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interviewRMC — Face à Face· 7 septembre 2020 23 min

L'invité de Bourdin Direct : Gérald Darmanin - 07/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:15
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Ministre de l'Intérieur, la France s'en sauvage. La France est malade de son insécurité. Est-ce grave ?

0:24
Présentateur

Alors, je ne pense pas que la France s'en sauvage. Je pense qu'une certaine partie de la société connaît ce qu'on appelle l'ensauvagement, des actes de sauvagerie. Et oui, bien sûr, ça inquiète nos concitoyens.

0:34
Gérald Darmanin

La France est malade de son insécurité.

0:36
Présentateur

Oui, la France connaît des faits d'insécurité graves, d'autant plus inquiétant, M. Bourdin, qu'il touche les Français populaires. C'est les Français qui travaillent tard le soir, tôt le matin, qui vivent dans les HLM, qui vivent dans les zones pavillonnaires, qui connaissent le plus l'insécurité, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se payer la sécurité que peuvent se payer les Français les plus riches. On le sait tous, il y a des endroits plus difficiles à vivre que d'autres. On est plus inquiet pour ses enfants qu'ailleurs. Et donc, le rôle de l'État, le rôle du ministre de l'Intérieur, c'est d'être la protection de ceux qui n'ont pas de relation.

Donc, une forme de banalisation de la violence.

1:11
Gérald Darmanin

Le Président de la République a utilisé le mot, et je le crois très juste. Banalisation de la violence. Pourquoi est-ce que vous avez employé ce mot en sauvagement ? Qui est connoté, on le sait, connoté, sauvageons, Jean-Pierre Chevènement, connoté par les identitaires d'extrême droite.

1:26
Présentateur

Pourquoi le mot en sauvagement ? On est dans un monde particulier où vous arrivez à mettre dans la même phrase Jean-Pierre Chevènement et les identitaires d'extrême droite. Moi, je souhaite que la France ressemble à celle de Jean-Pierre Chevènement pour combattre justement les identitaires d'extrême droite. Vous savez, je suis né en 82. La première fois que j'ai voté, c'était contre Jean-Marie Le Pen. Lorsque je suis devenu député, c'était au lendemain où Mme Le Pen était au second tour de la présidentielle. Lorsque j'ai dirigé la campagne de Xavier Bertrand, et j'ai quitté le Parlement pour ça, dans la région des Hauts-de-France, c'était pour battre Mme Le Pen.

Lorsque je me suis présenté aux élections municipales à Tourcoing, aux élections présidentielles, Mme Le Pen faisait plus de 30%. Aux dernières municipales, contre moi, son parti a fait moins de 6%. Et je pense que si on ne met pas des mots sur les choses, si on n'a pas, par ailleurs, des actions extrêmement concrètes... Des mots déjà employés ! Et des mots sur les choses. Si par ailleurs, M.

Bourdin, ensuite, ces mots, c'est intéressant, mais les actions sont encore plus intéressantes, extrêmement concrètes, si on dit pour aux Français qui nous écoutent qu'on va agir pour eux et qu'on sait ce qu'ils vivent, si on ne dit pas les mots qui correspondent à ce qu'ils vivent, alors on n'est pas compris par eux. Et moi, je souhaite, de ma longue expérience d'élus local dans le nord de la France, je souhaite dire aux Français que je comprends ce qu'ils vivent, qu'ils connaissent depuis de très nombreuses années, depuis très nombreuses années, des actes de délinquance totalement inacceptables. Vous savez, cette crise de l'autorité, elle ne date pas d'hier.

Ça fait des dizaines d'années qu'on n'accepte pas.

2:47
Gérald Darmanin

Mais alors, est-ce que Marine Le Pen a raison d'employer de tels mots ? Elle avait raison d'employer de tels mots. Lorsqu'elle dit qu'il n'y a plus de droits, ni d'État de droits, c'est ce qu'elle a dit hier. La barbarie s'installe avec la barbarie.

2:59
Présentateur

On ne négocie pas. Madame Le Pen n'est pas sérieuse. Madame Le Pen, c'est l'irresponsabilité faite femme. Qu'a-t-elle fait concrètement ? Elle est députée de la nation, Madame Le Pen. Elle n'a pas voté la loi de Gérard Collomb portée par le Président de la République contre le terrorisme. Elle ne l'a pas votée. Elle n'a pas voté les lois de finances que j'ai présentées à la demande du Président de la République pour augmenter de 10 000 policiers et gendarmes, ce qui arrive concrètement dans les commissariats, dans les gendarmeries. Elle n'a pas voté cela, parce qu'elle est pour la politique du pire.

Madame Le Pen, elle n'a pas souhaité non plus voter tout le travail qu'on a fait contre l'immigration irrégulière et contre le dévoiement du droit d'asile. Elle ne l'a pas voté. Quand elle était parlementaire européen, elle a voté contre toutes les dispositions qui prévoyaient justement de renforcer la sécurité des Européens et des Français. Madame Le Pen, elle vit des problèmes. Donc elle n'a aucune envie que ces problèmes se résolvent. La grande différence que nous avons avec elle, et je le dis à ses électeurs. Elle n'a jamais été au pouvoir. Mais elle est députée de la nation. Moi, j'ai été député, M. Bourdin.

Et c'est logiquement qu'on me demandait sur votre antenne ou dans ma circonscription, qu'est-ce que vous avez voté contre ça ? Madame Le Pen, je le dis avec franchise, n'a jamais voté une disposition en trois ans pour renforcer la sécurité des Français. Même l'augmentation des policiers, elle ne l'a pas votée. Parce que Madame Le Pen, elle a une petite PME qui consiste simplement à faire des discours, à parler et à pouvoir espérer que des problèmes perdurent. Et bien le travail des Républicains, c'est de dire non à cette farce.

tragique pour le pays et de dire à Madame Le Pen que si elle veut résoudre le problème des Français, qu'elle vote les dispositions quand ils vont dans le beau sens pour la République et pour les Français. Et si on veut que les électeurs de Mme Le Pen arrêtent de voter pour elle, il faut leur dire qu'on a compris quelle était leur difficulté. La France est malade de son insécurité.

4:35
Gérald Darmanin

On est bien d'accord. C'est ce que vous avez dit. Donc le laxisme a prévalu avant vous. Pourquoi en est-on arrivé là ?

4:43
Présentateur

Je ne suis pas certain que le laxisme ait prévalu avant moi. Alors pourquoi ? Je pense d'abord que ceux qui commettent...

4:47
Gérald Darmanin

C'est ce que les Français ne complainent pas, Gérald Darmanin.

4:49
Présentateur

Je pense que ce que les Français...

4:51
Gérald Darmanin

On a l'impression que vous découvrez, pas vous, mais que vous découvrez, pardon, pardon, que vous découvrez cette insécurité. Le président de la République, M. Bourdin, par exemple,

5:01
Présentateur

M. Bourdin, ce que les Français constatent, c'est qu'une petite partie, une petite partie du pacte national est contestée par une petite partie d'individus. C'est toujours les mêmes, comme on dit. Moi, quand j'étais maire, on me disait, M. le maire, vous savez bien, c'est toujours les mêmes. Toujours les mêmes qui dealent du shit en bas de l'immeuble, c'est toujours les mêmes qui cabriolent les bagnoles, c'est toujours les mêmes qu'on revoit et qui sont sortis du système scolaire, c'est toujours les mêmes. Et ça fait des dizaines d'années que la crise d'autorité, elle ne vient pas simplement de l'État.

Les parents, une partie des parents ont démissionné, une partie de l'école a pu démissionner, une partie des services sociaux ont pu démissionner. Et que fait le président de la République depuis trois ans ? Il remet droit le mur. La première grande politique de sécurité qu'on met en place, c'est celle de M. Blanquer. Quand on dédouble les classes de maternelle et de primaire, on fait un travail formidable pour la République.

Parce que quand on n'a pas assez de vocabulaire, quand on est sorti du système scolaire, à la fin des fins, c'est les policiers et les gendarmes qui sont face à des gens qui effectivement n'ont pas eu toutes les chances parfois dans la République ou qui sortent sciemment du pacte républicain. Lorsqu'on accepte l'idée, M. Bourdin, que effectivement, lorsqu'on commet des actes de délinquance, lorsqu'on fume un joint, c'est pas très grave, mais c'est extrêmement grave, quand on fume un joint, M. Bourdin, on a l'impression que c'est récréatif. Et c'est pas vrai que pour les gens des quartiers, comme on dit. C'est vrai pour les beaux arrondissements de Paris. En fait, on a participé à un trafic.

On a fait vivre le crime organisé. On a fait exploiter les êtres humains. On a parfois financé le terrorisme. On a désocialisé des dizaines de milliers de jeunes. Je pense que chaque famille française qui m'écoute le sait. Lorsqu'on est dépendant de ces addictions. Et on n'a pas su dire les mots sur les choses. Et oui, qu'on se met de la drogue, non seulement c'est de la merde, mais c'est grave.

6:41
Gérald Darmanin

Alors parlons-en. Parlons-en, Gérald Darmanin, parce que c'est l'un de vos combats principaux. J'ai bien compris. La lutte contre la consommation de drogue, cannabis ou autre. Des amendes, 200 euros, c'est bien cela. Il y a eu des tests qui ont été effectués. Ça a donné quoi ?

6:57
Présentateur

Il y a eu des amendes. Il y a eu une expérimentation. Une expérimentation, oui. Il y a eu 588 amendes qui ont été données, 300 qui ont été envoyées directement aux personnes contrevenantes pour 200 euros. Elles sont payées ces amendes ? Sur les 300 amendes qui ont été envoyées, il n'y a plus de la moitié qui ont déjà été payées sous 45 jours. Et si elles ne sont pas payées, que se passe-t-il ? Nous allons faire des poursuites et des saisies. C'est très important. Saisies sur salaire ? Saisies sur les comptes en banque. C'est ce qui se passe. Comptes en banque ? Oui. M.

Bourdin, si vous faites une amende de sécurité routière ou une amende dans la rue, si vous ne la payez pas, vous avez des relances et à la fin, il y a des saisies. Donc moi, j'ai été ministre du budget, je sais que les impôts font leur travail et poursuivent les contrevenants. Ce que je voulais vous dire, c'est qu'auparavant, qu'est-ce qui se passait ? Quand il y avait des policiers qui, à 1h du matin, dans le métro, chopaient quelqu'un qui avait 4-5 grammes de cannabis. Ils avaient deux solutions, ces policiers.

Soit ils prenaient cette personne, ils la mettaient en garde à vue, ils faisaient une procédure qui était très longue et à la fin des fins, le procureur de la République, et il avait bien raison, ce procureur de la République, il ne poursuivait pas toujours parce qu'on ne va pas mettre les gens en prison parce qu'ils ont consommé un joint ou qu'ils ont quelques grammes de cannabis. Donc on a fait perdre du temps aux policiers, on a donné un très mauvais message à cette personne puisqu'on lui a dit le tas du cannabis, ce n'est pas très grave et à la fin, on a emboli la justice qui n'a pas pu poursuivre. Donc ça ne servait à rien.

À la demande du Premier ministre, désormais, nous allons faire une amende. Vous avez un joint, vous avez quelques grammes de cannabis, quelques grammes de cocaïne, vous avez une amende immédiatement.

8:16
Gérald Darmanin

Les gendarmes vont passer leur temps à dresser des amendes.

8:19
Présentateur

Mais ils feront le temps qu'il faudra pour mettre le temps. Mais non, ils ne passent pas leur temps, mais ils le feront aussi. Ils le feront aussi. On ne va pas laisser des gens fumer de la drogue dans la rue devant des enfants en expliquant que finalement, ce n'est pas grave. Et vous savez quoi ? Cette amende, non seulement elle doit être payée, mais en plus, c'est un délit et c'est donc inscrit sur le casier judiciaire. Ce n'est pas une simple petite amende. Ce que je voudrais vous dire, c'est qu'il faut lutter contre les grands trafics. Hier à Lille, j'ai eu l'occasion de saluer le travail des policiers et des magistrats.

50 kilos d'herbes de cannabis qui ont été arrêtés suite à un travail d'enquête. Et puis en même temps, ils ont mis des amendes dans le métro lillois pour ceux qui emmerdent la vie de tout le monde parce qu'ils croient tout permis et qu'on peut fumer du cannabis au vu au sud de tout le monde à 16h de l'après-midi dans le métro. Il faut travailler sur les deux bouts de la chaîne. Ma politique, à la demande du président de la République, M. Bourdin, elle se résume à cette belle phrase de Clémenceau en 1917. Il faut tout faire pour que les bons citoyens vivent en paix et que les mauvais citoyens ne vivent pas en paix. C'est aussi bête que ça.

9:14
Gérald Darmanin

Aussi bête que ça. La légalisation du cannabis, est-ce que c'est envisagé ? Est-ce que ça tue le trafic ? Quel est votre avis ? C'est une lâcheté. C'est une lâcheté. C'est une lâcheté. Je suis totalement contre. Légalisation, dépénalisation.

9:28
Présentateur

C'est une lâcheté intellectuelle. J'ai été le ministre du budget avec Agnès Buzyn qui a été ministre de la Santé qui a augmenté le prix du tabac. Désormais, le paquet de tabac va être à 10 euros. Pourquoi ? Parce que fumer, ça tue. Les buralistes, je les en remercie. On nous a accompagnés vers cela. Et je serai donc le même ministre qui va dire finalement, fumer de la drogue, ce n'est pas très grave et on va l'égaliser. Quel message on donne à nos enfants ? Vous savez, la drogue aujourd'hui, elle est la responsable de dizaines de milliers d'accidents de la route, d'homicides, de cambriolage parce qu'il faut se payer sa dose. Financement du terrorisme, financement de la grande criminalité.

Quand vous travaillez un peu et que vous avez besoin de 60, 80, 100 euros par jour pour payer votre dose, est-ce que vous ne pensez pas qu'à la fin, vous n'allez pas cambrioler ou attaquer quelqu'un pour récupérer de l'argent pour votre addiction ? Est-ce que vous pensez qu'il faut le drogue dans les quartiers et faire vivre des familles ? Vous le savez bien, Gérald Darmanin, malheureusement. On dit jusqu'à 200 000 personnes qui vivent de l'économie parallèle. Moi, je n'accepte pas l'esprit de capitulation. Il faut lutter contre ça.

Et parfois, moi, je le constate dans ma commune, il y a un lien évident entre le trafic, l'argent liquide, on ne paye pas ses impôts, je le rappelle, face aux bonnes gens honnêtes qui, eux, payent leurs impôts et prennent leur voiture tôt le matin pour aller travailler, et parfois, le financement du communautarisme. Et quand les gamins de 13 ou 14 ans qui font le chouf, comme on dit dans les quartiers, gagnent plus que leur père en une journée. Quand un gamin gagne 150 euros par jour quand son père va travailler chez Auchan ou chez Carrefour, quel est le message de l'autorité ?

Vous pensez qu'à 22 ans ou à 30 ans, ce gamin-là, il va dire, finalement, je vais mettre une échoppe, je vais me déclarer aux impôts et je vais respecter les lois de la République ? Et vous voulez que je légalise, que je sois partisan de la légalisation d'un esprit où le père n'est plus respecté dans une famille ? Bon voilà, donc il faut savoir ce qu'on veut, il faut remettre l'église ou la mairie au milieu du village comme on veut, et je vous dis que la lutte contre les stupéfiants, évidemment, elle est très difficile, il faut être très humble, mais elle est capitale pour la sécurité de nos concitoyens.

11:27
Gérald Darmanin

6 000 policiers et gendarmes ont été recrutés depuis le début du quinquennat, est-ce que vous allez embaucher ? Oui, on va continuer en embaucher. Vous allez continuer ? Combien ? Vous avez des objectifs ?

11:37
Présentateur

2 000 par an. 2 000 par an ?

11:39
Gérald Darmanin

Jusqu'en 2022, 2 000 par an ? Exactement,

11:42
Présentateur

alors ce qu'a fait le président de la République, c'est sans précédent. D'abord, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a fait rajouter 2 000 personnes, 2 000 agents, 2 000 policiers à la DGSI, c'est-à-dire nos services secrets intérieurs et aux restrements territoriaux, c'est-à-dire les gens qui font du renseignement. Et grâce à ces agents supplémentaires, nous avons pu éviter de très nombreux attentats sur le sol français. Rappelez-vous de 2017, nous faisons la semaine aujourd'hui des attentats de Charlie Hebdo au tribunal. Rappelez-vous, 2017, 32 attentats déjoués sous la présidence du président de la République grâce à nos policiers aux moyens supplémentaires qu'on leur a donnés.

12:13
Gérald Darmanin

Ces derniers temps, des attentats ont été déjoués.

12:15
Présentateur

Y compris au tout début de l'année. Alors, il y a eu des attentats qui ont existé. Depuis l'été. Il y a eu des attentats. Aujourd'hui, vous avez des enquêtes spécifiques. Il n'y a pas d'ailleurs que des terroristes islamistes, même si c'est l'essentiel de la menace. Il n'y a pas très longtemps, la DGSI est intervenue pour arrêter quelqu'un qui était un suprémaciste blanc, quelqu'un qui pense que les blancs sont supérieurs aux autres. Évidemment, c'est un acte de séparatisme qu'il faut absolument combattre, comme il s'est passé en Nouvelle-Zélande par exemple. Il a été arrêté en possession d'armes avant de commettre des attentats.

Et donc, ces moyens supplémentaires, on les doit au président de la République. Et puis ensuite, une fois que ces services de renseignement ont été abondés en personnel, il faut s'occuper des policiers et des gendarmes du quotidien. C'est ce qu'a fait Christophe Castaner, c'est ce que je vais continuer de faire. Il y a désormais, chaque année, 2000 policiers et gendarmes de plus, en plus des départs à la retraite, dans les commissariats et les gendarmes. Est-ce que le budget

13:02
Gérald Darmanin

du ministère de l'Intérieur, vous connaissez bien le budget, les comptes publics, Gérald Darmanet, est-ce que le budget du ministère de l'Intérieur va augmenter ? Mais il a augmenté déjà.

13:09
Présentateur

Mais il a augmenté plus d'un milliard d'euros depuis trois ans.

13:11
Gérald Darmanin

Est-ce qu'il va encore augmenter ? D'abord, un, il a augmenté, très bien.

13:14
Présentateur

Un morceau avalé d'un plus de goût, comme disait le premier,

13:16
Gérald Darmanin

je l'ai déjà fait. Il a augmenté, ça a permis la création de poste. Et deuxièmement,

13:20
Présentateur

dans le cadre du plan de relance, à la demande du Premier ministre, nous avons augmenté les crédits pour changer notamment les voitures de ces policiers et de ces gendarmes. Moi, quand j'arrive dans un commissariat et qu'il y a plus de 200 000 km sur une bagnole de la BAC, bon, j'ai proposé au Premier ministre que ce n'était pas possible et qu'il fallait en changer. Un quart des voitures de la police et de la gendarmerie vont être changées dans le cadre du plan de relance. Grâce d'ailleurs à des entreprises françaises comme Renault et Peugeot. Donc oui, le budget va augmenter plus d'un milliard dans le cadre du plan de relance. Plus que celui de la justice ?

Non, je crois qu'il va augmenter un peu moins en proportion que celui de la justice parce que la justice a encore plus... C'est la priorité la justice ? Je crois, oui. Et le garde des Sceaux a raison de le dire et le Premier ministre a raison de le dire. Madame Le Pen, d'ailleurs, n'a pas voté l'augmentation ni de ses crédits ni de la loi de programmation de la justice tout en tapant sur notre gouvernement. Moi, je n'ai jamais considéré que la justice était laxiste. Les procureurs de la République font un travail difficile et les juges, ils jugent selon les preuves qu'on leur apporte.

Ce qui est embêtant, ce n'est pas le fait que la justice puisse avoir telle ou telle décision dont on considère qu'elle n'est pas assez ferme. Je pense que la séparation des pouvoirs, c'est vraiment quelque chose de très important. Ce qui est embêtant, c'est la lenteur. C'est la rapidité. Moi, j'ai vu des gamins de 19 ans, M. Bourdin, qui ont pu trafiquer un peu. Pas des choses très graves, mais un peu, et qui devaient être sanctionnés et qui ont attendu parfois deux ans et demi avant d'être condamnés. Et en attendant, ils ont fait une formation, ils ont retrouvé un emploi, ils sont parfois mariés, ils ont eu des gamins et on leur appelle deux ans et demi après ce qu'ils ont fait avant.

Ce n'est pas de la bonne pédagogie.

14:43
Gérald Darmanin

Bien, j'ai des questions directes et concrètes. Les violences sur les policiers et les gendarmes seront-elles punies plus sévèrement ?

14:51
Présentateur

Je le souhaite. J'ai proposé notamment que les refus d'obtempérer. Oui. C'est-à-dire que vous êtes en voiture, vous ne vous arrêtez pas lorsque le policier et le gendarme vous demandent de vous arrêter, soit davantage sanctionné et on en a parlé avec le garde des Sceaux, on va y travailler parce qu'on a désormais, M. Bourdin, un refus d'obtempérer toutes les demi-heures en France. C'est pour ça que je vous pose la question. Depuis que je suis ministre de l'Intérieur, depuis deux mois, il y a eu trois policiers et gendarmes morts par des refus d'obtempérer. Et un quatrième est mort il y a deux jours parce que quelqu'un qui n'avait pas de permis de conduire l'a tué. Donc les sanctions

15:24
Gérald Darmanin

seront alourdes.

15:25
Présentateur

Quatrième policier mort du fait de la route et d'un code de la route qui n'est pas respecté. Et donc vous voyez, cette délinquance particulière qui est celle des refus d'obtempérer, elle doit, je crois, être davantage mis en avant et je l'espère, davantage sanctionnée. Faut-il instaurer des statistiques ethniques ? Non, j'y suis particulièrement opposé. C'est opposé. Mais moi je suis quoi alors dans ces cas-là ? Je suis petit-fils de tirailleurs algériens, petit-fils de juifs maltais et j'ai deux grand-mères flamandes. On me casse dans quelles statistiques ? Bon, c'est absolument n'importe quoi.

Je pense, pour ma part, en revanche, que nous devons lutter très fortement contre les discriminations. Il est évident qu'un gamin qui sort d'un quartier populaire, il a moins de chances de trouver un stage ou de trouver un boulot que celui qui a fait le lycée Montaigne. Donc si vous luttez contre ça, je suis d'accord, évidemment, pour que nous progressions dans la République.

16:09
Gérald Darmanin

Est-ce que la République est menacée par le communautarisme ? Le projet de loi sur le séparatisme sera présenté en novembre ? C'est ça. En novembre. Est-il vrai que les associations subventionnées seront obligées de signer une charte des valeurs républicaines ?

16:23
Présentateur

Pas d'un euro d'argent public à une association qui ne respecte pas les valeurs républiques.

16:27
Gérald Darmanin

Alors, si dérive communautaire, plus de subvention. On est bien d'accord ? Tout à fait. Tout à fait. Ça, ce sera engagement sur la laïcité, en quelque sorte.

16:34
Présentateur

Sur l'égalité femmes-hommes

16:35
Gérald Darmanin

et sur la laïcité, bien sûr. Bien. C'est normal. Des femmes qui ont créé une association et qui se baignent en burkini dans une piscine, que se passe-t-il ? Il n'y a aucune raison de la subventionner.

16:47
Présentateur

On coupe les subventions. D'abord, ce n'est pas dans une piscine publique parce que dans ces conditions, l'État aura les moyens de rappeler aux maires qu'on ne peut pas accepter des atteintes graves à la laïcité. Vous vous rappellerez au maire de Grenoble ? C'est ce qu'on rappellera à tous les maires de France. Et je sais que l'essentiel, la quasi-intégralité, je l'ai été maire, ils travaillent, c'est des soldats de la laïcité, les maires. Donc, je ne fais pas à dominante.

17:07
Gérald Darmanin

Pas d'horaire de piscine

17:15
Présentateur

des gens qui ont envie finalement que la foi soit au-dessus de la loi. Oui, à la liberté de conscience. Oui, à la liberté de culte. Je suis le ministre qui protégera les juifs, les musulmans, les catholiques, les protestants, tous ceux qui croient en Dieu et ils ont le droit de le faire. Et on doit aider à ce qu'ils puissent le faire. Mais non à ceux qui pensent que la foi est au-dessus de la loi. Aussi bête que ça.

17:35
Gérald Darmanin

Alors, autre mesure, interdiction de la délivrance de certificats de virginité. Oui, alors...

17:41
Présentateur

Condamnation des médecins qui les délivrent ? Il faut peut-être qu'on explique ce que c'est. Il y en a très peu, mais ça arrive. Moi, j'en ai vu en tant que maire. Dans certains mariages religieux, on exige de savoir si la femme a été vierge ou pas. C'est une absurdité. Et certains médecins, très très peu nombreux, dont l'ordre des médecins a déjà condamné cette pratique, je voudrais les en remercier, le font parfois. Eh bien, il n'y a pas de pénalisation de cet acte qui est le contraire du serment d'Hippocrate. Et nous souhaitons poursuivre ceux qui font des certificats de virginité à des femmes. Enfin, on n'est pas au Moyen-Âge. Donc, évidemment, ces sujets sont extrêmement importants.

Ils doivent être appelés aux Français pour dire que nous ne céderons pas un pouce à l'islamisme radical et à toute forme de séparatisme. La République, elle est belle, elle doit se protéger.

18:26
Gérald Darmanin

Et d'ailleurs, vous avez réfléchi à la mise en place d'un islam français sécularisé. Je me souviens du texte. Oui, il appartient. Il est assimilé à la République. Mais d'abord, l'essentiel des musulmans. Avec un grand conseil de l'islam de France. Je continue ce que vous avez écrit vous-même. Grand conseil de l'islam de France. Toutes les mosquées, finalement, qui seront contrôlées par ce conseil. et les imams nommés par ce conseil. Alors, vous avez dit plusieurs choses.

18:56
Présentateur

Il y a ce qui relève de l'État et ce qui relève pas de l'État. En fait, c'est votre volonté. Mais un homme politique qui peut avoir une volonté et des avis et il peut aussi se dire que ça, c'est pas de ma compétence. Vous l'avez toujours, cette volonté. Bien sûr. Moi, mon deuxième prénom, c'est Moussa. Et mon grand-père était musulman. Oui. J'ai vu mon grand-père des photos où il priait dans le salon. Et pourtant, il était tirailleur algérien. Il a été décoré par l'armée française. C'était un grand français. Et on peut être musulman et un grand français par nature, évidemment.

Et tous ceux qui pensent que l'islam est incompatible avec la République crachent à la tête de tous ces soldats qui ont versé leur sang pour la France. En même temps, il faut que l'islam, qui est une grande religion, puisse faire le travail et c'est tout à fait normal qu'on fait auparavant d'abord les protestants, puis les juifs sous Napoléon, puis les catholiques au début du XXe siècle de sécularisation pour être dans la France. d'aujourd'hui qu'elle est une religion qui permet à ses fidèles de vivre leur foi tout en respectant les valeurs de la République. C'est le cas de la quasi-intégralité des musulmans de France.

Mais on le sait, il y aurait des dérives sectaires dans l'islam extrêmement dangereuses qu'on peut appeler le salafisme, l'islam radical qu'il faut combattre. Et parmi les combats que l'on doit avoir, on doit discuter avec les musulmans de France pour travailler ensemble, pour abattre les dérives sectaires et ouvrir et protéger la plupart de ceux qui vivent dans la République.

20:11
Gérald Darmanin

Donc la création d'un islam de France,

20:15
Présentateur

le CFCM, le Conseil français du culte musulman le permet. Alors il faut le renforcer, il faut donner des moyens supplémentaires. Mais vous savez, moi j'ai vu le grand recteur de la mosquée de Paris. Oui. Un homme de bien qui a pris la parole publiquement et qui a expliqué, même s'il a pu être choqué par les caricatures du prophète à la lune de Charlie Hebdo. Et moi je comprends qu'on puisse être choqué. Mais il a dit la liberté d'expression c'est que Charlie Hebdo puisse le faire. Ben voilà, ça je trouve qu'il faut le souligner, il faut l'applaudir et il faut remercier le recteur de la mosquée de Paris pour ses mots courageux.

20:43
Gérald Darmanin

J'ai une question politique pour terminer.

20:45
Présentateur

C'était pas la politique là.

20:46
Gérald Darmanin

C'est autre chose. C'est la politique politicienne si vous préférez. Enfin, la politique politicienne ça concerne tous les citoyens, tous ceux qui votent. Emmanuel Macron avait fait une promesse. La proportionnelle. Est-ce que vous travaillez sur la proportionnelle pour les prochaines législatives ?

21:02
Présentateur

Le ministère de l'Intérieur en train de regarder et de proposer peut-être au président de la République et au Premier ministre la possibilité de mettre une dose de la République.

21:10
Gérald Darmanin

Vous en avez parlé ?

21:11
Présentateur

On a parlé avec le président de la République. On ne parle pas que de ça

21:12
Gérald Darmanin

mais on parle aussi de ça. De ça. Donc il est favorable. Donc il y aura probablement la proportionnelle aux prochaines législatives. Il appartient au président

21:20
Présentateur

de la République de faire des consultations.

21:21
Gérald Darmanin

Vous êtes favorable ou pas ?

21:22
Présentateur

Moi je suis favorable au programme du président. Et je trouve qu'effectivement désormais une proportionnelle au moment où les maires ne peuvent pas cumuler avec un mandat parlementaire, au moment où les Français se disent qu'ils ne sont pas assez bien représentés dans leur courant de pensée, je trouve qu'effectivement la proportionnelle est un moyen sans doute efficace de le faire. A condition, M. Bourdin, pour ma part, que la majorité puisse l'avoir. Parce que les errements de la 4ème République, c'est la proportionnelle, sans la majorité. Donc proportionnelle intégrale ? Le président de la République aura l'occasion de proposer les choses au chef des partis.

Il m'a demandé d'y travailler et je rendrai au Premier ministre au Président de la République. Quand ? On aura l'occasion d'en reparler. Je ne pense pas que ce soit l'essentiel de la vie des Français. L'essentiel de la vie des Français, c'est la sécurité. Mais j'aurai l'occasion de présenter au Président de la République et au Premier ministre les commandes qu'il m'a demandé.

22:03
Gérald Darmanin

J'ai une dernière question parce que mon invité demain sera Christian Estrosi. Est-ce que le choix de Christian Estrosi prépare une coalition autour d'Emmanuel Macron ?

22:14
Présentateur

D'abord, je remercie Christian Estrosi parce que c'est un homme honnête. Il voit bien que le gouvernement fait tout ce qu'il a pu pour aider non seulement la ville de Nice et les Niçois, mais de manière générale la France sur les questions économiques, sur les questions de sécurité. Donc d'abord, Christian Estrosi qui est dans l'opposition au gouvernement et a une honnêteté intellectuelle que je voudrais saluer et qui ne m'étonne pas de lui. Deuxièmement, le Président de la République quand on est gaulliste comme l'est Christian Estrosi, mais comme je crois l'est aussi M. Macron, on n'est pas l'homme d'un parti. On parle aux Français.

Et qui est des Français qui n'ont pas voté pour Emmanuel Macron ? Qui est des militants politiques qui ont même combattu Emmanuel Macron ? Et qui se disent « Regardez ce type-là, il fait ce qu'il peut. Sur la scène internationale, il montre que la France a une grande voix. Regardez ce qu'il a fait au Liban. Il est au rendez-vous des grands sujets français. Et que c'est finalement le meilleur qu'on puisse avoir pour être Président de la République dans ces temps si troublés, je dis bon coup. Et j'espère, M. Bourdin, que d'autres, Christian Estrosi, et je suis sûr qu'il y en aura, appelleront à voter pour le Président de la République.

23:09
Gérald Darmanin

Merci, 8h56. Merci, Gérald Darman. Merci à vous. Christian Estrosi qui sera donc à votre place demain matin à 8h30.

23:15
Présentateur

RMC.