Philippe Baptiste est l'invité politique de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Soyez le bienvenu. Vous êtes ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche et vous répondez aux questions d'Alix Bouyaguet. C'est parti.
Baptiste, une surveillante de 31 ans poignardée par un élève de de 14 ans. Le drame se déroule à Nogan en Haut Marne. Alors c'est un bour tranquille hej.
Comment on explique ça ? Euh François Baou, il parle de décomposition de la société. Bah, d'abord c'est d'abord c'est un drame et permettez-moi juste d'avoir un mot évidemment pour pour la famille de de de cette dame évidemment et pour aussi toute la communauté éducative.
Je pense qu'effectivement c'est a quelque chose qui est multifactoriel et que aujourd'hui il faut qu'on réagisse et c'est une réaction qui doit être une réaction qui doit être forte parce que on a une épidémie de de de fait de qui ressemble qui ressemble à cela. C'est probablement un mélange de choses. Je pense qu'effectivement le rôle des réseaux sociaux, ça a été souligné par le président de la République hier est sans doute important.
Est-ce qu'il faut qu'on agisse. Est-ce qu'il faut expérimenter les portiques de sécurité dans les collages et les lycées ? Bien sûr.
Je pense que ça fait partie des ça fait partie des des choses qu'il faut mettre en place, des outils. C'est pas c'est pas les seuls. Je pense que l'interdiction aussi de toutes les armes blanches au mineur, je pense que ça c'est aussi effectivement on va dans la bonne direction.
Il faut aussi travailler sur la prévention, il faut aussi travailler sur l'identification. Je pense qu'il faut aussi être il faut aussi être honnête et franc vis-à-vis des Français. C'estàd qu'il y a pas une mesure qui va tout régler d'un coup.
C'est bien un plan global sur lequel il faut qu'on travaille. Euh dans votre secteur, ces fameux portiques de sécurité, est-ce qu'on peut imaginer des portites de sécurité aux entrées des universités ? Alors, on peut on peut l'imaginer mais alors Dieu soit Dieu soit loué.
On n pas on n pas ce genre de de difficulté aujourd'hui dans les dans les universités. Mais euh après ça pose évidemment énormément de problèmes très extrêmement pratiques hein. C'est-à-dire que installer des portiques de sécurité, vous voyez quand vous passez l'aéroport le temps que ça prend pour passer euh les contrôles quand vous avez tous les étudiants ou tous les élèves qui arrivent au même moment.
Enfin ça pose plein de difficultés. Je voudrais dire que on a déjà des contrôles y compris dans les universités. C'est les c'est les présidents d'université qui sont qui pilotent effectivement ça.
Quel type de contrôle est-ce qu'on peut procéder à des à des à des fouilles ? Il y a eu 600 contrôles des sacs dans les établissements scolaires depuis mars. Est-ce qu'il faut les généraliser ?
Est-ce qu'il faut les les les généraliser aussi à l'université et est-ce que les chefs d'établissement d'université peuvent avoir ces autorisations là Alors, ce sont ce sont eux évidemment qui ont les pouvoirs de police he ce sont les présidents de l'université qui ont les pouvoirs de police sur leur campus. Mais après, s'agissant de manière générale de des établissements de de l'éducation, euh les généraliser, ça veut dire les faire de manière systématique. Vous voyez, vous comprenez bien les difficultés pratiques que ça que enfin qui à quoi ça mène.
Je veux dire, il y a aucun établissement dans le monde qui fait ça de manière systématique. Euh c'est souvent des choses qui sont des choses des contrôles aléatoires, des contrôles voilà qui permettent effectivement de de réguler. Mais encore une fois, ce n'est pas la seule mesure.
Je pense qu'il faut aussi arriver justement à identifier les élèves qui sont en souffrance. Et ça, il y a un vrai travail à mener avec la communauté éducative. Alors, justement, vous parlez d'élèves en souffrance, on parle beaucoup de santé mentale.
Euh, est-ce que c'est aussi un angle mort cette santé mentale au sein de l'enseignement supérieur ? Alors, c'est c'est c'est l'une des priorités, hein. Donc, on a on a une très forte mobilisation aujourd'hui des universités, mais aussi des établissements de santé qui sont qui sont autour. beaucoup d'établissements de santé ont été ouverts au sein des universités pour accueillir justement effectivement des premiers points de contact pour les étudiants qui sont en souffrance psychologique.
C'est c'est un c'est un phénomène. On a on l' C'est pas une démarche proactive, c'est-à-dire quand on repère un étudiant, on peut l'amener à suivre un process. Bah en tout cas, on peut on peut l'encourager, on peut l'amener sous la plupart du temps.
C'est une grande souffrance aussi de la part des de la part des étudiants qui souffrent de ça. Il y a plus il y a tout un ensemble de programmes qui sont mis en place et en particulier d'autres étudiants qui sont là, des ambassadeurs qui vont aller qui vont aller chercher qui vont aller présenter des dispositifs à des étudiants qui sont potentiellement en souffrance et pour les amener jusque jusque ben à l'infirmière ou aux médecins qui vont pouvoir aider derrière. Et donc cette cette étape de relais, elle est vraiment importante.
Les souffrances psychologiques aujourd'hui dans la jeunesse, elles ont beaucoup augmenté. On l'a constaté post Covid. Et alors tout le monde s'est dit que c'était lié justement au Covid mais on voit que ça n'est pas retombé et donc c'est un vrai phénomène de société.
Il faut qu'on se mobilise sur cette questionlà. Un mot sur ces universitaires notamment des spécialistes de l'islamist qui vivent sous la menace qui sont harcelés qui pour certains placés même sous protection policière. Ça se passe en France mais ça se passe aussi ailleurs en Europe.
En France ce phénomène il est de quelle nature et surtout de quelle ampleur ? On parle de combien d'enseignants ? Alors ce qui s'est passé, on a il y a eu quelques il y a eu quelques faits qui sont totalement inacceptables.
Totalement inacceptables. Il est intolérable que par exemple un enseignant chercheur comme ça s'est passé à Lyon euh ne puisse pas faire cours et soit interrompu par des individus qui déboulent dans son dans son amphithéâtre masqué. C'est inacceptable.
On sera extrêmement ferme. Des plaintes ont été déposées et et je veux dire et ça c'est intolérable. Ça concerne combien d'enseignants ?
C'est c'est ça c'est intolérable. L'antisémitisme c'est intolérable. on sera on sera absolument intraitable sur ces questions là.
Après maintenant, il faut aussi être clair, est-ce que ce phénomène là, c'est un phénomène qui est généralisé comme ça peut être décrit de temps en temps ? La réponse est non. Je veux dire aujourd'hui oui, il y a quelques endroits où c'est parfois difficile quelques départements dans quelques universités mais l'université aujourd'hui en France c'est quoi ?
C'est 3 millions d'étudiants qui sont dans le supérieur. C'est 75 établissements, 75 universités, 300 écoles d'ingénieur, 200 écoles de commerce. Donc on est en train de parler de masse considérable.
Donc oui, il y a quelques endroits où c'est compliqué parce qu'il y a des gens qui sont extrêmement politisés, qui sont très actifs euh avec des des des un engagement militant qui est extrême qui est extrêmement fort. Mais c'est ceux dont on entend parler régulièrement. Ça peut être ça peut non c'est alors j'allais vous dire les quand je disais pardon les départements les départements au sein des universités, j'ai pas été j'ai pas été clair.
C'est-à-dire que c'est quelques au total on est en train de parler de quelques centaines ou de quelques milliers de personnes dont on entend beaucoup parler. Ça peut être de temps en temps à Sciencep, de temps en temps à Lyon 2, de temps en temps à Rennes et cetera. Je et on en entend beaucoup parler et c'est normal, on est extrêmement attentif mais est-ce qu'aujourd'hui l'université est gangrainée par l'islamchisme ?
Comme je peux l'entendre, d'abord le terme islamuchisme ne correspond à rien et la réponse est non. L'université c'est un endroit où on étudie, c'est un endroit où les où les où on confronte des opinions, c'est un endroit de liberté académique, c'est un endroit où on fait de la chimie, c'est un endroit où on fait de la physique, c'est un endroit où on fait des maths, où on apprend et on va pas réduire l'université et 3 millions d'étudiants à quelques cas. Euh, depuis son élection, Donald Trump a multiplié les les actions ou les déclarations, hein, contre le monde de la recherche.
Euh, Emmanuel Macron a dit encore d'ailleurs hier soir aux chercheurs, bah venez chez nous, euh, combien, de manière très concrète, combien de chercheurs ont été accueillis en France euh depuis qu'il a commencé à lancer cet appel ? Alors, en fait, la question se pose pas comme ça parce que des chercheurs étrangers qui viennent en France, c'est tous les ans depuis des décennies. C'est-à-dire que et c'est vrai qu'on a on a des chercheurs français qui partent à l'étranger et on a des chercheurs étrangers qui viennent en France.
Ça c'est la vie d'arch. Est-ce que ça fait accélérer ? Alors ce qui est ce qui est très clair, vous voyez bien, c'est comme si je vous disais demain matin, est-ce que vous allez partir chez CNN ?
Vous voyez bien que ça va pas se faire d'un claquement de doigt. C'est quelque chose qui prend du temps. Donc on a aujourd'hui on a aujourd'hui des milliers de candidatures.
C'est-à-dire que aujourd'hui, il y a des milliers de candidatures de chercheurs qui aujourd'hui ou d'enseignants chercheurs qui sont aujourd'hui dans des universités euh américaines, y compris des universités très prestigieuses, qui aujourd'hui veulent venir en France. Ça va se compliquer. Ils veulent venir en France malgré le manque de moyens parce que c'est ce qu'on entend, c'est ce qu'on entend souvent de la part de chercheurs qui disent "Bah nous on n pas les moyens." Moi, je vais je vais vous dire hein, ve dire aujourd'hui on investit énormément pour la recherche.
Est-ce qu'on est-ce qu'on investit assez ? Moi, je vous dirais toujours comme l'ensemble de mes camarades scientifiques, on peut toujours faire plus et on doit faire plus. Mais aujourd'hui, il y a une loi de programmation sur la recherche qui a amené aujourd'hui déjà 6 milliards d'euros sur la table.
Il y a encore 19 milliards qui doivent arriver d'ici 2030 en plus des budgets qui sont des budgets récurrents. Il y en a, il faut qu'on tienne le cap. Il faut qu'on tienne le cap de cette loi de programmation.
Ça c'est fondamental. Il faut qu'on continue à investir. Et moi je vais vous dire pourquoi est-ce qu'on doit investir ?
Parce qu'on construit l'avenir de la France, on construit l'avenir de l'Europe. C'est pas simplement ma petite opinion sectorielle et pour défendre mon bout de périmètre. J'y crois profondément parce qu'en fait quand on investit dans la recherche, on investit dans l'innovation, on investit dans les entreprises de demain et si demain vous voulez des emplois en France et si demain vous voulez des industries, des entreprises qui innovent et qui sont compétitives, vous avez besoin de recherche.
Deux questions encore rapides. Donald Donald Trump qui a entamé un bras de fer avec Harvard, suspecté selon lui d'être un incubateur du walisme. Il veut restreindre l'entrée aux étudiants étrangers.
Est-ce qu'aujourd'hui des étudiants français qui souhaitent aller aux États-Unis, notamment à Harvard, doivent s'inquiéter pour obtenir leur visa ? Ah mais c'est pas queils doivent s'inquiéter, c'est que ils sont inquiétés. C'estàd que on a effectivement, moi je reçois régulièrement des messages de personnes qui effectivement sont aujourd'hui dans une situation de blocage parce que les procédures d'attribution de visa sont suspendues et cetera.
Donc c'est très concret. On avait vu, je on n'est pas en train de parler de dizaines de milliers de personnes, ce sont des petits nombres. Et donc je l'ai déjà dit mais je le redis encore une fois, nous trouverons des solutions évidemment pour les étudiants européens qui seraient empêchés à un moment ou un autre.
On trouvera des solutions à dooc et et donc effectivement on se saisira des dossiers pour leur trouver des solutions en France en Europe. Dernier mot, salon Vivatech he qui ouvre aujourd'hui le rendez-vous des professionnels de la tech et de l'innovation. C'est placé sous cette année sous sous l'IA.
Les français sont inquiets, hein. Beaucoup d'entre eux redoutent un peu cette intelligence artificielle. C'est c'est je comprends parfaitement.
C'est une source d'inconnu, c'est parfois vertigineux, mais c'est aussi une source de croissance extraordinaire et donc c'est aussi une source d'opportunité. N'ayons pas peur, il faut y aller. Derrière c'est c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est la recherche, c'est l'innovation, c'est les emplois de demain.
Et la question est pas tellement de se dire comment je me protège de l'IA ? Parce que ça ça n'existe pas. Je veux dire, personne ne s'en protègera.
C'est comment est-ce que j'utilise cette opportunité extraordinaire pour créer de la richesse, pour créer de la valeur, pour transmettre du savoir, pour transmettre des connaissances et faire de notre société une société qui soit une société inclusive et dans laquelle on soit heureux de vivre. Merci beaucoup.
Philippe Baptiste