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videoyoutube.com· 12 juillet 2026

"L’Europe avance mais la France recule" (Lara Tchékov)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Allez, c'est la dernière ligne droite de votre punchline du dimanche sur Europe 1 et sur CNews. On va prendre la direction de la Suède. Chose promise, chose due.

Pourquoi la Suède ? Parce que le gouvernement applique depuis ce dimanche une nouvelle loi, écoutez bien, expulsant les migrants qui, je cite, ne mènent pas une vie honnête. Alors, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?

Chloé Tarka est avec nous ce soir pour nous expliquer c'est quoi une vie honnête vue par le prisme suédois. Ma chère Chloé, bonsoir. Bonsoir et oui, en effet, concrètement, à partir d'aujourd'hui, certains étrangers titulaires d'un titre de séjour pourront le perdre.

S'ils ne respectent pas, vous le disiez, ce qu'on appelle une vie honnête, en tout cas c'est ce qu'appelle le gouvernement suédois. Alors la question qu'on se pose c'est vraiment qu'est-ce que ça veut dire une vie honnête, que recoupe ce terme ? Eh bien le gouvernement suédois répond à cette question de manière assez précise.

Elle estime qu'au-delà du simple respect de la loi, chacun doit adopter un comportement responsable. C'est ce qu'explique en tout cas le ministre de la Migration, Johan Forsell, dans une citation qu'on va lire tout de suite. C'était lors d'une conférence de presse.

Il explique le respect des lois et des règles. Va de soi, mais il doit également aller de soi, que nous fassions de notre mieux pour vivre de manière responsable et ne pas nuire à notre pays. Le ministre a également apporté plusieurs précisions.

Regardez la citation à s'afficher. Si par exemple vous ne payez pas vos dettes, si vous ne vous conformez pas aux décisions des autorités suédoises, si vous abusez du système d'allocation, si vous obtenez un permis de séjour suédois par des moyens frauduleux, alors vous n'avez pas le droit d'être ici. Parmi les comportements visés figurent également le travail dissimulé, le non-paiement des impôts ou des amendes, mais aussi le non-respect de certaines décisions administratives.

Et puis le texte prévoit également le retrait du titre de séjour lorsqu'une personne est considérée comme une menace pour la sécurité ou lorsqu'elle a obtenu son droit de séjour en fournissant de fausses informations. C'est une réforme qui est portée par le gouvernement de droite, qui est arrivée au pouvoir en 2022 en Suède. Et vous l'avez compris, un objectif très clair est affiché, rendre la politique migratoire bien plus restrictive.

On a tout compris Chloé. Merci beaucoup. On est avec Fernand Gontier, ancien directeur central de la police aux frontières.

Merci Fernand Gontier d'être avec nous. Qu'est-ce que vous en pensez de l'exemple suédois ? Il y a des choses à prendre ou pas ?

Eh bien, je crois que les Suédois ont tiré les leçons à la fois du taux de délinquance et de criminalité des étrangers, puisqu'il est deux fois supérieur à celui des natifs. Et puis la deuxième chose, c'est que la tolérance de la société suédoise, le seuil de tolérance a baissé, ce qui n'est pas forcément le cas chez nous, où il y a encore nécessité, pour retirer un titre de séjour, de troubler l'ordre public avec des faits relativement graves ou lorsque la carte de séjour est obtenue de manière frauduleuse. Donc on n'est pas du tout dans le même calage, on va dire, de gravité des faits qui peuvent être reprochés à ces étrangers.

Ce qu'il faut retenir surtout, c'est que le titre de séjour permanent ne sera pas accessible facilement. Donc en fait, les titres de séjour vont devenir temporaires, donc finalement quelque part un peu plus fragiles que les titres permanents. Est-ce que ça serait applicable chez nous, Ferdinand Gontier ?

On va avoir du courage aussi pour le faire. Oui, bien évidemment. D'abord, on verra ce que vont appliquer les juges suédois, parce qu'il y a malgré tout certaines obligations, certaines protections liées à la Convention européenne des droits de l'homme.

Donc en France, ça paraît difficile en l'état actuel de notre législation, même si depuis la loi d'Armanin du 26 janvier 2024, il y a eu un élargissement des critères de retrait de titre de séjour, par exemple, lorsqu'il y a usage de faux documents, des violences contre les élus ou contre les personnes dépositaires de l'autorité publique. Donc on est à un niveau de tolérance un petit peu plus supérieur à celui de nos amis suédois. Merci, Ferdinand Gontier.

Merci. C'est toujours un bonheur de vous entendre, ancien directeur central de la police aux frontières. Kevin Bossuet, ça bouge dans certains pays.

La Suède, nos amis britanniques. Il y a peut-être des choses à prendre quand même dans ces propositions. Vous voyez, c'est un magnifique laboratoire, parce qu'il y a encore quelques années, en Suède, ce qu'on appelait le multiculturalisme, ce qu'on appelait l'immigration.

C'est pour ça que je faisais le parallèle avec la Grande-Bretagne. Ce qu'on appelait valoriser. Et puis, il y a eu, comme votre invité l'a très bien dit, des problèmes de criminalité, des problèmes de trafic de drogue, des problèmes au niveau du système social, du système éducatif.

Alors évidemment, encore une fois, il faut le rappeler, tous les étrangers ne sont pas des délinquants, mais vous avez une part importante, en effet, de délinquants parmi les étrangers. Aujourd'hui, en Suède, il y a environ 2 millions de personnes qui sont nées à l'étranger. C'est 20% de la population.

Donc face à ça, vous avez des politiques qui ont décidé de mettre en place, en effet, des politiques fermes, afin de renouer avec ce qui est l'essentiel, c'est-à-dire l'assimilation. Si vous respectez les lois du pays, si vous respectez les valeurs du pays, si vous vous comportez bien, vous êtes le bienvenu. Sinon, c'est dehors.

Lara, très rapidement, Lara Tchékov. C'est vrai qu'aujourd'hui, la citoyenneté en Suède doit devenir un vrai contrat d'intégration et qu'il n'y a pas si longtemps, c'était le laboratoire du vivre-ensemble et c'était le laboratoire du multiculturalisme heureux. Mais ce qui est frappant, c'est qu'aujourd'hui, il y a plusieurs pays d'Europe qui ont pris conscience qu'il fallait changer leur politique migratoire.

Il y a le Danemark, il y a la Suède, il y a les Pays-Bas, il y a l'Italie. Et donc l'Europe avance et la France recule. Parce que nous, dès qu'on parle du problème migratoire, on dit qu'on est liberticides ou bien d'extrême droite.

Donc visiblement, la France n'est pas vraiment calée sur le même rythme que l'Europe. Et en Suède, il y avait des quartiers entiers qui étaient pleins d'immigrés. Il y avait 9 habitants sur 10 dans un quartier qui s'appelle Rinkobi, qui était issu de l'immigration.

On ne parlait arabe et Somalie uniquement. Donc là, ça dépasse la Suède. Et partout en Europe, effectivement, on durcit le ton sur l'immigration.

A Bruxelles, il y a eu effectivement ce pacte loi Asile-Immigration qui a été adopté et qui est entré en vigueur. Et en France, deux ans après, on n'a toujours pas transposé toutes les nouvelles règles sur notre droit national. Juste un mot de doctrine et de la politique et même de la culture, de la manière dont on envisage en Suède les immigrés.

On estime qu'il y a 20% d'immigrés dans le pays, qu'on ne peut plus en faire venir d'autres. Donc il y a des aides très importantes d'ailleurs qui ont été augmentées pour permettre aux gens ou proposer aux gens de revenir. Et surtout, ils ont décidé d'une politique pour...

Parce que comme partout, c'est les emplois les plus mal payés, en fait, qui ont besoin d'une main-d'oeuvre étrangère, le nettoyage, le BTP, etc. Ils ont décidé d'une politique pour essayer d'intégrer, intégrer, mais un peu à marche forcée, des gens qui touchent les aides sociales et les forcer à travailler dans ces secteurs-là. Donc c'est cette politique et cette nouvelle doctrine qui est aussi mise en place dans ce pays.

C'est bien de regarder également ce qui se passe chez nos voisins européens. Il y a peut-être des solutions à prendre. Le dernier sujet sur lequel j'aimerais vous faire réagir, c'est ce fameux braquage du siècle, le braquage du Louvre dont le monde entier a parlé.

Il ne faut pas s'en engueillir, évidemment. Les deux hommes soupçonnés de ce vol, qui était plutôt silencieux depuis des mois, se sont exprimés, visiblement. On va voir tout cela avec Viviane Hervier.

Et puis, petite réaction rapide, on va terminer avec un sujet plus léger, quoique ce n'est pas un sujet si léger que ça, puisque c'est quand même la honte pour la France. Viviane Hervier. Après avoir gardé le silence pendant près de neuf mois, Abdoulaye Henn et Gaila Mala'a ont livré au juge d'instruction un récit relativement détaillé de leur casque du Louvre du 19 octobre 2025. « On devait prendre le plus de bijoux qu'on pouvait », indique Abdoulaye Henn.

Le chauffeur de taxi clandestin de 40 ans confirme, sans donner son nom, qu'un mystérieux commanditaire pilotait bien l'opération. Tous deux auraient été engagés deux ou trois jours auparavant. En guise de repérage, ils ont visionné une vidéo prise à l'intérieur du Louvre et montrant les bijoux royaux.

Son complice, Gaila Mala'a, algérien sans emploi de 36 ans, affirme lui qu'on lui a présenté la cible comme une joaillerie dans Paris et non le musée le plus visité au monde. Autrement, dit-il, il n'aurait jamais mis les pieds là-bas. Il évoque un contrat entre 20 000 et 25 000 euros.

Abdoulaye Henn a reconnu que c'est lui qui a récupéré dans sa sacoche la totalité du butin, 7 ou 8 joyaux, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, qui l'a fait tomber. Ajoutant, le commanditaire n'était pas content, il pensait qu'on pouvait prendre plus de bijoux. Sur ce commanditaire, les deux hommes ne diront rien, par peur des représailles.

Ils ont juste livré cette dernière information. Ce commanditaire, nommé Joe, pourrait lui-même être l'intermédiaire de plus gros poissons. – Bon, Joseph Touvenet, une petite réaction sur cette histoire, elle est rocambolesque.

Et puis 15 000 à 25 000 euros, alors 15 000 à 25 000, c'est ça. – Ça me fait rire, mais ça me fait rire jaune, parce qu'il s'agit de la France. – Oui, c'est pour ça que je vous dis, on ne termine pas un sujet plus léger, mais c'est l'image de la France. – Quand on entend, alors ils ont mis 4 mois avant de commencer à parler quand même, et qui croyaient attaquer le joaillerie, et pas le plus grand musée, etc.

C'est comme si moi, on me dit, mais qu'est-ce que tu fais à CNews ? CNews, c'est une chaîne de télévision, mais moi je croyais que c'était une agence de voyage. – Ça ne tient pas la route. – Ils sont entraînés dans un parc. – Alors, bravo aux enquêteurs qui les ont arrêtés rapidement.

Maintenant, remonter la chaîne, c'est très difficile. Est-ce qu'on retrouvera les bijoux, les joyaux ? Ça, j'en sais rien, je l'espère. – Ça semble compliqué, mais Emmanuel Macron a dit qu'on allait les retrouver, je vous rappelle. – Mais il y a quelque chose qui me frappe dans cette affaire.

On a les délinquants, mais on a aussi les irresponsables. La présidente du Louvre, elle a mis 4 mois avant de démissionner. – J'étais sûr que vous alliez revenir là-dessus. – Celle qui est responsable de la sûreté des collections nationales, qui s'appelle Dominique Buffin, elle est toujours en poste.

Elle était responsable de la sûreté des collections nationales. Son boulot, son job, c'était protéger nos trésors nationaux. Elle est toujours en poste.

Elle n'a pas démissionné, elle n'a pas été virée. Dans n'importe quelle entreprise, un salarié qui a quelques responsabilités, fait le tiers du quart du dixième de ce qu'elles ont laissé faire, ce salarié est viré. C'est-à-dire que quand je pense à Mme Sandrine Rousseau, qui prend les paysans pour des moins que rien, parce qu'elle se considère comme cette petite élite, eh bien ces personnes, c'est aussi l'image de cette fausse élite qui se croit au-dessus de tout.

C'est ça qui me fait peut-être le plus pleurer dans cette affaire. – Olivier Vigne Kéboune ? – Simplement, on a la confirmation de la simplicité en réalité du déroulement des choses.

C'est-à-dire qu'on a quand même bien pris deux pieds nickelés qui venaient de... – Ah, je m'en ai fait tomber la couronne ! – Il y en a un qui s'appelle Doudou Croce-Bitume. – C'est lunaire, ouais. – Il y en a un des deux qui s'appelle Doudou Croce-Bitume, il a été connu des réseaux sociaux, parce que c'est le roi du Croce, ce sont deux pères de famille.

Quelques jours avant, ils ont été recrutés, on leur a montré une vidéo, ils sont à peine entraînés, ils ont réussi le casque du siècle, c'est ça qui est hallucinant. Et malheureusement, pour l'instant, on n'a toujours pas le commanditaire, parce qu'ils ont la trouille d'Europe. – Et on n'a toujours pas les bijoux. – Et on n'aura sans doute jamais les bijoux. – Les amis, c'est le mot de la fin sur CNews et sur Europe 1, c'est la fin de ce Punchline.

Merci de m'avoir accompagné. Merci à l'équipe qui m'ont entouré, David Brunet, Corélie Deloplace, Nathalie Lopeltier, Camille Guédon, Sandra Tchombo pour l'information, Stéphane Fettoreto et Marie-Eliès Houllier à la programmation. Merci aux équipes en régie.

Belle soirée sur nos deux antennes. Tout de suite sur CNews, votre face-à-face avec Elodie Huchard. Et l'info continue sur Europe 1.

Très belle soirée sur nos deux antennes. – Sous-titrage ST' 501