CONDAMNATION DE MARINE LE PEN : LE SOUTIEN "INATTENDU" DES MÉDIAS MAINSTREAM
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. 4 ans de prison dont deux fermes, une lourde amende et surtout une peine d'inéligibilité de 5 ans à sortie d'une exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate pour Marine Le Pen au centre d'un système de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires RNFN au Parlement européen. Ce n'est pas une décision de justice, c'est une décision politique.
La triple candidate à la présidentielle joue la victime d'une cabale politico médiaticojudiciaire. Cela n'est pas la justice, ça s'appelle la chasse aux sorcières. Les médias idéologiquement proches du Rassemblement national se sont immédiatement rangés derrière elle.
Ça, on s'en serait douté. la justice avec nos politiques avec sur certaines décisions, c'est vraiment on tourne la roue et allez, on sait pas ce qui va arriver. Franchement, il y a eu Nicolas Sarkozy la semaine dernière, c'est dramatique.
Cette de prison équipe, c'est dramatique. Marine Le Pen cette semaine. H excusez-moi, il se passe quand même quelque chose.
Ce qui est intéressant, c'est de voir que des médias plutôt mainstream, chaîne d'info en continu JT des grandes chaînes ont proposé une couverture non pas favorable à Marine Le Pen, mais qui facilite le récit que le RN cherche à imposer, à savoir celui d'un procès politique. Sans surprise, les médias de Bolloré et les éditorialistes d'extrême droite sont au taqué depuis le 31 mars pour contester la décision de justice. Pouvoir judiciaire aujourd'hui et bien il est tout simplement en train de de de de se satisfaire potentiellement justement de couper la tête de Marine Le Pen.
Des articles de Samuel Gontier ou de Pauline Boc recensaient ce musée des horreurs. Je vous les conseille juste par gourmandise. C'est la peine de mort politique.
C'est clairement fait pour. Si la France est sacrément troublée ce matin, ce n'est pas à cause de ce qu'a fait Marine Le Pen, c'est parce que des juges priv. C'est vertigineux franchement aujourd'hui que trois personnes changent l'avenir de notre pays.
Le droit contre le peuple. Moi, j'appelle ça un coup d'état judiciaire et je suis très inquiète, je vous le dis. On arrive à faire croire que la simple application de la loi par des gens dont c'est le métier est une atteinte à l'état de droit.
L'état de droit, je vous le rappelle, c'est ce qui protège la démocratie. C'est ce qui dit que le droit est au-dessus de tout. C'est-à-dire que même si vous avez temporairement la majorité, même si vous tenez temporairement l'État, ça vous donne pas le droit de tout faire.
Il y a des limites. Nous sommes entrés dans le gouvernement des juges. Alors quand du bien état profond, gouvernement des juges, mais la palme du forceur revient à Michel Onf.
J'entends aussi parfois sur les plateaux dire "Ah bah oui, mais quand la fontaine disait suivant que vous serez serez puissant ou mis, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir Et ça ça marche plus. Mais bien sûr que si ça marche. C'est simplement que les puissans, c'est pas tout bêtement ce qu'on imagine.
Les puissants, ce sont les walkistes, les constructionnistes et cette idéologie européiste, ce sont ceuxl puissants. Marine Le Pen, c'est une misérable par rapport à ça. Elle est pas dans cette logique puisque tous ces gens-là la détestent depuis des années.
Il y a un malaise. On comprendra mieux toute cette démarche si on comprend que le but de tout ce camp, ce n'est pas seulement de sauver la candidature Le Pen, mais c'est aussi de mener une lutte politique de fond, décrédibiliser l'état de droit, c'est-à-dire s'attaquer à toutes les institutions qui feraient rempart, certes faiblement à leur politique s'ils arrivaient au pouvoir, par exemple sur la préférence nationale. Bon, ça c'est l'extrême droite, d'accord, mais il est singulier de voir que pendant plusieurs jours, les chaînes classiques ont facilité à leur manière cette contestation de la justice.
Un article d'arrêt sur image analyse méticuleusement comment les chaînes d'info en continu LCI et BFM, mais aussi bien sûr Ces News, dès l'annonce du verdict, se sont focalisé sur l'avenir politique de Marine Le Pen et les conséquences de l'inéligibilité au détriment du fond du dossier, du fondement de la condamnation. L'analyse politique a son utilité. Anticiper les conséquences politiques d'une décision de justice, c'est une information.
Le problème c'est que cet unique cadrage facilite celui du qui veut faire des conséquences électorales la seule cause du jugement et non pas les infractions elles-mêmes. Au bout de 2 heures d'audience, le premier jour, j'ai compris que nous ne serions pas jugés normalement. Ce n'est pas une décision de justice, c'est une décision politique.
L'article relève par exemple que presque aucun des bandeaux observés à l'écran au cours de l'après-midi suivant la condamnation ne cite les motifs de la décision de justice. Et pour l'anecdote, ils ont même mesuré que sur ces news, le terme million réfère beaucoup plus souvent au millions d'électeurs du Rassemblement national que les 4 millions dérobés au Parlement européen. Du coup, en faisant passer au second plan les infractions elles-mêmes, les infractions initiales, ça produit un certain biais psychologique.
Si elle est rendue inéligible, est-ce que les juges auront obtenu sa mort politique ? Si je commence en disant ce jugement va priver 30 % des électeurs de leur candidat déconnecté des faits jugés, bah on est tenté de se dire waouh, ça fait beaucoup, ça paraît injuste. C'est sa vie politique et donc sa vie tout court euh qui prendrait qui se fracasserait.
Ce serait pas la même chose que de commencer systématiquement par ce jugement sanctionne 10 années de détournement de fonds publics organisé organisé par des gens qui comprennent très bien les règles de fonctionnement du Parlement européen moyennant 40 contrats fictifs en présentant pour se déforme des documents falsifiés et en multipliant les manœuvres dilatoires pour retarder le procès. Oui, parce que c'est aussi pas mal de rappeler que Marine Le Pen est victime de l'agenda qu'elle s'est fixé elle-même. Je sais pas mais prenez au moins 30 secondes pour expliquer comment des contrats fictifs d'assistants d'eurodéputés permettaient de détourner le pognon vers le parti.
Ça, je l'avais fait dans un sort les dossiers. Prenez par exemple le JT de France 2 le soir du jour où la décision était rendue. Sur 10 minutes consacrées au sujet, on passera en revue les effets juridiques de cette peine, la réaction de l'avocat, les réactions politiques, des microttoirs.
Ah, c'est dommage parce que moi j'étais pour elle. Mais zéro rappel des faits. Zéro.
À part ça, tendez l'oreille. Reconnu coupable de détournement de fonds public dans l'affaire des emplois fictifs du Parlement européen. Sujet qui finit par une analyse de Nathalie Saintcric des effets sur le champ politique qui comprend notamment ce passage lunaire.
Je précise que les juges avaient totalement le droit de prendre cette décision. On peut se dire simplement qu'ils ont un petit peu eu la main lourde. Alors il y a un malaise.
Vous voyez le cadrage médiatique n'est déjà pas terrible mais les opinions des éditorialistes sont carrément problématiques. Questionnant parfois l'application normale de la justice à un acteur politique. Je vois une forme de scénario idéal qui aurait été une exécution provisoire de 1 an ou 18 mois qui était une punition, une sanction claire.
La loi était passée, mais néanmoins Marine Le Pen pouvait se présenter à la présidentielle et ça ça nous aurait évité cette confrontation violente entre justice et politique. Au lieu de rappeler que cet arsenal législatif sur l'inéligibilité est fait pour restaurer la confiance dans le personnel politique en sanctionnant les atteintes à la probité et la triche dans la compétition démocratique, Rutel Crief nous explique que fallait pas condamner Marine Le Pen parce que ça énerve ses partisans. La présidente et les juges auraient pu, tout en appliquant la loi qui a été votée par des députés eux-mêmes, euh prendre en compte la situation de la société française pour regretter cette décision.
Oui, je pense qu'elle aurait pu être les 5 ans. Oui. Heureusement, un éditorialiste économique était du même avis.
Ce qui me préoccupe beaucoup, c'est la menace qui pèse sur l'état de droit. Mécaniquement, ça va éloigner les Français de l'état de droit. C'était déjà le cas.
On en a parlé sur ce plateau à bien des reprises notamment pour les jugements qui concernent l'immigration. Souvenez-vous de cette politique, cette polémique avec Bruno Retaillot, l'état de droit, l'état du droit. Bon, voyez, l'état de droit, c'est-à-dire ce qui vient limiter le pouvoir de l'exécutif, c'est bien à condition qu'il viennent pas limiter le pouvoir de l'exécutif.
En revanche, ces bavards de plateau sont beaucoup moins locasses sur l'accélération exceptionnelle de la procédure d'appel. Les juges ont considéré le calendrier politique pour flinguer Marine Le Pen. C'est ça qui me choque.
Et tout ça faudrait le comparer à leurs avis de l'époque sur la réponse pénale au gilets jaunes ou à la révolte des banlieux de 2023 et de désir des juges de prendre le surplom sur la sur la vie nationale. Alors que par comparaison tout au long de la semaine dernière chez les éditorialistes politiques de la radio publique, j'ai pu au contraire entendre une défense un peu convenue de l'état de droit. Mais sur les chaînes TV, on dirait que se sont multiplié des prises de parole, disons sceptiques, remettant parfois carrément en question l'égalité devant la loi.
On peut se dire simplement qu'ils ont un petit peu et la main lourde. Tout ça, ça ressemble à une simple reprise de la rhtorique des prévenus. Pourquoi n'avoir pas consacré plus de temps aux démonstrations de l'accusation ou des juges ou simplement à une meilleure présentation du travail parlementaire au Parlement européen ?
Sans ça, vous ne donnez pas au public les moyens de résister, par exemple, à l'élément de langage sur le désaccord administratif. Il s'agit là d'un désaccord administratif avec le Parlement européen. Exactement pareil avec le Mais il n'y a pas eu d'enrichissement personnel.
Il n'y a pas d'enrichissement personnel. Il n'y a pas de corruption, il n'y a rien de tout cela. C'est pas pareil si vous prenez le temps de détailler à chaque fois le mi-temp à Lioot à 5000 €, l'indemnité de licenciement du garde du corps à 29000 €, les primes de Noël et cetera.
Bref, tous ces éditaux complaisants contribuent à placer le débat là où le RN voulait le placer sur la souveraineté des électeurs bafoués, l'inéligibilité et cetera selon un récit où s'oppose politique élection à justice droit comme si la loi qu'appliquaient les juges n'avait pas été votée par le peuple. D'ailleurs, on entendait une complaisance similaire il y a quelques semaines quand les procureurs réclamaient 7 ans de prise en ferme contre Nicolas Sarkozy dans le procès des financements libiens. Effectivement, j'ai pas écouté le réquisitoire hier, mais c'est vrai que c'est quand même un peu surprenant la manière dont certaines formulations ont été utilisées par le parquet financier ou représente.
Je pense que ça permet des questions qui sont certes habituelles quand il s'agit d'un politique et qu'on remet souvent en question les accusations, mais parfois on peut pas dire que les magistrats, comment dire-je, n'alimente pas eux-mêmes volontairement ou involontairement le débat. Alors, comment expliquer ces glissements d'un personnel médiatique qui d'ordinaire n'aime rien tant que fustiger le populisme et le complotisme ? Le politiste Pierre Leféburn une première explication par les réorganisations des rédactions.
Au sein des rédactions d'information de médias généraliste mais dans les chaînes d'information continue plus généralement, il manque une expertise économique, il manque une expertise juridique. On a beaucoup de rédactions qui se sont réorganisées autour de pôle France, de pôle généraliste et le politique garde sa prééminence. Et donc on a une lecture qui est encapsulée finalement dans une sorte de hiérarchie interne aux rédactions et qui est de moins en moins capable, me semble-t-il, par rapport il y a quelques années, de convoquer des expertises qui sont dans le cadre de l'agenda des faits dont on a à traiter qui sont vraiment appropriés.
Faute de travailler le fond du dossier, le journaliste politique se replie sur son fond de commerce, l'hyper personnalisation et la course des petits chevaux à la présidentielle. Une hypothèse qu'on peut ajouter, c'est que les médias mainstream se calent toujours plus ou moins sur ce que dit l'exécutif. Or, on a un François Bairou se disant troublé et qui fait comme si un premier ministre exprimant des doutes sur une loi au moment où elle est attaquée ne contribuait pas considérablement à l'affaiblir.
Je considère comme citoyen qu'il devrait y avoir citoyen. On a un ministre de l'intérieur déjà fâché contre l'état de droit qui a lui aussi dragué l'électoral péniste. Moi, ce que je souhaite c'est qu'elle puisse être jugée en appel le plus vite possible.
C'est une seconde chance pour elle. On a un ministre de la justice qui s'est carrément livré à ce qui ressemble bien à une atteinte à la séparation des pouvoirs en réclamant à la cour d'appel un traitement de faveur sur l'affaire Le Pen. Et je souhaite personnellement que si madame Le Pen interjette au cours ce délai de jugement nouveau à la cour d'appel de Paris puisse être organisé dans un délai le plus raisonnable possible.
L'ambiance générale dans la bourgeoisie au pouvoir, Macronie et Socle commun, c'est la nécessité de passer des réformes en force. Et même si l'État de droit, le Conseil constitutionnel, Conseil d'État, la justice se contente en général d'entériner les décisions de l'exécutif, il demeure un frein sur certains dossiers. L'immigration, la justice des mineurs.
Donc il s'agit de le présenter à l'opinion publique comme un empêchement à mener certaines politiques. Ça nous aurait évité cette confrontation violente entre justice et politique. Les chefferies éditoriales de ces grands médias qui sont des-paroles de ce pouvoir accompagnent ce glissement.
Au lieu de se penser comme des contrepouvoirs devant faire preuve de solidarité avec les autres contrepouvoirs, ces médias adoptent certains cadrage populiste. Y a-t-il un gouvernement des juges ? L'état de droit ne s'oppose-t-il pas à la volonté majoritaire du peuple ?
Et cetera. Donc derrière tous ces doutes, ces critiques de la justice dans l'affaire des assistants parlementaires du RN, il y a une véritable attaque sournoise des classes dominantes contre un pilier de la démocratie, l'état de droit. On se retrouve dans de semaines. [Musique] No.
Yeah.
Marine Le Pen