, dans ce que j'ai proposé, là aussi, en deux mois...

21:11
Présentateur

Donc, en fait, c'est parce que vous vous opposez à Éric Zemmour que vous voulez faire une primaire avec lui ?

21:14
David Lisnard

Si vos questions sont plus longues que mes réponses, ça va être compliqué pour moi. Et donc, ce que je propose, c'est qu'on ne définisse pas le périmètre. C'est ce que mes vertus a répété. C'est ce que j'avais dit à Gérard Larcher. C'est-à-dire qu'on dise qu'on organise une compétition de la droite, vient qui veut, et donc le plus large possible, et vote qui veut. Donc, Édouard Philippe devrait venir. Si M. Attal, il y a un jour, il est à droite, qu'il vienne, ou alors il fera la primaire de gauche, ça dépend des jours. Il faudrait lui poser la question. Bruno Retailleau, Gérald Darmanin, voilà. Et je pense que, par exemple, M.

Dupont-Aignan, dont on ne parle jamais, il a fait 4,8% en 2017, ce qui a empêché François Fillon d'aller au second tour. On entend ce que vous dites. Ce que je veux dire, c'est que je ne demande pas à Édouard Philippe de soutenir Sarah Knafow. Ce n'est pas du tout ça. Je dis, le principe de réalité, c'est d'organiser une compétition avant le premier tour

22:09
Présentateur

pour gagner les élections.

22:11
David Lisnard

Et celui qui perd, soit il soutient, soit il se tait jusqu'à la présidentielle.

22:14
Présentateur

David Lysnard, c'est la question qui fait tousser la croisette à l'approche du festival de Cannes du 12 au 23 mai. En tant que maire, cette année, vous voulez vous attaquer au tapis rouge de la drogue. Alors, l'idée, c'est quoi ? Que vous soyez puissant ou misérable face à la drogue ? Le jugement sera le même ? C'est ça ? S'il y a une actrice qui fume un joint sur la croisette ?

22:34
David Lisnard

Oui, je ne l'ai pas dit comme ça. Ça fait toujours un effet de buzz, mais oui, j'aime bien votre formule. Aujourd'hui, on a un nouveau contexte législatif. Il y a une loi anti-narcotrafique, d'ailleurs, grâce au sénateur Etienne Blanc, qui est de Nouvelle Énergie, je vous tiens à le dire. Et on a des nouveaux moyens judiciaires. On a dans toutes les villes, dans tous les villages. Malheureusement, on est gangréné par le narcotrafic. Il y a un problème de drogue au Festival de Cannes ? Non, mais je ne dis pas ça.

C'est marrant, parce que ce que je dis, c'est qu'il serait quand même étrange qu'il n'y ait pas de drogue lorsque 200 000 personnes viennent à Cannes pendant le Festival de Cannes, alors que le reste de l'année, j'ai de la drogue. Donc moi, je ne suis pas là pour désigner une population ou une autre. Je ne suis pas là pour dire qu'il y a une nature différente. Certains le disent, d'autres le prétendent, je n'en sais rien. Je vous le dis, ce que je dis, c'est que pendant le Festival, j'ai des renforts de police. Il n'y a plus d'officiers de police judiciaire. Il y a des CRS qui viennent, qu'on a des moyens.

23:25
Présentateur

Donc, festivalier ou non, tout le monde sera allongé. Je trouve ça normal

23:28
David Lisnard

et je trouve que c'est très important aussi pour toutes les personnes qui sont contrôlées tout le reste de l'année parce que c'est une ville de vrais habitants en Cannes. C'est une ville qui a un taux de pauvreté élevé, 21%, beaucoup plus que Paris. C'est ce qui est méconnu.

23:37
Présentateur

Merci beaucoup David Lissnard. Festivalier sont très venus. Merci David Lissnard. Merci à vous. Merci Paul.

23:50
David Lisnard

Tout de suite, les informés.