Sébastien Martin, ministre délégué à l'Industrie est l'invité politique
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sébastien Martin. Bonjour. Un mot pour commencer sur ces milliers de manifestants en colère partout en France après la mort de Liana.
Tous dénoncent les dysfonctionnements dans dans la prise en compte des plaintes et demandent des actes. Sébastien Lecornu réunit aujourd'hui plusieurs ministres sur la protection de l'enfance. Est-ce qu'il faut une révolution au sein du système judiciaire ?
Vous avez parlé de de dysfonctionnement. Le garde des saut, Géraldin, a fait part lui euh en tout cas des résultats qui lui étaient remontés, des premières analyses de la situation d'un certain nombre de dysfonctionnements. Moi, je suis pour une société de la responsabilité et s'il y a des dysfonctionnements, ils doivent être identifiés et puis euh les personnes qui sont responsables bien doivent être sanctionnées.
C'est le meilleur moyen aussi de protéger la justice. Moi, j'aime pas beaucoup qu'on jette l'eau propre sur toute la justice. S'il y a des personnes qui commettent des erreurs, ils doivent être sanctionnés.
C'est le meilleur moyen de consolider la justice et bien sûr aussi d'essayer d'apporter un minimum de réponse à toutes ces françaises et tous ces français. Là, vous pointez les magistrats, mais ça veut dire que la responsabilité politique, celle notamment de Gérald Armanin, vous ne le mettez pas en cause. Le le garde des saut, vous savez, il a choisi de pas se cacher dans cette affaire.
Euh, il l'a encore dit hier soir à la télévision. Il va expliquer aux français ce qu'il fait, il va montrer comment il se bat pour essayer d'avoir une justice qui est plus efficace. Et moi, je pense que au contraire, on a plutôt besoin de Gérald Armanain à la justice en ce moment.
Vous arrivez à Bercy dans un contexte économique qui est difficile. Consommation en panne, chômage qui remonte, dettres corps. Pourtant l'industrie permet pour l'instant d'éviter à la France la récession.
Est-ce que elle est devenue aujourd'hui le principal moteur de la croissance ? D'abord, merci de le dire parce que j'ai l'habitude de voir généralement que les mauvaises nouvelles sont des bonnes nouvelles. Et donc quand vous dites ici que effectivement notre industrie en mars a fait plus de 20 % de croissance, en avril 0,4 % de croissance, c'est sûr ça paraît un peu contreintuitif parce qu'il y a des secteurs industriels qui sont portés.
On a mis en place la politique du nouveau nucléaire. Ça crée énormément d'emplois, une dynamique. On a mis en place le plan d'électrification, c'est 6000 usines et 600000 salariés qui dépendent de ce plan d'électrification.
La défense aussi, ce sont des secteurs industriels qui sont tirés et aujourd'hui, on voit bien qu'on a une industrie solide. Alors, je vais peut-être mettre un petit bémol parce que les derniers chiffres montrent effectivement un rebond dans certains secteurs industriels. La chimie, la plasturgie, la verrie, le raffinage, le matériel et transport hors automobile.
Mais est-ce que ça c'est vraiment le signe d'un d'une véritable reprise industrielle ou plus simplement bah un effet conjoncturel lié notamment à la guerre au Moyen-Orient ? Bah en même temps, madame, tout ce que ça tout ce que vous avez cité, ça fait beaucoup de secteurs. Ça fait quand même énormément de monde dans un certain nombre de secteurs.
Et vous n'avez pas cité non plus les secteurs industriels dont j'ai parlé tout à l'heure, le nucléaire. J'étais hier chez moi à Chalon Sursa. À Chalon Sursa et en Bourgogne Franchecté, le nucléaire c'est des milliers de recrutements qui sont en cours.
Vous allez dans le CANTIN. Dans le CANTIN, il y a 6000 emplois industriels de plus d'ici 2030 autour de la défense et euh du nucléaire. Et vous savez cette crise, on avait beaucoup dit que ça allait peut-être mettre par terre notre industrie et en fait on a une industrie qui est résiliente.
Elle succède, les crise succèdent et l'industrie est toujours là. Mais est-ce qu'on peut encore promettre la réindustrialisation quand certains grands groupes réduisent leur présence sur le territoire ? Je pense notamment à Michelin qui prévoit de supprimer 1500 emplois en France explique qu'il coûte deux fois plus cher de produire en Europe qu'en Asie.
Mais la réindustrialisation, c'est pas qu'une promesse, c'est une nécessité. Ce pays pendant des années, il a cru qu'on pouvait être un pays sans usine. On a vu ce que ça a donné au moment du Covid et tous les Français aujourd'hui considèrent que l'industrie est un élément essentiel pour notre pays.
Il y a des entreprises comme Michelin qui traversent des moments difficiles. On va peut-être parler aussi de Duralex qui traverse un moment difficile. Mais je veux dire que rappelons-nous d'où nous venons.
Entre 2005 et 2015, il y a eu plus d'un million d'emplois industriels qui ont été détruits dans ce pays. Entre 2018 et 2024, nous avons recréé 180000 emplois industriels. On a stoppé la désindustrialisation.
Donc maintenant, il faut continuer. Oui, mais quand [grognement] un groupe aussi performant que Michelin estime ne plus pouvoir produire certaines activités en France, est-ce que c'est quand même pas la preuve que nous avons un problème structurel de compétitivité ? Nous avons c'est pas un sujet de compétitivité.
Ce matin encore, LINE a corrigé ses erreurs. Je suis un peu en colère honnêtement d'ailleurs au passage parce que ça fait plusieurs fois que l'INCE corrige ses erreurs et a corrigé ses erreurs sur la compétitivité de la France en rappelant que finalement on était dans la moyenne européenne en matière de compétitivité et notamment la qualité de notre main d'œuvre. Michelin traverse une difficulté et c'est là où l'action européenne est absolument indispensable.
Il traverse une difficulté parce que la Chine continue d'importer en Europe des produits avec des coûts qui sont inférieurs au coût de la matière, y compris dans les pneumatiques. Depuis que je suis arrivé, il y a 16 mesures de protection au niveau européen qui ont été engagé et parmi ceci dans les dans les pneumatiques, il y a des mesures qui vont arriver. Euh mais mais je vais prendre un autre exemple du RALEx qui est aussi le symbole du patrimoine industriel français qui est à nouveau confronté à des difficultés financières. l'État a déjà accompagné l'entreprise, est-ce que là euh vous êtes prêt à intervenir à nouveau ?
Alors en ce moment sur Duralex, on est en train de regarder quelles sont les raisons qui ont mené à la situation que nous connaissons euh aujourd'hui. Donc je veux pas tirer les conséquences avant d'avoir été repris par les salariés, c'était sous forme de montre l'affaire du RALEX, ça montre une quoi que le sujet c'est pas de savoir si on fait une scope, une SA le sujet c'est est-ce qu'on a une vision industrielle de ce que l'on veut faire ? Est-ce que l'on a une équipe dirigeante qui a envie de porter ça ?
Est-ce qu'on a un business plan qui est capable de porter une entreprise ? C'est pas scope SAA ou autre chose qui sauve une boîte, c'est d'avoir des clients et d'avoir un business plan qui va avec. Mais vous vous intervenez en ce moment pour sauver Eurolisine qui est le dernier producteur européen d'acide aminé par fermentation.
Euh vous allez mettre euh plusieurs dizaines de millions euh sur la table pour cette usine. Est-ce que vous allez faire pareil avec Duralex ? Et pourquoi on l'a fait pour Eurolisine ?
On le fait parce que dans Eurolisine, il y a un investisseur privé, le groupe Avril, qui est un grand groupe de l'agroalimentaire qui est présent à nos côtés Ah mais qui met plus que nous, qui met 55 % au potô et nous nous mettons 45 % au potô. 1 2 Il y a un projet industriel derrière, il y a des investissements derrière. Moi quand il y a un projet industriel, des investissements et une vision de long terme, l'État peut-être présent.
Mais si on n' pas ça, faut pas compter sur moi pour boucher les trous. Et sur Duralex, vous dites qu'il y a pas une vision industrielle. Je dis que euh la direction a été remerciée euh par le conseil d'administration.
Donc il faut que maintenant il y ait une nouvelle équipe de direction qui se mette en place, qu'il y ait un projet industriel sérieux, que quand les commandes sont passées, elles soient livrées en temps et en heure parce que si on commande des verres pour Noël mais qu'on les livra pas, que ça marche pas. et que à partir de là, on est prêt à accompagner les projets industriels. On vous a entendu pour la Chine, c'est une concurrence déloyale.
Vous l'accusez d'inonder le marché avec des prix cassés, mais la Chine, elle subventionne massivement ses entreprises. Qu'est-ce que peut faire la France ? C'est d'ailleurs assez amusant ce que vous dites parce que je vois en France le débat que l'on a eu sur le soutien aux entreprises.
L'OCDE a sorti une étude qui dit que la Chine subventionne 10 fois plus 10 fois plus que les pays européens, que les pays de l'OCDE. son industrie. Et quand je vois ceux qui nous disent qu'on aide trop notre industrie des fois j'aimerais bien qu'il voit un petit peu les choses d'une manière un peu plus large.
Donc faut faire quoi ? Est-ce qu'il faut relever par exemple les droits de dou ? Il faut faire plusieurs choses.
L'Europe a des outils commerciaux pour se protéger. Ça s'appelle des clauses de sauvegarde en gros des droits de douane lorsqu'on constate de la concurrence déloyale. Et ça c'est trop lent à activer.
Parfois 12 mois, 18 mois c'est trop lent. La France demande à l'Union européenne de mettre plus de moyens. On a autant de fonctionnaires qui s'occupent de ces sujets-là au sein de la Commission européenne qu'au Royaume-Uni, c'est pas possible, il en faut plus, il faut que ça s'active plus vite.
Deuxièmement, il faut aussi activer un outil qui s'appelle la préférence européene. La préférence européenne. Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Vous savez, aux États-Unis, on a le le BU européen buy American Act. Est-ce qu'il faut un un buy européen Act ? Exactement, il faut qu'on est au niveau européen.
Aujourd'hui, nos concitoyens peuvent comprendre les choses très clairement. Dès lors que l'on subventionne, par exemple, l'achat de voiture électrique, c'est subventionné. Et ben on veut que les subventions pour l'achat de véhicules électriques se fassent pour des véhicules électriqu véhicules électriques m d'Europe comme nous le faisons en France.
En France sur les 10 véhicules électriques les plus vendus en France aucun n'est chinois. Pourquoi ? Parce que notre système d'aide va au à des véhicules qui sont produits en Europe.
Et ça, il faut le généraliser au niveau Est-ce que vous avez identifié justement d'autres secteurs qui pourraient bénéficier de cette préférence européenne ? On a les secteurs de l'énergie, de tout ce qui est énergie verte également. On a les secteurs de l'acier, on a le secteur des ciments et du béton qui pourrai être aidé comme ça.
On a le secteur de la pharmacie, je pense aussi à secteur de l'industrie chimique. Là, c'est un débat avec nos amis allemands, mais en tout cas pour les Français, ça fait partie des secteurs qui doivent être aidés parce que ce sont des industries de base qui nous permettent de consolider notre implantation industrielle en Europe. Un tout dernier mot sur la présidentielle parce que c'est à la fois loin mais ça se rapproche quand même.
Vous vous êtes républicain, hein, c'est votre famille politique, votre candidat toujours votre candidat. Donc sur le pied, c'est Bruno Rotaillot. Sauf que pour l'instant, on a la sentiment que sa candidature, elle passe un peu sous les radars.
Est-ce que vous y croyez ? Écoutez, moi je j'ai toujours été élevé, que ce soit sous Jacques Chirac puis sous Nicolas SarkoZi dans un concept qui s'appelait l'union de la droite et du centre de la droite et du centre- droit. Et c'est comme ça que Chirak a gagné que Sarkozy a gagné.
Donc Bruno Retaillot, il doit rassembler. On ne gagnera pas l'élection présidentielle si on ne rassemble pas. Vous dites qu'il rassemble pas assez en ce moment.
Je dis qu'il doit avoir une stratégie qui est une stratégie de rassemblement. On ne gagne pas l'élection présidentielle si on ne rassemble pas. C'est ce que j'aurais l'occasion de lui dire.
Il a pas été content parce que Jean-François Copé semble soutenir Édouard Philippe. Bah écoutez, Jean-François Copé est libre de faire ce qu'il a envie de faire. Moi, pour l'instant, je suis toujours membre d'une famille politique qui s'appelle les républicains, même si certains ont souhaité que je me mette en retrait.
Moi, j'ai adhéré au parti. Est-ce que vous vous êtes quoi ? Vous êtes excommunié aussi ?
Vous êtes ex Je suis suspendu. C'est un terme juridique que je vous laisse analyser. Je suis suspendu.
Mais il n'empêche, moi j'ai adhéré au RPR, j'avais 14 ans et je suis pas sûr que tous ceux qui m'ont suspendu étaient déjà dans la famille gauliste à ce moment-là. Mais vous demandez à Bruno Rotaillot de vous réintégrer dans votre famille. Moi je demande rien, vous voyez, je demande rien.
Je suis au service de mon pays. C'est ça ma priorité. Après, si les républicains considèrent qu'être au service de son pays, c'est une erreur, c'est leur problème.
C'est pas le mien. Et en tout cas, vous êtes pas rancunier puisque vous le soutenez pour la présidentielle. Ah, j'ai pas dit que je le soutenais pour la présidentielle.
Je dis que je soutiendrai celui qui sera capable de rassembler la grande famille politique de la droite et du centre. C'est ça l'essentiel. Donc peut-être Édouard Philippe finalement.
Peut-être Édouard Philippe, peut-être Bruno Retaillot, peut-être d'autres, j'en sais rien. Moi, je veux quelqu'un qui rassemble. Merci beaucoup Sébastien Martin.
Sébastien Martin