Jordan Bardella sur CNEWS : « Je mène un combat pour les Français, pour une cause, pour des idées »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 46 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Est-il l'héritier de Jean-Marie Le Pen ?
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En quoi sa relation avec Marine Le Pen pourrait-elle être entachée si elle devient inéligible ?
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Jordan Bardella est-il Charlie ?
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Personnalité préférée des Français dans plusieurs sondages, que peut-il réellement apporter à la France ?
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Est-il réellement prêt à prendre le pouvoir, prendre le pouvoir après une France totalement ruinée et endettée ?
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Si l'immigration n'est pas une chance pour la France, en quoi lui, fils d'immigré, serait-il une chance pour la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé des économies développées »
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« le quotidien des Français n'a pas dit un mot sur le pouvoir d'achat »
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« il n'a pas dit un mot sur les difficultés de millions de Français à payer les factures d'électricité »
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« à mettre de l'essence dans la voiture, à régler le caddie de course lorsqu'ils vont faire leurs courses »
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« Rien sur l'insécurité, rien sur une immigration qui est devenue totalement hors de contrôle »
- 4:28PrésentateurFait
« la gauche veut abattre les institutions »
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« la gauche veut le désordre, la gauche veut dynamiter la Ve République »
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« On voit qu'on ne parle que du PS pour la censure »
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« Ce gouvernement se dirige vers une sorte de politique de centre-gauche »
- 8:54PrésentateurFait
« la question centrale de l'immigration »
- 15:15PrésentateurFait
« Marine Le Pen est innocente »
- 15:22PrésentateurFait
« une décision de justice, en première instance, on ne parle pas d'une peine d'inéligibilité, on parle d'une potentielle, d'après les réquisitions, peine d'inéligibilité avec exécution provisoire »
- 16:32PrésentateurFait
« on ne parle pas dans ce dossier d'emploi fictif, on ne parle pas dans ce dossier d'enrichissement personnel »
- 16:41PrésentateurFait
« Quand on entend des membres de la magistrature, quand on entend le procureur, s'agissant d'un des dossiers spécifiques, parler d'un eurodéputé qui est concerné par la procédure à côté de Marine Le Pen, dire « je n'ai pas d'éléments contre cet eurodéputé, mais demander la relaxe me ferait trop mal » »
- 19:04PrésentateurChiffre
« Premier parti de France aux élections européennes, 34% au premier tour des élections législatives, 37% au second tour des élections législatives »
- 23:25PrésentateurFait
« les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour un parti patriote, pour un parti souverainiste, pour un parti qui est de rupture avec la politique d'Emmanuel Macron »
- 24:23PrésentateurFait
« M. Attal avait appelé à utiliser des bulletins de vote de la France Insoumise »
- 24:27PrésentateurFait
« parti politique que le président de la République considérait lui-même comme un parti provoquant l'antisémitisme et alimentant le communautarisme »
- 43:10PrésentateurChiffre
« la démographie hors de contrôle avec la chute de la natalité, on n'a jamais fait aussi peu d'enfants en France que depuis la fin de la seconde guerre mondiale »
- 43:56PrésentateurFait
« si on ne prend pas les bonnes décisions aujourd'hui dans 10 ans, il n'y a plus d'agriculture en France »
- 45:15PrésentateurFait
« la France a connu différents régimes au cours de son histoire marqués essentiellement par la royauté, l'Empire, la République »
- 51:09PrésentateurFait
« le premier chantier c'est d'arrêter l'immigration »
- 53:34PrésentateurChiffre
« il y a plus de 500 mosquées radicales aujourd'hui en France, elles ne sont pas fermées »
- 1:01:51PrésentateurFait
« pour bénéficier de prestations sociales, il faut être de nationalité française »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Jordan Bardella17 %
- Locuteur non identifié3 %
- Locuteur non identifié 22 %
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Bonsoir à tous, face à l'info édition spéciale avec Jordan Bardella, président du Rassemblement National, est-il l'héritier de Jean-Marie Le Pen ? En quoi sa relation avec Marine Le Pen pourrait-elle être entachée si elle devient inéligible dans quelques semaines ? Jordan Bardella est-il Charlie ? Personnalité préférée des Français dans plusieurs sondages, que peut-il réellement apporter à la France ? Est-il réellement prêt à prendre le pouvoir, prendre le pouvoir après une France totalement ruinée et endettée ? Si l'immigration n'est pas une chance pour la France, en quoi lui, fils d'immigré, serait-il une chance pour la France ?
A l'international, alors qu'un vent nouveau souffle avec Trump, Mélanie ou encore en Autriche, où en est la France ? En tant que député européen, quels sont les leviers d'action au sein de l'Union Européenne ? Comment sauver nos agriculteurs ? Comment faire face à la baisse de la natalité en France ? Beaucoup de questions ce soir, face à l'info, avec Jordan Bardella. Bonsoir à tous, bonsoir Jordan Bardella, c'est un plaisir de vous recevoir.
Bonsoir Madame Kelly, merci pour votre invitation.
Cette émission est en deux parties, d'abord tous les deux, et les mousquetaires classiques dans notre émission viendront en deuxième partie, vous poser des questions sur des thèmes différents. Vous avez été très tôt membre du Front National, devenu RN, vous avez été assistant parlementaire, porte-parole du parti, membre du bureau national, directeur national des jeunes du parti, vous êtes conseiller régional d'Île-de-France, vous avez été élu député européen en 2019, réélu en 2024, vous avez été deuxième, puis premier vice-président du parti, puis président du parti aujourd'hui. Vous êtes à la tête du groupe Patriote pour l'Europe au sein du Parlement européen.
Et puis vous avez sorti votre premier livre que j'ai ici, donc il y a deux mois, « Ce que je cherche » aux éditions Fayard, avec un vif succès à plus de 200 000 exemplaires. Je vais raconter comment vous êtes un enfant de la banlieue, issu des banlieues, des classes populaires, issu d'immigration italienne. Ce livre est pour vous un appel. On vous voit ici en train d'écrire les dernières pages du livre. On vous voit ici au lancement de votre livre, au lancement presse de votre livre. Alors, ce livre est pour vous un appel à l'engagement, puisque vous dites que les dix ans qui viennent seront déterminants pour l'avenir de la France. Et nous allons en parler.
Alors d'abord, Jordan Bardella, pourquoi ne pas avoir voté la motion de censure aujourd'hui ?
Le moment de vérité de ce gouvernement dirigé par François Bayrou depuis maintenant quelques semaines, ça sera le budget. Il faut un budget pour le pays, il faut un budget pour la nation française. L'économie française a besoin d'un budget. Et si le précédent budget qui avait été proposé par M. Barnier n'a pas été adopté, c'est parce qu'il prévoyait précisément une augmentation de la fiscalité de 40 milliards d'euros dans un pays qui a déjà le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé des économies développées. La censure, ce n'est pas un jeu. La censure, on ne joue pas quand on est à l'Assemblée nationale.
Quand on utilise le levier de la censure, quand on active le mécanisme de la censure à l'Assemblée nationale et qu'on vote, ce dispositif qui est prévu par la Constitution, c'est pour protéger les Français d'un danger, à la fois pour eux, pour leur quotidien, pour les intérêts de la France, pour l'intérêt de nos entreprises. Et c'est précisément la raison pour laquelle le gouvernement précédent est tombé. J'ai écouté avec très grand intérêt le discours de politique générale de M. Bayrou. Comme beaucoup de Français, je n'en ai pas retenu grand-chose. On a le sentiment d'un système usé, d'un système à bout de souffle, dans lequel il y avait, à mon sens, deux grands absents.
Le quotidien des Français n'a pas dit un mot sur le pouvoir d'achat, il n'a pas dit un mot sur les difficultés de millions de Français à payer les factures d'électricité, à mettre de l'essence dans la voiture, à régler le caddie de course lorsqu'ils vont faire leurs courses. Rien sur l'insécurité, rien sur une immigration qui est devenue totalement hors de contrôle. Et il n'a pas dit de mot non plus sur le destin de la France. Donc, je n'attends pas grand-chose de ce gouvernement, mais on ne joue pas avec les institutions. Et ce qui fonde notre différence avec la gauche, qui est, je crois, fondamentale, c'est que la gauche veut abattre les institutions.
La gauche veut le désordre, la gauche veut dynamiter la Ve République. Ce n'est pas mon cas. Moi, je veux rétablir l'ordre dans le pays, je veux remettre le pays en mouvement. Et pour cela, évidemment, avec mon groupe, nous allons être à l'Assemblée nationale autour de nos députés. Nous avons le premier groupe à l'Assemblée nationale, et évidemment de sa présidente à l'Assemblée, Marine Le Pen, les avocats des millions de Français qui, aujourd'hui, ne se reconnaissent plus dans la politique d'Emmanuel Macron.
Pour François Bayrou, c'est difficile d'être en même temps le macroniste de la première heure, qui a joint ses voix, qui a joint son corps à Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle, qui a permis à Emmanuel Macron d'accéder au second tour, macroniste de la première heure depuis sept ans, et d'être aujourd'hui un homme de rupture. Sauf que les Français veulent la rupture.
J'ai quand même l'impression, ce soir, Jordan Bardella, que vous êtes peut-être un peu... Est-ce que le RN n'est pas un peu hors-jeu ? On voit qu'on ne parle que du PS pour la censure. Et comment ce soir, et comment le RN ne peut-il pas... Il ne vote pas la censure, alors qu'on voit que ce gouvernement vous méprise. Ce gouvernement se dirige vers une sorte de politique de centre-gauche. Pourquoi ne pas avoir voté la censure ? Et encore une fois, on a l'impression que vous êtes un peu hors-jeu, mis à l'écart ce soir. On ne parle pas que du PS.
Mais ce que pense ce gouvernement de nous, et au fond ce que pense la classe politique de nous, ça ne m'intéresse pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le destin de la France, et c'est l'intérêt des Français. Et je ne fonde mon vote, mes choix politiques, les propositions que nous formulons, avec pour seule boussole l'intérêt de la France et l'intérêt des Français. À chaque fois, on nous dit que le RN est hors-jeu, puis on se rend compte 24 heures plus tard que le RN a une place déterminante, aujourd'hui, dans le fonctionnement du pays. Nous avons voté la censure. Maintenant, il y a aujourd'hui un nouveau gouvernement.
Moi, je veux bien qu'on fasse tomber le gouvernement, maintenant, sur la base d'un discours de politique générale. Que va-t-il se passer ? Le président de la République va nommer un nouveau Premier ministre qui va refaire dans un mois un nouveau discours de politique générale. Et pendant ce temps-là, on ne parle pas des agriculteurs. Pendant ce temps-là, on ne parle pas du pouvoir d'achat. Pendant ce temps-là, on ne parle pas de Mayotte, dont la loi d'urgence va être discutée en ce moment même, et qui a subi une catastrophe naturelle sans précédent, où toute l'île a été ravagée.
Et l'île croule depuis maintenant plusieurs décennies sous le poids de l'immigration clandestine, de la submersion migratoire et de l'abandon de l'État. Donc, derrière ce jeu politicien qui, au fond, ne m'intéresse pas, qui n'intéresse pas les Français, il y a le quotidien des gens. Et moi, je veux parler du quotidien des gens, je veux parler du quotidien des Français. Et on a un peu le sentiment, quand on regarde cette classe politique, de vieux acteurs qui rejouent le même film, pour offrendre une phrase de Marie-France Garraud, en regardant ce paysage politique qui est aujourd'hui objectivement à bout de souffle.
Alors, vous dites que vous n'êtes pas hors jeu. On va parler un peu de l'autre temps fort de cette journée qui a été l'hommage de Jean-Marie Le Pen, aujourd'hui en l'église Notre-Dame du Val-de-Grâce de Paris. Vous êtes arrivée sous les applaudissements du public venu assister à cet hommage. Comment vous vous positionnez ? On voit ici les images où vous étiez à l'intérieur de l'église. Comment est-ce que vous vous positionnez par rapport à Jean-Marie Le Pen ? Est-ce que vous êtes son héritier spirituel ? Est-ce qu'on peut dire ça de vous ?
C'est une question complexe à laquelle il n'existe pas de réponse simple. Moi, je suis président d'un parti qui s'appelle le Rassemblement National. Le Rassemblement National n'est pas le Front National, mais il y a évidemment une histoire. Et Jean-Marie Le Pen a été une figure incontournable de la Quatrième République, de la Cinquième République. Ça a été un Français, je l'ai dit, un Français debout, dont la vie est le symbole et l'illustration même d'une vie française. Jean-Marie Le Pen, c'est quelqu'un qui a perdu son papa très tôt. Il a été pupille de la nation, qui a souhaité s'engager dans la résistance.
Il a été l'un des plus jeunes parlementaires de la Quatrième République, qui a troqué son uniforme de parlementaire pour s'engager et servir l'armée française, à la fois en Algérie, mais aussi en Indochine. Et c'est ce que j'en retiens, moi, au fond, a été un visionnaire. Il a été un lanceur d'alerte sur la question de ce péril existentiel qui bouscule aujourd'hui notre identité, qui menace aujourd'hui ce que nous sommes et ce que sera demain le peuple français, à savoir la question centrale de l'immigration. Jean-Marie Le Pen, il faut le dire clairement, a dit un certain nombre de vérités et il a vu beaucoup de ses dangers et de ses périls avant toute la classe politique.
Et je vais vous dire, moi, vous connaissez ma relation, ma proximité, mon amitié pour Marine Le Pen. Je lui dois politiquement une part considérable de ce que je suis aujourd'hui. Et j'ai souhaité l'accompagner dans cette période, dans cette triste période, à la fois samedi dernier, lors de l'enterrement de Jean-Marie Le Pen et de la messe, à la Trinité en Bretagne, chez eux, sur les terres familiales des Le Pen. Mais aussi aujourd'hui, parce que quand vous aimez quelqu'un, quand vous avez de l'amitié, de l'affection pour quelqu'un, et que cette personne souffre, vous souffrez aussi avec elle. Et j'ai beaucoup de chagrin et beaucoup de peine pour Marine depuis une semaine.
Jean-Marie Le Pen était son père, au-delà d'être le président fondateur du Front National. Et c'est la raison pour laquelle, d'abord et avant tout, j'ai souhaité être à ses côtés.
Avant de parler, effectivement, de cette relation qui vous lie avec Marine Le Pen, vous en parlez dans votre livre, on va regarder un peu votre livre. Vous avez aussi reconnu que Jean-Marie Le Pen a eu, je cite, des propos éminemment antisémites. Et aujourd'hui, vous lui rendez hommage ?
On ne peut pas résumer 80 ans de combat et de vie politique. Jean-Marie Le Pen avait 96 ans, il a fait de la politique pendant des décennies entières. On ne peut pas résumer Jean-Marie Le Pen à des propos condamnables, condamnés par la justice et précisément qui ont amené à une rupture politique à un moment donné entre Marine Le Pen, nouvelle présidente du Front National en 2015, et Jean-Marie Le Pen. Mais je n'aime pas qu'on réduise des personnes ou des personnalités à quelques polémiques, à quelques controverses. Je l'ai dit, je me suis exprimé sur ses propos.
Marine Le Pen elle-même s'est inscrite aussi en rupture avec des propos qu'a pu tenir Jean-Marie Le Pen, qui ont été condamnés par la justice. Mais à partir du moment où la personne n'est plus là, on respecte la personne. Et je pense que pour Marine, dans ce chagrin et dans cette peine immense qui la touche, c'est son père. Ça n'est plus le fondateur du Front National, ça n'est plus le président du Front National. Et encore une fois, si j'ai souhaité être à ses côtés, c'est d'abord et avant tout pour l'affection, l'amitié et l'amour amical que j'ai pour Marine Le Pen.
Je prends votre livre parce que nous allons parler un peu de cette amitié que vous avez avec Marine Le Pen. Dans votre livre, vous racontez les coulisses, par exemple, d'un meeting lors de la campagne des Européennes, ces appels de Marine Le Pen. Allons, je vais lire parce que c'est intéressant. On va voir les petits extraits à l'antenne. Ces encouragements, ces mots, pour bien comprendre ce qu'il vous lit. Ensuite, on ira plus loin dans les questions par rapport à Marine Le Pen. Marine tente un ultime appel après mon baptême du feu. Ces mots vont me donner l'élan nécessaire pour me lancer. Et ils résonneront en moi au long de l'émission.
J'ai oublié de te donner un dernier conseil, le plus important. Sois toi-même et souviens-toi qu'en politique, on ne transmet que la foi qu'on a.
C'était lors de ma première interview.
Je vous sens ému. Je ne connais pas plus que ça, mais je sens une certaine émotion.
Ça peut arriver parfois. C'était une journée dommage. C'était une journée qui était très difficile. Et c'est vrai que moi, je ne suis pas très à l'aise quand il faut parler. J'étais à l'aise dans le bouquin pour écrire un certain nombre, d'écrire des sentiments que j'ai pu ressentir. Mais je ne suis jamais très à l'aise quand je dois les exprimer à l'oral. Et c'est vrai que j'ai voulu raconter avec ce livre aux Français qu'au fond, derrière le combat politique, il y a des liens personnels. Il y a des sentiments qui parfois nous unissent, nous motivent. Et je raconte les coulisses de cette première interview.
Je me retrouve chez votre confrère Jean-Jacques Bourdin sur une chaîne concurrente, dans une grande matinale que tout le monde connaît. J'ai 23 ans, je viens d'avoir 23 ans. Et Marine Le Pen me jette dans le grand bain en me confiant la tête de liste aux élections européennes en 2019. En toute humilité, en toute modestie, je pense qu'aucun Français n'a entendu mon nom ou mon prénom à l'époque. Et je me retrouve très tôt dans une très grande matinale, avec évidemment beaucoup d'appréhension, beaucoup de stress avant.
Et je me rappelle, je raconte ce coup de fil de Marine qui me dit et qui me pousse avant en me disant « oublie tout et souviens-toi qu'en politique, on ne transmet que la foi que l'on a ». Cette phrase ne m'a jamais quitté. Et je pense que la politique, c'est des idées, mais c'est aussi des sentiments. Et la politique, c'est d'abord et avant tout un transfert d'énergie. On ne peut pas faire de politique si on n'est pas passionné, si on n'a pas des convictions, si on n'aime pas les gens, si on n'aime pas les Français.
Et je pense que ce qui fonde aujourd'hui la distance qu'il peut y avoir entre une partie de la classe politique française et les Français, c'est que les Français sentent que leurs dirigeants politiques ne les comprennent plus, parfois ne les aiment plus, et parfois font preuve d'une forme de dédain, d'arrogance ou de distance volontaire à leur égard. Moi, je me suis construit politiquement sur le terrain. J'ai grandi politiquement, j'ai grandi personnellement en Seine-Saint-Denis, j'y ai fait mes premières armes. Et j'ai un parcours qui est un parcours au fond que beaucoup de Français ont aujourd'hui. J'ai cette chance de porter l'espoir de millions de Français.
Ça a été le cas cette année, en 2024, lors des élections européennes, puis lors des élections législatives. Mais il est vrai que la confiance de Marine Le Pen à mon égard et l'opportunité qu'elle m'a donnée de faire de la politique font qu'on a un lien très fort et que j'ai aussi une dette envers elle et à son égard.
Alors, lien très fort, dette, porter l'espoir des Français. On comprend ce respect et cette reconnaissance, mais si le 31 mars, Marine Le Pen devient inéligible, est-ce que vous êtes prêts à endosser un nouveau rôle ? Est-ce que vous êtes prêts à la remplacer, peut-être, en tant que candidat à la présidentielle ? Êtes-vous prêts à cela ?
Je ne me suis jamais posé ce genre de questions.
Mais je vous la pose, moi.
Parce que, d'abord, j'ai une conviction, c'est que Marine Le Pen est innocente et que je refuse de croire qu'une décision de justice, en première instance, on ne parle pas d'une peine d'inéligibilité, on parle d'une potentielle, d'après les réquisitions, peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. C'est-à-dire qu'une décision de justice, contestée par beaucoup de spécialistes du droit et même beaucoup d'adversaires politiques, j'ai vu le ministre actuel de la Justice, avant-hier parlementaire de la République, M.
Darmanin, indiquer que le combat contre le Rassemblement National et le combat contre Marine Le Pen, je cite Gérald Darmanin, devait se faire non pas sur le terrain judiciaire, mais sur le terrain du débat démocratique. Et je ne veux pas croire qu'une décision de justice qui ne pourrait être contestée, sinon aller en appel pour contester l'inéligibilité, mais qui verrait l'exécution provisoire s'appliquer en amont, pourrait priver Marine Le Pen d'une quatrième potentielle candidature à l'élection présidentielle sur la base d'un désaccord administratif avec le Parlement européen sur la manière dont ont travaillé les assistants parlementaires.
On ne parle pas dans ce dossier d'emploi fictif, on ne parle pas dans ce dossier d'enrichissement personnel, on parle d'une différence d'appréciation sur le travail qui a été fourni par des assistants parlementaires de députés du Rassemblement National avec une enveloppe de fonds qui est de toute manière allouée aux eurodéputés du Rassemblement National. Donc, il faut être un peu sérieux.
Quand on entend des membres de la magistrature, quand on entend le procureur, s'agissant d'un des dossiers spécifiques, parler d'un eurodéputé qui est concerné par la procédure à côté de Marine Le Pen, dire « je n'ai pas d'éléments contre cet eurodéputé, mais demander la relaxe me ferait trop mal », ça veut dire beaucoup de choses. Et ça veut dire qu'aujourd'hui, une partie du corps judiciaire ne fait pas et ne juge pas de manière objective, ne fait pas du droit, mais fait de la politique avec des considérations qui sont des considérations partisanes en réalité.
Alors, j'entends bien ce que vous dites, mais vous n'avez pas répondu à ma petite question. Et vous savez que les gens qui nous regardent se la posent. Est-ce que vous êtes prêts, si, si, à prendre le relais ?
Mais madame, ça serait indécent de ma part de répondre à cette question. Parce que ce n'est pas le jour, parce que ce n'est pas le moment, et parce que je ne me projette pas dans ce type de scénario. Je veux dire, ma conviction, c'est que Marine Le Pen est innocente et que justice sera rendue à Marine Le Pen. Maintenant, si on empêche Marine Le Pen, et qu'on cherche à empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle, Marine Le Pen l'a dit elle-même, on peut empêcher quelqu'un, mais on n'empêchera pas ses idées.
Et je ne suis pas certain que la volonté qu'il peut y avoir derrière certains jugements de mettre hors d'état de l'un des responsables politiques au motif qu'on est en désaccord avec le responsable politique. Je vous rappelle qu'il y a une partie des juges, notamment ceux qui appartiennent au syndicat de la magistrature. Je ne mets pas évidemment tous les juges et tout le corps de la magistrature dans le même sac. Mais il faut se souvenir qu'il y a des juges qui appartiennent au syndicat d'extrême-gauche, le syndicat de la magistrature, qui ont épinglé des responsables politiques de droite sur ce qu'ils ont appelé le mur des cons.
Donc une partie de la magistrature, les Français le savent bien, ne juge pas en droit, mais fait de la politique. Donc encore une fois, nous attendrons cette décision le 31 mars. Et si une décision qui est contraire à ce que nous pensons être la bonne foi et l'objectivité est prononcée, eh bien nous ferons appel.
Est-ce que vous vous sentez porté par le fait de vendre plus de 200 000 livres ? Je le disais tout à l'heure, d'avoir frôlé le poste de Premier ministre, d'être personnalité politique préférée des Français, selon plusieurs sondages. Et à même pas 30 ans, qu'est-ce que cela vous fait ? Est-ce que ça suffit pour être, je reviens peut-être un peu dessus, candidat à la présidentielle par exemple ?
J'accueille la dynamique qui nous a porté en 2024, parce qu'il y a une dynamique incontestable. Premier parti de France aux élections européennes, 34% au premier tour des élections législatives, 37% au second tour des élections législatives. Il n'y a aucun parti politique, dans aucune démocratie occidentale, qui tutoie de tels résultats.
Et il est évident que les alliances contre nature, qui ont cherché à m'empêcher d'être Premier ministre, et qui ont tout fait pour écarter les 11 millions d'électeurs, qui ont voté pour un parti patriote, pour un parti souverainiste, pour un parti qui est de rupture avec la politique d'Emmanuel Macron, pour que ces idées-là soient portées au pouvoir, gagnent en réalité du temps. Mais le combat, je ne le mène pas pour moi, ce n'est pas un combat personnel que je mène. C'est un combat que je mène pour les Français, c'est un combat que je mène pour une cause, c'est un combat que je mène pour des idées.
Et je peux vous dire que, quand vous êtes dans la position dans laquelle je suis, vous ne prenez aucun plaisir à voir des résultats s'afficher sur un écran de télévision. Je les ai toujours accueillis avec beaucoup de modestie, et surtout avec une immense responsabilité.
Et chaque jour, chaque mois, chaque semaine, à chaque fois que je rencontre des Français qui sont dans la difficulté, dans les meetings, lors des séances de dédicaces, dans la rue, lorsqu'on discute avec des Français, lorsqu'on rencontre des agriculteurs, des policiers, des infirmières, des chefs d'entreprise, je peux vous dire que, quand vous échangez avec eux, et que les millions de Français vous confient leurs difficultés chaque jour, à chaque campagne électorale, à chaque fois que vous discutez avec des Français, vous ressortez de cet échange avec quelques centimètres de moins parce que vous avez sur les épaules le poids de la confiance de millions de Français.
Et je sais qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens, dont peut-être certains nous regardent ce soir, qui placent des espoirs très importants en nous. Et moi, je veux leur dire que, jusqu'à mon dernier souffle et jusqu'au bout, je me battrai pour les défendre, parce que je suis conscient de la responsabilité que nous avons sur les épaules. Et je peux vous assurer que, peut-être, ma plus grande douleur serait de décevoir les Français qui attendent de nous et qui croient en nous.
Alors, parmi ces beaucoup de gens qui vous regardent, qui croient peut-être en vous, ils s'interrogent sur votre inexpérience, sur votre jeune âge, ça vous est beaucoup reproché. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Que c'est un défaut qui passe vite et que je n'aurai pas 29 ans toute ma vie, heureusement ou malheureusement, mais que je fais en réalité à 29 ans ce que je devrais faire à 50. Parce que normalement, à 29 ans, bientôt 30, on n'est pas président du Rassemblement National. Et donc, j'ai grandi très vite. Vous savez, il y a une... Sans bien sûr me comparer, mais j'aime beaucoup l'histoire et j'aime beaucoup l'incarnation, la figure de Napoléon à qui on reprochait toujours son jeune âge, notamment pour mener la bataille d'Italie. Et Napoléon avait répondu « On grandit très vite sur le champ de bataille et j'en arrive ».
Et je peux vous assurer que les responsabilités que j'ai eues très tôt m'ont forgé une carapace, une solidité certaine et un petit peu d'expérience. Parce que ça fait maintenant bientôt 15 ans que je suis engagé en politique. J'ai commencé à l'âge de 16 ans. J'ai été élu régional, deux fois parlementaire. Et donc, je m'efforce d'être encore plus rigoureux que mes aînés, de travailler encore plus. – Alors, justement, – Et surtout de porter des convictions. Mais vous savez, je pense qu'en politique, l'âge n'est en rien un gage d'efficacité. Ce qui fonde l'efficacité, c'est les convictions et c'est surtout la capacité à comprendre ce que vivent les Français.
Et ça, c'est déterminant pour prendre les bonnes décisions.
– Vous écrivez dans votre livre « Adolescent », je cite, « J'étais passionnée par les débats politiques, je buvais leurs paroles ignorants. » Je cite, « Que ceux-là même s'apprêtaient à léguer un paysage politique en ruine. » Une question, Jordan Barnela, en quoi vous, à votre tour, n'allez pas décevoir des Français, ces Français en grande attente. Est-ce que vous vous sentez à la hauteur des attentes des Français ? Chaque jour qui passe, les attentes se font plus denses, plus lourdes, plus graves. En quoi, vous, des années plus tard, vous allez tout changer ?
– Parce que ce qu'on porte ne ressemble en rien à ce qui est mis en œuvre dans le pays depuis 30 ans.
Et que l'alternance et la rupture que nous portons est aux antipodes de la politique qui est menée depuis 30 ans sur le plan économique, sur le plan judiciaire, sur le plan migratoire, sur le plan sécuritaire, parce que nous comprenons la vie des Français et précisément si des millions de Français se détournent des partis politiques traditionnels pour voter pour le Rassemblement national, c'est parce qu'ils considèrent au fond qu'on comprend leur quotidien, qu'on comprend l'angoisse sociale de la fin du mois, mais aussi l'urgence vitale de la fin de la France et la douleur que ressentent des millions de nos compatriotes de ne plus reconnaître le pays dans lequel ils ont grandi.
Et parfois de se sentir étrangers dans leur propre pays. Et parce que, je vais vous dire, nous on travaille. Voilà, on travaille.
Mais Jordan Bardella, j'entends bien ce que vous dites et les Français ont l'habitude de vous entendre dire ça, que vous travaillez et que vous représentez les 11 millions de Français. En revanche, vous vous fracassez toujours sur le front républicain. Qu'est-ce que vous faites ?
Je ne suis pas certain que ça dure très longtemps. Ah oui ? Je crois que beaucoup de Français qui sont allés voter en juillet dernier contre le Rassemblement National parce qu'on leur a dit au fond qu'on n'était pas prêts, qu'on était dangereux, qu'on n'était pas compétents, qu'il fallait faire attention et qu'ils sont allés jusqu'à utiliser... M. Attal avait appelé à utiliser des bulletins de vote de la France Insoumise, parti politique que le président de la République considérait lui-même comme un parti provoquant l'antisémitisme et alimentant le communautarisme. D'après ces mots, dans le pays, les 15 jours auparavant se sont pris les pieds dans leurs contradictions.
Donc, je veux dire, on ne peut pas arrêter un peuple qui s'est remis à espérer. Et aujourd'hui, précisément, il y a un espoir considérable qui s'est levé dans le pays. Et au fond, l'histoire de notre pays, l'histoire de France est un théâtre permanent, une confrontation permanente entre des hommes et des femmes qui se sont accommodés du déclin de la France et ceux qui, précisément, ont dit non et ont voulu se lever pour redresser notre pays. C'est ce que Malraux appelait, gaulliste de la première heure, la force du non dans l'histoire. Eh bien, aujourd'hui, l'esprit de la soumission, l'esprit de la défaite, l'esprit de la France est trop petite, nous, nous le combattons.
Et donc, nous portons, effectivement, une offre politique qui, non seulement en France, n'a jamais été portée depuis 30 ans, mais qui, autour de nous, dans beaucoup de pays d'Europe, partout dans le monde est en train d'arriver au pouvoir. Et le temps presse ? Le temps presse. Le temps est sans doute notre pire adversaire. Dans les années 90, on a commencé à parler de la sécession des élites. Le mouvement, aujourd'hui, qu'on est en train de voir dans beaucoup de démocraties occidentales, c'est au contraire un mouvement de réappropriation de la politique par les peuples. Les peuples sont en train de se réveiller. Les peuples se réveillent aux États-Unis. Les peuples se réveillent en Italie.
Les peuples se réveillent en Suède, en Autriche, dans beaucoup de pays d'Europe. Les peuples font le choix, avec des partis politiques patriotes, souverainistes, de refaire de la politique et de remettre le peuple et les intérêts populaires au cœur des grandes décisions politiques. Moi, je veux juste dire une chose aux Français. Notre pire ennemi, c'est le temps qui passe. Et aucun Français n'ignore les difficultés du pays. Vous me dites, mais qui me dit qu'avec vous, ça sera différent des autres ?
Vous savez, les gens qui nous regardent, ils savent pertinemment que si demain, nous arrivons à la tête du pays, on ne va pas claquer des doigts et en 24 heures, le pays va reconnaître l'âge d'or des Trente Glorieuses. Les Français sont parfaitement conscients que si demain, nous arrivons à la tête de l'État, nous hériterons d'une situation budgétaire, économique, sécuritaire qui sera extrêmement difficile. Et vous savez, le général de Gaulle, dans le fil de l'épée dans lequel il théorise qu'est-ce qu'être un chef, il donne au chef deux qualités essentielles, l'autorité et l'instinct.
Et je crois que dans le temps qui vient, dans la période qui vient, les Français vont d'abord et avant tout se chercher des caractères. Le caractère, c'est la vertu des temps difficiles, disait le général de Gaulle. Et je crois que dans les temps difficiles que nous allons devoir affronter, où il ne reste probablement qu'une décennie à la France pour prendre le volant et trancher les grandes orientations sur ce que sera demain dans dix ans notre agriculture, notre industrie, notre économie, notre identité, l'école. Si on ne prend pas les bonnes décisions maintenant, demain, il sera trop tard.
Et moi, je ne veux pas un jour avoir à regarder les Français dans les yeux et leur dire que c'est trop tard.
Dans un instant, on va accueillir les chroniqueurs, les mousquetaires pour poser des questions sur différents sujets. Vous assistez dans votre livre Jordan Berdella sur vos origines, votre prénom, votre identité. Selon vous, l'immigration, est-ce qu'elle peut être une chance pour la France sachant que vous êtes d'origine italienne et algérienne et est-ce que vous-même, vous êtes une chance pour la France ? Ça vous fait sourire, ma question ?
C'est surtout la France qui a été une chance pour des générations de Français issus de l'immigration. Je ne peux pas mentir sur qui je suis. Dans mon prénom et dans mon nom, il y a à la fois mon origine sociale, mon origine modeste. J'ai grandi dans une cité HLM de Seine-Saint-Denis avec un papa qui travaille dans une entreprise, une maman qui est à Tsem, qui est en retraite depuis le 1er novembre, qui m'ont élevé avec des moyens modestes, avec des petits moyens et qui ont tout fait pour que, par mon travail, par l'effort, par les valeurs qu'ils m'ont transmis, je puisse réussir dans la vie.
Et au fond, dans mon nom de famille, il y a mon passeport et une identité qui est liée à l'immigration. Et j'explique aussi dans ce livre qu'il y a beaucoup de Français issus de l'immigration qui ont fait un effort exigeant en arrivant dans notre pays de devenir des Français non pas entièrement à part, mais à part entière. Et je veux aussi, moi, parler à ces millions de Français issus de l'immigration, peu importe le pays d'où ils viennent, qui aiment profondément la France, qui respectent les valeurs républicaines qu'on aura besoin de tous les Français pour redresser notre pays et pour renouer avec le fil de l'espoir.
Et le drame aujourd'hui, c'est que beaucoup de ceux qui arrivent aujourd'hui semblent dispensés de cet effort. Moi, ma famille issue de l'immigration italienne, quand elle est arrivée en France dans les années 60, elle a tout fait pour travailler. Elle a tout fait pour apprendre le français. Elle a tout fait pour respecter les valeurs de la République. Elle a tout fait pour se faire petit et se fondre dans la communauté nationale. Et il n'y a encore une fois aucune raison que les nouvelles générations qui arrivent aujourd'hui soient dispensées de cet effort. Donc, voilà, en citant Gary, je n'ai pas de...
C'est le goût de sang français, mais la France coule dans mes veines et je suis très fier. Et en faisant de la politique, je me sens aussi redevable à l'égard de la France parce que c'est un pays formidable, c'est le plus beau pays du monde. Et pour comprendre fondamentalement ce qu'est la France, il faut voyager. Il faut voyager non seulement à l'étranger pour se rendre compte de la façon dont on est regardé quand on dit qu'on est français, mais voyager aussi dans le temps et regarder derrière nous, ne pas oublier qui l'on est, ne pas oublier d'où l'on vient et savoir que nous sommes les héritiers d'une immense histoire et d'une immense culture.
Trois questions rapidement avant d'avoir est-ce qu'il y a un émosquetaire ? Première question, si vous pouvez me répondre assez rapidement pour qu'on puisse avoir l'accord parce que j'ai beaucoup de questions à vous poser. Pourquoi vous n'allez pas à l'investiture aux Etats-Unis, l'investiture de Donald Trump ?
Non mais pardon, je ne comprends pas cette mode. On a l'impression que c'est Walt Disney et que c'est la course pour aller se prendre en photo devant Donald Trump pendant son discours d'investiture. Moi j'ai un respect immense pour le patriotisme de Donald Trump et je vais vous dire, moi j'aime ces dirigeants politiques qui défendent l'intérêt de leur pays et qui défendent l'intérêt de leur peuple d'abord. Mais aimer le patriotisme de Donald Trump, ça ne veut pas dire être le vassal des Etats-Unis d'Amérique.
Trump va défendre l'intérêt des Etats-Unis, il va probablement être très dur sur le plan commercial avec la France et avec l'Europe et n'oublions pas que dans quelques jours on va sûrement être interpellé par nos agriculteurs ou par nos viticulteurs qui vont nous demander des justifications sur de potentiels droits de douane que pourrait mettre en place Donald Trump pour protéger la production américaine. Donc je veux dire, il faut garder à l'esprit et garder en vue cette idée de l'indépendance française. Moi je ne veux pas d'une France qui soit soumise à une puissance étrangère.
Quelle que soit cette puissance étrangère, il y a l'amitié partisane, il y a le respect pour les grands dirigeants politiques et Donald Trump en est un, mais je ne me sens pas obligé d'être à ses côtés ou de courir derrière Donald Trump. Maintenant nous avons été conviés conviés et mon groupe au Parlement européen qui est la troisième force du Parlement européen a été conviée donc il y aura une délégation d'élus mais moi je n'y serai pas.
Dans un instant je vais vous poser ma dernière question pour cette première partie ce sera est-ce que vous travaillez sur un prochain livre mais juste avant vous racontez dans votre livre aussi que vous êtes il y a toute une génération que vous avez fréquenté comme Sarah Knafou rue des Canettes tous les samedis soirs vous en parlez. est-ce qu'un jour vous pourrez vous rassembler travailler ensemble ?
Vous savez quand j'ai commencé à militer je fréquentais je le raconte dans ce chapitre qui s'appelle rue des Canettes beaucoup de jeunes de droite on se retrouvait tous les samedis soirs on regardait
Zemmour et Nolo c'était la belle époque
moi j'étais devant Zemmour et Nolo tous les samedis soirs et j'ai grandi aussi parce qu'on avait avec cette génération de jeunes de droite les mêmes références on regardait les mêmes émissions de télé les mêmes livres de chevet et peu importe le mouvement politique auquel on appartenait moi j'étais au Front National de la Jeunesse à l'époque certains étaient aux jeunes UMP d'autres étaient aux jeunes de Debout la République le parti de Nicolas Dupont-Aignan et on se retrouvait tous dans un esprit amical et convivial dans ces bars parisiens que nous avions fréquentés et on savait au fond qu'au delà des différences partisanes on finirait un jour par se retrouver et c'est la raison pour laquelle moi je mène un combat pour réunir ma famille politique pour tendre la main aussi à des gens qui pendant très longtemps n'ont pas voté pour le Rassemblement National mais venir leur dire qu'aujourd'hui tous les orphelins de la droite qui pendant très longtemps ont pu être des admirateurs du président Sarkozy de François Fillon peut-être du centre droit d'Emmanuel Macron que le déclin de la France il n'épargne aujourd'hui aucune catégorie sociale et donc l'urgence c'est de se rassembler et c'est de se rassembler derrière potentiellement ceux qui peuvent gagner or je pense que nous sommes aujourd'hui l'offre politique qui peut gagner et donc c'est la raison pour laquelle moi je tends la main et je veux rassembler toute ma famille politique au delà du Rassemblement National
ce livre est un livre confession c'est pas un livre programme est-ce que vous pensez écrire un autre ou bien vous êtes je sais pas rassasié de l'écriture j'en sais rien
j'ai aimé écrire
c'est vrai
je crois que l'écriture c'est dans un monde où on commente beaucoup l'actualité où une émission au fond en chasse une autre c'est la revanche du temps long j'ai aimé écrire j'ai aimé partager mes sentiments partager mes émotions mes doutes parfois j'ai aimé parler de mes idées et je suis tenté déjà de me replonger dans cet exercice donc ça a été un premier livre et ça sera certainement pas le dernier je me mets régulièrement maintenant et j'ai pris cette habitude depuis un an et demi quand j'ai commencé à écrire ce que je cherche
vous êtes un panodien quand vous êtes en train d'écrire le second
je gribouille sur un petit carnet qui ne me quitte plus depuis que j'ai commencé à écrire celui-ci mais il y aura très certainement un second livre je ne sais pas quand mais j'ai encore envie de parler au français de parler des français de parler de la France parce que c'est une passion et que au fond pour moi la France c'est peut-être une addiction
une addiction on marque une pause on reçoit les mousquetaires qui vont vous interroger sur différents sujets l'un après l'autre c'est parti à tout de suite
alors oui
on n'a peut-être pas le poids des géants américains
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retour sur le plateau de face à l'intro pour cette édition spéciale avec Jordan Bardella nos mousquetaires nous rejoins Gabriel Cluzel Charlotte Dornelas Marc Menon Mathieu Bocoté chacun à tour de rôle Jordan Bardella vous posera pendant 5 minutes chacun des questions sur des thèmes précis on commence par Mathieu Bocoté
alors vous avez dit il y a quelques minutes la France a 10 ans devant elle sinon elle risque de ne pas se remettre des maux qu'elle subit actuellement donc il y a une espèce d'horizon historique de 10 ans pour le redressement est-ce que la grande crainte finalement est-ce que la seule chose qu'on ne peut pas corriger premier élément c'est la mise en minorité démographique chez soi et 2 la question étant liée avec cela j'entends beaucoup la classe politique parler de la république la république la république sans cesse beaucoup moins de la France comme référence est-ce qu'il n'y a pas un lien entre les deux c'est-à-dire la France charnelle la France historique la France identitaire on en a perdu la trace est-ce que vous ne craignez pas cette mise en minorité de la France chez elle d'abord moi ce que je veux dire aux français qui nous regardent ce soir il y a toujours l'idée que la France elle est éternelle mais la France peut disparaître et je me suis replongé à Noël dans un bouquin qui est je crois clé pour comprendre d'où on vient et que toute personne qui fait de la politique devrait avoir lu c'est l'histoire de France de Bainville je l'avais lu quand j'ai commencé à faire de la politique avec un regard adolescent j'ai pas le même regard aujourd'hui comme adulte et je crois que la leçon de ce livre très pédagogique sur l'histoire de France c'est que à plusieurs moments de son histoire la France a failli s'éteindre guerre de Cent Ans disloquée en son sein par des guerres au sein même du royaume après Waterloo en 1815 en 1940 et aujourd'hui avec le péril migratoire notamment entre autres il n'y a pas que celui-ci mais à plusieurs moments de son histoire la France a failli disparaître la France a failli s'éteindre après la première guerre mondiale Paul Valéry dit cette phrase vous connaissez nous autres civilisations savons désormais que nous sommes mortels l'idée de la France ce que représente la France est éternelle et est immortelle mais la France physiquement dans ce qu'est aujourd'hui le peuple français peut disparaître et je l'ai dit tout à l'heure je pense que le sentiment le plus douloureux que peut ressentir un citoyen et que ressemblent des millions de français c'est celui de devenir étranger dans son propre pays et les vagues migratoires incessantes depuis plusieurs décennies la démographie hors de contrôle avec la chute de la natalité on n'a jamais fait aussi peu d'enfants en France que depuis la fin de la seconde guerre mondiale
on va en parler
couplé à une idéologie politique qui vise à nous faire oublier tout ce que nous sommes à déconstruire toute forme de racine de lien charnel ou d'identité fait peser la menace de la disparition de la France et moi je ne veux pas que la France disparaisse et je suis bien décidé à ce que la France continue de vivre et dans ce cadre là je dis aux français je pense que la décennie qui vient va être fondamentale les agriculteurs qui représentent non pas seulement c'est pas une activité économique c'est pas un métier c'est une part de nous-mêmes l'agriculture parce que ça a façonné la France l'économie française ça a façonné nos territoires quand des milliers d'agriculteurs descendent dans les rues du pays et disent on n'arrive plus à vivre de notre travail si on ne prend pas les bonnes décisions aujourd'hui dans 10 ans il n'y a plus d'agriculture en France l'agriculture peut se reconstruire une industrie peut se reconstruire une économie peut se reconstruire mais l'identité d'un peuple ne peut pas se reconstruire est-ce que c'est pas l'originalité du péril actuel mais je suis bien d'accord la Grèce il y a 10 ans on a dit sur le plan économique c'est terminé on a dit l'Espagne c'est terminé et puis 10 ans après ils ont réussi à se désendetter la France c'est la conjugaison du verbe être et du verbe avoir le verbe avoir les questions économiques on pourra toujours y remédier une taxe ça se change en 24 heures mais l'identité du pays à partir du moment où elle change alors ça n'est plus le même pays c'est un autre pays et pour avoir été je le raconte dans le livre ce voyage au Liban c'est un voyage qui m'a le plus marqué quand vous allez au Liban il y a un lien culturel, historique très fort entre la France et le Liban vous le savez quand vous repartez du Liban vous pensez à cette citation de Paul Valéry et vous vous dites au fond avec un déséquilibre démographique avec des flux migratoires très forts avec des conflits entre les différentes religions alors le Liban de demain ne sera plus le Liban donc c'est cette alerte que je veux lancer aux Français et je veux leur dire vous n'avez pas le droit de vous abstenir lorsqu'il y a des élections pour vous répondre sur la République la France a connu différents régimes au cours de son histoire marqués essentiellement par la royauté l'Empire la République la spécificité à la française c'est que me semble-t-il la République en France n'a jamais été désincarnée et ne s'est jamais construite contre la nation contre le général de Gaulle bâti la 5ème République c'est pas pour remplacer la nation c'est pour faire tenir la nation française debout la 3ème République après Michelet a réhabilité l'idée du roman national a remis au centre de la table vous savez les petits pays ce qu'on appelait les petites patries à l'époque la revitalisation des territoires c'était une réflexion qui était très régionaliste la République ne s'est jamais faite contre la France maintenant il est clair que beaucoup de nos responsables politiques n'ont que le mot République aujourd'hui à la bouche et là je pense à la magnifique tirade de Charlotte d'Ornelas sur le fait qu'aujourd'hui nos responsables politiques voudraient qu'on lise République qu'on mange République quand on est à l'étranger on se dit républicain non on se dit français ce qui fait le talent de notre pays ce qui fait la force de notre pays la puissance de la culture française à l'étranger c'est précisément notre art de vivre notre gastronomie notre langue et tout ça c'est français c'est pas républicain alors une dernière question vous avez parlé de ce désir de survie cet instinct de ce sursaut français que vous espérez que vous croyez incarné est-ce qu'il s'agit fondamentalement du même sursaut qu'on peut voir aux États-Unis avec Trump vous l'évoquiez en Autriche on le voit en ce moment en Grande-Bretagne avec le réforme de Farage en Italie avec Mme Mélanie en Allemagne avec la FD est-ce qu'au-delà de la diversité des partis c'est le même élan le même sursaut qui s'exprime oui je crois mais naturellement c'est pas la même évidemment on peut pas dire Trump égale Mélanie Mélanie égale Le Pen on peut pas mettre ces mêmes dirigeants politiques sur le même plan parce que la culture des pays est différente parce que la manière de faire de la politique le style le style Trump c'est le style Trump c'est charnellement américain c'est pas européen c'est pas français mais le mouvement vous en réjouissez pardon si la FD fait un bon score dans quelques semaines c'est une bonne nouvelle pour vous mais d'abord je suis pas là pour juger à la place des peuples mais à partir du moment où un peuple se détourne des élites politiques pour se réapproprier la politique pour dire on ne veut pas disparaître et d'ailleurs moi il y a une phrase de Nicolas Sarkozy qui m'a marqué il dit Trump a gagné parce qu'il a parlé de l'Amérique aux Américains c'est vrai Georgia Mélanie en Italie elle a gagné parce qu'elle a parlé de l'Italie aux Italiens et on a un peu le sentiment aujourd'hui qu'il n'y a plus aucun responsable politique qui parle de la France aux Français moi j'ai envie de parler de la France aux Français et le Rassemblement National a envie de dire que la France n'est pas vouée à disparaître et n'est pas vouée à être trop petite et encore une fois le peuple français il a droit non seulement à la continuité historique d'où l'importance de connaître l'histoire mais il a aussi droit d'épouser et d'embrasser un destin et peut-être l'écueil de notre famille politique et l'écueil de la droite patriote depuis très longtemps et de toujours avoir expliqué aux Français et à nos électeurs que c'était mieux avant il faut aussi leur dire que ça sera mieux demain et je pense que précisément ce discours de la fierté nationale de la fierté française que moi j'essaie de porter il peut s'appuyer sur un socle et sur des valeurs et sur une culture sur une histoire mais il doit aussi être capable de penser les grands défis de demain la démographie l'intelligence artificielle le climat l'environnement la défense des états-nations il y a beaucoup de grands défis au 21ème siècle que notre camp doit aussi investir et j'en parle dans le livre
Marc Menand
pardon vous m'aviez dit de faire des réponses courtes
oui je pense j'aimerais que tout le monde
vous assigne aux réponses courtes
non mais le temps passe vite Marc Menand a des questions sur la laïcité
oui et avec un point commun comme vous j'ai été dans la Seine-Saint-Denis j'ai enseigné dans la Seine-Saint-Denis bien des années avant que vous naissiez et en ce temps-là quand on descendait dans la rue il y avait une identité française il y avait une culture alors tout à l'heure ça a bien changé j'ai noté oui voilà aujourd'hui vous avez 26% de jeunes femmes qui se disent musulmanes qui portent le voile vous avez dit il faut et nous l'avons fait nous les générations précédentes nous avons fait un effort exigeant pour devenir français vous dites le Liban ne sera plus le Liban est-ce qu'aujourd'hui quand on regarde la France d'une fenêtre et que l'on voit toutes ces femmes voilées est-ce que l'on n'a pas perdu la France et que faites-vous demain pour que la France redevienne la France et que ces gens comprennent qu'une appartenance c'est d'abord être citoyen et ce n'est pas la charia que l'on souhaite comme 30% des gens comme avenir politique mais donc une identité et comment se l'accaparer
4 questions en une il faut faire court
la question la plus la plus complexe et la plus difficile maîtriser les flux migratoires ne réparera pas 40 années de politique d'immigration il est évident que la laïcité est aujourd'hui bafouée et que et c'est la différence de termes que j'ai avec Emmanuel Macron notamment l'islamisme aujourd'hui n'est pas un séparatisme ils ne veulent pas se séparer les islamistes de la société française ils veulent la conquérir pour y imposer leurs lois leurs modes de vie leurs us et coutumes moi je suis contre le voile je pense que le voile je respecte parfaitement le port du voile dans un pays de culture musulmane ça ne me pose aucune difficulté et en revanche en France je considère que le voile est un outil de discrimination entre l'homme et la femme et beaucoup aujourd'hui notamment dans les banlieues et notamment en Seine-Saint-Denis où j'ai grandi certaines portent le voile parce qu'elles y sont contraintes et que parfois le voile c'est un moyen à vos souhaits c'est un moyen de ne pas être embêté lorsqu'on rentre chez soi le soir mais de plus en plus c'est un outil d'affirmation de la culture islamique et un outil de contestation de la laïcité le premier chantier c'est d'arrêter l'immigration parce que si on n'arrête pas les flux migratoires on ne pourra pas régler le problème deuxièmement il faut mener une bataille non seulement administrative légale mais aussi culturelle contre l'idéologie islamiste il faut fermer les mots comment demain
je voudrais savoir aujourd'hui elle porte le voile moi je suis d'accord avec vous j'ai écrit la laïcité dévoilée et aujourd'hui on vous dit par exemple vous allez à l'école les jeunes filles ne portent pas le voile pour respecter la laïcité or en revanche dans la rue vous pouvez vous revenez avec le voile ça veut dire que la rue n'est plus laïque alors que faites-vous pour imposer la laïcité dans la rue
est-ce que ça vous est possible ?
d'abord moi je souhaite que le voile soit interdit des bâtiments dans lesquels on a une mission de service public mais dans la rue donc l'université d'abord commençons par mettre les choses dans l'ordre moi je pense que dans tous les bâtiments où il y a une mission de service public il ne doit pas y avoir de signes religieux ostentatoires et l'école c'est le cas depuis 2004 je souhaite que le voile soit interdit à l'université et je souhaite qu'il soit interdit dans les mairies et notamment dans les sorties scolaires et quand Bruno Retailleau c'est une conviction personnelle qui manifestement n'est pas populaire au sein de ce gouvernement dit qu'il faut interdire le voile pour les assistantes dans les sorties scolaires il a entièrement raison
vous ne croyez pas que dès lors qu'on a des endroits où on est dans la capacité de porter le voile les gens déraisonnent et disent mais pourquoi soudain j'ai plus le droit est-ce que la logique même de la laïcité c'est de dire il n'y a plus de voile vous faites un effort exigeant comme vous l'avez fait et c'est plus simple que ça pourquoi vous ne le faites pas
parce que je suis dans le réel et vous voyez j'ai connu ces territoires il faut bien comprendre qu'on parle de territoire puisque vous parliez de la Seine-Saint-Denis où dans beaucoup de quartiers la culture française la culture chrétienne est en minorité aujourd'hui et vous avez beaucoup de cités de Seine-Saint-Denis vous avez beaucoup de quartiers vous avez beaucoup de communes où la religion majoritaire c'est la religion musulmane donc vous ne traitez pas les problèmes de la même manière ici que sur un plateau de télévision donc moi je vous ai dit ce que je pensais du voile et je pense qu'il faut commencer par faire appliquer la laïcité dans tous les bâtiments qui expriment une mission de services publics il faut commencer par là je ne dis pas qu'il ne faut pas aller plus loin ensuite mais je veux dire politiquement à un moment donné il faut commencer par ça il faut fermer les mosquées radicales il y a plus de 500 mosquées radicales aujourd'hui en France elles ne sont pas fermées il faut expulser du territoire français les étrangers radicalisés il faut dissoudre toutes les associations qui ont refusé de signer la charte de la laïcité et qui se font les relais dans notre pays soit d'états étrangers comme c'est le cas avec la Turquie ou un certain nombre de pays du Golfe ou avec l'Algérie par exemple ou les porte-voix du fondamentalisme islamiste moi ce qui me choque c'est qu'on est plus faible à l'égard de l'islamisme que certains pays musulmans eux-mêmes et je vais vous dire moi je parle avec beaucoup de diplomates de responsables politiques de pays du Golfe de pays du Maghreb mais ils se marrent ils se marrent ils disent que nous sommes bien faibles avec des gens qui eux se font triquer dans les pays précisément lorsqu'il y a des attentats en Tunisie en Égypte on ferme immédiatement les mosquées radicales et on expulse du territoire des gens qui prêchent la haine et accessoirement on met les frères musulmans sur la liste des organisations terroristes mais quand vous avez une partie de la classe politique qui est à plat ventre devant le Hamas et qui a du mal à condamner les atrocités du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël alors effectivement c'est très compliqué nous nous avons cette volonté ça ne sera pas simple mais qui d'autre que nous pourrait le faire ?
Vous avez un rôle
au sein de l'Union Européenne Charlotte Dornelas Oui il y a une question on parlait des opinions de l'évolution des opinions et de leurs résultats électoraux et donc de l'évolution des gouvernements on a vu régulièrement les ministres de l'intérieur un peu partout en Europe demander certaines décisions à la Commission Européenne est-ce que vous constatez un changement ou une inflexion de la politique européenne sur certains sujets ces dernières années sous la pression justement populaire ?
Il y a eu un effet mécanique de notre victoire en France et de l'arrivée de beaucoup de partis patriotes au sein du Parlement européen moi je préside le troisième groupe du Parlement européen et je siège notamment aux côtés des Hongrois de Victor Orban ça ne s'est pas vu parce qu'il y a eu des élections législatives et on est très vite passé à un autre débat mais dès notre arrivée dans l'hémicycle dès les premières semaines l'Union Européenne a relevé les droits de douane sur les véhicules électriques chinois ça peut paraître anodin quand on passe de la question du voile en Seine-Saint-Denis à la question de la férotomie il peut y avoir un grand écart mais le sujet est fondamental parce que je vous disais qu'on avait une décennie pour agir s'il y a bien un domaine dans lequel notre pays doit relever la tête c'est celui de l'économie parce que la France décroche sur le plan économique moi je pense qu'il faut déverrouiller aujourd'hui toutes les contraintes qui pèsent sur la croissance et que la France ne peut pas être simplement une économie de consommation mais sur le domaine de l'automobile notre impuissance à protéger les filières françaises d'abord à les affaiblir avec l'interdiction les règles environnementales qui visent à interdire la vente de véhicules neufs thermiques à l'horizon 2035 couplé à une absence totale de droits de douane fait que nous avons laissé se délocaliser notre industrie automobile je vous donne un exemple très simple aux Etats-Unis sous Trump puis sous Biden on a monté progressivement les droits de douane contre les véhicules chinois à 30% puis à 100% l'Europe était à 10% pendant la campagne européenne nous avons fait campagne pour le rehaussement des droits de douane nous sommes arrivés au Parlement européen les droits de douane sont passés à 35% mais encore une fois vous savez MacArthur résumait les batailles perdues par deux mots trop tard et les prises de conscience des européistes sont bien tardives alors que depuis 10 ans nous défendons le protectionnisme nous défendons le patriotisme économique et on voit que progressivement nous sommes un peu au sein de cet hémicycle je dirais la force centrifuge et la force vers laquelle tout le monde regarde pour aller piquer les idées un peu au mauvais moment il faut bien le dire
Alors avant de venir sur la question des agriculteurs et sur la question du Mercosur il y a la question immigration puisque Frontex a sorti ces chiffres et c'est félicité d'avoir baissé le nombre d'entrées d'immigration illégale en Europe cette année notamment par le biais des décisions prises par Georgia Meloni soutenues par Ursula von der Leyen est-ce que là il n'y a pas une révolution carrément au sein de l'Union Européenne dans la manière de concevoir alors c'est que l'immigration illégale mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui s'infléchit au minimum
Non mais ce qui est certain c'est que la prise de l'arrivée au pouvoir dans beaucoup d'états de partis patriotes et ça a été le cas avec la coalition menée par Georgia Meloni en Italie à un moment donné pousse l'Union Européenne à céder pour une raison très simple c'est que Georgia Meloni elle est allée de son chef et elle-même rencontrer des chefs d'état africains et notamment au Maghreb pour négocier des accords et pour faire en sorte que les bateaux ne partent pas et que s'ils partent ils puissent être raccompagnés le problème de Frontex et je connais bien ce sujet puisque mon troisième de liste aux élections européennes c'est Fabrice Leggeri c'est l'ancien directeur de l'agence Frontex c'est un grand préfet français c'est un invité de la République et il s'est fait mettre à la porte par la Commission Européenne parce qu'il faisait son boulot et qu'il renvoyait les bateaux de migrants bon la Commission Européenne lui a indiqué que Frontex ne pouvait pas renvoyer les bateaux de migrants et que la philosophie et que l'idée générale de l'Union Européenne c'était précisément d'accueillir l'immigration il faut bien comprendre que pour eux l'immigration c'est pas un problème c'est un projet et donc tout ce qui est fait depuis des années avec l'Union Européenne vise non seulement à affaiblir les frontières nationales à accueillir les bateaux qui arrivent sur les côtes européennes et à financer des ONG qui font les taxis entre les bateaux de migrants et les côtes européennes je crois que la question de l'immigration doit se régler au niveau national mais qu'elle doit aussi se régler au niveau européen et qu'on doit faire en mer Méditerranée ou en mer Égée du pushback c'est-à-dire dire à ces bateaux et à ces personnes ne venez pas sur le sol européen parce que vous serez systématiquement reconduit et c'est vrai que cette idéologie qui habite les esprits de la Commission Européenne et qui vise à organiser notre propre submersion est complètement folle mais elle est contestée dans les urnes de plus en plus maintenant sur le plan européen moi je crois qu'il y a fondamentalement il n'y a que deux pays qui peuvent changer la construction européenne c'est la France et l'Allemagne et compte tenu aujourd'hui des dynamiques électorales il faut bien avoir que les gens qui nous regardent aient conscience que nous portons un espoir pour la France mais aussi pour toute l'Europe et que toute l'Europe nous regarde en réalité
Dernière question Justement une toute petite question sur le poids de la France au sein de l'Union Européenne on a vu au moment du Mercosur que la Commission Européenne faisait peu de cas de l'opposition pourtant bruyante cette fois-ci de la France sur le traité tel qu'il était aujourd'hui quelle serait votre réponse vous au pouvoir en tant que enfin au pouvoir en France à cette Commission Européenne qui clairement balaye nord vers demain l'opposition de la France
La chaise vide alors et si j'avais été Premier ministre j'aurais menacé la Commission Européenne de suspendre la contribution de la France au budget de l'Union Européenne en disant de manière très simple si vous ne respectez pas la France que vous ne respectez pas la deuxième économie de la zone euro l'un des pays fondateurs de l'Union Européenne et bien nous allons suspendre notre contribution au pot commun et accessoirement je crois que le Président de la République aurait dû faire ce qu'a fait le Général De Gaulle dans le cadre du sujet agricole dans les années 60 c'est faire la chaise vide c'est à dire ne plus aller au Conseil et faire respecter la voix de la France on a perdu le sens du respect de la voix de la France le sujet c'est pas rester dans l'Union Européenne ou sortir c'est commencer par défendre nos intérêts vous ne croyez pas que l'Allemagne défend ses intérêts sur la scène européenne on le voit sur la question de l'électricité moi je pense qu'il y a un sujet fondamental qui lie à la fois le pouvoir d'achat de ceux qui nous regardent et en même temps la nécessité de relancer la croissance c'est de retrouver un prix français de l'électricité il faut sortir des règles de tarification de l'électricité au niveau européen qui ont été bâties pour et au service exclusif de l'Allemagne pour nous permettre de bénéficier d'un atout historique qui a toujours été un atout français du Général De Gaulle à Nicolas Sarkozy c'est le nucléaire pour faire en sorte qu'on puisse retrouver un prix à la facture qui correspond à un coût de production et qui puisse nous permettre non seulement de faire baisser les factures d'électricité en France de soutenir la réindustrialisation et d'être compétitif demain dans le cadre de l'économie du numérique et de la connaissance
Gabriel Cluzel Oui vous l'avez dit tout à l'heure la natalité est en berne donc les chiffres sont sortis qui ont été publiés par l'INSEE nous sommes au plus bas depuis la dernière guerre quelles sont vos solutions j'ai compris que c'était un sujet majeur pour vous et que répondiez-vous à ceux qui disent que cela pourrait être une pompe aspirante en matière migratoire mécaniquement attendu que les familles qui y arrivent ont plus d'enfants que les français que donc la politique familiale hongroise dans un pays pré-migratoire ne peut pas être calquée sur la France qui est un pays post-migratoire si j'ose dire
D'abord moi sur le plan social je suis très je suis très strict je défends la priorité nationale je considère que pour bénéficier de prestations sociales il faut être de nationalité française je pense que la France n'est pas un guichet social et que la vocation de notre pays n'est pas de financer la protection sociale de toute la planète de gens qui viendraient dans notre pays pour bénéficier des prestations qui sont offertes et qui sont permises par le travail généreux des millions de français donc les allocations familiales pour moi elles doivent être réservées aux familles dont l'un des deux parents est de nationalité française deuxièmement je crois qu'il faut mettre en place une politique de soutien à la natalité les mesures qui ont été prises par le gouvernement socialiste de François Hollande en 2014 ont fait énormément de mal à la politique familiale et aux familles c'était la révision du quotient merci du quotient du quotient familial et ça a eu des conséquences notables sur les variables qui fait que aujourd'hui et si nous poursuivons les courbes en 2035 il y aura plus de décès que de naissances sur le territoire il faut savoir qu'aujourd'hui si les courbes ne se sont pas encore croisées c'est quasi exclusivement grâce ou à cause de la politique migratoire et de la présence d'étrangers sur le sol français donc il faut évidemment des mesures de soutien fiscal à la natalité il y avait aussi l'universalité des allocations familiales qui avaient été révisées par François Hollande et qui a fait beaucoup de mal moi je souhaite revenir sur ces mesures parce qu'il faut évidemment soutenir la natalité soutenir les familles mais à condition de soutenir la natalité française et pas de faire en sorte que notre pays soit l'hôtel de l'Afrique
Il nous reste une minute pour terminer
J'ai essayé de faire court
Une dernière question Gabrielle Cusel et on termine
Je voulais parler d'un sujet qui me tient à cœur les paysans hier sur une chaîne publique France Inter pour ne pas le nommer il y a un agent
de l'Office français de la biodiversité qui a comparé les paysans au dealer qui a dit finalement les paysans ne veulent pas de nous de chez eux mais c'est comme si les dealers ne voulaient pas des policiers chez eux alors on accuse beaucoup l'Europe de mettre la tête sous l'eau des paysans mais est-ce qu'entre bureaucratie et écologie la France ne se débrouille peut-elle pas très bien toute seule pour persécuter ses propres paysans ?
Ce qui est intéressant d'abord dans votre question c'est qu'on se rend compte qu'il y a beaucoup d'agences dont on découvre l'existence jour après jour des agences publiques qui sont payées par l'impôt de ceux qui nous regardent qui n'ont pas grand intérêt on a des agences pour la diversité pour la biodiversité pour la défense de l'environnement alors qu'on a un ministère de l'écologie et de l'environnement et toutes ces agences nous coûtent beaucoup d'argent et je crois qu'en cherchant des économies on pourrait s'appuyer là-dessus moi je défends nos agriculteurs je défends nos paysans parce que je ne veux pas que la France sur le plan alimentaire soit sous tutelle de l'étranger donc moi je me battrai toujours pour l'agriculture française et quand on voit les décisions qui sont prises notamment à l'Europe on se demande si en fait elles ne sont pas prises pour tuer nos agriculteurs
merci beaucoup Jordan Bardella pour cette émission je ne peux pas refermer l'émission sans vous questionner petite question subsidia j'espère que personne ne m'écoute sur votre barbichette virilité légitimité maturité
je laisse cette appréciation à vos téléspectateurs
merci pour cette réponse
je ne sais pas si je vais la garder encore c'est pas encore tranché
vous vous réfléchissez
je laisse le débat vivre
on suivra tout ça merci d'avoir été notre invité pendant une heure de cette émission face à l'info édition spéciale excellente suite de programme tout de suite Pascal Praud encore merci
Jordan Bardella