Nicolas Dupont-Aignan invité de l'Opinion (7 novembre 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteÉludée
Enfin une évacuation, mais pour les mettre où ?
- 1:01RelanceRéponse directe
Lesquelles ?
- 2:27OuverteRéponse partielle
Avez-vous trouvé un point d'équilibre entre mesures laxistes et répressives ?
- 4:40RelanceÉludée
Est-ce que ce n'est pas la loi de la modernité de faire qu'il y ait des gens qui rentrent et ressortent ?
- 6:42OuverteRéponse directe
Quel bon point lui dessernez-vous, s'il y en a un ?
- 7:42OuverteRéponse directe
Vous êtes un partisan de l'ordre, vous appelez au calme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« Des camps de migrants sont évacués ce matin dans le nord de Paris, en Seine-Saint-Denis. »
- 0:15Invité politiqueFait
« 'est de la fermeté. »
- 1:01PrésentateurFait
« Très intéressante, la mesure sur les trois mois de délai de carence. »
- 1:40PrésentateurPromesse
« Pourquoi moi je propose cinq ans ? »
- 2:00PrésentateurPromesse
« Supprimer l'aide médicale d'État et la remplacer par des soins d'urgence dans des dispensaires. »
- 2:56PrésentateurFait
« Il va augmenter l'immigration de travail par le système des quotas. »
- 3:17PrésentateurChiffre
« 260 000 légaux par an, c'est considérable, 120 000 demandes d'asile... »
- 3:24Invité politiqueChiffre
« ,4% de la population. »
- 3:36PrésentateurChiffre
« Il y a 100 000 naturalisations par an. »
- 4:09PrésentateurPromesse
« Il faut former des jeunes plutôt que d'aller les chercher à l'étranger. »
- 4:36PrésentateurFait
« Ça, c'est une vraie stratégie qui a tué la France depuis 30 ans. »
- 5:16PrésentateurChiffre
« Il y a 18% des jeunes qui n'ont ni emploi, ni formation, ni avenir. »
- 7:51PrésentateurFait
« La réforme des retraites va entraîner une baisse des retraites des salariés du privé et des fonctionnaires considérables. »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Nicolas Dupont-Aignan13 %
- ?10 %
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Bonjour
Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour Madame.
Vous êtes présidente de Boulas-France, députée de l'Essonne. Des camps de migrants sont évacués ce matin dans le nord de Paris, en Seine-Saint-Denis.
Le
gouvernement passe aux actes,
c
'est de la fermeté.
Enfin une évacuation, mais pour les mettre où
? Le
vrai problème de l'immigration aujourd'hui en France,
c
'est de traiter les causes. Or le gouvernement enfin prend conscience du problème et me rend raison ou nous rend raison à tous ceux qui disent depuis des années que
ça
ne peut pas durer comme ça. Simplement les mesures, j'allais dire les mesurettes qui ont été annoncées ne vont pas traiter le problème. Et je prends l'exemple des camps de migrants qui vont être évacués, je m'en félicite. Cela fait des années que je passe port de la chapelle et que
je
dis il faut faire quelque chose. Simplement, si on ne tarie pas le flux,
ils
se reformeront
ailleurs. Et donc ce que je demande et ce qu'il n
'y
a pas dans le plan,
c
'est le contrôle des frontières, c'est
la suppression
du regroupement familial, c'est la réforme du droit du sol, c'est de vrais délais de carence
sur les prestations sociales. On en parle, mais
à défaut de résoudre toute la question de l'immigration, le projet du gouvernement, vous le dites, va dans le bon sens.
Non, le projet du gouvernement est un projet de communication politique.
C
'est-à-dire que le gouvernement
réalise
que les Français n'en peuvent
plus. Et
le gouvernement se dit, il faut faire quelque chose. Simplement, il n'a pas compris
l
'ampleur du problème. Je dirais que c'est trop peu, trop tard. Alors bien sûr qu'il
y a
des mesures intéressantes.
Lesquelles
?
Très intéressante, la mesure sur les trois mois de délai de carence.
Et
pourquoi moi je propose cinq ans
?
Parce que Mme Buzyn nous explique, on va faire trois mois de délai de carence pour les prestations sociales pour les réfugiés.
Et
elle dit,
comme
je le dis depuis des années, mais ça n'interdira pas de soigner les maladies graves grâce à des soins d'urgence. Eh bien alors,
pourquoi
elle ne le fait pas pour la M.E. comme nous le proposons ? C'est-à-dire supprimer l'aide médicale d'État et la remplacer par des soins d'urgence dans des dispensaires qui permettront à la fois de soigner et d'éviter bien évidemment des épidémies, mais qui permettront d'arrêter le gaspillage. Donc ce que je veux dire,
c
'est que le gouvernement en fait, et d'ailleurs je m'en réjouis quelque part, nous donne raison, ouvre une première porte.
Mais
les Français, en voyant les mesures du gouvernement, vont comprendre
que
ce gouvernement est incapable de
résoudre le problème. N'a-t-il pas quand
même trouvé un point d'équilibre entre des mesures que certains jugent trop laxistes, comme vous, et d'autres qui estiment que c'est trop répressif ?
Mais non, il n
'y a
aucun point d'équilibre. Rien sur le regroupement familial. Rien sur le contrôle des frontières. Rien sur l'examen des demandes d'asile aux frontières, comme je le propose, dans des centres de rétention, c'est-à-dire qu'on serait sûr que les 4,70% qui sont déboutés ne restent pas sur le territoire. Et puis, il y a pire, il va augmenter l'immigration de travail
par
le système des quotas. Alors qu'il y a 5
millions... Il faut donc tout arrêter,
fermer les frontières, tout supprimer,
tout verrouiller. Il
faut d'urgence,
mais
d'urgence, fermer les frontières. Il ne s'agit pas d'immigration zéro. On est, reprenons les chiffres précis, parce que c'est une affaire grave, 260 000 légaux
par
an, c'est considérable, 120 000 demandes d'asile...
0
,4% de la population.
Mais non, mais ça, c'est du grand pipo. Ça, c'est le grand chiffre pour endormir les Français. Mais les Français voient bien, dans le métro, à l'hôpital, que ça ne veut rien dire, puisqu'il y a des naturalisations, il y a 100 000 naturalisations par
an. Le
chiffre des entrées régulières en France,
c
'est 0,4
%
de la population. Mais 250 000, reprenons, 250 000 par an, madame.
C
'est une ville considérable. En 10 ans,
ça
fait 2 500 000. C'est considérable. Ce sont des gens qui ne vivent pas sur la réalité. Aller dans les hôpitaux, aller dans le métro, aller dans le RER, c'est une submersion migratoire.
Donc,
on
ne
peut pas continuer comme
ça. Et ce
que je veux dire, c'est que c'est surréaliste d'entendre le gouvernement
nous
dire qu'il va recruter des couvreurs, qu'il va recruter des... Alors qu'il y a 5 700 000 chômeurs...
Vous
dites qu
'il
faut
former des jeunes plutôt que d'aller les chercher à l'étranger. D'ailleurs, je remarque que la Fédération du
bâtiment le dit.
Les entreprises,
dans leur ensemble, saluent plutôt ce
projet. Ah ben, les entreprises,
avoir des esclaves, oui. Qu
'est-ce que
vous appelez des esclaves
? Eh
bien,
au lieu de payer les gens et de mieux payer les gens
pour
qu'ils occupent des emplois, au lieu de supprimer l'assistanat et récompenser le mérite dans notre pays, on fait venir de la main d'œuvre malléable. Ça, c'est une vraie stratégie qui a tué la France depuis 30 ans.
Est
-ce que ce n'est pas la loi, effectivement, de la modernité de
faire qu'il y ait des gens qui rentrent, qui
ressortent ? Oui,
des esclaves, la loi de la modernité. Est
-ce qu'on n'est pas quand même dans un principe que le monde est ouvert et qu'il y a des arrivées
et des départs
? Venez dans les villes de banlieue, le monde est ouvert, les gens crèvent, on réduit les pensions des retraités. Ah oui, le gouvernement a baissé un impôt.
Le
seul impôt qui va baisser cette année, quasiment, c'est la taxe sur les titres de séjour. Non mais attendez. Je veux dire, il y a un moment, il y a 18% des jeunes, je voyais le chiffre hier dans un grand journal du soir qui n
'est
pas suspect d'être de mes idées, il y a 18% des jeunes qui n'ont ni emploi, ni formation, ni avenir.
C
'est 18%. On ne peut pas mettre en place des dispositifs de formation. Et je vois que Mme Pénicaud met en place un dispositif pour les migrants et les réfugiés, hébergement, on les loge, on les emploie. Et les jeunes des zones rurales qui sont en
train
de crever, on
les abandonne. Des
esclaves ou des dispositifs d'hébergement
?
On abandonne nos jeunes, on réduit l'APL, on a des universités surchargées et on nous explique qu'il faut faire venir plus d'étrangers. Eh bien moi, très bien, on va expliquer ça aux prochaines élections et il y aura un choix. Moi, je propose une autre politique. Et
la politique que je propose... Vous
fermez les frontières. Je
ferme les frontières, j'assimile ceux qui sont là, car il faut assimiler. Je revois l'aide au développement, car il faut développer l'Afrique. On ne s'en sortira pas s'il n
'y a
pas un vrai plan d'aide à l'Afrique. Et entre parenthèses, notamment sur l'aide médicale d'État.
Je
préférerais qu'on supprime l'aide médicale d'État et qu'on ait une vraie coopération médicale avec les pays d'Afrique, car ce serait plus utile de soigner les gens là-bas que de les faire venir en France pour les soigner. Donc,
il
ne s'agit pas d'un plan de fermeture, il s'agit d'un plan, au contraire, d'équilibre que je propose. C'est-à-dire, on assimile les étrangers qui sont sur notre sol, on s'occupe de l'Afrique, et parallèlement, on bloque l'immigration, car on ne peut plus accepter tant de migrants.
Emmanuel Macron est arrivé à mi-parcours de son mandat. Quel bon point lui dessernez-vous, s'il y en a un
? Pas
beaucoup. Un bon point de communiquant politique et de propagande.
C
'est-à-dire qu'on n'a jamais vu dans notre pays une telle propagande en faveur d'un chef d'État. D'ailleurs, au point que les Français...
Qu'est-ce que
vous appelez propagande ?
Propagande, c'est un système médiatique dans l'ensemble qui nie, qui fait un déni de réalité. Mais l'opinion commence à changer. Moi, je pense qu'Emmanuel Macron sera battu en 2022 à plate couture. Et nous ferons tout...
Par
qui ? Ah, on verra, par le meilleur. Le meilleur, c'est-à-dire que je crois vraiment que ce pouvoir est aux abois. Et sur l'insécurité, sur l'emploi, la misère, les dernières mesures d'indemnisation chômage, la réforme des retraites sera son tombeau.
Parce
que les Français vont commencer à comprendre que la réforme des retraites est vraiment la dernière étape de la paupérisation
du pays. Alors justement,
c'est un univers social compliqué qui se profile pour
le gouvernement,
avec des manifestations, des grèves. Vous êtes un partisan de l'ordre, vous appelez au calme
?
Mais au calme, mais je demande au gouvernement de changer de politique, car le pays va exploser. La réforme des retraites va entraîner une baisse des retraites des salariés du privé et des fonctionnaires considérables.
Je
publierai le 19 novembre un plan alternatif, car je veux proposer autre chose. Il faut absolument garder les 25 meilleures années. Car avec le système à points, l'ensemble des Français vont perdre énormément. Et ils commencent à le comprendre. Et d'ailleurs, on voit bien que le gouvernement est très embêté, parce qu'il est en train de rétro-pédaler sur les retraites. Parce qu'on ne peut pas condamner un pays à la misère. Et j'aimerais qu'au contraire, il y ait une politique économique de baisse des charges sur les PME qui investissent en France. Pour moi, le salut du pays, c'est de baisser les charges sur les PME, de baisser les impôts massivement, mais uniquement,
uniquement,
sur ceux qui investissent et produisent en France. C'est du « made in France ». C'est la seule solution.
C
'est ce que fait Trump aux États-Unis et qui a marché.
Vous
le dites, il y
a
un moment où ça va péter,
pour
employer
vos termes.
Je
ne souhaite
pas. C
'est aussi le discours
de Philippe Martinez ou de Jean-Luc Mélenchon.
Oui,
et alors ? Ce n
'est
pas le problème. Moi, j'aimerais qu'on sorte de la crise par des mesures raisonnables. Je crois qu'on peut baisser les charges des entreprises,
qu
'on peut renforcer le produit en France, qu'on peut recréer un dynamisme économique qui permette de payer les prestations sociales. Le gouvernement fait tout l'inverse. Il a réduit les impôts des plus riches. Il n'y
a
pas d'irrigation sur le terrain. Et il s'attaque maintenant encore plus aux retraités,
aux
classes moyennes. Eh bien, quand un pays n'a plus d'intérêt à travailler, quand un pays n'a plus d'intérêt, quand il est pressuré de partout, il y
a
un moment où ça pète. Et j'aimerais que le gouvernement le comprenne avant que ça pète. Voilà. Moi, je ne me réjouis pas de voir le pays paralysé, loin de là. Je ne suis pas M. Martinez ni M. Mélenchon. Je dis simplement qu'il
y a
une autre politique économique à conduire et une autre politique sociale. Et que ça va
avec
la politique migratoire. Car on peut faire à peu près 20 milliards d'économies sur la politique migratoire. Et les redistribuer en pouvoir d'achat.
Un mot des municipales, qui se profilent également. Vous avez longtemps appartenu au RPR, à l'UMP. L'investiture de Rachida Dapti à Paris, vous en pensez quoi
?
J'attends de voir ce qu'elle va proposer. Je n'en pense rien pour l'instant. J'attends de voir ce qu'elle va proposer. Vous savez, je me méfie beaucoup des effets d'annonce. Et je crois que dans la vie politique, les gens ont besoin de sérieux. Donc, je verrai le programme. Et nous verrons le programme.
Vous jugerez sur pièce.
Oui, bien évidemment. Parce que
je
ne crois pas que les municipales soient un scrutin national. Contrairement à ce qu
'on
dit. Aux municipales,
les gens...
Quelle sera
la
position de Debout la France ?
Des alliances avec le
Rassemblement
national au cas par cas ? Il n'y aura
pas d'alliance générale. Je les ai refusées. Parce que, pour moi, un maire,
c
'est une équipe, une personnalité, un projet. Et au niveau local, même moi, dans ma ville où j'étais réélu à 80%, je ne me présentais pas en Debout la France. J'étais le maire de hier.
Je veux dire par là, arrêtons de politiser. Les villes, selon les villes.
Au cas par cas.
Merci Nicolas Dupont-Aignan.
Nicolas Dupont-Aignan