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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 13 décembre 2021 8 minFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Déclaration conjointe du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre de Hongrie Viktor Orbán

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Viktor OrbánFait
    « Nous sommes des adversaires politiques, mais des partenaires européens. »
  • 1:00Viktor OrbánFait
    « Il n'y a pas d'autonomie et d'indépendance sans une industrie de défense. »
  • 1:05Viktor OrbánFait
    « Il n'y a pas d'autonomie sans une capacité d'énergie nucléaire. »
  • 1:10Viktor OrbánFait
    « Il n'y a pas d'autonomie sans une autosuffisance agricole. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour mesdames et messieurs. Monsieur le Président Macron, nous allons faire des déclarations brèves actuellement. Tout d'abord, un grand merci d'être venu en Hongrie.

Merci de votre visite ! En 2007, c'était la dernière fois qu'un président français s'était rendu en Hongrie. Donc je pourrais dire qu'il était temps.

Il était temps que l'on se revoie. Ceux et celles qui connaissent Budapest savent que cela aurait été au mois de mai que vous auriez pu rencontrer les meilleures conditions météorologiques, parce que c'est à ce moment-là que Budapest et ses rues sont les plus jolies. Mais décembre, c'est bon pour la politique.

Les journalistes européens sont toujours très intéressés par les relations franco-hongroises. Quelle est la relation entre les dirigeants ? J'aimerais souligner que nous, c'est le respect que nous portons envers le Président Macron et puis comme la France, c'est le pays des Encyclopédistes et que en matière de définitions, ce sont les meilleurs, nous acceptons leur définition.

D'ailleurs la dernière fois, quand on s'est vus, peut-être, c'est ce que vous aviez dit : nous sommes des adversaires politiques, mais des partenaires européens. Il y a trois choses sur lesquelles nous allons pouvoir nous entendre. C'est que tout d'abord, nous aimons respectivement nos pays et nous œuvrons pour renforcer l'Europe.

Et nous allons également être d'accord aussi sur le fait que l'Europe a besoin d'une autonomie stratégique. Pour nous, les Hongrois, qu'est-ce que cela veut dire, une autonomie stratégique ? Trois choses.

Notamment : il n'y a pas d'autonomie et d'indépendance sans une industrie de défense. Il n'y a pas d'autonomie sans une capacité d'énergie nucléaire et il n'y a pas d'autonomie sans une autosuffisance agricole. C'est pourquoi nous sommes là pour l'Europe, pour qu'il y ait une défense commune, pour qu'il y ait une agriculture commune forte.

Je pense que nous allons avoir de très belles négociations cet après-midi. Soyez le bienvenu chez nous, Monsieur le Président. Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, cher Victor.

Mesdames, messieurs, je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui à Budapest, à l'occasion d'abord de cet échange bilatéral, puis du sommet du groupe de Visegrád, auquel tu m'as convié. Et je tenais à t'en remercier, au titre de la future présidence française du Conseil de l'Union européenne, même si à plusieurs reprises, nous avons eu l'occasion d'avoir, dans ce format, des échanges. Pour une raison simple, c'est que ma conception de notre Europe, c'est d'abord qu'elle repose sur, comme cela a été dit, un attachement à nos pays, mais une volonté aussi de se respecter et d'œuvrer ensemble.

Et donc, je le redis, le Premier ministre vient de le dire : nous avons des désaccords politiques qui sont connus, mais nous avons la volonté de travailler ensemble pour cette Europe et d'être des partenaires loyaux. À ce titre, nous aurons d'abord des discussions sur ce qui fait cette souveraineté de l'Europe indispensable : l'Europe de la défense, des capacités communes, et je remercie la Hongrie pour son engagement de la Task Force Takuba au Mali, merci de ce soutien et de cet engagement pour lutter contre le terrorisme à nos côtés, une Europe de l'industrie de défense, du spatial dans lequel nous nous sommes engagés ensemble, une Europe qui décide d'investir dans les technologies, une Europe souveraine en matière énergétique également. Et nous aurons l'occasion d'évoquer la stratégie en matière énergétique pour, à la fois décarboner nos économies mais préserver cette souveraineté et moins dépendre, en particulier de l'importation de gaz hors d'Europe, et donc d'assumer une trajectoire nucléaire.

Nous aurons l'occasion également d'évoquer les avancées à venir dans les prochains mois, en matière de numérique, qui sera un des points importants de la présidence française et je l'espère aussi, de pouvoir trouver des voies de convergence en matière de politique migratoire. Là aussi, il y a eu par le passé des points de tension. Je pense que ce que l'Europe a vécu ces dernières semaines, et nous l'évoquerons tout à l'heure, en particulier avec nos collègues polonais, est de nature à nous conduire à repenser une organisation commune pour mieux prévenir les flux migratoires, protéger nos frontières extérieures et réussir à trouver les voies et moyens d'une coopération plus efficace entre Européens sur ce sujet.

Nous évoquerons aussi, comme je le mentionnais moi-même dans la conférence de presse de la semaine dernière, l'importance de l'État de droit au centre du débat public. C'est là où, j'en suis sûr, nous aurons des débats également intéressants et où nous pouvons avoir des désaccords : le respect de l'État de droit et des droits fondamentaux, du pluralisme des médias, de la lutte contre les discriminations est au cœur du projet européen. Mais je crois aussi à deux choses : d'abord la nécessité de respecter chacun des États membres, dans le cadre d'une telle exigence, et de comprendre comment ces tensions adviennent, comment ces choix peuvent se faire, et de trouver, par la discussion, le travail exigeant, le dialogue entre les États membres et avec les institutions, en particulier la Commission européenne, mais aussi les juges européens et autres, un cheminement qui permette de nous tenir tous ensemble, fidèles à notre projet et respectueux les uns des autres.

Voilà quelques unes des remarques que je souhaitais faire avant que nous puissions rentrer dans le détail de chacun de ces points. Appartenance, relance. Et ces deux piliers sont au-delà de ce que je mentionnais à l'instant, deux éléments importants de notre présidence.

Sur ces deux sujets, nous aurons aussi une discussion en matière de sentiment d'appartenance au projet européen, en parlant aussi de notre jeunesse et des voies et moyens de coopérer ensemble pour faire de cette Europe une réalité plus grande. Relance, je le disais, parce qu'au-delà de tous ces projets de souveraineté, d'État de droit, de transition écologique, nous aurons aussi à évoquer à plus court terme les voies et moyens de relancer nos économies et d'accompagner les très bons résultats que nos deux pays ont aujourd'hui sur le plan économique. Voilà quelques-uns des sujets que nous allons évoquer avant de rejoindre nos collègues et de pouvoir discuter, dans un autre format, en fin de journée, des grands défis et de pouvoir préparer ensemble les prochains mois.

Merci beaucoup et merci Monsieur le Premier ministre, cher Victor, pour cet accueil. Merci beaucoup. Merci à toi !