"C'est assez exceptionnel" : la jeune chercheuse Marie Perrin récompensée pour son travail sur les terres rares
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Elle a reçu hier soir le World Builders Prize, le prix des bâtisseurs du monde, décerné par l'Office européen des brevets.
- 0:22ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour Marie Perrin et bravo !
- 0:30OuverteRéponse directe
Ce prix récompense de jeunes inventeurs de moins de 30 ans qui utilisent la technologie pour répondre aux grands défis mondiaux.
- 0:38OuverteRéponse directe
Vous avez trouvé un moyen de recycler les terres rares, des métaux indispensables pour les téléphones, ordinateurs, voitures électriques et éoliennes.
- 0:47OuverteRéponse directe
Votre innovation part d'ampoules pour réutiliser nos déchets.
- 1:48OuverteRéponse directe
Ce recyclage, vous le faites avec l'europium, mais pourrait-on le dupliquer avec les 16 autres terres rares ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:38InvitéChiffre
« En général, les chiffres qu'on donne, c'est autour de 1%. »
- 2:50InvitéFait
« Et c'est des éléments qui sont tellement difficiles à séparer qu'effectivement, quand on regarde l'histoire de leur découverte, il a fallu aux chimistes plus d'une centaine d'années pour réussir à toutes les isoler individuellement. »
- 3:24InvitéPromesse
« Alors non, effectivement, on a déposé un brevet qui concerne la séparation de toutes les terres rares. »
- 4:39InvitéFait
« Ça a été assez exceptionnel. »
- 5:35PrésentateurChiffre
« Vous avez reçu 20 000 euros avec ce nouveau prix. »
Temps de parole
- Invité65 %
- Présentateur35 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 6h22, l'invité du 5-7 est une jeune chimiste française qui pourrait révolutionner l'industrie des terres rares. Elle a reçu hier soir le World Builders Prize, le prix des bâtisseurs du monde, décerné par l'Office européen des brevets. Bonjour Marie Perrin et bravo ! Bonjour Mathilde, merci de me recevoir. Vous êtes en direct de Reykjavik en Islande où s'est déroulée la cérémonie. Alors ce prix récompense de jeunes inventeurs de moins de 30 ans qui utilisent la technologie pour répondre aux grands défis mondiaux. Vous, vous avez trouvé un moyen de recycler les terres rares, des métaux, on le sait, qui sont devenus indispensables.
On en a besoin pour les téléphones, les ordinateurs, les voitures électriques, les éoliennes. En l'occurrence, pour votre innovation, vous avez travaillé à partir d'ampoules. Et votre idée, c'est de réutiliser les vieilles ampoules, réutiliser nos déchets.
Alors tout à fait, les terres rares, c'est des éléments que j'ai étudiés pendant mon doctorat à l'ETH de Zurich en Suisse. Et on s'est rendu compte au fur et à mesure des recherches que les molécules bio-inspirées qu'on utilisait pouvaient servir à la séparation et donc au recyclage. Et comme c'est des enjeux qui sont absolument majeurs et en termes de criticalité et en termes d'impact environnemental, du coup on a commencé à s'intéresser à quel type de déchets pouvait être intéressant à recycler. Et effectivement, les ampoules de basse consommation sont très intéressantes de ce point de vue-là parce qu'elles sont très riches en terres rares et en même temps, elles sont très bien collectées.
Donc c'était une source de déchets facile à exploiter. Mais aujourd'hui, il y a déjà des terres rares qui sont recyclées. Ça se fait, mais très très peu, c'est ça ? Alors très peu. En général, les chiffres qu'on donne, c'est autour de 1%. Il y a des techniques qui sont en train d'être développées maintenant à l'échelle industrielle. Et oui, c'est bien nécessaire. Alors qu'est-ce que votre méthode a de mieux que les autres techniques de recyclage de terres rares ? Alors effectivement, c'est une méthode qui était assez innovante dans le sens où on travaille de façon très différente des procédés qui étaient utilisés dans l'industrie jusque-là.
Et on va dire que la nouveauté, c'était vraiment d'étudier les terres rares à partir de molécules bio-inspirées à base de soufre, ce qui n'avait pas forcément été très étudié dans le passé. Et ce n'était pas le sujet initial de ma thèse. Donc c'est un peu une découverte qui s'est faite au cours des années de recherche. Donc un projet qui était très innovant à la base.
Et donc évidemment, ça évite d'extraire de nouvelles terres rares. Et donc ça limite la pollution. Pourquoi c'est si polluant d'ailleurs et si gourmand en énergie d'extraire des terres rares ?
Il faut savoir que les terres rares, c'est quand même une famille de 17 éléments qui ont toutes des propriétés, on va dire, physico-chimiques assez similaires. Et du coup, c'est très difficile de les séparer les unes des autres. Et on les retrouve pourtant dans les mêmes roches naturelles. Et c'est des éléments qui sont tellement difficiles à séparer qu'effectivement, quand on regarde l'histoire de leur découverte, il a fallu aux chimistes plus d'une centaine d'années pour réussir à toutes les isoler individuellement. Donc c'est très difficile de développer des molécules qui arrivent à les extraire de façon sélective.
Et c'est pour ça que les procédés de séparation, en général, sont assez intenses en énergie et en produits chimiques.
D'où l'intérêt de votre innovation. Ce recyclage, vous, vous le faites avec un type de terres rares, l'europium. Mais est-ce qu'on pourrait le dupliquer avec les 16 autres ?
Alors non, effectivement, on a déposé un brevet qui concerne la séparation de toutes les terres rares. Maintenant, effectivement, quand on s'attaque au recyclage, ce n'est pas comme l'industrie minière où, en général, on retrouve toutes les différentes terres rares dans les mêmes roches naturelles. Quand on s'attaque aux déchets, du coup, on travaille avec des sources qui sont déjà, on va dire, enrichies en certaines terres rares, mais qui viennent toujours en mélange. Donc selon le type de déchets qu'on recycle, on va se retrouver avec différents mélanges de terres rares.
Et effectivement, dans les ampoules, c'est en l'occurrence de l'europium, mais aussi d'autres terres rares comme l'itrium, l'antane, que l'on retrouve pour leurs propriétés luminescentes, du coup.
Et pour développer votre innovation, vous avez créé une start-up qui s'appelle Recover, je ne sais pas si je prononce bien, R2E Cover. Vous en êtes à quel stade ? C'est encore à le stade juste de démonstration ou il y a un projet de développement industriel ?
Alors effectivement, pour l'instant, c'est même au stade de projet. Ce n'est pas encore une compagnie qui est incorporée légalement. Et on travaille toujours au sein de l'université où j'ai fait mon doctorat, grâce à une bourse de financement de la fondation, de l'ETH, qui nous permet effectivement de prendre une technologie qui marche très bien en laboratoire et d'essayer de l'industrialiser et de la commercialiser.
Vous avez déjà reçu il y a quelques semaines un premier prix, un des jeunes inventeurs. Là donc, ce nouveau prix, le prix des bâtisseurs du monde. Est-ce que vous commencez à être contacté par justement des investisseurs, des industriels ?
Ça a été assez exceptionnel. Effectivement, ce prix qui est organisé par l'Office des brevets européens. Cette année, ils ont vraiment mis en lumière du coup les 10 inventeurs qui étaient sélectionnés pour le prix. Et comme on a eu beaucoup d'attention médiatique, c'était assez incroyable de voir qu'effectivement, on a été très contacté. Et pour nous, c'était très important parce que notre but, c'est effectivement de pouvoir travailler avec les industriels pour comprendre effectivement quelles sont les sources de déchets intéressantes à recycler et pouvoir adapter ça de la meilleure façon possible.
Et pour que ce soit intéressant pour les industriels, il y a aussi évidemment la question centrale du coût. Est-ce que votre méthode, elle est rentable, ce recyclage ? Tout à fait.
Alors, c'est des choses qu'on est en train d'évaluer à l'heure actuelle. C'est très difficile quand on a quelque chose qui marche à l'échelle de laboratoire d'essayer de faire une évaluation de coût parce que ça ne fait pas forcément sens. Et maintenant qu'on travaille sur l'industrialisation, on essaie effectivement de voir et en termes de coût et en termes d'analyse de cycle de vie quels sont les impacts du procédé.
Et Marie Perrin, dernière petite question. Vous avez reçu 20 000 euros avec ce nouveau prix. Vous allez en faire quoi ? Vous allez tout mettre dans votre recherche ou quelques cadeaux plaisir ?
Non, je pense qu'on en a déjà bien profité en Islande et effectivement, développer une telle technologie, ça demande beaucoup de ressources. Donc, toute ressource est bonne à prendre.
Merci beaucoup Marie Perrin et encore félicitations pour ce World Builders Prize qui vous a été remis hier soir par l'Office européen des brevets. Je vous souhaite une bonne journée.