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interviewRCF — L'Invité de la Matinale· 18 février 2026 18 min

Comment permettre aux Français d'avoir le nombre d'enfants qu'ils désirent ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale. Les Français ne font plus d'enfants, ou en tout cas, beaucoup moins qu'avant. La natalité en France a atteint un niveau historiquement bas. Le solde naturel est négatif pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Le problème, c'est que notre modèle social, celui des retraites en particulier, est basé sur la démographie. Et pour tenter de remédier au problème, Clara, un rapport parlementaire propose une petite révolution.

Oui, sur la politique familiale, un rapport signé par votre invité ce matin, Jérémy Patrier-Lettus, député Horizon du Calvados. Bonjour, monsieur. Bonjour. Et merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Alors, avant de parler démographie, j'aimerais évoquer avec vous votre autre casquette du moment. Vous êtes président de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, commission dont on parle fréquemment sur cette antenne. Comment elle se passe, cette commission ? C'est peut-être la première question que j'ai envie de vous poser ce matin. D'accord.

1:06
Jérémie Patrier-Leitus

Écoutez, je ne vais pas la commenter sur votre antenne, mais je pense que, parce qu'elle est regardée par les Français, parce que les journalistes en parlent beaucoup, elle doit se dérouler dans un cadre digne et respectueux. Hier, j'ai fait une sorte de rappel à l'ordre du rapporteur, parce que je trouvais qu'on tombait dans le populisme et le voyeurisme. Je ferai juste un commentaire. Je pense que faire la transparence vis-à-vis des Français, c'est essentiel. Le service public audiovisuel, c'est de l'argent public, c'est 4 milliards d'euros par an. Identifier les manquements, les dysfonctionnements, c'est essentiel.

Faire la transparence, je le redis, vis-à-vis des Français, c'est essentiel, mais ça doit se faire dans un cadre digne, respectueux. Les salariés de l'audiovisuel public ne sont pas des sous-salariés ou des sous-citoyens. Même quand on fait une commission d'enquête, on respecte la vie privée des personnes et on respecte le secret des affaires.

1:53
Présentateur

Quelles sont les conditions, justement, de la dignité du débat ?

1:57
Jérémie Patrier-Leitus

Respecter les personnes qu'on a en face de nous. Se dire que faire la transparence, ce n'est pas tomber dans le populisme ou le voyeurisme. Se dire que quand on a un salarié du service public en face de nous, ou un ancien salarié, ce n'est pas un sous-citoyen, ce n'est pas un sous-salarié. Aucun salarié en France ne devrait voir ses indemnités de licenciement, son salaire révélés sur la place publique. Et je le redis, ce que je dis, ce n'est pas de la censure. C'est de l'argent public et oui, c'est les Français qui payent. Mais la transparence, ce n'est ni le voyeurisme, ni le populisme.

Et tant que je serai président de cette commission d'enquête, c'est-à-dire jusqu'au bout de cette commission d'enquête, je garantirais qu'elle puisse se dérouler dans un cadre qui soit digne et respectueux.

2:36
Présentateur

Sur cette antenne, effectivement, on essaye aussi d'apporter un peu de profondeur au débat. Et pour autant, un événement dans l'actualité a choqué certains de nos auditeurs pour l'entrée en carême hier. C'était le mercredi décembre, un moment important pour les chrétiens. France 2 a diffusé un documentaire qui s'appelle « La maman du bourreau », documentaire sur l'histoire de la maman d'un prêtre pédocriminel. C'est une fiction. Ça a pu choquer. Est-ce que vous comprenez que ça a pu choquer, Jérémy Patriellatus ?

3:03
Jérémie Patrier-Leitus

Je vais être transparent avec vous. Je n'ai pas vu ce documentaire, je n'ai pas vu ce reportage. Et j'ai une règle et un principe qui m'apparaît essentiel, c'est que je ne codemande pas ce que je n'ai pas vu. Donc, je le regarderai, je vous le dis très franchement. Et vous pouvez compter sur moi, comme je l'ai fait d'ailleurs depuis que je travaille sur le sujet public, à le dire, et bien le dire publiquement si je considère qu'il y a eu un manquement et un dysfonctionnement. Si je suis président de cette commission d'enquête, c'est bien parce que je souhaite faire de la transparence, identifier les manquements, les dysfonctionnements.

Mais je n'ai pas vu ce documentaire, je n'ai pas vu ce reportage. Et donc, je vais le révéler. Je dis aussi que le service public audiovisuel, ça permet le dimanche matin, pour celles et ceux qui regardent le jour du Seigneur, par exemple. Moi, j'ai travaillé avec le général Georges Lain sur le chantier Notre-Dame de Paris. J'ai participé à la restauration Notre-Dame de Paris. Et je veux aussi dire que s'il y a des manquements et des dysfonctionnements sur le service public audiovisuel, il y a aussi des millions de Français chaque dimanche.

Et je le dis sur votre antenne, qui regardent des émissions remarquables, notamment des émissions religieuses qui permettent d'apporter aux Français qui ont la foi dans notre pays, des émissions de proximité, parce qu'il n'y a pas tous les Français qui peuvent participer. Je le dis aussi parce qu'il faut être à la fois transparent, il faut être capable d'être équilibré aussi.

4:14
Présentateur

Si on rappelle aussi pourquoi vous avez lancé justement cette commission d'enquête, parce que peut-être qu'une part du débat qui a lieu en ce moment autour de cette commission d'enquête et du buzz, permettez-moi l'expression, qu'elle provoque régulièrement, c'est aussi qu'on ne sait plus pourquoi parfois elle a été lancée. Selon vous, pourquoi vous avez voulu, vous, la lancer ?

4:34
Jérémie Patrier-Leitus

Je vais vous répondre, mais je suis venu sur la scène pour parler de natalité.

4:36
Présentateur

J'en parle dans une minute.

4:38
Jérémie Patrier-Leitus

Non, non, non, mais je vous le dis parce que je me suis fixé une règle comme président de cette commission d'enquête et je l'ai fixée au rapporteur et j'essaye dans la vie comme dans la politique d'appliquer à moi-même les règles que je fixe. Et j'ai dit au rapporteur, j'ai dit aux députés de cette commission qu'une commission d'enquête, c'était important, c'était des pouvoirs très importants et que notre rôle, ce n'était pas d'aller commenter dans les médias une commission d'enquête qui est en train de se dérouler.

Donc, je vous réponds parce que vous m'interrogez, mais je pense que quand on préside une commission d'enquête, quand on est rapporteur d'une commission d'enquête, il faut être très mesuré dans ses expressions publiques. Le cadre de la commission d'enquête, tant qu'elle se déroule, c'est la commission d'enquête. Et donc, elle est là pour identifier les manquements, les dysfonctionnements, ce qui ne fonctionne pas, ce qui a dysfonctionné sur le pluralisme de l'information, sur les dépenses, sur les budgets. Moi, je suis attaché à l'audiol public, mais je suis exigeant, et j'en terminerai là, à la fois sur les dépenses et sur le respect du pluralisme de l'information.

Par exemple, hier, j'ai interrogé un producteur d'émissions politiques en lui demandant pourquoi l'ARCOM avait considéré que sur France 5, le pluralisme politique n'était pas assez respecté et avait adressé une lettre de rappel à France Télévisions, une lettre ferme.

5:48
Présentateur

Parlons démographie à présent avec vous, Jérémy Patry, là-dessus. Je le disais en introduction, les Français ne font plus d'enfants, ou en tout cas beaucoup moins qu'avant, ça inquiète. Vous avez publié la semaine dernière un rapport parlementaire dans lequel vous faites un certain nombre de propositions, mais vous dites notamment qu'il faut une révolution de la politique familiale. S'il faut donc une révolution, c'est qu'il y a un problème dans la politique familiale aujourd'hui en France ?

6:13
Jérémie Patrier-Leitus

Il y a un problème, vous avez raison, cette politique familiale, très généreuse, on parle de 110 milliards d'euros, on parle de 5% du PIB qui a été construite après la Seconde Guerre mondiale par le général de Gaulle. Il y a un problème parce que cette politique aujourd'hui, elle n'est plus efficace. Elle est incompréhensible pour les Français. Cette politique, elle s'est diluée au fil des ans, c'est-à-dire qu'elle a perdu de vue ses objectifs. Aujourd'hui, si vous interrogez des Français sur la politique familiale, ils ne savent plus très bien ce qu'elle fait, cette politique familiale.

Or, quand vous dépensez 110 milliards d'euros d'argent public, vous voyez, on est loin des 4 milliards de l'audiovisuel public, 110 milliards d'euros d'argent public chaque année, 5% du PIB pour une politique qui est une politique aujourd'hui illisible, qui a perdu de vue ses objectifs, c'est devenu une politique sociale. Or, la politique familiale, ce n'est pas une politique sociale.

7:04
Présentateur

Jérémy Patriolitus, justement, sur cette politique familiale, est-ce que le fait que François Hollande, notamment, au début de son mandat présidentiel, a sabré une partie des allocations familiales, là, il y a un point de bascule ? Où vous situez le point de bascule dans le temps ?

7:20
Jérémie Patrier-Leitus

Alors, c'est difficile à dire si la décision de François Hollande, c'est-à-dire de rendre conditionnelles les allocations familiales, c'est-à-dire qu'au-dessus d'un certain montant de revenus, niveau de revenus, vous n'avez plus les allocations familiales, c'est difficile de dire si c'est cette décision qui a entraîné la baisse de la natalité. Mais ce qui est certain, et c'est le sens des propositions que je présente aux Français, que je formule, c'est qu'il faut arrêter de penser que la politique familiale est une politique de redistribution de revenus, une politique sociale.

On a dans notre pays une politique sociale, et c'est l'honneur de la France, d'accompagner, d'aider celles et ceux qui sont face à des difficultés financières. Mais la politique familiale, et c'est le sens de la révolution que je propose, au sens premier du terme, elle doit se donner un seul objectif, permettre la réalisation du désir d'enfant des Français. La politique familiale, elle n'est pas là pour redistribuer les revenus entre les familles aisées et les familles les plus précaires de notre pays. La politique familiale, elle est là pour permettre à l'ensemble des Français, à celles et ceux peut-être qui nous écoutent et qui souhaitent avoir des enfants, d'en avoir.

La politique familiale, j'en termine là, elle doit se donner pour objectif le fait qu'en France, aucune famille, aucun couple ne renonce à un désir d'enfant qu'il a, qu'ils ont, pour des raisons matérielles, des raisons de logement, des raisons de mode de garde. C'est ça le sens de la politique familiale.

8:42
Présentateur

Oui, parce qu'il y a deux éléments. D'une part, les Français veulent de moins en moins d'enfants, mais d'autre part, les Français n'ont pas le nombre d'enfants qu'ils désirent. Pourquoi n'ont-ils pas le nombre d'enfants qu'ils désirent ?

8:53
Jérémie Patrier-Leitus

Vous avez parfaitement raison, et ce chiffre, il devrait nous alerter. Ce chiffre, il devrait faire la une de tous les journaux, de tous les médias. Les Français ont un désir d'enfant. Quand on interroge les Français, ils nous disent, nous souhaitons avoir entre 2 et 2,3 enfants. Sauf que ce projet d'enfant, il ne se concrétise pas. Et c'est là tout l'enjeu. C'est là tout l'objectif de la politique familiale. Il ne se réalise pas, pour aller à votre question, pour des raisons principalement de logement. L'enfant est devenu la variable d'ajustement de la crise du logement. Pour le dire plus simplement, vous ne faites pas d'enfant en cage.

Si vous avez une chambre en moins dans votre appartement ou dans votre maison, vous avez un enfant de moins. Et donc, tant qu'on n'arrivera pas à résoudre cette crise du logement, les Français continueront de renoncer à leur projet d'enfant. On pourra parler, si vous le souhaitez, des modes de garde. Si vous n'êtes pas certain de pouvoir faire garder votre enfant dans un environnement sûr et à des coûts abordables, à un budget soutenable pour le budget de votre famille, alors vous pouvez renoncer à votre projet d'enfant. Et puis, il y a des questions matérielles. Un couple avec deux enfants, au revenu médian, a 40% de pouvoir d'achat en moins qu'un couple sans enfant.

Donc, c'est tous ces freins à la natalité qu'il nous faut lever, auxquels il nous faut répondre. Et c'est le sens des propositions que je formule, les 37 propositions que je formule.

10:10
Présentateur

Et la mesure phare, la proposition phare, c'est la création d'un versement familial unique. 250 euros par enfant et par mois attribués sans condition de ressources dès le premier enfant et jusqu'à ses 20 ans. Alors, pour les potentiels futurs parents qui nous écoutent, ils se disent 250 euros par mois, c'est une bonne chose. Mais comment on finance ?

10:32
Locuteur

Vous avez raison.

10:32
Jérémie Patrier-Leitus

Vous avez précisé en introduction que j'étais un député Horizon, le parti d'Edouard Philippe. Il se trouve que nous sommes attachés aux comptes publics, à l'ordre dans les comptes, et que ce serait assez étrange qu'un député Horizon vienne vous expliquer ce matin qu'on va créer une dépense de 40 milliards d'euros supplémentaires alors que nos finances publiques sont exsangues et que nous essayons de réduire dans le pays les déficits et la dette. Cette mesure, c'est une mesure de simplification. Aujourd'hui, la politique familiale sur son aspect financier, c'est 14 aides budgétaires. Écoutez bien ce chiffre, 14 aides budgétaires différentes.

C'est-à-dire que quand vous êtes une famille, vous pouvez, en fonction de vos revenus, prétendre pas simplement aux allocations familiales, mais à 14 aides budgétaires différentes. On parle de simplification dans le pays, je pense qu'on a raison, on parle de lisibilité, et je pense qu'on a raison.

11:20
Présentateur

C'est quoi ces 14 aides ? Pour juste deux exemples, deux, trois exemples.

11:25
Jérémie Patrier-Leitus

Je ne vais pas vous faire la liste, mais par exemple, c'est des allocations familiales, c'est la prestation du jeune enfant, c'est toutes les mesures qui, à côté des allocations familiales, sont venues grossir le rang, par exemple, de cette expression, des aides budgétaires. Ma proposition, c'est de fusionner l'ensemble de ces aides budgétaires qui coûtent 30 milliards d'euros, l'ensemble de ces aides budgétaires à la famille, 30 milliards d'euros, et de créer un versement unique, universel, quel que soit le rang de l'enfant, le premier enfant, le deuxième enfant, le troisième enfant.

L'État n'a pas à dire que le troisième enfant des Français est plus important que le deuxième et plus important que le premier. Et l'État n'a pas à faire le tri entre les enfants. Le rôle de l'État, c'est d'accompagner les familles de France qui souhaitent avoir des Français dans la réalisation de leur désir d'enfant. Donc, c'est 250 euros par mois, par enfant, dès le premier enfant, quels que soient les revenus des familles. J'assume de dire que la politique familiale, elle doit être universelle, c'est-à-dire s'adresser à tous les enfants de France. Elle doit être simple et lisible et elle doit être stable dans le temps.

C'est essentiel parce que si on veut que la politique familiale ait une efficacité, il faut que les Françaises et les Français puissent se dire qu'elle sera stable dans le temps.

12:37
Présentateur

Cela ne risque-t-il pas de désavantager trop les familles modestes et pauvres ? Vous avez commencé à y répondre en disant que vous voulez quelque chose d'universel. Mais tout de même, il y a des familles pauvres et modestes qui risqueraient d'être pénalisées par ces versements familiales uniques.

12:49
Jérémie Patrier-Leitus

Alors, aucune famille ne sera pénalisée par ce versement familial unique puisque nous avons fait travailler des économistes, nous avons fait travailler les services. Elle ne sort pas du chapeau, cette mesure. Ce n'est pas 250 euros aux doigts mouillés. Pourquoi 250 euros ? Justement, parce que c'est le montant qui permet que cette mesure ne fasse que des gagnants. Pardon de cette expression. c'est le montant qui permet que chaque famille de France puisse bénéficier de cette mesure de 250 euros par mois. Je le redis et je le dis très solennellement parce que c'est un sujet sérieux. Il y a des Français, vous avez raison, les plus modestes qui peuvent se dire que cette mesure va les pénaliser.

Elle ne les pénalisera pas. Nous nous en sommes assurés. Il y a des économistes très sérieux qui ont travaillé sur cette mesure et qui nous ont garanti avec des calculs très savants que je ne vais pas détailler ici. Elle ne fera bien aucun gagnant. En revanche, aucun perdant. En revanche, elle fera des gagnants. Toutes les classes moyennes, vous savez, ces Français qui parlent souvent sur votre antenne, qui viennent dans nos permanences de députés et qui nous expliquent que c'est toujours les mêmes. Ils travaillent, ils paient des impôts mais ils sont toujours trop riches, pardon l'expression, pour avoir des aides mais jamais assez riches pour vivre correctement.

Ces classes moyennes qui aujourd'hui ne sont pas aidées par la politique familiale grâce à cette mesure de 250 euros par mois pourront être aidées et pourront être aidées significativement. Or, c'est celles et ceux, les classes moyennes de notre pays qui voient leur natalité baisser de manière la plus significative.

14:13
Présentateur

Dans ce rapport parlementaire, Jérémy Patriolitus, vous parlez aussi des grands-parents. Je m'y arrête parce que c'est intéressant aussi dans le modèle familial que cela représente. Cela veut dire que l'État vient un peu accompagner les familles en leur disant que les grands-parents sont aussi là pour aider les parents.

14:29
Jérémie Patrier-Leitus

L'État ne peut pas tout. C'est-à-dire que si on veut que les Français puissent avoir le nombre d'enfants qu'ils souhaitent, si on veut, dans une société comme la France, permettre de réaliser le désir d'enfant des Français, il faut que la politique familiale fasse sa révolution, il faut accompagner le logement, les modes des gardes, je ne vais pas y revenir, mais il faut que la société toute entière s'adapte au désir d'enfant des Français. C'est la responsabilité des entreprises, du code du travail et c'est aussi le rôle des grands-parents. J'assume de dire que les grands-parents ont un rôle dans l'accompagnement des Français, dans la réalisation de leur désir d'enfant.

On ne peut pas invisibiliser les grands-parents, c'est une figure essentielle des familles de notre pays, c'est pour ça que j'ai des mesures qui sont dédiées aux grands-parents parce que je pense que si aujourd'hui les familles sont mieux accompagnées dans leur projet d'enfant, sont mieux accompagnées dans leur parentalité, alors oui, elles réaliseront leur désir d'enfant et peut-être qu'elles arrêteront de renoncer à leur désir d'enfant supplémentaire pour dire simplement si vous avez deux enfants et que vous souhaitez un troisième enfant, si l'État garantit que les grands-parents, pour celles et ceux qui ont la chance d'avoir encore leurs parents, puissent les accompagner, ça peut être une manière de répondre aux freins.

15:42
Présentateur

Et justement, Jérémy Patriel et Tuss, vous parliez de mode de garde aussi tout à l'heure, quelles sont les propositions concernant les modes de garde ? Qu'est-ce qui peut changer ? Aujourd'hui, on sait qu'il y a beaucoup de parents qui n'arrivent pas à trouver de mode de garde, ils renoncent à un enfant puisqu'ils ont trop peur de ne pas trouver de mode de garde.

15:59
Jérémie Patrier-Leitus

Je suis attaché à la liberté de l'organisation familiale, c'est-à-dire que ce n'est pas à l'État d'aller dans les lits, dans les couches des Français de cette expression pour décider de la manière dont les familles doivent s'organiser. Donc moi, je suis attaché à l'universalité des modes de garde. Pour le dire très clairement, je ne soutiens pas le modèle allemand ou suédois qui dit par exemple que la première année de la vie d'un enfant, il n'y a aucun mode de garde et les parents doivent rester à la maison.

En revanche, quand on est attaché à l'universalité des modes de garde, on doit reconnaître qu'il y a un mode de garde qui n'est pas garanti, pas soutenu, pas accompagné par l'État, c'est le congé parental. Il y a des Français, des Françaises qui nous écoutent et qui aimeraient dans les premières années de vie de leur enfant rester à la maison pour pouvoir accueillir leur enfant et l'accompagner dans les premières années de sa vie.

Et c'est pour ça que je propose un congé parental largement soutenu par l'État, beaucoup plus important qu'aujourd'hui, non pas pour dire que l'ensemble des parents de France, comme c'est le cas en Allemagne ou en Suède, doivent rester à la maison les trois premières années ou la première année de l'enfant, mais de dire très clairement que l'État, il n'a pas à privilégier la crèche, la garde à domicile, les assistantes maternelles, plutôt qu'un congé parental qui permettrait aux parents de rester à la maison.

Donc je finance très clairement avec mes propositions un congé parental substantiel sur le plan financier qui permettra à celles et ceux qui nous écoutent qui souhaitent pouvoir accompagner leurs enfants à la maison les premières années de la vie ou les premiers mois de la vie d'un enfant, de le faire. Et puis j'ai des propositions très concrètes pour améliorer effectivement le fonctionnement de nos crèches, les assistantes maternelles et les gardes à domicile. Je le redis, je crois que si on veut garantir des modes de garde pour tous les enfants de notre pays, il faut soutenir l'ensemble des modes de garde, crèches, assistantes maternelles, gardes à domicile, congé parental.

17:44
Présentateur

Selon vous, quelles conséquences sur ce qu'on appelle la fécondité conjoncturelle, c'est-à-dire le taux de fécondité, peut avoir vos mesures ?

17:51
Jérémie Patrier-Leitus

Écoutez, c'est assez simple. Le désir d'enfant est à 2,1, 2,2, 2,3 enfants par femme. L'indice de fécondité est à 1,59. Je pense que si la politique familiale fait sa révolution, je pense que si les politiques se donnent pour objectif de réduire cet écart entre le désir d'enfant et l'indice de fécondité, on pourra accompagner le désir d'enfant des Français et réduire cet écart. Je suis convaincu qu'on a quelques années devant nous pour permettre de répondre à ce désir d'enfant empêché des Français.

18:23
Présentateur

Merci beaucoup, Jérémy Patriel-Etus. Je rappelle que vous êtes député horizon du Calvados et donc le signataire de ce rapport sur la démographie en France. Merci d'avoir été l'invité de la matinale. Merci d'avoir regardé cette vidéo.

Comment permettre aux Français d'avoir le nombre d'enfants qu'ils désirent ? — Jérémie Patrier-Leitus · Pourquijevote