Bourdin Direct du 09 juin - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 32 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:50OuverteRéponse directe
Qu'en est-il des propos tenus sur les réseaux sociaux par des policiers ?
- 1:08OuverteRéponse directe
Les publications commentent l'actualité policière et contiennent des propos racistes.
- 2:05RelanceRéponse partielle
Que dites-vous après les révélations sur les groupes Facebook racistes ?
- 2:36OuverteRéponse directe
La technique de l'étranglement est désormais interdite, mais le plaquage ventral est maintenu. Pourquoi ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Les proches d'Adama Traoré ont décliné l'invitation de Nicole Belloubet. Que répondez-vous ?
- 10:07OuverteRéponse directe
Ce soir, SOS Racisme appelle à manifester. Est-ce que ces manifestations sont autorisées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45PrésentateurFait
« Christophe Castaner a promis une sanction pour chaque faute, chaque mot raciste dans la police. »
- 5:15PrésentateurChiffre
« 10 milliards d'euros débloqués pour faire redécoller l'aéronautique. »
- 6:45PrésentateurChiffre
« 7 millions, c'est le nombre de cas confirmés de Covid-19 dans le monde. »
- 6:55PrésentateurChiffre
« En France, le dernier bilan, ces dernières 24 heures, s'élève à 54 morts. »
- 21:21Christophe CastanerChiffre
« L'année dernière, il y a eu 30 enquêtes judiciaires engagées au sein de l'IGPN contre des policiers sur des propos racistes. »
- 22:06Christophe CastanerChiffre
« 250 000 personnels des forces de l'ordre. »
- 24:33Christophe CastanerFait
« Non et ça montre bien le changement de doctrine. »
- 25:17Christophe CastanerFait
« Ces policiers ne sont pas suspendus et l'un d'entre eux a même assuré la sécurité lors de la visite de la garde des Sceaux à Rouen. »
- 35:17PrésentateurPromesse
« j'ai décidé de l'annuler »
- 35:44PrésentateurPromesse
« j'ai demandé qu'elle soit abandonnée et qu'elle ne soit plus apprise dans les écoles de formation »
- 35:52PrésentateurPromesse
« chaque année tous les policiers et gendarmes qui interviennent dans la rue fassent l'objet d'une formation permanente »
- 36:49PrésentateurPromesse
« il faut très vite que nous donnions à nos forces de sécurité intérieure d'autres moyens techniques d'intervenir »
- 38:23PrésentateurFait
« j'ai saisi l'IGPN immédiatement »
- 38:57PrésentateurPromesse
« je demanderai aux policiers de s'expliquer »
- 43:58PrésentateurFait
« ce combat n'est pas fini, il n'est pas derrière nous »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Présentateur 28 %
- Invité3 %
- Auditeur2 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, mardi 9 juin, l'info sur RMC. Il est 8h02, Céline Kalman est là pour les dernières informations, Céline, bonjour. Bonjour à tous, des messages racistes sans aucune ambiguïté sur Facebook. Leur auteur, des policiers mais aussi des gendarmes, Christophe Castaner, promet la sévérité. Il est ce matin sur RMC et BFM TV à 8h30. Des dizaines de milliers d'emplois en jeu, 10 milliards d'euros débloqués pour faire redécoller l'aéronautique. Plan historique dévoilé tout à l'heure par le gouvernement. Et puis l'impasse pour 450 entreprises françaises incapables d'écouler leurs masques. Elles se retrouvent avec des stocks impressionnants d'invendus. Bienvenue à tous sur RMC.
Christophe Castaner a promis une sanction pour chaque faute, chaque mot raciste dans la police. Qu'en est-il des propos tenus sur les réseaux sociaux ? Ce matin, la question se pose une nouvelle fois. Le site Street Press met en lumière l'existence d'un deuxième groupe Facebook. Son nom, FDO 22 Unis. Le groupe compte 9000 membres. Plusieurs policiers y échangent des messages ouvertement racistes. Benoît Ballet.
Les publications commentent l'actualité policière. Et les propos racistes sont nombreux. Le cas du jeune Gabriel, 14 ans, blessé à l'œil lors de son interpellation le 25 mai à Bondy. Et notamment moqué avec le florilège suivant. Bien fait pour sa sale gueule. S'il tout plaît, messieurs, moi pas volors. Ou encore, vu la tronche, c'est du rhum de Serbie. Ils en sont infestés dans les pays de l'Est. Street Press dit avoir eu accès à des captures d'écran des échanges grâce à un membre du groupe. Johan Weiss, journaliste et fondateur du site d'information. Pour rentrer, il faut donner son numéro de matricule, son école de police. C'est un groupe qui est secret.
Ça veut dire que si vous n'êtes pas coopté par un autre fonctionnaire, vous n'y avez pas accès. Vous ne savez pas qu'il existe. Il faut qu'on vous envoie le lien. Et il faut que vous soyez coopté par un autre fonctionnaire. Apparaissent également quelques commentaires de membres qui tentent de modérer les échanges. Des commentaires minoritaires. Dans un communiqué, l'association SOS Racisme a annoncé hier avoir saisi le parquet de Paris. Afin qu'une procédure judiciaire soit ouverte sans délai concernant ce second groupe Facebook.
Bien, et Christophe Castaner, deux invités. D'abord le président de SOS Racisme qui sera là dans un instant. Et Christophe Castaner qui sera avec nous 8h30, 9h sur RMC et BFM TV. Le ministre de l'Intérieur qui, juste après votre entretien, sera aux côtés d'Edouard Philippe à Évry, en banlieue parisienne. Le Premier ministre va y rencontrer des policiers. Échange prévu également aussi avec une association de quartiers. La technique de l'étranglement, désormais interdite lors des interpellations. En revanche, celle du plaquage ventral est maintenue. Il faut que l'individu reste le moins possible maintenu au sol, a dit le ministre.
C'est cette méthode qui aurait causé la mort par asphyxie en janvier dernier à Paris de Cédric Chouvia. Son papa était ce matin sur RMC. Il n'en veut pas à la police mais réclame la suspension des quatre policiers mis en cause.
Aujourd'hui, il y a quatre individus qui ont tué notre enfant. Donc pour moi, ce n'est pas des gens qu'on doit laisser comme ça. Moi, je n'en veux pas à la police. J'en veux à ces quatre individus. Ça, je peux vous le dire que moi, personnellement, je leur en veux. J'ai de la haine grand vers ces gens-là. Ils m'ont enlevé la prunelle de mes yeux. Voilà, je ne peux pas vous dire plus parce que c'est dans les tripes. Vous comprenez ? J'ai perdu un enfant, pas par un accident de la route parce qu'il était coursier. On m'a volé mon enfant. On a volé un père de famille de cinq enfants. Quand j'ai un petit de quatre ans qui me dit, vous voyez, papa, on va au cimetière, on va voir papa.
Je n'arrive pas à lire la plaque sur la tombe de vos fils.
Dans l'actualité également, un appel qui ne passe pas. Les proches d'Adama Traoré, décédé il y a quatre ans lors de son interpellation, ont décliné l'invitation de Nicole Belloubet. La ministre de la Justice voulait les rencontrer. Eux réclament des avancées judiciaires et non des invitations. Hier, le parquet de Paris a par ailleurs confirmé que deux nouveaux témoins qui n'ont jamais été auditionnés allaient être entendus le mois prochain par les juges d'instruction. Ce soir, à 18h, SOS Racisme appelle à manifester Place de la République à Paris pour dénoncer les violences policières.
18h, ce sera le début des funérailles de George Floyd, celui dont la mort a provoqué une onde de choc à travers le monde. On retrouve l'envoyé spécial de RMC et BFM TV à Houston, au Texas, Jean-Bernard Cadier, où les Américains anonymes ont pu lui rendre un dernier hommage ces dernières heures.
Des milliers de personnes sont venues se recueillir devant le cercueil ouvert de George Floyd, l'enfant du pays.
Une cérémonie a eu lieu également devant son lycée, là où il jouait au basket, là où il jouait au football américain, dans ce quartier du World 3 qui reste encore aujourd'hui un quartier extrêmement pauvre. Les obsèques, proprement dit, ont lieu ce mardi, dans la plus stricte intimité familiale. Puis George Floyd sera inhumé aux côtés de sa mère, décédée il y a deux ans, dans un cimetière de la banlieue de Houston. Joe Biden, le candidat démocrate à la présidence, est venu à Houston.
Il a déjeuné dans ce restaurant avec la famille de George Floyd, notamment avec la petite fille de George Floyd, âgée de 6 ans. Joe Biden raconte, c'est cette petite fille qui dit que son papa va changer le monde.
Et Joe Biden d'ajouter, je crois qu'en effet, son papa va changer le monde. RMC, 8h07, les milliards suffiront-ils à éviter un crash social ? Le secteur de l'aéronautique, paralysé depuis le début de la crise du Covid-19, va se voir injecter une somme colossale, 10 milliards selon les échos. Et une ville retient son souffle ce matin, car sans l'aéronautique, elle s'effondre. Blagnac, siège d'Airbus, 40 000 emplois dans le secteur. Jean-Wilfrid Forkes. Comme tous les commerçants de Blagnac, Jean-Christophe, restaurateur, scrute de près la situation de l'avionneur européen.
80% de notre clientèle vient d'Airbus et de sous-traitants. On est très inquiets de ce qui va se passer, puisque forcément, tout ce qui impactera l'aéronautique ici à Toulouse, principalement à Blagnac, nous touchera, nous, personnellement, puisqu'on travaille avec eux. Et ça fait, on a peur de l'effet boule de neige, de l'effet domino.
Une situation qui préoccupe également Joseph Carles, le maire de cette commune de 25 000 habitants, met la pression sur les responsables d'Airbus. Demain, après-demain, l'aéronautique redémarrera. Il faut faire en sorte qu'on ne sacrifie pas aujourd'hui le savoir-faire de la chaîne des sous-traitants. Pas simplement du donneur d'ordre qui est Airbus, mais aussi de toute cette chaîne de sous-traitants qui a une capacité extraordinaire à innover, à inventer, à se réinventer aussi.
Hier, en attendant les mesures gouvernementales, des élus des principales villes de la région ont écrit au PDG d'Airbus pour lui demander de maintenir ses projets, car selon eux, l'aéronautique fait partie de l'ADN de la région. Autre secteur en grande difficulté, l'habillement. Les repreneurs ont jusqu'à ce soir pour se faire connaître, il s'agit de sauver l'enseigne de vêtements de la halle qui a été placée en redressement judiciaire. 7 millions, c'est le nombre de cas confirmés de Covid-19 dans le monde. La situation s'aggrave, dit le patron de l'Organisation mondiale de la santé, essentiellement sur le continent américain et en Asie du Sud.
En France, le dernier bilan, ces dernières 24 heures, s'élève à 54 morts. Les soignants sont toujours mobilisés et ils attendent toujours concrètement les aides promises par l'État. À Lyon, rassemblement aujourd'hui devant l'hôpital Édouard Henriot. Écoutez le témoignage de Thomas, infirmier au service post-urgence. Il nous raconte une scène très concrète de sa vie de soignant.
Ce dimanche, j'ai une personne âgée qui a émis le besoin de parler, de rester avec une présence. Et la seule réponse que j'ai pu lui apporter, vu la charge de travail, c'est « je suis désolé, mais là, je n'ai pas le temps de vous écouter ». Et malheureusement, je ne peux pas faire mon travail sous tous ces aspects. Le collectif interurgence a commencé le mouvement il y a plus d'un an maintenant. On ne pensait pas qu'on devrait se battre aussi longtemps pour des choses aussi évidentes. Donc, la colère mélangée à la lassitude, ça commence à être un peu épuisant aussi.
RMC 8h10. Les Français préfèrent les masques jetables. Et les conséquences sont dramatiques. Pour 450 entreprises qui se sont converties à la production de masques en tissu, elles n'ont plus de commandes car les masques sont désormais achetés à l'étranger. Résultat des stocks impressionnants d'un vendu. Lionel Dian.
Jocelyn Maire préside l'association FASC qui réunit les professionnels de la mode à Marseille. Des professionnels qui se sont tournés massivement vers la production de masques en tissu et qui aujourd'hui ne trouvent plus d'acheteurs. On s'est tous mobilisés pour répondre à la pénurie. Aujourd'hui, la pénurie n'existe plus. Il y a eu un retournement de marché. Ça a été la course pour les entreprises pour être en capacité de rouvrir le 11 mai. Ça a encore duré quelques jours ensuite. Et puis, depuis trois semaines, un mois, on n'a quasiment plus de demandes de masques.
Des entreprises qui préfèrent aujourd'hui équiper leurs salariés de masques chirurgicaux fabriqués en Chine, principalement pour une question de coût, assume Philippe Corsia qui représente le Medef dans les Bouches-du-Rhône. Parce que d'abord, le prix est beaucoup plus cher qu'un masque classique. Il faut compter pour un masque classique 0,50 et sur des masques en tissu, il faut compter plus de 2 euros. La deuxième chose, c'est qu'il faut aussi voir que les masques lavables n'offrent pas une garantie totalement saine au niveau sanitaire.
Et enfin, ce n'est pas le moment d'investir pour les entreprises dans des masques, alors qu'ils ont énormément de choses à faire pour pouvoir relancer leur activité. Le Medef qui préconise que ce soit plutôt l'État qui achète les stocks de masques en tissu invendus en prévision d'une éventuelle nouvelle pandémie.
C'est la fin d'une histoire qui aura duré 8 ans, celle entre Thiago Silva et le PSG. Le contrat du Brésilien se termine le 30 juin, elle va être prolongée de deux petits mois. Le temps de finir la saison de Ligue des Champions, les supporters parisiens sont partagés sur son départ.
Je suis hyper triste de son départ. Il a incarné le PSG pendant quelques années avec le capitana et c'est un grand défenseur et il manquera à Paris. C'est une nouvelle un peu déplorable. Il reste quand même l'un des meilleurs défenseurs du PSG absolument. Je suis déçu, mais il a fait un peu son temps je trouve. Parce qu'à un moment il était fort, mais là la forme elle est un peu finie. S'il jouait un dernier match avec les supporters, ça serait parfait, je serais là et on l'encouragera en tout cas.
Voilà un sport où parmi les spectateurs il n'y a pas de racisme. Vous avez vraiment toutes les origines sociales, ethniques, réunies dans un stade. Je ne parle pas du racisme parfois descendu des tribunes à l'encontre des joueurs. Mais je parle entre les supporters. Dominique Sopo, bonjour. Bonjour. Le président d'SOS Racisme est avec nous ce matin. Dominique Sopo, ce soir, en fin de l'après-midi, de nombreux rassemblements un peu partout en France pour combattre le racisme. Généralement, globalement, parce que ce sont les obsèques de George Floyd. George Floyd va changer le monde. C'est ce que j'ai entendu dans la bouche de Joe Biden et dans la bouche de la petite fille de George Floyd.
C'est possible, puisque vous savez, les luttes pour l'égalité, les luttes contre le racisme, parfois reprennent de façon surprenante à partir d'éléments inattendus desquels on ne pensait pas qu'il y aurait des cycles de mobilisation qui reprendraient. Peut-être, effectivement, qu'on est autour d'un réveil, d'une conscience antiraciste. Parce que ces dernières années ont quand même été des années où, notamment, on voit en France l'ambiance des attentats a mis quand même beaucoup sur la défensive les luttes pour l'égalité. Et donc, peut-être qu'autour de ce cas de George Floyd et d'autres éléments, bien évidemment, il y a peut-être un réveil dans la jeunesse.
George Floyd, très bien, c'est finalement à l'image de la société américaine. Mais on ne peut pas transposer la société américaine en Europe. C'est absolument impossible. Je vois toutes les comparaisons qui sont faites. Est-ce que vous la faites, vous aussi, ce parallèle ? En réalité, ce qui est important, c'est la question de la lutte contre le racisme. George Floyd est une victime du racisme qui peut exister de façon spectaculaire dans la société américaine. On parle aussi ici du cas de racisme dans la police. Alors, on peut dire évidemment qu'aux États-Unis, la police est beaucoup plus violente, utilise beaucoup plus les armes. Il y a mille morts par an.
Les interventions sont quand même différentes, oui. Alors, on est face à une population armée. Donc, il y a une différence. Mais ce n'est pas parce que c'est plus violent et pire ailleurs qu'il n'y a pas à faire dans nos sociétés. Vous savez, sur les questions d'égalité entre les hommes et les femmes, quand des personnes disent, écoutez, dans notre société en France, il faut progresser. On ne va pas dire, écoutez, franchement, vu dans les autres pays, il faut peut-être se calmer. Oui, il faut progresser sur l'égalité entre les hommes et les femmes, quand bien même ce serait pire, sans doute, dans beaucoup d'autres pays à travers le monde.
Donc, aux États-Unis, il y a une situation qui est une situation de police qui utilise les armes de façon extrêmement fréquente. C'est beaucoup moins le cas en France. Ceci étant, il y a bien une problématique, par exemple, du racisme dans la police et dans la société française. Alors, justement, le racisme en France, dans la police, que dites-vous, après avoir écouté hier le ministre de l'Intérieur, que je recevrai tout à l'heure, et que je demanderai plusieurs précisions ? Que dites-vous, ce matin ? Ce que je dis, c'est qu'on commence à reconnaître l'existence d'un phénomène.
Ça fait des semaines et des semaines que nous, on a interpellé le Premier ministre, suite notamment à l'affaire Dubico, pour demander que le chantier de la lutte contre le racisme soit ouvert au sein de la police nationale et plus généralement des forces de l'ordre. Oui, police gendarmerie. Oui, on peut dire qu'on n'a pas eu de réponse, en réalité, à notre interpellation, qui a été faite avec beaucoup d'organisations et de personnalités. On commence avec l'avalanche de révélations, de faits, de témoignages, à dire qu'il y a un problème, même si, pour l'instant, on continue, me semble-t-il, à être dans le fait que ce seraient des cas individuels. Mais que demandez-vous ?
Que devrait faire le ministre de l'Intérieur, Dominique Sopo ? Vous feriez à sa place, vous feriez quoi, devant ce phénomène ? Parce que tous les policiers ne sont pas racistes. Il y a combien ? 200 000 policiers et gendarmes en France. Oui, mais quand vous avez des groupes Facebook qui réalisent des milliers de personnes, où on voit des messages qui sont postés, likés, commentés, ou alors des personnes qui ne disent rien, comme si ce n'était pas suffisamment gênant pour dire quelque chose, excusez-moi, là, il y a un gros problème. Donc la question n'est pas de savoir si 100% des policiers sont racistes. Évidemment que non.
Mais à partir du moment où on ne traite pas un phénomène, on le laisse se propager et pourrir une situation. Il y a toute une série d'éléments qui montrent qu'il y a un problème quasiment structurel dans la police. Il faut y répondre structurellement. Bien. Est-ce que les manifestations d'aujourd'hui en France sont interdites ? En tout cas, nous nous rassemblons à Place de la République à 18h. Vous avez une autorisation ? Je pense que nous l'avons demandé. Pour l'instant, on est plutôt dans de la non-réponse. Mais je pense que de toute façon, les autorités ont envie que les choses se passent bien. On va dire ça comme cela.
Et moi, j'ai une autre question à vous poser, parce que ça m'a aussi choqué. Autant on est choqué dès qu'on rencontre des actes ou des paroles racistes. Mais je suis choqué aussi, parce que lors de la manifestation en soutien à Dama Traoré, j'ai entendu le président de la Ligue de Défense Noire, africaine, vous savez ce qu'il disait ? Il dit « Arrêtons d'aller consommer chez les Blancs, dans les magasins de Maghrébins, dans les magasins de Chinois. » Ce ne sont pas des propos racistes, ça ? Condamnables ? Et à condamner ? Vous remarquerez que la personne dont vous parlez, ou qu'elle parle de SOS Racisme, doit en parler dans des termes à peu près équivalents.
Est-ce que des poursuites devraient être engagées quand on tient publiquement de tels propos ? Les poursuites peuvent être engagées, me semble-t-il. Même si, vous savez, quand on engage des poursuites, il faut toujours faire attention. Est-ce que les poursuites vont faire du tort aux personnes, ou est-ce que c'est parfois ce que recherchent les personnes pour se poser dans une forme de martyrologie ? Et donc, vous savez, il y a beaucoup de personnes contre lesquelles nous n'avons pas déposé de plainte parce qu'on voyait bien que le processus dans lequel elles étaient était un processus très étonnant, très étonnant, un peu de cette nature.
Mais encore une fois, nous ne sommes pas des amis de SOS Racisme. La lutte antiraciste engendre parfois des comportements plus racistes chez certains. Vous savez, la lutte contre le racisme, elle peut se faire parfois sur une forme de... Puisque je subis la violence du racisme, eh bien, en fait, je vais me comporter pareil dans une forme de miroir, dans une forme de réponse en... Comment dire ? En symétrique. Et là, c'est tout le travail des organisations antiracistes de, justement, comment on arrive à faire en sorte d'être dans une dynamique positive, dans une dynamique de dépassement aussi des rancœurs, des violences.
Ressentis parce que la colère n'est jamais une boussole et n'est jamais une bonne politique. Ce qu'il faut, c'est transformer parfois sa colère parce que le racisme, c'est quelque chose de violent au quotidien. C'est quelque chose qui se passe par des humiliations, par des coups, par des dévalorisations. Parfois, les gens ne comprennent pas bien ce qu'est la violence du racisme et comment le racisme peut détruire littéralement des personnes.
Eh bien, c'est comment on arrive précisément à ne pas rester parfois dans la haine, dans la colère ou dans la peur pour être dans une forme d'engagement citoyen pour améliorer la société et faire en sorte, comment dire, d'être fidèle à ce que disait Martin Luther King. Nous devons vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons tous ensemble comme des idiots. Merci Dominique Soppo. Il est 8h19, vous êtes sur RMC.
RMC, Vos manières.
David nous écrit ce matin, il faut arrêter avec les violences policières. Oui, il y a des racistes, mais ce n'est pas la majorité. Il faut, à mon avis, d'abord régler le problème inverse. La violence envers les forces de l'ordre. Est-ce qu'on trouve ça normal de caillasser les forces de l'ordre, de foncer en voiture sur des forces de l'ordre ? Réglons d'abord ce problème, ça règle à le reste, selon David. Il y a du racisme, mais n'est-il pas né de cette violence quotidienne envers les représentants de la loi pour David ? Au contraire, Steve nous dit j'en ai assez de ce discours des forces de l'ordre qui se présentent comme des victimes.
Oui, les policiers ne sont pas tous racistes, mais ils n'ont jamais fait le ménage dans leur rang. Et voilà où on en arrive quand on ne fait pas le ménage chez soi. Fabrice, quoi qu'il arrive, est déçu de voir son pays dans cet état-là. Il y a quelque temps, on félicitait nos forces de l'ordre pour défendre la population contre les actes terroristes et voilà où on en arrive. Bernard nous dit nos pauvres policiers doivent se sentir bien seuls ce matin abandonnés par l'État. Candi Gras, Christophe Castaner, il est à 8h35, 8h30 même, l'invité d'RMC et de BFM TV face à Jean-Jacques Bourdin.
RNP 6h-9h.
Avant de retrouver Christophe Castaner, Frédéric Simotel, on attend dans moins de deux heures le plan de soutien au secteur aéronautique français. Trois mesures attendues. Oui, la première sur l'emploi, ça concerne quand même 200 000 emplois avec les grands et puis les sous-traitants. Donc, maintien du dispositif de chômage partiel pendant deux ans, 2 milliards et demi de prêts garantis par l'État pour sécuriser les trésoreries, ça c'est vraiment le court terme. Le moyen terme, c'est éviter les annulations de commandes et soutenir les exportations. Donc, plutôt décaler les commandes que les annuler. Il y a une garantie par la COFA sur un crédit export.
On parle là d'une enveloppe de 1 milliard d'euros. Et puis, le troisième axe, on est un peu plus sur le long terme. Création d'un fonds de 1 milliard d'euros pour aider les entreprises jugées stratégiques à ne pas laisser partir nos pépites vers les Chinois et les Américains. L'armée va prêter main forte en renouvelant ses programmes autour du Rafale des hélicoptères Puma. Et puis, c'est important maintenir les investissements en R&D pour le futur avion zéro émission, l'avion moins polluant. Donc voilà, ce sont les trois axes dont on va parler ce matin. Dans deux heures, nous aurons le détail. Merci de nous avoir accompagnés ce matin.
Je vais vous retrouver dans quelques minutes sur RMC BFM TV pour Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur. C'est l'homme qu'il fallait avoir ce matin. Il est avec nous tout à l'heure, donc dans 5-6 minutes. A tout de suite.
RMC. RMC Jourdain Direct. Jean-Jacques Bourdin.
Christophe Castaner, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Emmanuel Macron vous a demandé d'accélérer le rythme et de présenter vos propositions pour améliorer la déontologie dans la police et la gendarmerie. Alors, conférence de presse hier et vous êtes là ce matin, je vous en remercie, Christophe Castaner. La police ou la gendarmerie ne sont pas racistes. Est-ce que des policiers et des gendarmes le sont ? Votre question est bien posée. Vous savez, la police et la gendarmerie, elle ressemble à notre pays. Elle a ses forces, elle a ses faiblesses.
Dans notre pays, le racisme existe et la mobilisation mondiale et le relais que l'on voit en France contre le racisme après l'affaire George Floyd est plutôt positif. Et donc, notre police, notre gendarmerie, parce qu'elle ressemble à la France, elle a en son sein des personnes qui sont racistes. Mais attention, la police, la gendarmerie ne sont pas des institutions racistes et je refuse qu'on puisse laisser penser cela. Bien, racisme dans la police ou la gendarmerie, ça existe donc. Il y a des policiers ou des gendarmes racistes. Combien de policiers et gendarmes ont été révoqués pour propos ou comportements racistes l'année dernière ? Peu. Peu parce que les procédures prennent...
Non mais peu parce que les procédures prennent... Peu, ça veut dire quoi ? Peu ? Je vais vous donner des chiffres. L'année dernière, il y a eu 30 enquêtes judiciaires engagées au sein de l'IGPN contre des policiers sur des propos racistes. Huit de ces enquêtes judiciaires ont été classées sans suite parce qu'il n'y a pas d'éléments qui ont été établis et 22 ont été transmis à la justice pour qu'ensuite il y ait des sanctions judiciaires. Est-ce que ces policiers ont été révoqués ? Non, parce qu'il faut attendre la fin de la procédure. C'est ce que je veux changer justement.
Parce qu'on a considéré qu'il y avait suffisamment d'éléments pour transmettre au juge pour poursuivre, je pense qu'il faut une sanction administrative. La sanction administrative qui est une sanction de prévention, c'est la suspension. Dans ces 22 cas, 22 cas sur 150 000. 150 000 policiers et combien de gendarmes ? Et 100 000 gendarmes. 250 000 personnels des forces de l'ordre. Et donc sur les 22 cas en question, par exemple, ça n'était pas le cas. Je veux maintenant qu'il y ait une suspension systématique qui est une mesure administrative de prévention.
Parce que si l'IGPN a considéré que les faits étaient suffisamment avérés pour pouvoir transmettre à l'institution judiciaire, je considère que l'on doit effectivement suspendre ces 22 personnes. mais vous l'avez dit dans votre remarque, 22 personnes, c'est finalement très peu, mais c'est 22 personnes qui tâchent l'uniforme de la République. Il n'y a que 22 personnes aujourd'hui parmi les policiers et les gendarmes, en fait, l'année dernière, qui tiennent des propos racistes ou qui commettent des actes racistes. Vous êtes certain de ça ? Non. Parce que regardez les récentes affaires, regardez les récentes affaires, je vais y venir.
Mais vous avez dit, avant de venir sur les récentes affaires, vous avez dit une suspension sera systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes. Je n'ai pas très bien compris. Une suspension sera envisagée pour chaque soupçon avéré. Alors, je vais être clair, Jean-Jacques Baudela. Ah oui, il faut être clair parce que là, on n'a rien compris. Je vais être clair. Alors, allez-y. Je vais répondre à votre première question parce que vous êtes déjà passé à la suivante. La première question, c'est êtes-vous sûr qu'il n'y ait que 22 policiers racistes ? La réponse est non.
Parce qu'il y a dans cette institution, comme dans beaucoup d'institutions, quelquefois une forme d'omerta, d'une parole qui ne se libère pas. C'est la raison pour laquelle j'ai volontairement choisi l'expression soupçon avéré. Ce qui veut dire que le soupçon, c'est qu'il y a un doute. Il y a une parole qui ne s'est pas libérée. Quelquefois, elle doit se libérer. Ensuite, il y a enquête. Si l'enquête détermine qu'il y a des propos ou des comportements racistes, à ce moment-là, ils sont avérés et je veux une procédure administrative. Les choses sont simples.
La moindre alerte, parce que notre institution doit être plus exemplaire que d'autres encore, même si je le réaffirme, elle n'est pas raciste et l'essentiel de nos policiers et de nos gendarmes ne sont pas racistes, antisémites ou homophobes et ce sont des mots qu'évidemment, chacun d'entre eux condamne mais en plus combat au quotidien. Chaque fois qu'on a des soupçons, on fait une enquête et si l'enquête s'avère positive, à ce moment-là, c'est avéré et on engage une procédure. Voilà. Bon, mais en ce qui concerne la suspension, la suspension de ces policiers ou de ces gendarmes, il y a quelques affaires récentes.
Donc, la première, la première, c'est l'affaire de Rouen où il y a des policiers qui ont tenu des propos racistes à l'encontre d'un autre policier noir, policier de 22 ans qui s'appelle Alex. Est-ce que les policiers qui ont tenu ces propos avérés sont suspendus ? Non et ça montre bien le changement de doctrine. Et pourquoi est-ce qu'ils ne sont pas suspendus ? Je vais vous expliquer ça, ça montre le changement de doctrine que je veux. Et je vais lire une deuxième affaire, celle de l'île Saint-Denis où on entend deux policiers avoir des mots racistes.
Dans le dernier cas, j'ai su le lendemain quels étaient les auteurs et j'ai engagé, c'était il y a trois semaines, une procédure de suspension. Mais pourquoi est-ce qu'à Rouen ils ne sont pas suspendus ? Et à Rouen, ce qui s'est passé, c'est qu'effectivement, nous n'étions pas dans la procédure de suspension automatique que j'ai demandé hier. Ce qui s'est passé, c'est qu'en janvier, nous avons connaissance des faits. Nous avons immédiatement engagé une procédure administrative et les quatre personnes incriminées passeront en conseil de discipline dans quelques semaines et seront sanctionnées, je n'en doute pas, en conseil de discipline et en même temps, une enquête pénale. Mais l'usage...
Ces policiers ne sont pas suspendus et l'un d'entre eux a même assuré la sécurité lors de la visite de la garde des Sceaux à Rouen, vendredi dernier. Alors ça, j'ai entendu votre interview de Nicole Bivé. C'est vrai ou c'est faux ? Je n'en sais rien, je n'ai pas vérifié. Moi, je peux vous dire que c'est vrai. Je ne mets pas ça en cause. Mais ce que je peux vous dire, c'est que justement, cette doctrine-là n'était pas appliquée. C'est un des éléments que j'ai annoncés hier parce que je regrette... C'est-à-dire que la doctrine a été appliquée pour l'Île-Saint-Denis mais pas appliquée pour Rouen.
Oui, et c'est pour ça que j'ai décidé de généraliser ce que j'ai fait il y a trois semaines sur l'Île-Saint-Denis à l'ensemble des cas. Je veux même vous dire que quand j'ai lu le rapport sur Rouen, j'ai été profondément choqué. J'ai demandé que l'on lance la procédure administrative et je regrette de ne pas avoir expressément demandé la suspension immédiate. On apprend. On apprend aussi de notre institution et c'est la raison pour laquelle j'ai signé vendredi dernier une circulaire au directeur de la police nationale, de la gendarme nationale, de la sécurité intérieure pour que nous puissions engager systématiquement quand les faits sont avérés.
Il ne s'agit pas de mettre en cause la présomption d'innocence des policiers et des gendarmes qui ont le droit d'être défendus et ils doivent l'être et je suis le premier à les défendre mais quand les faits sont avérés effectivement on engage une procédure administrative avec suspension si les faits sont racistes, antisémites ou homophobes. Et dans le cas de ces groupes de parole sur les réseaux sociaux, là encore certains groupes de parole on ne peut entrer dans le groupe que si l'on donne son matricule de police. Alors d'abord d'après ce que dit Street Press, je ne sais pas si c'est vrai ou pas.
D'abord on va laisser l'enquête se dérouler et vous allez noter que dès que j'en ai eu connaissance j'ai immédiatement saisi le procureur parce que c'est par les moyens judiciaires que nous verrons aussi. En son sein, ce sont des policiers et des gendarmes. Si les administrateurs que faites-vous ? Si ce sont des policiers et gendarmes et que ces propos sont considérés comme publics et ça c'est une définition juridique qui appartient au procureur j'engagerais des procédures administratives de sanction. Aucun policier ne sera suspendu pour soupçon de racisme. Bien sûr que non. C'est ce que dit Marine Le Pen. Mais Marine Le Pen comme d'habitude dit n'importe quoi et veut donner des leçons.
Évidemment personne n'est suspendu pour soupçon. Le soupçon ce n'est pas la mise en cause d'un individu et c'est pour ça que je veux que les faits soient avérés. Dans une même phrase on peut utiliser plusieurs mots. Bien. Christophe Castaner George Floyd il y aura des manifestations un peu partout en France aujourd'hui obsèques de George Floyd aux Etats-Unis. Est-ce que ces manifestations sont autorisées ? Alors elles ne le sont pas dans les faits parce qu'il y a un décret du Premier ministre dans le cadre de la deuxième phase du confinement qui interdit les rassemblements de plus de dix personnes.
Mais comme je l'ai dit hier dans mon discours je crois que l'émotion mondiale qui est une émotion saine sur ce sujet dépasse au fond les règles juridiques qui s'appliquent. J'invite chacun à faire attention à pratiquer les gestes barrières mais nous ne souhaitons pas réaffirmer l'interdiction qui est de droit qui est de fait et il n'y aura pas de sanctions et de procès verbal pour la participation à cette manifestation parce qu'il y a des moments il faut comprendre que cette émotion-là et je le redis qui est une émotion forte, positive elle puisse être soutenue.
Et je sais aussi que ceux qui iront manifester ne considèrent pas dans leur très grande majorité que la France et les Etats-Unis ne considèrent pas qu'il y a aujourd'hui une police raciste antisémite ou homophobe et je sais qu'ils sont dans cette émotion ce combat contre le racisme. Vous savez ce combat contre le racisme c'est ce qui m'a fait moi comme militant comme jeune homme comme militant c'est ce qui m'a fait aussi dans mon engagement politique dans certaines de mes décisions politiques et donc je comprends parfaitement ce qu'ils veulent manifester. Est-ce que vous seriez prêt à mettre un genou à terre ?
Écoutez je crois que la politique non mais je veux répondre je crois que la politique elle est faite de symboles si ce symbole-là était utile à combattre le racisme je serais parfaitement à l'aise de le faire. Bien faites-vous la comparaison entre la mort de George Floyd et celle d'Adama Traoré ?
Non non parce que les deux n'ont strictement rien à voir 8 minutes 46 de fautes racistes commises par un policier sous le regard de 3 autres policiers je crois aux Etats-Unis ça n'a strictement rien à voir avec ce que je sais de l'affaire Adama Traoré maintenant il y a une justice en France elle instruit l'enquête qui a été ouverte après le décès d'Adama Traoré qui effectivement est une épreuve pour sa famille pour ses proches et maintenant c'est à la justice de dire le droit il y a eu 10 enquêtes ouvertes le procureur de la République l'a rappelé hier 10 expertises judiciaires et médicales ont été engagées réalisées il y a des auditions qui sont programmées là aussi le procureur l'a rappelé hier il est important que la justice soit la même pour tous mais la justice ça n'est pas celle de l'émotion ça n'est pas celle des réseaux sociaux ça n'est pas celle des commentateurs c'est celle du droit et des juges oui et ce n'est pas celle non plus du président de la République pardonnez-moi quand Emmanuel Macron demande à Nicole Belloubet garde des Sceaux de se pencher sur le dossier Adama Traoré ça ne vous choque pas ?
non ça ne me choque pas vous savez il y a quelques mois il y a un homme qui est mort à Paris lors d'une interpellation policière M.
Frédéric Chouvia j'ai immédiatement reçu la famille non pas pour rentrer dans la procédure judiciaire mais pour donner toutes les informations publiques qui étaient à ma disposition Madame la garde des Sceaux a proposé un rendez-vous avec les amis le collectif d'Adama Traoré comme une main tendue pour apaiser et le collectif le refuse ils ont refusé cette main tendue au fond je sens qu'ils veulent faire aussi un procès médiatique et politique non le procès doit se faire devant les juges mais n'est-ce pas logique de refuser que la garde des Sceaux vienne s'immiscer dans une affaire même si elle ne s'immisce pas sauf que elle reçoit elle donne de l'humanité pardon Christophe Cassaner mais parce que l'affaire est médiatisée est médiatisée le président de la république intervient demande à Nicole Belloubet de se pencher sur le dossier d'Adama Traoré j'ai reçu Nicole Belloubet vendredi dernier vous savez ce qu'elle m'a dit parce que je lui ai posé la question sur l'aspect judiciaire s'il y a quelqu'un qui ne peut pas parler c'est bien moi disait-elle et voilà que deux jours après le président de la république lui demande d'intervenir dans l'affaire Adama Traoré d'intervenir je suis désolé de vous corriger de se pencher sur le dossier de se pencher sur le dossier ça veut dire quoi ?
donner de l'empathie donner de la fraternité recevoir les parents recevoir les frères et sœurs qui sont mobilisés recevoir les amis d'Adama Traoré pour leur garantir la transparence parce que la garde des Sceaux elle est la garante justement de cet équilibre de la justice je ne pense pas que ce soit s'immiscer personne ne veut s'immiscer dans cette affaire et vous savez la garde des Sceaux qui était au conseil constitutionnel précédemment c'est parfaitement cela et si elle a proposé un rendez-vous c'est parce qu'elle pense qu'à des moments donnés il faut apaiser la société la société a besoin d'être apaisée elle a besoin de fraternité elle a besoin d'empathie c'est ce que la garde des Sceaux a souhaité faire l'exercice est difficile vous avez dit que vous y reviendrez mais quand j'ai reçu la famille de Frédéric nous étions plein dans cette émotion émotion qui perdure c'était un rendez-vous extrêmement difficile pour eux pour moi aussi mais j'ai souhaité qu'il ait lieu pour leur dire un pourquoi je ne suspendais pas et ça revient sur la question que vous posiez tout à l'heure les quatre policiers parce que je n'avais aucun élément qui permettait de les incriminer ni le procureur non plus et donc je défends la police et je refuse de céder au tribunal médiatique et à l'inverse je leur ai donné un engagement celui de revoir en profondeur les gestes techniques pour voir s'il y avait des gestes techniques qui posaient problème non pas dans l'interpellation de Frédéric Chouviat mais en réalité dans l'ensemble des actes que nous faisons au quotidien oui alors justement ce matin le père de Cédric Chouviat était avec moi sur RMC il ne comprend pas franchement il ne comprend pas pourquoi les policiers incriminés dans la mort de son fils sont encore en activité je vous ai répondu parce que rien dans les faits tels que je les connais n'établisse une faute de ces policiers je sais l'émotion du père et je la comprends parfaitement je suis papa aussi il est mort oui il est mort Cédric Chouviat il est mort lors d'une interpellation il était à scooter il est interpellé et il meurt oui asphyxie fracture du larynx mais il est dit l'autopsie oui mais l'autopsie elle ne dit pas que c'est la conséquence de l'intervention des policiers et moi je ne suis pas juge il ne m'appartient pas de décider je suis aussi le garant à ma place de la défense des policiers et des gendarmes et donc si le procureur de la république me dit avant même la fin de l'instruction oui il y a une faute de la part des policiers je m'engage à la suspension immédiate mais j'ai besoin que des gens qui ne sont pas dans l'émotion à la fois le père à la fois moi aussi comme garant et chef de ces policiers et donc je me sens impacté par ce qui s'est passé si une instance indépendante le juge me dit oui il y a faute à ce moment-là il y a décision mais ça n'est pas le tribunal de l'émotion qui doit s'appliquer dans notre pays alors plaquage ventral ou étranglement dans le cas je ne sais pas on ne savait pas plusieurs caméras qui ont filmé cette scène et je n'ai pas ces images à disposition par contre ce que je sais c'est que le plaquage ventral dont on a beaucoup parlé dans les idées etc.
n'existe pas techniquement ça n'est pas et je l'ai déjà dit d'ailleurs je crois même à ce micro avec vous le plaquage ventral c'est une technique qui n'est pas enseignée qui n'existe pas il peut arriver que nous positionnons quelqu'un qui est interpellé au sol et c'est nécessaire pour le menotter notamment je rappelle que quand il y a interpellation la meilleure façon d'éviter cela c'est de répondre ok quand on vous demande de vous arrêter quand vous résistez il est normal que les policiers puissent avoir des moyens d'intervention dans ces moyens d'intervention pour mettre les menottes le plaquage au sol qui n'est pas le plaquage ventral dénoncé est utile mais ensuite il faut qu'il soit le plus rapide possible et j'ai demandé et je l'ai annoncé hier qu'en aucun cas il y ait une pression sur la tête ou sur la nuque c'est à dire que le plaquage ventral n'existe pas dites vous donc étranglement qui n'est enseignée à aucun moment fini donc je pourrais me faire plaisir Jean-Jacques Bourdin et dire j'annule le plaquage ventral comme il n'est pas enseigné ce serait franchement se moquer du monde la technique la méthode d'étranglement ça on est d'accord la méthode d'étranglement ce qui est différent j'ai décidé de l'annuler pourquoi ?
d'abord parce que les policiers ne comprennent pas les gendarmes tous ceux qui ont réagi je me permets de vous allez-y je vais revenir sur policiers et gendarmes d'abord je pense que personne ne doit risquer sa vie lors d'une interpellation or la technique de l'étranglement sur la base du rapport qui m'a été remis il y a quelques jours par le directeur général de la gendarmerie nationale et par le directeur général de la police nationale peut être dangereux c'est la raison pour laquelle j'ai demandé qu'elle soit abandonnée et qu'elle ne soit plus apprise dans les écoles de formation j'ai demandé aussi que dorénavant chaque année tous les policiers et gendarmes qui interviennent dans la rue fassent l'objet d'une formation permanente sur les différents gestes techniques et donc sans l'étranglement et je vous corrige sur un point vous dites policiers et gendarmes mais non les gendarmes ne pratiquent pas dans notre pays l'étranglement les policiers oui depuis des années les gendarmes ne le pratiquent pas et pourtant les gendarmes interpellent mais les policiers la pratiquent et disent que sans cette pratique parfois dans certaines conditions lorsqu'on est confronté à un délinquant qui ne veut pas évidemment qui ne veut pas être arrêté et bien on n'a pas d'autre solution je crois qu'il y a d'autres solutions techniques c'est ce que me disent les professionnels du groupe de travail la clé de bras le balayage le coup de pied peut permettre le coup de pied à la jambe peut permettre cela ensuite il y a des moyens intermédiaires qui peuvent nous aider aussi le bâton télescopique et quelquefois ce qu'on appelle le pistolet à impulsion électrique servira aussi ce que je sais c'est que c'est une technique qui a été apprise qui est utilisée donc il faut très vite que nous donnions à nos forces de sécurité intérieure d'autres moyens techniques d'intervenir c'est ce sur quoi je m'engage au moment où je vous parle parce que je sais l'importance je sais le risque je sais la tension au moment d'une interpellation mais si une pratique est pratiquée par la police et pas par la gendarmerie depuis de longues années déjà ça doit nous interroger mais j'ai un rapport aujourd'hui qui me dit que la technique de l'étranglement est dangereuse et donc je ne souhaite pas maintenir y compris pour protéger mes gars pour protéger les policiers je ne souhaite pas maintenir cette technique bien revenons aussi sur le cas de Gabriel cet ado pré-ado 14 ans arrêté à Bondy le 25 mai alors il est accusé par les policiers de l'avoir frappé en le blessant sérieusement à l'oeil il accuse des policiers pardon il tentait de voler un scooter il a commis une faute plus qu'une faute un délit il tentait de voler un scooter quatre policiers l'ont interpellé il dit que les policiers l'ont frappé à coups de pied en le blessant sérieusement à l'oeil vous dites je suis troublé par cette affaire oui vous dites je suis troublé mais là encore les policiers ne sont pas suspendus non alors là encore il faut laisser un peu le temps à l'instruction et au contradictoire d'abord il n'est pas normal qu'un homme et en particulier un jeune homme de 14 ans au moment de cette interpellation soit blessé l'interpellation n'a pas vocation à blesser celui que l'on interpelle ensuite il y a deux explications celle du jeune homme et celle des policiers qui sont totalement contradictoires il ne m'appartient pas à moi de dire qui a raison par contre j'ai saisi l'IGPN immédiatement pourquoi de vous troubler alors ?
parce que parce que je ne comprends pas l'explication qui m'est donnée l'explication qui m'est donnée oui je ne la comprends pas et donc j'ai saisi l'IGPN sur cette base parce que je ne la comprends pas parce que les chefs ne la comprennent pas ils sont plus à même que moi d'ailleurs d'apprécier et donc j'ai saisi l'IGPN qui est en train de faire des auditions contradictoires qui est en train de regarder le rapport entre l'expertise médicale qui vient d'arriver il y a peu de temps sur les blessures de ce jeune homme et la déclaration des policiers et s'il y a contradiction ça veut dire qu'effectivement il y a présomption de faute et à ce moment-là je demanderai aux policiers de s'expliquer les interpellations et les contrôles d'identité là aussi vous avez lu évidemment tous les rapports notamment celui du défenseur des droits alors obligation d'afficher le matricule lors de ces contrôles de mieux de mieux l'afficher pour qu'on puisse le lire c'est pas toujours facile quand on est à la poursuite de délinquant ou quand on est en train d'interpeller afficher son matricule c'est pas si évident que ça vous êtes d'accord avec moi qu'est-ce qu'il y a encore il y a recours aux caméras piétons un peu plus recours aux caméras ça marche pas toujours les caméras piétons tout ne marche pas parfaitement c'est pour ça les dysfonctionnements sont nombreux j'ai lu un article dans le Canard Enchaîné récemment qui raconte qu'il y a de mauvaises prises de vue les batteries qui tombent rapidement à plat les fixations pas solides enfin bon non mais tout n'est pas parfait c'est pour ça qu'il faut effectivement assumer de développer certains matériels et les caméras piétons en font partie avec des caméras qui doivent avoir une meilleure autonomie que celle que nous avons aujourd'hui mais plus globalement sur le contrôle d'identité d'abord j'ai voulu hier et je le ferai par une instruction rappeler la doctrine les contrôles d'identité ça ne peut pas être un délit de sa gueule ça n'est pas un délit de sa gueule un contrôle d'identité il doit être construit pour prévenir un risque à l'ordre public ou éventuellement dans le cadre d'une recherche d'infraction identifiée dans la poursuite alors pourquoi ne pas accepter une traçabilité des contrôles d'identité je vais tenter d'aller jusqu'au bout et je répondrai à ça et donc ce sont deux conditions uniques pour faire un contrôle d'identité à partir de là j'ai voulu rappeler ce principe là et ensuite faire en sorte qu'on puisse taire la polémique parce qu'en réalité elle est assez faible le nombre de contrôles d'identité est assez faible il existe dans certains endroits en France l'évaluation des agents par le nombre de contrôles d'identité j'ai annoncé hier que nous supprimions cette évaluation là qui pour moi n'a aucun sens et puis ensuite il y a différents moyens notamment effectivement le Rio dont je vous corrige il n'est pas difficile de le porter même dans une interpellation on doit le porter en permanence il est accroché à votre vêtement il doit être porté en permanence par contre celui qui est interpellé ou qui s'enfuit aura du mal à le lire et dans ce cas là il porte rarement plainte celui-là et donc la réalité c'est qu'on affiche le Rio c'est-à-dire le numéro d'identité du policier et ensuite on rappelle des règles pourquoi je ne suis pas favorable au récipicé notamment parce qu'au moment du débat qui a eu lieu il y a quelques années sur ce sujet la CNIL avait indiqué ses réserves au motif que si l'on faisait un fichier national des gens qui sont contrôlés là où ils sont contrôlés et pourquoi ils sont contrôlés c'est un fichier qui peut paraître aussi attentatoire aux libertés attentatoire aux libertés et donc je prends aussi cela en compte oui mais il n'y a pas d'autres manières d'assurer une traçabilité des contrôles d'identité est-ce qu'il faut assurer une traçabilité des contrôles d'identité en volume oui ou non en volume oui de façon individuelle je ne le crois pas et si en plus je veux aussi et c'est ce que je fais tous les jours défendre les policiers et les gendarmes sur le terrain imaginer qu'il doit faire un rapport chaque fois qu'il prend un contrôle d'identité dans le cadre légal que j'ai rappelé me semble proposer non pas qu'on ait des policiers qui fassent leur métier de policier mais plutôt des policiers qui fassent des rapports moi les policiers je les veux dans la rue pour sécuriser et protéger les français sur la proposition de loi d'Éric Ciotti interdire de diffuser les images des policiers et gendarmes quelle est votre position ?
je pense qu'on a besoin d'apaiser dans le débat politique pas de stigmatiser pas d'emballer Éric Ciotti en a fait une spécialité celle de l'effervescence à tout crin je pense aujourd'hui que poser le débat maintenant comme ça est une provocation du débat public or non moi je ne veux pas opposer la police aux français au contraire je veux tout faire pour rassembler les policiers et les français aujourd'hui il y a des tensions qui existent ce serait idiot de les nier et donc à partir de là notre responsabilité c'est de tout faire pour les rapprocher pas d'instrumentaliser l'émotion politique comme le fait dans sa proposition de loi Éric Ciotti faut-il accélérer et je change de sujet le déconfinement écoutez il y a des travaux une réunion a eu lieu hier soir est-ce que vous êtes partisan d'une accélération vous du déconfinement franchement d'abord dans les faits on a accéléré on le voit bien dans les faits j'ai travaillé comme ministre d'ailleurs beaucoup sur ces sujets on l'a fait petit à petit mais vu que les résultats sont bons que le conseil scientifique nous éclaire et que l'ensemble des sachants médicaux nous éclaire on a accéléré il y a une réunion de travail hier il y aura un conseil de défense et de sécurité nationale jeudi sous la présence du président de la république les décisions seront prises à ce moment là vous allez accélérer les décisions seront prises à ce moment là mais vous allez accélérer probablement on verra prolongation je vous coupe pardon excusez-moi la bonne nouvelle c'est que le déconfinement se passe bien dans notre pays et c'est cela que nous devons prendre en compte bien prolongation de l'état d'urgence sanitaire ou pas ?
c'est un outil nécessaire sur certains points mais c'est un outil qui limite aussi les libertés publiques et donc par nature il doit être temporaire et encadré il ne sera pas prolongé ? je ne sais pas encore parce que la situation devrait être appréciée de début de l'année mais si elle s'arrange ah mais si tout va bien elle ne sera pas prolongée ?
si tout va bien personne ne souhaitera la prolongation d'un état d'urgence si par contre on a le sentiment que pour lutter contre le virus et je voudrais profiter de votre micro pour dire que ce combat n'est pas fini il n'est pas derrière nous le risque est présent le virus est présent et le virus il se déplace à cause quelquefois de nos mauvais comportements donc attention vigilance distanciation physique devra rester une règle que nous ayons tous à l'esprit j'ai une question parce que ça circule sur les réseaux sociaux mais je voudrais avoir votre réponse est-ce que les manifestations de soignants le 16 juin seront interdites ?
je veux dire en droit elles le sont il y a un décret global qui a été pris par le premier ministre qui interdit tous les rassemblements jusqu'au 21 juin vous souhaitez une interdiction vous souhaitez qu'il n'y ait pas de elles sont déjà interdites elles sont déjà interdites ensuite il y a l'attitude que nous adoptons elles sont interdites mais elles seront tolérées si je comprends bien parce que je ne comprends plus non non mais c'est simple c'est simple parce que je l'assume est-ce que les forces de l'ordre interviendront pour interdire pour en cacher je vais tenter de vous répondre allez-y mardi dernier par les faits plutôt que par les mots par les faits c'est mardi dernier la manifestation devant le tribunal qui a rassemblé 23 000 personnes et c'est nous qui avons communiqué ce chiffre la presse considérait beaucoup moins de monde et on a communiqué ce chiffre parce que c'est un chiffre important j'ai veillé à ce qu'il n'y ait pas de procès-verbaux qui soient dressés j'ai veillé à ce que les forces soient à distance pour empêcher les casseurs et à la fin il y a un petit groupe très marginal par rapport à ceux qui étaient manifestés et nous avons veillé à ne pas disperser la manifestation donc le 16 il y aura manifestation interdite mais tolérée écoutez je n'ai pas connaissance de cette manifestation là vous savez il y aura des soignants dans la rue non mais je n'ai pas connaissance de ça ensuite vous savez il faut que la manifestation elle soit déclarée la vraie difficulté en droit il est important aussi de rappeler le droit mais surtout les conditions sanitaires et les personnels soignants le savent mieux que d'autres une manifestation aujourd'hui c'est prendre le risque de diffuser le virus merci Christophe Castaner merci beaucoup venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV 8h55 merci à tous
merci à tous