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interviewRMC — Face à Face· 12 avril 2021 28 min

L'invité de Bourdin Direct : Xavier Bertrand - 12/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité ce matin, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ancien ministre du Travail et de la Santé, Xavier Bertrand. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. On va commencer avec le Covid. Quelle est la situation dans votre région, les Hauts-de-France ? Est-ce que ça s'améliore un tout petit peu ou pas ?

0:23
Xavier Bertrand

Le taux d'incidence baisse, tant mieux. Sur une semaine, on est à près de 20% de cas en moins. Mais les hôpitaux restent effectivement dans une situation très difficile. Et on a nos soignants, je ne sais pas comment ils tiennent. Je ne sais pas comment ils tiennent, mais il faut un boulot extraordinaire. Mais ça baisse avec les mesures qui sont prises depuis plus longtemps que dans d'autres régions. Depuis plus longtemps. Donc, elles seraient efficaces.

0:47
Présentateur

La vaccination, le gouvernement accélère les plus de 55 ans vaccinés à partir d'aujourd'hui. avec AstraZeneca et avec Johnson & Johnson. AstraZeneca, comment faire pour inciter les habitants de votre région, mais les Français en général, à accepter ce vaccin ?

1:05
Xavier Bertrand

Jouer la carte de la vérité. Jouer la carte de la transparence. Après tous les attermoiements qu'on a pu connaître, il faut nous dire clairement, tout mettre sur la table et voir que ce vaccin est un vaccin efficace et que notamment, il n'y a pas plus de cas extraordinaires de thromboses graves qu'il ne peut y en avoir également avec d'autres vaccins. Ce sont sur des situations vraiment très particulières. Je ne voudrais pas faire le spécialiste médical, que je ne suis pas. Je ne suis plus ministre de la Santé. Mais ce vaccin a été autorisé. Ce vaccin, s'il est autorisé, c'est qu'il présente les garanties.

1:39
Présentateur

Est-ce que la stratégie vaccinale du gouvernement vous paraît la bonne stratégie d'aujourd'hui ? Puisqu'elle change, elle a changé, elle s'est adaptée avec cette seconde injection des vaccins ARN, Pfizer et Moderna repoussés. Est-ce que c'est la bonne stratégie ?

1:54
Xavier Bertrand

Bon, on a du mal à s'y retrouver. J'avais dit au tout début de l'année que cette stratégie vaccinale devait être modifiée. Aujourd'hui, on nous annonce que les plus de 55 ans peuvent se faire vacciner. Mais la vérité, c'est qu'on n'a pas encore vacciné tous les plus de 70 ans. Il y a beaucoup d'effets d'annonce dans tout cela. Et moi, là, encore une fois, j'aimerais qu'on nous dise la vérité. L'accélération de la livraison des doses de vaccins, ça correspond à quoi exactement ? À quoi exactement ? Parce que je vois à chaque fois, on nous promet une accélération, mais il y a aussi des centres qui n'ont pas le dose de vaccin nécessaire.

Jean-Jacques Bourdin, moi, je veux que ça marche, je veux que ça réussisse, et je veux qu'on sorte de ce satané Covid le plus rapidement possible. Mais pour cela, il faut aussi que l'on joue carte sur table. De dire aujourd'hui, on va vacciner les plus de 55 ans, c'est un écran de fumée. C'est un écran de fumée parce que la question centrale, combien de doses supplémentaires nous aurons ce mois-ci ? Et ensuite, est-ce qu'on a tiré toutes les leçons ? Je vais vous donner un exemple précis.

Dans la région des Hauts-de-France, j'ai proposé à l'Agence régionale de santé, au préfet, de pouvoir doter d'une centaine de bus la région pour que l'on puisse aller chercher en milieu rural, en milieu très rural, des personnes âgées qui n'ont pas de centre de vaccination à côté de chez elles. Les personnes âgées parce que sont elles qui étaient priori. Mais les pompiers le font déjà. Oui, mais là, à grande échelle. À grande échelle. Et d'autre part, je vais proposer qu'il y ait des minibus avec des vaccinateurs pour que là, ce soit le vaccin, les vaccinateurs qui aillent auprès des gens en milieu rural. Vous savez quoi ?

On m'a indiqué, oui, mais vous savez, dans votre minibus, vous ne pourrez pas vacciner. On n'allait pas vacciner en roulant. Je disais, dans ces conditions-là, on peut très bien s'installer sur une place, avoir un barnum, un petit équipement, et on vaccine. Ah non, il faut que ce soit dans un équipement en dur, dans une salle des fêtes. Il n'y a pas de salle des fêtes dans toutes les communes rurales. Et là, il faudrait qu'il y ait une autorisation préfectorale tous les jours pour pouvoir vacciner. Mais je pensais quand même qu'on avait compris que si on était en guerre, on fait la guerre. Encore une fois, il ne s'agit pas de faire n'importe comment.

Ce seront des vaccinateurs professionnels. Et donc, on a toujours cette forme de bureaucratie qui est présente et qui nous empêche de faire. Vous me posiez la question sur la stratégie vaccinale. Je pense qu'il est temps aujourd'hui que l'on arrête de dire que l'on vaccine par tranche d'âge, la priorité. Ce sont les 15 millions de Français qui sont les plus fragiles. Eux, c'est la priorité. Mais une fois qu'on a fait les plus fragiles, on fait les plus exposés. Les plus exposés, les plus utiles, exposés, exposés. Les enseignants, mais tout le personnel, mais pardonnez-moi, le chauffeur de taxi, la caissière, ils voient passer combien de personnes autour d'eux, devant eux, tous les jours.

parce que non seulement ce sont les plus exposés, mais ce sont aussi ceux qui pourraient, s'ils étaient contaminés, en contaminer d'autres. Donc, si l'on veut casser toute cette chaîne, il y a les plus fragiles, il y a maintenant les plus exposés. C'est invisible.

4:57
Présentateur

Donc, vous demandez ce matin un changement de stratégie et vous demandez ce matin à ce qu'on arrête cette stratégie, à ce qu'on arrête de protéger finalement les plus fragiles ? Non, je viens de vous dire. Les plus fragiles en premier. Oui, les plus fragiles,

5:11
Xavier Bertrand

mais derrière, vous dites ouvrons la vaccination aux plus exposés. Aux plus exposés. Et il sera aussi très important que l'on propose aux étudiants qu'ils voudront de pouvoir eux aussi être vaccinés pour qu'ils puissent reprendre les cours en présentiel. Tous ceux, Jean-Jacques Bourdin, qui ne peuvent pas télétravailler, tous ceux qui côtoient du monde, tous ceux qui en rentrant chez eux présentent plus de risques parce qu'ils ont vu du monde. Cela, il faut leur proposer la vaccination dès que les plus fragiles auront été vaccinés.

5:42
Présentateur

Bien, je vais vous parler des autotests. Un mot sur ce qui a alimenté la polémique pendant toute une semaine. Peut-être trop, mais c'est un autre débat. Déjeuner dans un restaurant clandestin, vous paraît très légal ? Bien sûr que non. Je vous dis ça parce que c'est ce que explique Brice Hortefeux.

5:57
Xavier Bertrand

Ça vous paraît très légal, non ? Non. La règle doit être la même pour tout le monde. Les restaurants sont fermés. On sait ce que ça représente comme traumatisme pour les restaurateurs. Aussi pour l'art de vivre à la française. Parce que c'est ça que ça représente. La règle, la même pour tous. Alors, je vais vous parler

6:11
Présentateur

justement de la visibilité du calendrier, de reprise. C'est important pour les Français. Autotest en vente aujourd'hui dans les pharmacies. Enfin ! Devrait-il être vendu dans les grandes surfaces ?

6:22
Xavier Bertrand

Bon, moi j'ai un principe. C'est considéré comme un dispositif médical. Du conseil en la matière, c'est bien. Et pour le conseil, les pharmaciens, c'est bien. Bon, donc pas de grandes surfaces. Pas comme en Allemagne.

6:33
Présentateur

Devrait-il être remboursé ? Vous avez la réponse

6:35
Xavier Bertrand

pourquoi on a attendu aussi longtemps ? Non. Vous l'avez ? Moi non plus. Non mais, on est toujours en retard d'un truc. On est toujours en retard. C'est depuis décembre aux Etats-Unis. En Allemagne et dans d'autres pays, c'est avant. Je ne comprends pas pourquoi sur ces sujets-là, ils sont en vente dans les grandes surfaces. Moi j'ai des amis qui sont à l'étranger et qui m'expliquent qu'ils s'auto-testent comme ça régulièrement.

6:57
Présentateur

Mais Carrefour en avait commandé je ne sais combien de centaines de milliers. Mais ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas les vendre dans leur grande surface. On est toujours en retard. Est-ce que vous préservez le lobby des pharmacies ?

7:11
Xavier Bertrand

Non mais le problème n'est pas là. C'est pourquoi on a autorisé si tard à avoir des auto-tests en France. Et compte tenu du prix des auto-tests, je pense notamment que pour les familles qui ont des difficultés ça a été fait pour les masques. Je pense qu'il faut absolument garantir l'accès à ces auto-tests et que les auto-tests soient aussi prioritaires. Prioritaires notamment pour les établissements scolaires pour la réouverture.

7:33
Présentateur

Alors justement deux tests par semaine et par élève, par enseignant également dans les lycées. Vous allez organiser cela

7:39
Xavier Bertrand

dans votre région ? On nous a dit que ça devait être le cas déjà depuis plusieurs semaines. Et quand je demande parce qu'on a aussi décidé nous avons la propriété des lycées de pouvoir le faire. j'attends toujours que ça se fait. Mais pas de façon massive et pas à grande ampleur. La visibilité, la reprise,

7:55
Présentateur

est-ce que vous demandez plus de visibilité dans le calendrier de reprise ? Parce que j'ai vu quand même, je résume, ce qui va être fait, ce que j'ai lu, nous verrons bien. Cinéma, théâtre, un tiers de la capacité dès la mi-mai, deux tiers mi-juin, normal en juillet. Les hôtels, salles de petit-déjeuner fin avril, les restaurants, bars, fin mai, terrasses ouvertes, 50% à l'intérieur, fin juin, même protocole qu'en septembre. Ça vous va ? C'est insuffisant ? Le plus tôt possible.

8:24
Xavier Bertrand

Oui. Le plus tôt possible. Le retour à la normale. On a besoin de sortir de ce tunnel. On a besoin de retrouver, le fait de se retrouver ensemble et qu'il n'y ait pas cette différence entre les commerces essentiels et les commerces en essentiel. Quand on fait ses courses, de voir aujourd'hui qu'il y a encore des rayons où il y a la rue Balis qui est là, on ne peut pas accéder et autres, il faut que l'on puisse reprendre cette activité et on ne m'empêchera pas de dire que cette distinction entre commerces essentiels et non essentiels, je ne la comprends toujours pas.

Quand vous rentrez dans un commerce indépendant à deux ou trois personnes, les risques de contamination sont plus importants que dans une grande surface. Vous connaissez la réponse. Nos lieux de culture. Pourquoi avoir attendu dans ces musées nous n'avons plus les touristes ? Pourquoi ne pas avoir accordé des créneaux pour les étudiants notamment ? Il n'y a rien de plus facile que de réserver des créneaux horaires en fonction du nombre de personnes que vous pouvez accueillir, notamment dans un musée. Le plus tôt possible. Rien n'est simple. Vous ouvririez si vous étiez en charge non seulement du gouvernement mais du pays.

J'aurais rouvert notamment des musées avec des protocoles très stricts et avec des plages horaires. Parce qu'on a parlé tout à l'heure de la gastronomie. Nos cafés, ce n'est pas seulement une dimension économique. C'est la France. C'est notre art de vivre. La culture, c'est aussi ce supplément d'âme. C'est ce qui fait la différence. C'est ce qui permet de tenir. Regardez le succès du livre aujourd'hui. Parce que les gens ont envie aussi de s'évader à défaut de pouvoir nous retrouver en famille ou avec les amis. C'est ça qu'il faut garantir le plus vite possible avec bien évidemment le respect des principes sanitaires. Je suis ancien ministre de la Santé. Je ne peux pas oublier.

J'ai eu à faire face à des épidémies. Mais encore une fois, il faut aussi, quand on dirige, savoir se mettre à la place des gens.

10:07
Présentateur

Xavier Bertrand, élections régionales et départementales les 13 et 20 juin, vous êtes candidat dans les Hauts-de-France. Faut-il les maintenir ? Vous venez de le dire à l'instant.

10:17
Xavier Bertrand

Si tout rouvre, on peut donc tenir les élections. Le Conseil scientifique a dit protocole sanitaire adapté. et dans ces conditions-là, je suis désolé.

10:26
Présentateur

Vaccination des assesseurs, peut-être vote à l'extérieur. Vous avez vu ?

10:31
Xavier Bertrand

Vaccination des assesseurs. Donc ça vaut la peine de vacciner toutes celles et ceux qui, dès aujourd'hui, sont économiquement, socialement, en contact avec les autres. Je reviens à la question des élections. On ne va pas nous faire la différence entre les élections essentielles et celles qui ne le sont pas. À partir du moment où il y a un protocole sanitaire qui est défini, on ne joue pas avec la date des élections. Et le Président de la République, le Président de la République, c'est la clé de voûte des institutions. C'est le garant de la vie démocratique.

Il doit s'assurer que les rendez-vous démocratiques ont bien lieu en temps et en heure et que personne ne se livre à de misérables petits calculs politiques si jamais ça tentait certains. Vous pensez que ça tente certains ? Ça tente qui ? Le Président de la République ? Le Premier Ministre ? Posez bien la question à la majorité présidentielle.

11:19
Présentateur

Xavier Bertrand, le Président de l'Association des maires ruraux de France, explique qu'il n'est pas possible d'organiser en l'État ces élections. Vous ne l'écoutez pas ? Est-ce que vous pensez que les Français aujourd'hui, est-ce que vous pensez que les Français aujourd'hui, dans les semaines ou dans les semaines à venir, auront envie de penser à une élection départementale ou régionale ?

11:42
Xavier Bertrand

La priorité, c'est effectivement d'être vacciné. La priorité, c'est de sortir du Covid. Les maires ruraux, je connais, j'en ai eu ce week-end parce qu'il y a eu une consultation un peu particulière de dernier moment qui est arrivée. Il fallait le faire ? Ils avaient consulté les associations d'élus. Ils ont décidé de consulter certains maires. Certains maires disent,

12:05
Présentateur

nous... Les 35 000 maires ! Je sais,

12:07
Xavier Bertrand

mais dans les petites communes, la question se pose Covid ou sans Covid. Vous n'avez que la salle communale. Vous n'avez pas d'école. Vous n'avez pas de salle des fêtes. C'est compliqué d'organiser une élection dans ces locaux. Deux élections en même temps. Mais Gérard Larcher, hier, a fait une proposition. Un seul bureau de vote. On peut faire simple. Si le Conseil scientifique nous avait dit, compte tenu de la situation sanitaire, c'est vraiment impossible. Dans ces cas-là, tout le monde aurait dû s'y plier sur des raisons sanitaires. Mais comment on a fait en Allemagne ? Comment ils ont fait au Portugal ? Aux Etats-Unis ? En France, on ne peut pas avoir une anomalie.

Et puis, il y a encore un aspect. je pense qu'on ne doit jamais jouer avec la date des élections. Parce que quand on commence à prendre ses aises avec les rendez-vous démocratiques, on bascule dans autre chose. Même si le mandat

12:55
Présentateur

d'élu régional se termine en décembre. Et le mandat cantonal est déjà échu.

13:01
Locuteur

Mais attendez, non, non,

13:02
Xavier Bertrand

ça ne s'est pas joué au dé, la durée des mandats. C'est la loi qui avait fixé initialement en mars. il y a le report en juin. En septembre,

13:12
Présentateur

sans problème.

13:13
Xavier Bertrand

Mais ça gêne qui qu'il y ait des élections ? Ça gêne qui qu'il y ait des rendez-vous démocratiques ? Ça gêne qui ? Je vous pose la question. Moi, je trouve qu'il est normal qu'on ait ce rendez-vous démocratique où on vient rendre compte de son action et on vient présenter un projet. C'est ça la démocratie. On ne joue pas avec la démocratie.

13:30
Présentateur

On va parler de votre projet à la fois régional mais aussi présidentiel puisque vous êtes candidat à la présidence de la République. Vous êtes candidat à la présidence de votre région. Pourquoi ces deux candidatures ? Parce que c'est la même candidature.

13:45
Xavier Bertrand

C'est le même projet. C'est la République des territoires que je veux proposer dans la région des Hauts-de-France. De montrer comment nous pouvons faire mieux encore, comment nous pouvons être plus efficaces en matière d'économie d'emploi, en matière de sécurité, en matière de santé, de ruralité et d'avenir des jeunes. C'est la même logique et la même cohérence. Mais n'est-ce pas

14:06
Présentateur

mépriser les électeurs de votre région ? J'ai toujours... Vous vous servez, si je comprends bien, vous allez me dire non. Vous vous servez de votre région comme tremplin pour l'élection présidentielle, pour la présidence. Tout ça me rajeunit.

14:20
Xavier Bertrand

Parce que voilà un peu plus de 5 ans, je voulais être candidat à la primaire de la droite. Oui. Je l'avais dit pendant la campagne. Je l'avais dit pendant la campagne. Et Mme Le Pen était candidate à la présidentielle. Ça a été l'argument utilisé par l'ensemble de nos adversaires. et nous nous sommes retrouvés tous les deux en finale au deuxième tour. Maintenant, il y a un autre aspect qui pour moi est très important. Je ne me présente pas tout seul. Je me présente avec une équipe et on partage le même ADN. Se battre pour les gens et se battre pour la région. Vous croyez que j'ai réussi tout seul pendant 5 ans et demi ? Vous croyez que tout ce que je fais, je le fais tout seul ?

Je ne suis pas un surhomme. Moi, je ne travaille pas tout seul. Je travaille avec une équipe, des hommes et des femmes qui sont engagés pour la région. Et il y aura aussi une équipe autour de moi. Une équipe rapprochée, une équipe élargie. C'est la même logique. Et puis, vous savez quoi ? Quand vous êtes très clair, quand vous êtes cash avec les gens, en leur disant je suis candidat aux élections régionales, je veux poursuivre notre action, je veux aller plus loin et puis surtout, je ne veux pas que ma région tombe entre les mains des extrêmes. Mais vous savez que c'est moi et mon équipe qui pouvons l'éviter. Quand vous êtes clair, les gens le comprennent et les gens l'acceptent.

Qu'ils m'apprécient ou pas, ils apprécient un discours de vérité.

15:31
Présentateur

Le dernier sondage paru hier indique que vous êtes le candidat ou la candidate qui battrait le plus facilement Marine Le Pen. J'ai une question simple. Quel est votre adversaire principal ? Marine Le Pen ou Emmanuel Macron ?

15:48
Xavier Bertrand

Il y a un candidat qui a déçu. Le prochain candidat, le président qui a déçu. Et une candidate dont les Français ne veulent pas. Alors, il faut leur proposer une alternative. Une alternative d'une droite. Non, non.

15:58
Présentateur

Je vous pose la question.

15:59
Xavier Bertrand

Quel est votre principal adversaire ? Les raisons qui conduisent aujourd'hui au désespoir des Français. Je vais être très clair avec vous.

16:08
Présentateur

Non, mais répondez-moi. Je vais vous répondre.

16:09
Xavier Bertrand

Quel est votre principal adversaire ? Je vous réponds. Allez-y. Je ne combats pas dans ma région le Front National en soi. Je combats les causes du Front National. Quand je fais reculer le chômage, c'est une raison de moi de bercer dans la colère ou dans la misère. Quand je réussis à obtenir, avec Bernard Cazeneuve, le démantèlement de la jungle de Calais, c'est une raison de moi pour que le Front National exploite la misère et la colère. Jean-Jacques Bourdin, il faut bien comprendre qu'il faut s'attaquer aux problèmes des Français, aux problèmes de la France et dans ces conditions-là. On ne vote pas contre un tel ou contre un tel, mais pour un projet incarné par un homme et une équipe.

C'est ça la vraie raison. J'ai fini d'être obsédé par un tel ou un tel. Je suis obsédé par la résolution des problèmes de notre pays. Alors, je complète ma question.

16:53
Présentateur

Si vous êtes troisième au premier tour, au second tour, pour qui votez-vous ? Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ? Vous croyez que je suis candidat à l'élection présidentielle ?

17:02
Xavier Bertrand

Pour terminer troisième ? Pour terminer troisième. Mais ça peut arriver ? Ça peut arriver ? Mais je pense qu'aujourd'hui, ce qui est marquant, il y a 80% des Français qui ne veulent plus du duel Macron-Le Pen parce qu'ils savent que ça conduira à une nouvelle impasse. Ils savent que ça conduira justement à une crise. Et ils ont besoin d'espoir. Donc, entre Marine Le Pen

17:20
Présentateur

et Emmanuel Macron, vous ne choisissez pas.

17:22
Xavier Bertrand

J'ai pris mes responsabilités en 2017. Vous ne choisissez pas. En 2017, j'ai été très clair. Je dois être l'un des seuls responsables politiques de la droite républicaine. À être allé à la télévision pour dire très clairement que l'on aime ou pas Emmanuel Macron, je ne voulais pas que Mme Le Pen soit élue. J'ai pris mes responsabilités. Mais mes responsabilités aujourd'hui, c'est de me porter candidat, de présenter un projet et de présenter aussi les conditions pour l'emporter. Vous voulez que je vous dise ? Oui. Vous me réinviterez si vous voulez. Bien sûr. Le duel Macron, le deuxième tour, il n'aura pas lieu.

17:56
Présentateur

Bien. Pas de primaire pour vous. S'il y a une primaire à droite, il y aura un candidat ou une candidate. Est-ce que vous maintiendrez votre candidature ? Oui. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il arrive. Même s'il y a un autre candidat à droite. Les Républicains, par exemple. Pourquoi pas ?

18:13
Xavier Bertrand

Ils savent également qu'il n'y a pas 36 candidatures qui peuvent l'emporter. C'est la question aussi de la stratégie. Moi, je propose un projet qui est sur le rétablissement de l'autorité, qui est sur la valeur travail et sur cette République des territoires qui est un changement profond. Vous êtes un candidat. Ce n'est pas moi

18:31
Présentateur

qui le dit. Je vous coupe parce que je vais venir à votre projet. Mais c'est Bruno Retailleau qui dit mais Xavier Bertrand, c'est un candidat à l'eau tiède. C'est un candidat qui manque de charisme, qui manque d'autorité. Cette droite-là dit ça de vous. Vous le savez.

18:46
Xavier Bertrand

Ceux qui me connaissent savent qu'on est très loin de la vérité. Ceux qui me connaissent savent bien exactement qui je suis. Et l'enjeu de cette élection, c'est de montrer aux Français qui je suis, d'où je viens, ce que je veux faire avec eux et pour eux. Tout le reste, tous les propos qu'il y a avant. Tiens d'ailleurs, vous le confirmez. Regardez, les primaires ou autres, c'est justement à chaque fois les arguments les uns contre les autres. Je n'ai pas envie de parler des candidats. Vous n'en voulez pas.

Non, non, mais attendez, Bruno Retailleau ou autre, je leur proposerai de les rassembler et de travailler avec moi dans une équipe de rassemblement où il y aura des gens de LR mais il n'y aura pas d'ailleurs que des gens de LR. Et encore une fois, vous me posiez la question. Regardez-moi bien. Ma détermination, elle n'est pas à géométrie variable.

19:29
Présentateur

Bien, Xavier Bertrand, parlons de la réindustrialisation de la France. Vous faites des propositions ce matin dans les échos. Alors, je pose le problème à la lumière de ce qui se passe aux Etats-Unis avec le plan Biden qui est un plan considérable 2200 milliards en 8 ans, 500 pour l'industrie américaine. Ils font un effort considérable. L'Europe est en train de prendre du retard alors que la Chine a déjà démarré. Vous proposez une baisse, très forte baisse des impôts de production, 33 milliards d'euros, une baisse de 50% des impôts de production. Pourquoi et comment financez-vous ?

20:05
Xavier Bertrand

Parce que je veux que l'on redevienne une grande nation industrielle. Nous l'avons été, nous ne le sommes plus. Nous sommes passés derrière l'Italie, derrière l'Espagne, je ne parle même pas de l'Allemagne. Or, l'industrie, c'est de l'emploi. Un emploi dans l'industrie, deux emplois dans l'économie. C'est de la cohésion sociale. Les salaires dans l'industrie sont plus élevés que la moyenne des salaires. Et puis également, l'industrie, c'est ma république des territoires. C'est-à-dire que l'industrie, c'est de l'aménagement du territoire. Une usine, un atelier, ce n'est pas forcément dans le cœur des métropoles. C'est au contraire, dans les villes moyennes, dans ces communes rurales.

Donc, ça correspond tout à fait au projet que je veux porter avec cette idée de relancer l'emploi, de créer de la valeur et puis aussi surtout de réaménager le territoire national français. C'est la même logique. Sauf que derrière ça, il ne faut pas faire semblant. Si c'est pour faire un petit bout de baisse d'impôts de production, un petit bout par-ci, un petit bout par-là, ça ne marche pas. Tout ça, c'est de la com' et ça ne marche pas. Il faut s'en donner les moyens. L'époque des demi-mesures, c'est terminé. N'est-ce pas le François Fillon de 2022 ?

Je propose très clairement de mettre le paquet sur la baisse des impôts de production parce qu'aujourd'hui, il va y avoir dans les cinq ans qui viennent des projets massifs d'investissements industriels de par le monde, notamment sur les fameuses innovations, les technologies de rupture. Elles vont regarder quels sont les pays qui sont prêts à les accueillir, ces industriels, ces investissements. Or, derrière cela, moi, ce que je veux, c'est que la France ait toutes ses chances dans cette compétition. Et vous avez aujourd'hui, que ce soit en Europe ou ailleurs, des pays dans lesquels vous travaillez plus, où les gens sont moins payés, notamment au sein de l'Europe.

On ne travaille pas assez en France ? Je pense sincèrement qu'il nous faudra libérer le travail. Mais attention... Ça veut dire quoi, libérer le travail ?

21:51
Présentateur

Libérer le travail, je me méfie de ces mots. Libérer le travail, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on revient sur les 35 heures ?

21:57
Xavier Bertrand

Ça veut dire qu'on travaillera plus ? Ne me faites pas perdre le fil de l'industrie. Je vous réponds en quelques instants et j'y reviendrai dans quelques temps. Terminez avec l'industrie parce que le temps passe, allez-y. On travaille déjà en France un peu plus que 35 heures, mais moi je ne suis pas de ceux qui vous disent si vous travaillez plus, vous ne gagnerez pas plus. L'augmentation du temps de travail si elle se décide dans certaines activités, c'est forcément avec une augmentation de la rémunération.

22:19
Présentateur

Donc c'est... Je peux y revenir plus. Travailler plus pour gagner plus.

22:22
Xavier Bertrand

Voilà. Oui. Voilà. Mais je peux revenir sur la question industrie. Allez-y, allez-y. C'est que vous avez donc cette compétition même au sein de l'Europe où nous n'avons pas les mêmes atouts, mais en plus on a un boulet au pied que sont les industries les impôts de production où avant même de produire, vous savez que vous allez devoir payer. Si je fais cela, M. Bourdin, je redonne la possibilité à notre industrie de se réinstaller dans notre pays, de réindustrialiser la France. Il n'y a pas une grande nation qui ne soit pas une grande nation industrielle. En protégeant... L'école bleue et l'école blanc au même endroit. Il n'y a que l'industrie qui permet cela. Oui.

En protégeant la production française, j'imagine. Je vais jusqu'au bout du raisonnement parce qu'il y a les impôts de production. Il y a la mise en place d'un crédit d'impôt de production pour les investissements. Comme le crédit d'impôt de recherche. En plus du crédit d'impôt de recherche. Et puis, il y a autre chose. Je l'ai expérimenté dans ma région parce que la région des Hauts-de-France est une région qui, depuis des années, est à nouveau première place pour attirer les investissements industriels internationaux.

Ce que je veux faire dans le pays et pas seulement dans ma région, c'est d'avoir pour tout projet industriel, que ce soit un projet d'implantation ou un projet d'extension, une task force où on puisse diviser par deux les délais d'installation et d'implantation. Que le préfet, avec les élus, puisse adapter la règle nationale. Que l'on puisse aussi, pour tenir compte des enjeux industriels, avoir sur les bâtiments classés, avoir sur les autorisations, sur les fouilles archéologiques, la possibilité d'aménager la loi. J'ai souvent été confronté à des projets en Belgique ou en Allemagne. Ce n'est pas la météo qui fait qu'ils vont plus vite que nous.

C'est tout simplement parce qu'il nous faut décentraliser nos procédures, accélérer, parce que derrière, il y a de l'emploi. Et vous avez parlé de Biden. Et vous avez parlé de Biden. De Biden, oui. Il est temps aussi que l'Europe sorte de la naïveté ou de l'égoïsme de certains pays. Vous savez quoi ? Avec les Etats-Unis, ils sont nos amis. Il est temps d'engager un bras de fer. Parce que les Etats-Unis, comme la Chine, ont décidé notamment de mettre le paquet sur leur industrie. Mais derrière, il y a un sujet. C'est que nos marchés publics à nous, c'est ouvert à tout vent, alors que chez eux, c'est fermé.

Il est temps de mettre en place les mêmes systèmes de réciprocité en disant qu'on ne peut pas pénétrer vos marchés publics. Pas de problème. Ne pénétrez pas les nous. Mais regardez le spatial. Vous croyez que la NASA, avec SpaceX, il ne leur déroule pas le tapis rouge

24:43
Présentateur

faisant la même chose avec Ariane Espace ? Il me reste deux minutes. J'ai deux questions qui sont très importantes. Le financement, vous dites, on fera des efforts sur la dépense publique. Oui, très bien. Mais quels efforts ? Dépense publique. Encore une fois, je vous ramène à François Fillon parce que ça avait marqué. C'était quoi ? C'était 100 milliards d'euros, je me rappelle, d'économies sur la dépense publique. Vous imaginez avec ce qui s'est passé après ?

25:07
Xavier Bertrand

Deux premiers engagements que je prends. Deux premiers. Aujourd'hui, les prélèvements obligatoires, les impôts et taxes dans notre pays. Oui. Près de 45%, 44,7%. Vous baissez les impôts ? Je ne les augmenterai pas. Je ne les augmenterai pas. Je ne les baissais pas, mais je ne les augmenterai pas. Deuxièmement, une dette. Une dette se rembourse. Rembourse. Pas en un an, en deux ans, mais elle se rembourse. Et après, il y a aussi un aspect sur lequel moi, je veux être responsable. C'est la question des retraites. Si on veut continuer à payer les retraites, à la fin de cette décennie, il faudra que l'on accepte de travailler deux ans de plus sauf pour ceux qui sont cassés, usés.

Cassés, usés par leur métier. Et donc, vous le voyez, je sais pertinemment que la tête d'un État, comme dans une famille, on ne dépense pas plus que ce que l'on a. Et cette responsabilité, je l'ai bien ancrée en moi.

25:52
Présentateur

Bien, Xavier Bertrand, nous y reviendrons. Vous reviendrez pour parler économie, pour parler salaire des Français, parce qu'il va bien falloir qu'on fasse un effort sur les salaires des Français. Et de ceux qui travaillent, qui symbolisent le travail,

26:04
Xavier Bertrand

qui n'arrivent pas sur ça. C'était le message des Gilets jaunes.

26:07
Présentateur

C'était le message des Gilets jaunes. Mais oui, ne l'oublions pas. Vous êtes le Gilet jaune de la droite, Xavier Bertrand. Parce que vous, vous y revenez, vous en parlez souvent

26:15
Xavier Bertrand

de ces Gilets jaunes. Les deux messages, je parle du message des Gilets jaunes, pas de la violence des Black Bloc ensuite. C'est quoi les deux messages ? Nous travaillons et on n'arrive pas à s'en sortir ni à faire plaisir à nos enfants. Deuxième message, quand on n'habite pas Paris et le cœur des métropoles, on n'est pas des citoyens de seconde zone. D'où les réponses que je veux apporter sur la valeur travail. D'où cette république des territoires où je veux montrer qu'il ne s'agit pas de faire un match Paris-Province-Métropole-Ville-Moyenne, mais tout simplement de dire à chacun vous avez votre place dans la société française.

Et moi, je veux vous aider à vous accomplir et à faire en sorte que vos enfants y arrivent.

26:51
Présentateur

Alors, une question

26:52
Xavier Bertrand

sur les éoliennes. Est-ce que vous proposerez l'arrêt de la construction d'éoliennes ? Ah oui, il y en a marre. Il y a juste un sujet qu'il faudra relancer. C'est comme dans les pays du Nord, les éoliennes en mer flottantes à des dizaines et des dizaines de kilomètres. Ça, ça s'étudie. Parce que là, moi je ne veux pas qu'il y ait de contraintes pour le tourisme. Je ne veux pas qu'il y ait de contraintes, notamment pour les pêcheurs. Et il faut aussi dire les choses très clairement, c'est devenu un scandale. On parlait de la France et de ce qu'elle représente. La France, c'est aussi ses paysages. Il y en a marre de laisser défigurer la France.

27:22
Présentateur

Merci, Xavier Bertrand. On aurait pu parler du nucléaire aussi parce que vous défendez ardemment le nucléaire. Il faut lancer sans attendre 2023.

27:30
Xavier Bertrand

Bien.

27:30
Présentateur

Sans attendre 2023. Nous en reparlerons. Merci d'être venu nous voir ce matin sur RMC BFM TV. Il est 8h57. Merci d'avoir regardé cette vidéo.