"Climat de haine" en France, propos racistes sur Facebook, suspension de MaPrimRénov'... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour madame.
Le week-end dernier, dans le Var, un homme a tué l'un de ses voisins de nationalité tunisienne, Hichem Mirawi, puis blessé un autre de nationalité turque. Le suspect a diffusé avant et après son passage à l'acte des contenus racistes et haineux sur les réseaux sociaux. Il insultait aussi régulièrement son voisin avant de passer à l'acte. L'avocat de la famille de la victime dénonce, je cite, un climat de haine croissante et de racisme en France en pointant la responsabilité des politiques. Est-ce que vous vous sentez visé ?
Non, pas du tout. Absolument pas. Et d'abord, moi, je veux condamner au nom du Rassemblement national, comme nous l'avons déjà fait, comme Marine Le Pen l'a fait, évidemment, ce meurtre abominable, enlever la vie d'un homme en soi est déjà épouvantable, enlever pour des raisons racistes, l'est évidemment de façon aggravée. Notre députée du coin, Julie Le Chanteux, sera à la marche blanche pour la victime, avec l'accord de la famille de la victime, évidemment, elle y sera présente.
Et nous le condamnons fermement et nous ne nous sentons pas visés pour une simple et bonne raison, c'est que l'entièreté de notre combat ne repose pas sur l'opposition entre les races, entre la classification entre les hommes et les femmes selon leurs origines, mais sur le pacte social que nous menons dans notre pays, l'appartenance à la nation. Et l'appartenance à la nation, elle ne se fait pas. Il y a eu un échange entre la députée et la famille. A minima, oui, puisqu'elle a eu l'accord pour participer à la marche blanche, m'a-t-elle dit.
Il faut souligner quand même, Sébastien Chenu, que Christophe B, le meurtrier présumé en question, après son meurtre, a dit dans une vidéo, « Je ne sais pas quoi vous dire, je suis fatiguée. Jean-Marie, donc Le Pen, nous l'avait dit qu'on serait dans la merde, on est dans la merde, alors je ne suis pas un pro-RN, mais voilà. Si Marine ou Jordan passent, ne passent pas les mecs, réveillez-vous parce que vous allez vous faire enculer. J'arrête de salir mon âme, j'ai pété un plomb envers des voisins de merde, envers toute la racaille, toute la saloperie. » Vous ne pensez pas qu'indirectement, le discours du Rassemblement national ait pu l'inspirer ?
Non, ce n'est pas ça. C'est-à-dire que je pense qu'il y a deux choses dans ce que vous dites. Il y a d'abord le mélange entre le racisme, c'est-à-dire l'exploitation, la confrontation des hommes en fonction de leurs origines et donc de leur race. Et nous, nous combattons cela. Et puis, il y a effectivement, cette personne manque, finalement, est à côté de ce qu'elle croit défendre, d'après ce qu'on comprend.
Mais il a partagé plusieurs publications de Marine Le Pen, de délu du Rassemblement national sur les réseaux sociaux.
En tous les cas, nous, nous ne sommes pas les relais de cette politique-là. Je vous le rappelle, nous nous considérons que notre message s'adresse à tous les Français, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs couleurs, à partir du moment où ils souscrivent à une base commune qui est l'attachement à la nation. Et en fait, c'est l'opposé du racisme.
Vous ne l'êtes pas, mais il se trouve que nos confrères du Média en ligne, Les Jours, ont révélé l'existence...
On découvre, personne ne connaissait ce Média.
On le connaît un peu, si, si, si, c'est un Média sérieux qui révèle l'existence d'un groupe Facebook intitulé La France avec Jordan Bardella, 11 500 membres, avec notamment dans ce groupe des députés RN qui ont été identifiés et des propos racistes antisémites réguliers. Et vous nous avez dit, nous combattons cela. Vous le combattez vraiment ?
Oui, oui. Alors, plusieurs choses dans ce que vous dites. D'abord, un, il y a une exploitation aussi politique qui visiblement est faite et qui est faite à dessein parce que, en fait, l'idée, c'est derrière de ne plus jamais pouvoir parler, effectivement, des problèmes d'immigration, de se dire, il ne faut jamais parler de tout ça. Mais les Arabes dehors, par exemple, la France dirigée par des Juifs sionistes, ce sont des citations qu'on trouve sur ce groupe. Bien sûr, mais vous savez très bien qu'on peut adhérer à un groupe Facebook qui a un intitulé, celui que vous avez cité en l'occurrence, sans son consentement actif.
Vous avez des gens qui s'abonnent à vos pages et vous vous abonnez vous-même parfois à des pages. Elles évoluent, leur contenu évolue. Un jour, vous vous réveillez, vous vous dites, je me suis un jour abonné à ça. Ça ne correspondait pas.
On va juste être précis parce que des cadres du Rassemblement National et des assistants parlementaires administrent ce groupe.
Soyons clairs. S'il y avait des gens qui administraient ce groupe et qu'ils étaient au Rassemblement National, il faudrait évidemment qu'ils puissent quitter le Rassemblement National s'ils ne quittent pas l'administration de ces groupes. Vous allez enquêter sur ce sujet, rappelez le nom du groupe. La France avec Jordan Bardella. Quand vous recevez une invitation, la France avec Jordan Bardella, et que vous êtes un militant RN, vous vous dites souvent que ça peut être un groupe sympathique. Vous ne regardez pas forcément le contenu. et vous cliquez. Il faut aussi à un moment voir la vérité telle qu'elle est.
Vous êtes vice-président du RN, vous allez ouvrir une enquête pour voir s'il y a effectivement encore des membres du RN, des députés.
Nos députés sur lesquels on n'a en plus aucun doute vont quitter ou ont quitté déjà d'ailleurs ce groupe évidemment. Je vous le redis, il y a des groupes aussi dont l'intitulé ne correspond pas au contenu. On est tous assaillis de demandes de groupes, d'abonnements multiples et variés. Quand vous recevez La France avec Jordan Bardella, vous n'imaginez pas forcément que derrière il y a un contenu qui soit...
Donc dans les neuf députés qui participaient à ce groupe-là, il n'y en a aucun qui a vu qu'il y avait des insultes racistes, homophobes, antisémites. Il n'y en a aucun qui a saisi la justice au titre de l'article 40 comme ils peuvent le faire.
Aucun de nos députés n'a écrit ou n'a liké une des publications. C'est-à-dire qu'en réalité, ils ont accepté de suivre ce compte parce qu'il y avait un intitulé qui semblait sympathique et positif. Ils ne l'ont jamais regardé en tant que tel. À partir du moment où on se rend compte que ce compte a des propos inadmissibles, on quitte, on condamne et on refuse de souscrire évidemment à ce type de propos.
Mais quand même sur ce qui s'est passé, il y a ce groupe Facebook Sébastien Chenu, il y a ce qui s'est passé dans le Var qui est quand même un drame terrible. Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a une parole publique aujourd'hui parmi les politiques qui alimente un racisme d'atmosphère, comme le dit Olivier Faure, le socialiste ? Une parole publique auquel vous pouvez participer.
Non, pas du tout. Et je crois qu'Olivier Faure et le Parti Socialiste ont une immense responsabilité dans la dégradation de notre société et dans son communautarisme. Moi, je pense que c'est le communautarisme, c'est-à-dire le repli d'un certain nombre de personnes dans leur communauté qui abîment le tissu républicain et qui amènent des confrontations qu'on peut connaître. Moi, je crois que les Français ne sont pas racistes. Je vais vous dire, leur histoire montre, notre histoire montre qu'on a su accepter, assimiler, soutenir, aider des gens qui venaient du monde entier. Et ça a été évidemment notre grandeur. Aujourd'hui, il y a un problème avec l'immigration.
Ce qui n'est pas lié à la même chose, ce n'est pas du racisme. Il y a un problème avec l'immigration, c'est un fait. D'ailleurs, une immense majorité de Français reconnaissent qu'il y a un problème avec l'immigration. Et il ne faudrait pas que ça, ça empêche de parler des problèmes auxquels nous sommes confrontés.
Parler d'immigration, c'est une chose, mais avoir des propos racistes, c'en est une autre. C'est bien ce que je viens de vous dire. Et donc là, moi, ce que je vous dis, c'est que, par exemple, l'histoire, elle est proche. L'année dernière, lors des législatives, vous avez dû vous-même écarter des candidats qui tenaient ouvertement des propos racistes. Ceux qui sont racistes aujourd'hui, et par exemple, on a l'exemple du meurtrier dans le Var, se revendiquent du Rassemblement National. Donc si vous, vous n'êtes pas raciste, pourquoi ces gens-là se revendiquent du Rassemblement National ?
Non, et d'ailleurs, vous avez dit quelque chose de juste, nous les avons sanctionnés. C'est-à-dire que nous leur avons dit, votre place n'est pas avec nous. Mais d'autres ne l'ont pas fait. Regardez les propos antisémites d'un certain nombre de candidats de la LFI. La différence entre eux et nous, c'est que nous, un candidat sort de la ligne, a des propos inadmissibles, il est sanctionné. La LFI, ils en font des députés. Le nombre de candidats LFI aux propos antisémites qui ont été maintenus, d'ailleurs, ils ont tous été maintenus, ou qui continuent, ou qui sont devenus parfois députés, ça pose problème. Nous, au contraire, on est exigeants de nous-mêmes.
Et on peut nous faire beaucoup de reproches, et vous ne manquez pas de le faire, mais en revanche, nous n'acceptons pas que des gens utilisent, finalement, le Rassemblement National pour promouvoir des idées qui ne sont pas les nôtres. Nous avons demandé, je vous le rappelle, c'était Jean-Philippe Tanguy et Marine Le Pen, quand Elisabeth Borne était Premier Ministre, par exemple, l'interdiction des groupuscules d'extrême droite. Nous l'avons demandé par écrit et d'extrême gauche, évidemment, parce que nous concevions que ces groupes attentaient à l'esprit républicain, évidemment. Mais donc, nous avons à chaque fois expliqué quelles étaient nos positions.
Nous ne sommes pas des ultras, nous sommes des militants patriotes. Nous considérons que c'est la nation qui est le creuset de l'appartenance républicaine, quelle que soit, encore une fois, sa religion, sa couleur de peau, son origine, sa condition sociale, sa sexualité. Et nous n'admettons pas de tels propos. Et à chaque fois, nous les sanctionnons lorsque des gens pensent pouvoir trouver chez nous la possibilité de s'exprimer ainsi.
Sébastien Chenu, autre sujet, malgré votre opposition constante au gouvernement, vous n'avez pas voté hier la motion de censure pour le renverser. Votre tour viendra, vous nous aurez face à vous, avez-vous dit dans l'hémicycle. Pourquoi attendre si vous êtes contre ce gouvernement ?
On attend le budget. C'est, je crois, l'acte fondateur, le budget. Là, on était sur une motion de censure qui était plutôt tournée, je l'ai expliqué, vers le Parlement que vers le gouvernement. C'est-à-dire que les Insoumis, qui sont en fait anti-parlementaristes, qui ne jouent pas le jeu de la démocratie parlementaire, ont déposé une motion de censure, qui n'avaient pas de chance d'être votés d'ailleurs, parce que même leurs partenaires socialistes, qui ne sont jamais là, il faut bien dire, ne voulaient pas la voter. Donc nous, on n'a pas le goût de l'effort inutile.
Quand on va, j'allais dire, prendre François Béroux entre quatre yeux, dans le cadre du débat budgétaire, nous allons lui dire exactement ce que nous attendons de lui, même s'il le sait. Nous ne voulons pas que les Français soient mis à contribution, que leur pouvoir d'achat soit à nouveau sollicité, et nous allons voir les propositions qu'ils font.
Vous savez ce qu'il dit, justement, sur le budget 40 milliards d'économies, tout le monde, tout le monde va faire des efforts. Donc déjà, c'est contraire à ce que vous vous attendez.
Pas tout le monde, c'est bien ça le problème.
Sur la table, par exemple, parlons-en tout de suite. Une année blanche, certains parlent d'une année blanche pendant laquelle rien n'est indexé sur l'inflation, gel des dépenses complets, assurance maladie, prestations sociales, dotations aux collectivités, tout serait gelé, et donc ça rapporterait 15 à 25 milliards d'euros. Vous en pensez quoi ?
C'est ridicule, c'est totalement à côté de ce qu'il faut faire. Je vous dis pourquoi. En réalité, notre pays souffre de graves difficultés financières qui ne tombent pas de la planète Mars, qui sont le résultat des choix que François Bayrou, ses prédécesseurs, Gabriel Attal, les Bruno Le Maire, les Elisabeth Borne, et même quelques-uns avant eux, ont opéré. La situation gravissime des finances publiques vient des choix politiques. Politique, la politique, c'est faire des choix, qu'ont fait tous ces gens-là, et qui ruinent le pays depuis un certain nombre d'années.
Il nous propose aujourd'hui de faire une année blanche, en disant finalement, on va passer un coup de rabot général à peu près partout. Tout le monde va faire des efforts, or tout le monde n'a pas la capacité à faire les mêmes efforts, selon sa situation, et ça empêche quoi ? Ça empêche toute réforme possible, ça empêche toute réforme de fond une année blanche. Or nous, nous plaidons pour qu'il y ait des réformes de fond. Réforme de fond sur la fiscalité, réforme de fond sur le coût de l'appareil d'État, réforme de fond sur l'immigration, et sur ça, pas un mot. C'est trop facile de dire, on passe un coup de rabot à tout le monde, et on touche à rien. Non sur la TVA sociale également ?
Non, non sur la TVA sociale, c'est un impôt la TVA sociale. C'est un impôt que chacun ne peut pas supporter de la même façon, parce que si tout le monde voit la TVA augmenter, chacun, en fonction de ses revenus, ne la supporte pas de la même façon. Vous pouvez peut-être vous-même supporter, ou moi-même, un euro de plus sur une consommation que vous avez au quotidien. Quelqu'un qui est au SMIC ne pourra pas la supporter. Donc on considère que ce n'est pas un impôt supplémentaire, que les répercussions qu'on demande aux entreprises, soit avec la TVA sociale, on dit que ça fait baisser le coût du travail, etc.
Elles ne sont pas obligatoires, rien ne les oblige, et je vois qu'un certain nombre de pays, dont la santé financière est quand même largement redressée, je pense à l'Italie et à l'Espagne, ont renoncé, eux, à cette TVA sociale. Donc là, encore une fois, c'est à la fois la facilité, et c'est à la fois...
On n'augmente pas les impôts, on ne fait pas d'année blanche, alors on fait quoi ?
Je vous en ai parlé. D'abord, le fonctionnement de l'État. Le fonctionnement de l'État, c'est les agences d'État, la fondation IFRAP, qui n'est pas une fondation du Rassemblement National, dit qu'il y a 80 milliards d'euros à aller chercher là-dedans. On ne peut pas toutes les supprimer ? Évidemment, on ne peut pas toutes les supprimer. Il y en a qu'il faut fusionner, il y en a qui ont des coûts de gestion, je pense aux ARS, qui sont excessifs. Les agences régionales de santé. Là, on a du gras, si j'ose dire, si vous me permettez cette expression.
La contribution à l'Union Européenne, ce n'est pas la fiscalité vraiment, mais en tous les cas, là aussi, elle augmente notre contribution encore cette année, mais par exemple, la taxe sur les rachats d'actions, on l'a évaluée à la capacité pour l'État à récupérer 9 milliards et demi. Même si on ne va pas jusque là, on a là encore une masse importante. C'est une évolution de la fiscalité. Et puis, il y a le coût de l'immigration, mais là, pas un mot, c'est la vache au milieu du salon. On a l'impression qu'aujourd'hui, il y a un rapport qui sort, qui montre qu'il y a 100 000 Afghans aujourd'hui dans notre pays, quand ils étaient 2 500 il y a quelques années.
Sauf que vous savez que l'immigration en France, elle rapporte de l'argent.
Mais là, je vous donne justement les Afghans qui ne travaillent pas, qui viennent pour des raisons économiques et qui pèsent sur les finances publiques. Donc, si on ne veut pas s'attaquer au coût de l'immigration, eh bien, effectivement, on aura des finances publiques très déséquilibrées et je pense que ça fera naître des sentiments parfois pas très jolis dans notre pays, voyez-vous.
Le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, est avec nous jusqu'à 9h. Il est 8h46, l'heure du fil Info, Maureen Suigneur. Le Premier ministre israélien annonce à l'instant que le corps de deux otages détenus par le Hamas viennent d'être ramenés en Israël. Un retour après une opération spéciale de l'armée. Sur les 251 personnes enlevées le 7 octobre, 55 sont toujours retenues à Gaza. Le secteur du bâtiment fait part de sa colère. MaPrimeRénov, le dispositif qui vise à soutenir les ménages français dans la rénovation énergétique de leur logement, va bien être suspendu cet été.
C'est totalement insupportable et incompréhensible, réagit sur France Info la Fédération française du bâtiment. Le gouvernement estime qu'il y a déjà trop de demandes et surtout trop de fraudes, mais assure aussi vouloir rétablir cette aide rapidement. Vous avez jusqu'à 23h59 pour faire votre déclaration de revenus en ligne pour les impôts. Après, il sera trop tard. Cela concerne les départements, 55 et plus. Elle est la cinquième française à se hisser en demi-finale d'un grand chelème. La première depuis Marion Bartoli en 2011. Loïs boit son jour à cet après-midi face à la numéro 2 mondiale, l'américaine Coco Goff.
Elle s'entraîne depuis des années tous les jours pour ça, confiée sur France Info son préparateur physique qui croit à une finale. France Info
Le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia
Et le député Rennes du Nord Sébastien Chenu également vice-président du Rassemblement National. On en parlait dans le fil Info. Le gouvernement confirme la suspension de MaPrime Renov, ce dispositif de subvention des travaux notamment de ravalement et d'isolation thermique. Il va s'arrêter provisoirement au 1er juillet. C'est une bonne décision ?
Non, et ça m'interroge sur la sincérité de ceux qui nous gouvernent. Mardi, nous avons accueilli nous, les députés du Nord, principalement des députés Rassemblement National, nous avons accueilli le président de la République dans le Valenciennois. Je lui ai parlé de MaPrime Renov. Je lui ai dit je suis inquiet dans les perspectives budgétaires de la disparition de MaPrime Renov. Il n'y a beaucoup à dire sur MaPrime Renov. Il n'empêche qu'on peut dire des choses. C'est une prime qui, par exemple, est victime de fraude. Mais la disparition de MaPrime Renov m'inquiète. Il m'a dit
suspension encore ce matin, le ministre de l'Economie.
Et il dit que ça figurera bien au budget 2026. En tous les cas, il y a la volonté de voir cette prime Renov ne plus exister, en tous les cas, dans l'immédiat. Et le président de la République m'a répondu quasiment le contraire. Donc à un moment où ces gens ne savent pas ce qu'ils font, où ces gens ne savent pas où ils vont, mais en tous les cas, j'ai vraiment l'impression d'un État qui ne pense qu'à passer le rabot sans changer le périmètre. Mais juste,
dépenser 3 milliards d'euros, un peu plus de 3 milliards, c'est le coût du dispositif chaque année pour ce type de travaux. C'est une bonne ou une mauvaise chose ?
Non, mais c'est une mauvaise chose que de vouloir la suspendre comme ça brutalement. Je vous le dis, il y a des efforts à faire sur ma prime Renov en ce qui concerne la fraude. Mais c'est une prime qui marche bien, qui est utilisée par beaucoup de ménages. Vous savez qu'il y a des conditions et c'est sur sa résidence principale. Il faut avoir terminé les travaux depuis un certain nombre d'années. Et je pense que derrière ça, ça veut dire qu'il faudrait plutôt s'attaquer aux fraudes. Je rappelle que Gabriel Attal avait dit lorsqu'il était éphémère Premier ministre qu'il avait 15 milliards d'euros par an à aller chercher dans la fraude. La fraude qu'elle soit sociale ou fiscale.
On sait que sociale c'est à peu près 13 milliards d'euros. On sait que fiscale c'est entre 80 et 100 milliards d'euros. Donc effectivement, il y a probablement de quoi aller chercher de ce côté-là. Mais l'idée de sans arrêt raboter, ce qui permet aux Français ou d'avoir un peu d'oxygène ou de consommer... Là, ce que disait Cervi,
c'est parce que c'est une histoire d'organisation aussi. Il y a beaucoup de dossiers qui n'ont pas été traités.
Ce que l'État ne peut pas aller chercher dans les siennes.
Un autre sujet. Le Parlement a supprimé hier le vote par correspondance pour les détenus pour les élections municipales et législatives. Le député Horizon à l'origine du texte estime que les détenus représenteraient une part trop importante du corps électoral dans certaines communes.
Nous, on a voté ce texte dans le sens où au lieu que le vote soit recensé dans un bureau centralisateur par exemple à Paris-Place Vendôme, c'est là que les prisons, puisque c'est le siège du ministère de la Justice, que c'est comptabilisé, on a trouvé qu'il était plus astucieux que leur vote soit comptabilisé dans leur commune d'origine. Si vous êtes enfermé à Rennes et que vous êtes électeur à Bastia, votre vote sera comptabilisé à Bastia. Ça concerne, il faut le dire, très très peu de monde. Il y a, je crois, 20% de mémoire, 20% d'électeurs dans les prisons françaises. Donc ça, ça concerne très peu de monde et je crois que ce que nous avons voté c'est quand même le symbole
de les privés de droit de vote quand même.
Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas. De fait, ça n'est pas le cas ? Non, quand vous êtes condamné, vous n'êtes pas forcément condamné à la privation de vos droits civiques. Ça arrive dans un certain nombre de cas, mais pas dans tous. Donc quand vous avez vos droits civiques, que vous soyez comptabilisé dans votre commune d'origine, me semble normal. Un mot sur les retraites. Le conclave entre
dans ses 15 derniers jours. Il y a aujourd'hui un vœu, notamment à l'initiative des communistes, d'abrogation de la loi. Ce n'est pas une abrogation, c'est un vœu.
Rappelez-nous la position du RN. Nous, on est favorables à supprimer la loi sur les 64 ans, la loi Macron sur les retraites. Donc on votera aujourd'hui ce vœu porté par les communistes qui avaient empêché, les communistes, les mêmes, qui avaient empêché qu'on puisse voter sur la réforme des retraites. Donc ces gens ne sont pas une incohérence près. Nous, on est cohérents. Dès qu'il y a une possibilité de supprimer la réforme des retraites d'Emmanuel Macron, on s'en saisit. Bon, je ne me fais pas beaucoup d'illusions sur la fin des opérations aujourd'hui. Je pense qu'il faudra remettre le dossier sur l'ouvrage. Il faudra le repenser. La réforme, elle est injuste, elle est inefficace.
On l'a déjà dit plusieurs fois. Mais la gauche, encore une fois, qui donne des leçons, a empêché l'abrogation des retraites au moment où nous avions un débat. Elle avait pourri le débat parlementaire par des milliers d'amendements, ce qui avait amené le gouvernement, évidemment, à utiliser à l'époque un 49-3. Et on n'a jamais pu voter dans l'hémicycle sur la réforme des retraites. Et ça, c'est problématique.
On parle de l'étranger de l'international maintenant. Si vous le voulez bien, depuis le 7 octobre, le Rassemblement National soutient sans réserve la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahou. Il faut, je cite... Non.
Ah non.
Pas de soutien sans réserve. Il n'y a pas de soutien
parce qu'il y a deux choses. Il y a deux choses. La politique du gouvernement de Benjamin Netanyahou. Non. Nous soutenons Israël à se défendre. Et pas sans réserve. Et pas sans condition. Il faut aller au bout
de la guerre menée contre le Hamas.
Oui. Il n'y a aucun pays dont nous soutenons la politique sans réserve ou sans condition. Il n'y a pas un seul pays au monde dont nous soutenons la politique sans réserve ou sans condition. Alors, est-ce que vous avez
des réserves aujourd'hui parce qu'un certain nombre de personnalités, notamment israéliennes, se sont exprimées ces deux derniers jours dénonçant des crimes de guerre, du nettoyage ethnique ? Reprenez ces termes.
Bon. Nous, remettons les choses en ordre. Israël s'est fait attaquer par une organisation terroriste, le Hamas. Cette organisation terroriste structure aujourd'hui les territoires palestiniens. Elle sous-tend, elle structure, elle héberge, on peut appeler ça comme on veut. En tous les cas, aujourd'hui, les territoires palestiniens sont structurés autour du Hamas. Israël se défend. Il faut soutenir Israël.
Y compris avec des opérations qui peuvent mener, comme l'a rappelé le président de la République lui-même lors de son émission il y a trois semaines, à des très sérieuses difficultés d'alimentation voire à utiliser l'aide humanitaire et l'arme de la faim.
Non, non, mais nous, on est favorables à ce qu'il y ait des couloirs humanitaires, à ce qu'il y ait une aide humanitaire, à ce que les populations civiles qui sont aujourd'hui utilisées par le Hamas comme des boucliers soient secourues. On est favorables à cela. Mais vous nous dites
soutien sans réserve, pardon Sébastien Chenu, je vous coupe, mais vous nous dites qu'il n'y a pas de soutien sans réserve
mais en même temps on a du mal à voir vos réserves. Justement, le fait qu'il y ait des couloirs humanitaires me semble être une nécessité. Le fait que des pays frontaliers, je pense par exemple à l'Egypte, puissent accueillir des populations civiles qui se retrouveraient exposées pourraient aussi faire partie des dossiers à ouvrir.
Pardon Sébastien Chenu, ce n'est pas le cas là. Justement, pourquoi le monde s'agite aujourd'hui ? C'est parce qu'il y a une famine qui a été orchestrée à Gaza. Donc, votre discours n'a même pas changé malgré ce contexte-là. C'est pour ça qu'on vous pose la question.
Puisque je vous dis qu'il faut que l'aide humanitaire arrive, il faut aider les civils qui souffrent de cette famine. Je pense que c'est une position raisonnable. Mais si ça veut dire qu'Israël ne doit plus se défendre et qu'Israël doit accepter d'avoir un voisin qui repose sur une organisation terroriste qui veut sa destruction, eh bien moi je vous dis il faut aider Israël à se débarrasser du Hamas. Il faut soutenir Israël dans sa vocation.
Donc il faut livrer des armes à Israël pour faire cette guerre ?
En tous les cas, aujourd'hui ce n'est pas le cas. Ce n'est pas ce qui se passe aujourd'hui. Vous auriez aimé
que la France envoie des armes à Israël pour faire cette guerre ?
Non, je pense qu'aujourd'hui il ne faut pas entrer là-dedans. Je pense qu'il faut en revanche soutenir Israël qui se défend. Voilà. Avec les moyens qui sont les siens. Mais je pense que, vous savez, il faut se poser la question, on aurait un voisin qui voudrait notre destruction et qui aurait fait des milliers de morts chez nous, on aurait plutôt envie de se défendre en se disant que notre avenir est un peu obscur avec un tel voisin. Quel que soit le prix
pour les populations civiles ?
Mais non, je viens de vous le dire, soutenir les populations civiles dans tout conflit. D'ailleurs, il faut protéger les populations civiles. Le problème, c'est que c'est le Hamas aujourd'hui qui utilise les populations civiles comme des boucliers. C'est tout de même problématique et personne ne veut regarder, en tous les cas, beaucoup détournent le regard lorsqu'on dit ça. Essayons de dédramatiser, de dépolitiser ce dossier-là. À la fin, il faudra deux États. Moi, je le dis parce que je pense que les Palestiniens ont le droit d'avoir un État et eux aussi de vivre à terme en sécurité. Donc vous soutenez la débarque du président de la République.
Ils n'ont pas de la reconnaissance de la Palestine. En tout cas, pas aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est totalement l'inverse.
S'il y a deux États, il faut la reconnaissance de la Palestine.
Mais à terme, je viens de vous dire, à terme, pourquoi pas aujourd'hui ? Parce que reconnaître aujourd'hui, ça voudrait dire qu'on reconnaît la puissance d'une organisation terroriste et finalement, le coup de force qui est imposé. Donc à terme, il le faudra. Aujourd'hui, c'est le plus mauvais moment pour le faire.
Sébastien Chenu, on revient en France, on a cru voir la semaine dernière le début d'une rivalité au sein du Rassemblement national. Marine Le Pen qui souhaite participer aux consultations avec le président sur l'avenir constitutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Alors qu'elle était là-bas, sur place, elle déclare, je ne suis pas sûr que Jordan, Jordan Bardella, connaisse très bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie. Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? Que c'est elle,
la patronne ? Elle a voulu dire qu'elle était la meilleure connaisseuse des problématiques de la Nouvelle-Calédonie, tout politique confondu. Je crois qu'elle a raison. Je crois que s'il y a bien quelqu'un qui connaît bien l'outre-mer et le dossier canédonien en particulier, au-delà de tout le monde, c'est bien Marine Le Pen. Mais pourquoi ce rappel à l'ordre ?
Là, elle n'a pas dit tout politique confondu, elle a dit Jordan. Elle a visé lui directement.
Oui, enfin, vous y voyez évidemment une espèce de manœuvre pour faire vivre un feuilleton. Ce feuilleton n'existe pas. Non, non,
juste, on écoute attentivement ce que dit Marine Le Pen. Je vois, mais ce feuilleton... Je vous pose la question parce qu'il est en train de s'émanciper, là, Jordan Bardella. On voit bien ce qu'il fait. Il se livre intimement dans des émissions sur M6. Il publie des livres. Il fait beaucoup de déplacements à l'étranger aussi, à Abu Dhabi en ce moment, le Vatican, Israël, Washington. Tu croyais que l'international, c'était le domaine de Marine Le Pen au Rassemblement National ?
Plusieurs choses. Marine Le Pen a fait tout ça. Elle aussi, en son temps, l'émission de Karine Le Marchand, les bouquins. Marine Le Pen a déjà fait tout ça. Sauf que là, c'est lui qui l'est fait. Parce qu'elle avait un agenda. Et je pense que lorsqu'on est un président de parti politique, il faut poser des actes. Il faut construire des relations à l'international. Je pense que tout ça est utile à quoi ? À l'arrivée de nos idées au pouvoir, je vais vous dire. Parce que, vous le savez, moi je souhaite que ce soit Marine Le Pen qui mène le combat. Je le souhaite de toutes mes forces et je me suis engagé pour qu'elle devienne présidente de la République.
Pour ce qu'elle est, elle, et pour les idées qu'elle porte. Si demain, Marine Le Pen était empêchée par une manœuvre qui aurait un caractère politique, une décision qui aurait... Ça n'appelle pas une décision de justice. Non, parce qu'une décision de justice qui peut être motivée uniquement pour des faits mais pas pour des raisons politiques. Or là, la motivation de priver Marine Le Pen d'élection présidentielle, c'est écrit, c'est pour des raisons politiques. Donc, si ce n'est pas elle qui porte nos idées, il faudra bien quelqu'un. Et ce quelqu'un, c'est Jordan Bardella puisque c'est le président
de notre parti. Merci Sébastien. Une dernière question. Est-ce que vous êtes député RN ? Il y a un autre député, François Ruffin, qui demande d'interrompre les travaux de l'Assemblée nationale cet après-midi vers 17h, soit au moment du match Loïs Boisson-Cocogouf.
Vous êtes favorable à ça ? C'est vrai que François Ruffin, il n'aime pas tellement bosser, je lui dirais. On est là pour travailler, donc il regardera le tennis en replay, il n'y aura aucun problème et on espère que Madame Boisson réussira aussi. Mais nous, on a du boulot, on a du pain sur la planche. Sébastien Chenu,
invité de France Info ce matin et sur France Info, à partir de demain, d'ailleurs, Canal 16, mais aujourd'hui encore sur le Canal 27, les informer dans un instant avec Salia Braclia, Renaud Delis.