Xavier Bertrand : chez LR, "je voudrais entendre : pas une voix pour le Rassemblement national"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et bonjour à tous, bienvenue dans Questions politiques. Notre invité du jour est devenu un oiseau rare dans la jungle de la droite républicaine quand Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez font sauter quelques dicks sur leur droite avec leur stratégie du tout sauf LFI. Lui défend au contraire ce que Jacques Chirac appelait le cordon sanitaire avec l'extrême droite. Un positionnement désormais minoritaire chez LR au moment où le Rassemblement National semble aux portes du pouvoir. Notre invité aurait pu aussi être le candidat de la droite à la dernière présidentielle mais les électeurs de la primaire de son parti en ont décidé autrement.
Il aurait pu aussi être Premier ministre l'an passé mais à la dernière minute Emmanuel Macron lui a préféré Michel Barnier. Deux occasions manquées qu'il raconte dans son premier livre qu'il vient de publier à 60 ans. Rien n'est jamais écrit, c'est son titre car non, notre invité n'a renoncé à rien et se prépare activement à la prochaine bataille pour l'Elysée. Alors comment compte-il mener ce combat face à un RN au Zénith dans les sondages ? Quel espace politique pour ce gaulliste social à la tête de la région Hauts-de-France depuis 10 ans maintenant ? Xavier Bertrand est en direct sur France Inter, sur France Info, canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde.
On est ensemble jusqu'à 13h pour répondre à toutes les questions politiques. France Inter, questions politiques, Julien Némy. Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui. A mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour Brigitte.
Bonjour Julien.
Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait de Xavier Bertrand.
Et oui, quatre fois ministre. Il pense à la présidentielle en se rasant. Il n'a fait ni Sciences Po ni l'ENA. Mais sa région des Hauts-de-France, telle d'irréductibles gaulois, résiste à l'envahisseur RN. Peut-être un atout pour 2027.
Merci Brigitte. Et Françoise Fressoz à vos côtés du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. En fin d'émission, avec vous, on se projettera comme d'habitude sur 2027 avec une question qui animera les débats. Et aujourd'hui ?
La République des Territoires. Autrement dit, la décentralisation. Au moment où tous les pouvoirs semblent vaciller, l'idée est redevenue furieusement à la mode. Faut-il y croire ? Et si oui, à quelles conditions ?
Merci Françoise et à tout à l'heure. Mais d'abord, Xavier Bertrand, quelques questions d'actualité. Est-ce que vous croyez toujours, tiens d'abord, au Front Républicain face au RN dans un second tour ?
Mon combat, c'est contre les extrêmes. Et je le dis, ni LFI, ni Rassemblement National.
Alors je vous pose cette question parce que vous l'avez vu manifestement, Nicolas Sarkozy n'y croit plus. Lui, l'ancien président, dans son nouveau livre Apparaître mercredi, raconte certes son court séjour en prison, mais il rapporte aussi une conversation avec Marine Le Pen. Elle lui demande s'il s'associera à un Front Républicain à l'avenir. Réponse de Nicolas Sarkozy, je cite, « Non, et de surcroît, je l'assumerai, en prenant le moment venu, une position publique sur le sujet. » Est-ce que ça vous choque ?
Je préfère les positions politiques de Nicolas Sarkozy de 2007 que les positions politiques de Nicolas Sarkozy en 2025. C'est-à-dire, qu'est-ce qui vous fait dire ça ? À l'époque, combattaient le Rassemblement National. Et par l'action, et par des convictions, et par une fidélité aussi à ce qu'est le mouvement, à l'époque l'UMP, le mouvement de Jacques Chirac, aucune collusion avec les extrêmes. Pour moi, les choses sont très claires, et vous savez, je pense qu'en politique, la cohérence, c'est important, et je reste exactement dans la même ligne. Mais je voudrais vous expliquer aussi pourquoi.
Dans la logique qui est la mienne, dans la façon de faire de la politique, je cherche à unir, je cherche à rassembler. Il cherche à désunir Nicolas Sarkozy ? C'est ce que nous faisions clairement en 2007. Les extrêmes, aujourd'hui, cherchent à diviser une société française qui est déjà beaucoup trop fracturée. C'est la raison pour laquelle je continuerai à me battre contre et Jean-Luc Mélenchon et M. Bardella. Est-ce que vous considérez que ce que dit là l'ex-chef de l'État, c'est un appel à l'union des droites ? Vous diriez ça ? Attendez, soyons clairs là. On va appeler les choses par leur nom. Union des droites ? Non. Non. C'est l'union de la droite avec l'extrême droite.
Et compte tenu aussi de ce que vous indiquez sur les sondages, il y en a beaucoup qui, aujourd'hui, chez nous, chez LR, viennent certainement à des réunions LR en pensant au Rassemblement national. Qu'ils y aillent au Rassemblement national. Une clarification, ce que vous appelez de vos voeux. Que les choses soient claires. Que les choses soient claires. J'entends trop de personnalités chez les Républicains qui disent, quand même, quand il y a une élection législative, pas une voix pour la gauche. Non, je voudrais entendre, pas une voix pour le Rassemblement national. Moi, je suis capable de dire, comme je le dis devant vous, à nouveau, très clairement, ni LFI, ni RN.
Et chez moi, j'entends souvent, ni LFI, ni LFI. On dirait qu'ils ont du mal à dire, ni LFI, ni Rassemblement national.
Vous aviez appelé une clarification il y a quelques semaines. Vous aviez appelé Bruno Retailleau à faire cette clarification de la ligne politique des Républicains.
Est-ce que vous avez des nouvelles de votre chef de parti ? Je continuerai à l'exiger. Donc, vous ne l'avez pas, aujourd'hui ? Toujours pas. Et je continuerai à me battre. Je ne suis pas du genre à baisser les bras ou à renoncer. Je ne suis pas le seul à apporter cette demande de clarification. Jean-François Copé, Valérie Pécresse... Vous êtes minoritaire chez LR, là-dessus, aujourd'hui ? Oui, on avait conscience. C'est au moment, clairement, que cette ligne sera posée sur la table, que l'on verra si les gens sont majoritaires ou minoritaires. On verra le moment venu. Mais pour l'instant, je ne renoncerai pas à mes convictions.
Pour revenir à Nicolas Sarkozy, lui-même avait dit de vous, vous l'expliquez dans votre livre, Xavier Bertrand, c'est celui qui me ressemble le plus. Est-ce qu'aujourd'hui, vous faites encore partie de la même famille politique,
Nicolas Sarkozy et vous ? Écoutez, il a indiqué très clairement qu'aujourd'hui, il se situait en dehors du champ politique. Voilà. Alors, vous n'allez pas me demander de faire un commentaire sur le positionnement politique qui est le sien. Vous savez, les liens que j'ai pour Nicolas Sarkozy, vous savez aussi, il faut dire les choses telles qu'elles sont, vous pensez également à l'épreuve qu'il a vécue. Il a ses preuves personnelles qu'il a profondément marquées, d'après ce que j'en ai vu, d'après ce que j'en ai lu. Sur ce sujet-là, il a voulu les expliquer dans un livre. A lui, justement... Vous allez le lire, le livre ?
Écoutez, la façon dont j'échange avec Nicolas Sarkozy, ce que je l'ai relive, tout ça, c'est clairement, de mon ressort personnel, ça n'a pas alimenté le débat public.
Alors, revenons sur les Républicains. Nicolas Sarkozy n'est pas le seul à faire tomber quelques digues avec l'extrême droite. Bruno Retailleau, donc, parle, je le disais, d'un cordon sanitaire anti-LFI, pas avec le RN, donc. Laurent Wauquiez aussi propose un rassemblement jusqu'à Éric Zemmour. Pardon, mais qu'est-ce que vous faites encore chez LR, Xavier Bertrand ?
Me battre pour des convictions qui sont celles d'une famille politique qui a été dirigée par Jacques Chirac. Et c'est pas n'importe quoi l'histoire des Républicains. C'est pas n'importe quoi l'histoire de la famille gaulliste. Et cette famille, nos idées, la droite sociale que je veux porter à la présidence de la République, c'est une toute autre conception de la République. Encore une fois, je l'ai dit tout à l'heure, moi je déteste qu'en politique, on cherche des boucs émissaires. Et notamment, c'est le cas, LFI, la haine des riches, quand ça n'est pas effectivement l'antisémitisme qui anime l'esprit de nombreux dirigeants de LFI.
Je vous pose cette question parce que vous avez déjà quitté LR en 2017. C'est très important. Vous l'envisiez jamais vous ou pas ? Je veux terminer, c'est très important de vous expliquer pourquoi je combats les dirigeants du Rassemblement National. Parce que, et derrière eux, c'est la peur de l'islam et la confusion, l'amalgame qu'ils font entre les musulmans et les islamistes. Mais on va aussi aller plus loin, parce que le Rassemblement National, aujourd'hui, c'est deux choses bien différentes. Il y a un noyau dur qui est là depuis longtemps, depuis le début. Et ce noyau dur n'a pas changé. Depuis maintenant 40 ans, 50 ans, ce noyau dur est là.
Ils ont changé de nom, mais pas d'idée, c'est ça que vous voulez dire ? Non, non, il y a le noyau dur qui n'a pas changé. Et il y a un électorat. Un électorat qui s'est constitué, qui n'est pas là seulement dans les sondages, dans les différentes élections. Et cet électorat, ce sont des Français qui ont été déçus, trahis. Qui, abandonnés par LR, en grande partie, mais pas seulement par les Républicains, mais aussi par les différentes formations politiques. Mais attention, le noyau dur, il est machiavélique. Le noyau dur, c'est exactement ce qu'il fait.
Il a compris qu'avec ses idées, avec cet amalgame, notamment entre les musulmans et les islamistes, avec notamment ce rejet de l'étranger, de l'immigré, il ne réussirait pas à gagner. Et donc, ils ont décidé d'avoir une stratégie. Tiens, il faut une nouvelle vitrine ? Ça sera Jordan Bardella. On va en parler plus tard dans l'émission de Jordan Bardella en détail. Il faut bien comprendre aujourd'hui ce qu'est la stratégie du Rassemblement national. Et ça n'a rien à voir avec l'intérêt national. Ça n'a rien à voir avec l'intérêt des Français. Donc, quitter LR, c'est non, pour l'instant. Je vais continuer, moi, à me battre à l'intérieur de LR.
J'avais aussi indiqué très clairement à l'époque pourquoi j'étais parti, parce qu'on parlait exactement comme le Rassemblement national.
C'était un peu pour les mêmes raisons qui pourraient être celles d'aujourd'hui.
Je vais vous dire une chose. Moi, ma famille politique, j'ai plus d'ambition pour elle que de la voir courir derrière le Rassemblement national ou devant le Rassemblement national. Je me bats pour qu'on soit nous-mêmes. Et encore une fois, vous savez, le principal danger qui guette les responsables politiques, c'est de ne plus penser par soi-même, c'est de ne plus être soi-même, et puis de passer son temps à avoir besoin des sondages pour savoir ce qu'on doit dire. Ce n'est pas mon cas.
Sur un tout autre sujet, débat très animé à nouveau à l'Assemblée cette semaine avec l'examen du budget de la Sécurité sociale. Le vote final aura lieu après-demain, mardi. Avant de rentrer dans le détail avec Brigitte et François, si vous étiez encore député, vous le voteriez, ce budget ?
Oui, je le voterai. Je le voterai parce que, bon, un, je ne fais pas partie de ceux qui disent que son budget, c'est la fin du monde.
Bruno Retailleau, sur une autre antenne, vient de dire qu'il était un votable.
Monsieur Dany, est-ce que je peux expliquer les choses ?
On va y aller dans le détail.
Non, mais on n'est pas un quiz où je dois répondre en dix secondes quand même. Je voterai ce budget. Pourquoi ? Notamment le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Aujourd'hui, on ne peut pas continuer avec des déficits astronomiques. Il faut savoir compter dans la vie. Il faut savoir compter quand on exerce des responsabilités publiques, politiques importantes. Ce budget, s'il n'est pas voté, les médicaments continueront à être remboursés, les hôpitaux ne vont pas fermer. Je ne suis pas de ceux qui disent que c'est la fin du monde.
Et je déteste qu'on rende les Français responsables de cette situation, alors que ce sont les partis politiques et surtout les deux extrêmes à l'Assemblée. Sauf que si vous n'avez pas le vote sur le PLFSS, le projet de loi de financement, de la Sécurité sociale, il y a des choses qui ne vont pas se faire, notamment pour les infirmiers. Vous aurez également, très clairement, un déficit qui va filer. Je préférerais un bon budget, un meilleur budget que celui-là, c'est vrai. Mais je préfère qu'il y ait un budget, et je le dis aussi, la responsabilité aujourd'hui, c'est de se rendre compte, avec la composition de l'Assemblée nationale, qu'on est rentré dans une époque de compromis.
et que l'intérêt général, encore une fois, exige de la solidité, du sang-froid et de la cohérence.
Mais Xavier Bertrand, ce budget, est-ce qu'il ne penche pas trop à gauche ? Vous dites, attention, les déficits, mais on est au-dessus de 20 milliards. Il n'y a pas de réduction de déficit. Ça, c'est l'ADN de la droite aussi.
Oui, si Bruno Retailleau et si LR, en tant que tel, étaient restés au gouvernement, on n'en serait pas là. Parce qu'on aurait pu peser de l'intérieur. Et si ce projet de budget ne nous avait pas convenu, on aurait pu dire qu'il y avait, dans ces cas-là, un fait politique. C'est ce qu'a fait Laurent Wauquiez, si jamais en en partie. Et que nous en tirions les conséquences.
Donc ça veut dire que Laurent Wauquiez ne fait pas le boulot ? Ça veut dire qu'il ne réduit pas suffisamment les déficits ?
Vous êtes formidable. Moi, si c'est pour que, effectivement, je vienne aller donner un qualificatif à l'un et à l'autre, je ne participe pas à ce sport-là. Voilà. Il y en a suffisamment qui ne font que ça. Ils parlent des uns et des autres. Moi, j'essaye de me placer face à une situation politique et vous expliquer les solutions. Nous serions restés au sein du...
Retailleu a fait une erreur en quittant le gouvernement.
Il serait resté. On n'aurait pas, aujourd'hui, un budget de cette façon-là.
On n'aurait toujours pas de majorité.
Oui. Mais en tout cas, on serait plus fort à l'intérieur pour peser. Et c'est ça qui est important, à mes yeux. Vous savez, depuis la dissolution, il n'y a pas de majorité stable à l'Assemblée nationale. Heureusement qu'il y a le Sénat qui permet de rectifier un certain nombre de choses. Mais on est condamné à aller comme ça jusqu'à l'élection présidentielle. Et au-delà ? Donc, ce qui veut dire qu'il faut trouver des compromis. Parce que les compromis...
Et vous savez, je ne serais pas étonné, d'après tous les échanges que je peux avoir, que ce soit dans la région, que ce soit dans la région des Hauts-de-France, que ce soit aussi quand je rencontre des gens, par exemple, en faisant des séances de dédicaces de livres. Il me dit, c'est vraiment pas terrible, le budget. Mais quand même, il nous faut un budget. Et vous, là, entendez-vous, parce qu'il faut que le pays tourne. Et on a la chance...
Vous pouvez se faire à n'importe quel prix, alors ?
Non, ce n'est pas à n'importe quel prix. La réalité, c'est qu'on a quand même la chance d'avoir dans nos institutions ce que le général de Gaulle, ce que Michel Debray nous ont légué. C'est-à-dire des institutions solides, où on a prévu les différentes situations. Les ordonnances, une loi spéciale. Heureusement que nous n'avons pas des institutions en carton-pâtes. La colonne vertébrale de beaucoup de responsables politiques, elle est en caoutchouc. Mais heureusement que les institutions sont solides.
149-3, il fallait le conserver ?
Je pense que d'écarter le 49-3 était une erreur. Mais aujourd'hui, à partir du moment où un choix a été fait, je pense qu'on peut compter encore sur l'esprit de responsabilité de certains. Tiens, regardez chez Horizon. Édouard Philippe dit dans la semaine qu'il faut voter contre.
Ou s'abstenir.
Oui, c'était plutôt contre. Les députés, les députés Horizon, près du terrain, conscients aussi des responsabilités qui sont les leurs, n'ont pas voté contre ce budget.
Alors, pardon, on va rectifier la consigne d'Édouard Philippe, mardi dernier, c'était de ne pas voter pour. Donc, sous-entendu, voter contre ou s'abstenir. Quand on regarde les votes de vendredi, il n'y a que 4 députés Horizon qui ont voté pour, les autres se sont abstenus. Globalement, la consigne d'Édouard Philippe a été respectée.
Oui, écoutez, vous pouvez vous faire l'avocat d'Édouard Philippe. Pas du tout, c'est l'effet. Mais en tout cas, la réalité, c'est que cette semaine, on nous disait qu'il fallait que tout tombe. Non, il y a des députés qui ont su faire des choix responsables.
Édouard Philippe, il ne fait pas le choix de la cohérence ?
Je pense qu'il n'y a pas besoin d'être fin observateur. Il ne veut pas d'augmentation d'impôts,
il ne veut pas suspendre la réforme des retraites. C'est cohérent par rapport à ce qu'il dit depuis le début.
Je vais vous dire une chose. Il faut voir clair dans le jeu des uns et des autres. Moi, je veux aujourd'hui que personne n'avance masqué. Il faut dire les choses en cohérence et en vérité. Et la vérité, parce que je ne veux pas qu'au moment des élections, certains puissent se dire, ah ben, on ne savait pas. La logique aujourd'hui d'Édouard Philippe, on le voit bien, c'est clairement d'accélérer le calendrier électoral. Il a demandé le départ du président de la République, d'Emmanuel Macron. Après le budget. Ce qui, quand même, pour un ancien Premier ministre et quelqu'un qui voulait être candidat à la présidence de la République, ce n'est pas faire preuve de responsabilité.
Et comme il a vu que, bien évidemment, ça ne fonctionnait pas et qu'il était largement sanctionné par certains de ses soutiens et par d'autres, qu'il se dit maintenant, on va essayer de provoquer un clash à l'occasion du budget pour, derrière, avoir une dissolution, le renversement du gouvernement et, à nouveau, demander le départ du président. Je suis désolé, la responsabilité aujourd'hui, la cohérence, c'est de souhaiter que notre pays avance et qu'il n'y ait pas de bouleversements institutionnels. C'est aussi clair que ça. Est-ce qu'il n'a pas pu obtenir le moment dans la démission ? Il voulait l'obtenir en provoquant la chute du gouvernement sur ce budget.
Je ne suis pas à souhaiter, moi, la politique du bien.
D'accord. Mais restons sur le fond, quand même. Quand vous entendez le commissariat au plan, la Cour des comptes, le Conseil d'analyse économique dire qu'au fond, l'évolution démocratique fait que le système social n'est plus finançable, qu'on est sur-endetté. Est-ce que vous comprenez, vous, en tant qu'homme de droite, qu'au fond, le principal acquis de ce budget, ça va être de revenir sur la réforme des retraites, de geler le passage aux 64 ans ? Qu'est-ce que vous allez raconter à la présidentielle de 2027 à vos électeurs ?
Je vais proposer une toute autre réforme des retraites. Laquelle ? C'est un sujet sur lequel je travaille depuis bien longtemps. J'ai commencé en étant député, en étant rapporteur du texte de 2003 sur les retraites, qui n'était pas une réforme facile à faire. Pour la première fois, nous mettions sur un pied d'égalité, en termes de durée de cotisation, le public et le privé. Et je pense qu'il y a eu des manifestations importantes, mais elle a pu voir le jour pour deux raisons. Tout d'abord, une raison de méthode. Le politique n'a pas cherché à imposer tout seul. Il a cherché un vrai partenariat, et notamment à l'époque avec la CFDT, qui a été formidablement courageuse.
Ce n'était pas la première fois, ce n'est pas la dernière fois en 2003 que la CFDT se montre, en prenant des risques courageuses. Et donc, on parvient à un accord. Alors, parlons de l'avenir maintenant. Non, attendez, je ne l'ai pas terminé. On a une heure devant nous, là. C'est aussi pour ça que cette émission est intéressante. Pas que sur la réforme des retraites. Non, non, mais elle permet de développer. La deuxième raison, c'est qu'on demandait des efforts, mais il y avait de la justice. Ma boussole, c'est la justice. Parce que nous permettions à celles et ceux qui avaient commencé à travailler à 14 ans, à 15 ans et à 16 ans.
Et à l'époque, le gouvernement de Léonard Josselin avait dit, il nous demande des communistes. Non, nous, nous permettons que ça voie le jour. De la justice et une méthode, c'est ce qui fait le changement. Moi, je le dis, la réforme qui avait été présentée par Elisabeth Borne, qu'Elisabeth Borne elle-même a indiqué qu'il fallait la revoir, j'étais contre, et je l'ai dit, parce qu'il n'y avait pas cette justice. Donc moi, je suis en totale cohérence
pour dire qu'en 2020... De l'âge de départ à la retraite ?
Non, je viens de vous le dire. Moi, j'étais sur la durée de cotisation.
Mais c'est hypocrite, la durée de cotisation. On peut augmenter la durée de cotisation. Il faut forcément, si on veut avoir sa retraite à taux plein, partir plus tard dans l'âge.
Parce qu'elle est beaucoup plus juste, la durée de cotisation comme critère. Vous prenez quelqu'un qui ne fait pas forcément beaucoup d'études supérieures. Vous prenez notamment des employés ou des ouvriers qui commencent à travailler plus jeunes, même par exemple à 19 ans. Par exemple, 19 ans même, 43. 43 années de durée de cotisation, ça vous fait 62 ans. Le problème en France, c'est que quand on dit 64 ans, beaucoup qui ne connaissent pas bien le sujet disent « Regardez, en Allemagne, c'est 67 ans, et nous, en France, on râle pour 64. » Parce qu'en Allemagne, c'est 67 ans, mais vous pouvez partir avant, avec une décote.
En France, vous ne pouvez partir avant que dans des cas très particuliers, les carrières longues ou la pénibilité quand elle est reconnue. la véritable justice, pour ne pas pénaliser les ouvriers, les employés, la classe moyenne, les catégories populaires, ce qui sont au cœur de mon projet, c'est de prendre en compte la durée de cotisation et aussi autre chose.
Combien d'annuités, vous voulez ?
Il faudra progresser en fonction de l'espérance de vie, bien évidemment. On ne pourra pas rester à 43 ans. Il faudra augmenter. Mais il y a un autre facteur de justice.
Donc mécaniquement, vous êtes d'accord que ça décale l'âge de la retraite ?
En fonction de votre début de travail, d'entrer dans la vie active et avec la possibilité de pouvoir partir avant. Mais vous voulez qu'on évite les grands débats politiques où on va s'écharper sur la question ? Eh bien, on va confier aux partenaires sociaux le soin de gérer les retraites de base.
Mais vous croyez qu'ils en ont envie quand vous voyez l'état des divisions ?
Ils le font très bien
pour les retraites complémentaires.
Et là, ils ne sont pas demandeurs. Quand vous voyez la façon dont l'État gère depuis des années, je pense que les partenaires sociaux, il faut les responsabiliser. Il faut leur donner justement de nouveaux champs de compétences. Les retraites de base, je pense qu'ils sauront mieux faire et surtout, je vais vous dire pourquoi, qu'ils sauront inspirer confiance. Et le tout dernier point sur lequel j'insiste, les femmes. Pour beaucoup de femmes, l'âge de la retraite, ce n'est pas 64 ans. C'est 67 ans. L'âge auquel il n'y a plus de décote. Dès la réforme à l'époque qui avait été présentée, 2023, j'avais indiqué qu'il fallait que les femmes puissent partir plus tôt que 67 ans.
C'est une question de justice. On dit que la France est impossible à réformer. Ce n'est pas vrai. Ce que l'on oublie à chaque fois, c'est d'utiliser cette clé qu'est la justice. Savoir se mettre à la place des gens et ne pas oublier que ceux qui ont beaucoup de moyens réussiront toujours à s'organiser en matière de retraite. Et le dernier point sur lequel je veux insister, c'est la capitalisation. La capitalisation, l'épargne, de retraite existe pour beaucoup de Français, les fonctionnaires, les indépendants, la loi Madeleine.
Vous la défendez ?
Il faut la généraliser en commençant partiellement en plus de la répartition et pas à la place de la répartition. Vous avez là les bases d'une réforme qui, à mon avis, apportera plus de justice mais qui nous donnera aussi de l'efficacité pour garder ce pacte générationnel.
On a parlé donc longuement du budget de la sécurité sociale. Le gros morceau est encore à venir. Après ça, c'est le budget de l'État, le PLF comme on l'appelle. Lui, il est constitutionnellement obligatoire d'ici le 31 décembre. Est-ce que franchement, vous pensez qu'on peut avoir ce budget-là voté à l'Assemblée d'ici la fin de l'année ?
Oui, je pense que c'est possible. Comment ? Et encore une fois, vous avez une possibilité, c'est que si on ne réussit pas à s'entendre tout de suite, il y a des lois spéciales qui sont prévues qui permettent de ne pas avoir comme aux États-Unis le fameux shutdown. Et donc, en France, les médicaments seront remboursés, les fonctionnaires seront payés, on pourra continuer d'envoyer les enfants à l'école. Qui t'a passé par une loi spéciale rapidement ? Une loi spéciale, je voulais dire.
Vous préférez la loi spéciale ou le 49-3 ?
Écoutez, je préfère qu'il y ait un budget voté normalement. Je préfère ensuite qu'il y ait une loi spéciale plutôt que rien. Et de toute façon, il faudra y revenir en début d'année.
Il faudra bien un budget.
Pourquoi ? Parce que vous avez aussi un besoin d'augmenter nos dépenses de défense. Bien sûr. Vous savez qu'il y a normalement une marche importante qui a été une marche agrandie le 13 juillet dernier par le président de la République sur la loi de programmation militaire. Donc 6 milliards et demi en plus. Et nous ne pouvons pas avoir une année 2026 au cours de laquelle on n'aurait pas assez péché.
Mais vous pensez qu'en janvier, les députés seront plus matures qu'en décembre ?
Je ne fais jamais le pari du pire. Vous savez, il y a une très belle phrase d'Alain, le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté. Oui, je suis optimiste et je continuerai aussi à prôner le fait qu'il y a une vraie voie de passage. Avec un nouveau
Premier ministre, Xavier Bertrand ?
Et qu'attention, les Français regardent les politiques et aujourd'hui, ils sont exaspérés par la politique. Je pense qu'il faut faire attention à ne pas franchir toutes les limites en la matière et de bien prendre en compte que l'Assemblée Nationale, ce n'est pas en vase clos. Et encore une fois, arrêtons de mettre tous les députés dans le même sac. Il y a deux qui mènent le bal et qui veulent que tout s'arrête, que tout tombe. LFI et le Rassemblement National. Voilà la vérité. Donc, ne mettons pas tous les députés aujourd'hui dans le sac des extrêmes.
On le voit bien derrière toute cette stratégie budgétaire dont on vient de parler longuement, Xavier Bertrand. Tout le monde fait ses petits calculs aussi, peut-être vous également, en pensant à la prochaine élection présidentielle. Parlons-en, en commençant par une liste non exhaustive. Je vous la fais. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin, David Lysnard, Michel Barnier, François Bayrou, et vous, donc, Xavier Bertrand. Ça fait déjà neuf candidats possibles, si j'ai bien compté, plus ou moins déclarés, plus ou moins à droite et tous des hommes, au passage.
Est-ce que d'abord, vous êtes d'accord pour dire qu'à la fin, pour citer les grands auteurs, il n'en restera qu'un ?
C'est les Français qui le décideront. Comment ? Il y a une élection présidentielle pour ça. Donc, meuf, vous êtes, vous êtes, comme beaucoup, beaucoup avant vous, M. Denis, vous n'êtes pas aussi âgé que moi, mais à vouloir faire l'élection présidentielle avant l'élection présidentielle. On est à 15 mois de l'élection présidentielle.
Tout le monde y pense déjà,
vous le prenez. Moi, je l'assume. Oui, je m'y prépare. Moi, je ne me cache pas derrière. Moi, je n'avance pas masqué.
Ça se décide quand ?
Plus tard. Beaucoup plus tard. Quand ? À l'automne 2020.
Sans primaire. Est-ce que la droite et le centre, ils seront au deuxième tour ?
J'essaye de répondre à chacun d'entre vous séparément ou ensemble. Donc, quand ? Primaire ou pas ? Écoutez, déjà la primaire, alors moi, je vais vous dire, je ne suis peut-être pas très intelligent, mais alors, je n'y comprends rien. Je n'y comprends. Le groupe de travail. Il doit y en avoir une
ou il ne doit pas y en avoir ?
Attendez, le groupe de travail de LR, c'est pour désigner un candidat qui ensuite serait le candidat qui aurait le droit de participer à une autre grande primaire. Ce n'est pas clair encore. Je vous l'accorde. Merci de le reconnaître vous-même.
Mais il faut une primaire ou il n'en faut pas ?
Attendez, je vais essayer de vous répondre précisément aux uns et aux autres. Mais la primaire, donc, Laurent Wauquiez propose aujourd'hui cette primaire, c'est bien ça ? De Gérald Darmanin à Sarah Knaffot. D'accord. C'est lui qui était farouchement contre la primaire. Il avait même en fait une pétition d'élection. Oui, mais vous,
vous avez évolué aussi. Vous aussi, vous y avez participé. Maintenant,
vous n'en voulez plus. Chacun voit son intérêt.
Vous n'en vouliez pas et vous y avez participé.
Ça, je peux vous dire que celle-là, je m'en souviens bien. Celle-là, je m'en souviens bien de cette primaire fermée. Ma conviction, c'est que l'élection présidentielle, c'est une rencontre entre un homme, une femme et les Français. Et à l'époque, j'étais persuadé qu'il était possible de rassembler les calculs des uns et des autres. Vous les évoquiez tout à l'heure. Et puis en plus, une primaire fermée où il faut faire des cartes. Chacun dans une élection a des gens qui viennent faire des cartes. J'ai fini quatrième sur cinq. Du coup, je n'ai pas imaginé tout à fait la question des fausses cartes.
Une primaire ouverte ?
J'ai été naïf, ce qui est un des plus grands défauts en politique. Mais ça, j'ai appris. Ça, je peux vous le confirmer. Donc, Laurent Wauquiez était contre. Alors maintenant, il dit que c'est jusqu'à Madame Cnafaut. Et là, il y a M. Zemmour qui dit de quoi il se met le Wauquiez. Bon, ensuite, c'est pour quel type de projet ? Il y a quelque chose qui unit les uns et les autres dans tout cela ? Clairement, c'est pour faire quoi ? Donc moi, je vous le dis très clairement, qui parle de leur primaire ? Qui bosse sur la primaire ? Moi, en attendant, je travaille pour un projet pour rassembler les Français et remettre notre pays sur la bonne trajectoire qui redonne de la cohésion et de la fierté.
C'est pas clair. Moi, j'ai toujours pas compris comment on se départait. C'est vrai qu'elle n'est pas claire, cette primaire.
Ah oui, vous avez raison. Est-ce que vous y participerez ou pas ?
Je viens de vous dire une chose, là, clairement. Participer à une primaire avec les uns et les autres qui ne sont d'accord sur rien, mais qu'ils en parlent de leur primaire, qu'ils passent leur temps. Moi, je suis sur autre chose.
Et si ça va de Gabriel Attal à Bruno Retailleau ? Donc, pas avec Sarah Knafo et Éric Zemmour. Là, vous pourriez y réfléchir ? Vous avez encore beaucoup d'invités d'ici la fin de l'année.
Vous invitez Gabriel Attal, vous invitez Bruno Retailleau et vous leur posez la question.
Mais c'est pas un nom définitif. C'est ça que j'entends dans votre bouche, là. C'est pas un nom définitif. Ça dépend du périmètre de la primaire.
C'est ça que j'entends ? Vous voulez que je vous dise un truc ? On va échanger les sièges. Vous allez me dire ce que vous avez envie d'entendre. Non, non, c'est une question. Il y a un point d'interrogation à la fin de ma phrase. Je viens de vous dire très clairement, en ce qui me concerne, cette élection, c'est une rencontre avec les Français. Et le meilleur processus que leur truc invraisemblable, que leur process bidon, ça s'appelle une élection présidentielle.
Ça veut dire qu'il n'y aura peut-être pas de candidats de la droite et du centre au second tour. C'est un risque que vous prenez.
Oui, je vais vous dire une chose. En 2015, aux élections régionales, il ne devait pas y avoir de candidats de la droite républicaine au second tour parce que la région a toujours été gérée, Nord-Pas-de-Calais, par la gauche. Et Mme Le Pen était triomphante et largement en tête dans les sondages. Ça ne s'est pas passé comme ça au final. Vous savez pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les candidats qui décident, c'est les Français qui décident. Et sur tous ces sujets-là, depuis le début de la Ve République, les Français ne se sont jamais trompés sur le choix de leur président de la République. Ils mettent en tête
largement le Rassemblement National dans tous les sondages aujourd'hui.
Oui, il y a 36%, c'est ça ?
36, 37.
Mme Le Pen est arrivée à 42% au premier tour de l'élection régionale. Elle ne l'a pas emportée pour des raisons aussi singulières à l'époque. C'est que les électeurs de gauche ont suivi les responsables politiques de gauche qui se sont retirés. Ils étaient arrivés troisième. Ce n'est pas qu'ils m'aimaient, mais ils détestaient l'idée que notre région soit dirigée par l'extrême droite. Le Rassemblement National n'a pas gagné l'élection présidentielle. Mais par contre, il y a un défaitisme qui est ravageur. Il y a beaucoup de responsables politiques aujourd'hui qui ont renoncé à se battre, qui se disent « Circuler, il n'y a rien à voir, ils vont gagner ». Non, non.
Ils ne gagneront que sur les faiblesses des uns et des autres. Ils ne gagneront que sur l'incapacité à se parler, à trouver des compromis, notamment sur le budget et sur notre incapacité à marquer clairement qui nous sommes.
Restons quand même. Si vous dites « Moi, je ne veux pas aller sur une primaire », donc ça va être les sondages qui vont départager. Vous voyez, les sondages, ils sont très variables d'une saison à l'autre. À quel moment on arrête les compteurs et à quel moment vous vous dites « Si, Xavier Bertrand, il a sa chance ».
Ce n'est pas les sondages qui jouent, c'est les Français qui ont envie de dire… C'est ce que vous écrivez dans votre livre, les sondages. Pardon. Je vais vous répondre. Allez-y. Quelle impatience. Quelle impatience. Il faut qu'on avance. Ce sont les sondages qui diront qui les Français veulent voir sur la ligne de départ. Très clairement. Il n'y aura pas neuf candidats. Très clairement. Parce que la vraie question, c'est qui a envie de se battre et qui a un projet et qui est capable de battre le Rassemblement national parce que c'est eux qui seront au second tour ? Qui évitera le duel ? Jean-Luc Mélenchon, Jordan Bardella.
Et qui en étant élu sera effectivement capable parce qu'il faudra amener une politique difficile d'avoir la justice pour éviter une nouvelle crise comme celle que nous avons connue avec les Gilets jaunes ? Mais les chiffres sont clairs,
Xavier Bertrand. 5,5% pour vous dans les sondages, 37% pour Jordan Bardella.
Vous me réinvitez quand alors ? On va en reparler. Vous savez, j'ai déjà entendu ça à différentes reprises. je n'ai pas besoin de vous refaire Arlette Chabot et Jacques Chirac. D'accord ? Parce qu'effectivement, si on n'écoutait que les sondages et les commentateurs, il n'y a plus la place pour la politique, c'est-à-dire convaincre. Voilà. Et on oublie que le véritable arbitre, ce sont les Français.
Ce que dit Brigitte, c'est est-ce que vous sentez, vous, sur le terrain, une vague en faveur du Rassemblement national ? Au fond, ce que traduisent les sondages. Ils sont très, très en avant et comment est-ce qu'on combat cette vague si elle existe ?
Tout simplement, je voulais... Vous la sentez d'abord ou pas ? Attendez, vous me dites ça à moi qui suis dans la région des Hauts-de-France aux premiers postes, aux avant-postes pour les combattre. Mais bien sûr que je sais. Vous avez fait ce qu'il est d'ailleurs. Parce que très clairement, je vois bien, c'est l'exaspération, c'est la colère et c'est la façon dont ce noyau dur se sert des colères pour essayer de rassembler un électorat plus large. Parce que, regardez aujourd'hui, dès qu'il y a une difficulté, le Rassemblement national fait juste attention à parborer un grand souvenir, un grand sourire. C'est ça leur problème. D'ailleurs, regardez leurs propositions.
Elles ne viennent jamais le premier jour quand il y a un sujet. Ils attendent deux à trois jours d'avoir des sondages. Pensez par soi-même. C'est une responsabilité en politique. Écoutez les Français, mais proposez par soi-même. Aujourd'hui, vous ne savez pas exactement quelle est leur ligne parce qu'ils attendent de savoir dans quel sens valent le vent. Mais est-ce que les Français,
ils n'ont pas envie d'essayer le RN ?
Je ne crois pas. Je ne le crois vraiment pas. Et encore une fois, excusez-moi, mais en politique, on dit qu'il y a les diseux et les faiseux. Je vais parler aussi de l'expérience qui est la mienne dans ma région. Je vous ai dit en 2015 comment j'avais été élu grâce au retrait de la gauche. En 2021, l'histoire n'était plus du tout la même. En 2021, tout le monde était contre moi. Mme Le Pen n'est pas revenue. Elle a envoyé son porte-parole, M. Chenu. La gauche était totalement unie et M. Macron avait envoyé cinq ministres pour essayer de me faire mettre un genou à terre parce qu'il y avait la présence derrière. J'ai fait reculer avec mes amis le Rassemblement National de 16 points, madame.
16 points. Il n'y a jamais un endroit où il a tant reculé. Pourquoi ? Les gens ne sont pas devenus amoureux de moi mais ils reconnaissent que je me batte et qu'il y a des résultats et c'est ce que les Français attendent. Ils veulent que ça aille mieux en matière de sécurité, de maîtrise de l'immigration. La classe moyenne veut retrouver espoir. Ceux qui travaillent ne veulent pas que la fin du mois ce soit le 15 du mois et on veut avoir ces liens entre nous que sont la santé, l'école. Sur tous ces sujets-là, ils veulent des résultats et ils veulent également avoir un projet fort, pas de l'eau tiède. Ce n'est pas si compliqué que ça d'entendre les Français.
Par rapport à il y a 5 ans, toute une partie du patronat qui est en train maintenant de passer du côté du Rassemblement National, de Bardella, en se disant Bardella, ça sera Mélanie, on va en faire ce qu'on veut. Vous ne sentez pas ça ?
Mme Mélanie, c'est celle qui avait dit qu'il n'y aurait pas d'immigration en Italie et qui, je crois, ce sont plusieurs centaines de milliers d'immigrés qui sont venus en Italie, notamment pour des besoins économiques. C'est bien elle dont on vous parlait. Très intéressant de voir justement ce qui est dit avant et ce qui est fait après. On n'a pas besoin de craindre l'étranger, de ce qui se passe à l'étranger ou effectivement de chercher des références.
On est en France, il y a nombreux exemples où nous pouvons très clairement montrer ce que nous sommes capables de faire nous, droite républicaine, cette droite sociale, à la fois de rassembler et de proposer un projet qui redonne de la confiance et de l'espoir. Oui, c'est possible. Autrement, je ne m'engagerais pas. Autrement, je ne serais pas là ce matin pour vous expliquer mes convictions. Autrement, ça fait des années que j'aurais baissé les bras et que j'aurais renoncé. Mais vous dites que les sujets forcés et la sécurité, c'est l'immigration.
Vous dites que les sujets forcés et la sécurité, c'est l'immigration, c'est le pouvoir d'achat. C'est exactement les idées qui sont mises en avant par le RN depuis toujours. Est-ce qu'ils n'ont pas gagné la bataille des idées ?
Sérieuse, quand vous me dites ça là ? Ils ont gagné quelle bataille des idées ? Ils ont gagné quelle grande élection ? Parce que même aux différentes échéances, ce sont eux qui ont refusé les mesures, le RN pour faire reculer la cistana. Il faut un contrat dans notre pays, un contrat social, un contrat politique, un contrat sociétal, c'est-à-dire des droits et des devoirs. Ce sont les seuls qui disent à chacun ce qu'ils ont envie d'entendre. Les seuls. Ce n'est pas comme ça que vous faites la politique. Et je vous le dis, plus on approchera de l'élection, plus les masques tomberont. Et encore une fois, les Français jugeront en toute connaissance de cause.
Ils regarderont au fur et à mesure à qui ils confieront la responsabilité du pays pour les 5 ans qui s'ouvront. Ça veut donc dire gérer un pays de 68 millions d'hommes et de femmes et on regardera aussi autre chose, l'expérience, la solidité et le sang-froid. Et je voulais vous dire une chose.
C'est la Jordan Bardella, là.
Bien sûr.
Oui, mais c'est un atout pour le moment. C'est un problème qu'il ait 32 ans en 2027, Jordan Bardella ?
Son âge, c'est un problème pour moi ? Ça dépend de ce que vous voulez faire. Si vous voulez exercer des responsabilités dans une entreprise, parfois même dans une collectivité locale.
Gabriel Attal a été Premier ministre à 34 ans.
Mais Président de la République, ce n'est pas tout à fait la même chose. Emmanuel Macron, 40 ans. Oui, d'accord. Et vous n'allez pas comparer non plus Emmanuel Macron à Jordan Bardella. Et je peux d'autant plus le dire. Si j'en crois les sondages, c'est un scénario possible. Moi, je vais vous dire une chose. Vous n'allez pas le comparer. Moi, un gros avantage, c'est que mon bilan, il est à la tête de la région et mon bilan n'est pas macroniste. À la différence de beaucoup ou quasiment de tous que vous avez cités tout à l'heure. D'accord ? Vous avez failli devenir son Premier ministre l'été 2024. Eh bien, on va se poser.
C'était en appelant un opposant pour mener une politique différente en matière d'autorité, en matière de pouvoir d'achat pour les classes moyennes et en matière de services publics. Il le savait. Et au final, très clairement, c'est parce que Mme Le Pen a dit si c'est Bertrand, on censurera tout de suite qu'il n'a pas pris ce risque.
C'est sa responsabilité. Vous ne serez pas Premier ministre d'Emmanuel Macron l'an prochain.
Ah oui, ça je peux vous dire. Et quand je suis venu ici chez vous ce matin, ce n'était pas avec un CV dans la poche pour dire je suis candidat à quoi que ce soit. Vous savez clairement à quelle échéance aujourd'hui je me prépare en continuant à gérer avec passion et région.
Et sa jeunesse, est-ce que ce n'est quand même pas un atout au moment où les Français se disent on veut tourner la page, on en aura le bol ?
Mais M. Nelly n'était pas là-dessus. C'est que vous comparez quelqu'un qui aura été M. Macron avant, ministre de l'économie et des finances qui a fait différentes réformes qui était secrétaire général de l'Elysée avant. J'ai effectivement dit parce que beaucoup pensent comme moi mais personne n'osait le dire. Vous pensez bien le Rassemblement National est à 36%. Si c'est eux qui gagnent, il ne faut pas avoir de parole définitive. Moi, je n'ai pas peur de dire ce que je pense. Et donc, à 30 ans, vous pouvez avoir le dynamisme, vous pouvez avoir une envie pas possible mais vous n'avez pas la même expérience. Je n'ai pas la même expérience à 60 ans qu'à 30 ans. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Tous les responsables du Rassemblement National, le petit doigt sur la couture du pantalon, Bertrand c'est un nul. Il est là depuis 30 ans. de la République jusqu'à preuve du contraire. Mais il n'y en a pas un qui a trouvé les arguments pour défendre M. Bardin. Vous avez vu M. Tanguy l'autre jour ? Qui était dans l'audiovisuel public là ? Mais comment il a ramé le pauvre pour essayer de trouver des arguments qu'il n'a pas trouvés ? Ils sont tous d'accord pour me tomber dessus mais il n'y en a pas un pour dire non, non, il a l'expérience. Même Mme Le Pen, elle me tape dessus, je la connais, mais elle n'a pas trouvé un seul argument pour dire si, si, il saurait gérer.
Il y a un député européen ici qui a trouvé pour arrêter de dire que M. Bardella il n'a pas d'expérience et il a eu des jobs d'été quand même. Non mais ils sont sérieux. On parle de la présidence de la République, on parle de diriger un pays comme le nôtre, je suis désolé, l'expérience, ça compte et vous verrez que plus on approchera de l'élection, plus vous parlez notamment des entrepreneurs, on se pose vraiment la question de savoir si celui qui est capable de tenir la barre, en cas de tempête, il est solide ou pas. Prenons un peu de champ Xavier Bertrand avant de passer au portrait
de Brigitte. Si je vous demande, tiens, quel est à vos yeux le problème numéro un en France aujourd'hui ? Vous me répondez quoi ? Le problème numéro un ? Oui, quand on a intérêt des Français.
Pour moi, c'est le défaitisme.
Attendez, attendez. Non mais c'est intéressant parce que je vous pose cette question parce que le CEVIPOF, le centre d'études de la vie politique de Sciences Po, tous les cinq ans, mène une étude et vous savez, ce n'est pas l'immigration, ce n'est pas le pouvoir d'achat, ce n'est pas le défaitisme. Il dit, c'est vous, les politiques, la vie politique. Est-ce que vous les comprenez les Français quand ils répondent ça à plus de 30% ?
Oui, je les comprends et oui, je veux vous répondre plus en détail. Oui, je les comprends et Françoise Fresseuse me le disait tout à l'heure. Évidemment que j'entends que je vois tout ça, les Français sont exaspérés, écoeurés et ils mettent aujourd'hui dans le même sac le maire élu local qui se bat dans une commune pour essayer d'être le plus efficace possible pour ses concitoyens et les députés des extrêmes qui ne souhaitent qu'à faire tomber le gouvernement et provoquer une crise. Vous avez une part de responsabilité dans ce sujet ? Tout le monde est mis dans le même sac. Maintenant, je vais vous dire pourquoi je vous dis le défaitisme.
C'est parce que je pense que les Français sentent qu'il y a beaucoup de responsables politiques qui ne se battent plus, qui sont fatigués ou qui n'y croient plus. Ils n'y croient plus parce qu'ils pensent que c'est l'Europe, la finance, l'économie, la technostructure, le juridisme qui empêchent de faire. Non, la politique elle ne se délègue pas, elle ne se partage pas et il faut assumer ses responsabilités que ce soit l'Europe, que ce soit dans les ministères et quand vous avez le sentiment que vos responsables se battent, vous leur faites confiance. Mais je ne suis absolument pas surpris par ce que vous venez de me dire.
Il y a le défaitisme qui consiste à se dire le Rassemblement National a gagné. Non. L'élection préhentielle ça sera Mélenchon, Bardella, non. Que la France est un pays condamné à être en deuxième division, absolument pas. Que nous sommes condamnés à vivre face à face comme le disait à l'époque M. Collomb, non, ce n'est pas une fatalité. La seule chose c'est encore une fois est-ce qu'on prend la mesure des difficultés et est-ce qu'on a le courage de faire ? Maintenant, on ne m'empêchera pas de penser qu'au-delà de l'insécurité, notre problème c'est le rapport au travail et c'est la question du niveau de vie de nos concitoyens.
on s'étonne des chiffres de la natalité c'est déjà dur à deux et donc pour faire des enfants qui est la plus belle chose qui soit se dire qu'on ne sait pas comment on va faire ça joue et puis autre chose quand les classes moyennes aujourd'hui se disent que leurs enfants vivront moins bien qu'eux il ne faut pas s'étonner que le désespoir soit partout et moi je me bats pour redonner de l'espoir.
Vous êtes l'invité de questions politiques Xavier Bertrand et on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui. Et celle qui dévoile nos invités c'est Brigitte Boucher ou notre spécialiste des biographies et des archives Brigitte.
Ici nous avons desserré nous avons desserré pour les briser les mâchoires du Front National leur démagogie leur proposition stérile leur intolérance tout ce qui divise et tout ce qu'est le Front National.
Nous sommes là au premier tour des élections régionales de 2021 le RN fait moitié moins qu'en 2015 où Marine Le Pen avait totalisé 40% des suffrages. Vous avez réussi donc votre pari et vous avez fait de la lutte contre le RN votre ADN politique dans une région où la tentation de l'extrême droite on en parlait tout à l'heure est forte.
Alors en 4 minutes on ne peut pas vraiment résumer votre parcours politique vous avez été ministre de la Santé et du Travail sous Jacques Chirac et sous Nicolas Sarkozy vous êtes aussi un des premiers opposants à Emmanuel Macron depuis 2017 et vous allez donc retenter votre chance pour la présidentielle on l'a bien compris en 2027 issue d'un milieu ouvrier modeste vous répétez à l'envie que vous n'avez fait ni science poninella mais que vous avez gravi les échelons grâce au travail au mérite des valeurs de gaullistes sociales que vous revendiquez dans votre livre moqué en petit assureur de province vous croyez en votre destin pour changer l'avenir de la France car rien n'est jamais écrit c'est le titre d'ailleurs de votre livre est-ce qu'il y a une forme de revanche chez vous Xavier Bertrand ?
absolument pas on m'a souvent posé la question ça n'a forgé chez moi aucune volonté de revanche aucun esprit de revanche
forme de résilience peut-être ?
oui peut-être de résilience et puis je me suis fait à cette idée je dis souvent que le mépris de certains est un manteau qui m'a tenu chaud l'hiver ça tombe bien les hivers sont rudes dans les Hauts-de-France
comme vous Gérald Darmanin met en avant ses origines modestes c'est ce qui vous a rapproché tous les deux il était votre directeur de campagne en 2015 est-ce que vous diriez que c'est un ami si tant est qu'on peut avoir des amis en politique ?
oui si tant est qu'on peut avoir des amis en politique oui tout à fait c'est que ça peut être un concurrent
amis dans la vie adversaires à la ville
les français décideront ne vous inquiétez pas
dès 2013 vous dévoilez vos intentions pour la primaire vous qui êtes entré à l'âge de 16 ans en politique vous y pensez depuis combien de temps à la présidentielle ?
je l'explique dans le livre c'est au moment des grandes crises de 2008 je vois dans la table qu'il y a un bureau à côté du bureau de Nicolas Sarkozy je vois les décisions qu'il prend je vois la force du discours de Toulon le fait qu'il intervienne au bon moment et je me dis si c'est pas lui qui prendrait ce type de décision et c'est à ce moment là que vient cette idée parce que j'ai eu à faire des réformes importantes j'ai parlé de 2003 j'étais rapporteur il y a l'interdiction de fumer dans les lieux publics pas si facile à faire que cela notamment Nicolas Sarkozy il n'est pas très favorable Jacques Chirac est à fond pour Chirac non plus ah si à Chirac
Chirac il dit vous allez nous remettre dans la rue non mais c'est au lendemain
du CPE il me dit tu vas nous remettre des millions de français dans la rue je lui dis mais là c'est pour leur bien c'est pour fumer dehors et ne pas gêner nos fumeurs non parce qu'il m'explique lui qui a été fumeur que c'est un combat essentiel et que j'ai raison de le faire il y a eu le service minimum dans les transports c'est ça qui me plaît dans la politique vous voyez il y a une différence par rapport à beaucoup de responsables que j'ai observé beaucoup sont obsédés par la conquête du pouvoir gagner moi c'est l'exercice des responsabilités c'est à dire de transformer les choses et de pouvoir améliorer la vie de nos concitoyens je continue à penser que la politique est là pour améliorer la vie des gens et pour permettre à notre pays d'aller mieux c'est ça qui me plaît dans la politique
vous avez été maire de Saint-Quentin dans l'Aisne à l'époque vous aviez dit que vous ne célébreriez pas de mariage homosexuel sauf si aucun adjoint n'acceptait vous en parlez dans votre livre vous avez changé d'avis
oui parce que l'erreur que je fais à l'époque bon déjà cette erreur est due au fait qu'un regret la droite républicaine ne comprend pas qu'il faut faire évoluer le paxe et que le mariage est la reconnaissance de l'amour avant tout c'est pas l'un des plus beaux mots de la langue française c'est l'une des plus belles choses
à l'époque vous ne reconnaissiez pas ça non plus
non tout à fait parce que je pensais qu'il fallait faire évoluer le paxe on ne l'avait pas fait et je pensais qu'on pouvait encore faire évoluer le paxe la société ne pouvait plus rester dans une logique où cet amour entre deux personnes du même siècle était nié était refusé et je célébrerais un mariage c'est celui d'un ami qui est l'un de mes collègues au conseil municipal et je m'en explique ce jour-là en disant que je n'ai pas vu ça et que c'était une erreur
mais à coup le pas si vous n'aviez pas fait de la politique vous avez été assureur mais vous auriez fait quoi ?
avocat ou journaliste
ah journaliste
avocat ou journaliste j'avais d'ailleurs à l'époque déjà je suis allé rechercher un dossier au CFJ centre de formation des journées c'était rue du Louvre rue du Louvre à l'époque et puis le sénateur avec qui je travaillais ensuite me fait une proposition dans la semaine qui a suivi donc je n'ai jamais rempli le dossier vous avez une certaine indulgence
pour notre métier
c'est l'avocat c'est de c'est de défendre c'est de défendre des causes c'est de plaider et c'est ça aussi qui me plaisait beaucoup
Xavier Bertrand nous avons demandé de venir avec un sujet sur lequel vous voulez braquer les projecteurs sur lequel on vous entend un peu moins c'est votre gros plan votre carte blanche vous avez choisi de nous parler de quoi alors aujourd'hui ?
de culture et j'en parle j'en parle souvent parce que j'ai eu la chance d'être élu à la tête d'une région où la culture n'était pas une page blanche Martine Aubry à Lille en faisant de Lille capitale de la culture les efforts conjugués à la fois de Daniel Percheron et Jacques Chirac ils ont permis d'avoir le Louvre-Lens et je crois que la culture est un combat essentiel dans notre société essentiel pourquoi ? parce que c'est ce qui permet de s'ouvrir c'est ce qui permet de faire recoller l'ignorance c'est ce qui permet aussi de se construire c'est ce qui permet de grandir la culture sous toutes ses formes
c'est aussi par opposition au RN ?
non non c'est déjà à titre personnel déjà la première des choses vous savez faire barrage c'est pas un projet faire barrage au extrême n'est pas un projet ce qui est important c'est le projet que vous portez et ce que je porterai notamment pour 2027 c'est l'idée que la culture doit rentrer dans le socle éducatif français c'est pas à l'école que ce soit une option avec plus ou moins d'heures c'est que ce soit au coeur du projet éducatif ça veut dire très clairement que l'on construit notre système éducatif avec la culture et autour de la culture regardez notamment la question de la lecture la lecture je vais proposer en cette année 2026 une feuille de route une ambition pour la lecture dans notre région et c'est Laurence Angèle qui est l'ancienne présidente de la BNF qui m'a apporté sa contribution pour qu'on fasse quelque chose de très novateur développer la lecture on ne peut pas laisser comme le dit notamment la politologue Chloé Morin ne pas tenir compte de l'intégrité cognitive de nos enfants s'il n'y a pas d'alternative vous voulez qu'il y ait moins d'écran pour les enfants alors il faut de la lecture et je fais aussi un appel aujourd'hui ici c'est que le budget de la culture il est malmené comme tous les budgets Rachida Dati se bat comme une lionne pour ce budget mais il faut que le Premier ministre entende également qu'on ne peut pas avoir des états généraux de la lecture qui ont rassemblé autant de monde qui étaient autant prometteurs et d'avoir des crédits pour la lecture qui en 2026 seraient en tel recul il faut que le Premier ministre se batte également pour imposer que la lecture ne soit pas une variable d'ajustement au moment où on a besoin notamment de ne pas laisser le monopole des loisirs et autres aux écrans aux algorithmes et aux plateformes c'est un moment où ça se joue je le fais dans ma région je continuerai à me battre pour la culture et vous voyez on renonce à la culture on acceptera une forme de soumission on se bat pour la culture c'est qu'on pense que la liberté a toujours sa place dans notre société
en parlant de culture Xavier Bertrand vous avez vu ce sondage dans la tribune dimanche ce matin 69% des français disent avoir une bonne image de la télévision et de la radio publique au moment où une commission d'enquête parlementaire examine en quelque sorte le fonctionnement de ces médias dont France Inter et France Info comment vous interprétez ce sondage 69% de soutien
vous êtes surpris vous pas moi pas moi mais évidemment que les français sont attachés à l'audiovisuel public alors c'est toujours compliqué de le dire sur une des antennes de l'audiovisuel public mais pourquoi parce que pour les français c'est aussi la garantie du pluralisme d'ailleurs tous ceux qui veulent la peau de l'audiovisuel public qu'est-ce qu'ils veulent il y en a beaucoup bah tiens allez monsieur Ciotti madame Le Pen monsieur Bardella pourquoi parce que c'est le pluralisme qui leur pose problème le public la partie le service public de l'audiovisuel bien sûr qu'il y a des réformes qui sont amenées bien sûr qu'il y a des évolutions qui sont à conduire mais vous vous perdez cela vous perdez aussi cette liberté de choix et ceux qui disent bah oui mais de toute façon on n'a pas besoin bah eux qui sont très attachés sur cette question là comme la culture à tout remettre en cause vous avez entendu ce qu'a dit monsieur Chenus sur les films à financer par le centre national du cinéma donc les films populaires ça va les films d'auteurs ça va pas moi je vais vous dire la culture ça rimera jamais avec censure c'est aussi pour ça que je combats les extrêmes attendez je finis juste là dessus bah dans ces cas là si on prend le succès public bah il y a un problème là pour le pour monsieur Ciotti pour monsieur Bardella c'est qu'il y a des auditeurs qui regardent il y a des il y a des téléspectateurs donc leur raisonnement ne tient pas ce qu'ils veulent en affaiblissant l'audiovisuel public c'est cassé le plural je suis philosophiquement fondamentalement au fond de mes tripes attaché à la liberté de choix et cette liberté de choix repose dans des pays comme le nôtre sur l'audiovisuel public aussi
allez on avance comme chaque semaine Françoise Fresseau interroge une question qui sera au coeur du débat public et de la présidentielle dans un an et demi ce matin Françoise c'est la question de la décentralisation
oui elle revient vraiment à la mode et vous vous avez été depuis très longtemps un des adeptes de ce que vous appelez la république des territoires mais je voudrais savoir en quoi la décentralisation serait la bonne réponse à la crise actuelle quand on voit comment ont évolué les lois de 1982 les lois raffarin c'est à dire enchevêtrement des compétences personne n'y comprend rien chacun se renvoie à la responsabilité qu'est-ce qui pourrait faire que tout d'un coup il y ait une clarification et que ça devienne la bonne recette
je vais vous dire pour ne pas parler de moi seulement que Sébastien Lecornu dès le début de l'année prenne à bras le corps ce sujet pas pour faire une énième loi de décentralisation mais pour entendre le projet que porte Jean-Louis Borloo et que je porte c'est un changement en profondeur c'est pas une comme on dit chez moi c'est pas une toute loi de décentralisation où telle ou telle association d'élus va y trouver son compte le constat est le suivant la France est un pays formidable mais beaucoup trop centralisé c'est à Paris qu'on a le trousseau avec toutes les clés de toutes les politiques ce que je souhaite c'est que Paris garde sur ce trousseau les clés du régalien la sécurité la justice la maîtrise de l'immigration la défense sur la santé que l'on soit sûr que l'on soit remboursé de la même façon à Lille ou à Marseille ou au coeur du Cantal que sur l'éducation il y ait une part de programmes nationaux et qu'ensuite on laisse de l'autonomie à qui ?
une partie des clés je l'ai dit tout à l'heure aux partenaires sociaux une autre partie des clés pour l'état et les élus dans les régions dans les provinces parce que dans ces cas-là François Spresso on fait confiance alors je vais vous donner un exemple pour simplifier
vous m'avez dit en sommetrement je vous répondrai à ça ce que j'ai observé c'est souvent un jeu de défauts où au fond les élus locaux disent on n'a pas l'argent c'est à cause de l'état où personne ne prend ses responsabilités on voit aussi par exemple sur la question économique vous vous êtes très bien placé pour le savoir sur votre région sur par exemple les batteries électriques il y a un enjeu vous avez créé des gigafactories mais on voit aussi que la Chine est absolument dominante sur ce marché et qu'il faut faire l'épreuve de force avec la Chine est-ce que vous président de région vous seriez plus efficace qu'un président de la république qui essaye d'aller en Chine et qui dit il faut faire des droits de douane au niveau européen
c'est ce que je viens de vous dire l'état garde une partie des responsabilités mais pour tout ce qui va concerner notamment la vie quotidienne ou la mise en oeuvre c'est clairement dans les territoires dans les régions dans les communes le logement les transports les territoires sans l'état ça n'existe pas vous avez raison il peut y avoir une alliance des régions pour l'industrie l'industrie automobile ce que je m'emploie à faire pour l'acier mais au bout d'un moment les négociations internationales la géopolitique ça se traite je vous l'ai dit tout à l'heure la défense la diplomatie mais pour le reste regardez moi je propose effectivement d'aller beaucoup plus loin que les propositions qui sont sur la table communes intercommunalités communauté de communes communauté d'agglomération métropole c'est le même élu déjà c'est l'élu de la mairie qui siège dans l'intercommunalité je propose que ce soit la même chose département et région
Nicolas Sarkozy avait déjà fait ça le conseiller territorial
non on l'a pas fait ça n'a jamais vu le jour mais je veux aller jusqu'au bout plutôt que de dire alors il faut garder le département il faut garder la région ce sera le même élu un exemple d'efficacité les départements gèrent le RSA et on sait qu'aujourd'hui l'un des enjeux c'est de ramener à l'emploi les régions gèrent la formation des demandeurs d'emploi imaginez le même élu et donc la même structure vous aurez un retour à l'emploi beaucoup plus efficace vous avez une cité scolaire un collège un lycée il faut rénover la cité scolaire mon dieu bon courage pour harmoniser les agendas si c'est le même élu ça sera beaucoup plus simple beaucoup plus facile et vous aurez en plus à terme tiens pour les cantines pas deux cantines approvisionnées différemment pour le collège et pour le lycée la même c'est de l'efficacité et donc pour notamment l'industrie on aurait la possibilité on le fait déjà aujourd'hui beaucoup dans la région des Hauts-de-France on pourrait aller plus vite parce que les préfets pourraient aussi avoir la possibilité d'adapter les textes nationaux pour pouvoir être plus efficaces dans ma région on a réussi à diviser à peu près par deux le délai d'installation des usines on pourrait aller beaucoup plus loin si on confiait les clés à l'État dans les territoires et plus à Paris et clairement sur le terrain c'est de l'efficacité que je cherche
tout ce que vous décrivez c'est très positif mais est-ce que ça repose pas au fond aussi sur la personnalité des élus locaux autrement dit vous avez des très bons élus locaux qui vont développer leur territoire puis d'autres qui le seront beaucoup moins et est-ce qu'on n'a pas aujourd'hui une crise du personnel politique
c'est les français qui choisissent ça s'appelle la démocratie ça s'appelle la politique si les gens sont bons peut-être ils seront gardés s'ils sont nuls ils ne seront pas gardés et puis ce que je propose également vous l'avez vu c'est une sorte d'alliage les préfets qui connaissent bien la réalité du terrain avec les élus sans oublier le monde économique et social ce qui est important vous voyez on en a peu parlé tout à l'heure aujourd'hui ce ne sont pas les politiques qui créent les emplois ce sont les entrepreneurs et pas seulement les grandes entreprises y compris les commerçants les artisans les professions libérales les TPE les PME il nous faut ceux qui créent de la richesse il faut arrêter de les entraver et je vais me battre dès le début de l'année pour que une fois les budgets adoptés nous n'ayons pas le statu quo pendant un an je veux que la France aille de l'avant avant la présidentielle
je ne fais pas
partie de ceux qui disent moi j'ai des idées je les garde pour 27 vous souffrez d'ici là vous n'aurez pas mes idées je mettrai mes idées dans le débat dès 2026 de façon à ce que notre pays aille de l'avant c'est aussi une façon en obtenant des résultats si les français vont bien vont mieux de ne pas voir effectivement le scénario du pire se produire mais il faut se battre pour ça
c'est la fin de l'émission il reste 2 minutes c'est la tradition on finit avec un vrai ou faux vous êtes prêt ? vous vous appelez régulièrement avec Emmanuel Macron vrai ou faux ? Bruno Retailleau ne peut pas rassembler la droite vrai ou faux ? c'est vrai il ne peut pas rassembler la droite vous en êtes persuadé c'est le président de votre parti il se prépare pour la présidence
vous m'avez demandé vrai ou faux je vais vous répondre je peux vous demander vous avez 2 minutes en plus
Edouard Philippe ferait un bon président de la république faux Gérald Darmanin faux pour l'instant c'est un bon ami faux pour l'instant vous voulez vrai ou faux ? Robert Badinter sur un tout autre sujet a eu tort d'abolir la peine de mort en 1981
n'importe quoi c'est des grandes lois dont on peut être fier pardon
en 2016 sur l'antenne de BFMTV vous disiez que si vous aviez été député en 1981 vous n'auriez pas voté ce texte là
alors on va s'expliquer là dessus je le dis certainement qu'à l'époque j'étais comme beaucoup de français contre et je pense que contre cette abolition Edouard et Badinter a eu raison donc vous avez changé d'avis comme sur le mariage homosexuel ouais mais enfin vous savez sur des sujets comme ça c'est aussi au moment où vous êtes en situation que vous devez tenir compte de ce qu'est l'intérêt du pays et ils ont eu raison de le faire il faut supprimer
les feux rouges et les trottoirs comme le préconise Louis Sarkozy faux le RC Lens dernière question allez le RC Lens ça a beau être en tête de la Ligue 1 votre club de coeur c'est le PSG
non c'est pas vrai
ah vous l'écrivez dans votre livre page 226 le PSG bon je suis fan
la région est même devenue avec d'autres actionnaires du club de Lens et vous n'oubliez pas les docs de Lille s'il vous plaît quatrième on est au pied du podium mais le PSG c'est le club de coeur c'est une belle saison non puis j'oublie pas aussi et j'aime le foot dites le dites le ce qu'il y a dans le livre les verts je me suis construit j'ai grandi comme cela et puis d'autre part Marseille à jamais premier c'est grâce à l'OM de Tapie et Deschamps à l'époque
et bah ce sera le mot de la fin de cette émission merci Xavier Bertrand d'y avoir participé
et pour vous je n'ai pas joué au foot ce matin d'accord parce que c'est tous les dimanches matin
tous les dimanches je crois le 55 c'est ça c'est ça c'est ça au foot sale merci à vous donc Xavier Bertrand merci aussi à ceux qui m'ont aidé à préparer cette émission je ne peux pas tous les citer Fabienne Lemoyle Alexandre Gillardi Amori Bochet merci aussi à vous bien sûr Brigitte Boucher Françoise Fressoz auditeur téléspectateur je vous souhaite un bon dimanche et vive la politique
Xavier Bertrand