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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 26 septembre 2017 25 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprises

Loi antiterroriste : "Nous ne pouvons pas gagner la guerre avec les lois de la paix" déclare Christian Estrosi

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous voulez faire exactement en termes de sécurisation des places publiques ? Qu'est-ce qu'il faut faire et qui n'a pas été fait ?

  • 2:22ComplaisanteRéponse directe

    Il faut protéger les espaces publics, davantage qu'ils ne le sont.

  • 2:44FerméeRéponse directe

    Vous êtes aidé par l'État ?

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction à cette décision du Fonds pour les victimes d'actes du terrorisme ?

  • 5:55OuverteRéponse directe

    Vous avez une opinion sur ce projet de loi ?

  • 6:37RelanceRéponse directe

    La loi, bonne ou pas bonne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:14Invité politiqueFait
    « Nous sommes capables de détecter, de signaler aux services de renseignement. »
  • 2:32Invité politiqueChiffre
    « j'ai engagé 30 millions d'euros de travaux pour séparer totalement l'espace de circulation piétonne et cycliste, de la circulation automobile. »
  • 3:29Invité politiquePromesse
    « un fonds européen qui accompagne les villes, qui prendront des initiatives pour mieux protéger leur population et leurs visiteurs »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « c'est une avancée des pouvoirs publics. Nous voyons bien qu'on fait des pas importants en avant dans cette direction. »
  • 7:02Invité politiqueFait
    « Nous ne pouvons pas gagner la guerre avec les lois de la paix. »
  • 7:08Invité politiquePromesse
    « Mettons les lois de la guerre dans le droit commun qui équivaudront exactement aux mêmes dispositions que permettent l'état d'urgence »
  • 9:20Invité politiqueFait
    « Je trouve qu'il y a suffisamment de bonnes mesures pour qu'elles soient approuvées. »
  • 10:27Invité politiqueFait
    « un lieu de culte qui appartient au ministre des Cultes d'Arabie Saoudite, qui prêche le salafisme et la charia »
  • 12:50Invité politiqueFait
    « j'ai voté pour le candidat des Républicains. »
  • 13:25Invité politiqueFait
    « M. Mélenchon, qui fait référence au nazisme, des propos insoutenables »
  • 14:26Invité politiqueFait
    « j'ai voté au premier tour parce que je suis loyal même si j'avais des désaccords profonds que je n'ai pas hésité à dénoncer. »
  • 14:48Invité politiqueFait
    « j'ai fait campagne et j'ai voté pour Emmanuel Macron. »
  • 20:07Invité politiqueFait
    « il s'était opposé à des directives européennes qui voulaient nous imposer un démantèlement du groupe Alstom pour fragiliser ces différentes activités ferroviaires, navales, etc. »
  • 20:46Invité politiqueChiffre
    « un titan chinois qui fait 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an dans le domaine du ferroviaire. »

Temps de parole

  • Christian Estrosi67 %
  • Présentateur18 %
  • Locuteur 19 %
  • Locuteur 43 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Notre invité ce matin est donc Christian Estrosi, Jean-Michel Apathy. Bonjour Christian Estrosi. Bonjour. Vous réunissez à partir de demain et jusqu'à vendredi les maires des grandes villes européennes et méditerranéennes, donc les villes européennes on voit ce que c'est, et pour les méditerranéennes il y a aussi des villes du Maghreb comme Tunis, Tanger ou Alger, pour réfléchir à la sécurisation des espaces publics en Europe et en Méditerranée. Donc on voit bien, Christian Estrosi, puisque vous êtes maire de Nice, que cela fait suite aux attentats du 14 juillet de l'année précédente dans votre ville, et puis aux attentats de Barcelone au mois de juillet de cette année.

Qu'est-ce que vous voulez faire exactement en termes de sécurisation des places publiques ? Qu'est-ce qu'il faut faire et qui n'a pas été fait ?

0:44
Christian Estrosi

Président du réseau Euromède qui réunit les villes du nord de la Méditerranée en Europe, qui soutiennent des projets de développement sur les villes du sud de la Méditerranée, j'avais organisé à ces dates-là, avant l'attentat de Barcelone, un colloque pour réunir tout cela dans le domaine de la lutte contre la radicalisation, et ce que nous pouvions faire en matière de prévention par rapport à ce qu'avec l'ensemble de nos services, nous sommes capables de détecter, de signaler aux services de renseignement.

Il se trouve qu'il y a eu l'attentat de Barcelone, qui a beaucoup de similitudes, certes avec celui de Londres, de Berlin, de Bruxelles, de Stockholm, mais de toute évidence, surtout avec celui de Nice du 14 juillet 2016, on se rend compte d'une chose, c'est qu'aujourd'hui, lorsque les barbares frappent de manière sourde et aveugle des femmes, des enfants, des hommes, de manière indifférente, quelle que soit leur culture, leur religion, leur couleur de peau, leurs conditions sociales, c'est sur les territoires publics, c'est sur les domaines publics que nous avons la charge, nous les maires européens, d'administrer.

Nous sommes donc en première ligne, et il se trouve que dans chacun de nos états, lorsque l'on légifère, lorsque l'on prend des décisions pour lutter contre le terrorisme ou s'en prévenir, nous ne sommes pas les interlocuteurs privilégiés. Je trouve que c'est dommage, voilà pourquoi nous avons rajouté cela à l'ordre du jour, que nous nous réunirons, avec l'accord des instances européennes.

2:22
Présentateur

Il faut protéger les espaces publics, davantage qu'ils ne le sont.

2:25
Christian Estrosi

Je crois que chacun en a pris conscience, désormais, vous voyez, sur la promenade des Anglais, j'ai engagé 30 millions d'euros de travaux pour séparer totalement l'espace de circulation piétonne et cycliste, de la circulation automobile.

2:39
Présentateur

30 millions d'euros de travaux qui étaient donc imprévus, là dans ce cas-là par exemple, c'est la municipalité qui prend tout en charge,

2:44
Christian Estrosi

et vous êtes aidé par l'Etat ? Oui, à 100%, c'est extrêmement compliqué, difficile, ce sont des arbitrages budgétaires.

Aujourd'hui, ça ne réglera pas tout, nous n'arriverons pas au risque zéro, je ne veux pas être un donneur de leçons, mais nous savons tous que nous avons des mesures à prendre pour protéger nos espaces publics, que le commissaire européen à la sécurité, Julian King, que le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, viennent participer à ce débat pour voir effectivement comment nous pouvons engager une réflexion européenne entre grandes villes, métropoles qui sont menacées au quotidien et les instances européennes pour voir comment faire évoluer la réglementation, les législations, qu'elles soient harmonisées entre tous les pays européens et en même temps mettre, c'est ce que nous demandons, un fonds européen qui accompagne les villes, qui prendront des initiatives pour mieux protéger leur population et leurs visiteurs, c'est l'objet de cette réunion.

3:38
Présentateur

Voilà, donc comment continuer à se réunir dans les grandes villes européennes, continuer à être libres tout en attroçant la sécurité ?

3:46
Christian Estrosi

Et nous y attrions des villes du sud de la Méditerranée.

3:48
Présentateur

Voilà, je les ai citées, Tunis, Angers, Alger, Marrakech.

3:50
Christian Estrosi

Que nous aiderons avec aussi le réseau Euromède qui dispose de fonds spécifiques.

3:55
Présentateur

Toujours dans l'actualité du terrorisme, on a noté hier cette décision du Fonds pour les victimes d'attentats du terrorisme qui met en place de nouveaux préjudices, préjudices d'angoisse, de mort imminente et préjudices pour les proches concernés par les attentats avec un maximum d'indemnisation. Les familles de victimes n'en sont pas contentes de 30 000 euros. Quelle est votre réaction, Christian Estrosi, à cette décision du Fonds pour les victimes d'actes du terrorisme ?

4:17
Christian Estrosi

Je dois dire que depuis le 14 juillet 2016, j'ai tellement partagé avec les familles de victimes de sujets dont je me suis imprégné, et dont je ne mesurais pas à quel point ils étaient sensibles pour eux. Aujourd'hui, il faut vivre cela pour le comprendre. Donc, je peux les comprendre. En même temps, c'est une avancée des pouvoirs publics. Nous voyons bien qu'on fait des pas importants en avant dans cette direction. Certes, il faut encore progresser.

Mais voyez-vous, aujourd'hui, qui peut dire ce qu'un enfant de 4 ans, qui a vu un de ses parents, qui aurait pu être broyé, par exemple, par ce camion du 14 juillet 2016, et qui n'aurait pas de réaction ou de modification dans son comportement immédiat, parce qu'il y a une sorte d'inconscient. Et que cet inconscient ne se réveillerait pas dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, avec des changements comportementaux brutaux. Je pense qu'il faut aussi investir sur l'accompagnement psychologique, sur la détection de tout ce que cela peut induire, et qu'on mette en place des financements. C'est difficile à long terme de mesurer les conséquences.

Voilà pourquoi, victime directe ou indirecte, il est important que nous allions plus loin sur ce sujet.

5:34
Présentateur

Et actualité du terrorisme, toujours l'Assemblée nationale débat depuis hier du projet de loi présenté par le ministre de l'Intérieur, visant à la fois à mettre fin à l'état d'urgence et à intégrer dans la loi ordinaire des éléments de l'état d'urgence. Le débat, comme souvent, est vif à l'Assemblée nationale. La droite, les Républicains, un parti auquel vous appartenez, Christian Estrosi, trouve que ce projet de loi n'est pas adapté à la situation. C'est Éric Ciotti, parlementaire des Alpes-Maritimes, que nous écoutons et qui critique ce projet de loi.

6:02
Locuteur 5

Nous considérons que ce n'est pas le moment de sortir de l'état d'urgence, alors que la menace demeure maximale. De même, nous considérons qu'il n'est pas le moment de mettre un terme au contrôle aux frontières. Après, nous allons démontrer que les mesures dites de substitution, globalement, n'auront plus d'efficacité pratique par rapport à ce qui existe aujourd'hui dans l'état d'urgence.

6:23
Présentateur

Vous avez une opinion sur ce projet de loi ?

6:25
Christian Estrosi

Oui, j'ai une opinion sur ce projet de loi qui rejoint d'ailleurs ce que je disais. Je trouve que laisser le soin aux seuls parlementaires de débattre de la loi et de la réglementation, alors que c'est sur notre territoire...

6:36
Présentateur

Sur les parlementaires qui font la loi. La loi, bonne ou pas bonne ?

6:39
Christian Estrosi

Oui, mais la loi présente des avancées. L'état d'urgence, on peut en discuter, mais je vois que les autres pays qui ont été frappés comme nous avons pu l'être, n'affichent pas l'état d'urgence comme une sorte de publicité. La France accueille dire dans le monde entier « Attention, si vous venez en France, vous êtes en état d'urgence. » Voilà des années que je dis « Nous ne pouvons pas gagner la guerre avec les lois de la paix.

» Alors mettons les lois de la guerre dans le droit commun qui équivaudront exactement aux mêmes dispositions que permettent l'état d'urgence, mais ne passons pas notre temps à dire au monde entier « Faites attention, quand vous venez en France, vous êtes en état d'urgence. » Sachons être aussi forts qu'en état d'urgence sans être obligés d'afficher que nous le sommes. En même temps, il y a des mesures gouvernementales intéressantes, d'autres qui sont insuffisantes.

C'est le débat du Parlement, mais je regrette que ceux qui sont en première ligne, c'est-à-dire ceux auxquels on vient tendre le micro quand il y a une tragédie chez eux, ceux qui administrent le domaine public où on vient de tuer, ne soient pas consultés sur l'élaboration de la loi. Quand on tue chez nous, on vient nous interroger, mais quand on fait la loi, on ne nous interroge plus.

7:53
Locuteur 4

Vous restez avec nous, Christian Estrosi, bien sûr. 8h40, on fait un point tout de suite sur l'information avec Edwige Coupès.

7:59
Locuteur 1

Syndicats et patronats de routiers reçus aujourd'hui au ministère des Transports avant une grande réunion de concertation jeudi. Sur le terrain, quelques actions en cours à Caen, à Nantes. À Rennes, le trafic des bus est quasi à l'arrêt. Près de Marseille, le dépôt de la Med a été bloqué quelques heures. Barrage levé à l'entrée de Rouen sous la pression des forces de l'ordre. C'est une première en France. L'État a signé en justice par quatre détenus. Une plainte au pénal pour mise en danger de la vie d'autrui. Ils dénoncent leurs conditions de détention dans la prison de Nîmes. Surpeuplés, 400 détenus pour 190 places. Le préfet Dugar est cité à comparaître aujourd'hui.

Trois morts et un blessé. C'est le bilan d'une fusillade ce matin à l'entrée d'une colonie en Cisjordanie. Un palestinien a ouvert le feu sur les forces de l'ordre présentes. Deuxième journée de la Ligue des champions. Monaco reçoit le FC Porto. Ce sera ce soir à 20h45, deux semaines après le match nul contre Leipzig. Et avant le choc entre le PSG et le Bayern de Munich, ce sera demain soir au Parc des Princes.

9:03
Locuteur 4

Avec Jean-Michel Apathy, nous recevons Christian Estrosi. Juste pour conclure sur ce projet de loi antiterroriste, vous souhaitez que les Républicains approuvent ce texte ou s'y opposent ?

9:20
Christian Estrosi

Moi, je trouve qu'il y a suffisamment de bonnes mesures pour qu'elles soient approuvées. Je relève que les Républicains, face au gouvernement socialiste, ont approuvé des mesures beaucoup plus faibles que celles qui nous sont proposées aujourd'hui et qui sont beaucoup plus fortes. Que les Républicains fassent jouer leur droit d'amendement pour essayer de renforcer certaines dispositions. Vous voyez, je suis totalement en accord, par exemple, avec les Républicains. Lorsqu'ils estiment que redonner du pouvoir au juge judiciaire et en enlever au préfet là où l'état d'urgence en donne d'abord au préfet pour agir dans l'urgence, eh bien, ils ont raison.

C'est une erreur, c'est au préfet qu'il faut conserver ce droit. Mais par contre, lorsque le gouvernement propose que l'on fasse fermer sans délai un certain nombre de lieux de culte où l'on prêche la haine, eh bien, s'opposer à cela, je ne pourrais pas le comprendre. Ce sont ces mêmes Républicains, d'ailleurs, qui ne semblent pas adhérer à ce projet, qui ne m'ont jamais soutenu. Là où j'ai sur ma propre commune, un lieu de culte qui appartient au ministre des Cultes d'Arabie Saoudite, qui prêche le salafisme et la charia, eh bien, avec ce texte de loi, nous pourrons enfin prononcer sa fermeture.

Et je ne comprendrai pas que les Républicains, qui ne me soutenaient d'ailleurs pas ou qui ne disaient mot parce qu'ils ne voulaient pas prendre de risque de langage, là où moi, j'ai été mobilisé de toutes mes forces pour protéger ma ville contre la radicalisation, aujourd'hui, je ne comprendrai pas qu'ils ne soutiennent pas cette mesure proposée par le gouvernement.

10:50
Présentateur

Du coup, Christian Estrosi, on ne sait plus trop, on sait que vous êtes maire de Nice. On va voir des images de vous il y a six mois, c'était début avril 2017. On ne sait plus trop où vous situez, dans la majorité, dans l'opposition. Vous voilà avec Emmanuel Macron que vous receviez, vous étiez à l'époque président de la région PACA et vous le receviez à Marseille pendant la campagne électorale. Vous êtes dans la majorité ou dans l'opposition aujourd'hui ? Intellectuellement, vous vous sentez plus proche de qui ?

11:12
Christian Estrosi

Je suis de droite. D'accord. Je n'ai changé en rien. Ce n'est pas de ma faute si une partie des Républicains se sont radicalisés et ont changé. Moi, je n'ai pas changé. Je reste ce que je suis, un gaulliste, RPR, social, européen et je suis maire. Jean-Michel Apathy, je me rappelle d'entretiens que nous avons eus ensemble il y a quelques années où vous étiez un combattant anti-cumul des mandats. Vous l'êtes toujours, je l'imagine.

11:44
Présentateur

Je n'ai pas changé moi non plus.

11:45
Christian Estrosi

Et moi, je considère qu'au fond, n'exercer qu'un seul mandat n'est pas une mauvaise chose. Vous êtes dans la majorité

11:52
Présentateur

dans l'opposition ?

11:52
Christian Estrosi

On a l'impression

11:53
Locuteur 4

qu'il y a un cumul de positions en tout cas. Vous êtes à la fois dans l'opposition et dans la majorité. Non, mais tout ça, vous savez, vous êtes dans la majorité

12:00
Christian Estrosi

ou dans l'opposition ? Mais ça n'a pas de sens. D'accord, très bien. Ça n'a pas de sens à partir du moment. Je vais vous poser une autre question. Mais je veux qu'on soit clair. La question est belle. Je suis maire. Vous savez ce que ça veut dire être maire ? Être maire, ça veut dire administrer des gens qui sont eux-mêmes idéologiquement engagés dans tous les sens de l'échiquier, mais qui en même temps attendent de celui qui administre leur ville de les protéger, de les sécuriser, de bien gérer les problèmes d'éducation nationale.

12:28
Présentateur

Vous avez longtemps été maire et vous étiez ou dans la majorité ou dans l'opposition. Aujourd'hui... Là, vous avez un peu changé. Est-ce que je peux vous poser la question ? Mais je veux parler de fond, Jean-Michel Apathy. Je veux dire, accordez-moi une minute. Est-ce que je peux vous poser la question différemment ? Et après, je vais vous accorder la minute. Allez, comme vous voulez. La règle du jeu. Vous avez voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle ?

12:48
Christian Estrosi

Non, j'ai voté pour le candidat des Républicains.

12:50
Présentateur

D'accord, d'accord. Eh bien, je vais vous faire écouter, comme ça, on va reparler du fond. Jean-Luc Mélenchon, samedi, place de la République à Paris.

12:55
Christian Estrosi

Oui, mais je n'ai pas fini

12:56
Locuteur 2

ce que j'avais à dire. M. Macron a une excellente bonne nouvelle pour les riches, les puissants et les dominants. Sur 10 milliards de baisse d'impôts, il y a 7 milliards qui vont être offerts aux possédants.

13:13
Présentateur

Alors, baisse de l'ISF, augmentation de la CSG, j'imagine que les retraités à Nice doivent vous en parler. Il y a beaucoup de retraités à Nice. Donc, ils doivent vous en parler. Donc, qu'est-ce que vous pensez de la politique du gouvernement ?

13:25
Christian Estrosi

Voyez-vous d'abord ce que je pense de l'attitude de la famille politique qui reste la mienne. C'est que lorsque M. Mélenchon, qui fait référence au nazisme, des propos insoutenables, descend dans la rue avec la CGT, fait tout pour s'opposer et pour bloquer les réformes qui sont en cours dans le domaine du Code du Travail, dans le domaine du RSI, dans tous les domaines où nous avons des marges entières de part de croissance et d'emploi à retrouver de la souplesse pour l'ensemble de ceux qui recrutent et qui ont besoin de faire tourner nos usines et nos entreprises. Il n'y a pas un seul mot de la part de ma famille républicaine. Je dis les républicains, réveillez-vous. Il serait temps...

Un seul mot pour condamner Jean-Luc Mélenchon ? Vous me parliez des élections présidentielles. Pour condamner Jean-Luc Mélenchon ? Vous me parliez des élections présidentielles. Moi, je condamne. Mais je condamne toutes les formes d'extrémisme. On parlait des élections présidentielles. J'ai voté au premier tour parce que je suis loyal même si j'avais des désaccords profonds que je n'ai pas hésité à dénoncer. Je n'ai pas encouragé, moi, la manifestation du Trocadéro pour tenir contre vents et marées debout un candidat qui allait nous mener à l'échec. Mais j'ai voté pour. Au deuxième tour, je n'ai pas hésité parce que je suis un républicain.

J'ai fait campagne et j'ai voté pour Emmanuel Macron. Là où d'autres, aujourd'hui, dans la famille des républicains, on s'en restait particulièrement ambigus et on même dit allez, vous votez blanc et puis si vous faites un autre choix que M. Macron, c'est pas grave.

15:05
Présentateur

Personne n'a dit ça mais c'est pas grave.

15:07
Christian Estrosi

Écoutez, j'ai assisté à des bureaux politiques où la direction des républicains a refusé que nous arrivions à un communiqué conclusif pour dire il faut voter contre Marine Le Pen. Personne ne l'a fait. Personne ne l'a dit.

15:23
Présentateur

En tout cas, si un certain nombre de ceux

15:26
Christian Estrosi

qui font partie des gens raisonnables et modérés, en tout cas, ont eu mon attitude. Et bien que ce soit les mêmes aujourd'hui qui ne critiquent pas M. Mélenchon, que ce soit les mêmes aujourd'hui qui ne critiquent pas Mélenchon et qui ont laissé la porte ouverte au vote pour Marine Le Pen aux élections présidentielles. Voilà pourquoi il y a un malaise profond au sein des républicains que je tiens à dénoncer.

Et puisque vous parlez de mon positionnement, lorsque, en tant que maire d'une grande ville, vous avez un gouvernement qui fait des réformes que la droite n'a pas osé faire en matière de RSI, de code du travail, du retour à la semaine des quatre jours, des contrats aidés, vous savez, ces emplois bidons que nous étions les premiers à dénoncer lorsque nous étions dans l'opposition de M. François Hollande et des socialistes. Et bien, ça me semble un peu particulier aujourd'hui de voir les républicains qui, au fond, se reconnaissent parfaitement dans les réformes proposées par François Hollande et les socialistes que nous critiquions à l'époque. Et bien moi, je ne serai pas de cela.

16:26
Locuteur 4

Vous êtes toujours

16:26
Christian Estrosi

membre des républicains ? Toujours. Vous voterez à l'élection du mois de décembre ? Bien sûr que je voterai. Ah bon ?

16:32
Présentateur

Vous avez dit que non à un moment ?

16:33
Christian Estrosi

Non, j'ai dit que je n'y participerai pas. Bah, donc vous ne voterez pas ? Mais si, je voterai, je ne participerai pas. Je n'exprimerai pas le choix pour un candidat.

16:41
Présentateur

Vous voterez pour quelqu'un ?

16:43
Christian Estrosi

Oui, je voterai pour quelqu'un. Vous nous dites pour qui ? Allez, on passe à autre chose. Vous pouvez nous dire pour qui vous voterez pas ? Je n'ai pas envie de me mêler de cette élection parce que j'estime qu'avant de revenir un an après les primaires, de nouveau une élection qui trouble profondément nos militants considérablement, nous aurions eu mieux à faire de tirer toutes les leçons et toutes les conséquences de ce qui fait que pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, aucun d'entre nous n'a été représenté au second tour des élections présidentielles. En tout cas,

17:14
Présentateur

vous ne voterez pas pour le renvoquer.

17:15
Christian Estrosi

Il y avait d'autres étapes à franchir.

17:17
Présentateur

Vous ne voterez pas pour le renvoquer.

17:18
Christian Estrosi

Je ne voterai pas, en tout cas, pour ceux qui ne prendront pas l'engagement ou qui ne dénonceront pas ceux qui, au deuxième tour des élections présidentielles, ont laissé entendre qu'ils pourraient faire alliance avec le Front National.

17:33
Locuteur 4

Vous restez avec nous, Christian Estrosi. Il est 8h50, l'essentiel de l'info, tout de suite avec Edwige Coupès.

17:40
Locuteur 1

Une Europe souveraine avec un budget de la zone euro. Emmanuel Macron dévoile sa réforme cet après-midi. Le président a choisi le cadre prestigieux du grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris. Ce plan, il l'a déjà vendu à 22 des 27 dirigeants de l'Union européenne, mais il va surtout devoir convaincre l'Allemagne où Angela Merkel ressort affaiblie des législatives. Mariage en vue entre Alstom et Siemens, le français et l'allemand pour réofficialiser leur alliance dans la journée. Objectif, donner naissance au numéro 2 mondial du ferroviaire pour faire surtout face à la concurrence chinoise. La nouvelle entité passerait sous pavillon allemand. L'État français du coup exigera des garanties.

Un mois après la disparition de Maëlys, l'enquête au point mort. Toutes les pistes sont explorées. On cherche partout, même dans les eaux de lavage des voitures, reconnaît sur France Bleu Isère le procureur de Grenoble. Des traces ADN de l'enfant ont en effet été retrouvées dans la voiture du principal suspect mis en examen. Perturbateurs endocriniens, huile minérale, cancérogène, alerte sur les baumes à lèvres. L'UFC que choisir a trouvé ces substances potentiellement toxiques dans la moitié des sticks testés. 10 grandes marques épinglées, notamment Labello, Yves Rocher, Avene ou encore La Roche-Posée.

18:59
Locuteur 4

Le maire de Nice, Christian Estrosi, est notre invité ce matin, Jean-Michel Apathy.

19:03
Présentateur

Vous avez été ministre de l'Industrie, Christian Estrosi. Nous voulions vous faire commenter cette information. Le groupe Alstom va se rapprocher de son grand rival allemand Siemens avec l'accord du gouvernement français. C'est un rapprochement qui s'effectue à l'avantage de l'allemand Siemens. et c'est ce que dénonce, en tout cas, c'est ce que diagnostique l'économiste Elie Cohen. On l'écoute c'était hier soir dans le journal de France 2.

19:29
Locuteur 3

On parle d'un Airbus de quelque chose, c'est pour dissimuler une cession pure et simple. Donc, je ne veux pas faire procès d'intention au gouvernement, mais ce que je sais, c'est que si c'est Siemens qui a la majorité du capital, Siemens gouvernera.

19:42
Présentateur

C'est une nouvelle perte industrielle pour la France ?

19:44
Christian Estrosi

Je partage cette analyse, mais pour l'instant, nous ne sommes que sur une rumeur.

19:51
Présentateur

On ne peut plus qu'une rumeur. Il y a un conseil d'administration extraordinaire d'Alstom cet après-midi, c'est pour acter le rapprochement.

19:57
Christian Estrosi

Monsieur Apathy, je suis d'accord avec cette analyse. Je vous rappelle qu'il y a quelques années, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'économie et de l'industrie, il s'était opposé à des directives européennes qui voulaient nous imposer un démantèlement du groupe Alstom pour fragiliser ces différentes activités ferroviaires, navales, etc. Nous avions tenu bon. Nous avions résisté. Alstom avait gardé la force qui était la sienne et en tant que ministre de l'industrie, ensuite, j'avais veillé à ce qu'Alstom reste ce grand industriel.

20:31
Présentateur

Et vous regrettez là que le gouvernement ne résiste pas ?

20:33
Christian Estrosi

Aujourd'hui, bien évidemment, le problème est posé par le simple fait que nous avons aujourd'hui un titan chinois qui fait 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an dans le domaine du ferroviaire. 18 milliards, j'ai lu. Comment ? 18 milliards, j'ai lu. J'en savais rien. Oui, mais qui lui-même est en train de fusionner avec un autre chinois qui les conduirait à 30 milliards d'euros. Je connais un peu le dossier, je l'ai travaillé. À 30 milliards d'euros. C'est-à-dire qu'à partir de là, Essiemens d'un côté et Alstom de l'autre pourrait ne pas résister face à ce nouveau géant chinois.

Donc, que l'Europe, nous voulons une Europe de l'industrie, une Europe de l'économie, même si ça n'a pas de l'Allemagne, réfléchissent aujourd'hui. Mais enfin, si les deux disparaissent à l'arrivée, je ne sais pas qui aura gagné quoi. Donc, on a fait l'Europe quelque part qui jusqu'à présent ne nous a pas toujours apporté la démonstration de sa force dans le domaine industriel, sauf dans quelques domaines et notamment le domaine aéronautique et aérospatial.

Eh bien, si nous sommes capables intelligemment de veiller à ce qu'à égalité entre Siemens et Alstom, nous réussissions à faire un gros industriel européen qui nous permette de contenir les Chinois et de conserver des marchés à l'exportation sur l'ensemble de la planète. Je dis oui. Il semblerait que toutes ces conditions pour l'instant ne soient pas réunies. Voilà pourquoi j'incite le gouvernement français à être extrêmement ferme dans ces négociations.

22:03
Présentateur

En tout cas, on aura donc le détail de ce qui semble être une fusion au bénéfice de Siemens. Nous l'aurons sans doute cet après-midi puisqu'un conseil d'administration de Alstom est réellement

22:13
Christian Estrosi

à Saint-Ouen. Il y a une clause qui est suggérée selon laquelle il faudrait protéger les emplois d'Alstom pendant 4 ans. Je dis que 4 ans c'est insuffisant et que la durée doit être beaucoup plus longue.

22:24
Présentateur

Si on revient à la ville de Nice dont vous êtes le maire, je le rappelle, vous adorez le dire donc je le dis pour vous, j'ai lu dans Libération que la police municipale de Nice 680 personnes je crois est assez en colère contre vous parce que vous modifiez leur planning pour avoir davantage de présence sur le terrain et ils trouvent que vous leur en demandez un peu trop.

22:47
Christian Estrosi

C'est vrai ? Non, vous faites référence à une lettre anonyme par un petit pourcentage de cette police municipale. C'est ce qu'on dit toujours,

22:55
Présentateur

c'est un petit pourcentage. Mais visiblement, il y a de l'insatisfaction.

22:59
Christian Estrosi

Non, non, vous savez, la police est syndiquée, je sais quels sont les syndicats qui sont majoritaires et quels sont ceux qui sont extrêmement minoritaires et qui à l'occasion aujourd'hui n'acceptent pas. Vous vous rendez compte que je leur demande une fois toutes les six semaines de faire un demi samedi travailler de plus, c'est-à-dire deux fois moins de ce que font les policiers nationaux. Eh bien, que cette petite minorité de la police municipale pour garantir la sécurité des Niçois considère que c'est un petit privilège qu'on leur enlèverait.

J'estime que quand on s'engage dans la police, qu'on accepte d'être recruté par une grande collectivité comme la nôtre et que l'objectif du maire en recrutant 130 policiers de plus aujourd'hui qui sont candidats et je peux vous dire que j'ai plus de 300 candidatures pour 130 places. Ça veut dire que ce sont 300 candidats qui veulent occuper la grille horaire que je propose. Sans ça, ils ne seraient pas candidats.

24:01
Présentateur

C'est pas une difficulté. C'est pour ce... Ça n'illustre pas la difficulté quand les collectivités locales essaient de remplacer l'État et de faire eux-mêmes, là en l'occurrence, la police.

24:08
Christian Estrosi

On ne veut pas remplacer l'État. Lorsque nous avons discuté avec Gérard Collomb il y a quelques jours de cela, de la nouvelle police de proximité qu'il propose ou serait associée et coordonnée dans un partenariat police nationale et police municipale. C'est pour que nous soyons plus près des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens sur ces petites incivilités, ces agressions qui pourrissent la vie de notre société toute entière et à laquelle je souhaite que nous apportions des réponses concrètes au sein de ma ville.

Il y a des policiers qui se sentent dignes d'exercer une responsabilité qui fait prendre une part de risque mais c'est le métier qui le veut et moi je serai toujours devant eux pour les protéger et ceux qui estiment que ça n'est pas assez confortable pour leur train de vie quotidien et bien je leur conseille d'exercer un autre métier.

25:00
Locuteur 4

Merci beaucoup Christian Estrosi et merci d'avoir été notre invité ce matin sur France Info.

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