L'intégrale du vendredi 29 octobre 2025
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce vendredi 28 novembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Emmanuel Macron a annoncé la création d'un service militaire national volontaire pour les jeunes majeurs. L'objectif, répondre aux besoins des armées face aux menaces russes et aux risques accrus de conflits. Est-ce une bonne manière de renforcer l'armée ? Et de quelle façon peut se traduire la menace russe ?
Dans une demi-heure, on reçoit le général Vincent Desportes qui nous analysera ces mesures. Le Sénat a entamé hier l'examen du budget. La droite sénatoriale assume sa ligne anti-taxe, anti-impôt. Rend-elle ainsi tout compromis impossible ? Le président socialiste de la Commission des finances du Sénat, Claude Rénal, est avec nous. Interroger la neutralité, le fonctionnement, le financement de l'audiovisuel public. C'est l'objet d'une commission d'enquête lancée cette semaine à l'Assemblée, voulue par Éric Ciotti. Risque-t-elle de se transformer en commission politique ? C'est le thème du débat de nos éditorialistes dans une heure face à face entre Pablo Piovivien et Louis Morin.
Et puis à la une de nos régions, on parlera de ces communes qui remettent de l'éclairage public, notamment pour lutter contre l'insécurité. On ira notamment à Falaise, dans le Calvados. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Quentin Calmet. Bonjour Auriane, je suis ravi de vous retrouver ce matin. Mais ravi également Quentin Lail de ce vendredi 28 novembre. Emmanuel Macron relance le service militaire.
Voilà, le président de la République qui a annoncé hier un service national de 10 mois réservé aux jeunes majeurs qui sera purement militaire, mais volontaire et censé répondre aux besoins des armées. Les détails avec Jérôme Rabier.
Il est rebaptisé service national, mais c'est bien le retour du service militaire que souhaite Emmanuel Macron. Pas obligatoire comme le dispositif abandonné en 1997 par Jacques Chirac,
mais avec un objectif de 50 000 jeunes par an d'ici 2035.
Ce service poursuit trois objectifs précis. Renforcer le pacte noué entre notre nation et notre armée. Renforcer la capacité de résistance de notre nation. Consolider la formation de nos jeunes.
Concrètement, les jeunes de 18-19 ans s'engageront pour 10 mois et seront nourris, logés, blanchis avec une solde de 800 euros par mois minimum et avec l'objectif d'être rapidement opérationnels.
On fera un service utile. En d'autres termes, on sera dans un premier temps formé pendant un mois et ensuite pendant neuf mois, on sera soit dans l'armée de terre, soit dans la marine, soit dans l'armée de l'air, soit au commissariat général des armées, soit au service de santé des armées.
Après les propos polémiques du chef d'état-major des armées qui évoquait la nécessité d'accepter de perdre ses enfants dans le climat de tension internationale, le chef de l'État a précisé que les futurs volontaires ne serviraient pas à l'étranger.
Nos jeunes, je le dis avec clarté, serviront sur le territoire national et uniquement sur le territoire national, c'est-à-dire en métropole et dans nos Outre-mer. Les premiers recrues commenceront leur service national en septembre 2026 avec l'objectif de 3000 volontaires pour cette première promotion.
Et le Sénat donc débutait hier l'examen du budget. Nous l'avons vécu en direct hier sur Public Sénat tout l'après-midi. La majorité de la droite et du centre qui entend proposer une copie de responsabilité, je cite, en réduisant les impôts, en faisant des économies dans les dépenses. Le vote solennel sur l'ensemble du texte est prévu au Sénat le 15 décembre. L'Assemblée nationale, elle, a approuvé la nationalisation d'ArcelorMittal. L'Assemblée nationale qui a adopté hier en première lecture une proposition de loi La France Insoumise visant à nationaliser ArcelorMittal en France. Le gouvernement défavorable à la mesure estime que la bataille se mène à l'échelle européenne.
Le texte, on le rappelle, qui a peu de chances d'être voté au Sénat. Le vote d'hier qui était donc pour l'heure uniquement symbolique. Mais écoutez, Sophie Bunet, secrétaire générale de la CGT. Mittal, ce qu'il faut rappeler, c'est que chaque année, c'est 3 milliards distribués aux actionnaires. 3 milliards distribués chaque année. Et Mittal, c'est chaque année 300 millions d'euros d'aides publiques en France. Rien que pour la France. Ça veut dire que 10% de ce qu'on donne aux actionnaires vient des aides publiques que la France lui donne. Et que finalement, on nous dit que la nationalisation coûte très cher. 10 ans d'aides publiques, c'est la nationalisation d'Arcelor.
Donc nous, nous sommes aussi là pour dire que cette politique du carnet de chèques, cette politique du chèque en blanc, il faut arrêter. Un groupe d'experts recommande de ne pas donner de coups de pouce au SMIC. Voilà, la revalorisation automatique, pas plus. Le groupe d'experts sur le SMIC a effectivement recommandé hier de ne pas donner de coups de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation mécanique qui devrait tourner autour de 1,4%, soit un peu moins de 20 euros net par mois. Et puis, plusieurs morts dans un glissement de terrain en Haïti.
8 personnes, dont une fillette de 3 ans, ont été retrouvées mortes après le glissement de terrain qui a enseveli mercredi matin deux maisons dans l'est de Tahiti. Ces glissements de terrain très impressionnants sont liés à de très fortes pluies depuis une semaine. Merci, Quentin. A tout de suite. On va évidemment parler du budget avec vous, Claude Rénal. Merci beaucoup. Merci d'être notre invité, sénateur socialiste de la Haute-Garonne, président de la Commission des finances du Sénat. On va longuement revenir sur le début de l'examen du budget hier. Mais d'abord, on commence par la presse régionale.
Alors, exceptionnellement, il n'y a pas trois unes ce matin parce qu'Emmanuel Macron poursuit ses rendez-vous avec la presse régionale pour un face au lecteur. Et on va aller justement voir ce qui se passe aujourd'hui. Il est dans les Vosges à Mircourt avec les lecteurs du groupe Ebra, les journaux régionaux de l'Est de la France. Et on est avec l'un des animateurs de ce débat, Alexandre Poplavski-Mayor. Bonjour Alexandre. Merci beaucoup d'être là. Rédacteur en chef adjoint de l'Est républicain, du républicain lorrain, de Vosges matin. Emmanuel Macron qui poursuit donc, Alexandre, dans les Vosges, sa croisade contre la désinformation.
Oui, le chef de l'État, Oriane, rencontre et répond en effet ce matin à Mircourt, dans les Vosges, aux questions des lecteurs de nos journaux,
ceux du groupe Ebra, le premier groupe de presse quotidienne régionale qui s'étend de la Lorraine au Vaucluse. Les sujets porteront sur la problématique de la démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes. Les échanges s'ouvriront sur la désinformation et les ingérences étrangères. Un constat pas nouveau mais qui s'aggrave.
150 faux sites d'information rien que sur les six premiers mois de l'année. Ça interroge à quelques mois évidemment des municipales et à 15 mois de la présidentielle. Nous avons d'ailleurs publié une enquête exclusive sur ce sujet jeudi. On aura également une franco-roumaine qui sera présente. Elle témoignera de sa crainte que ce qui s'est produit dans son pays
se produise également chez nous. Et puis on poursuivra sur le harcèlement et le cyberharcèlement. Nous parlerons également d'éducation aux médias et à l'information. Et les journaux du groupe Ebra, Alexandre, ils sont très engagés dans l'éducation aux médias.
Oui effectivement ce vendredi s'affaire en ASDAS l'opération journaliste d'un jour portée par les journaux de l'ASDAS et des DNA. Ce sont près de 600 XC1 qui sont investis dans cette opération.
La semaine dernière en Lorraine nous avons organisé un campus transfrontalier avec des jeunes originaires du Luxembourg, de Belgique et de Lorraine
et ainsi que d'Allemagne. Et puis dans les deux cas, il s'agissait pour les jeunes de créer des contenus journalistiques par l'écrit, l'image et la vidéo, de découvrir comment se construit une information fiable et vérifiée. Partout d'ailleurs dans le groupe Ebra se tiennent régulièrement des ateliers d'éducation aux médias et à l'information s'adressant à tous les publics, jeunes et moins jeunes, pour favoriser la lutte contre les fausses informations et le développement de l'esprit critique.
– Merci beaucoup, merci Alexandre, la une de Vosges Matin, le président Macron face à nos lecteurs Emmanuel Macron qui, vous l'avez dit, est donc à Mircourt dans les Vosges aujourd'hui pour rencontrer les lecteurs du groupe Ebra et vous allez animer ce débat Alexandre. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Un mot de réaction, Claude Rénal, le chef de l'État qui fait le tour de la presse régionale pour parler aux lecteurs de la lutte notamment contre la désinformation. Il a raison de prendre ce sujet en main ?
– Oui, sur le fond, bien entendu, c'est un des sujets aujourd'hui majeurs, la désinformation, l'accès à l'information fiable, la baisse de la QPR d'une certaine façon, en tout cas papier, la transformation, la façon dont aujourd'hui les jeunes s'informent par des messages extrêmement courts. On sait que dès qu'on fait des messages très courts, on a une information qui forcément est orientée. Par nature, la complexité nécessite un peu de temps. Ce n'est pas notre temps, ce n'est pas notre époque. On peut le regretter.
La seule question finalement qu'il faut avoir, c'est comment on peut faire avec les outils qui sont de tous, de toute façon les outils d'aujourd'hui, et comment on peut mieux maîtriser les choses. C'est un enjeu démocratique au sens large, on le sent tous, on le comprend tous, et donc on doit y être vigilant. – Il avait d'ailleurs commencé ce Tour de France chez vous, c'était avec l'électeur de La Dépêche, et il le construit donc avec la presse régionale. Une annonce hier d'Emmanuel Macron, Emmanuel Macron qui a donc annoncé la création d'un service militaire volontaire, c'est une bonne mesure ?
– En tout cas, elle est logique par rapport, comment dire, au moment à l'orientation qui est donnée sur les finances publiques, d'ailleurs sur le soutien à l'armée. Il n'y a pas d'armée sans personnel, donc il faut sans doute orienter autant que possible des jeunes qui le souhaiteraient bien sûr vers les métiers militaires. Donc ça peut passer par différentes mesures sans doute, je ne les ai pas en tête, mais on peut imaginer des choses diverses. Je constate qu'en Europe, plusieurs pays ont déjà mis en place ce type de formule, notamment en Allemagne, pour renforcer aussi cet intérêt des Français pour leur armée.
Je pense que, encore une fois, on est dans une période qui veut ça, c'est dommage, c'est malheureux, d'une certaine façon, mais c'est ainsi, la guerre est aux portes de l'Europe, et donc il faut montrer aussi des signaux, je pense, par rapport à des gens comme Poutine, pour lui montrer que l'Europe réagit. – Et ça a un coût, vous qui présidez la mission des finances, on parle de 2,3 milliards, le coût de cette mesure, on a les moyens de le financer ?
– Si le Président l'annonçait, c'est qu'il pense que c'est faisable, en tout cas, ça sera très compliqué à financer, pas cette mesure-là, mais l'ensemble des mesures nouvelles, dans la période que nous connaissons, déjà les similaires qui étaient annoncés pour les armées de manière globale, alors je ne sais pas si cette mesure, finalement, trouverait sa place dans ce financement-là, puisque, de toute façon, il s'agit d'une montée en puissance, donc il faudra regarder dans le temps comment ça peut s'inscrire dans les budgets, il y a toujours la possibilité de faire, mais en même temps, il faut trouver les recettes nouvelles en face.
– Et on va justement en parler de ce budget, Quentin, c'est parti donc pour l'examen du budget de l'État, le projet de loi de finances en séance au Sénat. Quentin, vous avez suivi attentivement les premières heures de séance hier.
– Oui, on le rappelle, à l'unanimité moins 1, les députés ont rejeté le texte la semaine dernière, c'est donc maintenant au Sénat que le projet de loi de finances est arrivé, l'examen a commencé hier en séance, et la majorité de la droite et du centre, qui veulent réduire le déficit de façon drastique, en le ramenant l'année prochaine à 4,7% du PIB, contre les 5,4% cette année, pour y parvenir, la droite et le centre, qui veulent limiter les hausses d'impôts, préférant tailler dans les dépenses de l'État. Prenons un exemple, les députés, avec l'accord du gouvernement, prévoyait d'augmenter à 6,2 milliards la surtaxe pour les grandes entreprises.
Eh bien, les sénateurs de droite et du centre veulent au contraire la ramener à 4 milliards, avec au passage, vous allez l'entendre hier en séance, un petit tacle glissé à la ministre des Comptes publics. Écoutez le rapporteur général du budget, c'est Jean-François Husson.
Madame la Ministre, vous nous avez affirmé ici même au Sénat, devant la Commission des Finances, en juin dernier, et je vais vous citer, je partage pleinement votre exigence de clarté, de stabilité, de lisibilité pour les acteurs économiques, vous venez de le redire. Certains points peuvent être affirmés sans détour. La surtaxe d'impôts sur les sociétés n'existera plus en 2026. Merci. Le gouvernement n'a nulle intention de recourir à une baquette magique fiscale pour combler des écarts, dont la cause est, je cite, « la hausse de la dépense ». Vous me direz que vous parliez au nom d'un autre gouvernement, c'est vrai. Mais vous êtes toujours la même ministre, c'est également vrai.
Et hier en séance, aussi bien le ministre de l'Économie et des Finances que la ministre du Budget ont plaidé en faveur d'un compromis avec l'espoir que la copie qui sera votée au Sénat puisse embarquer avec elle certains députés lorsque le texte repartira à l'Assemblée. Écoutez Amélie de Montchalin. Alors vous le savez, l'objectif du gouvernement est très clair et je sais qu'il est partagé avec vous. Il est que nous puissions construire un compromis avec les forces politiques pour donner un budget au pays avant le 31 décembre. Effectivement, la semaine dernière, l'Assemblée nationale n'a pas adopté la première partie du projet de loi de finances.
Là où certains formulent un constat d'échec, je ne veux pas me laisser aller au fatalisme ambiant. Oui, je le crois et je le dis avec sincérité, nous pouvons trouver un compromis pour donner un budget au pays. Voilà donc les sénateurs qui démarrent maintenant l'examen des articles et des amendements. La partie recettes sera soumise au vote jeudi prochain, le 4 décembre. Puis ils se lanceront, vous vous lancerez, dans neuf jours à l'assaut du volet dépenses qui comprend les budgets de chaque ministère, mission par mission. Et à la fin, donc, le 15 décembre, un vote sur l'ensemble du projet de loi de finances.
On sera alors à quelques jours, 15 décembre, de la date fatidique, pour voter un budget. Claude Rénal, cet examen au Sénat, est-ce qu'il va servir à quelque chose, selon vous, la copie finale qui va sortir du Sénat, est-ce qu'elle peut servir de base à un compromis avec d'autres groupes politiques au Parlement ? – Alors il y a quelque chose de particulier, c'est que comme la copie n'a pas été finalement votée à l'Assemblée nationale, on part de la copie du Sénat, quoi qu'il en soit. Donc voilà, c'est la copie du Sénat qui sera sur la table, avec évidemment, restant en discussion, le projet initial du gouvernement qui est derrière.
Donc voilà, à partir de là, nous, effectivement, durant cette période, on va essayer de rentrer un certain nombre de débats et si possible de votes sur des idées qui sont les nôtres, c'est le travail qui est le nôtre, et puis ensuite, nous verrons comment s'organise la discussion sur une commission mixte paritaire. Mais ce qui est important, c'est pas d'avoir une commission mixte paritaire qui soit conclusive. Généralement, quand elle est conclusive, ça permet un vote du budget. Dans la situation où nous sommes, il faut non seulement une commission mixte paritaire conclusive, mais il faut que derrière l'Assemblée nationale la vote.
Et donc, il faut tenir compte de l'ensemble des sensibilités qui composent aujourd'hui l'Assemblée nationale. – Mais est-ce que vous avez l'impression que la droite sénatoriale est sur ce raisonnement ? Est-ce qu'elle a envie d'un compromis ? Ou est-ce qu'elle est sur on va voter un budget de droite sénatoriale ? – On va le voir. Ce qui est certain déjà, c'est que sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, la position qui a été prise, c'est une position extrêmement raide, de revenir sur tout, et tout de suite de déclarer une commission mixte non conclusive. Et finalement, qu'est-ce qui va se passer ?
Eh bien, c'est l'Assemblée nationale qui va décider de tout, et la voix du Sénat va disparaître. Voilà. Je ne considère pas que ce soit une bonne méthode, ni pour le PLFSS, ni pour le PLF. Alors, je pense que les choses seront derrière les apparences de retour sur un certain nombre de dogmes de la majorité sénatoriale. derrière, il y aura quand même la vision future, de préparer le futur, parce que je pense que sur, de toute façon, ce projet de loi de finance, il faut pouvoir faire ensemble et trouver ensemble les compromis. Je pense qu'au final, après un affichage peut-être un peu raide, il y aura de toute façon des recherches de compromis. C'est l'intérêt du pays.
Et je vois mal la majorité sénatoriale ne pas prendre en compte l'intérêt du pays de trouver une voie pour avoir un budget. Quentin ? On avait vu tout à l'heure une infographie que j'ai montrée, une animation tout à l'heure, avec le chiffre du déficit que souhaitent viser les sénateurs de droite et du centre, un déficit à 4,7%. Est-ce que ce chiffre, il est trop raide ? On a vu que Sébastien Lecornu, lui, il ouvrait la porte à un déficit à 5%. Donc un effort moindre à atteindre dans le budget. Est-ce que vous pensez que c'est réalisable, ça, à la fin ? Déjà, sur la copie du Sénat, on verra.
Mais quand on voit par les premières propositions, on voit des propositions de diminution des recettes. Ça, on les voit clairement, notamment la surtaxe sur les entreprises. Qu'on évoquait tout à l'heure, oui. Qui, d'ailleurs, totalement disparaîtrait dans la première copie, en tout cas, faite par le Sénat. On le voit aussi sur d'autres baisses de recettes, en particulier, et nous les partageons concernant les collectivités locales. Donc on voit bien la diminution des recettes. On voit moins, en réalité, aujourd'hui, où se font les augmentations. Et si on le voit, on ne les trouve pas toujours forcément pertinentes.
Par exemple, le plan France 2030, il n'y aurait plus de possibilité, durant un an, d'engager de nouveaux chantiers. Ça rapporterait sur le papier un milliard d'euros. Mais ça pourrait avoir des conséquences, là aussi, très importantes, pour les entreprises, justement. Quentin, on poursuit ? On poursuit. Oui, on a commencé à en parler, les mesures. La droite sénatoriale qui refuse d'augmenter la surtaxe de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises. On a aussi vu d'autres mesures. Par exemple, l'abaissement du plafond pour toucher l'abattement de 10% sur les pensions de retraite. Réduction aussi du crédit d'impôt pour les services à domicile de 50 à 45%.
Autre mesure que je voulais rappeler. Création d'une taxe nationale sur les colis de moins de 150 euros. La taxe, elle passerait de 2 à 5 euros. Et l'effort, vous le disiez, M. Reynal, pour les collectivités qui serait ramenée à 2 milliards d'euros contre 4,6 dans le budget du gouvernement. Alors, comment qualifier toutes ces mesures ? Est-ce qu'elles seraient certaines d'entre elles acceptables pour la gauche sénatoriale ? On pense par exemple à la taxe sur les petits colis que vous pourriez voter, vous l'avez dit. Oui, je crois que ça peut se regarder. En même temps, c'est peut-être une taxe qui aurait tendance à s'éteindre au fil du temps.
Parce qu'un niveau de taxation important pourrait réduire l'intérêt, finalement, de certaines opérations. Donc, un intérêt général à limiter les importations de produits de Chine, par exemple, avec une taxe qui viendrait des fois être supérieure au prix du produit qui serait dans le colis. Donc, en termes de rendement, ça aurait un effet, mais ça aurait un effet tout à fait utile de limiter ces importations. Il y a aussi un amendement qui est proposé par les socialistes pour instaurer un emprunt obligatoire d'une durée de 5 ans à taux zéro pour environ 20 000 contribuables les plus aissés. On va voir ce qu'en pense votre collègue, le rapporteur général du budget LR, Jean-François Husson.
C'est les travaux forcés, vous savez, c'est l'emprunt. Vous n'avez rien à dire, vous êtes obligés, on ne vous donne rien. Sur le principe, c'est inacceptable. Je suis attaché à un mot, liberté. Je crois que les socialistes le sont au moins autant que moi. Alors, qu'on laisse à chacun la liberté, je dirais, d'entreprendre, de créer, il y a suffisamment, me semble-t-il, aujourd'hui, de prélèvements divers et multiples sur celles et ceux qui gagnent de l'argent. Mais ça ne tombe pas du ciel, l'argent. Il n'y a pas d'argent magique. Eh bien, moi, je voudrais qu'on respecte un peu la liberté d'entreprendre et de réussir pour tous les Français.
Qu'est-ce que vous lui dites ? Une réponse un peu idéologique, si je puis dire, à quelque chose qui est simple, qui s'est pratiqué rarement dans l'histoire. En 1983 ? En 1983, ça nous rappelle des moments particuliers. Et simplement, vous dire que, bien sûr, ce n'est pas du tout la liberté d'entreprendre dont il est question. Il est question simplement d'orienter une partie de l'épargne, de ceux qui en ont beaucoup, vers un emprunt obligatoire à 0%. Si on voulait le tourner différemment, parce qu'on prend toujours les mesures, par la façon dont elles se réalisent ou elles sont écrites.
Mais si on regarde de manière générale de quoi on parle, on parle du soutien de ceux qui le peuvent, finalement, au pays dont ils sont membres et dont ils sont fiers. Il s'agit de prêter, de prêter pour une durée courte des montants qui seront restitués. Au bout de 3, 4 ans, c'est au Parlement d'en discuter et au gouvernement de dire son intérêt ou non pour la mesure. Donc il s'agit finalement de flécher une partie d'épargne très limitée par rapport à ces familles-là, non plus sur, finalement, de l'assurance-vie, des choses qui rapportent des fois des sommes assez limitées, de l'ordre de 2%, à peine plus que l'inflation, et simplement de se priver de l'inflation pendant 3-4 ans.
Voilà, c'est un geste civique d'abord. Ça peut être aussi, on n'a pas le droit, vous le savez, de flécher une recette de l'État. On ne peut pas le faire dans le cadre de la vie parlementaire. Mais on comprend bien que, par exemple, ça peut venir financer l'effort en faveur de la défense, par exemple. Et donc, bon, voilà, c'est comme ça qu'il faut poser le problème. – Et on va parler des dépenses, Quentin. – Exactement, la droite qui veut couper dans les budgets du pass culture, par exemple, ou de France 2030, vous avez commencé à l'évoquer, mais également dans l'aide médicale d'État. Est-ce que ça augure d'une confrontation gauche-droite dure dans l'hémicycle, ces mesures-là ?
– Si vous voulez, chaque fois qu'on est sur des amendements caricaturaux, il y aura effectivement un débat qui va reprendre des choses qu'on connaît déjà, que vous connaissez parfaitement. – Parce que l'aide médicale d'État, oui, mais la droite dit aussi que le budget de l'aide médicale d'État a fortement augmenté. Il est maintenant près d'un milliard d'euros. Est-ce qu'il n'y a pas aussi des dépenses à avoir aussi là-dedans ? – Non, c'est caricatural, lorsque la droite pose ce débat. – Évidemment, c'est caricatural et que, bien entendu, s'il y a des ajustements à faire à la marge, ils peuvent se faire sans déclaration et en dehors, même, si vous voulez, du projet de l'aide de finances.
Donc là, ce sont des signaux qui sont donnés vers l'électorat d'extrême droite. D'autant plus que ce que les Français qui nous écoutent doivent comprendre, c'est que ça ne se traduit jamais par une diminution de la dépense. Ça se traduit par un transfert entre le budget de l'État et le budget de la sécurité sociale. Mais de toute façon, on ne laissera jamais en France, pour l'instant, quelqu'un mourir au pied de l'hôpital. Ça n'existe pas. Donc, on le soignera. – Un dernier mot, Quentin ? – Oui, est-ce que vous avez d'autres mesures que vous aimeriez réussir à faire voter à gauche ? Est-ce que vous allez proposer des amendements que vous voulez voir figurer dans le texte à la fin ?
– On va revenir sur un certain nombre d'amendements qui ont été votés à l'Assemblée nationale. Ceux qui nous paraissent tout à fait cohérents, nous les remettrons évidemment au fur et à mesure dans le débat. De manière, là, toujours la même chose. De manière à trouver les ressources nécessaires pour faire fonctionner et éviter que ça se fasse au détriment des plus faibles. – Vous savez, regardons, si vous me donnez 30 secondes, regardons un peu ce qui s'est passé. On a enlevé la taxe d'habitation. On a enlevé la CVAE. On a enlevé la taxe d'habitation, ça devait relancer la consommation. Est-ce que ça a relancé la consommation ? Non.
Au contraire, ça s'est retrouvé dans les plans épargne, dans l'assurance-vie, etc. Donc, c'est un échec. 20 milliards. La CVAE, est-ce que ça a permis aux entreprises, la plupart des entreprises ne l'ont même pas vue. Il y avait une baisse de CVAE parce qu'il y a énormément d'entreprises qui touchent des sommes très très faibles. – C'est la cotisation sur la valeur qualité des entreprises. – Voilà, contribution, excusez-moi. Donc, autant de mesures qui ont coûté extrêmement cher au budget. Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ? Eh bien, on essaie de récupérer ces recettes en allant gratter ici ou là, mais sur l'ensemble des Français, à ce moment-là.
Eh bien, ce n'est pas tolérable, ce n'est pas acceptable. – Vous pensez que ça peut finir autrement que par une loi spéciale, ces discussions budgétaires ? – Mais la loi spéciale, il faut bien comprendre, la loi spéciale n'est pas une loi de finances. – C'est une rustine. – C'est une rustine qui permet de passer Noël et de recommencer le budget. Parce que de toute façon, vous ne pouvez pas vivre, j'ai bien entendu ici quelques sénateurs, imaginer qu'on pouvait vivre toute l'année sous loi spéciale. – Bruno Retailleau notamment, qui préfèrerait une loi spéciale que la copie de l'Assemblée.
– Comment il finance, lui qui est quand même favorable à la mesure, me semble-t-il, sur les armées, comment il financera les 6 milliards supplémentaires, s'ils ne sont pas votés, ça n'existe pas. On reste sur les budgets des années précédentes. Par exemple, pour en prendre un, mais ça touche tous les domaines, la loi spéciale peut permettre de franchir 2, 3 mois au maximum, et ensuite, de toute façon, il faut un budget. Donc, autant le faire, tout de suite. – Allez, on va terminer par l'actualité dans nos régions avec nos partenaires de la presse régionale. On va au Riac, on retrouve Pierre Reynaud.
Bonjour Pierre, merci beaucoup d'être avec nous, directeur départemental du journal La Montagne dans le Cantal. Pierre, en une de votre journal, ce matin, un dossier sur les inégalités de chance face aux études supérieures selon qu'on est un jeune de zone rurale ou bien de zone urbaine.
– Effectivement, on va parler jeunesse, de ces différences d'orientation entre les jeunes des villes et les jeunes des campagnes que nous avons abordées dans l'édition du jour, dans un dossier sur deux pages, que l'on a titré en une, la lutte des classes. La lutte des classes pour parler d'une France à deux vitesses, d'une fracture territoriale, celle de l'accès aux études supérieures. Juste pour contextualiser notre dossier, je veux rappeler que les résultats scolaires des jeunes ruraux sont dans la moyenne nationale, mais ils ont souvent des aspirations professionnelles plus limitées, plus modestes que les jeunes des métropoles.
Une récente étude montre ainsi un écart de presque 20 points entre les jeunes ruraux et les jeunes urbains quand on leur demande s'ils veulent faire des études ambitieuses, comme les classes préparatoires aux grandes écoles. Quels sont les obstacles ? Il y a un mécanisme psychologique d'autocensure, un sentiment fort que certaines formations, que certains métiers ne sont pas faits pour eux. Il y a aussi moins d'opportunités universitaires et professionnelles près de chez eux, ce qui suppose de partir avec, pour certaines familles, des freins financiers. Le problème est que ces jeunes des campagnes et des villes ne sont pas dans la même situation de départ.
les ruraux ont des défis supplémentaires à relever. Comment, d'après vous, peut-on surmonter tous ces obstacles ?
– Si la question m'est posée directement, je ne crois pas ça.
– Oui, elle vous est posée directement, monsieur le sénateur.
– Le sujet que vous évoquez est un sujet qui est sur la table depuis 30 ans, 40 ans. C'est un sujet très connu et sur lequel des efforts ont été faits et qui n'ont pas produit, vous faites part d'études, les effets escomptés. Je voudrais en citer quelques-uns. Par exemple, on a voulu rapprocher l'université des territoires et notamment en faisant des antennes territoriales. Lorsqu'on est en région, généralement, l'université est évidemment dans la ville métropole et on a fait des antennes dans finalement les préfectures départementales. Si on regarde les choses, il y a eu des efforts qui ont été avec des montants financiers considérables pour rapprocher l'université des territoires ruraux.
Et qu'est-ce qu'on peut en tirer comme conclusion ? Si on vous écoute, on ne peut pas dire que ça fonctionne. Si on essaie de comprendre ce qui se passe, c'est qu'en réalité, on fait des premiers cycles qui sont rapprochés effectivement des territoires et ensuite, au moment du deuxième cycle, c'est-à-dire de rentrer en licence, il faut par contre, généralement, partir vers la métropole. Donc, c'est une phase un peu intermédiaire qui se fait là. Elle est, à mon avis, elle a son utilité. Elle a quand même ses difficultés. C'est que, généralement également, on met dans ces territoires à la fois le cycle général et à la fois des formations plus diplômantes.
Et les choix qui sont faits par les jeunes de ces territoires sont souvent orientés par ce qu'on peut avoir à proximité. Donc, autrement dit, ils ne choisissent pas ce qu'ils aimeraient faire, mais ils choisissent ce qui est faisable à proximité. Et ça, c'est toujours une contrainte. Parce qu'on arrivera, et il n'y a pas de solution à ça, on ne mettra jamais des universités complètes dans toutes les préfectures de tous les départements. C'est infaisable. Et donc, à partir de là, cette difficulté-là, elle sera compliquée à lever.
Et puis, il faut se le dire aussi, la mesure qui restreint le plus, je crois, et je pense que votre étude doit le mentionner, peut-être même l'avez-vous dit, c'est les questions de déplacement, de logement. C'est-à-dire que le coût pour quelqu'un qui est dans la ruralité de venir faire ses études dans la métropole est sans commune mesure avec un enfant dans la métropole qui peut rester quelque temps chez ses parents pour commencer ses études. Donc, il y a des freins qui sont très compliqués à lever, même si je suis sûr qu'à la fois les politiques locaux, les conseillers régionaux notamment, et l'État ont cette question bien en tête. Merci beaucoup. Merci, Claude Rénal.
Merci, Pierre Reynaud, la une de la montagne et d'études supérieures. La lutte des classes, c'est à la une de votre journal. Merci beaucoup. Quentin, dans 20 minutes, on va regarder d'autres unes avec vous. Oui, on va parler notamment des tracés de la SNCF annoncés hier pour rejoindre Lyon à Bordeaux en passant par la banlieue parisienne. Ça, c'est votre sujet du matin. Ça fait beaucoup. Ça fait réagir dans le massif central. Ça vous fait réagir. On va en parler dans 20 minutes. Merci beaucoup, Claude Rénal. Merci d'avoir été avec nous. On accueille tout de suite le général Vincent Desportes. Bonjour, général Vincent Desportes. Bonjour, madame.
Merci beaucoup d'être notre invité, ancien directeur de l'école de guerre, professeur de stratégie à Sciences Po et à HEC. Général Vincent Desportes, on avait envie, évidemment, de vous entendre, d'avoir votre analyse sur ce qui se passe en Ukraine et sur ce qu'a annoncé hier Emmanuel Macron qui a donc relancé une forme de service militaire, un service national volontaire de 10 mois pour les jeunes majeurs. C'est une bonne mesure, selon vous ? C'est une mesure qui était indispensable, qui, je pense, a été réfléchie longuement par les différentes autorités, évidemment par le ministère des Armées. C'est une mesure qui devrait être efficace et qui devrait fonctionner.
Évidemment, c'est une projection sur l'avenir, mais je crois que c'est le minimum qui pouvait être fait et il fallait le faire. Notre jeunesse a soif d'engagement. C'est ce qu'a dit hier le chef de l'État. Vous pensez que cette mesure, elle sera suivie par les jeunes ? Les armées ne se sont pas lancées dans ce projet ou ne l'ont pas proposé dans cette formule au président de la République sans avoir étudié ces affaires-là et sans avoir conduit à un certain nombre d'études, de sondages dans la population. Et ce qu'il ressort, c'est que les armées devraient avoir un nombre de volontaires importants, voire largement ou très largement supérieur aux places qui seront offertes.
Ce désir d'engagement, il existe. Le projet est intéressant. On propose quelque chose de concret qui est bien rémunéré, de 800 à 1 000 euros, on le sait, noger, louris, non imposés, un tas de choses qui vont avec. Donc c'est un projet qui se tient. Et les armées vont offrir une vie intéressante, formatrice, enrichissante à ces jeunes pendant un an. Donc ça peut être une chance pour beaucoup de jeunes et puis une opportunité pour voir autre chose. Et puis tout simplement pour servir la France qu'il mérite largement et qui est menacée aujourd'hui. Oui, on va y revenir évidemment sur la menace. Qu'on comprenne bien en quoi cette forme de service militaire va aider nos armées aujourd'hui.
Qu'est-ce que ça peut leur apporter ? Eh bien, vous savez, le problème de notre armée, c'est qu'elle est excellente, mais qu'elle est toute petite. Excellente, toute petite. Pourquoi ? Parce que nous sommes formatés à partir de ce qu'on appelle un contrat opérationnel qui a demandé pendant 20 ans à l'armée française d'être capable de conduire des petites guerres à quelques milliers de kilomètres du territoire national contre un ennemi qui n'est pas un ennemi blindé mécanisé dans un milieu permissif, pas d'attaque aérienne, etc. Et donc, on est… Le petit budget que la France nous a alloué parce qu'elle ne croyait plus à la guerre nous a permis de faire ça et de faire ça au mieux.
Mais on voit bien qu'aujourd'hui, si nous devions affronter la menace qui n'est pas imposée, qui existe, et le risque est grand, il existe, eh bien nous aurions besoin d'une autre armée. Et en particulier, en termes de volume, en termes de masse, le problème essentiel de l'armée française, c'est qu'elle est petite. Elle est petite, elle a été voulue comme ça, elle est comme ça. Mais aujourd'hui, il faut grossir, il faut redonner de la masse. Donc, c'est pour ça que l'industrie d'armement est en train de produire des équipements, des obus, etc. Mais il faut bien des hommes.
Alors, soyons clairs, le projet n'est pas d'envoyer ces jeunes volontaires sur le front, mais prenons l'année 1935, 2035, pardon, 2035. Nous aurons normalement 50 000 jeunes. 50 000 jeunes qui feront des tâches militaires sur le territoire national, mais qui viendront, je dirais, en soutien des armées et qui permettront, en gros, de dégager 50 000 combattants professionnels qui se retrouveront, eux, en capacité de combattre. Donc, par cette manœuvre-là, on accroît de manière certaine la masse des armées. Mais juste, Emmanuel Macron, hier, il parle de 10 mois de formation. Non, non, non, un mois de formation.
Alors, 10 mois en tout, il y a un mois de formation, j'allais préciser, pardon, il y a un mois de formation, 9 mois au sein de l'armée. Ça fait 10 mois en tout pour ces jeunes. Est-ce que ça suffit pour être opérationnel ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on sait faire une fois qu'on sorte ces 10 mois ? Eh bien, madame, moi, mon honneur a été, pendant 10 ans, de commander des soldats appelés. Moi, je me suis préparé à la guerre froide, c'est-à-dire à la guerre qui existe maintenant. Et nous avions une armée d'appelés qui était parfaitement compétente, apte et désireuse de servir la France.
Donc, moi, je peux attester que 10 mois de service, c'est tout à fait suffisant pour former un combattant. Est-ce qu'on les forme autant qu'un soldat professionnel qu'on va former pendant un an ? Non, mais ce sont des gens qui sont parfaitement aptes à remplir leur mission. Et qu'est-ce qu'ils pourront faire, par exemple ? – Concrètement ? – Concrètement, d'abord, on l'a dit, ils seront dans des missions peut-être particulières. Par exemple, on va recruter des spécialistes de la cyber, de l'IA, qui vont donc remplir, qui seront des soldats et des combattants qui feront ces métiers-là. Ils seront parfaitement aptes à remplir des missions avec armes sur le territoire national.
Je pense, par exemple, à Sentinelle. On voit bien que Sentinelle restera nécessaire, même si nous avions à combattre sur le front. Mais il vaut mieux à Sentinelle mettre ces gens-là qui rempliront parfaitement leur mission au service de la France, ce qui nous dégage des soldats professionnels qui, eux, pourraient être amenés à défendre la France. – Est-ce que, comme le dit Jean-Yves Le Drian, ça fait aussi partie de la dissuasion ? Est-ce que ça dissuade quand on a un tel dispositif des pays qui, éventuellement, voudraient nous attaquer ? – À double titre, madame, à double titre.
C'est bien le problème de l'Europe aujourd'hui, c'est qu'elle n'est pas suffisamment dissuasive pour empêcher le président Poutine, si l'idée lui en prenait et elle peut très bien lui en prendre, de poursuivre son agression vers l'Ouest d'une manière ou d'une autre. Donc, désormais, toutes les armées européennes sont en train de grandir. Donc, à un moment donné, si vous voulez, la masse qui se trouverait devant le président Poutine serait trop importante pour que le trade-off, comme disent les Américains, l'avantage, le calcul de coût avantage, lui dise « je peux y aller ». Ça, c'est une chose.
Et la deuxième chose, si vous voulez, c'est qu'une armée, un pays qui se défend, eh bien, il faut que sa population s'engage. Cette population, ce n'est pas des professionnels. Vous savez, les Français se sont désintéressés des guerres. C'était des professionnels sur des terres lointaines. Et donc, quand on veut défendre la France, eh bien, il faut que les Français eux-mêmes s'engagent. Et donc, c'est une preuve de la détermination de la France a en aucun cas se laissé imposer sa loi par un dirigeant étranger. Pour le moment, c'est volontaire. Emmanuel Macron l'a dit hier. Est-ce que ça a vocation à devenir obligatoire ? Eh bien, madame, nous n'en savons rien.
Il faut espérer, souhaiter, que les différentes mesures qui sont prises par les différentes républiques ou monarchies également européennes et les mesures prises par la France seront suffisantes. Si la menace grandissait, la France prendrait d'autres mesures. Je vous rappelle que la France a toujours cherché à adapter son système de défense à la menace et au contexte. On a commencé la conscription par la levée en masse parce que toute l'Europe voulait attaquer la France au moment de la révolution. Et puis, on a changé. Et puis, on est passé à un tirage au sort. Et puis, on est passé à une armée professionnelle. On est revenu aux appelés, etc. Et puis, on a supprimé le service militaire.
Est-ce que ça a été une erreur, ça ? Mais non, ça n'a pas été une erreur. En revanche, cette décision, nous ne la reprendrions pas maintenant. Je peux vous expliquer pourquoi on a arrêté le service national. Mais quand le président Chirac, prenant acte de ce qu'avait décidé le président Mitterrand, de n'envoyer aucun appel dans la guerre du Golfe, parce que le fait de générateur, c'est quand même ça, eh bien, il l'a pris en soi-même et conscience parce que ça correspondait à l'évolution des circonstances internationales.
Ça correspondait aux besoins des armées et en particulier le fait qu'à ce moment-là, et c'était une erreur, parce que nous avons injuré l'avenir, c'était l'idée fausse des dividendes de la paix. C'était l'idée qu'on n'aurait plus jamais à combattre pour se défendre sur notre territoire national. C'était une idée fausse, mais que dans l'euphorie de la chute du mur, tout le monde pensait vrai. Eh bien, c'est comme ça.
Eh bien, aujourd'hui, on a compris que le monde était, d'abord, on a changé complètement de monde, on est revenu à la normalité historique, c'est-à-dire que, hélas, hélas, ce qui prévaut aujourd'hui, ce sont les rapports de force vraiment forts, que nos valeurs, notre système de vie, notre civilisation même, avaient à être défendues par le combat, si nécessaire. Donc, il faut redonner de la masse à nos armées et ça, c'est une première mesure. Ce que nous fera faire l'avenir, madame, nous n'en savons rien. En tout cas, il fallait faire ça et puis, s'il faut aller plus loin, il faudra aller plus loin et s'il faut revenir en arrière… – Ce serait quoi, aller plus loin ? Le rendre obligatoire ?
Ce serait quoi ? – Je n'en sais rien, madame. – Mais ça pourrait être quoi ? – Oui, ça peut le rendre obligatoire mais on voit bien qu'aujourd'hui, un, il n'y a pas de besoin, deux, nous n'en avons pas les moyens. Les polémiques se font jour sur déjà le financement de ce qui a été annoncé par le président de la République. – 2,3 milliards. – Il s'agit de 50 000. Or, si le service devient obligatoire et universel, c'est 800 000. 800 000 jeunes femmes et jeunes hommes qu'il faut loger, par exemple, et puis qu'il faut équiper, madame. Nous n'avons pas les canons, nous n'avons pas les chars. Vous savez que notre équipement a été divisé par, je sais, tuis depuis la fin de la guerre française.
Donc juste, nous n'avons pas. Nous aurions des gens dans la cour des cavernes qui ne feraient rien. Donc on voit bien que de toute façon, s'il y a une montée en puissance, elle ne peut se faire que parallèlement, également, à la production des équipements. Donc c'est possible que ce soit nécessaire un jour. Vraiment, je ne le souhaite pas. C'est possible, on le fera, mais ça ne peut pas se faire brutalement. Et aujourd'hui, en tout cas, il n'y a pas de besoin. Est-ce qu'avec cette décision, Emmanuel Macron a aussi l'objectif de préparer l'opinion à une éventuelle guerre ? Alors, je crois que c'est tout à fait important.
Vous savez, on a vécu pendant, allez, 30 ans au moins, si je parle de la chute du mur, dans une espèce de paradis artificiel où on pensait que tout le monde était gentil, etc. et que finalement, il n'y avait pas besoin de défense, etc. C'était un paradis artificiel. Nous étions dans l'Europe. Une Europe, quelque chose de formidable. Pour la première fois de l'histoire du monde, on a créé une paix positive, une paix pour elle-même et non pas une paix comme un moment entre deux guerres. Et nous avons cru, parce que nous avions écarté la guerre de notre territoire, qu'elle n'existait pas.
Mais c'était une erreur que j'ai largement dénoncée, d'ailleurs, je n'étais pas le seul à le faire, et que la guerre existait parce que, hélas, malheureusement, elle est dans la nature de l'homme qui est un mammifère et qui en tant que mammifère est un prédateur. Eh bien, cette guerre, elle est revenue et je crois que les Français doivent le comprendre. Je vois derrière vous une magnifique photo du jardin du Luxembourg. Eh bien, il faut protéger toutes ces choses-là parce que désormais, elles sont menacées. Et il faut que les Français se rendent compte qu'il y a une menace sur leur modèle de vue, sur leur modèle social.
Il y a une véritable menace, sauf si nous nous préparons suffisamment pour être dissuasifs. Je reprends ce que tout le monde sait, ce que le général Mandon a dit et ça n'a pas été compris. Il ne s'agit pas de se préparer à la guerre pour la gagner. Il s'agit de se préparer à la guerre pour la gagner si nous avions à faire. Mais surtout, si nous ne nous préparons pas à la guerre, il y aura la guerre. Nous nous préparons à la guerre et c'est une des mesures pour qu'elle n'ait pas lieu et pour que nous, Français, nous pouvions vivre comme nous l'entendons avec nos valeurs, par nos façons de vivre et je crois que ça, la France est extraordinaire, je crois que c'est le coup de la défense.
Donc il a eu raison le général Mandon ? Un militaire peut dire ça devant des maires ? Il a eu raison de parler ainsi ? Bien sûr, il a eu raison. Mais bien sûr, il a eu raison. Moi, je ne parle pas de la forme, ça ne m'intéresse pas. Mais ce qui est sûr, c'est que les Français doivent prendre conscience. Vous savez, quand vous êtes bas... Ils n'ont pas pris suffisamment conscience aujourd'hui de l'état de la menace ? Alors, ils commencent à prendre conscience d'où le pourcentage important des Français qui ont compris l'intérêt de ce service national. Mais ils ont... 8 sur 10, qui sont favorables. C'est beaucoup. Mais ils ont infiniment moins pris conscience que les Baltes et les Polonais.
Eux, le service national, ça fait un moment qu'ils sont dedans parce qu'ils sont sur la ligne de front. Je ne sais plus, vous descendez plus, vous vous écartez de la ligne de front. Au fond, moins vous comprenez cette affaire-là. Et on a vu que les pays latins, les Méditerranéens, sont en train de se réveiller également mais qu'ils ont mis un peu plus de temps. Eh bien, nous aussi. Eh bien, nous, ce que les Français devront comprendre, et c'est important, c'est qu'il faut défendre le territoire national. Mais qu'aujourd'hui, nous faisons partie d'une grande alliance et que si cette grande alliance n'est pas capable de se battre, alors la France sera menacée. Alors le territoire national...
Menacée sur son territoire ? Bien sûr. Et donc, il faudra aller défendre la France en dehors du territoire national. Quelle est la principale menace aujourd'hui ? C'est la menace russe ? Alors, il y a deux menaces et aucune des deux ne doit être écartée. Il y a la menace russe qui est une menace très probable. Et justement, nous devons faire en sorte, ayant une armée capable de dissuader, qu'elle ne se concrétise pas. Et puis, nous avons la menace terroriste qui a été un peu oubliée à cause de cette guerre en Ukraine et qui est tout à fait prégnante. Des attentats sont évités tous les jours par nos services de...
Enfin, tous les mois, toutes les semaines, mais régulièrement par nos services de sécurité. Donc, on a ces deux menaces et c'est bien le problème de la France. C'est qu'elle a véritablement deux fronts sur lesquels elle doit être forte. L'un, ce sera sur le territoire national. L'autre, très probablement, il faudra défendre le territoire national à l'extérieur de ce même territoire. Et c'est quoi aujourd'hui de l'état de la menace russe ? Parce qu'hier, Vladimir Poutine, il répète que son pays n'a aucune intention d'attaquer l'Union européenne. C'est vraiment ridicule pour nous en tant qu'idée. Est-ce qu'il faut le croire ?
Dois-je vous rappeler, madame, que c'est ce même Poutine qui a signé le mémorandum de Butapest disant qu'il protégerait 1994, qu'il protégerait l'Ukraine et qu'il se portait garant de son intégrité territoriale. Dois-je vous rappeler que c'est le même Poutine qui a signé les accords de Minsk et qu'il les a violés dans la minute où il les avait signés ? Madame, on ne peut pas faire confiance. Donc il a des velléités d'attaque de pays de l'Union européenne ? Les Russes qui sont un peu dans l'opposition disent dès que Poutine ouvre la bouche de toute façon on sait qu'il va dire un mensonge. La confiance, madame, ça ne fonctionne pas.
Ça peut fonctionner, encore vous avez bien vu, dans notre alliance avec l'Amérique, etc. C'est quand même compliqué. Et donc ce qui compte dans les relations internationales c'est infiniment triste, madame. Mais ce sont les réalités. Et les réalités, c'est que quand vous êtes faible vous êtes attaqué et vous risquez le pire. Donc ne pas… Mais concrètement, c'est quoi l'état de la menace russe aujourd'hui pour notre pays ? Eh bien je vais vous dire, madame. J'espère que cette guerre en Ukraine se terminera le plus tôt possible et qu'elle se terminera favorablement.
Mais à partir du moment où cette guerre est arrêtée, les services de renseignement dans leur ensemble de tous les pays européens qui ont des sources divergentes convergent vers une idée, c'est qu'il est dans la tête de Poutine et dans ses capacités militaires au bout de deux ou trois ans de remise en condition de poursuivre son agression vers l'Ouest. Alors pas en nous attaquant frontalement, il n'en a pas les moyens. Mais d'abord, un de ses objectifs est la dissolution de l'Union européenne qu'il est et dont il a le sentiment qu'il la menace. La dissolution du lien transatlantique.
Et on voit bien que toutes les manœuvres, les manœuvres de désinformation, etc., commencent à faire cette affaire-là. Donc au bout de deux ou trois ans après la fin de la guerre en Ukraine, l'armée russe qui sera portée à deux millions, qui est déjà à un million, sera capable de mener une offensive face à nous. Il ne le fera pas si nous-mêmes nous sommes forts. Donc il y a une menace. Ce que nous devons faire, madame, c'est ne pas la laisser se cristalliser. Et elle ne se cristallisera pas. Parce qu'aujourd'hui, on n'est pas suffisamment forts pour l'éviter ? Non, nous ne le sommes pas, madame, nous ne le sommes pas.
Mais encore une fois, parce qu'on n'a pas cru à la guerre, on a cru qu'on était dans le monde du bonheur éternel. C'était un monde qui était extraordinaire pour les Européens et ce monde a, et là, disparu. Il n'y a plus aujourd'hui un seul traité de désarmement qui vaille en Europe. Le droit international est bafoué autant par M. Poutine que par M. Trump. Donc on voit bien qu'on est sur un rêve, le rêve du monde de 1945 à San Francisco, le rêve de la mondialisation. Et on voit bien que ces affaires-là sont terminés. Donc il faut nous protéger de cette chose absolument remarquable qui s'appelle la civilisation occidentale et qui s'appelle la France. Alors, il faut en prendre les moyens.
Est-ce que la Russie nous mène déjà aujourd'hui une guerre hybride ? Bien sûr, madame. On sait, mais c'est un tout petit exemple. Les trois espions qui ont été arrêtés avant-hier, les étoiles de David peint sur les murs, les têtes de cochons, les têtes de porcs devant les mosquées, etc. Et moi, je pense même, madame, que la façon dont les propos du général Mandon ont été repris deux jours après qu'ils étaient annoncés et dans lesquels ils ont tourné sur les réseaux sociaux, je suis quasiment sûr qu'il y a la main de Poutine. Parce que, quelle belle cible !
Arriver à décrédibiliser notre chef d'état-major des armées alors que, justement, on veut remonter en puissance, eh bien moi, je pense, qu'il fait qu'il te prodette, disait les latins, c'est celui à qui profite le crime qu'il fait, eh bien, on ferait bien d'aller voir. – C'est des propos qu'il a tenus devant les maires. – Non, attends, on les a coupés, on a sortis un morceau et on les a sortis du contexte. – Et qu'il assume en plus. – Mais il assume parce que, non mais il assume parce qu'il a raison dans le fond, mais il a 100 000 fois raison. Qu'est-ce qu'il nous a dit ?
Il nous a dit, si nous ne voulons pas que cette guerre arrive, il faut être capable de la faire et nous n'y sommes pas prêts. Et vous savez, il a raison, à la fin, si on doit faire la guerre, eh bien, il y aura forcément des victimes parce que la guerre, elle est comme ça. Alors, il ne faut pas. Mais si vous n'acceptez pas cette hypothèse, alors cette guerre peut se développer. Si les pays montrent que c'est exactement ce à quoi avait cru le président Poutine, il a cru le 24 février 2022 que nous étions faibles, que nous ne nous lèverions pas, que les Ukrainiens ne se battraient pas, alors il est rentré et alors il avait fait un mauvais pari. Eh bien, il ne doit plus faire ce pari.
Il doit être sûr que nous nous battrons. Et on va parler justement de ce qui se passe en Ukraine. Pour terminer, est-ce que selon vous, le plan de paix de Donald Trump a de réelles chances d'aboutir ? Aucune, madame. Aucune. Aucune pour une bonne raison. C'est que celui qui signe à la fin, c'est Poutine. Et que Poutine n'a aucun intérêt à arrêter cette guerre. Et donc, il va la poursuivre. Vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron qui dit qu'il n'y a clairement pas de volonté russe dans ses celles-feuves ? Mais aucune, madame. Aucune. Puisque pour l'instant, il avance sur le terrain. Il gagne du terrain. Vous savez, les petits drapeaux russes, ils avancent pas vite, mais ils avancent.
Et on sait bien qu'à la fin, ça s'arrêtera sur cette ligne-là. Donc, lui, il cherche à gagner du temps depuis le début. Alors, il t'achève, c'est pas mal, il y a un point qui ne va pas, etc. Il n'a aucune raison de vouloir s'arrêter. C'est pour ça qu'il ne s'arrêtera que sur un mur de détermination. Et c'est pour ça aussi. Et le mur de détermination, ce n'est pas celui de Donald Trump ? Il ne peut pas l'arrêter ? Donald Trump ne peut pas l'arrêter ? Il pourrait, évidemment, mais on voit bien qu'il ne veut pas. On voit bien que la fascination que Trump a pour Poutine aujourd'hui, donc il ne veut pas l'arrêter. Ce n'est pas son truc. Vous savez, l'Ukraine, c'est un caillou dans sa chaussure.
Le truc principal, c'est la Chine. C'est ça qui est important pour lui. Et donc, il veut se débarrasser au plus tôt de ce problème-là. Mais c'est pour ça que l'Europe, aujourd'hui, doit être sérieuse et solide. Est-ce que l'Ukraine, est-ce que nous pouvons accepter que l'Ukraine perde la guerre ? La réponse, c'est non, madame. Et chaque fois que nous aidons l'Ukraine, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement stratégique pour la France et pour l'Europe. Aujourd'hui, c'est peut-être cynique de dire ça, mais l'armée russe, elle est arrêtée par l'armée ukrainienne. Et les 700 000 russes qui sont face à l'armée ukrainienne sont là.
Ils ne peuvent pas partir en Finlande ou vers la Roumanie pour aller lancer des manous et lancer des manœuvres d'agression. Eh bien, aujourd'hui, c'est sûr, la meilleure défense de l'Europe, c'est l'armée ukrainienne. Et donc, nous devons l'aider. L'armée ukrainienne sait faire la guerre aujourd'hui, la guerre d'aujourd'hui. Nous, il faudrait qu'on réapprenne parce qu'on n'a pas fait cette guerre-là depuis 1944. On en a fait d'autres, mais pas celle-là. Alors que l'Ukraine, ça fait trois ans qu'elle l'a fait. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, a répété hier, nous ne voulons pas de capitulation de l'Ukraine. C'est un risque, selon vous ?
Évidemment, si nous lâchons, à un moment donné, il y a une faisabilité de la guerre. Si nous, on dit « Ok, l'Ukraine, tu ne nous intéresses plus, fais débrouille-toi », bien sûr. Et nous, nous ne pouvons pas. Enfin, nous ne pouvons pas. Même si nous ne pensions qu'à nous-mêmes, et pas ces Ukrainiens qui se battent avec courage depuis bientôt quatre ans, si nous ne pensions qu'à nous-mêmes, notre intérêt stratégique très clair, c'est que la Russie n'aille pas plus loin que là où elle est. Si ça tombe, Poutine aura une idée comme il a eu la même idée qu'il a eue en 1922. Nous sommes des faibles.
Nous avons dit que notre crédibilité, ça fait quatre ans qu'on a dit, que notre crédibilité est en jeu. Eh bien, si l'Ukraine venait à capituler, nous n'aurions plus de crédibilité. Et alors, Poutine qui s'est avancé parce qu'il avait vu la débat des Américains à Kaboul en 1921, parce qu'il avait vu le refus d'Obama de tenir ses promesses en 2013, alors Poutine, c'est sûr, ferme et clair. Merci, Général Vincent Desportes. Merci beaucoup d'avoir été notre invité et de nous avoir éclairés sur ces sujets. Merci pour cet entretien. On va regarder ce qu'il y a à la une de nos régions. Et cet après-midi à 16h30 sera diffusé sur notre antenne un reportage de Céline Schmitt.
Réinsertion, la France à la peine consacrée aux difficultés de réinsertion après la prison. Je vous propose de regarder le témoignage de Cédric, ancien détenu de 56 ans qui fait face à des galères de logement et de travail après sa sortie de prison.
Cédric lutte au quotidien réinséré après trois ans et demi passés en détention. Sorti il y a neuf mois, il vit aujourd'hui à la rue.
C'est sous un seul pleureur et c'est un endroit qui est plutôt caché. Donc voilà, c'est histoire de ne pas ennuyer les gens dans le côté visuel. Voilà, on fait ce qu'on peut. Donc moi, je vis dans cette tente-là en fait. C'est un taux d'humilité qui est quand même énorme. C'est un peu limite comme vie. je ne le souhaite à personne. J'ai eu une compagne pendant le temps d'incarcération mais elle n'a pas supporté mon incarcération donc elle a décidé de faire autre chose de sa vie. Ce qui est son droit quand même.
Et puis voilà, ce qui me laisse un peu orphelin à tout niveau d'ailleurs parce que je n'ai plus de lien sur l'extérieur hormis les associations qui sont autour de moi mais je n'ai pas de famille donc à proprement parler qui puisse par exemple me proposer un hébergement ou autre quoi. Je n'ai pas ça.
Comme lui, selon Emmaüs et le Secours Catholique, 26% des détenus déclarent n'avoir aucune solution d'hébergement à leur sortie. À 56 ans, Cédric doit s'organiser pour survivre.
On a un quotidien qui demande des habitudes de connaître certaines associations pour rester propre, pour pouvoir se nourrir aussi un peu.
Cédric a fait ce que l'on appelle dans le jargon une sortie sèche, une libération sans réel accompagnement.
On fait une forme d'état des lieux des affaires qu'on a puis on vous met si vous avez un pécule libérable c'est-à-dire un peu d'argent on vous remet ce pécule-là puis vous sortez. J'aurais aimé voir quelqu'un au niveau des suivis que ce soit le SPIP ou une assistante sociale qui me fasse un dernier rendez-vous en me disant voilà, vous repartez sur Rennes voilà l'endroit voilà quel bus prendre pour aller à la gare et non on m'a lâché un peu comme ça du jour au lendemain comment survivre comment projeter quelque chose sans accompagnement réel dans le cadre du logement.
Voilà et le reportage est à voir en intégralité à 16h30 réinsertion la France a la peine à voir sur notre antenne. L'info dans nos régions maintenant ce sont aussi ces élus qui décident de remettre de la lumière dans leur commune et c'est le cas notamment dans le Calvados. Bonjour Hervé Mounouri merci beaucoup d'être avec nous vous êtes maire de Falaise vous avez décidé monsieur le maire d'augmenter le temps d'éclairage public dans votre commune la nuit d'abord d'où ça vient est-ce que c'est vos habitants qui vous ont fait remonter qu'il trouvait qu'il trouvait ça un peu trop court
non
ça a été un des éléments mais la réduction du temps d'éclairage public qui était auparavant de minuit à 5h avait été modifié le soir et le matin avec une heure en moins le soir donc extinction à 23h et réallumage le matin à 6h était lié à un plan d'économie d'énergie qu'on avait mis en place en 2022 dans le cadre
de l'augmentation un peu folle des coûts de l'énergie donc à l'époque on avait décidé de réduire pour financer pour accélérer
le financement du passage en LED et là les objectifs sont atteints puisqu'on va arriver à 60% de LED on fait 40% d'économie à peu près sur notre consommation d'électricité donc on a comme c'était une mesure provisoire le bureau municipal a décidé de la suspendre Est-ce que il y a aussi donc vous nous avez expliqué est-ce qu'il y a aussi des questions liées à la sécurité est-ce que ça rassure d'avoir de l'éclairage public la nuit ?
Alors un petit peu bien sûr il n'y a pas de lien entre l'extinction de l'éclairage et la délinquance nous on a ça fait des années peut-être une dizaine d'années que la lumière est éteinte la nuit et on a des chiffres de délinquance qui sont très faibles par contre ça peut créer à certains moments une petite notion d'insécurité peut-être pour des chutes ou des choses comme ça si je prends l'exemple des remontées que j'avais depuis 3 ans qu'on avait mis en place la mesure c'était par exemple vous avez le premier bus qui part à quand le matin qui part à 6h et la lumière se rallumant à 6h les Falésiens devaient aller avec leur téléphone portable jusqu'à l'arrêt de bus dans le noir donc voilà là c'est un gain pour eux et on a la même chose le soir vous sortiez du cinéma à 23h ça s'éteignait si la séance terminait à 23h15 vous sortiez du cinéma dans le noir donc c'est plus peut-être pour prévenir les chutes prévenir la circulation des piétons qui reste assez rare dans une ville de province comme la nôtre après 23h ou avant 6h mais malgré tout ça donne un petit plus et est-ce que ça veut dire aussi parce que vous nous parliez tout à l'heure des questions financières est-ce que ça veut dire un coût supplémentaire aussi pour la commune oui automatiquement alors qui reste mineur et acceptable puisqu'on la chiffre à peu près à 15 000 euros c'est-à-dire que là on va arriver à 60% de l'aide dans les semaines qui viennent début janvier normalement et les deux heures supplémentaires ça va générer à peu près un coût de 15 000 euros à l'année sur le budget
de la collectivité
Merci monsieur le maire merci beaucoup d'avoir été avec nous Hervé Mounouri maire de Falaise dans le Calvados merci beaucoup Quentin on va regarder ce qu'il y a à la une de nos quotidiens régionaux et ce matin il y a beaucoup de quotidiens qui titrent sur les annonces du chef de l'État sur le service national voilà recrut règle objectif c'est le mode d'emploi qui est à lire ce matin à la une de la presse régionale il sera limité aux volontaires et vise les jeunes de 18 à 19 ans l'État qui compte recruter 3 000 personnes dès 2026 monté pour aussi moins à 50 000 jeunes par an en 2035 la peur n'évite jamais le danger a dit hier le président de la République la seule façon de l'éviter est de s'y préparer Emmanuel Macron qui a aussi prévenu que les volontaires serviront exclusivement sur le territoire national après avoir assuré un dès mardi qu'il ne s'agit pas d'envoyer nos jeunes en Ukraine deux détenus s'évadent d'une prison à Dijon ils s'évadent en laissant un petit mot titre ce matin journal de Sonéloir ça vous fait rire c'est au moment de l'appel jeudi à 7h que la disparition des deux hommes placés en détention provisoire à la maison d'arrêt a été constatée ils auraient scié les barreaux de leurs cellules respectives la presse qui parle ce matin d'évasion à l'ancienne mais quand on lit dans les détails on apprend que les détenus auraient récupéré les lames de Siametto via des drones donc pas tant à l'ancienne que ça c'est une évasion un peu ancienne moderne mais effectivement ça nous a quand même interpellé alors il y a un autre sujet dont on a beaucoup parlé ce matin en préparant cette émission Quentin c'est la SNCF qui a décliné toute une série d'annonces et en fonction de la Ouivis ce matin vous aurez deux récits différents de ces annonces le populaire du centre ce matin à Limoges qui titre sur le limousin encore à quai alors que sud-ouest à Bordeaux parle effectivement plutôt d'une réjouissance avec ces annonces une oeuvre vers la capitale renforcée ainsi que la création d'une liaison à grande vitesse jusqu'à Lyon mais qui passera par Massy en Ile-de-France Saint-Pierre-des-Corts près de Tours Poitiers et Angoulême on le voit donc qui va faire le tour comme ça par le nord ça fait un petit détour et qui ne va pas traverser le massif central et donc dans le populaire du centre on s'indigne on voit aussi tout l'historique de la traversée entre Lyon et Bordeaux qui est donc remplacée maintenant par ce passage par Massy et ses élus du massif central qui racontent n'avoir jamais cessé de croire au retour d'investissement de l'État sur les lignes du centre de la France le maire de Clermont-Ferrand je finirai par là Auriane Olivier Bianchi qui a estimé hier que le déclassement de l'Auvergne n'est plus tolérable et a demandé que l'État joue à nouveau son rôle de planificateur Allez on continue avec l'Alsace au nom Auchan pardon Renon c'est à ses supermarchés C'est 300 supermarchés qui vont disparaître fin 2026 ils passeront sous enseigne intermarché les hypermarchés quant à eux resteront sous le pavillon d'Auchan mais réduisent leur superficie c'est donc à la une de l'Alsace ce matin Guillaume Darras le directeur général d'Auchan Retail qui a expliqué les fonds de commerce l'immobilier restent propriété d'Auchan les salariés restent des salariés d'Auchan on travaillera sous enseigne intermarché qui nous livrera les marchandises la politique commerciale et le concept magasin On termine avec votre sujet préféré en cette période les marchés de Noël C'est à la une du journal du centre à Nevers qui écrit pendant un peu plus de trois semaines à partir de demain les marchés de Noël vont se succéder un peu partout dans la Nièvre un rendez-vous joyeux qui inaugure l'esprit de Noël Dans les pages intérieures du journal on voit aussi que c'est une douzaine de marchés organisés en novembre sur un ou deux jours une quinzaine en décembre souvent sur tout un week-end avec des marchés même dans de tout petits villages qui se réjouissent de voir que le succès est au rendez-vous avec même des parisiens qui vont dans ces marchés de Noël vous vous rendez compte ?
Mais oui parce qu'on adore les marchés de Noël à vendredi prochain un autre marché de Noël on va faire le tour de France des marchés de Noël et nous on passera par le massif central on verra merci beaucoup merci Quentin place au débat d'éditorialiste Emmanuel Macron qui a relancé hier le service militaire il sera volontaire il veut renforcer le chef de l'état l'armée face à la menace russe on regarde les détails avec Jean Bravier
Il est rebaptisé service national mais c'est bien le retour du service militaire que souhaite Emmanuel Macron pas obligatoire comme le dispositif abandonné en 1997
par Jacques Chirac mais avec un objectif de 50 000 jeunes par an d'ici 2035
Ce service poursuit trois objectifs précis renforcer le pacte noué entre notre nation et notre armée renforcer la capacité de résistance de notre nation consolider la formation de nos jeunes
Concrètement les jeunes de 18-19 ans s'engageront pour 10 mois et seront nourris logés blanchis avec une solde de 800 euros par mois minimum et avec l'objectif d'être rapidement opérationnels
On fera un service utile en d'autres termes on sera dans un premier temps formé pendant un mois et ensuite pendant neuf mois on sera soit dans l'armée de terre soit dans la marine soit dans l'armée de l'air soit au commissariat général des armées soit au service de santé des armées
Après les propos polémiques du chef d'état-major des armées qui évoquait la nécessité d'accepter de perdre ses enfants dans le climat de tension internationale le chef de l'état a précisé que les futurs volontaires ne serviraient pas à l'étranger
Nos jeunes je le dis avec clarté serviront sur le territoire national et uniquement sur le territoire national c'est à dire en métropole et dans nos outre-mer les premiers recrues commenceront leur service national en septembre 2026 avec l'objectif de 3000 volontaires pour cette première promotion
Et on va en parler avec nos éditorialistes Bonjour Pablo Piavudin Merci beaucoup d'être avec nous rédacteur en chef de la revue Regards et bonjour Louis Morin Merci également d'être là journaliste politique Vous avez entendu réentendu les propos d'Emmanuel Macron Il a raison de relancer ce service militaire avec une volonté derrière de préparer les esprits de préparer la nation à l'éventualité d'une guerre
Moi je pense que ça ne sert strictement à rien La question du service militaire quand on regarde son histoire en fait il a eu une utilité notamment pour renforcer un espèce de sentiment patriotique et préparé à la guerre il n'a eu d'utilité qu'entre 1870 et 1914 Après et c'est très intéressant d'ailleurs quand on regarde l'histoire du service militaire entre la première et la deuxième guerre mondiale il y a des hommes et des femmes politiques qui se sont dit tiens on va aussi utiliser le service militaire pour redonner du sens redonner de la force à ce sentiment patriotique ça n'a pas marché ça n'a pas marché parce que les dynamiques qui étaient à l'oeuvre dans la société française n'étaient pas celles de la défaite de 1870 aujourd'hui on est dans un moment où quand vous regardez dans les sondages d'opinion dans les études d'opinion le rapport de la jeunesse parce que c'est à eux en fait qui est adressé ce message de la jeunesse à l'armée en fait ils n'ont pas envie d'aller faire la guerre ils n'ont pas envie de rentrer dans l'armée et j'ai bien peur que ce service militaire en fait ne soit adressé en fait à des gens qui n'ayant pas trop d'horizon peut-être vivant dans des situations de précarité se disent bah tiens je vais aller faire ce service militaire et peut-être servir à un moment puisque la perspective l'horizon c'est la guerre frontale avec une autre puissance en plus nucléaire comme la Russie ou la Chine et bien je vais vous servir de chair à canon mais je vais avoir quand même une espèce de sécurité de l'emploi je vais avoir un salaire etc Sincèrement on peut
Pablo on peut probablement pas dire aujourd'hui que les jeunes qui vont faire leur service militaire vont servir de chair à canon
perdre nos enfants ce que disait bien sûr non mais ça c'est un autre sujet
par ailleurs et c'est très intéressant je pense qu'on aura l'occasion d'y revenir mais sur le service militaire en tant que tel vous le disiez c'est aussi l'occasion pour un certain nombre de jeunes qui sont parfois un peu perdus de trouver un sens à leur vie et parfois d'être formés également gratuitement donc le service militaire pendant quand même des années pendant des décennies ça a été aussi le moyen pour un certain nombre de jeunes de s'élever de sortir de leurs conditions et de passer son permis de trouver également un socle de valeur également parce qu'il y a ça aussi tout le monde n'a pas la chance d'avoir une éducation parentale à la hauteur de ce qu'on pourrait attendre et effectivement le service militaire c'est aussi cela voilà ça a un sens pour un certain nombre de jeunes
qui sont parfois perdus oui c'est intéressant ce que dit Louis parce que c'est ça en fait aussi la proposition d'Emmanuel Macron et pour le coup qui va dans le sens d'une dynamique de la société c'est-à-dire de demander une société d'ordre et une société avec plus d'ordre et donc du coup le service militaire répond aussi en fait à cette demande-là lorsqu'on écoute Emmanuel Macron c'est aussi ça qu'il dit ce sont les valeurs en fait c'est pas que pour faire former avoir une défense plus efficace il a parlé il a parlé dans son discours de soulager les forces qui étaient sur le territoire national on pense notamment aux forces sentinelles qui sont très nombreuses et d'ailleurs on pourrait se poser la question de savoir est-ce qu'on a besoin d'autant de militaires sentinelles sur notre territoire qui patrouillent comme ça dans les rues de France mais c'est une question que je mets de côté en revanche la question de l'ordre et de dire genre il y a des valeurs en fait derrière ce qui est proposé par l'armée et ces valeurs-là en fait elles sont bien utiles en fait dans un pays dans le moment que l'on traverse c'est les propositions de l'extrême droite l'extrême droite ce qu'elle propose depuis des dizaines d'années c'est une société d'ordre c'est ça qu'ils mettent en avant c'est pas une société révolutionnaire comme le propose en fait la république depuis la première année il y a une opposition en fait entre ces deux forces
sincèrement Pablo venant de vous vouloir laisser la valeur de l'ordre à l'extrême droite c'est probablement une erreur que la gauche a faite d'ailleurs pendant des années pendant des décennies le parti socialiste a laissé les sujets d'ordre de sécurité à la droite et pour un certain nombre ont considéré pendant des décennies que c'était un sujet qui d'ailleurs n'était qu'un sujet d'extrême droite et aujourd'hui
on voit quel poids pèse le parti socialiste justement en raison entre autres de son absence totale de considération de ces sujets-là
qui sont une des priorités des français ce n'est pas la même chose en fait de parler de tranquillité publique de sécurité publique et de parler de société d'ordre ça n'a rien à voir c'est-à-dire que ce que j'entends et ce qu'à mon avis l'arrière-pensée d'Emmanuel Macron dans ses discours concernant le service militaire c'est de dire je veux une société en fait qui soit figée où chacun sache là où il est où il n'y ait pas de possibilité en fait de poser des questions de genre en fait faire la révolution c'est-à-dire que genre et encore une fois nous sommes dans un pays d'essence révolutionnaire la république est révolutionnaire en fait par définition et donc la proposition en fait alternative qui est celle de l'extrême droite c'est une société en fait où chacun est à sa place voilà et ça moi ce n'est pas la société que je veux la société où chacun est à sa place je veux une société où chacun genre peut pouvoir une société de possibilités et ça ce n'est pas la société qui est proposée par l'extrême droite moi la société de l'égalité on est dans une société qui est profondément inégalitaire moi je pense que le moteur de la société doit être l'égalité voilà donc genre dès lors ça veut dire remettre en question en fait les endroits où sont les gens à l'instant T au temps présent bon on s'éloigne un peu du sujet mais je pense que c'est important parce que c'est ça la toile de fond en fait derrière la proposition au-delà bien sûr de la question de savoir est-ce que l'on va vraiment rentrer en guerre avec nous France pays doté de l'arme nucléaire avec un autre pays qui est aussi doté de l'arme nucléaire comme la Russie
disons-le clairement il y a un enjeu évidemment pour la France avec le service militaire mais il y a aussi un enjeu personnel pour le chef de l'État Emmanuel Macron a toujours aimé se draper dans le costume du chef des armées et même d'ailleurs physiquement parfois en arborant un certain nombre de différents costumes que lui proposent tous ceux qui sont ceux des armées et avec Emmanuel Macron tout est toujours calculé il pense toujours avoir un coup d'avance c'est-à-dire que Pablo vous le disiez tout à l'heure il y avait cette déclaration de son chef d'État-major maintenant il y a une dizaine de jours qui vient nous dire il faut accepter de perdre nos enfants et finalement tout cela était probablement orchestré c'était un peu l'étape de la sidération et puis par la suite tout cela a maturé dans les médias l'étape un peu de la maturation où on a laissé les propos et bien être commentés par absolument tout le monde et puis Emmanuel Macron revient en disant que les propos ont probablement été mal interprétés pour faire peur alors même qu'il ne faut pas être dupe il avait validé chaque virgule du discours de son chef d'État-major qui était son ancien conseiller il savait très bien l'effet que cela allait produire et donc il se victimise troisième étape étape de la victimisation et maintenant il revient en faisant cette proposition pour apparaître un petit peu au-dessus de la mêlée étape de l'élévation tout est orchestré avec Emmanuel Macron on a une stratégie de communication qui était prévue probablement depuis le début
j'ai écouté du coup le général Mandon j'ai aussi écouté le général Desportes qui était là juste avant je trouve ça très intéressant en fait la façon dont ils ont de présenter les choses en gros ils essayent de nous dire que la guerre avec la Russie la confrontation avec la Russie est inéluctable puisque le régime poutinien en fait ne fait qu'avancer sur le front ouest et pourrait attaquer je ne sais pas qui la Lituanie les Lettonies un pays balte ou même un pays comme la Pologne et qu'à ce moment-là il faudrait répondre et donc il faut avoir la capacité en fait de les dissuader par la force de notre armée choisie d'en passant je ne comprends pas en fait pourquoi est mis de côté la question de la dissuasion nucléaire puisque nous sommes toujours dotés de l'arme nucléaire et cette arme nucléaire théoriquement elle est toujours dissuasive et le plus gros problème que j'ai lorsque j'entends le général Desportes le général Mandon ou Emmanuel Macron qui nous parlent de la guerre je suis là est-ce qu'ils ont conscience en fait qu'en fait il est impossible dans l'ère moderne c'est-à-dire depuis que nous sommes dotés depuis que des pays sont dotés de l'arme atomique nous ne pouvons pas envisager de confrontation directe entre deux pays qui ont l'arme atomique je veux dire est-ce qu'ils ont conscience que c'est un suicide collectif en fait que d'aller vers ça ça n'a jamais existé en fait dans l'histoire depuis 1945 de confrontation directe ils s'affrontent toujours via des proxys et lorsque la Chine l'Inde et le Pakistan qui sont deux pays dotés d'arme nucléaire ont commencé en fait à s'affronter de façon directe tout le monde entier Donald Trump et compagnie l'Union Européenne ils disent stop stop stop on arrête tout parce que ce n'est pas envisageable c'est ça et je ne comprends pas que les gens n'aient pas ça en tête
et on va réécouter le général Desportes qui nous explique comment le service militaire voulu par Emmanuel Macron va aider l'armée le projet n'est pas d'envoyer ces jeunes volontaires sur le front mais prenons l'année 1935 2035 pardon 2035 nous aurons normalement 50 000 jeunes 50 000 jeunes qui sont qui feront des tâches militaires sur le territoire national mais qui viendront je dirais en soutien des armées et qui permettront en gros de dégager 50 000 combattants professionnels qui se retrouveront eux en capacité de combattre donc par cette manœuvre là on accroît de manière certaine la masse des armées Louis oui évidemment qu'il y a cette ressource qui était jusqu'à présent inexploitée et qui est intéressante maintenant il y a quand même débat aussi sur les chiffres c'est à dire que l'objectif c'est 50 000 jeunes d'ici 2035 avec évidemment une évolution progressive puisque en 2026 on parle seulement de 3 000 jeunes c'est bien pratique pour Emmanuel Macron de fixer un objectif aussi haut à aussi long terme puisque le plus probable c'est qu'il ne soit pas là en 2035 au pouvoir pour en faire le bilan la réalité c'est qu'aujourd'hui selon les différentes enquêtes d'opinion qui ont pu être produites sur le sujet il y a 70 000 jeunes en tout en tout sur tous les jeunes qui pourraient être intéressés pour faire un service militaire si on en met 50 000 ne serait-ce que sur une année l'année d'après il reste 20 000 places et puis ensuite il n'y a plus de jeunes qui veulent le faire donc on voit bien que l'objectif est quand même extrêmement ambitieux et aujourd'hui ça va être compliqué aussi de réussir à faire le plein ça a été aussi le problème du SNU le SNU n'a pas réussi à trouver son succès parce que par manque de candidature tout simplement on va passer au second thème de ce club qu'on a un peu le temps de débattre de la suite on va parler du budget après l'échec du compromis entre députés et sénateurs sur le budget de la sécurité sociale le Sénat a attaqué hier l'examen du budget avec une volonté de la droite sénatoriale d'affirmer sa ligne et pourtant le gouvernement croit encore à un compromis à l'image ce matin du ministre du travail Jean-Pierre Farandou il était sur RTL
franchement je rencontre de plus en plus de parlementaires je sens qu'ils ont envie de converger alors il faut trouver le chemin il faut le concrétiser il faut que ça se il faut que ça se traduise par un vote parce qu'à la fin il faudra voter le mieux c'est qu'il y ait un vote responsable parlementaire ça montrerait que notre démocratie est capable de fonctionner vous savez non je ne suis pas d'accord avec vous je pense qu'il y a une chance et on la joue on la joue et je la joue à fond et je ne suis pas le seul moi je pense qu'il y a un chemin qui permettra d'avoir un vote
sur la sécurité sociale je pense que c'est possible
il y a encore un chemin possible Pablo ?
moi je suis assez d'accord avec Thomas Soto franchement vous êtes sûr je vois ils essayent de prêcher genre quelque chose pour que ça adienne là c'est Farandou le cornu dit à peu près la même chose ils sont tous là les ministres à nous expliquer ouais ouais si si on va y arriver alors que tout le monde voit très bien que c'est un peu foutu enfin je veux dire et d'ailleurs il y en a qui le savent ici au Sénat Patrick Cannaire qui est le chef des députés socialistes ou Yannick Jadot l'écologiste il commence à dire bon bah je pense que là l'affaire genre qu'on est en train de débattre depuis des mois à l'Assemblée nationale et au Sénat il faut le mettre derrière nous on va avoir une loi spéciale c'est à dire une reconduction qui est une catastrophe enfin tout le monde s'accorde à dire que la loi spéciale c'est catastrophique on reconduit les crédits de l'année dernière sur l'année suivante et ensuite on redébat à partir à la fin du mois de janvier au mois de février comme ça a été le cas l'année dernière au moment où Bérou est arrivé à Matignon et là les propositions de Patrick Cannaire et de Yannick Jadot c'est de dire on fait un texte négocié avec on fait un deal avec le gouvernement et on passe ça par 49-3 au mois de février je pense que c'est vers ça vers ça qu'on va mais donc ça veut dire que tous les débats qui ont eu lieu depuis le mois de septembre poubelle on n'en parle plus et tout ce qui est fait là au Sénat bon c'est ok d'accord très bien le Sénat donne des signes etc.
qui parfois sont un peu contradictoires avec ce qu'il disait il y a six mois mais enfin je veux dire c'est pas les premiers je ne vais pas jeter l'opprobre sur les sénateurs alors que les députés ont fait exactement la même chose je veux dire on n'y comprend plus grand chose dans les positions des uns et des autres je pense qu'il est temps de tourner la page de cet premier acte du budget de 2026
vous ne pensez pas d'accord possible oui même pas sur le budget de la sécurité sociale
enfin
il faut être sérieux quand même les textes n'ont rien à voir et pour le Sénat pour la majorité sénatoriale le texte qui a été qui est sorti de l'Assemblée nationale est complètement incongru il n'y a pas de possibilité c'est impossible d'ailleurs sauf que le Sénat a priori ne réexaminera pas le texte il ne va pas faire de nouvelles lectures puisqu'il va faire ce qu'on appelle une question préalable et donc c'est l'Assemblée qui aura le dernier mot mais oui et donc il n'y a pas de vote possible à l'Assemblée pour vous non mais non parce que les amendements qui ont quand même été discutés qui ont été votés sont des amendements qui ne peuvent en aucun cas rassembler une quelconque majorité en réalité lorsque vous les mettez bout à bout c'est un texte qui n'a plus aucun sens qui n'a plus aucune cohésion qui finalement est sortie de l'Assemblée nationale c'est impossible on ne peut pas réussir à avoir un accord dessus et aujourd'hui effectivement on est coincé et je suis plutôt dubitatif sur la méthode du gouvernement avec cette fausse méthode couée pour essayer de se dédouaner de vouloir finalement passer en force je ne vois pas bien si vous voulez à quel moment est-ce qu'ils ont pu se dire que ça pouvait s'inscrire dans une stratégie de communication ou dans une stratégie parlementaire quelconque on a plutôt le sentiment que c'est la moins pire pardonnez-moi de l'expression mais la moins pire des stratégies qu'ils ont trouvées tout simplement pour éviter de porter l'échec des discussions mais la réalité c'est qu'effectivement il n'y a pas d'autre possibilité
qu'une loi spéciale comme vous l'avez dit Pablo oui et donc derrière à nouveau un texte renégocié parce qu'il faut quand même dire aux gens qu'une loi spéciale ça ne tient pas sur toute l'année pour deux raisons la première c'est que si on remet exactement les mêmes crédits que l'année passée il y a un problème avec l'inflation puisqu'il y a eu une inflation d'une année sur l'autre donc ça veut dire que tous les budgets en fait baissent au moins de l'inflation la deuxième chose c'est que nous avons besoin d'engager des nouveaux crédits en fait d'une année sur l'autre on parle souvent par exemple de ce qui se passe sur les questions de l'armée et du militaire voilà on a des nouveaux besoins entre 2025 et 2026 et ces besoins ne seront pas envisagés ne peuvent pas être envisagés dans une loi qui reconduit ce qui s'est passé l'année dernière après moi le problème que j'ai c'est que quand bien même Orian les députés arrivent à se mettre d'accord je ne sais pas je veux dire ils arrivent à se mettre d'accord ils se disent il faut absolument un budget tiens on va voter ce truc en fait qui nous est proposé comme l'a dit très bien Louis qui ne ressemble pas à grand chose qu'est-ce que ça produit politiquement une catastrophe c'est-à-dire que en fait on ne comprend plus rien moi c'est ça qui m'inquiète encore plus que de ne pas avoir de budget c'est qu'il y a un espèce de flou artistique en fait sur les différentes propositions sur les différentes positions je ne mets pas tout le monde à la même enseigne je veux dire la France Insoumise et le Rassemblement National chacun dans leur endroit très dissocié eux ils sont à peu près plus à peu près clairs en fait sur ce qu'ils proposent le reste au milieu je suis là genre waouh je ne comprends pas en fait ce que font par exemple certains écologistes et certains socialistes à vouloir un deal avec genre le Titanic macroniste je ne comprends pas en fait la position des LR en fait qui est un coup avec les macronistes un coup pas avec les macronistes je veux dire et le problème c'est que derrière ce manque de clarté à mon avis atteint profondément notre démocratie et notre capacité en fait à avoir une démocratie représentative digne de ce nom
dernière actualité de la semaine elle est parlementaire on reste dans l'actualité parlementaire c'est l'Assemblée qui a lancé une commission d'enquête pour interroger la neutralité le financement le fonctionnement de l'audiovisuel public on va écouter le rapporteur de cette commission d'enquête le député ciotiste Charles Laloncle j'attends en fait une totale transparence sur l'affectation des 4 milliards d'euros par an auquel l'ensemble des français contribuent chaque année pour financer l'audiovisuel public je tiens à insister sur deux éléments déjà le montant 4 milliards d'euros par an c'est à titre de comparaison à peu près la moitié du budget du ministère de la Culture donc c'est une somme qui on peut pas le nier est une somme importante surtout dans un moment où à l'Assemblée nationale on a les plus grandes peines à trouver des pistes de réduction de la dépense publique Est-ce que Louis cette commission d'enquête va devenir une commission d'enquête très politique dans une période électorale ?
Une commission d'enquête très politique ça c'est certain après comment est-ce qu'elle va se terminer est-ce qu'elle va se terminer en pugilat je ne l'espère pas mais effectivement on peut imaginer qu'il y ait quand même aussi si ce n'est des règlements de compte en tout cas des éclaircissements qui sont parfois probablement nécessaires aussi des éclaircissements qui soient demandés avec beaucoup d'insistance et peut-être de manière désagréable à certains moments vis-à-vis des dirigeants de l'audiovisuel public Vous prenez ce thème de commission d'enquête ?
Il y a quand même eu un certain nombre de sujets qui peuvent interroger au cours des dernières années dans l'audiovisuel public que ce soit à France Télé ou à Radio France des dépenses évidemment mais aussi tout simplement des sujets de fond avec des décisions et lorsqu'on entend par exemple l'ancienne patronne de France Inter venir s'exprimer par ailleurs sur le service public sur une émission de France 2 et dire que finalement elle regrette que le parti socialiste n'ait pas autant d'électeurs que France Inter n'a d'auditeurs ça interroge quand même aussi sur la ligne éditoriale et sur l'influence que peut avoir une radio comme France Inter Il y a eu l'affaire Thomas Legrand et Patrick Cohen également où les enregistrements qui ont été révélés là aussi interrogent on ne peut pas faire comme si tout cela n'avait aucune influence aucune incidence je pense aussi que c'est assez sain d'avoir du débat et d'éclaircir le sujet aujourd'hui si vous voulez vous avez toute une partie de la gauche qui s'indigne de l'influence grandissante que peut prendre CNews et que peut prendre Europe 1 la réalité c'est qu'il y a des médias qui sont par ailleurs des médias de service public qui ont quand même pour un certain nombre une couleur politique quoi qu'on en dise voilà et que cette couleur politique est bien est arborée avec l'argent des français il n'est pas complètement illogique qu'à un moment donné on demande simplement des éclaircissements sur ce sujet
Pablo ?
moi je pense que hélas cette commission d'enquête va taper à côté en fait du véritable sujet qu'il y a un débat en fait sur l'audiovisuel public c'est super sur les tenants et les aboutissants de qu'est-ce qui se passe dans ces grandes maisons et comment est-ce qu'on assure en fait que cet audiovisuel public remplisse bien les missions en fait qui lui sont allouées c'est-à-dire d'éclairer correctement la population de nous permettre de grandir collectivement d'être intelligents collectivement le problème c'est que là effectivement enfin moi je pense que ça va devenir un règlement de compte je veux dire elle a été créée pour ça par l'extrême droite qui déteste France Télévisions parce qu'ils ont l'impression que c'est un repère de wokistes et de gauchistes ce que ce n'est absolument pas et donc ils vont passer leur temps à attaquer en fait France Télévisions alors qu'il y a des vraies questions et en interne à France Télévisions et à Radio France il y a des gens qui se posent des questions je veux dire les syndicats les travailleurs et les travailleuses ils disent attendez on n'a plus les moyens de travailler nous par exemple on est en train de nous supprimer moi par exemple je suis très je suis très inquiet en fait quand je vois que les capacités d'enquête notamment à Radio France ont été réduites et je me dis en fait un audiovisuel public qui n'est plus capable de mener dignement des enquêtes derrière va produire des analyses qui ne sont plus aussi puissantes qui ne sont plus et c'est pour ces raisons-là c'est pas parce que c'est des gauchistes ça c'est absurde vraiment je trouve que c'est des procès qui sont totalement hors de propos mais la question des moyens qui sont allués à l'audiovisuel public pour nous éclairer correctement et qu'est-ce que ça veut dire aussi éclairer correctement une population je trouve que c'est des vraies questions qui méritent un vrai débat hélas genre le fait que ça soit mené par les ciottistes bon ça ne va pas voler très haut
c'est l'évolution globale du secteur des médias j'en sais quelque chose je suis réalisateur et producteur de documentaires et aujourd'hui on a de moins en moins d'argent pour produire chaque documentaire
quel que soit le média le financeur c'est l'évolution malheureusement des médias dont pâtit aujourd'hui également le service public
merci Pablo Oli merci beaucoup d'être venu débattre sur ce plateau on va terminer par l'histoire du jour elle est à lire dans la république des Pyrénées c'est celle d'André Gilles depuis le Béarn elle offre une second chance à de nombreux lévriers espagnols victimes de maltraitance en Espagne ces chiens de chasse au lièvre de cour sont abandonnés torturés ou tués dès qu'ils perdent ou qu'ils ne sont plus aptes alors avec son association elle lutte contre cette barbarie en menant des campagnes de sensibilisation en proposant ces chiens à l'adoption et le 1er février c'est la date de la fin de saison de la chasse et ça fait craindre du coup à ces bénévoles un nouvel afflux et on va terminer sur cette belle phrase cette belle philosophie d'André Gilles on sort grandi quand on s'occupe d'eux merci beaucoup à tous les deux merci à tous de nous avoir suivis on vous souhaite un excellent week-end on se retrouve lundi Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
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