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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 23 juin 2021 8 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueSantéÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Éric Correia : "Il faut que le gouvernement clarifie l'usage du cannabidiol"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Ce que vous attendez de la cour, c'est quoi ? C'est une clarification de la législation ? Il y a un flou aujourd'hui ?

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Ce n'est ni un médicament ni de la drogue, c'est entre les deux ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Et donc, que dit la loi exactement aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on a le droit de faire en France et qu'est-ce qui est interdit ?

  • 3:18FerméeRéponse directe

    Donc, en France, on n'a pas le droit de vendre la fleur. En revanche, on a le droit de vendre la tige, c'est ça ?

  • 4:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi ça pose problème aux autorités de vendre cette fleur ? Parce que la molécule psychotrope, elle se trouve dans la fleur, c'est ça ?

  • 5:29OuverteRéponse directe

    Et aujourd'hui, il n'y a personne qui contrôle les produits qui sont vendus dans ces magasins de CBD en France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Oui, il existe un flou juridique. Alors il existe seulement un flou au niveau français parce que la France a déjà été jugée anticonventionnelle par le tribunal de Bordeaux. »
  • 1:21Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle d'ailleurs que la France doit être le premier pays consommateur de tranquillisantes anxiolytiques. »
  • 1:51Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas de la drogue, ça c'est clair, ça a déjà été clarifié, y compris à la Convention de l'ONU à Vienne. »
  • 2:28Invité politiqueFait
    « Alors aujourd'hui, il est interdit de vendre effectivement normalement de la fleur, des choses comme ça en France. »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « Mais on a aussi besoin de ces molécules. Il faut savoir que, en fait, l'effet apaisant ou l'effet antalgique, il est efficace avec un ensemble de molécules. »
  • 6:49Invité politiqueChiffre
    « On pourrait très vite reconstituer les emplois perdus avec l'entreprise GMS, dont certains sont toujours, d'ailleurs, sur le carreau aujourd'hui. On pourrait très vite recréer 150 emplois et aller monter rapidement à 300 emplois. »
  • 7:19Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle que chez nous, on peut travailler 60-70 heures par semaine pour 600 euros par mois. »

Temps de parole

  • Invité politique78 %
  • Présentateur22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h20, la cour de cassation se prononce aujourd'hui sur le commerce du cannabis bien-être qu'on appelle le CBD pour cannabidiol. Elle a déjà légalisé la semaine dernière une boutique vendant des produits dérivés du CBD à Dijon. Bonjour Eric Coria, vous êtes le président de la communauté d'agglomération du Grand Guéret et vous êtes infirmier anesthésiste de formation. Alors on pourrait se demander pourquoi un élu de la Creuse pour parler d'un tel sujet ? Eh bien parce que vous faites partie de ceux qui disent que le cannabidiol a un avenir en France, notamment dans votre département de la Creuse. Ce que vous attendez de la cour, c'est quoi ? C'est une clarification de la législation ?

Il y a un flou aujourd'hui ?

0:46
Invité politique

Oui, il existe un flou juridique. Alors il existe seulement un flou au niveau français parce que la France a déjà été jugée anticonventionnelle par le tribunal de Bordeaux. Donc il y a une nécessaire clarification à faire au niveau du droit français qui rentre en conformité avec le droit européen. Il y a une grosse attente en France parce qu'aujourd'hui, il s'ouvre des boutiques de CBD toutes les semaines dans notre pays pour vendre ces molécules qui sont effectivement apaisantes quelque part et qui permettent à un certain nombre de Français de pouvoir se soulager d'une manière, je dirais, beaucoup plus naturelle que plutôt que de prendre des médicaments.

Je rappelle d'ailleurs que la France doit être le premier pays consommateur de tranquillisantes anxiolytiques. Voilà, et donc ce moyen, ce CBD permet effectivement un certain nombre de personnes, je dirais, qui vont même jusqu'à des personnes âgées. Je vois dans mon département en Creuse, ce sont souvent des personnes de 60, 70 ans et au-delà qui achètent des gouttes de CBD dans des magasins et qui préfèrent prendre le soir quelques gouttes de CBD plutôt que de prendre une benzodiazépine ou un médicament comme ça.

1:48
Présentateur

Ce n'est ni un médicament ni de la drogue, c'est entre les deux ?

1:51
Invité politique

Ce n'est pas de la drogue, ça c'est clair, ça a déjà été clarifié, y compris à la Convention de l'ONU à Vienne. Ce n'est pas effectivement du médicament, mais on pourrait dire que c'est l'équivalent quelque part des huiles essentielles qu'on peut trouver aujourd'hui dans un certain nombre de médicaments en France et qui ont des vertus apaisantes. Alors après, ça a des vertus apaisantes effectives, bien évidemment, ou parfois ça peut être vécu comme l'effet placebo. En tous les cas, si ça soulage les gens, c'est inoffensif et pourquoi ne empêcher ces boutiques de commercer et de créer des emplois en France ?

2:23
Présentateur

Et donc, que dit la loi exactement aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on a le droit de faire en France et qu'est-ce qui est interdit ?

2:28
Invité politique

Alors aujourd'hui, il est interdit de vendre effectivement normalement de la fleur, des choses comme ça en France. La fleur de cannabis. Voilà, la fleur de cannabis. C'est une législation qu'on appelle grise, en fait, parce qu'il y a déjà eu, avant le rendu de l'arrêt, j'y dirais, qui a porté limité, qui a été rendu déjà par la Cour de cassation et en attente de l'arrêt de portée générale qui va être rendu aujourd'hui, il y a déjà eu l'arrêt Canavap, que l'on appelle comme ça, la Cour européenne de justice, qui a dit qu'effectivement, la France ne respectait pas le droit européen. Donc, il y a une législation grise. Ce n'est pas interdit. Ce n'est pas franchement autorisé.

Mais en tous les cas, effectivement, c'est pour ça qu'il y a cette législation grise. Et nous espérons qu'aujourd'hui, l'arrêt de la Cour de la cassation clarifie tout ça et permette à ces boutiques, effectivement, de ne plus être dans un vide juridique, mais d'être clairement permises de pouvoir continuer leur activité.

3:18
Présentateur

Donc, en France, on n'a pas le droit de vendre la fleur. En revanche, on a le droit de vendre la tige, c'est ça ?

3:23
Invité politique

Oui, oui, oui. Alors, notre département de la Creuse, et c'est la raison pour laquelle, effectivement, en 2017, j'avais fait cette proposition au président Macron, parce que nous avons souffert, nous avons perdu beaucoup d'emplois. Nous avons une entreprise qui s'appelle GMS, qui avait fermé la souterraine dans la Creuse. Voilà, vous en avez beaucoup parlé, 150 emplois perdus. Et j'avais proposé au président Macron de faire de la Creuse un département pilote, un département des expérimentations pour la production et la transformation du cannabis à usage thérapeutique.

Et parce que, il y a 100 ans, la Creuse était déjà un pays producteur et nous n'avons jamais cessé d'en produire, du cannabis ou du champ, plutôt pour tout ce qui est isolation du bâtiment.

3:59
Présentateur

Et là, c'est la tige qui est utilisée, c'est ça, pour l'isolation ?

4:02
Invité politique

Voilà, tout à fait. Dans la plasturgie, dans plein d'autres domaines. Il faut savoir que le cannabis, aujourd'hui, est une plante qui est vraiment écologique. C'est-à-dire qu'elle régénère la terre et, en plus, tout est utilisable dans le cannabis. On peut faire même du papier et éviter de couper les arbres. Donc, elle a un avenir.

4:17
Présentateur

Pourquoi ça pose problème aux autorités de vendre cette fleur ? Parce que la molécule psychotrope, elle se trouve dans la fleur, c'est ça ?

4:24
Invité politique

Mais aujourd'hui, les fleurs qui sont vendues sont, avec du THC, inférieures à 0,2%. Donc, il n'y a pas, effectivement, de risque psychotrope. Et encore, il faut savoir que l'arrivée tchèque vient d'autoriser, effectivement, du THC, qui est la molécule dite psychotrope, jusqu'à 1%. Mais on a aussi besoin de ces molécules. Il faut savoir que, en fait, l'effet apaisant ou l'effet antalgique, il est efficace avec un ensemble de molécules. Dans un entourage de molécules, il y a à peu près 150 à 160 molécules dans du champ. Voilà. Donc, on a besoin de tout. C'est aussi pour ça qu'il y a besoin d'une traçabilité.

Aujourd'hui, ce que les gens achètent sur Internet, et même ce qu'ils peuvent acheter chez des buralistes ou ailleurs ou dans les magasins, c'est de la fleur. On ne sait pas toujours d'où elle vient. Et que les pays qui la produisent, notamment l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et ailleurs, quand le taux de THC de leurs fleurs est au-dessus de 0,2%, ils passent ces fleurs-là au rayon. Et hop, après, ils envoient ça en France. Mais il faut savoir que ça détruit, en fait, un certain nombre de molécules. Donc, il y a une nécessité de savoir d'où vient la plante avec une traçabilité.

Et rien de mieux que ça, de l'autoriser à la produire, à la transformer en France et à pouvoir la vendre en France.

5:29
Présentateur

Et aujourd'hui, il n'y a personne qui contrôle les produits qui sont vendus dans ces magasins de CBD en France ?

5:34
Invité politique

Les propres produits, les propres chaînes qui aujourd'hui ouvrent des magasins, effectivement, effectuent un contrôle. Mais est-ce que toutes sont sérieuses ?

5:40
Présentateur

Il n'y a pas de contrôle des autorités sanitaires ? Non. Pour le moment, non. Ce sont juste les magasins eux-mêmes.

5:45
Invité politique

Voilà, tout à fait. Donc, effectivement, il y a encore beaucoup de travail à faire pour qu'on ait du qualitatif, une traçabilité, que les gens sachent ce qu'ils achètent et avec les qualités qui vont avec. Donc, il faut qu'on puisse, effectivement, aujourd'hui, aussi, au-delà de pouvoir la vendre en France, mais de pouvoir la produire et la transformer en France. Et là, on est en attente, encore une fois. Après avoir autorisé l'expérimentation auprès de 3 000 patients d'expérimentation médicale en France, eh bien, aujourd'hui, cette expérimentation, elle se fait avec du cannabis d'importation. Et ça, ce n'est pas acceptable.

Encore une fois, il faut que l'on puisse produire, transformer en France, de manière à ce que, demain, les patients à qui on prescrira du cannabis à l'usage thérapeutique, et dans le mot thérapeutique, c'est aussi du bien-être, quand on va mieux, eh bien, il faut que ça puisse être produit en France et qu'on connaisse la traçabilité parfaite.

6:31
Présentateur

Alors, on le disait, la France est le premier producteur européen de chanvre. sur votre département et sur les rangs pour, voilà, attend vraiment cette décision de la Cour de cassation aujourd'hui. Ça pourrait devenir une filière économique vraiment très importante chez vous ?

6:48
Invité politique

Ah oui, absolument. Nous avons estimé la création d'emplois. On pourrait très vite reconstituer les emplois perdus avec l'entreprise GMS, dont certains sont toujours, d'ailleurs, sur le carreau aujourd'hui. On pourrait très vite recréer 150 emplois et aller monter rapidement à 300 emplois. Voilà, donc, c'est une filière économique, et moi, je veux créer de l'emploi sur mon territoire, des territoires ruraux qui sont bien abandonnés. Donc, on est prêt. En plus, on ne demande pas de l'argent à l'État, pour le coup. On demande juste qu'ils respectent la législation et qu'ils autorisent les agriculteurs français, parce qu'il ne faut pas oublier le monde agricole.

Je rappelle que chez nous, on peut travailler 60-70 heures par semaine pour 600 euros par mois. Donc, on ne peut pas laisser le monde agricole aller dans le mur comme ça. Donc, il faut aussi les soutenir avec des filières de différenciation, effectivement, et leur permettre de pouvoir vivre. Donc, nous attendons non seulement, effectivement, que la Cour de cassation clarifie aujourd'hui, mais que le gouvernement autorise enfin, encore une fois, à pouvoir transformer la fleur en France. Parce qu'aujourd'hui, ce n'est toujours pas le cas. On préfère acheter à l'étranger et créer des emplois à l'étranger. C'est inacceptable.

7:50
Présentateur

Merci, Eric Correa, président de la communauté d'agglomération du Grand Guéret. Vous étiez l'invité du 5-7. France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada

7:57
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada