"Le statut d’aidant, c’est une tâche à apprendre"
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Mathilde, elle est avec nous aussi ce soir en plateau. Comment elle va ? Et vous-même ? Elle va comme ça, en fait. Elle va comme ça. Quand je vous disais tout à l'heure qu'il y a des éléments de la trame d'un être que l'on reconnaît tout de suite ou qu'on ne reconnaît pas, moi, c'est le rire de Mathilde. Il m'annonce, même si je ne la vois pas, qu'elle est là, que c'est bien elle. Donc Mathilde, elle est là. Elle parle ? Bien sûr, elle parle. Elle marche ? Elle vit avec gourmandise, elle marche, elle met même, s'il le faut, quand il y a la neige, ses planches en bois sous les pieds qu'on appelle des skis. Elle a retrouvé le mouvement du corps, pas le même, mais la vie, elle est là.
Après, le statut des dents, on a beau éprouver tout l'amour à l'endroit d'une personne, c'est une tâche à apprendre, en fait. D'aimer l'autre, d'aimer l'autre cabossé, d'aimer l'autre chahuté par la vie est une condition nécessaire, absolument nécessaire pour pouvoir accompagner, pour pouvoir aider. Mais ça n'est pas suffisant, il faut apprendre. Est-ce qu'une part de vous est restée dans cette montagne ? Ah bah oui, oui, oui, nécessairement, et c'est ce qui nous interroge Mathilde et moi sur la question de retourner dans cette montagne, en fait, pour y retrouver quoi ? Ce que vous adorez, c'est votre passion, la montagne.
Ah bah c'est l'essence de nos vies, enfin depuis toujours, le mouvement du corps dehors, le jeu, le jeu, J-E-U, pas le jeu narcissique, mais le jeu jouer. Qu'est-ce que vous appelez le jeu ? Bah le jeu, jouer. Moi, mes parents m'ont présenté le jeu quand j'étais petit, de jouer dehors, va jouer dehors. Et je trouve que d'y consacrer une existence entière, c'est pas une trop mauvaise idée. Donc quand à 50 ans encore, vous glissez, vous sautez, vous grimpez, c'est quand même que vous avez décidé de dédier au jeu une large part de votre existence. Avec votre nouveau chien, c'est aussi la fin de cette histoire, parce que désormais il y a un nouveau chien dans vos vies.
Il y a un nouveau chien, et on croit ou pas au calendrier, on croit ou pas aux éphémérides, mais ce chien, il est arrivé dans notre vie un an, jour pour jour, heure pour heure quasiment, après l'accident de Mathilde. Donc il vient, s'il le fallait, si on manquait un peu de désordre et un peu d'animation dans nos existences, il vient remuer tout ça.