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interviewRMC· 23 février 2024 22 min

🔴 DIRECT - l'intégrale de l'interview d'Arnaud Rousseau sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Grande confusion au minimum, confusion politique. Je vais résumer les choses dans un instant sur les invitations ou non faites par Emmanuel Macron, faites par l'Elysée au sein de ce salon pour un grand débat. Mais Arnaud Rousseau, je vous pose tout de suite la question. Allez-vous, oui ou non, accepter l'invitation d'Emmanuel Macron à débattre avec lui demain, à ce grand débat, ou est-ce qu'au moment où on se parle, la confiance est rompue ?

0:25
Arnaud Rousseau

Non, Apolline de Malherbe, je n'irai pas à ce grand débat, je l'ai indiqué hier soir. Comme vous, je trouve que ce qui se passe est incompréhensible et le cynisme qui prévaut à tout ce que j'observe est intolérable pour les gens que je représente. Depuis près d'un mois, en responsabilité toujours, nous avons été échangés avec le Premier ministre, avec l'ensemble des ministres. J'ai moi-même répondu à l'invitation du président de la République mercredi dernier.

0:54
Présentateur

Vous avez tout de suite dit oui au départ, lorsqu'il a lancé cette idée de grand débat, vous avez répondu présent.

1:00
Arnaud Rousseau

L'idée que les agriculteurs puissent exprimer leur colère au président de la République nous paraissait importante pour qu'ils entendent les réalités de la colère profonde qui existe sur le terrain, à la FNSOA, mais bien au-delà. Et je le dis depuis le début, ce sujet ne concerne pas que la FNSOA. Donc nous avons toujours dit, là aussi, que le salon était un moment d'accueil. Mais on ne peut pas tout tolérer. Vous voyez, l'esprit de responsabilité ne se départit pas de convictions profondes. Et la manière, encore une fois, ou le cynisme qui ont prévalu à cette espèce d'organisation, nous ne la comprenons pas. Vous savez, la politique, c'est autre chose que de la com ou du chaud.

Et dans le moment dans lequel on est, ça renvoie l'image aux agriculteurs que finalement, rien n'a été compris de leurs problématiques. Et nous en sommes d'autant plus furieux que, encore une fois, nous avons contribué à ce travail. Nous avons été au rendez-vous du travail, des propositions. Tout est sur la table aujourd'hui. Et donc, ce qui se passe est absolument incompréhensible.

1:57
Présentateur

Je vais rappeler peut-être les épisodes. Tout cela s'est passé en quelques heures. Pour ceux qui ne prendraient le train qu'en route, je voudrais qu'on comprenne bien les choses. Emmanuel Macron dit « Je serai au salon le jour de l'ouverture, le samedi ». Puis, il explique qu'il souhaite le faire sous une forme inédite, inédite sur le salon, mais pas inédite pour lui, le grand débat. Organiser un grand débat, prendre le micro, faire débattre les uns et les autres, pendant plus de 4 heures, d'ailleurs, nous fait dire l'Elysée. Puis, il décide lui-même des invitations de qui participera ou non à ce grand débat.

Les représentants des agriculteurs dont vous faites partie, une partie de la grande distribution. Et puis, certains y voient d'ailleurs une manière peut-être de tenter de détourner la colère, en invitant par exemple quelqu'un comme Michel-Édouard Leclerc, dont on ne sait d'ailleurs pas s'il se rendra ou non, lui aussi, à ce grand débat, ou si comme vous, il dira non.

Et puis, en fin de journée hier, l'Elysée fait savoir à toutes les rédactions, et à vous-mêmes d'ailleurs, que les Soulèvements de la Terre, les Soulèvements de la Terre, c'est cette organisation, organisation, association, militante, écologique, militante, qui a d'ailleurs participé à des heures, on s'en souvient, à Sainte-Soligne, qui depuis avait été considérée comme persona non grata, au point de vouloir être dissoute par le ministère de l'Intérieur. Cette association est invitée, les représentants des Soulèvements de la Terre, sont invités à ce grand débat. C'est à ce moment-là que vous vous dites non. Depuis, l'Elysée rétropédale dit qu'ils ne seront pas invités, mais c'est trop tard.

3:20
Arnaud Rousseau

Non, mais vous savez, le moment dans lequel on est, n'est pas simplement et ne doit pas être un moment d'émotion. L'émotion est mauvaise conseillère, et vous aurez constaté qu'hier soir, avant de réagir, j'ai attendu plusieurs heures, parce qu'il me semblait que dans ces moments de grande confusion, garder la tête froide et encore une fois exercer la responsabilité que m'ont confiée les agriculteurs de la FNSEA était essentielle. Mais encore une fois, tout n'est pas possible. Tout n'est pas possible, et avoir des convictions, c'est aussi les assumer pleinement.

Je voudrais rappeler que ce mouvement, que le gouvernement lui-même a tenté de dissoudre, aujourd'hui lance des cocktails Molotov sur les gendarmes et détruit les biens des agriculteurs. Qui peut imaginer que les conditions du dialogue soient réunies dans ces conditions ? Personne, personne de sérieux ne peut l'imaginer. Or, je le redis, nous avons toujours été prêts au dialogue. Nous l'avons prouvé, nous avons travaillé. Tout est sur la table. Et au moment, peut-être le plus difficile, des annonces, parce que je voudrais redire que la colère, l'émotion, ça ne construit pas un projet pour l'agriculture. Que ce qu'attendent les agriculteurs, c'est des changements concrets dans leurs fermes.

On le répète, à qui veut l'entendre, depuis des mois. Et que là, tout ce qui se passe sur la manière dont le salon va s'ouvrir, est-ce que nuit au fait que les agriculteurs attendent des réponses ? Donc le président fera ce qu'il veut. Je ne participerai pas à ce débat. Je vais réunir ce matin le conseil d'administration de la FNSEA pour qu'il prenne une décision, parce que dans ce moment, c'est aussi important que le collectif s'exprime. Nous aurons un lien avec nos collègues des jeunes agriculteurs. Et ensuite, nous dirons clairement la manière dont nous le faisons.

Mais je ne serai pas, je ne serai pas, et encore une fois, avec recul et sans émotion, l'acteur de quelque chose que je considère de partiment cynique et qui ne permet pas le dialogue dans de bonnes conditions.

5:13
Présentateur

Arnaud Rousseau, est-ce que vous appelez les autres participants à ne pas participer à ce débat ? Est-ce que vous appelez peut-être même d'ailleurs l'Elysée à finalement renoncer et à revenir à une forme plus directe de rapport entre Emmanuel Macron et les agriculteurs dans les allées du salon comme ça s'était passé jusqu'alors ?

5:30
Arnaud Rousseau

Le Président de la République fait ce qu'il veut. Moi, je redis que les conditions du dialogue, au moment où je vous parle, avec ce degré d'émotion et cette incompréhension et cette colère, mais vous allez le voir toute la journée, ne permet pas de tenir les choses de manière correcte.

5:43
Présentateur

Moi, je voudrais quand même comprendre, derrière le mot cynisme, qu'est-ce que vous voulez dire ? Est-ce que vous avez l'impression que vous avez été un peu les dindons de la part ? Mais est-ce qu'au fond, vous vous retrouvez dans une situation où le Président de la République jette de l'huile sur le feu, fait de la provoque ? Vous l'avez vécu comme une provoque ?

5:59
Arnaud Rousseau

En tous les cas, depuis le début, on dit qu'on n'est ni dans la défiance ni dans la complaisance. Et on continuera à tenir cette ligne, parce qu'encore une fois, il y aura un après. Et la FNSEA, elle sera toujours au rendez-vous, encore une fois, de la recherche de solutions pour les agriculteurs. Mais oui, clairement, hier soir, ce qui a été vécu était une forte incompréhension. Et je peux vous dire qu'elle a été répandue, y compris dans tout le gouvernement, puisque j'ai eu moi-même des échanges avec le Premier ministre, avec le ministre de l'Agriculture, pour essayer de comprendre, encore une fois, dans ces trois heures avant de communiquer.

Je le dis, exercer, encore une fois, la responsabilité qui m'a été confiée, le faire sans émotion, essayer de se projeter. Et encore une fois, la seule mission qui m'a été confiée, c'est de trouver des solutions pour les agriculteurs. Et dans le moment dans lequel on est, on ne les voit pas.

6:45
Présentateur

Arnaud Rousseau, on va revenir sur la question de ces réponses, qui vous ont déjà, pour une partie, été apportées, qui, visiblement, ne vous satisfont pas. Mais pardon, vous dites que vous avez échangé avec le ministre de l'Agriculture, vous dites que vous avez échangé avec le Premier ministre. Eux-mêmes, visiblement, étaient dans une forme d'incompréhension de cette décision d'invitation de l'Elysée ?

7:02
Arnaud Rousseau

J'ai constaté qu'en tous les cas, il y avait un questionnement. Vous leur poserez la question. Moi, au moment où je vous parle, je n'ai toujours pas compris ce qui a prévalu à ce type de décision. Mais non plus, visiblement.

7:14
Présentateur

Si je comprends bien votre échange avec le Premier ministre, lui-même avait l'air plutôt surpris.

7:19
Arnaud Rousseau

Vous leur poserez la question. Je ne suis pas leur porteur.

7:20
Présentateur

En tout cas, c'est vraiment l'Elysée et l'Elysée seule. Je vous repose la question différemment. C'est l'Elysée et l'Elysée seule qui a pris l'initiative d'inviter les soulèvements de la Terre.

7:29
Arnaud Rousseau

Je ne sais pas comment fonctionne l'Elysée. Je ne sais pas qui a pris la décision à l'Elysée. Encore une fois, ça n'est pas mon sujet. Moi, j'ai pris le temps de vérifier que cette information était exacte. Elle a été divulguée devant 150 journalistes. Donc, je pense qu'il y a un certain nombre de gens qui l'ont entendu.

7:44
Présentateur

Ça a été même enregistré. Donc, effectivement, quand ensuite l'Elysée dit qu'il n'a jamais été question de les inviter, c'est faux. Ça a été dit et certains de nos confrères peuvent en témoigner.

7:52
Arnaud Rousseau

Je l'ai moi-même fait vérifier par nos collaborateurs. Donc, c'est pour ça que je ne veux pas tomber dans l'émotion. Encore une fois, notre responsabilité à l'FNSA, c'est de chercher des solutions. On a travaillé depuis un mois avec le Premier ministre, avec le gouvernement. J'ai vu le président de la République. Nous avons travaillé sur les dossiers. Et au moment où on attendait des annonces, parce qu'encore une fois, ce qui nous intéresse, c'est les solutions dans nos fermes.

8:15
Présentateur

Mais c'est là-dessus que, par contre, j'ai quand même du mal à vous suivre. C'est que des annonces, il y en a eu beaucoup. C'est-à-dire que ça fait quand même longtemps qu'on n'a pas un mouvement qui a autant été entendu que le vôtre. Des mouvements de colère depuis des années, il y en a beaucoup. Il y en a peu qui est obtenu. Et si vite, un certain nombre de points. Je pense notamment aux avances de trésorerie sur le GNR. Je pense notamment au versement immédiat de ce que la PAC vous doit. Je pense à la Commission européenne hier qui propose des mesures de simplification. Je pense au fait de prévoir la baisse des critères environnementaux de la PAC. Je pense à EGALIM 4.

Je pense au changement d'indicateur pour mesurer l'usage des pesticides. Et vous continuez à dire, on attend les annonces ?

8:55
Arnaud Rousseau

Non, mais je voudrais vous dire que moi, je n'attends pas du président de la République qui nous fasse l'exégèse et la technique de ces annonces. Moi, j'attends du président de la République qu'il porte la vision qui est la sienne pour la fin du mandat qui lui a été confié par les Français. Je veux dire que moi, j'attends du président de la République qui nous redit si oui ou non, au plan international, il entend protéger l'agriculture française face à des importations qu'on ne tolère pas. Il a parlé du Mercosur, mais il y a bien d'autres sujets aujourd'hui d'importation de produits qui ne respectent ni nos normes ni nos standards.

J'attends du président de la République qui nous dise ce qu'il entend faire à Bruxelles sur la remise à plat du Green Deal. J'attends du président de la République qui nous explique comment il va protéger la construction du prix En Marche Avant, la question du prix, la question du revenu. Vous voyez, moi, je n'attends pas le président de la République sur les annonces du Premier ministre. Le président de la République, c'est celui sous la Ve République qui montre la direction. Ça, c'est du niveau du président de la République. C'est ça que nous attendions.

9:49
Présentateur

Je suis très frappée par ce que vous dites et ceux qui auront écouté, on l'avait d'ailleurs diffusé sur BFM TV, la conférence de presse d'Emmanuel Macron lorsqu'il était à Bruxelles il y a trois semaines, au moment évidemment de la crise de l'agriculture, c'était particulièrement frappant. Emmanuel Macron avait tenu une conférence de presse pendant peut-être une heure dans laquelle il était rentré très loin dans les détails, y compris de votre métier, sur le fourrage, sur le type de céréales, les oléagineux, lesquels. Au fond, ça vous a presque découragé.

C'est-à-dire que j'ai l'impression, en vous écoutant, que cet aspect-là, c'est-à-dire vous parlez beaucoup de technique, vous impressionnez sur sa connaissance, y compris des moindres exploitations et du type d'exploitation, vous vous êtes dit qu'il y a un truc qui ne colle pas.

10:33
Arnaud Rousseau

Non, d'abord, moi je n'ai pas de problème avec des politiques qui connaissent leur dossier et d'où qu'ils viennent. Et c'est plutôt satisfaisant.

10:38
Présentateur

Mais vous vous dites, au fond, ça ne suffit pas, ce n'est pas ça.

10:40
Arnaud Rousseau

Non, mais attendez, le président de la République, c'est celui qui porte la vision et la direction. Je le redis. Et c'est ça que nous attendons. Là, on constate qu'il nous a été dit à plusieurs salons qu'on ne nous mettrait pas dans des impasses juridiques. Nous y sommes. Qu'on nous protégerait d'un certain nombre d'accords commerciaux. Un certain nombre ont été signés. Il fallait qu'on monte en gamme. On voit bien la limite de l'exercice. Donc voilà, ce qu'on attend du président de la République, c'est encore une fois, et ça ne nuit pas qu'il connaisse les dossiers, je le redis, mais c'est qu'il montre la direction.

Ce qui est encore une fois l'ambition pour l'agriculture française à un moment où la question de la souveraineté alimentaire avec la guerre en Ukraine, avec les tensions géopolitiques, avec la question de la production sur le territoire national est centrale.

11:23
Présentateur

Mais si vous attendez tout ça, Arnaud Rousseau, du président de la République, pourquoi n'allez-vous pas en débattre avec lui demain ?

11:28
Arnaud Rousseau

Parce que je l'ai vu mercredi, parce que j'ai discuté avec le gouvernement, et que pour le rencontrer et avoir un dialogue, il faut que les conditions du dialogue soient réunies. Et à Pauline de Malherbe, au moment où je vous parle, les conditions ne sont pas réunies et ne seront pas réunies d'ici demain matin, tant encore une fois, la tension est grande et l'incompréhension est immense. Tension, incompréhension,

11:50
Présentateur

colère, quel va être l'accueil réservé, pas seulement par vous, Arnaud Rousseau, on l'a bien compris, mais également par les autres agriculteurs demain à son arrivée au salon ?

11:59
Arnaud Rousseau

Écoutez, tout le monde comprend qu'à ce stade, d'abord, je vais réunir le conseil d'administration de la FNSEA pour en décider. Ensuite, il y aura beaucoup d'agriculteurs de partout qui, depuis hier soir, nous font valoir, y compris depuis le moment d'apaisement et de travail qu'on a mis en place, le retour d'une volonté du terrain dans des coudres. Donc, je ne sais pas ce qui se passera demain matin. Je l'ai dit toute la semaine. Le salon, c'est aussi un moment de rencontre avec les Français et c'est normalement un moment de convivialité et de plaisir, de fierté pour les agriculteurs de présenter ce qu'est leur métier.

Ça aussi, ça fait partie de l'incompréhension, vous voyez, parce que la fierté qu'à celui qui va venir vous vendre son produit, celui qui va vous présenter ses animaux, celui qui va présenter un produit au concours général, aujourd'hui, tout ça est gommé parce qu'on n'a pas été capables d'entendre ce qu'est la colère des agriculteurs et que derrière une forme de mise en scène politique, on va louper un rendez-vous majeur.

12:57
Présentateur

Vous dites qu'on n'a pas été capables d'entendre la colère des agriculteurs. Je vous repose la question. Il y a eu toutes ces promesses. Il y a eu trois vagues d'annonces du Premier ministre. Il y a eu la conférence de presse tenue par Emmanuel Macron à laquelle je faisais référence. Il y a eu la Commission européenne elle-même qui a encore fait des annonces hier avec des propositions de simplification et l'engagement de revoir à la baisse les critères environnementaux de la PAC. Ce n'est pas rien ça quand même ?

13:23
Arnaud Rousseau

Non, ce n'est pas rien. Je l'ai d'ailleurs dit après les annonces de la conférence de presse du Premier ministre il y a 48 heures. Nous avons dit qu'il y avait des choses qui allaient dans le bon sens. Je pense à cette loi sur les troubles

13:32
Présentateur

non, mais c'est quand même étonnant de se dire ça va dans le bon sens d'avoir moins d'exigences environnementales.

13:38
Arnaud Rousseau

Pardonnez-moi. Non, je ne vous ai pas parlé de ça, Pauline de Malère.

13:40
Présentateur

C'était la fin de ma question comme vous l'aurez remarqué.

13:43
Arnaud Rousseau

Je vais essayer de finir ma réponse.

13:44
Présentateur

Allez-y, Arnaud.

13:44
Arnaud Rousseau

Je vous ai dit qu'il y a des choses qui allaient dans le bon sens notamment l'annonce de cette loi sur les troubles anormaux du voisinage qui va permettre à des agriculteurs de ne pas être ennuyés par un voisin qui vient de s'installer. Donc reconnaissons quand il y a des avancées.

13:57
Présentateur

Des procès avec des agriculteurs dont on voulait faire faire le coq ou les vaches.

14:03
Arnaud Rousseau

Voilà. Donc vous voyez j'essaie de rester ce qui a toujours été notre comportement équilibré. Donc il y a des choses qui avancent. Il y a des choses qui nous questionnent encore notamment sur les sujets environnementaux parce qu'effectivement il y a beaucoup de promesses qui sont faites qui pour certaines d'entre elles sont attendues depuis longtemps et dont on attend la traduction concrète. Et puis il y a des choses qui ne sont pas encore au rendez-vous par rapport à ce qu'on demande. Lesquelles ?

14:28
Présentateur

Quelles sont vos demandes très concrètes ?

14:29
Arnaud Rousseau

Là, on demande que dans la future loi d'orientation agricole on puisse avoir la reconnaissance de l'agriculture comme étant d'intérêt général majeur. Qu'est-ce que ça changerait ? Ça changerait la reconnaissance de l'agriculture comme étant d'intérêt général majeur et donc ça permettrait dans le cadre juridique et dans les jurisprudences qui existent aujourd'hui de renforcer la souveraineté alimentaire. Voilà ce que nous demandons que nous n'avons pas à ce stade.

14:53
Présentateur

Mais très concrètement arrêtons-nous un instant sur ce point-là. Moi, je n'ai pas tout à fait compris ce que ça veut dire. C'est-à-dire que ça crée une forme de supériorité juridique de l'agriculture contre quoi ? Contre quel genre d'attaque ? À quel moment est-ce que le fait que ce soit reconnu d'intérêt général pourrait être une carte pour protéger les agriculteurs ? Contre quoi ? Contre qui ?

15:17
Arnaud Rousseau

On a la reconnaissance de l'agriculture comme étant un intérêt fondamental de la nation. Ça va dans le bon sens. On a besoin de la reconnaissance de l'agriculture comme étant d'intérêt général majeur, notamment par exemple sur les projets qui concernent le stockage de l'eau. Parce qu'on ne fera pas d'agriculture sans eau. Et donc de pouvoir reconnaître que stocker de l'eau pour l'agriculture mais pas seulement parce qu'on peut avoir un stockage multi-usage pour d'autres activités, ça renforce notre souveraineté alimentaire.

Et donc ça sur le plan juridique, à un moment où tous ceux qui ont des projets de stockage d'eau, que ce soit en verre collinaire de petits volumes, de grands volumes, que ce soit dans des bassins de substitution, ont besoin que le cadre juridique facilite à la fois l'accélération et ça le Premier ministre l'a annoncé, et aussi la jurisprudence qui va avec.

16:05
Présentateur

Ce qui m'étonne, c'est que quand j'écoute le ministre de l'Agriculture, il est d'accord avec vous. Qu'est-ce qui vous manque ? Il le dit. Je veux dire, Marc Fénaud, il dit qu'il est favorable à ses retenues d'eau, qu'il est favorable à ce que vos opposants appellent les méga-bassines. Il est d'accord avec vous ? Qu'est-ce qu'il bloque ?

16:23
Arnaud Rousseau

Il bloque que dans les articles qui ont été proposés à la lecture depuis quelques jours, on ne retrouve pas cette mention. Donc il y a un décalage

16:31
Présentateur

entre le fait qu'il nous dit ce qu'il est d'accord et ce qui se traduit juridiquement.

16:34
Arnaud Rousseau

Ce n'est aujourd'hui pas dans le texte qui nous a été transmis qu'il n'y a qu'une proposition à ce stade, au même titre que ce qui n'est pas encore là, c'est la concrétisation du pas d'interdiction sans solution. Vous voyez ? Le fait qu'on dit à des agriculteurs, à des producteurs de fruits, de légumes, de production végétale, de production spécialisée, quand il y aura un problème sur une molécule, on va se mettre au travail pour chercher des alternatives, mais on ne vous met pas en impasse parce que si on vous met en impasse, on ne le produit plus en France, on ne l'importe dans des conditions qui ne vont pas. Mais ça, il faut le traduire dans la loi.

Au moment où je vous parle, ça n'est pas traduit. Donc vous voyez ? Des choses qui avancent, je l'ai dit, des choses qui nécessitent d'être éclairées et qui nous questionnent mais sur lesquelles on continue à travailler et puis des choses qui n'y sont pas. Enfin, enfin, cette loi, il faut qu'on sache quel va être son timing parce que nous, on a dit qu'au mois de juin, il fallait quand même que les choses soient finalisées. Et puis enfin, le volet européen.

J'y reviens parce que là, on a besoin de revenir sur un certain nombre de décisions techniques européennes notamment du volet Farm to Fork, de la fourche à la fourchette qui est le volet agricole qui mettent les agriculteurs dans des insécurités majeures cette année d'ici l'automne. Donc, il y a un conseil des ministres de l'agriculture lundi auquel j'ai compris que le ministre de l'agriculture M. Fénaud se rendrait à Bruxelles et là encore, on attend des choses.

17:46
Présentateur

Quand vous avez la commission européenne hier qui parmi les pistes de travail parle de propositions de simplification qui vont être faites sans doute dès lundi et qui propose texto de dire on va revoir à la baisse les critères environnementaux de la PAC. C'est-à-dire qu'aujourd'hui pour recevoir l'argent de la PAC vous devez répondre à un certain nombre de critères évidemment de production mais aussi de la manière dont vous produisez ces critères pourraient être revus à la baisse. Je vous repose la question est-ce une bonne nouvelle ? Vraiment ?

18:14
Arnaud Rousseau

D'abord, parce que je vois bien le biais cognitif chez ceux qui nous écoutent l'idée qu'on serait moins dix ans sur le plan environnemental. Je voudrais rappeler qu'en Europe on est les mieux dix ans sur le plan environnemental de tout ce qui se produit sur la planète en termes d'agriculture. Je répète nous sommes en Europe et singulièrement en France parmi les mieux dix ans ceux qui ont les standards les plus élevés.

Le sujet c'est qu'on est dans un monde ouvert et que imposer des règles mais le président l'avait dit avant la commission le besoin d'une pause environnementale pour qu'on puisse digérer et assurer la pérennité de nos entreprises c'est important dans le moment dans lequel on est. Quel est le risque ? Le risque c'est pas de dire maintenant on va arrêter de se soucier des sujets environnementaux. L'agriculteur est le premier à être concerné par ce sujet. Le sujet c'est pas de reculer c'est de faire le pas de côté qui permet de dire qu'est-ce qui est tenable et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

Qu'est-ce qui nous met en impasse et qui nous fait qu'on ne produira plus en Europe pour importer dans des conditions ? Ça c'est très concret c'est du bon sens et ce n'est pas être finalement moins dix ans encore une fois c'est juste être lucide sur le fait que ça ne tient plus dans le moment dans lequel on est.

19:24
Présentateur

Arnaud Rousseau il est presque 9h nous sommes vendredi dans 24h tout pile Emmanuel Macron passera les portes du salon. Est-ce que vous demandez à le voir ou à lui parler avant ou est-ce que d'ici demain ce sera porte close ?

19:37
Arnaud Rousseau

Non mais je l'ai vu mercredi il nous a reçu Sauf que depuis

19:41
Présentateur

les choses se sont infiniment tendues

19:42
Arnaud Rousseau

encore une fois je ne suis pas responsable de ça je vais réunir notre conseil d'administration le président de la République n'a pas besoin du président de la FNSEA pour prendre ses décisions nous on est des partenaires qui avons travaillé depuis un mois avec le gouvernement mais là la balle est dans son camp clairement

19:58
Présentateur

Arnaud Rousseau président de la FNSEA merci à vous d'être venu répondre à mes questions ce matin il est 8h52 sur RMC BFM TV Merci à Pauline de Malherbe bonjour à vous bonjour à toutes et à tous on se retrouve dans un instant pour le live évidemment avec vous l'avez compris un cafouillage gigantesque ce matin autour du débat que voulait organiser Emmanuel Macron demain en ouverture du salon de l'agriculture la FNSEA refuse d'y aller on vous explique tous à ce temps sérieusement ce matin restez avec nous à tout de suite

20:25
Invité

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Présentateur

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Locuteur

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