Le regard de Sibeth Ndiaye sur Emmanuel Macron - reportage #cdanslair 08.10.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Ca s'est passé quand vous étiez à l'Elysée au début? Vous avez dit ça à E.Macron?
- 5:00OuverteRéponse partielle
La une du 'Point' cette semaine, en kiosque demain... 'Monsieur le président, sortez la tête haute', ça veut dire quoi? Partir avant la fin d'un mandat?
- 7:00OuverteRéponse partielle
Beaucoup de Français se sont fait cette réflexion, y compris certains qui sont contre cette réforme. Ca apparaît comme un reniement.
- 9:00RelanceRéponse partielle
Elle n'est pas réaliste au sens où elle coûte cher et va à rebours de ce que sont nos pays voisins et les exigences de l'étranger.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00S.NdiayeFait
« Il y avait cette envie de liberté dans l'engagement. Je suis vraiment convaincue que ce qui était en marche au début participait de cette forme d'horizontalité dont les citoyens avaient envie. »
- 2:30S.NdiayeFait
« Le fait de refuser, d'avoir très peu confiance dans les corps intermédiaires, particulièrement les organisations syndicales, les frictions de l'époque avec la CFDT, c'était des signaux d'une trop grande concentration des pouvoirs. »
- 4:30S.NdiayeFait
« Quand on arrive sur cette loi immigration, on n'est plus dans cet effort de conviction. On est un peu dans la paresse du sondage. »
- 6:30S.NdiayeFait
« Mon sentiment est que l'exercice du pouvoir, qui enferme toujours, qui parfois isole, a peut-être conduit à ce qu'il ait moins de gens autour de lui avec lesquels il puisse avoir des sparring-partners sans concessions. »
- 8:30S.NdiayeFait
« Pendant longtemps, on a dit des partisans d'E.Macron que c'était des Playmobil, tous identiques, tous le doigt sur la couture du pantalon. »
- 10:30C.BarbierFait
« La 1re erreur du président, c'est d'avoir emmené l'équipe de la victoire présidentielle en 2017 à l'Elysée. »
- 12:30F.GuinochetFait
« Depuis le début, E.Macron balaye les corps intermédiaires. Il était à l'écoute du patronat, mais côté syndical, ça a été terrible, notamment avec la CFDT. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
était la porte-parole du gouvernement. Au moment où E.Macron est lâché par ses anciens Premiers ministres, elle revient sur les erreurs qui ont créé à ses yeux des ruptures avec les Français et une méthode qui a conduit à l'isolement du chef de l'Etat. - Elle fut la fidèle parmi les fidèles.
Soutien de la première heure du candidat Macron, intransigeante conseillère communication puis porte-parole du gouvernement, S.Ndiaye a toujours fait preuve d'une loyauté sans faille envers le président. L'une des premières aussi à croire en une nouvelle façon de faire de la politique, le fondement du macronisme. - S.Ndiaye: Il y avait cette envie de liberté dans l'engagement.
Je suis vraiment convaincue que ce qui était en marche au début participait de cette forme d'horizontalité dont les citoyens avaient envie. On se rappelle des marches pour le climat qui étaient dans cette idée d'un militantisme plus libre et moins corseté. C'est ce qu'a voulu faire En marche! avec des comités locaux, avec une liberté et une fluidité que ne permettaient plus les organisations politiques traditionnelles à l'époque. - Des ambitions qui se heurtent vite à l'exercice du pouvoir. 3 ans après l'élection d'E.Macron, la société civile et le "en même temps" s'éloignent.
S.Ndiaye reprend sa liberté et commence à douter. - S.Ndiaye: Le fait de refuser, d'avoir très peu confiance dans les corps intermédiaires, particulièrement les organisations syndicales, les frictions de l'époque avec la CFDT, c'était des signaux d'une trop grande concentration des pouvoirs.
Une hyper verticalité, un pouvoir jupitérien, qui étaient en contradiction avec l'idée mouvementielle d'En Marche! - Sur la loi immigration, à droite d'E.Macron... - S.Ndiaye: Ce qui était important, au début, pour le macronisme, c'était la capacité à convaincre nos concitoyens, quand bien même ils penseraient autre chose.
Quand on arrive sur cette loi immigration, on n'est plus dans cet effort de conviction. On est un peu dans la paresse du sondage. "Les Français veulent que", "les Français estiment que", "l'extrême droite"...
Pour la contrer, on copie l'original. C'était trop orthogonal, pour moi, avec des valeurs fondamentales que j'ai au fond de moi. - Le président, lui, apparaît de plus en plus seul. - S.Ndiaye: Mon sentiment est que l'exercice du pouvoir, qui enferme toujours, qui parfois isole, a peut-être conduit à ce qu'il ait moins de gens autour de lui avec lesquels il puisse avoir des sparring-partners sans concessions.
Parfois, quand, à la fin d'une journée, vous avez des décisions difficiles, quand votre conseillère communication vous dit "tu as fait de la merde aujourd'hui", c'est violent, mais nécessaire. - Ca s'est passé quand vous étiez à l'Elysée au début? Vous avez dit ça à E.Macron? - S.Ndiaye: J'ai une parole très libre. - Aujourd'hui à la tête d'une entreprise de communication, S.Ndiaye reste attentive aux propos des anciens fidèles du président. - S.Ndiaye: Pendant longtemps, on a dit des partisans d'E.Macron que c'était des Playmobil, tous identiques, tous le doigt sur la couture du pantalon.
Quand, aujourd'hui, des partisans d'E.Macron expriment une vision différente de celle du président de la République, on crie à la trahison. Entre les deux, il y a un juste milieu.
Il est tout à fait du droit d'E.Philippe, de G.Attal et d'autres personnes de faire part de leur désaccord.
J'aurais préféré...
Si on avait un fonctionnement normal, ce type de désaccords auraient dû s'exprimer dans les cercles adéquats. Je ne sais pas si c'est ça qui existe encore. - La fin d'une ère, peut-être.
Malgré sa loyauté réitérée envers le président Macron, S.Ndiaye assure n'avoir aujourd'hui aucune envie de revenir en politique. - C.Roux: C.Barbier, votre réaction? - C.Barbier: C'est un témoignage sincère, franc et éclairé sur cette fin de règne crépusculaire du président Macron qui est aussi la fin du macronisme.
Maintenant, les volontés qu'il voulait rassembler sont dos à dos. La 1re erreur du président, c'est d'avoir emmené l'équipe de la victoire présidentielle en 2017 à l'Elysée. La conquête du pouvoir et l'exercice du pouvoir sont 2 choses très différentes et peut-être antagonistes.
Il aurait dû leur dire: "Merci. Vous m'avez porté au sommet. Vous avez été une équipe de conquête exceptionnelle, mais pour gérer le pays, les corps intermédiaires, les élus locaux et les fonctionnaires, j'ai besoin d'autre chose." - F.Guinochet: Depuis le début, E.Macron balaye les corps intermédiaires.
Il était à l'écoute du patronat, mais côté syndical, ça a été terrible, notamment avec la CFDT. Aujourd'hui, la CFDT est une pièce maîtresse, un élément stabilisateur. La ligne est toujours la même.
On fait la référence aux partis politiques, mais il y a quand même 600 000 adhérents à la CFDT, un peu moins à la CGT. Ce sont des éléments stabilisateurs importants dans notre pays. Des capteurs du monde du travail, également.
Ils ont été négligés, et pire. Ca a mis E.Macron en difficulté un nombre incalculable de fois.
Il a laissé éclore Des mouvements de colère annexes. Les syndicats sont débordés et ils se retrouvent en première ligne. On a un E.Macron, au moment des "gilets jaunes", complètement sur la défensive, comme un lapin pris dans les phares.
Et c'est le début des difficultés, parce qu'il n'a plus ses capteurs. - C.Roux: Une question pour M.Siraud.
La une du "Point" cette semaine, en kiosque demain... "Monsieur le président, sortez la tête haute", ça veut dire quoi?
Partir avant la fin d'un mandat? - M.Siraud: C'est organiser une sortie de crise, faire en sorte qu'une élection présidentielle se tienne dans un délai plutôt court, après les municipales, comme le préconise E.Philippe.
On a comparé ce qu'il a dit avec ce que dit J.-L.Mélenchon.
Ce n'est pas la solution insurrectionnelle ou de renversement. C'est organiser les choses. Pas mettre une pression sur le président, mais lui offrir la possibilité de remettre son mandat en jeu pour, s'il le souhaite, revenir à un moment donné, mais constater qu'aujourd'hui, il n'y a plus d'issue, plus de solution possible en étant avec E.Macron à l'Elysée. - C.Roux: On revient à vos questions.
Question. C'est ce que vous disiez, F.Guinochet. - F.Guinochet: Beaucoup de Français se sont fait cette réflexion, y compris certains qui sont contre cette réforme.
Ca apparaît comme un reniement. On a tous vu les images d'E.Borne sur le banc de l'Assemblée défendre cette réforme contre vents et marées. - C.Roux: Femme de gauche qui défendait cette réforme. - F.Guinochet: Oui, et qui expliquait qu'on ne pouvait pas faire autrement, que la situation économique de la France était telle que la décision était difficile mais qu'il fallait la prendre. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Elle n'est pas réaliste au sens où elle coûte cher et va à rebours de ce que sont nos pays voisins et les exigences de l'étranger.
Mais elle est réalisable. Elle n'est pas un leurre, parce que c'est une concession publique qui est sur la table. Pour la gauche, difficile de faire comme si ça n'existait pas.
Mais elle est à double fond. Quand on dit "suspension", qu'est-ce qu'on met réellement? Les petites retraites, les progrès sur l'égalité hommes-femmes...
Il faut redécouper. D'ailleurs, E.Borne le dit, elle parle des "modalités et conséquences d'une suspension". - C.Roux: Question. - M.Siraud: C'est le retour des Gaulois.
Emmanuel Macron