RENCONTRE AVEC SABRINA AGRESTI-ROUBACHE, DÉPUTÉE DE LA 1ERE CIRCONSCRIPTION DES BOUCHES-DU-RHÔNE
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis, bonsoir et bienvenue dans cette nouvelle émission à l'EHTV. Ce soir, nous avons le privilège et l'honneur de recevoir la députée de la première circonscription de Marseille, Sabrina Agresti. Bonsoir, Sabrina.
Bonsoir. Et j'aurai bien sûr l'honneur d'animer cette émission avec le grand, le célèbre, le fameux Mathieu Pigny. Merci Thierry.
Bonsoir à tous. Bonsoir, Sabrina, et bienvenue. Bonsoir.
Alors, Sabrina, vous êtes élue députée depuis quelques mois. Bonsoir, j'ai envie de vous poser une question. Première question, quelle est votre réaction quand on arrive au Parlement, quand on découvre ces lieux ?
Alors, la première réaction, en tout cas la mienne, c'était l'entrée en fac. L'entrée en fac, vraiment, c'était assez scolaire. J'ai trouvé ça alors scolaire, parce qu'il fallait de l'organisation.
J'ai trouvé ça émouvant, parce qu'on est quand même au cœur de ce que peut représenter de plus beau notre République, donc le Parlement. Et j'ai trouvé ça drôle, parce que je voyais tout le monde en réalité au même niveau. Les députés NUPES, Nous Renaissance, les RN aussi, les LR, les autonomistes corse.
Donc, on était tous logés à la même enseigne. Et j'ai découvert une organisation extraordinaire, c'est-à-dire ce que la France peut montrer de plus beau dans la gestion de ces institutions. Des huissiers aux petits soins, des personnels absolument remarquables, physionomistes, qui voyaient tout de suite...
Moi, j'étais un peu perdue, donc on me récupérait dans l'école, on me disait, non, c'est de l'autre côté qu'il faut aller. Donc voilà, donc ça, et puis moi, très émue en réalité, beaucoup d'émotions. J'en profite pour vous féliciter, Sabrina d'ailleurs.
Et quel est le rôle d'un député ? Le député, alors, le rôle d'un député, c'est de faire la loi. Alors, vous m'avez posé la même question que ma fille, donc je vais vous...
Oui, oui, oui, oui, je ne suis pas journaliste. Elle a 13 ans. Mais c'est une excellente question, parce que je pense qu'on ne le dit pas assez.
Le député, donc, à l'Assemblée nationale, fait la loi, vote la loi, fabrique la loi. Moi, je siège, alors j'ai l'honneur de siéger à la Commission des lois. À la Commission des lois, on voit passer, bien, par principe, toutes les lois.
Et le travail du parlementaire, c'est de faire remonter, on va dire, le son de la rue, essayer de comprendre ce qui ne va pas, essayer de comprendre ce dont les gens ont besoin, mais ce qui va aussi, ce qui marche, et de le reformuler en loi, donc pour qu'on ait des décrets, des lois. Et c'est ce que je trouve, voilà, et ça je le reprécise, une totale séparation entre le Parlement et l'exécutif, et donc le gouvernement. Une autonomie absolument incroyable.
Donc le rôle du parlementaire en France est, justement, d'alerter, de fabriquer la loi, de faire attention aux institutions. On auditionne les ministres, ça paraît bizarre, mais c'est vrai, on auditionne les ministres. Les ministres doivent venir s'expliquer quand il y a des problèmes, quand ils veulent faire passer quelque chose devant le Parlement.
Donc voilà ce qu'est le rôle d'un député. C'est très intéressant. Et alors, cette notion de territoire, quel est son rôle sur le territoire, finalement ?
Alors là, vous êtes sur le 11 et 12e arrondissement. Et un petit bout du 10. Un petit bout du 10.
Un petit bout du 10. Quel est son rôle au niveau du territoire ? Ou est-ce qu'il ne fait que les lois ?
Non, non, non, il ne fait pas que les lois à Paris, il est proche des gens. Le député, moi, je le vois, les gens m'écrivent. Donc c'est en réalité le premier échelon vers lequel le citoyen se tourne quand il a un message fort à faire passer.
Typiquement, sur le handicap, quand on estime que telle zone n'est pas suffisamment dotée en accessibilité pour les personnes en situation de handicap, on nous fait remonter les situations de discrimination, on nous fait remonter les difficultés financières, on nous fait remonter tout plein de sujets. Et notre rôle, en tout cas, moi, je le perçois comme ça, c'est de comprendre ce dont ils ont besoin et comment répondre au mieux en réalité par la loi. Ou peut-être, et ça m'arrive souvent, en alertant les autorités, le préfet de région, moi, typiquement, M.
Mirmand, le préfet à l'égalité des chances, Laurent Carrier, la préfète de police, Frédéric Camilleri. Donc c'est vraiment d'être l'intermédiaire entre le carrefour entre la population, donc vraiment les citoyens, les Français, donc moi, typiquement, les Marseillais, et Paris, comme on dit. Donc c'est l'échelon intermédiaire.
Et Sabrina, justement, vous avez vous-même des projets sûrement, parce que vous ne pouvez pas qu'écouter le son de la rue, mais aussi, peut-être mixer, en tout cas, avoir vos propres morceaux à proposer. Oui, absolument, c'est ça. Moi, j'arrive quand même avec des idées, parce qu'on n'est pas dénué, on a fait une campagne, donc on arrive aussi avec quelques convictions, et heureusement pour nous.
Et comment, en fait, répondre aussi au-delà, comme vous le dites, du son de la rue, qu'est-ce qui est le mieux pour l'intérêt général ? Qu'est-ce qui est le mieux pour le pays ? Parce que souvent, les intérêts individuels ne correspondent pas à l'intérêt général.
Donc moi, j'ai des sujets, la sécurité, l'insécurité, la lutte contre l'insécurité. J'ai comme sujet, par exemple, le logement. Le logement, parce que je trouve que c'est l'un de mes sujets prioritaires, puisque j'avais comme délégation à la région la lutte contre les violences faites aux femmes et le harcèlement scolaire.
Et je vois bien que le premier sujet, quand les femmes ne partent pas de chez elles, c'est parce qu'on ne sait pas où les reloger. Donc j'ai quelques sujets. La santé, j'ai envie de faire passer des amendements, proposer des choses, même des projets de loi pour nos infirmières, qui, je trouve, font un travail remarquable depuis des années.
On n'a pas attendu le Covid pour savoir qu'en France, on avait un personnel médical exceptionnel. Donc voilà, j'arrive aussi, oui, avec des envies. Et ce n'est pas forcément ce dont on m'a parlé, mais je regarde, je suis comme tout le monde, je suis confrontée à la vie de tous les jours, dans les embouteillages, à l'hôpital.
Donc voilà, c'est aussi de se dire de là où je viens, de la vraie vie, comment est-ce qu'on peut améliorer ceci ou cela ? Et comment dire aussi, quand parfois ça marche, c'est super, on a réussi des choses. Très bien.
Donc ce lien entre effectivement la loi et puis le terrain et le territoire. Merci pour cet éclairage. Alors, on va revenir sur un terrain national.
Je sais, Sabrina, que vous avez fait partie d'un voyage officiel présidentiel en Algérie. On est devant une préoccupation majeure des Français sur le prix de l'énergie. Est-ce qu'on va avoir assez d'énergie ?
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce voyage en Algérie ? Comment ça s'est passé ? Alors, ce voyage en Algérie a été, et je le dis puisque je l'ai écrit de toute manière, j'ai fait quelques interviews avant vous, par le président magnifiquement bien mené.
Nous avons été reçus comme rarement, en fait, on reçoit une délégation officielle. Donc, je vais raconter l'anecdote. On a été escortés, parce que c'est le mot.
Donc, l'armée de l'air algérienne a escorté l'avion présidentiel. Donc ça, c'est un signe pour moi de diplomatie et de réchauffement concret des relations. Tous les sujets ont été posés sur la table.
Tous les ministres nous ont accompagnés. Donc, nous étions une délégation de parlementaires, mais de ministres aussi, et de grands chefs d'entreprise qui nous accompagnaient dans l'avion. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanel, la ministre de la Culture, Rima Abdelalak.
Donc, on n'a eu aucune gêne à parler de tous les sujets. Le président garde, évidemment, confidentiel les choses qu'ils se sont dites avec le président Tebboune. En revanche, ce que je peux dire, c'est que l'Algérie est un pays, c'est à deux heures de Marseille.
On a fait deux heures et quart d'avion. C'est un pays, qu'on le veuille ou non, proche, frère. En Algérie, il parle beaucoup plus français que ce qu'il ne parle anglais.
Moi-même, je parle couramment arabe. Et ce que je peux dire, c'est que tout ce qui s'est passé là-bas va nous servir, nous venons de gagner probablement 10 ans en diplomatie. Et pour revenir sur la crise énergétique, on n'a pas connu de crise depuis 75 ans.
Le président l'a dit, c'est la fin des évidences, de l'abondance et de l'insouciance. Mais il n'a pas dit, comme certains ont voulu l'interpréter, que les Français, tous les Français vivaient dans un confort absolu. Il a dit, maintenant, on va devoir, bien sûr, regarder de près ce que nous consommons, la manière dont nous consommons, la manière dont nous vivons, la manière dont nous consommons tout, l'énergie, les soins, comment nous nous comportons dans la société.
Et ce qui est sûr, c'est que nous sommes dans le pays le plus protecteur du monde. Moi, je n'ai pas vu de pays aussi protecteur. Et les relations avec l'Algérie sont tellement importantes que j'avais répondu une chose simple.
Nous n'avons pas attendu la crise énergétique pour discuter avec l'Algérie. J'ai bien vu qu'en termes de diplomatie, tous les efforts pour nous accueillir de la manière la plus exceptionnelle possible ont été faits. Nous, le leur devons.
Ils nous le doivent aussi. Et Marseille, c'est à deux heures. Donc, moi, je l'ai dit de manière très ouverte, je préfère que nous allions discuter avec l'Algérie et nous servir en Algérie et faire, comme on dit, du business communément avec l'Algérie plutôt que l'Azerbaïdjan, clairement.
Très bien. Donc, positif, positif pour la crise énergétique. Extrêmement positif, mais pas seulement sur l'énergie, sur la culture, puisque la ministre de la Culture nous a accompagnés, la ministre des Sports.
Donc, vous savez, c'est le soft power français. Donc, nous avons fait, là-bas, c'était du soft power. Les soirées sont agréables ?
Vous faites de l'ambiance ? Ah oui, moi, je suis plutôt bonne vivante. Donc, même dans les tables très institutionnelles, j'arrive toujours à essayer de détendre l'atmosphère et puis de discuter de sujets sérieux.
Bien sûr. Je le dis toujours, on peut être très sérieux, mais tout en étant détendu, je pense que se prendre au sérieux pour un parlementaire ou même pour un homme ou une femme politique, c'est le début de la fin. Donc, restons quand même ouverts, détendus.
Et ce voyage en Algérie, en tout cas, pour moi, aura été, restera gravé dans ma mémoire très longtemps. Et juste une question, je vais vous dire comme ça, parce qu'on ne sait pas trop, on n'a pas l'habitude de ce type de voyage, mais vous ne partez qu'avec le parti majoritaire ? Pas du tout.
Pas du tout. Alors, le président de la République a eu la merveilleuse idée d'accompagner, donc dans ma délégation de parlementaires, nous avions des députés d'UPS qui siègent dans le groupe, l'intergroupe Europe Écologie Les Verts. Donc, nous avions Sabrina Sebailly et Karim Belcher avec nous.
Nous avions le sénateur PS, Rachid Temal. Nous avions le sénateur LR, Christian Cambon. Non, non, des députés, vous savez, on est député de la nation.
On n'est pas juste député d'un parti ou d'une circo. Donc, je trouve que pareil, c'est une...
On est la France. On est capable d'être opposé politiquement et vraiment de ne pas être d'accord même sur des sujets de fond. Mais nous sommes capables de voyager dans l'avion présidentiel, aux côtés du président, de s'entendre, de discuter et de représenter la France ensemble.
Merci, Sabrina. Merci pour cet éclairage. Merci à vous.
Merci pour ce dynamisme. Effectivement, nous partageons le fait et nous allons recevoir bientôt un expert sur le décret tertiaire. Il y a un enjeu énorme de faire de l'économie d'énergie.
On est bien d'accord. Quelles que soient nos sources d'approvisionnement. Et si elles peuvent être plus riches, ça n'en sera que mieux.
Merci beaucoup. Merci à vous. Merci à vous.
Pour votre visite. Et bravo. Et bravo pour ce que vous faites.
Vous faites un travail formidable. Et moi qui suis productrice, je reconnais, je m'incline. Notre propos sérieux, nous également.
Même si nous deviendrons bientôt une chaîne internationale, bien évidemment. Chers amis. Sur ma circonscription, c'est normal.
Voilà. On commence à partir en Algérie. C'est très bien.
Merci beaucoup, Sabrina. Merci. Chers spectateurs, merci pour votre fidélité.
Nous recevrons demain le maire de secteur du 11 et 12e arrondissement pour voir son activité sur le terrain. Nous vous souhaitons une agréable soirée. Et on vous dit, comme d'habitude, à demain.
Au revoir. � ...
A demain. Au revoir. Au revoir.
Sabrina Agresti Roubache