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ChroniqueFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 15 mai 2026 2 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & élections

A-t-on besoin d'un "reset" ?

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Présentateur

6h57 sur France Culture et c'est l'heure de votre humeur du jour Astrid et ce matin, vous nous projetez dans le futur. Dans un an, tout pile exactement, Emmanuel Macron ne sera plus président de la République, c'est la Constitution qui le prévoit. Pour lui, le vertige de l'après et l'adage bien connu, être ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas. Et pour un ancien président, à l'aube de ses 50 ans, tout reste à inventer pour lui et pour le pays. Une page historique se tourne, 10 années de macronisme, que retiendra-t-on ? Difficile à dire quand on a encore la tête dans le guidon.

Les crises nationales et internationales, du Covid à l'Ukraine, des inégalités creusées, une modernité importée et un mystère qui reste entier qui sera à l'Elysée. Le triomphe du populisme ou le candidat du cercle de la raison, au sens d'Alain Mink, issu d'un parti ayant déjà gouverné. Ou une version hybride, entre les deux, du type populisme raisonnable. Quel profil ? Quel âge ? Pourquoi faire ? Tout reste ouvert et le vertige pourrait bien saisir le pays. Alors que beaucoup se prennent trop au sérieux pour penser avoir leur chance, quand au contraire, les plus sérieux se font plus discrets.

Avec pour conséquence une dévalorisation de la fonction ou au contraire, un renforcement grâce à l'élan et au souffle de la nouveauté qui suivra. Dans quel état sera la situation internationale qui rythme depuis 4 ans au moins les soubresauts politiciens ? Et surtout, quelle campagne présidentielle à l'heure de l'IA, des deepfakes et des ingérences étrangères ? Ce qu'il nous faut souhaiter, c'est que le débat de fond ait lieu. Que les propositions soient riches, pensées, mesurées et financées. Que les candidats, ils sont 30 et plus à y penser, s'adressent à la France. Pas à des segments d'opinion inventés par des communicants de mauvaise qualité.

Ah oui, et si on pouvait, s'il vous plaît, arrêtez d'empiler les lois alors qu'il faudrait les trier, les revoir et les simplifier. C'est le pays qui décidera face à son destin de la page qu'il souhaite écrire pour ce nouveau chapitre. Poursuivre, transformer ou sortir de la 5ème République ? A-t-on besoin d'un reset comme le rappait Orelsan avant 2022 ? Il n'a pas eu lieu. Voilà ce qu'il chantait dans son titre L'odeur de l'essence, album Civilisation et qu'il nous faudra, j'espère, interroger collectivement. L'intelligence fait moins vendre que la polémique.