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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 12 septembre 2026 34 min

Les Européens tournés vers la présidentielle française : quand la France inquiète l’Europe !

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Locuteur

France 24 LCP public Sénap présente. Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires. Nous allons beaucoup parler dans ce programme de la montée en puissance des droits radicales et en particulier nous ferons notre débat sur la France. La France qui inquiète l'Europe. Mais pour commencer, nous sommes au cœur de Paris dans la résidence de l'ambassade du Luxembourg pour recevoir aujourd'hui le premier ministre luxembourgeois Luc Friden. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes depuis bientôt 3 ans le chef du gouvernement de ce petit état de 670000 habitants enclavé entre la France, l'Allemagne et la Belgique qui est le plus riche de l'Union européenne par habitant. Donc grâce en particulier à son secteur bancaire, on en parlera. Vous êtes aussi président du Parti populaire chrétien social qui correspond à la droite mainstream en Europe, le Parti populaire européen. Et nous allons pour commencer parler de ce sommet de l'espace à Paris auquel vous participiez. 2000 invités, 120 pays. Les Américains ont boycotté à la demande de Trump. il ne veut pas valider le modèle européen.

Mais le chancelier Friedrich Schmerz n'était pas là non plus parce que la France défend le principe d'une autonomie stratégique européenne via notamment le lanceur Arian Space et les autorités allemandes, elles veulent garder un peu la porte ouverte notamment au lanceur américain SpaceX. Est-ce que les Européens se déchirent sur l'espace ? J'approuve l'idée du président euh Emmanuel Macron de réunir tous ceux qui veulent que l'Europe soit autonome et soit forte. Ce qui signifie pas qu'il faut exclure les autres.

Nous travaillons évidemment bien avec les Américains, avec d'autres sur ces sujets, mais l'Europe a besoin en matière de défense, en matière d'énergie, en matière d'intelligence artificielle, en matière d'espace de jouer aussi son propre rôle. Leembourg est le premier opérateur en Europe pour les satellites commerciaux. Mais aujourd'hui, évidemment, avec la situation géopolitique, les satellites jouent un rôle en matière de défense, en matière de communication quantum, en matière de sécurité. Et donc, il faut évidemment que l'Europe soit un peu plus autonome et euh nous n'avons pas été suffisamment peut-être par le par le passé. En même temps, nous restons des amis des États-Unis.

Une certaine concurrence est bonne mais vous voyez ce que font les États-Unis, masque Bos, ils sont très actifs et donc l'Europe aussi doit jouer son rôle. Il y a évidemment parfois des intersections. [grognement] Alors comme chaque semaine, monsieur le Premier ministre, nous vous proposons des nouvelles choisies de l'Union européenne. C'est l'Europe en bref avec Isabelle Romero. Au sommet de l'espace à Paris, le président français a appelé l'UE à devenir un des tout premiers acteurs mondiaux de l'espace. Face au désengagement des États-Unis de certains programmes d'exploration lunaire commun avec l'Europe, la question des vols habités jusqu'à présent non prioritaire pour l'UE est redevenu.

La capsule cargo européenne NYX effectuera sa première mission vers la station spatiale internationale à bord d'une fusée Arian 6 dans le cadre d'un contrat de 760 millions d'euros. En déplacement au Groenland, la présidente de la Commission européenne, Urciula Van Derleyen a annoncé une enveloppe de 200 millions de dollars pour développer le territoire face aux visés impérialistes de Donald Trump. Elle a signé une déclaration commune avec la première ministre danoise et Yans Frédéric Nilsen, premier ministre groenlandais. Notre coopération s'étend à de nouveaux secteurs comme les infrastructures, la connectivité, la gestion maritime, la protection civile et encore davantage.

L'UEP nouit une relation de confiance et diversifier l'accès aux matières critiques jusqu'ici très dépendant de la Chine. Le rapport PISA évalue tous les 3 ans les compétences des élèves de 15 ans en mathématiques, lecture et sciences dans 91 pays et le décrochage est brutal. Les pays asiatiques tiennent le haut du palmarès. Seul pays de l'UE parmi les 10 premiers, l'Estonie à la 6e place. La France se maintient dans la moyenne basse à la 27e place mais affiche une lourde chute en compréhension de l'écrit et en mathématiques. Au-delà des inégalités sociales et du manque de moyens, le rôle des écrans des réseaux sociaux et d'un usage massif et non maîtrisé de l'IA sont pointés par l'étude.

Luc Friden, le résultat de l'étude PISA 2025 révèle une tendance inquiétante au Luxembourg comme dans l'ensemble des pays européens compris la France. D'ailleurs, les compétences des élèves de 15 ans, sérodes en mathématiques, en compréhension de lecture et ce depuis plus d'une décennie, vous l'attribuez à qui à quoi ? J'ai lu cette étude et effectivement euh je regrette les résultats, il faut les analyser. Un des facteurs qui m'a frappé le plus, c'est que les réseaux sociaux apparemment sont à l'origine des du manque de compétences notamment pour la lecture des jeunes. Et donc il faut y travailler. Il faut voir comment est-ce qu'on peut encourager les jeunes à lire plus, à lire mieux.

Et je crois qu'il faut tirer les conclusions au niveau national évidemment dans chaque Étatmembre. Mais ce c'est ce volet euh des réseaux sociaux euh qui selon cette étude a un impact de moins chez nous à Luxembourg sur la diminution des compétences et et ça m'inquiète en tant que chef du gouvernement. Justement dans une lettre adressée à Urzula Van Derleon, Emmanuel Macron a demandé à la présidente de la commission un texte européen pour interdire l'accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans. La loi a été rejetée en France par le Conseil constitutionnel. Vous pensez qu'il faut euh une directive européenne d'interdiction ?

Je soutiens sa demande du président Macron euh à la Commission européenne. J'ai fait d'ailleurs la même chose oralement à la présidente de la Commission qui elle-même partage euh ce point de vue. L'interdiction n'est jamais quelque chose qui dans un monde libéral dans lequel nous sommes est la première solution. Mais quand on voit qu'il y a de tels problèmes, je crois qu'il faut protéger les jeunes dans leur développement. C'est la même chose ce que nous faisons avec l'alcool, avec les cigarettes, avec la conduite. Je préfère une solution européenne puisque nous vivons dans un espace européen.

Donc c'est un peu dommage de le faire juste à l'intérieur de ces frontières, chez nous encore plus que dans d'autres pays vu la taille du pays. Et donc nous avons décidé que si l'Europe n'agit pas d'ici la fin de l'année, nous allons le faire aussi au niveau luxembourgeois, tout en tenant compte aussi d'ailleurs des réflexions du Conseil constitutionnel français quant aux limites de cette restriction à la liberté.

Alors, en théorie, l'Union européenne, elle a encadré ses réseaux sociaux avec ce qu'on appelle le DSA, le Digital Service Act, y compris d'ailleurs récemment le réseau social Redit, la plateforme de jeux Roblox et les intelligences artificielles qui sont maintenant logées à la même enseigne. Euh, alors que Open IA, on a vu une intelligence artificielle qui a désobéi à ces instructions, qui s'est qui s'est échappé, qui a pris le contrôle d'un site internet. Euh est-ce que la volonté politique des Européens d'encadrer et compris de déclencher des sanctions, elle est bien réelle où on a trop peur des Américains et des Chinois ? Un européen doit jamais avoir peur des autres.

C'est un grand continent, 400 millions d'habitants. Donc nous pouvons être fiers de ce que nous sommes avec nos valeurs, nos principes. Mais en même temps, nous voulons une intelligence artificielle qui soit je dirais humaine et donc nous voulons qu'elle respecte un certain nombre de principes. Le Luxembourg et moi-même nous sommes très en faveur du développement de l'intelligence artificielle mais il faut évidemment l'encadrer. Et donc si quelqu'un ne respecte pas un certain nombre de règles fondamentales qu'il faut probablement adapter au fil du temps, il faut aussi des sanctions. Mais les sanctions, c'est toujours la dernière la dernière étape.

Il faut d'abord qu'il y ait un consensus d'abord en Europe sur une à taille humaine et nous y travaillons. Et mon pays joue un rôle de leader là-dedans aussi. Nous avons fait comme premier pays en Europe un accord avec la société européenne française mistrale IA pour introduire l'IA dans l'État luxembourgeois pour nos citoyens pour nos fonctionnaires. Mais évidemment il faut que au niveau européen certaines règles soient respectées. C'est ça l'Europe. Les valeurs de l'Europe, elles ne sont pas les mêmes qu'en Chine qu'aux États-Unis. Alors parlons d'un autre sujet clivant pour les Européens. Le futur budget de l'Union 2028- 2034.

La commission propose 2 % du PIB de la richesse de l'ensemble des 27. Les pays fru Allemagne et Nord donc demande deux fois moins. Vous dites que vous ne faites pas partie de ces frugots, mais finalement si on regarde un petit peu vos déclarations, vous êtes contre des projets de taxe européenne sur le tabac de taxation sur les multinationales qui ont profité de la crise énergétique alors que l'Union européenne espère en faire au contraire une des ressources propres dans leur budget européen augmenté. Donc il faut éviter que en Europe on fasse des choses qu'au niveau national on ne fait pas et la fiscalité est un bon exemple.

Nous avons baissé l'impôt sur les sociétés dans mon pays pour que l'économie luxembourgeoise reste compétitive face à d'autres parties du monde. Et donc on peut pas au niveau européen, quel que soit l'État, augmenter les impôts pour les entreprises parce que ça va pousser les entreprises vers d'autres continents et je veux que les entreprises restent en Europe. Sur le budget, il faudra trouver donc d'autres ressources propres.

Donc nous ne sommes pas opposés à des ressources propres, mais il faut des ressources propres qui fassent du sens, qui ne soi pas contraires à notre objectif de compétitivité, qui ne soit en même temps réparti de façon équitable entre les Étatsmembres et si nous trouvons là des solutions et je crois qu'on par par exemple la taxe d'importation, une taxe écologique en fait, taxe carbone à la frontière, une taxe sur les déchets une taxe sur les déchets, on peut discuter de toutes sortes d'impôts. à condition que ça ne n'impacte pas la compétitivité euh des emprises et le pouvoir d'achat de nos citoyens qui sont extrêmement importants pour la prospérité de l'Europe.

sur le budget du côté dépenses, je voudrais juste dire que nous avons besoin de soutenir au niveau européen aussi les nouvelles politiques, l'innovation, l'espace, la technologie, les satellites et tout cela retir donc on a besoin d'un gros budget pas 1 % on a besoin d'un budget on a besoin d'un budget qui est plus grand que le budget actuel mais il ne faut pas qu'il soit trop grand parce qu'il doit aussi être financié et c'est la raison pour laquelle mon pays n'est ni du côté des frugots, ni Du côté des PS de cohésion, il faut trouver un juste milieu, moins que ce que la commission a proposé, mais on peut pas bifer dans toutes les catégories parce qu'il faut aussi garder une politique de cohésion.

C'est essentiel pour réduire le déséquilibre entre les pays plus développés et moins développés économiquement. Et je sais aussi notamment dans certains pays l'importance de la politique agricole commune. Donc je suis aussi réaliste, on peut pas l'abolir en la France mais aussi dans d'autres pays compris le mien. L'agriculture fait partie non seulement de la tradition et de l'environnement, c'est aussi pour nous nourrir nous-mêmes en Europe. Je ne veux pas qu'on importe tous les produits d'agriculture. C'est aussi une question d'autonomie pour les années à venir. Luc Friden, parlons d'un pays voisin au Luxembourg. L'Allemagne avec une victoire de l'AFD dans le land de Saxalt.

l'Allemagne donc qui est une République fédérale, ça veut dire que les régions ont beaucoup de pouvoir. L'AFD entend dans le monde de la culture donc imposer tous ces partisans au poste clé, couper les subventions, prendre la fin de la culpabilité nazie dans l'éducation, l'apprentissage du russe et veut supprimer des programmes d'intégration pour les migrants. Quelle leçon vous tirez du retour des vieux démons chez votre voisin allemand ? Ça m'inquiète profondément. J'ai toujours été opposé à toutes les solutions extrémistes.

Mais si l'extrême droite gagne en Allemagne, ça évidemment aussi pour un voisin euh de l'Allemagne dont le pays a été envahi euh en 1940 par les nazis, c'est évidemment extrêmement choquant et inquiétant. Et donc j'en appelle à tous les électeurs de tous les pays européens pour regarder l'histoire. Le nationalisme, la discrimination des minorités, ça conduit à la deuxième guerre mondiale. Et donc il faut pas oublier les leçons de l'histoire. Et donc c'est le devoir des partis du centre et moi je fais partie du du centre politique européen, vous l'avez dit tout à l'heure, du Parti populaire européen.

Il faut que nous trouvons des solutions pour garantir la cohésion sociale, la prospérité et la paix. Mais vous avez pas l'impression que ces solutions passent tout le temps par le fait de s'en prendre encore plus aux immigrés ? Ça ne doit pas être le cas parce que l'Europe a besoin d'une immigration. Euh regardez le Royaume-Uni, c'est le même débat sur le Brexit. En fait, le Royaume-Uni a besoin d'immigrer, ce qui s'invit pas, qu'il faut permettre à tout le monde dans le monde entier de venir chez nous. Mais nos marchés du travail ont besoin d'un certain nombre d'immigrés. Euh et donc il faut des solutions réalistes.

Les gens vont réaliser que ce que proposent les partis extrémistes de droite et de gauche souvent c'est des solutions qui sonnent bien à première vue mais qui ne résout aucun euh problème. On avait vu au Pays-Bas où un parti d'extrême droite avait gagné. il n'a pas réalisé un seul point dans la coalition à laquelle il a appartenu. Euh mais donc c'est un énorme défi pour les parties du centre politique. Nous devons y travailler. Nous devons analyser cela en commun aussi au niveau européen. Mais encore une fois c'est une tendance extrêmement dangereuse pour l'Allemagne et pour l'Europe. D'ailleurs, l'année à venir est ponctuée d'élection. 2026 la Suède en septembre la Lonie en octobre.

En 2027, Espagne, Italie, Pologne, Estonie, Finlande, Grèce et bien sûr la France en avril 2027 avec Marine Le Pen. Est-ce que vous craignez partout une montée de cette droite radicale ? Est-ce qu'il y a un enjeu de survie pour l'Union européenne ? Nous vivons en démocratie et donc à chaque peuple désigné ses responsables politiques et nous sommes très attachés à la démocratie. Il faut surtout pas voter pour des gens qui infinés vont veulent sur certains aspects détruire la démocratie. Regardez ce qui se passe dans un certain nombre de pays où des populistes euh ont gagné aussi en dehors euh de l'Europe.

Oui, je suis inquiet face à ces tendances que j'observe dans d'autres pays, mais nous avons encore jusqu'à ces élections dans tous les pic que vous avez cité des mois pour pour réagir et pour montrer que des compromis qui sont nécessaires en politique, en démocratie peuvent aussi contribuer à améliorer la situation des gens, notamment en terme de pouvoir d'achat, de création d'emplois et nous sommes dans un monde géopolitique extrêmement compliqué.

Et si l'Europe est la meilleure réponse face aux défis qui nous sont lancés par la Russie en Ukraine, par les États-Unis qui se qui ont changé leur attitude vis-à-vis du des institutions internationales, vis-à-vis de la Chine qui est extrêmement ambitieuse et dominante en terme de technologie et autres. Donc l'Europe a tout intérêt à se à être uni, être soutenu par c'est la seule réponse pour survivre dans ce monde très compliqué. L'extrême droite est aussi assez sensible aux narratifs prorusses. Peut-être que le soutien à l'Ukraine peut s'éroder sous la poussée euh de cette droite radicale. Vous étiez en visite récemment à Kiev. Croyez une attaque possible sur un pays de l'OTAN ?

Je ne l'exclus certainement pas et je crois que euh si l'Ukraine perdait cette guerre, euh la Russie et le son président euh serait ce serait quasiment une invitation pour essayer dans d'autres pays euh de l'Europe terrestre. Et d'ailleurs, au-delà de l'attaque de l'invasion, il y a déjà aujourd'hui des attaques hybrides. La cybersécurité, nous sommes attaqués tous les jours, nos systèmes informatiques, les drones qui arrivent, tout cela, ce n'est pas de la science-fiction, c'est déjà une réalité. Je crois que Poutine teste un peu l'Europe et nous sommes unis. Nous sommes unis face à ces à ces menaces.

Mais c'est pour ça qu'il faut l'Europe parce que chaque pays seul est faible même s'il est grand. Merci Luc Friden, premier ministre du Luxembourg d'avoir été notre invité aujourd'hui pour France 24 et les chaînes parlementaires. Restez avec nous. Nous continuons sur la question de savoir si la France inquiète l'Europe, sa situation économique bien sûr et puis les élections à venir. C'est tout de suite notre débat.

17:32
Non speech

[musique]

17:38
Locuteur

Bienvenue au Parlement européen à Bruxelles qui dès cette rentrée a les yeux tourné vers la France. Les Européens sont en effet fébriles à l'approche d'une élection présidentielle qui pourrait être remportée par Marine Le Pen et marqué un tournant en Europe. Si la candidate du RN a renoncé à quitter l'UE, elle parle en revanche de diminuer unilatéralement et drastiquement la contribution française au budget européen, ce qui inquiète dans de nombreuses capitales. Une élection française où l'on retrouve aussi toutes les craintes du moment, les risques d'ingérence étrangère, une captation du débat politique par les extrêmes et une polarisation du pays.

Oui, puis d'ors et déjà, la France est en difficulté notable vis-à-vis de ses partenaires européens en cette rentrée. Une dette qui dépasse 115 % de son PIB, deux fois plus que les recommandations du pacte de stabilité. Son budget ne respectera pas les 5 % de déficit promis pour 2026. Et dans ces conditions, les marchés financiers sanctionnent l'État français avec les pires taux d'emprunt de l'Union européenne, plus élevés d'ailleurs que ceux de la Grèce ou de l'Italie. Et alors pour en parler aujourd'hui, nous recevons des invités, trois invités en duplexe.

D'abord depuis Budapest, bonjour Andrelot, vous êtes eurodéputé hongrois, vous êtes membreux du Fidè, donc c'est l'ancien premier ministre Victor Orban ici au Parlement de Bruxelles. Vous si au sein du groupe des conser des patriotes pardon pour l'Europe qui est dirigé justement par Jordan Bardella. Et avec nous en plateau à Bruxelles, nous accueillons aussi Charger Guerinz. Bonjour, vous êtes Luxembourgeois et siégé au sein du groupe Renew ici au centre de l'hémicycle et puis Daniel Freund, eurodéputé allemand membre du groupe des vers. Daniel Freun depuis l'Allemagne justement, comment est-ce qu'on voit les choses ? Est-ce que on est entré en mode panique vis-à-vis de la France ?

pas panique, mais il y a une certaine inquiétude euh voir que l'extrême droite euh est devant dans les sondages que apparemment il y a [grognement] une une chance que l'extrême droite et l'extrême gauche arrivent au 2e tour et que tout le centre, le le côté progressiste, les verts, les social-démocrates, les libéraux n'arrivent pas à même arriver au 2è tour. Évidemment, ça inquiète pour la France. Alors Andras Las, votre champion Victor Orban en Hongrie vient de perdre une élection et d'ailleurs il incarnait finalement un certain leadership de cette droite radicale.

Est-ce que vous allez faire campagne maintenant activement pour votre groupe les patriotes qui est dirigé, je le disais par Jordan Bardella et puis au-delà bien sûr Marine Le Pen. Nous attendons l'année prochaine un changement en France et un changement puis après dans la politique européenne. Ce qu'on voit ces dernières années, c'est que la politique migratoire de l'Union européenne, c'était une échec. La politique des sanctions et d'énergie était une échec. Euh l'idéologie du Green Deal qui incarne tout. Euh ça n'a pas mené à la croissance mais en fait ça a fait chuter la compétitivité européenne. C'est pourquoi on voit cette crise euh au niveau européen.

C'est pourquoi on a eu des difficultés en Hongrie. C'est pourquoi il y a des difficultés en France et en fait euh l'Union européenne est maintenant aussi endettée. Pas que la France. c'est que dans ces quelques dernières années que l'Union européenne a commencé à emprunter énormément de l'argent mais ça a pas mené à la croissance que Ursa et le mainstream espérait. Donc en fait justement ça ça démontre qu'il faut du changement.

On a déjà vu ça, cette sentiment de la part des citoyens européens et français euh notamment en 2024 lors des élections européennes puis les élections françaises euh qu'il est temps du changement puisque la politique idéologique qui était menée ces dernières années n'ont pas réussi à à faire plaisir aux citoyens. Vous parlez de changement et quel changement Charles Gurens. L'extrême droite française a officiellement renoncé au Frexit he la sortie de l'Union européenne et de la zone euro. Le risque pour l'Union européenne est-il moindre à vos yeux qu'il y a quelques années ou est-ce qu'il est toujours aussi important si c'est parti arrivé au pouvoir ?

Le risque est important au niveau économique, le risque est important au niveau des politiques institutionnelles. Euh je ne sais pas quelle est la position de madame Le Pen quant au la primauté du droit européen sur le droit national. Je sais qu'elle n'est pas le seul à avoir des doutes sur le maintien de cees principes. Il y a aussi monsieur Rutaillot. Donc on voit avec inquiétude des Français qui prennent leur distance par rapport au piliers de la construction européenne qui ont permis de consolider ce que des Français, d'autres Français comme Robert Schuman et Jean Monet ont mis en place. Il y a une autre inquiétude qui va au-delà du domaine économique.

C'est et permettez-moi d'insister là-dessus, c'est tellement fondamental. Je crois que 83 ans après la choa, plus aucun juif en Europe ne devrait plus avoir peur de rester dans le pays où il réside. Il y a une reconnaissance de l'antisémitisme un peu partout et la façon dont il se développe en France m'inquiète au plus haut degré. C'est pas une question de d'opinion comme disait l'autre, mais c'est un un délit. L'antisémitisme est un un délit. Donc en ce qui concerne les valeurs fondamentales, c'est aussi important que le problème économique dont il faut pas sous-estimer.

Alors le problème économique, c'est que par exemple Jordan Bardella propose de diminuer de moitié la contribution française au budget de l'Union européenne qu'elle est actuellement de 28 milliards d'euros. Nous sommes très légèrement contributeurs net les Français mais ça vous paraît faisable par la négociation par la force c'est-à-dire unilatéralement ? Non, c'est les négociations budgétaires qui d'ailleurs sont en cours euh actuellement pour les prochaines cette année. [grognement] Euh ça se fait pas que un pays dit "Non, mais nous on va plus payer" parce que ça c'est la sortie unilatérale de l'Union européenne et ça ça va tuer l'économie française.

C'est une sortie de la zone euro qui ne dit pas son nom en fait cette proposition du Rassemblement national à vos yeux. Oui, c'est c'est tout simplement légalement impossible. Et d'ailleurs, si la France arrête de payer, l'Union européenne va arrêter de de verser l'argent. Donc en fait, les premiers qui vont le sentir, c'est les agriculteurs français qui vont plus recevoir leur leur leur subvention. Et je sais pas comment monsieur Bardella va expliquer à l'agriculture française qu'il y a plus d'argent. Andras Lelon, on parlait de cette contribution au budget de l'Union européenne.

Votre pays, la Hongrie, sous l'aire urbane qui est pourtant été marqué par une assez forte défiance envers les institutions de Bruxelles n'a jamais suspendu sa contribution. Dites-moi si je me trompe, et comment est-ce que vous accueillez cette proposition de du Rassemblement national, vot votre allié français ? Ce qu'il faut fixer tout d'abord, ce qu'il faut réparer, c'est la politique même, il faut un changement avant qu'on puisse parler de la somme nécessaire pour mettre l'économie européenne debout de nouveau. Euh ça ça n'a pas de sens, ça va rien achever si on met encore plus de l'argent dans une direction, dans des politiques qui ne fonctionnent pas.

On voit très bien ces dernières années que au niveau de l'industrie européenne, la défense la l'industrie de défense européenne, l'industrie euh euh numérique euh l'industrie le secteur énergétique, euh la secteur automobile, bah ça ne fonctionne pas. Il faut avoir un débat sur le sur le contenu avant qu'on ait le débat sur l'argent nécessaire pour enfin achever ce qu'on veut achever au niveau européen et aussi en France. Alors, c'est vrai que on discute en ce moment du budget de l'Union européenne pour les 6 prochaines années. Certains États poussent à une adoption rapide justement avant la présidentielle française.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella s'insurge en ces termes. L'idée est évidemment de verrouiller le budget avant potentiel changement de majorité en France. l'Union européenne poursuit sa politique et sa philosophie profondément antidémocratique, je cite, est-ce [grognement] que les Européens sont en train d'anticiper cette victoire du Rassemblement national et et ce ce rue pour conclure ce budget 2028 2034 ? Nous, en aucune façon le budget des 7 prochaines années a été inscrit dans l'agenda politique européen.

C'est c'est connu depuis l'an 2000 et même avant que tous les 7 ans, on doit négocier et suffisamment longtemps à l'avance pour qu'en 1900 euh 2028 pardon euh ce budget pour les 7 prochaines années puisse entrer en vigueur. C'est ça. C'est nullement contre le Rassemblement national ou quiconque. C'est simplement parce qu'on a besoin du financement des politiques de l'Union européenne. Sinon, il faut aller expliquer aux agriculteurs français qu'il ne touchent pas des primes à lectures, qui ne touchent pas des des des programmes des subventions susceptible de financer les programmes environnementaux et cetera. Non, nullement.

C'est intention de personne de bouleverser le calendrier européen à cause des élections françaises. Alors, Daniel Freud, il a eu un un fait intéressant. La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a opéré un virage sur la question de la dette. Vous l'avez peut-être observé depuis l'Allemagne. Elle propose d'adopter une règle d'or budgétaire. Ça, normalement l'orthodoxie budgétaire, c'est le grand crédau, le grand crédau allemand. On applaudit en Allemagne où on se méfie ? Bon, nous on est pour les investissements européens si c'est des investissements vraiment dans le dans le futur. Donc nous, on a toujours en tant que vert allemand lutter contre une dette trop contraignante.

On a aujourd'hui besoin d'investissement. On perd la chasse à à l'intelligence artificielle. euh on est derrière sur la défense, on a on a besoin aussi un investissement pour transformer nos économies vers plus de renouvelable. Donc il faut un investissement et ça c'est bien pour le futur. C'est aussi pour les futures générations que que on fait ça. [grognement] Évidemment euh il faut garder euh tout ça dans un certain contrôle pour que on arrive encore de se financer sur les marchés euh financiers. Euh voilà, c'est cet équilibre à trouver mais euh pour moi, il faut cet investissement.

On est déjà mauvais élève de toute façon au point où on en est, j'ai envie de dire on est hors les clous du pack de stabilité des 3 % de déficit. On est on narrive même pas à promettre 5 % pour 2026. Je parle même pas de du doublement de la dette. C'est c'est le maillon faible de l'Union européenne quels que soient les résultats en mai ou ça peut encore être pire. Écoutez, moi j'ai entendu le prix Nobel l'économie français, monsieur Agion, je crois que c'est c'est comment il s'appelle ? Et qui a dit des choses très intelligentes sur les étapes qu'il faut prévoir pour réduire le déficit à moyen terme.

Donc commencer à réduire les dépenses de façon à ce qu'on arrive atteint atteindre 5 % la première année, 4 % de la 2e, 3 % la 3e sans que ça remette en question tous les acquis sociaux en France. Euh et puis euh admettons aussi quand même que c'est le secteur privé qui doit être mobilisé euh pour financer les investissements. Et de ce point de vue euh je crois que tous les candidats à la présidence française devraient admettre que l'Europe fait partie de la solution si on veut.

Et quand vous entendez le candidat de la France insoumis Jean-Luc Mélenchon qui propose d'annuler euh la dette française auprès de la Banque centrale européenne, ça c'est le genre de discours qui peut inquiéter en Europe. Mais tous les experts qui sont consultés à ce propos disent que c'est une hérésie. On peut on peut annuler la dette française ou la la dette tout court auprès de la banque centrale si tous les Étatsmembres de l'Union européenne sont d'accord unanimement. Donc les traités prévoient cette cette possibilité. Il n'y a pas d'autres solution et ne perdons pas notre temps à à souhaiter que tous les Étatsmembres le fassent. L'Allemagne le veut pas.

L'Allemagne est suffisamment agacée par Dan contre hein. C'est c'est très clair. Il y a si Mélenchon est président, il contre lui. Alors monsieur Lazelot, est-ce que est-ce que la France peut représenter un nouveau leader de cette de cette droite des patriotes capables de booster justement partout en Europe ? C'était c'était un peu le rôle le rôle central de la Hongrie, voire d'infléchir la position des 27 sur l'Ukraine parce que la question aussi de notre positionnement vis-à-vis de la Russie et de l'Ukraine se pose énormément dans cette élection. Je pense que la politique étrangère fait rarement la question centrale des élections.

Euh bien que ça pèse, la guerre en Ukraine pèse lourdement sur l'économie européenne. La dette l'argent qu'on donne à l'Ukraine et si on regarde euh le draft pour le prochain budget européen, bah la somme pour l'Ukraine et ce que ça va peser sur les Étatsmembres, c'est énorme. Et vous êtes cont et vous êtes compte que ce soit aussi énorme. Oui, tout à fait. Il faut arrêter cette guerre le plus tôt possible aussi pour soulager l'économie européenne, mais aussi puisque la perte qui se passe et la promesse de de l'intégration européenne, c'était la paix en Europe. Maintenant, on essae même pas de négocier une paix en Ukraine.

Mais je dis en premier lieu, c'est toujours les questions économiques, c'est toujours la question de coût de vie qui détermine les élections. que la guerre en Ukraine et d'autres politiques pèsent sur ce sujet-là. Le problème essentiel, c'est que on ne voit pas le succès, on ne voit pas que la politique, le chemin sur lequel se trouve l'Union européenne maintenant, ça va aboutir à la prospérité et à la paix. C'est pourquoi que j'avais dit qu'il faut d'abord changer la politique avant qu'on parle combien de l'argent on va mettre.

On a une dette déjà énorme en Europe euh et donc ça va être une question de plus en plus centrale pas seulement en France et pas seulement à propos du budget européen euh prochain mais partout en Europe. Alors Daniel Freun, je voudrais revenir euh je vous voyais euh réagir au propos euh de d'Andras Laslo sur l'Ukraine, sur la Russie, vous n'êtes pas d'accord et c'est l'occasion de parler peut-être d'un autre risque de cette élection, c'est celle des ingérences étrangères, notamment la Russie. Bon, on l'a vu dans plusieurs élections nationales récemment dans l'Union européenne, cette tentative russe de ingérer.

Bon, heureusement en Hongrie, ça n'a pas marché et et il faut dire quand même bon, on veut tous la paix en Ukraine, mais la personne qui envoie des missiles et des drones chaque nuit, c'est Vladimir Poutine. Nous, on est prêt à négocier. Les Ukrainiens sont prêts à négocier. On l'a dit encore et encore. On le dit tous les jours, mais c'est Poutine qui veut pas. C'est Poutine qui fait cette guerre. Donc la position de la France sur ce dossier, elle est centrale. C'est elle peut faire basculer aussi la guerre. Vous dites le l'élection de de mai 2027, je pense il y a vraiment une grande unité parmi les Européens. D'autant plus maintenant que Victor Orban a a disparu du Conseil européen.

Bon, évidemment, si on perd la France dans cette alliance, ça change quelque chose, mais ça va pas changer que l'Allemagne, l'Italie, les Pays Baltes, la Pologne et tout ça que en se tient cette cette Ukraine. Il faut dire que déjà aujourd'hui le support militaire et financier de la France n'est pas complètement à la hauteur. Alors euh justement, on est en train de dire la France, ça n'est pas la Hongrie qui a on l'a dit, qui a vécu sous Victor Orban pendant 10 ans. Peut-être même pas l'Italie qui est en effet pays fondateur aussi mais avec Georgia Méloni les droits radicales déjà au pouvoir, ça aurait un impact beaucoup plus fort.

2è pays de la zone euro si l'extrême droite se lissait au pouvoir. Ah bien entendu, ça ça aurait un impact désastreux sur en ce qui concerne la paix. Tout le monde veut la paix. Mais qui veut négocier ? Poutin ne veut pas négocier avec les Européens. Il ne veut pas non plus négocier avec Selsk. Il ne veut négocier avec personne. Alors, on n pas d'autre choix que de soutenir l'Ukraine de ce point de vue. Mais si la France devait faire dé faut dans la solid en matière de solidarité européenne vis-à-vis de l'Ukraine, ça ce serait un sacré pas en arrière. Et je crois que ce serait un pas une catastrophe laquelle l'Union européenne ne se remettrait pas de sitôt.

[grognement] Merci à vous d'avoir bien illustré ce débat. Merci à vous de l'avoir suivi sur nos antennes. Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes. No.

34:14
Non speech

[musique]