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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 mars 2025 7 minComplaisantDivertissementNumériqueÉducation & recherche

Une consultation lancée par le CNRS pour "comprendre pourquoi on entend souvent 'j'ai détesté les maths'"

Au micro : Mathilde Munoz Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Que recherchez-vous par le biais de cette consultation ?

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Vous dites les émotions, ça suscite des émotions les maths ?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Par exemple ?

  • 1:40RelanceRéponse directe

    Oui, mais on n'a pas besoin de faire de maths ou de connaître les maths pour utiliser une carte bleue.

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Mais pour revenir à cette consultation que vous lancez, il y a deux ans, il y a déjà eu des assises des mathématiques. Vous n'avez pas eu les réponses que vous attendiez lors de ces assises ? Il fallait consulter les citoyens ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Quel souvenir avez-vous des mathématiques à l'école ? Pouvez-vous nous raconter l'impact qu'ont eu les maths sur votre parcours des vies ? Pensez-vous que la recherche en mathématiques est indispensable pour répondre aux défis environnementaux et démocratiques de demain ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « On veut interroger les citoyennes et les citoyens français sur leurs ressentis, leurs émotions quand ils parlent de mathématiques et leurs besoins. »
  • 0:45Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'il veut reprendre les maths ? »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « J'ai été nul en maths, ce n'est pas pour moi. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « Souvent, on entend « j'ai détesté les maths ». »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « Et on ne le dit pour aucune autre matière. »
  • 1:27Invité politiqueFait
    « Alors pour les sondages, pour l'intelligence artificielle, on en entend parler. »
  • 1:35Invité politiqueFait
    « Sans qu'on se rende compte, quand on va payer avec sa carte bancaire, c'est des maths, il y a de la cryptographie derrière. »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « Absolument. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Alors, quand on a organisé les assises des mathématiques, on s'est interrogé au sein de notre propre communauté mathématique. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Mais on n'a jamais été voir la population, leur demander « Qu'est-ce qu'ils pensent des maths ? Est-ce que c'est une discipline dont ils ont besoin ? Quelles sont leurs émotions, leurs ressentis ? » »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Je crois que sur aucune discipline scientifique, on a fait une consultation citoyenne pour voir ce que les gens ont pensé. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Les réponses, déjà pour nous. Déjà, essayer de comprendre qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer la situation des mathématiques en France. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Moi, j'ai pris conscience dans ma vie d'adulte que les mathématiques, c'était important. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Et maintenant, je voudrais bien me former parce que je me rends compte que je ne sais pas interpréter un sondage. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « C'est vrai que la recherche mathématique française est une des toutes meilleures au monde. »

Temps de parole

  • Invité politique60 %
  • Présentateur40 %

≈ 13,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7. Il est 6h21, quelle place occupent les mathématiques dans notre vie ? C'est ce que veut savoir le CNRS qui lance une grande consultation, une réflexion à laquelle tout le monde est invité à participer pendant deux mois. Cette initiative commence aujourd'hui à l'occasion de la semaine des mathématiques. Bonjour Christophe Besse. Bonjour Mathilde Munoz. Vous êtes le directeur de l'Institut National des Sciences Mathématiques et de leurs interactions, un institut qui est rattaché au CNRS. Que recherchez-vous par le biais de cette consultation ?

0:33
Invité politique

On veut interroger les citoyennes et les citoyens français sur leurs ressentis, leurs émotions quand ils parlent de mathématiques et leurs besoins. Est-ce qu'on ne pose jamais la question à un adulte ? Est-ce qu'il veut reprendre les maths ? Est-ce que c'est une question importante pour lui ? Et on veut interroger les citoyens et les citoyens sur cette question.

0:52
Présentateur

Vous dites les émotions, ça suscite des émotions les maths ?

0:54
Invité politique

Oui, quand on est, comme moi, chercheur en mathématiques, quand on est interrogé sur notre métier, c'est soit de la passion, soit une espèce de réticence. J'ai été nul en maths, ce n'est pas pour moi. En tout cas, ça ne laisse pas les gens indifférents. Et on essaye de comprendre pourquoi et aussi de pourquoi. Souvent, on entend « j'ai détesté les maths ». C'est fort comme mot.

1:18
Présentateur

Et on ne le dit pour aucune autre matière.

1:20
Invité politique

Et on ne le dit pour aucune autre matière. Alors qu'en fait, les maths, on la vit tous les jours dans notre quotidien. On en a tous les jours besoin.

1:26
Présentateur

Par exemple ?

1:27
Invité politique

Alors pour les sondages, pour l'intelligence artificielle, on en entend parler. Aujourd'hui, on a la radio, c'est une radio numérique. Tout ça, c'est des maths. Sans qu'on se rende compte, quand on va payer avec sa carte bancaire, c'est des maths, il y a de la cryptographie derrière.

1:40
Présentateur

Oui, mais on n'a pas besoin de faire de maths ou de connaître les maths pour utiliser une carte bleue.

1:44
Invité politique

Absolument. Mais par contre, quand vous allez vouloir savoir si les soldes sont intéressantes, vous allez faire une petite conversion dans votre tête en me disant « Ah ouais, 30% c'est bien, ça va me rapporter de temps. » Ou ça va me faire économiser de temps. Donc, vous les manipulez tous les jours.

1:55
Présentateur

Mais pour revenir à cette consultation que vous lancez, il y a deux ans, il y a déjà eu des assises des mathématiques. Vous n'avez pas eu les réponses que vous attendiez lors de ces assises ? Il fallait consulter les citoyens ?

2:04
Invité politique

Alors, quand on a organisé les assises des mathématiques, on s'est interrogé au sein de notre propre communauté mathématique. On a fait participer des gens de la société civile, des hommes politiques et des femmes politiques, des industriels. Mais on n'a jamais été voir la population, leur demander « Qu'est-ce qu'ils pensent des maths ? Est-ce que c'est une discipline dont ils ont besoin ? Quelles sont leurs émotions, leurs ressentis ? » Et ça, c'est novateur. Je crois que sur aucune discipline scientifique, on a fait une consultation citoyenne pour voir ce que les gens ont pensé.

2:35
Présentateur

Alors moi, je l'ai fait, j'ai répondu à ce questionnaire sur le site consultation-math.fr. Alors, ça prend quelques minutes. Je le dis aux auditeurs, vraiment, vous pouvez le faire, c'est rapide.

2:45
Invité politique

Et surtout, il n'y a pas d'exercice, parce que souvent, ça fait peur aux gens.

2:49
Présentateur

Il n'y a pas d'exercice. Ça prend quelques minutes, c'est très simple. Alors, j'ai noté quand même quelques questions, justement. Quel souvenir avez-vous des mathématiques à l'école ? Pouvez-vous nous raconter l'impact qu'ont eu les maths sur votre parcours des vies ? Pensez-vous que la recherche en mathématiques est indispensable pour répondre aux défis environnementaux et démocratiques de demain ? Donc, c'est vraiment ouvert à tous, qu'on soit bon ou pas en maths, qu'on aime ou pas les maths. C'est même peut-être plus intéressant si on ne les aime pas, d'ailleurs.

3:14
Invité politique

Absolument. On veut vraiment que toutes les citoyennes et les citoyens donnent leur avis. Il n'y a pas de tabou. On veut essayer de comprendre pourquoi on peut être amené à dire qu'on déteste les maths.

3:25
Présentateur

Et à qui seront destinées les réponses ?

3:28
Invité politique

Les réponses, déjà pour nous. Déjà, essayer de comprendre qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer la situation des mathématiques en France. L'accès tout au long de la vie pour préparer cette consultation citoyenne. On a fait quelques ateliers avec des gens et j'ai été surpris d'entendre des adultes dire « Moi, j'ai pris conscience dans ma vie d'adulte que les mathématiques, c'était important. À l'école, je n'y prêtais pas forcément une attention suffisante. Et maintenant, je voudrais bien me former parce que je me rends compte que je ne sais pas interpréter un sondage. Et je n'arrive pas à trouver d'endroit où je peux me former.

Mais ça, c'est des réponses, enfin, c'est des questions auxquelles on ne s'attendait pas. Et une fois qu'on les aura, on pourra aller voir les femmes et les hommes politiques pour leur dire... C'est ça, le but, en fait.

4:14
Présentateur

C'est de changer les choses, c'est pas juste d'avoir les constats.

4:17
Invité politique

Non, c'est de s'appuyer sur ces constats, d'avoir des leviers pour aller voir les femmes et les hommes politiques pour leur dire « Regardez, la société, c'est ça qu'elle veut. »

4:23
Présentateur

Comment vous expliquez ce paradoxe qui est très français ? On le dit, voilà, les maths, il y a plein de gens qui détestent les maths, qui avaient même peur. Moi, j'avais des gens dans ma classe quand j'étais petite. Quand ils arrivaient en cours de maths, ils avaient peur. C'était vraiment de l'ordre de l'émotion pour en revenir à ce qu'on disait tout à l'heure. Et dans le même temps, la France reste une référence en matière de recherche très pointue en mathématiques. Comment ça se fait ?

4:45
Invité politique

Alors ça, c'est la colle. Ça, c'est très difficile de comprendre pourquoi on a cette difficulté. C'est vrai que la recherche mathématique française est une des toutes meilleures au monde.

4:57
Présentateur

Encore aujourd'hui, même si on dit que le niveau baisse année après année, ça reste quand même de qualité ?

5:01
Invité politique

Ça reste d'une très, très bonne qualité, tout à fait. Et pourquoi on a ce paradoxe ? C'est difficile à comprendre. Peut-être qu'on insiste trop sur le fait que quand on n'arrive pas, une fois, c'est un constat d'échec. J'aime bien prendre l'analogie avec quand on est petit, on apprend à marcher. Si on tombe et que nos parents nous disent « Jamais tu n'arriveras à marcher, on n'avancera jamais. » Pour les mathématiques, c'est pareil. Ce n'est pas grave de se tromper dans la vie d'une chercheuse ou d'un chercheur. C'est notre quotidien. Si on ne se trompe pas, on n'avance pas. Et donc, ce n'est pas grave. C'est de l'entraînement. Et même si on se trompe en arrière, il faut encourager les gens.

Quand on est petit, il y a des cubes où on peut essayer de rentrer des formes à l'intérieur. Les parents s'émerveillent quand les enfants arrivent à faire rentrer un cercle dans une forme... Une balle dans un rond. Voilà, une balle dans un rond. Et on encourage la personne. Il faut faire pareil. Et ça, c'est des mathématiques, c'est de la géométrie. C'est des mathématiques, c'est de la géométrie élémentaire.

6:01
Présentateur

En fait, il faudrait peut-être le présenter différemment.

6:03
Invité politique

Oui, on peut jouer.

6:04
Présentateur

D'ailleurs, ça me fait penser, je ne sais pas si vous avez entendu la semaine dernière dans les petits bateaux, il y a un enfant qui a posé cette question qui dit « Pourquoi on parle de problèmes mathématiques ? » C'est génial cette question, effectivement. Elle est excellente, en effet. De dire « Problèmes mathématiques », ça a une connotation négative.

6:16
Invité politique

Oui, tout à fait. Peut-être qu'il faut qu'on change nos vocabulaires.

6:21
Présentateur

Voilà, peut-être énigme.

6:23
Invité politique

Une énigme, oui.

6:25
Présentateur

Une énigme. Consultation-math.fr. Elle est ouverte jusqu'au 30 avril. C'est utile, c'est pour le CNRS, c'est rapide. Ça prend vraiment quelques minutes. Ça s'appelle « Aux maths citoyennes et citoyens ». Alors, citoyennes et citoyens qui nous écoutez, allez-y participer. Christophe Bers en sera ravi. C'était notre invité ce matin, directeur de l'Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions. Merci Mathilde. Merci beaucoup.