Nicolas Dupont-Aignan invité de TV Agri en direct du Salon de l'Agriculture
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, vous représentez le... vous êtes président de Debout la France.
- 1:46OuverteRéponse directe
François Asselineau, vous représentez donc l'Union Populaire Républicaine. Qu'est-ce que vous avez constaté dans les allées ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Daniel Pérobe, vous êtes agriculteur... Qu'est-ce que vous constatez ?
- 3:42OuverteRéponse partielle
Philippe Chalmin, vous partagez tout ce qui a été dit ?
- 5:52RelanceRéponse directe
Pourquoi cette politique des prix administrés a-t-elle été abandonnée ?
- 9:22OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont, expliquez-moi pourquoi la plupart des pays défendent leur production nationale.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45InvitéFait
« Avant, il y avait une régulation, une organisation de la production. On a appelé ça la politique agricole commune. »
- 1:01InvitéFait
« Ça a marché pendant 50 ans. »
- 1:10InvitéChiffre
« On estime qu'il y a peut-être 40 à 60 000 exploitations qui vont disparaître à court terme. »
- 2:17InvitéFait
« Ce que nous, nous disons, c'est que ça ne sert à rien de dire, on va vouloir une autre Europe, on va améliorer les choses. »
- 2:35InvitéFait
« La France ne pèse plus grand-chose à Bruxelles. »
- 3:02InvitéChiffre
« On estime qu'il y a peut-être 40 à 60 000 exploitations qui vont disparaître à court terme. »
- 4:10InvitéFait
« Nous avons eu, pendant longtemps, un système dans lequel l'agriculture a été largement protégée. »
- 4:50InvitéFait
« Malheureusement, aujourd'hui, nous vivons avec une politique agricole commune qui, dans ses principes de base, qui était l'organisation des marchés, elle est morte. »
- 7:17InvitéChiffre
« Ce système européen, dictatorial, coûte 7 milliards d'euros de contribution de la France. »
- 8:39InvitéFait
« La France le demande, les ministres ne sont pas tombés d'accord. »
- 16:11InvitéChiffre
« Nous avons été condamnés à introduire les OGM contre la volonté majoritaire du peuple français avec une pénalité de 160 000 euros par jour de retard. »
Temps de parole
- Invité27 %
- Invité 222 %
- Invité 319 %
- Invité 416 %
- Présentateur7 %
- ?6 %
- Invité 53 %
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Mesdames, Messieurs, bonjour. Très heureux de vous retrouver ici, au cœur de Paris, dans le cadre du Salon de l'Agriculture à la Porte de Versailles, pour notre émission Politique à la Ferme. Alors j'ai le plaisir d'accueillir Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour à vous tous. Voilà. Philippe Huchalmin, bonjour. Bonjour. François Celino, bonjour. Bonjour. On aura l'occasion de dire ce que vous représentez. Daniel Pérobe, bonjour. Bonjour. Alors, Nicolas Dupont-Aignan, vous représentez le... vous êtes président de Debout la France. Aujourd'hui, vous avez constaté quoi dans
ce
Salon
?
Oh, ce que je constate
chaque
année, mais de pire en pire, c'est-à-dire des agriculteurs qui sont enfermés dans un système où le prix
de
vente de leurs produits ne leur permet plus de vivre, mais même pas de payer leurs coûts de production. Et pour une raison très simple, c'est qu'avant, il y avait une régulation, une organisation de la production. On a appelé ça la politique agricole commune. Il y avait un prix garanti,
il
y avait des organisations de marché,
il
y avait des quotas.
C
'était pas soviétique, c'était pas le libéralisme absolu, c'était un bon mélange. Ça a marché pendant 50 ans. Et puis, on a des hommes politiques,
Michel
Barnier, Bruno Lomère, Stéphane Le Foll, des présidents de
la
République, qui se sont couchés à Bruxelles, qui ont laissé détruire quelque chose qui marchait. Et on aboutit aujourd'hui à la ruine de nos agriculteurs.
C
'est une honte, ce qui se passe. Et qu'on ne nous raconte pas que c'est le libre marché. Parce que le Canada, au Canada, c'est un pays de liberté. Et ils ont une organisation de marché qui protège leur agriculteur. Quand le prix baisse trop, c'est corrigé. En Suisse, il y
a
une protection. Donc ce que je veux dire aux agriculteurs, c'est qu'on peut très bien avoir une belle agriculture. Il y
a
des talents extraordinaires en France. Mais il faut un minimum organiser les choses. Et c'est ce qu'on propose à Debout la France. Nous sommes les seuls à le proposer ainsi.
François Asselineau, vous représentez donc l'Union Populaire Républicaine. Pas plus long, mais juste qu'est-ce que vous avez constaté, vous, dans les allées allant à la rencontre des agriculteurs
?
Écoutez, moi ce que je trouve, c'est que
je
regrette que le stand du ministère de l'Agriculture ait été démoli. Mais je le comprends. Parce que les gens sont, les agriculteurs, sont exaspérés, sont au bout du rouleau. On estime qu'il
y a
peut-être 40 à 60 000 exploitations qui vont disparaître à court terme.
Moi,
ce que je regrette, c'est qu'il ne s'en soit pas pris au stand de la Commission européenne. C'est-à-dire qu'encore une fois, il ne s'adresse pas au bon niveau, le bon niveau de responsabilité. Ce que nous, nous disons, c'est que ça ne sert à rien de dire, on va vouloir une autre Europe, on va améliorer les choses. Le problème, c'est que M. Dupont-Aignan citait une histoire qui n'existe plus, c'était l'Europe des 6. Maintenant, c'est l'Europe des 28. La France ne pèse plus grand-chose à Bruxelles. Nous ne sommes plus maîtres de nos décisions. Il faut donc que les Français reprennent leur pouvoir à l'intérieur de la France et sortent de l'Union européenne, de l'euro et de l'eau.
Daniel Pérobe, vous êtes...
Chaque fois, vous venez avec vos fidèles. Non,
je ne
suis pas le seul.
Daniel
Pérobe, vous êtes agriculteur, président de la GPM, donc des producteurs de maïs. Vous êtes agriculteur. Qu'est-ce que vous constatez
? Moi,
ce que je constate, c'est que l'Europe s'est agrandie. Elle a été construite... Il y avait quelques pays. Maintenant, on est à 28 pays, voire plus. Qu'est-ce qui se passe ? Les leçons d'hier ou les solutions d'hier ne sont pas celles d'aujourd'hui.
Mais
dans tous les cas de figure, nous devons organiser le marché agricole. Nous devons organiser la régulation. Nous devons avoir des méthodes et des possibilités pour structurer les marchés agricoles, pour structurer la protection des producteurs, qui sera, in fine, la protection des consommateurs.
Philippe
Chalmin, vous êtes économiste, professeur, donc, à Paris-Dauphine. Vous partagez tout ce qui a été dit ? D'abord,
j'aime bien entendre Nicolas Dupont-Aignan regretter les temps de la politique agricole commune,
dont
il me semble, quand même, qu'il a fustigé, pratiquement, dès l'origine, la logique. Là où il a totalement raison, et vous avez totalement raison, c'est de dire que,
oui,
ça a changé. Nous avons eu, pendant longtemps, un système dans lequel l'agriculture a été largement protégée. Et nous avons, en France en particulier, pris l'habitude d'aller toujours demander à Bruxelles, puisque c'était Bruxelles qui fixait les prix, des prix administrés, donc des prix politiques.
Aujourd
'hui, c'est vrai,
ce
temps est terminé. Peut-être parce que, le monde agricole, malgré l'abondance de tous les politiques qui vont fréquenter la porte de Versailles cette semaine, le monde agricole en France
et
en Europe n'a plus de poids. Donc n'est plus capable, comme il l'est aux Etats-Unis, comme il l'est au Canada, d'imposer des systèmes de contrôle et d'imposer des systèmes de régulation. Malheureusement, aujourd'hui, nous vivons
avec
une politique agricole commune qui,
dans
ses principes de base, qui était l'organisation des marchés, elle est morte.
Il
faut appeler un chat un chat, elle est morte. Ce qui existe aujourd'hui, c'est essentiellement une politique de compensation très largement verdie et ruralisante. J'ai bien conscience que ça n'est pas suffisant. Et que les prix, aujourd'hui, vous vous en plaignez. Mais vous, producteur de maïs, le prix du maïs,
c
'est un prix mondial, comme l'est le prix du lait. Donc il va dépendre du climat, il va dépendre de la géopolitique. Et malheureusement, ce qu'il nous reste, c'est à réinventer au niveau national, non pas des politiques agricoles, mais peut-être quand même de quoi donner aux agriculteurs de meilleures conditions de compétitivité, notamment en termes de coût de revient, en termes de charges sociales, en termes de charges fiscales. C'est ça qui est important.
Et on va laisser la parole à Éric de la Chinelle du Ficarot.
Bonjour. Oui, M. Chalmin, pourquoi cette politique des prix administrés a-t-elle été abandonnée ? Qu'est-ce qui justifie cet abandon ? On est en train de laisser crever des éleveurs laitiers, des éleveurs bovins, des éleveurs poursains, au nom de l'abandon de la politique des prix
administrés.
Non, attendez.
On
a abandonné cette politique parce que malheureusement, on n'a pas su la faire évoluer. Souvenez-vous qu'il y
a
eu un moment où l'agriculture,
ça
représentait 80% des dépenses européennes, où l
'on
ne savait que faire des montagnes de lait, des montagnes de beurre, etc. Et donc, il y
a
eu un moment où il a fallu faire évoluer. N'oubliez pas que si nous regrettons tous la disparition aujourd'hui, nous
étions tous en train de l'équipe... Ils ont permis d'éviter un
excès de l'offre.
Maintenant, on
a trop d'offres et on ne sait plus quoi faire du
lot. Oui, mais
le problème, chers amis, c'est qu'on n
'a
pas su faire évoluer suffisamment à temps la politique agricole commune. Du coup, et c'est là où j'en suis assez d'accord avec Nicolas Dupont-Aignan, du coup, c'est le libéralisme qui a triomphé. Je ne suis pas le libéralisme, excusez-moi. C
'est la jungle. C'est l'anarchie, le marché, le libéralisme et la jungle. Non, pas
toujours. Je ne suis pas pour avoir un système soviétique. Je suis pour que, comme partout dans le monde, tous les pays libres maîtrisent un moment des choix. Ce que vous nous proposez, c'est la démission politique. Je voudrais faire remarquer que ce système européen, dictatorial, coûte 7 milliards d'euros de contribution de la France. Donc on donne 7 milliards pour qu
'on
nous impose des lois absurdes. Mais je voudrais dire aussi que quand M. Cameron tape du poing sur la table, il obtient quelque chose. Quand M. Hollande va à Bruxelles, il disparaît sous la table. C'est ça la question. Et la vraie question, c'est de savoir ce qu'on veut. Si la France faisait la politique de la chaise vide, comme le général de Gaulle l'avait fait en disant « Nous, on ne joue plus, parce que notre intérêt vital est en jeu. On ne joue plus. » Eh bien, vous verriez qu'il y
aurait
un accord. Il est tout à fait possible de rétablir des prix garantis. Il est tout à fait
possible de rétablir des quotas.
Ce qui est fascinant dans ce genre de débat, c'est que les gens refusent d'aller au fond des choses. Le fond des choses, c'est que la France n'est plus qu'un État sur 28. Et que nous avons fait un périmètre avec des États qui ont des intérêts nationaux totalement divergents. Quand vous dites « On n'a pas su
»,
ça n'est pas tombé du ciel.
C
'est qu'il
y a
eu des marathons à Bruxelles et on
n
'est pas parvenu à un accord. Vous portez, par exemple, comme moi, actuellement un badge en disant « Je consomme français pour sauver l'agriculture française ». Mais ça, c'est interdit par Bruxelles. Les ministres de l'Agriculture ne sont pas tombés d'accord. La France le demande, les ministres ne sont pas tombés
d'accord. Il suffit que la France le fasse. Quant à
l'idée de M. Dupont-Aignan, elle est fausse. Parce que M. Cameron n'a rien obtenu en définitive. Les traités n'ont pas été changés. C'est de la poudre aux yeux, de telle sorte que les petites concessions qui ont été présentées, n'importe qui demain pourra attaquer le Royaume-Uni devant la cour de justice de l'Union Européenne si les Britanniques ne sortent pas de l'Union et le Royaume-Uni sera condamné. Donc il n'y a qu'une seule solution dans ce genre de situation.
Il faut faire ce que demandent d'ailleurs une grande partie maintenant des Britanniques, mais aussi des Tchèques, mais aussi d'un certain nombre d'autres peuples, sortir de cette prison des peuples pour retrouver les marges de manœuvre d'avoir une politique nationale. On va demander l'avis à un
agriculteur.
Daniel Pérobe.
Je reviens à mon message précédent. On n'a pas identifié les problèmes à leur juste valeur.
Nous
sommes une Europe à 28 pays, avec 28 décisions, 28 réglementations différentes. Comment voulez-vous, moi producteur du maïs, dans le sud
des
Espagnols, qui n'ont pas les mêmes règles de fonctionnement ? Ça ne marche pas. Pour autant, je reste persuadé que c'est par une réglementation et une politique agricole commune, bien définie, bien calibrée, qu'on y perviendra. Pourquoi
?
Parce que moi, comme de nombreux producteurs, manger français, j'en suis convaincu, Néanmoins, n'oublions pas que nous exportons. On exporte du maïs alimentation animale dans des pays voisins pour de la midonnerie. On est premier exportateur du monde sur les filières maïs-semences. 65% du maïs-semences est exporté dans l'Union Européenne. On ne peut pas, d'un côté, se protéger et dire, nous, on se protège, et ne pas, après, vouloir attaquer les marchés
partout
sur le territoire.
Donc, je crois,
ayons la pertinence et la sagesse de mesurer la situation et d'adapter et de regarder chaque point, passer sur chaque point bien défini sur lesquels nous avons des différentes réglementations.
Nous sommes à la moitié du débat, Nicolas Dupont. Il ne s'agit
pas de transformer la France avec des murailles. Il s'agit simplement de défendre nos concitoyens. Expliquez-moi pourquoi la plupart des pays, les Etats-Unis les premiers, défendent leur production nationale. Expliquez-moi pourquoi j'ai appris aujourd'hui, par le syndicat de la viande bovine, que la restauration collective importe 70% de ses produits de l'étranger. Il y a un moment, on ne peut pas être éternellement les dindons de la farce si on ne change pas de comportement, si l'Etat ne met pas certaines règles. Par exemple, l'étiquetage des plats cuisinés. Quand il y
a
eu le scandale de la viande bovine, on a demandé l'étiquetage
des
plats cuisinés. Il suffisait de le faire en France. Et si le gouvernement avait été courageux, il le faisait. Et Bruxelles se serait incliné. La vérité, c'est qu'on a des gens faibles qui nous gouvernent. Et l'Europe, elle est ce qu'on en fait. Il n'y a pas une bonne Europe, une mauvaise Europe. Il y a l'Europe qu'on veut faire ou qu'on ne
veut
pas faire. Et on a cédé sur toute la ligne. Alors, reconstruisons une politique européenne agricole à peu de pays ou quittons le système. Mais avant de le quitter, renégocions. Et si ce
n
'est pas renégocié, on s'en ira. Mais je suis absolument convaincu qu'il
y a
une marge de réorganisation. Philippe Chemin, je ne vous entends pas, ce n
'est
pas normal
?
Non, parce que je ne peux que... Alors, je voudrais croire ce que dit Nicolas Dupont-Aignan. La volonté politique. Non, vous n'êtes pas réaliste. Vous
n'êtes pas réaliste.
Et malheureusement... Pétain était réaliste. Et De Gaulle n'était pas réaliste.
Et
qui est-ce qui a sauvé la
France ? C'est De Gaulle et c'est Pétain. C'est un peu facile, ça. C'est un
peu facile. Vous
n'êtes pas réaliste, en
ce sens, j'en suis désolé, que oui, la politique agricole commune a été centrale dans la construction de l'Europe dans les années 60. Je suis désolé de le dire et de faire un peu... d'être un été noir dans ce débat, de vous rappeler que malheureusement, l'agriculture n'est plus au centre des préoccupations, ni des politiques, ni même des citoyens. Mais alors on
la bazarde ?
Non,
on ne la bazarde pas. Mais les citoyens, ils mangent le produit. Non, on ne la bazarde pas. Si vous êtes
empoisonné, vous ferez quoi
? On ne la bazarde pas. Par la qualité alimentaire. Mais au
contraire, on se bat sur autre chose. Mais en France, et pour la Ferme France, on doit se battre sur le problème des coûts de production. On doit se battre aussi quand même, pour rappeler à tous les citoyens qui sont là, ce que c'est qu'un agriculteur. C'est un producteur de biens agricoles. Mais c'est un producteur de services. C'est quelqu'un qui est essentiel dans l'équilibre de nos territoires. C'est quelqu'un qui nous permet de nous nourrir correctement. Et il faut le rappeler. Ceci a un coût. Il est légitime qu'on l'aide. Mais ce n'est probablement pas par le canal du prix que vous y parviendrez. Éric Delachenais. Oui, j'ai une autre question aussi.
Est-ce qu'on doit garder une politique agricole totalement déconnectée de la réalité ? Maintenant, avec des aides à l'hectare, ça n'a plus rien, ça n'a plus aucun sens. De payer des agriculteurs en fonction de leur superficie. Pourquoi a-t-on abandonné les aides corrélées à la production ? Bien sûr, vous avez raison. J'en suis d'accord avec vous. L'idée, c'était d'aller beaucoup plus loin. C'est-à-dire, c'était celle de ce qu'on avait appelé à un moment les CTE, les contrats territoriaux d'exploitation, dans lequel, finalement, il y avait une sorte de contrat entre l'agriculteur et la société pour prendre en compte l'ensemble de ce qu'il apporte.
Alors, effectivement, c'est lié au nombre d'hectares, c'est lié à un comportement environnemental, mais c'est rien d'autre chose. N'oubliez pas que chaque fois qu'une exploitation disparaît, c'est un peu pour vous aussi que sonne le glas. Et
ça, c'est quelque chose d'important. Monsieur Chatt, juste un point,
je voudrais répondre. Sur la Suisse, la Suisse est passée par le même système d'abandon des quotas. Et aujourd'hui, ils les ont rétablis. Donc, il y
a
peut-être un moment où, quand on va dans un mur, il ne s'agit pas d'un retour en arrière, il s'agit de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et quand on a une solution qui ne marche pas, on en change. On ne laisse pas crever les gens.
Et pourquoi des pays arrivent et pas les autres ? Je voudrais insister
auprès de M. Chalmin, par exemple,
que
le problème, c'est que l'agriculture, effectivement, ne pèse plus grand-chose. Mais rassurez-vous, l'industrie ne pèse plus rien non plus, puisqu'on est en train de détruire toute l'économie française sous l'idéologie de la construction européenne. Monsieur le journaliste...
Monsieur le journaliste disait tout à l
'heure...
Pourquoi
du Figaro ? D'ailleurs, ça serait bien que le Figaro m'accorde une interview de temps en temps. Eh bien,
le
journaliste du Figaro disait à juste titre « Pourquoi a-t-on abandonné ça ? » Qui est le « on ? » Le « on », c'est 28 États. Nous ne pesons plus que... C
'est pour
ça que l'on ne peut pas faire prévaloir nos intérêts. On peut lancer d'autres Europes possibles, ça ne marchera pas. Quant à l'idée qui consiste à dire « Eh bien, la France va faire ce qu'elle veut et Bruxelles pliera », ça,
c
'est une idée qui est une idée folle, parce que les gens qui disent ça ne connaissent pas les traités européens. La Commission européenne, à ce moment-là, défère l'État qui viole les traités devant la Cour de justice de l'Union européenne. C'est ce qui s'est passé au moment des OGM. Et nous avons été condamnés à
introduire
les OGM contre la volonté majoritaire du peuple français avec une pénalité de 160 000 euros par jour
de
retard.
Je vous
signale que notre attitude vis-à-vis des OGM, notre attitude vis-à-vis du progrès technique, c'est une entrave supplémentaire que vous mettez au développement de l'agriculture. Parce
que ne croyez
pas que vous sauverez l'agriculture en imaginant le retour à une agriculture traditionnelle,
modèle bio. En tout
cas, ce qui est certain, c'est qu'au train où vont les choses, l'année prochaine, ce n
'est
pas un stand qui sera saccagé, c'est que les agriculteurs seront là avec des fourches et des fusils. Vous ne vous rendez pas compte, je pense, de l'état d'extraordinaire gravité de la situation en France.
Messieurs, j'ai une mauvaise nouvelle. J
'ai une mauvaise nouvelle. On est arrivé au terme du débat, mais je vais laisser le mot de conclusion à notre agriculteur.
Eh oui. Quand même, pour ce qui est de la conjoncture économique, je suis certainement le mieux placé. Vous dire que ça fait la troisième année où je suis sur des revenus déficitaires, et ça c'est quelque chose, je n'en ris pas trop, et c'est même très douloureux. Mais pour terminer, la PAC 62, c'était une PAC où on encourageait les producteurs à alimenter la population et avoir un coût alimentaire faible. Où en est-on aujourd'hui ? On subventionne, on accompagne des agriculteurs, ça n'a ni queue ni tête ce que nous vivons, ni queue ni tête. Et moi aujourd'hui, oui, effectivement, il faut accompagner certains territoires qui vivent d'autres handicaps par rapport à d'autres.
Mais aussi, il faut accompagner la production par de la gestion des risques, par des systèmes assurantiels. Et nous, à GPM, avec Orama et les grandes cultures, nous travaillons dans le champ du possible, nous n'avons aucune limite, mais je vous garantis que nous serons capables de faire des propositions.
Messieurs, je vous remercie pour vos idées, pour la bonne tenue des débats aussi. On se retrouve dans quelques instants pour une nouvelle émission.
Merci d'avoir regardé cette
vidéo !