Plan Industrie Verte : “Nous sommes convaincus” que l’on peut réindustrialiser la France, il faut “accélérer” dit Anne Guérin de Bpifrance
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Vous êtes la directrice exécutive financement réseau de BPI France, ce plan s'appuie en grande partie sur vos financements.
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Chez BPI, vous dites à propos de ce plan qu'il est sans précédent, qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
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L'ambition est quand même très forte, c'est de faire passer l'industrie en France de 10% de notre PIB actuellement à 15% réindustrialiser la France.
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C'est possible ça, réindustrialiser la France après 50 ans de déclin, on peut le dire ?
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Alors justement, souveraineté, ça fait penser un petit peu à protectionnisme, non ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Ça veut une réponse à l'Inflation Reduction Act américain, l'IERA.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il est sans précédent en termes de profondeur, puisqu'on va traiter à la fois des aspects réglementaires, il y a le sujet des friches aussi qui est traité dans ce plan. »
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« La Banque des Territoires va viabiliser, financer la viabilisation de 50 friches industrielles. »
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« L'ambition est quand même très forte, c'est de faire passer l'industrie en France de 10% de notre PIB actuellement à 15% réindustrialiser la France. »
- 1:37InvitéFait
« Depuis 2017, les chiffres se sont quand même un peu inversés. Nous avons, la désindustrialisation a été stoppée. »
- 1:41InvitéFait
« On crée de nouveau maintenant, de façon nette, de nouveaux objets industriels tous les ans. »
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« L'ambition, c'est de réduire drastiquement les délais en parallélisant les démarches. »
- 3:49InvitéChiffre
« Il y a un premier volet de subvention d'un peu plus de 5 milliards, qui est pour les très grands, les 600 sites les plus émissifs de France. »
- 3:57InvitéChiffre
« Et puis, il y a 2,3 milliards de la BPI pour les PME et les ETI partout dans le territoire. »
- 4:07InvitéFait
« Ces 2,3 milliards, ils comprennent un ensemble d'interventions, des prêts, des prêts sans garantie. »
- 4:22InvitéChiffre
« Là, nous sommes sur des prêts plutôt sur 10 à 12 ans, de façon à ce que ça puisse amortir sur longtemps et que la charge ne soit pas trop lourde chaque année. »
- 4:30InvitéChiffre
« des prêts sans garantie, des prêts verts et puis des prêts industrie verte, qui, eux, vont jusqu'à 12 ans. »
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« L'idée, c'est d'avoir des subventions qui vont de 30 000 à 80 000 euros pour financer les premiers pas, la mise aux normes, la constitution de l'équipe. »
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« On a 50 implantations régionales en France et on travaille avec les chefs d'entreprise. »
- 5:32InvitéChiffre
« On voit entre 20 000 et 30 000 chefs d'entreprise chaque année, grâce à peu près aux 1 000 chargés d'affaires »
- 6:23InvitéChiffre
« On voudrait faire 20 000 entreprises sur 5 ans. »
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Bonsoir à toutes et à tous, décarboner l'économie en verdissant notre industrie, c'est le nouveau pari du gouvernement et ça passe par le projet de loi Industrie Verte qui a été présenté cette semaine en Conseil des Ministres, un texte qui va être examiné d'ailleurs dès le mois prochain par le Parlement, ça va commencer le 19 juin au Sénat. Coût de ce plan Industrie Verte, 500 millions d'euros par an en crédit d'impôt, on en parle tout de suite avec notre invitée Anne Guérin, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes la directrice exécutive financement réseau de BPI France, ce plan s'appuie en grande partie sur vos financements.
Chez BPI, vous dites à propos de ce plan qu'il est sans précédent, qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Eh bien, il est sans précédent en termes de profondeur, puisqu'on va traiter à la fois des aspects réglementaires, il y a le sujet des friches aussi qui est traité dans ce plan.
Des friches industrielles.
Des friches industrielles, exactement. La Banque des Territoires va viabiliser, financer la viabilisation de 50 friches industrielles. Il y a aussi bien sûr le crédit d'impôt auquel vous avez fait référence. Il y a des enjeux également de formation, de simplification administrative et puis il y a des financements au travers de subventions et de prêts.
L'ambition est quand même très forte, c'est de faire passer l'industrie en France de 10% de notre PIB actuellement à 15% réindustrialiser la France. C'est possible ça, réindustrialiser la France après 50 ans de déclin, on peut le dire ?
Eh bien, oui. En tout cas, chez BPI France, nous en sommes convaincus. Depuis 2017, les chiffres se sont quand même un peu inversés. Nous avons, la désindustrialisation a été stoppée. On crée de nouveau maintenant, de façon nette, de nouveaux objets industriels tous les ans. Et il faut accélérer. Pourquoi ? Parce que l'industrie, c'est le maillage du territoire, c'est des emplois. Et puis, on le sait tous, sur certains secteurs, des enjeux de souveraineté.
Alors justement, souveraineté, ça fait penser un petit peu à protectionnisme, non ? C'est pas un peu protectionniste tout ce qui nous a été annoncé par le ministre de l'économie ?
Non, l'idée, je pense que c'est simplement de pousser l'industrie partout dans les territoires français. C'est pas une idée où on va continuer à faire du commerce international. C'est très important, les échanges internationaux, pour la compétitivité de nos économies.
Ça veut une réponse à l'Inflation Reduction Act américain, l'IERA. C'est très protectionniste de la part des Américains. Donc, il n'y a pas de protectionniste à voir là-dedans ?
En tout cas, chez BPI France, c'est pas notre point de vue. On s'attelle à la réindustrialisation depuis maintenant plusieurs années. On finance l'industrie de façon assez massive. Ça représente à peu près 40% de nos interventions chaque année. Alors que l'industrie ne pèse que 10% dans le PIB français. Donc, pour nous, pousser l'industrie en France, ça a du sens en tant que tel. Et ça ne veut pas dire qu'on ne continuera pas à importer et exporter.
Vous parliez tout à l'heure des friches industrielles. Il y a un volet réduction des autorisations d'implantation des usines. Il y a un manque de fonciers en France pour l'extension des usines, leur implantation ?
Il n'y a pas un manque de fonciers. Mais vous savez, il y a la loi zéro artificialisation nette qui est très importante. Donc, on souhaite être économe de plus en plus sur le foncier. Et donc, on préfère utiliser des friches existantes, les dépolluer et leur redonner un sens industriel plutôt que d'artificialiser des nouveaux sols.
Et on va obtenir, ou plutôt les industriels vont obtenir, l'autorisation de s'y implanter plus rapidement. C'est de 18 mois à 9 mois, c'est ça ?
Voilà. L'ambition, c'est de réduire drastiquement les délais en parallélisant les démarches.
Alors, ce plan prévoit 2,3 milliards d'euros de subventions. C'est là que vous intervenez. Qui va être concerné ? Comment ça va se passer ?
En fait, effectivement, il y a deux volets. Il y a un premier volet de subvention d'un peu plus de 5 milliards, qui est pour les très grands, les 600 sites les plus émissifs de France. Et puis, il y a 2,3 milliards de la BPI pour les PME et les ETI partout dans le territoire. Ces 2,3 milliards, ils comprennent un ensemble d'interventions, des prêts, des prêts sans garantie. Je tiens à le souligner, c'est-à-dire que l'entreprise n'a pas à donner de garantie sur son immeuble ou de garantie du dirigeant. Donc, des prêts sans garantie très longs.
Ça rappelle un peu le PGE de l'époque Covid.
Voilà, sauf que le PGE, tout à fait, le PGE est sur 5 ans. Là, nous sommes sur des prêts plutôt sur 10 à 12 ans, de façon à ce que ça puisse amortir sur longtemps et que la charge ne soit pas trop lourde chaque année. Donc, des prêts sans garantie, des prêts verts et puis des prêts industrie verte, qui, eux, vont jusqu'à 12 ans. Et puis, des subventions, que nous avons monté le dispositif de subvention avec l'ADEME. L'idée, c'est d'avoir des subventions qui vont de 30 000 à 80 000 euros pour financer les premiers pas, la mise aux normes, la constitution de l'équipe. Un certain nombre de petits investissements initiaux qui sont importants pour lancer la démarche.
Je reviens sur les prêts à des taux, je veux dire, compétitifs par rapport aux taux actuels, parce qu'il y a un gros problème de remontée des taux d'intérêt qui fait que le crédit est de plus en plus cher. Là, ces taux seront à des prix, à des taux attractifs ?
Ils seront au taux de marché. Au taux de marché. Voilà, au taux de marché. Mais ce sont des prêts très longs, sans aucune garantie. Et c'est ça qui fait leur intérêt pour l'entreprise.
Quel va être le rôle de BPI France auprès des PMI, des petites et moyennes industries ?
Eh bien, on a la chance chez BPI France d'avoir un réseau extrêmement étendu. On a 50 implantations régionales en France et on travaille avec les chefs d'entreprise. On voit entre 20 000 et 30 000 chefs d'entreprise chaque année, grâce à peu près aux 1 000 chargés d'affaires qui sont répartis sur tout le territoire français de la BPI. Et donc, l'idée, c'est qu'on fasse du porte-à-porte de masse. Parce que s'il est vrai qu'il est simple d'identifier les plus grands sites polluants et de s'adresser à ces grandes entreprises, c'est plus complexe de s'adresser à la PMI dans les territoires. L'entreprise de 50 salariés qui est en Ardèche, c'est celle-là que nous, on va aller voir.
Nos chargés d'affaires ont l'habitude d'aller rencontrer les chefs d'entreprise. Et c'est quoi un porte-à-porte de masse ? Alors, un porte-à-porte de masse, c'est justement ça. C'est des chargés d'affaires de BPI France. On construit un fichier sur les entreprises industrielles. Et puis, on va systématiser les visites des entreprises industrielles des territoires.
Combien d'entreprises sur combien de temps ?
On voudrait faire 20 000 entreprises sur 5 ans. Donc, c'est tout à fait important. Donc, on va voir le chef d'entreprise et on initie avec lui un dialogue sur ces enjeux de décarbonation. Et pas que. Il y a aussi, si un entrepreneur utilise beaucoup d'eau, par exemple, ça va devenir un sujet important. Donc, on va aborder avec lui tous ces enjeux de transition écologique et comment son entreprise, aujourd'hui, est armée ou pas. Est-ce qu'elle a commencé ou pas ? Et est-ce qu'elle a besoin d'aide ou pas ?
Et on terminera là-dessus. Ça commence quand ?
Ça commence maintenant.
Dès maintenant. Merci beaucoup, Anne Carin, d'avoir été l'invité éco de France Info, directrice exécutive de BPI France. À très bientôt. Au revoir. Merci.
Au revoir. Sous-titrage Société Radio-Canada