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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 2 juillet 2024 10 min

Lutte contre l’extrême droite et Jeux Olympiques - Anne Hidalgo est l’invitée du 2 juillet 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Souto et vous écoutez Les 4 V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour et bienvenue dans Les 4 V, Anne Hidalgo.

0:12
Anne Hidalgo

Merci Thomas Souto.

0:13
Présentateur

Le Rassemblement National a remporté la première manche des législatives. La gauche résiste mais se déchire. L'ex-majorité présidentielle est dans les cordes. Le match est-il plié ?

0:21
Anne Hidalgo

Non, le match n'est pas plié. Il faut tout faire, tout faire pour éviter que le Rassemblement National, l'extrême droite, est une majorité dimanche prochain à l'Assemblée Nationale. Et il faut mobiliser toutes nos forces. Pourquoi ? Parce que ce serait une catastrophe pour le pays. Ce serait vraiment un renoncement à nos valeurs. L'extrême droite avance masquée avec des propos différents sur la question de l'antisémitisme. Mais on le sait, ce n'est qu'un masque. Elle reste ancrée dans un logiciel extrêmement raciste. Écoutez ce qu'a dit M. Bardella sur les binationaux ou ce qu'ils disent de façon récurrente sur la question des étrangers.

1:05
Présentateur

Pour vous, le Rassemblement National de Marine Le Pen est le même que le Front National de Jean-Marie Le Pen ?

1:08
Anne Hidalgo

C'est un parti qui s'est transformé au sens où il a repris une rhétorique, des mots qui lui permettent aujourd'hui peut-être d'être un peu plus audible, de donner le sentiment qu'il y aurait un changement justement de fond politique et idéologique. Mais pour moi, c'est la même chose. L'extrême droite reste l'extrême droite et sème le chaos partout où elle passe. L'extrême droite est l'ennemi de la démocratie. Se sert de la démocratie pour arriver au pouvoir, puisqu'effectivement, c'est à partir d'élections qu'ils arrivent au pouvoir dans les différents pays. Mais qu'est-ce qu'ils font quand ils sont au pouvoir ?

Ils s'attaquent d'une façon constante, permanente, d'abord aux femmes, aux étrangers, à ce que l'on appelle les minorités, les personnes homosexuelles. Ils s'attaquent à toutes les personnes fragiles. Ils sèment le chaos. Ils prônent une politique économique qui, en fait, est en général ultra-libérale et qui ne fait pas du tout... Là, s'agissant du Rassemblement National de France, c'est un peu un procès d'intention que vous leur faites. Non, ils n'ont pas gouverné et j'espère qu'ils ne gouverneront pas. Mais nous le savons très bien. Nous avons des exemples en Italie. Nous avons des exemples partout en Europe. Nous avons un exemple en Argentine. Regardez ce qui se passe.

Ce sont des semeurs de chaos qui ont des propositions qui paraissent simples. Jeter le doute sur les étrangers qui seraient la cause de tous les maux, sur les femmes, sur les droits, les libertés publiques. Et c'est ça qui attend notre pays. Donc il faut se mobiliser dès aujourd'hui, comme nous le faisons et comme je le fais.

2:46
Présentateur

De quelle manière ? Puisque depuis dimanche, il y a aussi la zizanie dans toutes les familles politiques sur les désistements, pas désistements, soutien, etc. Quelle est votre position là-dessus ?

2:53
Anne Hidalgo

C'est très clair. Partout, partout où il y a un risque d'extrême droite, il faut un désistement et en tous les cas voter pour le candidat, qu'il soit d'une droite républicaine modérée ou de gauche ou de, évidemment, quelle que soit la formation politique de gauche.

3:09
Présentateur

Y compris à l'Égypte, parce qu'on sait que ce n'est pas votre tasse de thé.

3:11
Anne Hidalgo

Ce n'est pas du tout ma tasse de thé. Je ne suis pas du tout en accord et en harmonie avec ce que prône M. Mélenchon. Et après ces élections, il faudra quand même régler et clarifier au sein de la gauche comment on peut faire pour qu'il y ait un jour une gauche qui redonne confiance à la population. Mais ça, c'est le jour d'après. Aujourd'hui, bien sûr qu'il faut faire barrage et voter pour les candidats qui ne sont pas des candidats Rassemblement National. Je le dis, il faut le faire parce que si nous ne le faisons pas, ce n'est pas juste une gueule de bois le 8 juillet au matin. C'est un désastre pour le pays. Il faut voir aussi comment on est regardé, comment il y a une appréhension.

Vous savez, la France, elle est porteuse de cette belle idée, cette forte idée républicaine de l'égalité, de la fraternité, de la liberté avec le Rassemblement National, c'est-à-dire avec l'extrême droite. Tout cela est passé par pertes et profits. Notre histoire, notre belle histoire et notre avenir aussi passe par pertes et profits. Parce que là où l'extrême droite passe, ce sont des souffrances derrière et des souffrances pour les plus pauvres et des souffrances pour les classes moyennes. Est-ce que vous en voulez Emmanuel Macron ? Il est évidemment le responsable, le grand responsable de ce chaos. Et d'ailleurs, il le paye. Et là aussi, on aura l'occasion de le dire.

Moi, je n'ai jamais cédé aux sirènes du macronisme. Je n'ai jamais considéré que le ni droite ni gauche pouvaient offrir un avenir au pays. Je pense que, vous savez, la politique, c'est assez simple. Il faut arrêter de faire et de la triangulation et de s'en remettre toujours à des agences de communication. C'est assez simple. Un politique, il doit avoir une vision, des idées, des propositions. Il doit les présenter devant des électeurs.

4:55
Présentateur

Redonner la parole au peuple après une élection perdue, ce n'est pas illégitime.

4:58
Anne Hidalgo

Ça ne peut pas être sur un coup de tête ou un coup de folie. Vous vous rendez compte comment il a joué l'avenir du pays à ce moment précis ? Tout le monde savait qu'il y aurait une dissolution à la rentrée. Pourquoi ne pas laisser les forces politiques ? Par exemple, Raphaël Glucksmann, qui a fait un score vraiment extrêmement important aux dernières élections européennes, qui a donné un espoir à gauche. Parce que là, il y a une gauche, effectivement, écologiste, sociale-démocrate, avec des valeurs extrêmement fortes, qui sont les miennes, que je porte complètement. Eh bien là, il y avait un espace aussi à construire.

Si la dissolution avait eu lieu plus tard, la gauche aurait pu aussi se reconstruire autour de cette idée-là. Et il a voulu empêcher cela. Donc Emmanuel Macron porte une responsabilité majeure dans tout ce qui s'est passé ces dernières années.

5:49
Présentateur

C'est que vous avez employé de coup de folie. Dans ce contexte, les JO qui arrivent dans moins de trois semaines, seront-ils une fierté française, comme l'affirmait Emmanuel Macron lors de ses voeux en janvier dernier ?

5:59
Anne Hidalgo

Écoutez, pour moi, les Jeux sont accueillis en France, à Paris. Paris, c'est la ville haute. C'est une ville de liberté. C'est une ville qui a toujours été engagée sur les droits humains. C'est là que toutes les déclarations universelles des droits humains ont été signées. C'est une ville qui a voté massivement à gauche. Et au moment des Européennes, pour Raphaël Glucksmann, qui était en tête dans 16 circonscriptions sur 18. Et là, au premier tour... Mais la situation politique du moment peut-elle gâcher la tête ? Où nous avons passé neuf députés de gauche, au premier tour, à Paris.

Donc je dis à tous ceux qui expliquaient que la gauche à Paris n'était pas légitime, que peut-être ils se sont un peu trompés dans leurs analyses. Et donc, qu'est-ce qui va se passer ? C'est cette ville-là, cette ville est prise de liberté. C'est une mer libre, que je suis la mer de Paris, qui va accueillir aussi les Jeux. Et donc, je dis à tout le monde que ce sont ces valeurs-là que je vais porter. D'ailleurs, ce sont des valeurs extrêmement alignées avec les valeurs de l'olympisme, qui est aussi un humanisme. Donc, la fête ne va pas être gâchée. La fête va être belle.

Je dis aux visiteurs du monde entier, venez, parce que Paris est cette ville qui continue à revendiquer la liberté et qui est une ville de résistance à l'extrême droite.

7:14
Présentateur

Est-ce que vous accepterez, le cas échéant, d'être côte à côte avec un premier ministre qui s'appellerait Jordan Bardella ?

7:19
Anne Hidalgo

Moi, je n'ai pas à définir le protocole républicain. Dans le protocole républicain, la maire de Paris, la ville de Paris, a une place particulière puisque c'est la capitale de la France. Mais, pactiser ou discuter avec ces personnes qui sont des ennemis de la République et de la démocratie...

7:36
Présentateur

Donc, il n'y a pas de discussion possible entre la ville et le gouvernement si jamais...

7:38
Anne Hidalgo

Vous savez, je pense et il faut tout faire pour que ça n'arrive pas. Donc, je suis encore dans cette idée que l'on peut empêcher, on doit empêcher l'accession de l'extrême droite au pouvoir en France parce que, je le redis, ce seraient des années de souffrance et notamment pour les plus fragiles. Vous savez, moi, je viens d'un milieu ouvrier. J'ai grandi dans une cité à la Duchère. Je viens d'un milieu ouvrier. L'extrême droite n'est pas celle qui va permettre aux ouvriers, à la population, soit la classe moyenne ou la population la plus fragile dans notre pays, de s'en sortir. Parce que, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont tuer l'éducation, l'éducation publique.

Ils vont tuer l'information et le service public de l'audiovisuel. Ils vont faire une politique ultra-libérale. Ultra-libérale avec une idéologie qu'ils vont vouloir imposer à notre pays, qui est un pays de liberté, d'ouverture, de fraternité. Et donc, il faut absolument se ressaisir. Ce n'est pas parce qu'on est dans une situation difficile, et je sais qu'il y a beaucoup de Français qui souffrent aujourd'hui,

8:42
Locuteur non identifié

qu'on va s'en sortir en jetant l'eau propre sur les étrangers. Je voudrais qu'on finisse en quelques secondes sur un sourire.

8:52
Présentateur

Je ne peux pas vous laisser partir sans vous demander si vous avez trouvé le maillot de bain qui va vous permettre de vous baigner dans la Seine. Absolument, bien sûr.

8:57
Anne Hidalgo

Oui, tout à fait.

8:58
Locuteur non identifié

C'est une combinaison ou c'est vraiment un maillot ? Vous verrez, ça sera une surprise. Et c'est quand alors ?

9:02
Anne Hidalgo

Alors, ça va être… J'ai laissé passer d'abord les orages, parce qu'il n'est quand même pas fait très très beau. Il ne fait encore pas très beau aujourd'hui. Et ça, je vous assure, en tant que maire de Paris, je n'y peux rien. Je peux beaucoup de choses, mais pas ça. Mais en revanche, la qualité de l'eau de la Seine, oui. Et donc, on est en train de fixer la date après le 14 juillet, dans la semaine et avant les Jeux.

9:21
Présentateur

Vous allez vous baigner avec Emmanuel Macron ou vous allez le noyer si vous êtes ensemble dans la Seine ?

9:24
Anne Hidalgo

Écoutez, je lui ai fait la proposition par écrit, mais c'était pour une date que l'on avait prévue, soit le 23 juin, soit le 30 juin. Donc, cette date, évidemment, est passée. Et je lui fais la proposition. Il est le bienvenu, bien sûr.

9:39
Présentateur

Merci beaucoup à vous, Agile.

9:40
Anne Hidalgo

Je ne noie personne.

9:41
Présentateur

Non, c'était une boutade. Merci à vous et on va se souhaiter de bons Jeux olympiques quand même. Merci d'être venu dans les 4V.

9:46
Invité

Merci, nous vous la rassurer. Merci également à la traduction avec des signes de Sophie Bernet-Finault. Vous restez avec nous, bien sûr, parce qu'on revient dans quelques minutes avec Alex Jaffray qui va nous envoyer du bonheur dans ce Télé-matin. A tout de suite.

10:01
Présentateur

C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.