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InterviewLe Crayon· 8 novembre 2021 26 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & famille

Un policier peut-il transgresser la loi ? - Œil pour Œil avec Abdoulaye Kanté

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 41 %Attaque 26 %Défensif 33 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça te choque qu'Éric Zemmour évoque des noms français ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Tu t'es senti discriminé par ton prénom ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'une partie des policiers pensent comme Éric Zemmour ?

  • 3:31RelanceRéponse directe

    La police a-t-elle changé d'identité ?

  • 4:35RelanceRéponse partielle

    Est-ce que la police est raciste ?

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que la pacification passe par une police de proximité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:03InvitéFait
    « Aujourd'hui, quand on est policier, on est obligé de transgresser la loi. »
  • 1:10Invité politiqueFait
    « Éric Zemmour, ça fait dix ans qu'il reparle toujours de cette problématique, on va dire, du prénom. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « Nous sommes à l'image de la société. Donc à la société, il y a forcément du racisme. »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « Il y a des cas de racisme dans la police, mais comme dans plusieurs métiers. »
  • 8:27Invité politiqueFait
    « Arabe de service comme nègre de maison. »
  • 10:09Invité politiqueFait
    « Le racisme étatique, c'est-à-dire qu'aucune personne issue de l'immigration n'a sa chance dans les hautes sphères. »
  • 19:27Invité politiqueFait
    « L'IGPN n'est absolument pas consciente avec nous. »
  • 21:55Invité politiqueFait
    « Il y a eu de l'amélioration qui a été faite sur l'accueil des victimes. »
  • 22:55Invité politiqueFait
    « Le policier, il ne dit pas pour qui il va voter. »
  • 23:00Invité politiqueFait
    « Mon devoir de neutralité. »
  • 23:32Invité politiqueFait
    « Le seul combat, c'est celui pour les citoyens. »
  • 23:52Invité politiqueFait
    « Il a choisi son avenir donc voilà, il s'est politisé. »
  • 25:22Invité politiqueFait
    « J'essaye de le dire aussi à ceux qui doutent : même si vous venez de la difficulté, n'oubliez pas d'où vous venez parce que vous pouvez y arriver. »

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Invité27 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce n'est pas un problème, ça, aujourd'hui ? Si, si, ça poserait problème. Aujourd'hui, quand on est policier, on est obligé de transgresser la loi. On n'est pas obligé. Je vais loin, je vais très loin. Je vais très loin, voilà.

0:10
Invité politique

Ce n'est pas tous les jours qu'un policier transgresser la loi, sinon après, ce serait quand même un peu...

0:15
Invité

Mais est-ce que ce n'est pas problématique, ça, aujourd'hui ? Mais bien sûr, le véganisme est du spécisme libéral.

0:23
Présentateur

Des personnes âgées dans les EHPAD, avec plus de monde pour torcher les vieux Alzheimeriens. Est-ce qu'on est aujourd'hui à l'égalité entre les femmes et les hommes, ou est-ce qu'on n'y est pas du tout ? Aucun média en France ne ment.

0:38
Invité

Bonjour à tous, on se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode d'Oeil pour eux et le format d'interview débat du crayon. Aujourd'hui, on est avec Abdoulaye Kanté. Abdoulaye Kanté, bonjour. Abdoulaye Kanté, tu es policier. Tu interviens très souvent dans les médias. Je veux commencer cette interview avec une question d'actualité. Je ne sais pas si tu as vu samedi soir l'interview d'Éric Zemmour. À un moment donné, il a évoqué le fait d'avoir des noms français. Est-ce que toi, en tant que citoyen français, policier, est-ce que ça te choque, une phrase comme ça ?

1:10
Invité politique

Alors, il faut savoir qu'Éric Zemmour, ça fait dix ans qu'il reparle toujours de cette problématique, on va dire, du prénom, parce que c'est une problématique pour lui au niveau, le prénom à la consonance étrangère. Donc, ça fait dix ans. Donc, du coup, si tu veux, c'est du réchauffé. Tu as remarqué que je m'appelle Abdoulaye et que j'ai un prénom.

1:31
Invité

C'est là que je faisais la question.

1:32
Invité politique

Exactement. Donc, oui, je lui ai dit par ailleurs que je m'appelle Abdoulaye et un prénom, en fait, ne fait pas... La France ne doit pas que sa valeur au prénom. La France, elle doit aussi sa valeur à des personnalités qui m'ont rendu fier. Je prends l'exemple, tu as des personnalités. Dans le milieu du sport, Zinedine Zidane. Zinedine, quand même, qui est une personnalité qui a fait l'histoire de France.

1:56
Invité

D'ailleurs, dans l'interview, Éric Zemmour disait qu'il préférait que ça s'appelle Jean Zidane plutôt que Zinedine Zidane.

2:00
Invité politique

Mais justement, au nom de quoi ? Au nom de quoi ? Parce qu'Éric Zemmour, en fait, il fait référence à une loi napoléonienne qui date des années 1800 et qui a été abrogée en 1993. C'est-à-dire qu'à partir de 1993, on avait le droit, on avait la liberté de choisir le prénom. Mais est-ce qu'il serait capable de dire cela ? Par exemple, à un collègue à moi, Abel Merabé, qui a été tué, qui a versé le sang pour la France, Imad Benziaten, qui est mort aussi, en versant le sang pour la France. L'identité française, c'est aussi nous. C'est aussi les personnes qui viennent de l'étranger, mais qui ont œuvré pour la France.

2:36
Invité

Et tu es policier, est-ce que, justement, tu t'es senti, toi, discriminé ? Par ton prénom, par exemple ?

2:42
Invité politique

Disons que tu sais que dans la police, en fait, c'est quand même un gros vecteur aussi d'intégration, parce qu'il faut savoir que la police a vraiment changé au niveau identité, parce qu'on a recruté énormément dans, on va dire, des personnes entre parenthèses d'origine étrangère, mais qui sont français. Et voilà. Je pense qu'avec tous mes collègues qui ont un prénom, on va dire, d'origine étrangère, on s'est sentis, je dirais, blessés. Parce que tu as des Abdoulaye, tu as des Mamadou, tu as des Mohamed, tu as des Li et tout ça. Donc toutes ces personnes-là, c'est aussi la France. Donc il ne faut pas non plus

3:21
Invité

se tromper aussi. Il n'y a pas une grande partie, je ne sais pas, je ne connais pas trop, je ne suis pas policier, mais il n'y a pas une partie des policiers, justement, qui pensent comme Eric Zeman ?

3:31
Invité politique

Tu sais, la politique, encore une fois, ce n'est pas le problème, on va dire, du policier. Le policier, il sert en toutes sortes de populations. Donc tu peux, comment dire, d'extrême droite ou d'extrême gauche, centrice, etc. Personne, on s'en fout. Tu sais, les convictions, c'est personnel. Voilà, c'est personnel et tout, chacun peut avoir ses idées. À partir du moment que tu revêtis un uniforme, tu représentes uniquement les citoyens, enfin, tu aides les citoyens. Donc peu importe tes idées. Tes idées, évidemment, tu les penses chez toi. Il n'y a pas de racisme dans la police ? Tu sais, nous sommes à l'image de la société. Donc à la société, il y a forcément du racisme.

Donc le nier, quand même, ce serait mentir. Je l'ai dit partout. Je l'ai dit parce que certains pensent que, ouais, tiens, voilà, ils couvrent les faits de racisme dans la police. Ils soutiennent ses collègues qui sont racistes. Jamais. Là, je vais prendre un peu, tu sais, le ton solennel et dire que non, pour moi, je ne peux pas couvrir des faits de racisme dans la police. Il y a des cas de racisme dans la police, mais comme dans plusieurs métiers. Je rappelle quand même que nous avons des millions d'interventions par an, c'est-à-dire 5 millions d'interventions par an, 9 000, allez, 8 500 interventions par jour, une intervention tous les secondes. Nous sommes 150 000.

Ce qui représente, allez, et les problématiques, ça représente 0, allez, 001%. Mais moi, tu sais comment ça se passe, c'est humain, on va s'attacher à ce qui ne va pas plutôt que ce qui va, parce que ce qui va, on n'en parle pas.

4:56
Invité

Quand on dit que la police c'est raciste, on s'attache en fait à des faits qui sont mineurs comparés à des faits...

5:03
Invité politique

Ce sont des faits qui existent et qui ne devraient pas exister. Mais encore une fois, je rappelle que quand des faits comme ça sont dénoncés, et j'appelle toujours aux collègues qui sont victimes de ces choses-là, de les dénoncer, parce que, tu sais, on nous traitait beaucoup d'avant de dire oui, il y avait une forme d'omerta dans la police, le fait qu'on se protège entre nous et tout ça, mais tu sais, la nouvelle génération ou même depuis une certaine, on va dire quelques années, les policiers ne se tassent plus parce qu'on ne peut plus accepter ce genre de choses. Et ça revient au fait qu'elle a changé l'identité. Tu vois ? Et ça revient à dire que...

5:33
Invité

Comme elle est plus diverse, personne n'accepte plus en fait.

5:36
Invité politique

Exactement. Mais pour autant, ce n'est pas quand j'entends des personnes dire oui, que c'est systémique, c'est institutionnel. Institutionnel, c'est quoi ? C'est te dire que, tiens, quand tu es policier et que tu rentres dans une école de police, tu ressors forcément raciste ou violent. Ce n'est pas du tout le cas. Or que j'invite toujours des personnes qui ne connaissent pas la police, allez pousser la porte d'un commissariat, allez voir comment ça se passe, allez vers les policiers. Le policier ne doit pas être vu comme cette personne qui est censée faire peur.

Moi, je parle toujours du principe qu'il faut que, quand vous voyez un policier, il faut non seulement la respecter, parce qu'elle doit aussi vous respecter, et qu'il faut la voir comme un personnage

6:13
Invité

qui vous protège. Mais justement, tu plaides pour une pacification entre les forces de l'ordre et les citoyens. Est-ce que ça passerait par une police de proximité, par exemple ? Pour moi,

6:22
Invité politique

ce qui m'importe, je n'ai pas pacification. Pacification, c'est comme s'il y avait une guerre entre les citoyens. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Non, ce n'est pas le cas. Je te le dis, ce n'est pas le cas. Les citoyens et les policiers aujourd'hui ? Non, pour moi, il n'y a pas de guerre. Il y a évidemment des incompréhensions. Ça, c'est une réalité. Certains aussi, par militantisme, voudraient créer ce fossé entre nous. Mais quand on regarde les sondages, il y a quand même une grande majorité de la population française qui soutient sa police et qui est avec sa police. Il ne faut pas l'oublier.

6:48
Invité

Aujourd'hui, on est influencés par les États-Unis et notamment par leur système multiculturel, leur modèle d'intégration à l'américaine ou à l'anglo-saxonne. Est-ce qu'aujourd'hui, la République, la France, a un bon modèle d'intégration quand on voit encore qu'il y a aujourd'hui du racisme parfois systémique ? Est-ce qu'aujourd'hui, justement, le modèle républicain est le bon modèle pour lutter contre le racisme ?

7:16
Invité politique

Je suis hyper attaché au modèle républicain français. Les États-Unis, ils ont quand même une sacrée histoire par rapport au racisme et tout, la ségration raciale, etc. C'était quand même quelque chose de très fort. En France aussi, il y a son passé. La police, en fait, il faut savoir qu'aux États-Unis, il n'y a pas qu'une seule police. En fait, il y a plusieurs polices et ils sont basés sur ce qu'on appelle le fédéralisme. C'est des polices fédérales.

7:36
Locuteur

Par états.

7:37
Invité politique

Par états, etc. Alors, donc, chaque État, le gouverneur, a une certaine politique. Alors, donc, là, déjà, je te laisse imaginer que si tu as un gouverneur qui a une politique d'extrême, très extrême, donc, forcément, c'est lui qui nomme le chef de la police. Il va forcément élire quelqu'un qui pense comme lui. Alors qu'en France, ce n'est pas le cas. En France, c'est une police nationale, tu vois, qui est régie par le gouvernement.

8:03
Invité

dans ce cas-là, c'est le gouvernement. On pourrait dire que le gouvernement est pourri et que le gouvernement...

8:06
Invité politique

Est-ce que tu pourrais me dire que, voilà, est-ce qu'on est, comment dire, un gouvernement, voilà, ségrétionniste,

8:14
Invité

enfin, etc. Ta collègue, Linda Kebab, si je ne me trompe pas, elle a été traitée récemment d'arabe de service par Tahabou Afs. Qu'est-ce que ça veut dire, cette phrase ?

8:26
Invité politique

Arabe de service comme nègre de maison, puisque je suis traité aussi pareil de la sorte et tout. Tu as déjà été traité d'un nègre de maison ?

Bon, écoute, je pense que, tu sais, quand certains, voilà, tu vas sur les réseaux sociaux, voilà, on me traite d'appartement que si je prends, je commente un truc tout de suite, ah, ben tiens, il y a le nègre de maison qui est de sortie, ou comme Linda Kebab et tout, et je voudrais quand même aussi lui rendre hommage aussi parce que c'est une femme qui est très courageuse et aussi, et comme d'autres aussi, comme d'autres collègues aussi qui vivent aussi ce racisme intracommunautaire parce que le fait que vous travaillez entre parenthèses pour l'État, etc., donc vous êtes considéré comme un traître et comme un paria, on va dire, quelqu'un qui a trahi, on va dire, la communauté.

Un rêve de service, c'est quoi ? C'est on considère que, voilà, c'est que vous êtes, vous êtes dans la même communauté mais en gros, vous avez trahi cette communauté parce que vous êtes sur le joug de, on va dire, du colonialiste, encore, du, voilà, de l'État qui fait du racisme étatique justement sur ces personnes qui sont défavorisées et que, voilà, vous leur servez, on va dire, de caution. C'est ça, en fait. De caution, c'est qu'en gros, ben tiens, voilà, on a des Noirs ou des Arabes qui nous défendent. Tenez, regardez, il y a des bons Noirs et des bons Noirs ou Arabes qui défendent aussi l'État.

Mais ce n'est pas ça parce que si réellement, nous, on vivait cette chose-là, je ne pense pas qu'on accepterait, on va dire, ces missions. Je pense que c'est même pareil, c'est que quand on voit qu'il y a des personnes qui sont quand même d'origine étrangère, d'origine étrangère, issues de l'immigration, qui ont eu des grandes fonctions, ce qu'on peut appeler vraiment du racisme étatique. Le racisme étatique, c'est-à-dire qu'aucune personne issue de l'immigration n'a sa chance dans les hautes sphères, on va dire, de ce pays.

10:16
Invité

En réalité, est-ce que ce n'est pas justement dans la communauté, enfin, parler justement de, je ne sais même pas si on peut parler de communautés de certaines, là en particulier, tu as Abu Havs avec Linda Kebab, est-ce qu'ils appartiennent à la même communauté, qu'est-ce que ça veut dire, etc. Mais est-ce que c'est des gens d'une certaine communauté qui n'acceptent pas, en réalité, en fait, qui voudraient un modèle peut-être plus, comme on l'a évoqué avant, à l'américaine où chacun restera dans sa communauté parce que du coup, quel est le modèle qu'ils souhaiteraient ?

10:46
Invité politique

Certains voudraient que ça soit, qu'on est un peu le modèle américain et non, on ne le veut pas. On a, on va dire, on est sur le juge de la République française qui est une république qui est diverse, laïque et qui montre aussi qu'il y a une certaine identité et j'ai envie de dire à ces personnes-là, mais au nom de quoi ? Qui sont-ils pour parler

11:06
Invité

à la place des autres ? Oui, mais que répondre à ces gens-là qui justement vont être victimes après de discrimination au faciès, par exemple, par la police ? Est-ce qu'ils n'ont pas raison du coup de condamner même les policiers qui appartiendraient à leur communauté qui vont eux-mêmes faire du contrôle au faciès ?

11:23
Invité politique

Mais qu'est-ce qu'on appelle le contrôle au faciès ? C'est ça aussi le succès de se dire qu'est-ce que forcément un policier se lève le matin à se dire tiens, aujourd'hui, je vais contrôler du Nord et de l'Arabe ? C'est ça aussi qu'il faut se poser en question. Est-ce qu'on se dit tiens, mais voilà, est-ce que tout de suite, tiens, on sait que le policier...

11:37
Invité

Non, mais le contrôle faciale, c'est juste aller dans la rue et voir un noir ou un arabe et aller l'arrêter plus que un noir.

11:40
Invité politique

Mais sur quoi on se base pour dire que oui, que tiens, je vais juste voir un arabe dans quelles conditions ? C'est ça la question. Je prends un exemple. Certains disent oui, je me suis fait contrôler dix fois dans la même journée et tout ça, etc. Statistiquement, c'est impossible. Les seuls endroits où on peut faire ce genre de choses, c'est dans les pays de guerre. En Syrie, en Afghanistan, etc. Parce qu'il y a les checkpoints et tout. Ça, oui. Je défie quiconque à me dire que oui, que cinq à dix fois dans la même journée, c'est fait contrôler. Il y a un problème. T'as vu ma couleur de peau ? Apparemment, on dit qu'on a plus de facilité d'être contrôlé parce que nous sommes noirs ou arabes.

Je peux te dire, c'est parce que je travaille dans la police. À ma tête, on ne voit pas que je suis policier. On est d'accord ? Je n'ai pas eu autant de contrôle que ça. Je me suis fait contrôler. On va dire, je ne sais pas, dans ma vie, peut-être à peine une dizaine de fois. Est-ce que dans la tête

12:26
Invité

des policiers, le noir ou l'arabe n'est pas plus suspect ? Non. Ben non. Ben bien sûr que non.

12:32
Invité politique

Sinon, ce serait du racisme.

12:33
Invité

Ben c'est justement ça. Ben non. Vous voulez parler avec le racisme de la police.

12:36
Invité politique

Mais bien sûr que non. Ben non. Si on va dire que tout de suite, tiens, je vois un noir ou un arabe et tout, ah tiens, c'est un mec suspect, ben tout de suite, tu alimentes une pensée raciste alors que ce n'est pas le cas. Ce n'est pas du tout le cas. Après, je prends un exemple. Quand tu sais que des collègues vont dans les quartiers ou on va dans les quartiers,

12:56
Locuteur

ben,

12:57
Invité politique

ce n'est pas de la faute, on va dire, d'une partie d'immigration qui sont là-bas parce que ça s'est ghettoïsé. Ils ont été parqués socialement là-bas et ça, ce n'est pas de notre fête ni de leur fête à eux. Mais il n'y a pas de statistiques qui le dit mais parce que les statistiques ethniques, c'est interdit en France. Tu vois, c'est interdit en France. Tu es pour ou contre ? Il y a un débat parce que peut-être aussi que ça permettrait aussi de mettre du factuel sur certaines choses mais d'un côté aussi, ça pourrait faire aussi une forme aussi de... Peut-être de... Je n'ai pas de discrimination mais une forme d'amalgame, etc. Tu vois, donc entre...

Or qu'aux Etats-Unis, ils le font mais c'est une autre mentalité.

13:33
Invité

Mais est-ce que l'État aujourd'hui en fait assez ? Est-ce que l'État met assez de moyens justement pour permettre aux gens des classes populaires de changer de classe sociale ? Personnellement, moi, je pense que non.

13:42
Invité politique

Moi, je te le dis très honnêtement, je pense que non d'aller dans ces quartiers-là et de se dire que tu sais, il y a tellement de diamants là-bas que forcément eux-mêmes, ils ne se rendent pas compte de cela parce qu'on les a tellement dit, voilà, de toute façon, vous êtes venu d'un quartier, vous ne savez à rien, je caricature. Mais du coup, tu t'en persuades toi-même.

14:02
Invité

Mais je suis d'accord et même moi, je ne viens pas forcément d'une classe populaire. Je donne un exemple personnel mais je n'ai pas forcément d'une classe populaire et jusqu'en terminale, première terminale, je n'avais pas notion de l'existence de classe préparatoire.

14:13
Invité politique

Parce que toi, après tu as choisi la filière générale alors que la plupart de nous, on a tous pris la filière pro. Donc tu vois, c'est ça, il y a un niveau de l'information.

14:22
Invité

Oui, mais c'est ça, au niveau de l'information, même moi qui ne viens pas forcément d'une classe très populaire, je n'avais pas cette information de l'existence de classe préparatoire et que potentiellement, je pouvais après intégrer des grandes écoles, etc. C'est pour ça que tout commence

14:32
Invité politique

par déjà d'éducation en amont. Et c'est ça en fait, parce que tu sais, certains font le constat après mais quand tu fais le constat bien avant, tu penses que, je pense toujours, il faut prendre le problème à la racine et non pas après. Parce que tu sais que quand, je prends l'exemple de la plante, voilà, elle a poussé, mais si tu sais, dans la racine, tu n'as pas traité, forcément après, tu n'étonnes pas qu'il y ait des problématiques par la suite. Et ça, c'est dans toutes les couches de la société.

14:55
Invité

Tu vois ? Oui, je vois très bien.

14:56
Invité politique

Et c'est pour ça que je disais tout à l'heure, tu sais que moi, quand j'étais jeune, mon père me disait que tu sais, la vie, c'est un couloir en fait. C'est un couloir et il y aura forcément des portes qui ne vont pas s'ouvrir. Mais si, avec persévérance, et que tu te persuades que, voilà, tu peux y arriver, forcément, il y a une qui va s'ouvrir. Il y aura encore plus de satisfaction de se dire que tiens, j'ai réussi quand même, malgré toutes les difficultés.

15:22
Invité

Est-ce que tu as vu le film Back North qui est sorti récemment ? Bien sûr. Il a été accusé, enfin, accusé, il a fait beaucoup de bruit et notamment, certains disent qu'il fait le jeu de l'extrême droite. Qu'est-ce que tu en penses ? Back North,

15:36
Invité politique

ce qui est intéressant, c'est que ça montre une certaine réalité, en fait, du métier de policier du quotidien. Des mecs qui travaillent dans la back, qui sont dans des quartiers, on va dire, dans des ghettos, qui ont des moyens, on va dire, j'appelle même pas ça des moyens, ils n'ont pas ce qu'il faut, mais quand même, ils font leur travail. Et ça montre aussi un groupe tellement ancré dans leur quotidien que ça ressort d'une forme d'humanité. Mais l'humanité, l'humanité, c'est quoi ? L'humanité, c'est les bons côtés comme les mauvais côtés. Tu vois ?

Et ce qui est bien, c'est que ce livre, ce film a permis de montrer l'équilibre, de montrer l'équilibre, parce que nous sommes avant tout les êtres humains. On dit, oui, mais bon, voilà, vous devez être exemplaires, vous devez montrer le bon exemple, etc. Mais j'ai dit, il compte que de vivre la vie de policier. On n'est pas des robots. Mais des fois, il peut arriver, pour combattre aussi des fois la délinquance, tu es obligé aussi de frôler, traverser aussi ce qu'on appelle la ligne jaune. Voilà, la ligne rouge, tu vois. Mais quand tu traverses, après, tout ce qui s'ensuit, tu assumes tes responsabilités. Mais c'est pas que toi.

16:38
Invité

Il faut aller en dehors de la loi, parfois, pour justement empêcher à d'autres de dépasser le cadre de la loi ?

16:45
Invité politique

Soyons réalistes. Des fois, il faut, oui. Mais après...

16:47
Invité

Tu l'as déjà fait, toi, en tant que policier ?

16:49
Invité politique

Je l'ai déjà fait, oui. Je l'ai déjà fait, mais après, ça a permis aussi de se faire cesser certaines infractions, etc. Et je pense que... Mais c'est pas un problème,

16:58
Invité

ça, aujourd'hui ? Justement ? Si, si, ça poserait problème. Aujourd'hui, quand on est policier, on est obligé de transgresser la loi pour... On n'est pas obligé. Je vais loin, je vais très loin. Je vais très loin, voilà.

17:08
Invité politique

C'est pas tous les jours qu'un policier transgresser la loi, sinon après, ce serait quand même un peu... Mais est-ce que ce soit problématique, ça, aujourd'hui ? Parce que, encore une fois, c'est une histoire de moyens parce que, tu sais, t'as aussi la justice, t'as aussi la réponse pénale aussi. Tu sais, le policier, lui, qu'est-ce qu'il fait ? Il... Quand il voit la fraction, donc il recherche, il rassemble les preuves, après il met à disposition de la justice et son travail s'arrête au moment où il a mis à disposition de la justice. Et le souci, c'est que cette justice elle-même, mais elle n'a pas de moyens.

Cette justice elle-même aussi, elle est en train de suffoquer parce que par le manque de magistrats, le manque de place de prison, etc. Et nous, ce qu'ils nous disent, c'est la réponse pénale. Parce que, comme on t'explique que des fois, par moment où t'as travaillé sur une affaire depuis, on va dire, des semaines ou des mois, ou même t'as un mineur qui faisait du rodéo pendant quelques jours, il emmerde les gens de ses propres quartiers qu'il nous appelle, qu'il nous appelle, et à ce moment-là, après, peut-être, dès le lendemain, il est sorti.

Donc, c'est aussi une forme à la fois d'injustice pour ceux qui aspirent à la tranquillité, tout comme nous, policiers, parce qu'on a travaillé, et on se dit, écoute, voilà, une forme de fatalisme. Et c'est vrai que des fois, on est obligé aussi peut-être d'employer des moyens qui ne sont peut-être pas, on va dire, très, je vais dire, catholiques, mais après, ça se retourne contre nous parce qu'encore une fois, je te parle au niveau du contrôle, on est l'un des corps les plus contrôlés aussi de l'administration.

18:24
Invité

Justement, en parlant de contrôle, je voulais aborder une question avec toi sur l'IGPN. On avait reçu Alexandre Langlois et Bruno Attal qui sont aussi deux policiers. Alexandre Langlois nous disait qu'il fallait réformer l'IGPN parce que selon lui, elle a été gangrénée par des gens qui justement n'étaient pas capables de faire la justice des policiers. Et Bruno Attal, lui, nous disait qu'il fallait aussi la réformer mais parce qu'aujourd'hui, elle condamnait beaucoup trop. Toi, est-ce que tu penses qu'il faut réformer l'IGPN ou est-ce que l'IGPN aujourd'hui te convient ?

18:58
Invité politique

Ce qui était intéressant c'est que tu as eu les deux extrêmes. Donc moi, je suis connu, on va dire, pour être conciliateur. Macroniste. Non, pas Macroniste. Tout de suite, certains m'ont dit ouais, je suis un bot Macroniste, etc. Non, pas du tout. Non, non, mais il y a une nécessité effectivement, ouais, il faut, on va dire, aller dans une réforme de l'IGPN, un peu plus de transparence. Et on se dirige vers ce sens-là. Certains pensent que oui, que l'IGPN est une blanchisseuse afrique et certains pensent que oui, que l'IGPN ne sanctionne trop. Je peux te dire que l'IGPN, ce n'est jamais plaisant d'être là-bas. Très sincèrement.

Parce qu'aucun collègue n'aimerait s'asseoir sur le fameux fauteuil de l'IGPN où tu sais que voilà, tu as ta lèse, tiens, le collègue va te dire bon, tu veux un café, mais tu sais que tu vas passer à la moyennette. Donc, encore une fois, l'IGPN n'est absolument pas consciente avec nous. Encore une fois, je pense qu'elle fait un peu preuve d'un peu plus de transparence parce que depuis deux, trois ans, elle met en ligne maintenant tous les ans son activité annuelle. Chose qui n'arrivait pas il y a quelques années quand même.

20:00
Invité

Et c'est marrant que ça se connecte en même temps avec la méfiance plus grande que les gens envers la police.

20:05
Invité politique

Tu sais, la méfiance, je dirais que certains sont en train de l'instrumentaliser. Il y a des gens qui aiment bien instrumentaliser cette méfiance. Après, ça, c'est par idéologie politique, etc. Mais au quotidien, quand tu fais le 17, est-ce que tu vas te dire tiens, écoute, je vais appeler la police, tiens, puis ça se trouve, c'est un raciste qui va venir ? Est-ce que quand tu fais le 17, tu te dis que tu es en détresse ? Est-ce que quand tu es dans la rue, tu te dis tiens, les policiers sont là, ils sont intervenus, ils sont venus rapidement, etc. Et quand tu vas dans un commissariat, effectivement, je vais rejoindre tout le monde.

Oui, c'est une problématique quand tu attends des heures dans un commissariat pour déposer plainte pour un vol de vélo ou un parbis cassé, etc. Ça, oui, malheureusement, c'est notre service public qui est comme ça et qui, justement, essaie de s'améliorer. Il y a des dispositifs qui font en sorte pour qu'on puisse s'améliorer par rapport à ça. Mais, encore une fois, pour revenir au contrôle, l'IGPN, je pense, pour moi, a encore des efforts à faire de plus de transparence.

21:06
Invité

Tu vois ? Non, mais c'est sûr. Et notamment aussi, je pense, quand tu as évoqué le temps d'attente dans les commissariats, il y a aussi l'écoute que les policiers peuvent avoir, notamment, récemment, on a entendu ça, sur les femmes qui se font soit battre par leur mari ou violer. Et parfois, il y a un manque d'écoute aussi des policiers. Un manque de formation, peut-être.

21:23
Invité politique

Oui, mais la formation, alors, là, j'ai travaillé, tu sais, dans le service de police judiciaire où je m'occupais beaucoup des atteintes en personne dans tout ce qui était des viols, l'enlèvement, séquestration, et vraiment, et surtout, la parole de la victime est très importante parce que la victime, en fait, c'est quelqu'un qui a vécu quelque chose déjà de très difficile et que quand elle arrive dans un commissariat, déjà, elle arrive avec un sentiment de culpabilité parce que, tu sais, c'est toujours difficile d'arriver dans un commissariat après ce que tu as vécu. Et il y a eu de l'amélioration qui a été faite sur l'accueil des victimes.

On a des formations qui sont, voilà, multipliées de plus en plus, des fiches internes et là, récemment, voilà, il y a la ministre Madame Schiappa qui a fait ce qu'on appelle une conférence inversée. Une conférence inversée qui veut dire que donner la parole aux victimes, à ceux qui ont vécu des choses graves et tout, et devant le parterre de policiers. Je ne te dis pas que tout va se régler, voilà, comme ça, d'un claquement de doigts, etc., mais il faut dire que la parole maintenant de la victime est prise en compte. Il y a une conscientisation de la part de la police, mais encore, on peut toujours faire mieux.

22:29
Invité

Donc, pour aller vers la fin de cette interview, je voulais poser une question. Tu as parlé tout à l'heure des deux extrêmes. Tu m'as dit que c'était les deux extrêmes au niveau de la police et moi, j'ai plaisanté en disant que tu étais macroniste, mais bien sûr, j'ai compris que tu n'étais pas, mais du coup, je te pose quand même cette question. On est dans une année de présidentielle. Est-ce qu'aujourd'hui, tu sais pour qui tu voteras ou tu préfères garder ça secret ? Le vote est secret et le policier, il est neutre. Le policier ne dit pas pour qui il va voter.

22:55
Invité politique

Le policier, il ne dit pas pour qui il va voter. Sinon, après, je ne respecte pas ma déontologie. Mon devoir de neutralité. Je comprends. Donc après, je pense que c'est comme ça. Encore une fois, quand tu parles en tant que policier, tu dois respecter ton devoir de neutralité. mais après, en privé, tu es un citoyen qui a des idées. Je suis un citoyen. J'ai des idées. Après, encore une fois, voilà, c'est la politique. C'est pour ça que je n'aime pas la politique parce que tu n'as pas forcément des idées à arrêter.

23:28
Invité

Tu ne te vois pas ? Tu n'as pas un combat politique en particulier, toi ?

23:31
Invité politique

Non, le seul combat, c'est celui pour les citoyens. C'est-à-dire que parler de la police, la sécurité et voilà, c'est tout. Les citoyens et voilà, c'est tout. Le reste, après, je laisse aux plus compétents.

23:44
Invité

Parce que tout à l'heure, j'ai évoqué Alexandre Langlois mais je ne sais pas si tu es au courant, il se présente, il est candidat à l'élection présidentielle Alexandre Langlois.

23:52
Invité politique

Il a choisi son avenir donc voilà, il s'est politisé.

23:55
Invité

C'est pour ça que je parle parce que peut-être dans quelques années, on invitera à nous l'aïcanté le candidat à la présidentielle.

24:00
Invité politique

On me l'a dit mais tu sais, après, je ne pense pas que j'ai les épaules mais après, non. Après, tu sais, voilà, j'ai 43 ans, j'ai encore, je pense, on va dire, beaucoup de choses encore à vivre, encore à apprendre mais après, la politique, aujourd'hui, je te le dis, non, ce n'est pas pour moi.

24:21
Invité

Très bien. Est-ce qu'aujourd'hui, l'interview qu'on a faite, est-ce qu'il y aurait une personnalité que tu connais ou une personne que tu aimes bien que tu aimerais voir en face de moi dans un format d'œil pouré ?

24:32
Invité politique

Il y en a beaucoup, il y en a beaucoup. Après, je ne vais pas te citer les personnalités polies et tout parce qu'après, ça ferait un peu trop...

24:39
Invité

Si tu as une idée en tête, une personne, même quelqu'un que tu, ça ne peut être quelqu'un que tu adores ou quelqu'un que tu détestes justement que tu aimerais voir ici. Ben, tabouf. Tabouf.

24:50
Invité politique

Tabouf, mais si, voilà, il a envie de venir ici à ma place et tout, je pense que ce serait bien parce qu'il faut donner aussi la parole à même ceux à qui on n'est pas d'accord. C'est ce qui fait aussi la diversité d'opinion et moi, je suis pour cela.

25:06
Invité

On tient à ça aussi au crayon. Ben, c'est parfait. Voilà, pour terminer, la dernière question. Est-ce que tu as une phrase, une citation ou quelque chose qui t'accompagne au jour le jour que tu aimerais nous partager aussi ?

25:19
Invité politique

Ce qui m'accompagne, on va dire, tous les jours, je ne sais pas ce qui m'accompagne, c'est que j'essaye de le dire aussi à ceux qui doutent. Même si vous venez de la difficulté, n'oubliez pas d'où vous venez parce que vous pouvez y arriver.

25:35
Invité

Très bien. Ben, merci beaucoup. Merci. Merci pour cette interview de Abdoulaye Canté, c'était un vrai plaisir. Si cette vidéo vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à laisser un j'aime, à mettre un commentaire. On se retrouve très prochainement pour un nouvel épisode d'Oeil pour Oeil. C'était Antonin pour le crayon. Salut.