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interviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 12 juin 2026 37 min

400 ans d'histoire : les trésors cachés du Muséum national d'histoire naturelle

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

L'an dernier, plus de 2 400 000 personnes ont franchi les portes du Jardin des Plantes, le site historique du Muséum National d'Histoire Naturelle. Un chiffre qui le classe parmi l'un des musées les plus visités de France. Même si l'intérêt pour ces collections ne se dément pas, l'institution est ancienne. Donc, les bâtiments du Muséum dans un état de dégradation avancé, selon son président, un cri d'alarme qu'il a lancé à l'occasion de cet anniversaire, donc de ces 400 ans célébrés cette année. Car le danger, c'est bien de perdre, d'abîmer les collections. Plus de 68 millions de spécimens mis à l'abri depuis 4 siècles pour documenter le vivant, le monde dans lequel nous vivons ce matin.

Nous irons donc ensemble dans la galerie de l'évolution, mais aussi là où le public ne va pas, ne va jamais, grâce à nos invités qui publient ensemble chez Robert Laffont « Voyages extraordinaires au Muséum National d'Histoire Naturelle ». Nicolas Gilsoul, bonjour. Bonjour. Vous êtes docteur en sciences et architecte. Face à vous, Jacques Cuisin, bonjour à vous. Bonjour à vous. Vous êtes ingénieur de recherche délégué à la conservation et la restauration des collections du muséum. Un premier mot d'abord, peut-être sur votre rencontre. Comment est-ce qu'est né ce livre ?

Est-ce que c'est d'abord vous, Nicolas Gilsoul, la curiosité du petit enfant que vous étiez, qu'il a fallu assouvir en franchissant des portes interdites ?

1:30
Invité

Oui, il faut toujours assouvir sa curiosité de gamin. Oui, oui, ça naît très tôt cette envie-là. On me racontait que, quand j'étais petit, on me racontait que sous le jardin des plantes, il y avait des couloirs infinis, un dédale, un labyrinthe rempli de bestioles étonnantes dans l'ombre. Voilà, et un jour, j'ai eu la chance d'être invité à la tribune du muséum et j'ai posé la question. Et on m'a dit oui, c'est vrai, ça existe. Et donc après, j'ai rencontré Jacques, qui m'a ouvert les portes de ce lieu incroyable. Et voilà, c'est comme ça que ça a démarré. C'est comme ça qu'on s'est rencontrés.

2:01
Présentateur

Jacques, est-ce que tout de suite, vous vous dites, Jacques Cuisin, j'accueille cette personne étrangère à notre institution pour lui montrer des choses que d'habitude, effectivement, on ne voit pas ?

2:12
Invité

Alors, le muséum accueille, en fait, pas mal de gens dans ces espaces. Et donc, on me propose, on me dit, il y a quelqu'un qui veut visiter cette fameuse zoothèque. Je me dis, bon, pas de problème. Je connais bien le lieu depuis pas mal de décennies. Donc, je me dis, bon, quel type de visite ? Qu'est-ce que vous voulez voir ? Etc. Et puis, bon, c'est peut-être projet d'écriture. Je me dis, bon, allez, hop, je vais lui en montrer plein. Et puis, comme ça, il aura peut-être matière à choisir. Et donc, on est parti sur cette première visite. C'était un petit peu longue, je crois. Combien de temps ça a pris ? Oh, deux heures, deux heures et demie pour une première... Il faut se perdre, en fait.

Ah, il faut se perdre. C'est assez facile, mais il faut se perdre. Et puis, je m'étais dit, bon, allez, peut-être, finalement, ça aboutira pas. Donc, j'en donne un max. Et puis, on verra.

3:00
Présentateur

Et puis, on a vu. Et puis, on a vu. Et on va en parler, évidemment, ce matin, de ce livre que vous avez co-écrit, en quelque sorte. Même si c'est vous qui êtes le narrateur, Nicolas Gilisoul, et qui nous a emmenés dans ces expéditions. On commence peut-être aussi par cet anniversaire. Et c'est lié à ce que vous venez de dire, Jacques Cuisin. Le Muséum d'Histoire Naturelle, il naît en janvier 1926, avec cet édit royal qui crée le Jardin Royal des Plantes Médicinales. Puis, quelques années plus tard, Louis XIII construit un jardin et un château où on réunit les premières collections du roi. Et est-ce que, dès le début, en fait, le muséum est ouvert au public ?

Parce qu'en fait, la vraie clé, c'est ça. C'est d'exposer, de conserver, mais d'accueillir le public.

3:46
Invité

Alors, en 1626, le muséum n'est que sur le papier. Il va falloir attendre quelques années encore avant de concrétiser les premiers bâtiments, les premiers arpents de terre, pour avoir ce Jardin des Plantes Médicinales. L'idée, c'est de garder pour montrer, pour enseigner. Donc, dès le début, on a cette dimension-là. Les galeries, elles vont venir un peu après, bien évidemment, quand ça va s'organiser. Mais il y a des visites du cabinet royal. Alors, je ne sais plus, c'était tous les jeudis, je crois. On parle d'un public qui était forcément un peu lettré au XVIIIe siècle. Mais il y a quand même cette volonté de pouvoir, en quelque sorte, partager.

Par la suite, en 1793, les révolutionnaires vont sauver, en quelque sorte, les collections, avec un objectif avéré, qui est de les garder pour l'éducation du peuple. Le Louvre et le muséum national sont créés à quelques jours d'intervalle, et avec cette même dimension d'une éducation.

4:49
Présentateur

Éducation, donc, conserver un maximum. Alors, on dit spécimen, on dit objet. Je ne sais pas exactement quel est le bon terme. Vous utilisez quel terme, Jacques Cusin ?

4:58
Invité

Nous, on utilise volontiers spécimen, parce que c'est un terme qui peut se décliner facilement également en anglais. On a, évidemment, une activité internationale très importante. On parle d'objets, plutôt, ou d'œuvres, dans les musées d'art ou dans des musées d'art premiers, également.

5:14
Présentateur

Quatre siècles, 400 ans, ce qui est passionnant, c'est qu'évidemment, vous l'avez dit, la conservation, ça veut dire aussi lutter contre tout type d'agression. On va rentrer dans le détail, parce qu'il y a des agressions les plus minuscules au quotidien, mais il y a aussi la guerre, par exemple, qui peut, effectivement, remettre en cause ces collections. Mais si vous ne faites pas partie de ces plus de 2 millions de personnes qui ont déjà franchi chaque année les portes de cette institution, eh bien, Victoria Girovelmont nous a emmenés dans cette galerie, la grande galerie de l'évolution. À votre rencontre, on écoute.

5:47
Invité

Personnellement, moi, j'ai fait mes études au Muséum National de l'Histoire Naturelle. Je connais bien cet endroit. Je ne suis pas léontologue de formation. Et je pense que c'est important pour les gamins de se rendre compte de la biodiversité, de ce qu'il y a autour de la ménagerie avant, et surtout de ce qu'on a perdu entre-temps. Tous ces animaux éteints, donc je leur ai fait un petit fascicule et on se balade pour travailler un peu sur tout ce qu'ils ont vu. Moi, ça me fait quelque chose à chaque fois. Je n'allais pas aller risser juste de voir tout ça. Et je pensais que c'était important pour les gamins qui voient ça. Qu'est-ce que vous essayez de leur transmettre ?

Vraiment, cette espèce d'amour de la biodiversité, des animaux et un peu de culture. C'est les gamins qui ne vont pas toujours au musée, qui ne pensent pas forcément à y aller, qui ne savent pas que les musées sont gratuits à moins de 26 ans. Pour moi, c'est important qu'ils puissent se dire « Tiens, je ne sais pas quoi faire, RER musée ! » Et alors, qu'est-ce que tu en penses ? Qu'est-ce que tu vois ? Des animaux. Il y en a, ils vivent dans la forêt tropicale. Il y en a dans la savane. C'est impressionnant de voir les grands animaux à la taille réelle, non ? Oui. Tu veux parler aussi ? Tu veux me dire ce que tu vois ? Des girafes, toutes sortes d'animaux.

Des hippopotames, des rhinocéros, des oiseaux, des chèvres, des tortues, des serpents, des guépards. Et qu'est-ce que ça fait de les découvrir, ces animaux ? Ça fait bizarre, parce que tu ne peux pas tous les voir, parfois. En vrai ? Oui. Du coup, vous êtes venus en famille ? Oui, on est venus en famille de Lozère. C'est la première fois que vous venez au musée. Non, c'est la deuxième fois. On y était allés avec le grand frère, et là, on emmène la petite soeur. Moi, c'est la première fois que je viens dans cette galerie-là. C'est vrai qu'il y a beaucoup d'animaux empaillés, donc c'est un peu surprenant.

Mais bon, finalement, au bout d'un moment, on se prend un jeu scientifique, peut-être des typologies d'animaux, à repérer, à questionner un peu la diversité des espèces. Et finalement, c'est assez intéressant. Surtout avec un enfant. Pourquoi vous êtes venus au musée ? En fait, comme on est très âgés, on aurait aimé voir les dinosaures. Et c'est fermé jusqu'à l'année prochaine. Donc, on est un peu déçus. Moi, à la base, j'étais plus dans la paléontologie, donc les dinosaures et tout ça. Mais comme il est fermé actuellement, je me suis dit, bon, ça fait longtemps, des années, que je ne suis pas allé dans celui-là.

Donc, finalement, je me suis dit, pourquoi pas aller voir des animaux qui sont un peu plus contemporains. Et finalement, ça rejoint un peu ce que je vois en paléontologie. Donc, je me suis dit, c'est aussi intéressant. Et on retrouve à peu près les mêmes choses, finalement. On verra bien ce qui nous attend. Il n'y a pas forcément d'attente, mais juste en prendre plein les yeux.

8:15
Présentateur

Il faut y aller sans rien en attendre, Nicolas Gilles Soule, de cette grande galerie de l'évolution. C'est beau, ça.

8:24
Invité

J'y vais, je ne sais pas ce que je vais voir. Ça, c'est vraiment l'expédition. C'est-à-dire qu'on a beau préparer, sur le papier, on ne sait exactement par où on va passer, et on va être surpris à chaque coin de Compactus. C'est ce qui s'est passé pendant notre expédition. On ne s'attendait pas du tout à rencontrer certaines créatures, à rencontrer certains personnages historiques incroyables qu'on a découverts.

8:46
Présentateur

Ce qu'on entend dans notre partage de Victoria Girovallement, réalisé par Jean-Christophe Francis, c'est aussi cette transmission aux plus petits, les plus grands et les plus petits, j'accuse.

8:54
Invité

Oui, c'est cette dimension pédagogique, éducative. Et finalement, l'animal, il nous entoure, il est à portée de main aussi dans cette galerie, puisque la scénographie souhaitée par les architectes et scénographes de 1994 a voulu ce contact, comme une certaine familiarisation. Et en tout cas, on le constate aujourd'hui, ce besoin de nature, quelque part, et d'autre part, la conscience d'une fragilisation du monde qui nous entoure. Donc je pense qu'en ce sens-là, oui, c'est important.

9:32
Présentateur

Aussi la mémoire de ce qui n'existe plus, d'espèces ou d'animaux qui ont aujourd'hui disparu.

9:38
Invité

On rentre là dans une dimension un peu plus muséale, si je peux m'exprimer ainsi. C'est-à-dire que le musée conserve, en quelque sorte, les archives du monde qui nous entoure, les archives de la biodiversité, qu'elles soient paléontologiques sur des durées extrêmes ou beaucoup plus contemporaines, avec des tout petits insectes, des plantes qui ont pu évoluer d'une certaine manière. Et puis, oui, se laisser surprendre au détour, que ce soit d'un compactus, d'une vitrine ou d'une rencontre, puisqu'on a quand même cette dimension très importante.

10:10
Présentateur

Et la rencontre, c'est le début d'ailleurs de l'histoire, de votre voyage, de vos voyages extraordinaires. Jacques, vous présentez à Nicolas, l'un des plus anciens locataires de cette galerie. Vide, jour de fermeture, parce que là, on a entendu qu'il y a effectivement beaucoup de monde. L'ambiance est absolument différente. Et vous écrivez « Ses yeux sont minuscules, fixes, noirs, ténèbres prisonnières d'une bille de verre. Il est massif, trapu. Sa peau épaisse est un cuir ébène au reflet d'acier. C'est un char d'assaut sur quatre pattes, de trois doigts chacune. C'est un cadeau de Noël qui a mal tourné. » De qui on parle ? Saïb !

10:45
Invité

C'est un rhinocéros. C'est le rhinocéros de Louis XV. Il est très impressionnant. Tout le monde peut aller le voir puisqu'il est au dernier étage de la grande galerie. C'était important de commencer avec ce rhinocéros, d'abord parce que tout le monde peut le voir, et puis parce qu'il a une histoire complètement dingue. Donc il est chassé au pied de l'Himalaya, à un moment où, on est en 1700 quelque chose, au moment où c'est encore une province française. Le gouverneur chasse ce dinosaure comme cadeau de Noël finalement pour le roi. Cet animal monte dans un bateau. Il n'y a pas de vétérinaires qui sont spécialisés en rhinocéros puisqu'on ne les connaît pas.

Donc ce sont des bouchers qui vont s'occuper de lui pendant le trajet. Il commence à avoir un sale caractère. On peut comprendre sur le trajet. Il arrive en France. Il doit être transporté jusqu'à la ménagerie de Versailles. Là, on le met dans un tout petit enclos, trois terrains de pétanque. Il ne peut pas brouter l'herbe. Donc il a une histoire pas possible. Il connaît la Révolution française. Il finit par arriver à la ménagerie. Enfin, premier zoo au bord de Seine après la Révolution. Et puis, il va être tué en fait. C'est un meurtre. Donc il y a toute une histoire autour. C'est un personnage très important aussi parce que c'est la première taxidermie de cette taille-là. Il faut imaginer.

C'est ça, on s'est aussi projeté là-dedans. Quand on le rencontre face à face, c'est ça. On s'imagine pendant une semaine, une grande tente qui est dressée au milieu du jardin des plantes avec les taxidermistes de l'époque qui commencent à découper la bête. Il fait très chaud. On est à Paris pendant plusieurs nuits. On entend les chiens qui hurlent à la nuit à cause de l'odeur de Sharon, etc. Enfin voilà, il y a toute une histoire incroyable. Et puis, ses os, son squelette partiront dans la galerie justement de paléontologie, enfin d'anatomie comparée, côté Seine. et sa peau sera retendue sur des gros barils de chânes. Et c'est ça qu'on peut voir aujourd'hui.

12:46
Présentateur

Vous écrivez, il a vécu les débuts du muséum, la transformation des sciences naturelles et même l'évolution de notre regard sur le vivant, Jacques Cuisin, notamment sur la manière dont se représentent ces animaux. Et là, il faut parler de sa corne.

12:58
Invité

Alors oui, une taxidermie, c'est une naturalisation, c'est une manière de représenter le monde. C'est ce qu'on appelle les animaux empaillés ? Alors, le terme empaillé... On l'a entendu, c'est pour ça que je l'appelle. Oui, on l'a entendu absolument. Il a eu cours normal, je dirais, à peu près jusqu'au milieu du 19e siècle. Il s'est dégradé, il a été synonyme de quelque chose de plutôt mal fait à partir de ce moment-là. Je ne sais pas très bien pourquoi.

Et aujourd'hui, on a tendance à parler d'une naturalisation, ce qui est assez intéressant, parce que c'est un terme de botanique, naturalisation, et qui signifie, comme on le sait, faire nous-mêmes, c'est-à-dire agréger, en fait, l'étranger à notre communauté. Donc, c'est intéressant aussi par rapport à l'animal. Alors, ce qui est intéressant, c'est le regard, effectivement, ce que raconte finalement une taxidermie de la manière dont l'homme voit le monde à une époque donnée. Et alors, ce rhinocéros royal, donc, arrivant en 1776 à la ménagerie de Versailles, il meurt, effectivement, en 93 avant d'être transporté à Paris.

Lui, il n'a pas vécu les débuts de la ménagerie, raté à quelques semaines près. Et donc, les anatomistes le dissèquent, comme tu l'as dit, et on va le monter comme on peut. Alors, à cette époque, on n'a pas forcément l'idée de représenter l'animal dans son milieu. On va représenter l'animal pour pouvoir en voir tous les caractères, pour pouvoir bien comprendre ce qu'il est, pour pouvoir le distinguer des autres. Donc, on a cet aspect un petit peu statique, un petit peu pataud, de notre rhinocéros, qui est presque un palimpseste en termes de restauration, parce qu'il en a quand même connu pas mal.

Et cette fameuse corne, Geoffroy Saint-Hilaire, à un moment, donc, on est dans les années 1830-1840.

14:56
Présentateur

C'est le directeur de la ménagerie à l'époque.

14:57
Invité

Alors, c'est le directeur de la ménagerie, c'est le directeur également de l'unité qui s'appelait Mammifère et Oiseau, puisque les deux fonctions étaient communes au même professeur. Et puis, on va l'affubler. Alors, je ne connais pas les détails. Je suis désolé, je n'étais pas né à ce moment-là. Non, mais dites-nous, effectivement. Cette corne, en fait, on s'est rendu compte que... Et donc, on va l'affubler d'une corne royale. Donc, il faut quand même que ça ait un peu de prestance. Et donc, on va lui mettre une corne de rhino noir, africain, ce qui, évidemment, ne va pas du tout. Et notre saïbe va rester avec cette corne.

Eh bien, jusqu'à la rénovation de la galerie de zoologie, donc jusqu'aux années 1990. Et là, gros débat, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on garde la pièce historique telle ? Ou est-ce que, finalement, on montre ce qu'est un rhinocéros, une icorne de l'Inde ? Donc, c'est ce deuxième choix qui l'a emporté. Et on murmure qu'on n'avait pas de corne correcte à ce moment-là. Donc, on a moulé une corne qui était dans les réserves. Et on murmure que cette corne serait probablement celle d'origine.

16:05
Présentateur

Ce qui serait extraordinaire. Ce qui serait assez rigolo. Ce qui est intéressant et ce que pose aussi comme question cet exemple-là, c'est comment se sont constitués au fil des années, au fil des siècles, ces collections. Il y a eu, évidemment, des chasses, des explorations, des découvertes. Aujourd'hui, on n'imagine pas, enfin, en tout cas, un roi qui va chasser ailleurs et qui ramène des bêtes sauvages. Effectivement, ça n'est plus à l'ordre du jour. Mais on est aujourd'hui les héritiers de ces collections aussi. Et donc, c'est ce poids-là aussi qui pose peut-être sur les épaules du muséum. Nicolas Gillessoul, comment vous voyez ça, vous ?

16:42
Invité

Oui, je trouve que c'est une des choses qui était assez magique, en fait, de découvrir. C'est que, évidemment, les histoires de ces bêtes parlent des histoires des expéditions, parlent des histoires des collectionneurs. On disait souvent que, en fait, ça aurait dû s'appeler muséum d'histoires naturelles au pluriel parce que ce sont des histoires d'hommes et de femmes qui ont permis ces découvertes. Et c'est assez touchant parce qu'il y a une petite pièce au cœur du bunker, parce que c'est vrai un bunker, la zoothèque. Il y a une petite pièce qui est la pièce des disparus, très magique. Et dedans, il y a des espèces qui n'existent plus ou à quelques exemplaires près dans le monde entier.

Et à un moment donné, Jacques, tu me montres une grive Littorne. Alors je suis un peu surpris parce que ça, on en a encore plein. Donc je me dis, pourquoi elle est là ? Et puis tu retournes la pièce et puis je lis en dessous qu'elle a été chassée par Louis XVI. OK, respect. C'est-à-dire que, voilà, il y a ça derrière. C'est-à-dire que derrière chaque spécimen, appelons ça comme ça, chaque créature, il y a la légende de la créature, il y a tout son environnement, toute sa connaissance écologique, son milieu, la manière dont ça s'est transformé parce que ces milieux parfois n'existent plus non plus. Et puis il y a l'histoire géopolitique derrière. La conservation,

17:53
Présentateur

c'est un art. Jacques Cusin, comment est-ce que vous voyez ça ? On a parlé de taxidermie, mais il y a aussi, vous avez parlé des squelettes, il y a aussi des plantes qu'on conserve vivantes pour le coup. C'est aussi ce spectre-là qui est intéressant.

18:08
Invité

Alors la conservation, je ne sais pas si c'est un art. Au XVe siècle, la restauration était considérée comme la quintessence d'une démarche artistique. Aujourd'hui, la conservation, on se veut plutôt une science, on a des outils qui nous permettent quelque chose de très précis. Je ne vais pas parler toujours d'un monitoring, mais enfin, on s'en approche quand même. Ce sont en tout cas de bonnes qualités d'observation. Parce qu'il faut pouvoir apprécier une situation, se dire là, on est dans le bon, là, il faut qu'on corrige ceci ou cela. On repose aussi beaucoup sur la conservation, on n'est jamais tout seul.

L'histoire naturelle et la collection en général, tu l'as évoqué Nicolas, c'est d'abord une histoire de gens qui se papotent, qui se rencontrent et qui décident d'une œuvre commune. La collection en tant qu'œuvre commune, oui, elle est là, elle est importante, elle est une collection de masse, 60 millions, c'est quand même énorme. Mais en définitive, tout est à peu près connu parce qu'on est sur des champs du savoir. Pourquoi le vivant ? Parce que le vivant, en fait, permet de comprendre l'inerte. C'est ce qu'avait voulu Geoffroy avec la ménagerie. et puis c'est la manière dont les plantes aussi vivantes sont arrivées au jardin. Et ce sont ces connaissances

19:29
Présentateur

qui permettent effectivement de montrer l'état de ces spécimens. Nicolas, Gilles Soul, avant de descendre dans ces sous-sols dans la deuxième partie, j'aimerais qu'on fasse un petit point sur ce qui abîme ces spécimens. Alors, vous le dites avec beaucoup d'humour, il y a le public, vous l'avez dit, Jacques Cuisin, qui touche effectivement sans consentement, parfois sans précaution, les coups de balai, quand on nettoie les voyages aussi, ça abîme ces spécimens. Et puis, il y a aussi toutes sortes de petites bestioles qui viennent grignoter. Voilà, les mangeurs de peau, les dévoreurs.

20:03
Invité

Oui, c'est ça, c'est fascinant parce qu'il y a la lumière, il y a le feu, il y a les risques de l'eau, il y a les moisissures, il y a une quantité de trucs incroyables. Et il y a le fameux chameau de Troie qui, à un moment donné, a été terrible dans la Grande Galerie puisque la Grande Galerie a été attaquée par un nuage de mythes immense c'est ce que tu me racontais avec un nuage de mythes qui dévore toutes ses peaux. Et vous avez cherché l'origine de ces mythes et en fait, elles étaient cachées dans les narines d'un chameau naturalisé qui avait été prêté par le musée du Caire. Voilà, le cheval de Troie version chameau.

20:38
Présentateur

Il y en a des choses cachées, on va continuer d'en parler et de vous les expliquer, de vous les raconter avec nos deux invités. Nous nous plongeons dans les réserves secrètes du Muséum National d'Histoire Naturelle. On va se retrouver dans 20 minutes juste après le journal pour poursuivre ces voyages extraordinaires. A tout de suite le journal dans un instant. Nous poursuivons notre discussion ce matin à l'occasion de cette année anniversaire du Muséum National d'Histoire Naturelle.

400 bougies que souffle cette institution, 400 ans aussi de collections exposées au public mais certaines ne le sont pas et on va en continuer d'en parler ce matin avec le docteur en sciences et architecte Nicolas Gilsoul et l'ingénieur de recherche délégué à la conservation et la restauration des collections du Muséum, Jacques Cuisin. Je rappelle qu'ensemble vous venez de faire paraître chez Robert Laffont voyages extraordinaires au Muséum National d'Histoire Naturelle et c'est bien ça qui est formidable dans ce livre. C'est votre façon de nous raconter les coulisses de ces réserves où nous n'avons pas le droit d'aller, nous publics.

Vous en êtes, Jacques Cuisin, le gardien, si je puis dire. Vous avez été pour ce livre le guide de Nicolas Gilsoul. Quel est le statut véritablement de ces objets ? Est-ce qu'on peut dire que c'est en quelque sorte le trésor du Muséum ?

21:52
Invité

Pas forcément le trésor. En fait, c'est une partie de la collection qui a été rassemblée là de manière opportuniste en quelque sorte au moment où il a fallu décider de la rénovation de l'ancienne galerie de zoologie. C'est un peu comme quand vous êtes à la maison où vous vous dites il faut que je répagne ma chambre ou mon salon ou que sais-je sauf qu'il faut que je sorte d'abord tout. Il faut débarrasser. Voilà, il faut débarrasser. C'est ce qu'on a fait des 2 à 3 millions de spécimens bocaux et autres qui étaient dans la galerie de zoologie. Et puis, c'est toujours cette fameuse question où est-ce que je mets ça ?

Donc, il a été décidé de creuser un trou devant la grande galerie donc sous l'esplanade que l'on foule lorsqu'on s'y rend et donc le trésor en quelque sorte est dessous. Mais, il faut que je vous dise que sur les 140 bâtiments que compte le jardin des plantes il y en a 39 qui sont dédiés aux collections et que des réserves il y en a dans ces 39 bâtiments-là. la zootech est probablement la plus importante de toutes avec ses 6300 m2 de superficie.

23:00
Présentateur

Je dis trésor Nicolas Gillesoul parce que vous nous racontez tout cela presque comme un roman policier d'abord votre rencontre des ombres qui se baladent cette porte dérobée ce sas qu'il faut franchir il fallait raconter vraiment une histoire ?

23:14
Invité

Ah oui, c'est évident.

Il faut raconter une histoire parce que tu disais très bien en fait la zootech c'est un parking souterrain donc c'est absolument pas excitant en termes d'architecture et très rapidement au départ moi j'étais très impressionné Jacques, délégué, machin toute une série ton titre à rallonge et scientifique, muséum je me suis dit oulala j'arrive là je vais avoir l'air d'être un guignol et en réalité très rapidement on est devenu Black et Mortimer on est devenu Cuquéflup on est devenu Bob Moran et compagnie il fallait le raconter sous la forme d'une histoire ça nous a apparu très très clairement dès la première rencontre parce que c'est une expédition et donc ce lieu devient magique parce qu'on passe tu le dis très bien il y a plus de 100 bâtiments différents et très rapidement on s'est rendu compte que les limites de ce parking souterrain de la zootech ne suffisaient pas et qu'il fallait aller voir les caves de la maison de Georges Cuvier qu'il fallait traverser la rue au-delà du jardin des plantes pour découvrir le clopatouillé où les plus grands animaux étaient entreposés qu'il fallait glisser sous la grande serre et donc l'architecture des lieux a appelé ce mystère et cette aventure

24:32
Présentateur

Est-ce que vous vous rendiez compte de cet aspect presque romanesque en tout cas d'aventure Jacques Cuisin quand vous vous promenez dans ces réserves dans ces sous-sols est-ce que ça ça vous parle parce qu'en fait dans chaque éprouvette dans chaque spécimen il y a une histoire

24:47
Invité

à raconter en fait Alors tout à fait il y a plusieurs regards de toute façon qui peuvent être posés sur chacun des spécimens ou des lieux peu importe un peu à la manière dont lorsque vous allez dans un musée d'art vous vous laissez porter par une oeuvre qui va faire résonner quelque chose en vous et bien autant on va avoir un regard scientifique parce que ces collections sont d'abord orientées pour la recherche bien sûr mais également un regard de poésie enfin moi je ne suis pas spécialiste de tout dans cette maison sauf de conservation j'espère et en tout cas il y a des choses des tableaux qui me laissent rêver devant lesquels je me laisse porter des insectes par exemple des choses comme ça

25:26
Présentateur

Serrures cliquetis glissières les plateaux d'une morgue dans une chambre forte et dessus des poissons tout plat plat comme des crêpes de très vieilles crêpes il y a herbier et herbier celui-ci est de ceux qui tiennent entre deux feuilles de papier un monde en deux dimensions écrasé forcé où les invités sont contraints de montrer leur plus beau profil décor friable et métier ocre brun vieilli par l'âge et couché sur une page des profils annotés accompagnés d'étiquettes à l'écriture dansante de haut en bas un nom latin souligné à la main un lieu ici l'océan indien le collectionneur commerçon et une date 1775 un trésor inestimable Jacques est ravi si l'herbier de fleurs ou de feuilles parle à tout le monde l'herbier de poisson m'a pris de court

26:10
Invité

l'herbier de poisson mais je ne m'y attendais pas moi non plus je ne m'y attendais pas non non c'est extraordinaire déjà quelle idée comment est-ce qu'on peut avoir l'idée d'écraser un poisson qui n'est pas une seule ou qui n'est pas une limande qui n'est pas un poisson plat à la base pour le faire tenir entre deux feuilles de papier comme on ferait avec une feuille d'érable alors c'est intéressant parce que le procédé a été inventé par un hollandais Grenovius dont le père était botaniste donc déjà voilà le petit voit le père écraser deux feuilles ça donne des idées et cet herbier que tu m'as fait découvrir il est extraordinaire parce que d'abord c'est visiblement le plus ancien et puis il a une histoire complètement folle il a apparu disparu il s'est émietté recomposé dans les galeries du muséum depuis toutes ces années et donc il porte en plus des types ce qu'on appelle des types c'est-à-dire des poissons qui ont servi à décrire l'espèce donc ça c'est aussi très très émouvant je dirais donc on ouvre un tiroir dans le tiroir il y a des feuilles d'herbier on se dit tiens on ouvre les feuilles d'herbier les feuilles blanches un peu jaunies par endroits et puis on voit dedans des poissons absolument plats complètement complètement écrasés dans le papier avec cette écriture un peu déliée c'est c'est très intriguant et donc quand on creuse un peu et qu'on reconstitue le voyage qu'on reconstitue le fait que le commerçant en question qui les a récupérés venait de terminer le voyage avec Bougainville voilà c'est toute une histoire incroyable qui se met en place et qui parle de taxidermie qui parle de manière de voir le monde qui parle d'époque dévolue qui parle de poissons qui n'existent plus parfois et de pratiques de naturalisation qui n'existent plus

28:02
Présentateur

non plus sans ces collectionneurs qui sont parfois et qui ont des idées un peu folles j'accuse un il n'y a pas ces collections aujourd'hui ces poissons ne seraient peut-être jamais arrivés jusqu'à nous ce rôle des collectionneurs il est aussi très important et je pense notamment puisque là on parle de 1775 mais je parle notamment et je pense notamment dans le livre à votre courrier il faut lire votre courrier j'accuse dans cette lettre d'un monsieur qui vous écrit parce qu'il a une malle et il faut aller voir ce qu'il y a dans cette malle en fait la collection elle est partout tout le temps

28:33
Invité

alors la collection elle est faite de ce que ramassent des gens donc plutôt des collecteurs au sens très très large et le muséum accueille il y a effectivement un certain nombre de ces collectes alors qu'elles ont été faites pour des propos absolument divers au fur et à mesure du temps on a encore quelques pièces des anciens cabinets de curiosité du début 18ème et puis on a également des collectes extrêmement récentes qui ont pu être faites lors d'explorations marines en particulier puisque la France est quand même très en pointe dans le domaine de l'exploration de la biodiversité des fonds marins et donc tout ça l'unité c'est peut-être ce lieu de la zoothèque peut-être les bocaux effectivement dans lesquels surnagent un certain nombre de créatures dont on ne soupçonne d'ailleurs pas toujours l'existence cet assemblage cette aventure en fait parce que c'est une aventure la découverte et la description du monde elle se poursuit encore aujourd'hui avec des spécimens alors avec des spécimens d'abord avec des gens c'est mieux comme ça vous dites-le comme ça vous avez raison qui ont une idée et qui se disent ah ben tiens en fait comment ça marche il y a toujours cette curiosité s'il n'y a pas de curiosité il n'y a pas de connaissance

29:59
Présentateur

la curiosité c'est aussi de nous montrer des choses il y a de magnifiques dessins dans ce livre pourquoi avoir choisi le dessin et pas les photos puisqu'on peut aujourd'hui peut-être aussi montrer les choses de manière plus réaliste en quelque sorte Nicolas Gilles Soule

30:14
Invité

ah oui c'était important c'était un choix important de dessiner parce qu'on dessine avec des mots on dessine avec des phrases mais le trait était important notamment il y a un passage dans le bouquin où on reconstitue un musée fantôme un musée qui n'existe plus qui faisait partie du muséum avec les collections du duc d'Orléans et ce musée m'a fasciné et donc on est reparti de morceaux de plans de petits schémas et des choses comme ça et ça c'est évidemment l'avantage d'être architecte c'est qu'on peut se projeter visuellement et réimaginer le lieu et donc le dessin sert aussi à ça c'est-à-dire à plonger la lectrice et le lecteur dans un univers qui parfois a disparu

30:56
Présentateur

On se pose la question aussi de savoir quel est la le renouvellement la modernité de ce dont on parle aujourd'hui et là on parle de couloirs évidemment de vieux papiers avec des belles écritures où on est par exemple la numérisation Jacques Cuisin est-ce qu'on peut aujourd'hui avoir accès à tout cela grâce à internet par exemple est-ce qu'il y a des choses qui sont faites parce que effectivement l'idée c'est d'offrir toutes ces connaissances au plus grand nombre aussi

31:27
Invité

Alors bien évidemment cette démarche d'informatisation d'abord de numérisation ensuite trouve son origine il y a quelques 25 ans il y avait eu des organisations précédentes mais en tout cas le mouvement qui vise à ce partage via internet va croissant bien sûr ce d'autant plus qu'avec la dimension des sciences participatives que nous connaissons aujourd'hui et dont certaines initiatives prennent naissance au muséum on a un champ formidable d'observation et de données je dirais presque en permanence et nouvelles qui permettent de prendre le pouls alors peut-être pas de la planète en tout cas mais au moins de notre pays France alors on parle de botanique on parle d'entomologie avec les papillons donc des choses qui sont assez aisément identifiables je pense qu'on va arriver sur d'autres organismes mais puis parallèlement à ça il y a tout un mouvement entre muséums en particulier européens qui se construit depuis quelques années pour un très très gros programme qui vise à mettre toutes ces collections en réseau de manière à ce que ça puisse être accessible au plus grand nombre

32:40
Présentateur

j'en ai mis un mot tout à l'heure en introduction on a entendu au début de l'année le cri d'alarme du président Gilles Bloch du Muséum National d'Histoire Naturelle qui alerte sur l'état notamment des bâtiments du muséum il dit plus de 80% sont dans un état de dégradation avancée être les propriétaires de cet héritage c'est aussi de continuer effectivement de protéger de conserver ça aussi c'est un message qui est important de passer aujourd'hui si on ne veut pas perdre cette collection cette richesse ce trésor il va falloir mettre les moyens j'accuse un

33:19
Invité

il y a toujours eu cette dimension d'Aubinton se plaignait déjà à l'époque de Buffon de n'avoir pas assez de place pour ranger ces collections bon l'histoire de ce jardin et de ce lieu parisien effectivement vous l'avez souligné depuis depuis 1626 implique évidemment que tout soit pas on va dire sorti d'usine c'est clair oui il y a une usure du temps aussi pour les bâtiments en plus des collections l'idée c'est de savoir comment on veut s'organiser bon on a eu plusieurs projets depuis les années 60 de grands bâtiments qui pourraient tout rassembler les premiers projets datent de 1968 à peu près aujourd'hui l'idée c'est de pouvoir organiser cette conservation cette transmission quelque part parce qu'en fait chaque chose peut servir demain à une nouvelle approche tu sais

34:17
Présentateur

depuis quelques semaines je cherche un nom pour le lieu qui pourrait abriter vos collections après le grand déménagement écrivez-vous Nicolas Gilsoul dans l'épilogue de votre livre réserve c'est le mot des professionnels mais il semble limitant abrim évoque la guerre arche convoque un capitaine démiurgique démiurge pardon et puis on le sait n'en sauf que quelques-uns et trésor à un côté théâtral on l'a déjà dit tout à l'heure vous penchez plutôt vers le grenier qu'est-ce que ce mot vous inspire Nicolas Gilsoul

34:46
Invité

oui grenier grenier parce que ça évoque pour moi à la fois la malle magique dans lequel il y a les costumes des grands-parents et il y a toutes les histoires incroyables donc les héritages successifs et les histoires qu'on peut les relecture qu'on peut en faire et en même temps grenier c'est l'endroit où on entrepose les choses auxquelles on tient mais dont on ne sait pas que faire pour le moment voilà donc le mot grenier me plaisait bien dans ce

35:11
Présentateur

Jacques avait proposé centre de conservation et de stockage oui c'est un peu plus sec je vous l'accorde Jacques Cuisin pour conclure cette discussion qu'est-ce que vous vous retenez de cette aventure avec Nicolas Gilsoul qu'est-ce que vous retenez de ce livre qui est peut-être un peu loin effectivement de votre travail au quotidien très méthodique très scientifique très terre à terre peut-être si je peux le dire ainsi

35:34
Invité

il faut effectivement garder raison lorsqu'on exerce les métiers de la conservation mais pour moi cet ouvrage c'est la concrétisation de ce à quoi j'aspire dans cette maison depuis plus de 30 ans c'est-à-dire c'est un voyage et faire partager ce voyage embarquer finalement le lecteur dans notre aventure et bien voilà c'est mon souhait le plus profond Nicolas Gilsoul les voyages se sont bien passés c'est extraordinaire mais ils continuent c'est ça qui est beau ça n'a pas de fin en fait on a vu des milliers de choses dont on pourrait encore parler et puis je pense qu'il y en a d'autres en perspective de voyages comme ça

36:13
Présentateur

le livre s'appelle Voyages Extraordinaires au Muséum National d'Histoire Naturelle merci beaucoup à tous les deux d'être venus ce matin Nicolas Gilsoul et Jacques Cuisin pour nous avoir fait partager donner envie d'aller visiter effectivement le Muséum National d'Histoire Naturelle il y a des sites partout en France donc il faut voilà n'hésitez pas à franchir 13 sites donc il faut y aller merci beaucoup l'émission est à réécouter sur franceculture.fr et sur l'application Radio France les matins du samedi se poursuivent jusqu'à 9h dans un instant hommage au peintre britannique David Hockney dont on a appris la mort mais d'abord c'est le podcast de Clément Saint-Bert le Phil Pop Culture à 8h36 et à 8h36

36:48
Locuteur

et au final c'est le podcast à 9h36

400 ans d'histoire : les trésors cachés du Muséum national d'histoire naturelle · Pourquijevote