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interviewC à vous· 31 octobre 2025 61 min

Les visages de la France - C à Vous l’intégrale - 31/10/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

-Grazie. ... - M.Bouhafsi: On est de retour en direct jusqu'à 21h.

Dans quelques secondes, le réalisateur et photographe Y.Arthus-Bertrand. La cheffe a trouvé son péché mignon. - Zoé La Diet: Oui, un koulibiak avec du saumon, des épinards et des champignons. - M.Bouhafsi: C'est exceptionnel!

C'est très généreux. - Zoé La Diet: On est là pour manger et on mange de manière équilibrée et gourmande. C'est un plat très complet.

On retrouve des protéines, des féculents, des vitamines et des minéraux. - M.Bouhafsi: Ca sent bon, c'est beau, c'est généreux, c'est Zoé La Diet!

Au menu de "C à vous la suite", depuis 20 ans, elle accompagne les Français avec le sourire. C'est la reine de "Télématin". M.Lauqué présente la 1re matinale télé de France.

A cette heure-ci, d'habitude, elle est couchée. On va en profiter. On adore parler de la pluie et du beau temps et on est des millions à suivre ses bulletins chaque jour à la télévision.

L.Romejko est le seul homme capable de vous parler de dépression dans la bonne humeur. Il est sur notre plateau.

L.Mariotte s'est invité dans les cuisines des Français pour livrer chaque jour des recettes simples, engagées et sans prise de tête. Il fête ses 35 ans de carrière ce soir.

Le photographe et réalisateur Y.Arthus-Bertrand dresse aujourd'hui un portrait intimiste, celui de la France, à travers un livre et un documentaire passionnants. Il nous en parlera dans quelques secondes. - Y.Arthus-Bertrand: Je parcours la France pour filmer les gens qui font des choses que j'admire. - Notre rêve, c'est que ce lieu puisse continuer à rayonner par une face social food.

Au coeur du fast-food, il y a le social. - M.Bouhafsi: Y.Arthus-Bertrand et L.Mariotte sont nos invités.

Bonsoir, Laurent. Ravi de votre présence sur notre plateau. Bonsoir, Y.Arthus-Bertrand.

Quel plaisir de vous recevoir tous les 2! Vous vous connaissez, d'ailleurs? - L.Mariotte: On s'est croisés, mais on a encore fait un peu plus connaissance dans les coulisses. - M.Bouhafsi: Vous avez pourtant énormément de points communs, à commencer par votre amour pour la France.

Y.Arthus-Bertrand, vous aimez tellement notre pays que vous lui avez tiré le portrait dans ce livre très, très, très lourd! C'est "France, un album de famille".

Vous le cosignez avec le démographe et historien H.Le Bras. 3,5 kg et plus de 900 photos qui racontent notre pays.

Beaucoup vous connaissent pour "La Terre vue du ciel". Vous avez photographié les plus beaux paysages. Mais finalement, c'est à la France que vous revenez toujours? - Y.Arthus-Bertrand: J'étais obsédé de photographier la beauté.

Ca a été mon job pas mal de temps. Mais la beauté des gens qui font et qui travaillent m'impressionne encore plus. Je préfère photographier les visages que des paysages.

C'est le lien qui nous relie tous ensemble qui me fascine. J'ai envie de le montrer. - M.Bouhafsi: L.Mariotte, vous rendez hommage à nos régions françaises avec ce livre, "Une année en cuisine".

C'est une recette par jour pendant un an au fil des saisons. Manger de saison, c'est primordial pour vous? - L.Mariotte: Oui.

Je suis fils et petit-fils de paysans, comme de nombreux agriculteurs qu'on peut voir dans le livre de Yann. La cuisine de saison, c'est le 1er acte écologique à la portée de tous. Ca permet de varier naturellement son alimentation. - M.Bouhafsi: J'ai appris en préparant l'émission que le concept de saison n'était pas réservé uniquement aux légumes? - L.Mariotte: Non, il y a des fromages et des poissons de saison, et même des viandes de saison. - M.Bouhafsi: C'est la saison de quels fromages? - L.Mariotte: Ca dépend de l'affinage, mais on peut être dans des fromages à pâte dure et cuite, comme le comté, le beaufort.

Il y a encore quelques fromages de chèvre. Mais la vraie saison du fromage de chèvre, c'est à partir du printemps. - P.Larrouturou: Et même la viande, vous disiez? - L.Mariotte: Oui.

En nourrissant les bêtes avec un foin, une herbe particulière, ça donne un goût à la viande. Il n'y en a pas beaucoup mais ça existe. - M.Bouhafsi: Dans cet almanach culinaire, on retrouve les galettes bretonnes, les pommes de terre à la sarladaise, les quenelles à la lyonnaise...

Vous êtes attaché aux spécialités régionales. - L.Mariotte: Pour mon magazine, je fais pratiquement 2 régions par mois pour mon reportage.

Je rencontre des personnes passionnées. J'aime aussi rencontrer des cuisiniers amateurs. J'étais en tournage en Corse pour mon émission de télévision et j'ai fait venir des locaux rencontrés sur le marché, pour faire des recettes familiales avec moi.

Ce que j'aime, c'est la transmission et qu'on n'oublie pas certaines recettes locales. - M.Bouhafsi: La spécialité de la Toussaint, ce sont des courges rôties en salade avec noix et persil. - L.Mariotte: C'est Halloween!

Plutôt que de la transformer en lanterne, cuisinons-la. - M.Bouhafsi: On passe à l'oeil d'E.Eméyé. - E.Eméyé: Je vous entends depuis tout à l'heure et je me dis que j'ai bien fait de choisir ce livre aujourd'hui. "Le Soleil n'aime pas nous quitter", ce livre au titre mystérieux... - L.Mariotte: C'est un neveu et sa tante qui l'édite. - E.Eméyé: Tata Najet, c'est ça... ... - M.Bouhafsi: C'est généreux, mais il y a quand même beaucoup d'huile d'olive! - E.Eméyé: On est en Tunisie, désolée.

En tout cas, on rêve tous d'avoir une tata comme elle. Elle est toujours prête à cuisiner, surtout pour son neveu quand il revient au pays. Je ne la connaissais pas jusqu'à ce que Claire, qui travaille avec moi, me supplie de regarder ses vidéos.

J'ai craqué car c'est un vrai rayon de soleil! Dans ses vidéos, rien n'est parfait. On entend parfois le mixeur en permanence.

On a toute l'authenticité du foyer et de la culture de la Tunisie. J'en ai profité pour apprendre que felfel, c'est les poivrons et les piments typiques de la cuisine tunisienne. Comment cette tata si sympathique, qui vit au rythme des repas qu'elle prend plaisir à cuisiner pour toute la famille, se retrouve filmée et autrice d'un livre de cuisine?

C'est son neveu qui nous répond. - Ma tante, c'est quelqu'un de très important pour moi. Je trouvais dommage et presque triste que les futures générations de la famille ne la connaissent pas.

Ma tante a fait ce livre... - Je suis très heureuse de ça.

Je te remercie beaucoup. - E.Eméyé: On voit la complicité entre tata Najet et son neveu.

Ce livre existe comme un pont entre un homme et ses racines tunisiennes. Samir partage plus de 80 recettes de sa tante. Il y a les intemporelles, et d'autres plats dont je ne voudrais pas écorcher le nom... - P.Larrouturou: J'ai regardé, vous allez me dire si je prononce bien...

Il y a le robza, qui a l'air délicieux...

Ca, ça a l'air succulent. - E.Eméyé: Et il y a aussi tous les commentaires savoureux de tata Najet.

Pour elle, la sardine est un plat généreux qui se partage. J'avais quelques doutes alors j'ai regardé. En fait, oui!

C'est génial, à condition que ce soit cuisiné par tata Najet avec des tas d'ingrédients mystérieux mais savoureux. Najet m'a rappelé la cuisine de ma propre tante. C'était ma nounou.

Même douceur, même sourire, même générosité. Un livre de cuisine, c'est un peu de notre enfance qui refait surface avec de la douceur, de la simplicité et beaucoup d'amour. Ce livre est un cadeau pour vous.

On va juste réentendre tata Najet qui nous parle de son neveu. - Au début, il m'a filmée, il a montré des choses à la maison. J'étais un peu gênée.

Après, sur le compte Instagram, il montrait autre chose, la vie simple dans nos maisons, comment ça se passe à l'intérieur. Ca m'a plu. Il y a des choses qui commencent à se perdre.

Quand on est réunis autour d'une table, même pas pour un grand plat, ça commence à se perdre. - E.Eméyé: Il faut retrouver ces instants où on est tous réunis autour de la cuisine. - M.Bouhafsi: Mais pourquoi ce titre? - E.Eméyé: Je vais laisser Samir vous répondre. - C'est le soleil qui va terminer le travail.

Il sèche tout dans les cours. - Oui, le soleil est toujours avec nous. - M.Bouhafsi: Le soleil qui sèche aussi la cuisine de L.Mariotte...

On parle de "Une année en cuisine". C'est un livre de recettes accessibles et ancrées dans la réalité du quotidien. Cuisiner tous les soirs, ce n'est pas simple? - L.Mariotte: Ca peut être une corvée quand on rentre du travail.

On peut aussi se mettre la pression. Mais avec 30 minutes par jour, on peut tous faire quelque chose. Le prétexte du temps est assez souvent bidon. - M.Bouhafsi: Les journées sont longues pour les Français.

Il y a parfois des enfants à gérer...

C'est difficile de cuisiner et de bien cuisiner? - L.Mariotte: Mais une omelette et 2 oeufs au plat, c'est déjà de la cuisine.

Il faut arrêter de se mettre la pression. Là, on a la période des courges et des potimarrons, qu'on peut griller au four. On peut mettre des clémentines, des câpres... - Y.Arthus-Bertrand: De la clémentine avec du potiron? - L.Mariotte: Oui, ça donne un côté acidulé.

On met ça dans le four et on fait autre chose pendant que ça cuit. - M.Bouhafsi: En ces temps d'inflation, les Français ont changé leur manière de consommer.

On l'a vu avec la hausse de la consommation des oeufs. C'est une source de protéines pas chère. C'est important pour vous de prendre en compte les fins de mois compliquées des Français dans vos recettes? - L.Mariotte: Complètement.

Je limite de plus en plus les ingrédients et les gestes. Et même sur le coût de l'énergie, car j'ai des retours sur les cuissons au four...

On me voit faire une recette avec 3 ingrédients, des carottes, du sirop d'érable et un peu d'ail. C'est une garniture pour accompagner une viande blanche ou un poisson. Je fais des moules, des pommes de terre, des produits accessibles et bon marché.

Les oeufs sont au centre de mes recherches. - M.Bouhafsi: On vous connaît depuis 35 ans.

Vous étiez déjà un visage familier du petit écran et vous décidez de changer de vie en passant votre CAP de cuisine. Vous avez pris ce virage quelque temps après la naissance de votre fils et ce n'est pas une coïncidence? - L.Mariotte: Comme je disais, je suis fils et petit-fils de paysans.

J'ai été élevé avec la cuisine de saison. On avait 3 potagers et j'ai toujours su ce que j'avais dans mon assiette. Quand j'ai eu un enfant, c'était naturel pour moi de savoir ce qu'il mangeait.

Je me suis mis encore plus à cuisiner. Peu de temps après, j'ai changé de vie. - M.Bouhafsi: Vous vouliez ouvrir un restaurant et 20 ans après, toujours pas de restaurant! - L.Mariotte: Je suis devenu chroniqueur et journaliste culinaire, et ça me va très bien.

Je vais rencontrer des chefs, des restaurateurs. J'ai aussi des projets pour les terres de mon père, dans les Vosges. - M.Bouhafsi: On retrouve aussi en librairie "Les Petits Plats de Laurent Mariotte".

Vous présentez aussi "Petits Plats en équilibre" sur TF1. Vous êtes un peu le copain qu'on aimerait tous avoir en cuisine, surtout quand on est flemmard. - L.Mariotte: Bonjour, tout le monde.

J'aime que la cuisine soit simple et réjouissante...

Des pâtes, du thon, des ingrédients du placard pour une recette familiale à faire en moins de 30 minutes. Vous entendez? On a l'impression que l'aubergine est faite pour frétiller.

De la graisse de canard, des haricots, une saucisse...

Ca ne sentirait pas le cassoulet? C'est la saison du raisin, profitez-en! trop propre, vos pulls sont trop beaux!

Ca ne se passe pas comme ça... - L.Mariotte: Je me fais engueuler par les téléspectateurs et les téléspectatrices car je ne mets pas souvent de tablier.

Il faut donner envie. Mon obsession, c'est que les téléspectateurs puissent refaire la recette le jour même. - M.Bouhafsi: Le succès est au rendez-vous.

Les audiences sont excellentes. D'ailleurs, qui mange les plats après les tournages? Ici, il n'y a pas de pertes! - L.Mariotte: Nous non plus.

Le soir, tout le monde repart avec les plats. Tout ce qui n'est pas cuisiné, on l'envoie à des associations, les produits bruts. - A.Bégot: On est inondés, via les réseaux sociaux, de vidéos de cuisine.

Tout le monde est en cuisine et paradoxalement, on n'a jamais aussi mal mangé. De la nourriture transformée... - L.Mariotte: Ca, bien sûr!

Instagram, c'est le culte du spectaculaire et du waouh. C'est du gras, du coulant, du sucré...

On mange trop sucré. - Y.Arthus-Bertrand: Pas toujours.

Il y a aussi beaucoup de plats vegans et végétariens. - L.Mariotte: C'est vrai que la cuisine végétarienne et vegan donne envie.

Elle est attirante. - A.Bégot: Il y a plein de comptes pour cuisiner pas cher mais malgré tout, les Français continuent de mal manger. - L.Mariotte: Les produits ultratransformés, c'est une catastrophe.

Au bout de 15 jours de consommation de ces produits, problèmes cardiovasculaires, obésité, surpoids et dépression...

Et c'est 35 % en France de nos apports nutritionnels, ces cochonneries! Il faut combattre ça. Il n'y a qu'une chose à faire pour se nourrir sainement, c'est de cuisiner. - Y.Arthus-Bertrand: Tu fais la promotion du bio? - L.Mariotte: Bien sûr!

Mais je fais aussi la promotion du pouvoir d'achat. En ce moment, beaucoup de gens me disent qu'ils ne peuvent plus consommer bio. - M.Bouhafsi: Souvent, on culpabilise de ne pas pouvoir manger bio.

La plupart des Français vivent avec des difficultés financières. Il ne faut pas avoir honte de manger du surgelé? - L.Mariotte: Et des conserves, même!

La boite de thon, on en fait des croquettes avec des herbes aromatiques pour les enfants. Les coeurs d'artichaut, les fèves, les petits pois...

Mais des produits bruts, pas transformés. - M.Bouhafsi: Si vous n'avez pas grand chose à faire, vous pouvez venir à la maison et nous faire des doggy bags! - L.Mariotte: Il y a Zoé, aussi... - M.Bouhafsi: Elle nous régale, cette semaine.

Avant ça, on va parler de "France, un album de famille". C'est un livre dense et exceptionnel. - Y.Arthus-Bertrand: Ce n'est pas qu'un livre de photos.

Il y a aussi des légendes, du texte. Tous les métiers existants en France sont là-dedans. - M.Bouhafsi: Ce livre a passionné toute la rédaction.

Il est passé entre toutes les mains. Tout le monde a donné sa plus belle photo. Vous avez sillonné la France pendant 3 ans.

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué? - Y.Arthus-Bertrand: Le lien qui nous relie tous ensemble.

On envoyait sur les réseaux qu'on était dans la ville et les gens s'inscrivaient. Les gens faisaient la queue pour se faire photographier. On demandait aux gens de venir se faire photographier en famille, ou avec les gens qu'ils aiment.

On créait une espèce de...

C'est l'opposé de l'Assemblée nationale. Tout le monde s'aime, tout le monde se serre la main. On a vraiment créé une bulle.

C'était fascinant. On a reçu et donné énormément d'amour. Etre journaliste, c'est aimer les gens.

J'ai passionnément aimé tous ces gens. On m'a apporté des oeufs, du fromage, de la viande...

Tout ce qu'ils faisaient! J'ai adoré faire ça et je vais continuer. - M.Bouhafsi: Vous signez cet ouvrage avec le démographe H.Le Bras.

Ses textes accompagnent vos photos. Ensemble, vous mettez des visages sur les chiffres et les statistiques. - Y.Arthus-Bertrand: Je conseille à tout le monde de venir voir à la Mairie de Paris l'exposition gratuite que nous faisons.

Il y a un studio photo où on peut aussi se faire photographier. L'expo s'arrête dimanche à 14h, venez! Quand j'ai fait ce travail, j'avais l'impression d'être à ma place de photographe.

Je savais à quoi je servais. J'ai adoré faire ces images. On a fait 30 000 Français.

Et depuis qu'on est à la Mairie de Paris, on en a fait 2200. - M.Bouhafsi: Je prends par exemple la page 309.

Il y a un détail important dans vos photos: tout le monde sourit. Sur notre plateau, le sociologue J.Viard disait qu'on est un pays de dépressifs.

Vous avez rencontré 30 000 personnes. Est-ce qu'on ne va pas mieux qu'on ne le pense? - Y.Arthus-Bertrand: J'en suis persuadé.

C'est la France en tout cas que j'ai envie d'avoir. On n'est pas dépressifs, ce soir. C'est aussi la manière de regarder le monde...

J'ai envie de vivre avec le sourire et les bras ouverts à la vie. En ce moment, on peut être un peu déprimé, mais travailler avec les Français, ça te remplit d'amour, de quelque chose d'indispensable. On a une équipe géniale.

Je travaille avec mon assistante Françoise depuis 30 ans. On est des passionnés. Il faut voir l'expo...

La dame de la maison d'hôtes qui nous a reçus...

Regardez comme les gens sont heureux! - A.Bégot: Il y a beaucoup de fierté dans leur regard. - Y.Arthus-Bertrand: C'est une expo qui fait du bien.

Une dame est venue nous voir hier. Elle a fait de la chimio, elle n'a plus de cheveux. Elle m'a sauté dans les bras, avec son petit garçon.

Elle m'a dit: "J'ai l'impression que ce bouillon d'amour que je reçois dans votre exposition me guérit." On était en larmes tous les deux. - A.Bégot: Vous avez été très surpris de ça? - Y.Arthus-Bertrand: Oui, surtout que les gens passent beaucoup de temps à lire les légendes d'H.Le Bras, qui sont passionnantes.

Il n'y a pas que les photos, il y a la vie du boulanger, comment le prix de la baguette a monté... - P.Larrouturou: Les gens partent quand même de la photo... - Y.Arthus-Bertrand: Tous les gens qui viennent se faire photographier à Paris aujourd'hui repartent avec leur photo.

J'adore! - M.Bouhafsi: Laurent, vous avez découvert ce livre magnifique.

Vous aviez envie de vous arrêter sur une photo en particulier? - L.Mariotte: Oui, une famille d'agriculteurs... - M.Bouhafsi: Elle est page 332.

J'arrive...

On est en direct. Elle est là! - L.Mariotte: C'est ce que disait Yann.

Les commentaires et les légendes d'H.Le Bras racontent aussi sociologiquement ce qu'est notre pays. L'agriculture est en pleine mutation. - Y.Arthus-Bertrand: Cette famille-là, ils ont eu un drame.

Ils ont perdu entièrement leur troupeau de vaches avec une épidémie. Ils repartent à zéro, avec la passion. Ils m'ont envoyé un petit mot. - M.Bouhafsi: Cette famille de l'Aveyron, c'est Nicolas, Sylvie et leurs enfants. - Y.Arthus-Bertrand: Souvent, les femmes ne peuvent plus travailler dans la ferme, sinon elles ne gagnent pas leur vie.

Le travail des femmes permet aux fermes de vivre. - M.Bouhafsi: Laurent, vous n'avez jamais cessé de défendre les producteurs français.

D'ici 10 ans, le nombre de fermes pourrait baisser de 30 %. J'imagine que ça vous bouleverse? - L.Mariotte: C'est une catastrophe. 200 fermes agricoles ferment par semaine en France.

Ce sont des petites exploitations. - Y.Arthus-Bertrand: C'est un scandale qu'on ne soit pas capables d'acheter au vrai prix.

Quand on voit des affiches pour Lidl, le fromage le moins cher...

Il faut payer le vrai prix aux agriculteurs qui travaillent 70 heures par semaine! Ils gagnent 500 à 600 balles par mois! C'est une honte! - L.Mariotte: Il y a justement beaucoup de paysans qui se regroupent en magasins paysans.

Eux peuvent vendre au juste prix leur production. J'en vois justement qui retrouvent le sourire. Dans mon village des Vosges, une famille de paysans a une ferme bio et vend à la ferme, en direct, 2 heures le mercredi et 2 heures le samedi, ainsi que sur quelques marchés.

Et ils arrivent à faire vivre 4 personnes. - Y.Arthus-Bertrand: C'est ce qui se passait dans le temps. - L.Mariotte: Tu parles des épiciers dans le livre.

Mon village est devenu un village dortoir. Il n'y a plus de commerces! Il faut refaire ce lien social.

Il faut arrêter de vouloir tout en low cost. Il y a aussi de belles initiatives... - Y.Arthus-Bertrand: Très belle photo, celle-ci. - M.Bouhafsi: Vous avez photographié la France entière, tous les corps de métiers, les associations aussi. - Y.Arthus-Bertrand: 5 millions de Français, chaque semaine, sont bénévoles.

C'est la colonne vertébrale de la France. Ce sont des gens qui font, qui aiment et qui partagent. - M.Bouhafsi: Je voudrais m'arrêter sur une photo.

Une séance vous a touché, une mère avec son fils, à Saint-Brieuc. Qu'est-ce qui s'est passé, à cette occasion? - Y.Arthus-Bertrand: C'est une dame qui est arrivée en me disant: "Voilà, mon fils est autiste.

Ca va être compliqué de le faire venir." Je lui ai dit de venir plus tôt. Il avait peur, ça a duré 20 ou 25 minutes...

Il est arrivé sur le banc et elle était tellement heureuse, tellement contente, tellement fière...

Elle m'a regardé avec ce sourire et on a tous pleuré. C'était une émotion incroyable. Ces enfants sont aimés d'une façon inouïe et ça m'a beaucoup touché. - M.Bouhafsi: Vous avez encore les larmes aux yeux. - E.Eméyé: Il ne regarde pas la caméra, mais il y a tellement de choses dans son regard... - M.Bouhafsi: Il y a aussi un documentaire qui accompagne la sortie du livre, "France, une histoire d'amour".

L'idée est de filmer les gens à travers la France qui font des choses que vous admirez. Il n'y a pas qu'avec votre appareil photo que vous capturez des moments de vie. Quand vous rencontrez Claire, éleveuse en Saône-et-Loire, elle nous bouleverse. - Ma vieille dauphine!

Elle a fait son veau, elle avait 18 ans. Vous savez ce que j'ai fait? Je ne l'ai pas envoyée à l'abattoir.

On l'a fait euthanasier chez nous. Parce que quand même...

On leur doit quelque chose, quoi. - M.Bouhafsi: Tout ça est parti d'un mail. - Y.Arthus-Bertrand: Elle avait fait un post à la FNSEA.

Je lui ai envoyé un petit mot. Je lui ai dit: "Regardez le film et on en parle après." Elle m'a dit que le film était pas mal.

On est devenus amis. Dès que je reçois des lettres d'insultes...

J'en ai reçu beaucoup, quand je faisais des émissions de télé. Je réponds toujours gentiment. Chaque fois, ça marche. - L.Mariotte: C'est bouleversant.

Ca sort aussi de l'agribashing. On veut faire croire que les paysans sont des pollueurs, qu'ils s'en foutent du bien-être animal. Le nombre d'éleveurs que je connais qui ont du mal à se séparer de leurs animaux...

C'est la réalité. C'est un bonheur pour tout le monde. - E.Eméyé: Dans ce documentaire, il y a l'idée de montrer tous ces Français tels qu'ils sont.

Il y a des moments de joie magnifiques. Mais vous avez quand même osé laisser dans le film des moments un peu tendus, où vous êtes pris à partie par un éleveur qui se plaint parce qu'il a des problèmes avec les loups. - On va faire un truc.

Si vous partez dans l'ineptie et le catalogage en disant... - Y.Arthus-Bertrand: Je te pose des questions.

Tu réponds oui ou non. - Ne me prenez pas pour un né de la dernière pluie. Il y a des gens... - Y.Arthus-Bertrand: Ne vous énervez pas! - Ca fait une demi-heure que je suis là et vous ne me croyez pas.

Les menaces, vous ne croyez pas... - Y.Arthus-Bertrand: Les menaces de mort... - E.Eméyé: C'était une volonté de tout laisser, tout montrer tel quel. - Y.Arthus-Bertrand: Oui.

Quand tu vas parler aux bergers et que tu es un protecteur des loups, il faut les comprendre. C'est leur vie, quelque part. C'était intéressant de voir leur vraie vie, de leur répondre et de donner ma version et la leur.

C'est un peu le problème des écolos. Regardez les scores minables qu'on fait, les Verts. On n'aime pas assez les gens.

Etre écolo, c'est aimer la vie et d'abord aimer les gens. J'aime passionnément les gens. Ca m'intéressait de parler avec ces bergers.

Ils sont comme nous. Ils n'ont pas envie de rester toute la nuit près de leurs moutons. Ils veulent regarder la télé le soir comme tout le monde.

J'avais envie d'en parler avec eux. - M.Bouhafsi: C'est courageux aussi... - Y.Arthus-Bertrand: Non... - M.Bouhafsi: De laisser ces moments à la télévision.

On ne voit pas souvent ces échanges. On élimine ça au montage, d'habitude. Cet éleveur doit être content que son message soit passé.

A vos côtés dans quelques secondes, 2 personnes qui informent les Français. Leur point commun, c'est l'humour et le sourire, qui peuvent vite se transformer en fous rires. - Pour la cellulite, on y va avec des petits picots...

Fou rire. - D.Thévenot: Maya se masse... - L.Romejko: Un peu de vent, mais il aura du mal à dégager le ciel sur le pourtour...

M.Vignes ricane. Ambiance très humide, des nuages sur la pointe bretonne... - Je conseille à Gérard d'abord de beurrer son moule avant de verser...

Donc beurrer le moule, et ensuite... - M.Bouhafsi: M.Lauqué et L.Romejko sont nos invités.

Bonsoir. On est ravis de vous recevoir. C'est une très belle équipe.

Maya, vous êtes désormais la reine de "Télématin", aux côtés de D.Thévenot, la 1re matinale de France à la télévision, du lundi au jeudi avec D.Thévenot.

Vendredi, samedi et dimanche, c'est S.Ollivier et M.Taravant.

L.Romejko, on retrouve tous les midis dans "Météo à la carte". Vous publiez aussi "Quand le ciel fait des histoires".

On vous a demandé de choisir une photo dans ce fabuleux ouvrage de Y.Arthus-Bertrand. La vôtre, Maya? - M.Lauqué: La photo d'un petit garçon malade, qui a été gravement malade, entouré de tous ses aidants.

On dit qu'il faut un village pour élever un enfant. Il faut un village pour le soigner et l'accompagner. - Y.Arthus-Bertrand: C'est la mère qui a organisé la photo.

Le petit garçon criait "merci". - M.Lauqué: Il y a des membres d'associations, ses amis... - Y.Arthus-Bertrand: Maintenant, il est guéri. - M.Bouhafsi: La vôtre, Laurent? - M.Lauqué: Elle a été difficile. - L.Romejko: J'ai choisi deux hommes qui travaillent aux pompes funèbres.

Leur boulot, il faut le faire. Ils sont tous les 2 tout sourire. Ca m'a parlé aussi parce que c'est un sujet que j'ai évoqué il y a quelque temps.

Même là, il y a une préoccupation environnementale, dans l'inhumation. - Y.Arthus-Bertrand: Ca a été fait dans mon studio à Paris.

Les gens ne savaient pas qu'on faisait des photos. Ils sont arrivés avec leur cercueil... - M.Bouhafsi: Ca doit être compliqué! - Y.Arthus-Bertrand: "Quelqu'un est mort?" Il y a eu un énorme silence.

Dans mon studio à Paris, j'ai mon cercueil. Quelqu'un m'a envoyé un cercueil en carton. Les gens mettent des mots sympas dessus... - M.Bouhafsi: On va vous garder longtemps. - Y.Arthus-Bertrand: Je l'ai essayé.

Je vais être longtemps dedans. C'est bien de l'essayer. - M.Bouhafsi: On revient à une actualité plus positive.

Même si c'est la Toussaint...

Tous les jours, on se réveille avec vous, Maya, dans "Télématin". Vous êtes suivis par près de 600 000 personnes. "Télématin" est la 1re matinale de France à la télévision.

C'est une institution, un repère. C'est quoi, l'esprit de "Télématin"? - M.Lauqué: Un esprit famille.

On picore. C'est à la fois de la bonne humeur, des conseils, une bande qui vous réveille et qui essaie de vous donner la pêche pour la journée, mais aussi un repère d'information si on veut voir un journal et savoir ce qui s'est passé dans la nuit. Chacun y trouve un petit quelque chose à garder pour sa journée. - M.Bouhafsi: Pour nous, l'esprit "Télématin", c'est ça. - M.Lauqué: C'est un gâteau basque! - L.Ballet: Un gâteau breton! - M.Lauqué: On dirait un gâteau basque.

Ca va filer... ... - On passe... - D.Thévenot: Attention, tombez pas! - On va pas tomber. ... - M.Bouhafsi: C'est comment, de se lever tous les matins à 4h? - M.Lauqué: C'est dur, mais on ne dirait pas, là.

C'est chouette, pas le réveil...

Mais se dire qu'on réveille les gens...

Quand on reçoit des messages, avec Damien, qui nous disent "vous nous avez donné la forme pour la journée", c'est une super récompense. - M.Bouhafsi: Cette émission a 40 ans.

Qu'est-ce qui fait encore son succès? - M.Lauqué: Il ne faut pas avoir le poids de ces 40 ans et essayer d'embrasser cette histoire, cette référence qu'est "Télématin" en essayant de l'accompagner et continuer à la faire grandir.

C'est une responsabilité et une énorme chance à la fois. 3 heures 20 de direct par jour sur le service public. C'est une performance presque physique, mais c'est aussi un énorme privilège et un terrain de jeu formidable. - M.Bouhafsi: Qui regardait "Télématin" quand vous étiez petite? - M.Lauqué: Mes parents.

J'étais dans la cuisine. Je faisais tomber mon sachet de thé. J'entendais "Télématin" dans mon dos.

Mes parents regardaient. Je n'avais pas le droit de regarder la télé. Pour moi, c'était la radio. - M.Bouhafsi: Depuis janvier 2024, il y a une autre matinale à la télévision.

Comment on se renouvelle? C'est une concurrence. - M.Lauqué: C'est stimulant.

Ca nous force à nous remettre en question, à nous rappeler ce que sont nos fondamentaux et à avancer. Il y a d'autres concurrents. C'est un paysage qui évolue, le matin.

Il se densifie. L'idée est de se resserrer sur nos bases. Qu'est-ce qui fait qu'on aime cette émission depuis tout ce temps?

Qu'est-ce qui fait qu'on va encore l'aimer? - A.Bégot: On vous a connue dans plein d'autres exercices à la télévision.

Vous avez été le joker de J.Bugier pendant un an. Vous avez décidé de vous mettre en retrait de la présentation des journaux.

L.Salamé, au 20h depuis la rentrée, a subi un certain nombre de critiques. Comment vous voyez ça?

Ca vous a surprise, choquée? - M.Lauqué: Ca me choque, ça m'agace.

Je connais bien Léa. On était à iTélé. Je connais la grande professionnelle qu'elle est, la camarade et l'amie qu'elle est.

Je sais sa force de travail, sa volonté. Elle est formidable et elle a un grand talent. Ce serait bien qu'on la laisse un peu travailler, qu'on lui fiche un peu la paix. - P.Larrouturou: Vous êtes une enfant du Pays basque, comme moi.

Une étude a montré que plus de la moitié des Français considèrent que l'accent disparaît. Dès votre plus jeune âge, à 10 ans, vous avez travaillé votre prononciation de "rose" ou "jaune". - M.Lauqué: J'ai fait le stage de l'opéra pendant un an.

A priori, je dansais...

Mon institutrice, qui nous regarde peut-être, me disait comment prononcer "rose" ou "mauve". - P.Larrouturou: On ne dit pas "chocolatine"... - M.Lauqué: On le dit toujours. - M.Bouhafsi: On ne dit pas "chocolatine", en France.

Ce n'est pas possible. Gardez vos mots un peu étonnants! - M.Lauqué: Les accents à la télé, c'est formidable.

Ils reviennent vite. - P.Larrouturou: Quand je rentre au Pays basque, il revient. - M.Bouhafsi: Vous avez un point commun: vous avez le sourire, vous éclairez et vous informez les Français.

L.Romejko, c'est une pluie d'anecdotes dans votre livre, "Quand le ciel fait des histoires". Vous revenez sur des phénomènes météorologiques qui ont parfois donné lieu à des situations incongrues, comme un match de foot en Angleterre en 1937. - L.Romejko: Ca se passe en décembre.

Il y a une tradition: un championnat qui commence juste après Noël. C'est un jour férié, le 26 décembre. Ce championnat se déroule à une période de l'année où les conditions météorologiques sont assez brumeuses, le fameux fog qui tombe sur Londres.

C'était le cas le 26 décembre 1937. Il y avait un match entre 2 équipes, Chelsea et Charlton Athletic, je crois. Tous les matchs du championnat ont été annulés, sauf celui-ci.

Ils ont joué la première mi-temps. C'était difficile d'apercevoir le ballon. Je ne vous raconte pas les spectateurs en tribune...

En 2e mi-temps, le brouillard s'est épaissi. Charlton a attaqué. Le gardien de but était de l'autre côté.

Il a vu ses camarades partir à l'autre bout du terrain. Il s'est dit qu'ils étaient en train d'enchaîner les buts. En fait, le match était interrompu depuis 20 minutes.

C'est quelqu'un qui passait par là qui a dit au gardien de but: "Qu'est-ce que vous faites là encore?" Le gardien s'est fait charrier. Ils étaient tous douchés, habillés et repartis. - M.Bouhafsi: Je pense aux collègues qui se demandent s'il ne manque pas quelqu'un. - E.Eméyé: Il y a plein d'histoires amusantes dans votre livre.

On apprend aussi des mots. Quelqu'un connaissait le mot "pétrichor"? - L.Mariotte: Ils en ont parlé à la radio.

C'est l'odeur de la pluie... - M.Bouhafsi: Bravo! - A.Bégot: Est-ce que vous savez que la tour Eiffel peut changer de taille? - L.Mariotte: C'est en fonction de la tour Eiffel, la rétractation? - L.Romejko: C'est en fonction de la météo.

Avec la chaleur, elle se dilate, elle grandit. Ca peut être 15 à 18 cm en hauteur. Il y a aussi le vent, avec une oscillation assez importante.

On se souvient de la tempête de 99. Ca soufflait à 216 km/h. L'anémomètre au sommet de la tour Eiffel s'est cassé.

La variation a été de 13 cm. Généralement, c'est 6 ou 7 cm. Les 4 faces de la tour Eiffel ne sont pas toutes exposées de la même manière.

Quand une face reçoit le soleil, l'autre est à l'ombre. Il y a une déformation et une asymétrie. Elle penche.

Le métal a été étudié pour que ça bouge par G.Eiffel et ses équipes, ce qui confère cette solidité à la dame de fer. Mais ça bouge énormément.

Ca peut bouger jusqu'à une oscillation d'une vingtaine de centimètres au sommet. - M.Bouhafsi: Laurent, vous présentez "Météo à la carte" sur France 3 depuis 13 ans.

Un docteur en agroclimatologie était sur notre plateau pour parler des effets du réchauffement climatique. Il est la cible des climatosceptiques. C'est dingue.

Il a même reçu des menaces de mort. Vous aussi, vous avez reçu des messages? - L.Romejko: Non, mais des messages contradictoires...

A l'occasion de la sortie du livre, j'ai pu me déplacer un peu partout en France. Il m'est arrivé récemment de croiser des gens qui émettent des doutes sans problème. On essaie d'argumenter, d'expliquer que les concentrations en gaz à effet de serre, notamment en dioxyde de carbone...

La hausse est importante sur une durée très courte. Il y a un parallèle avec la hausse du thermomètre. On essaie d'apporter ces arguments.

On a connu différentes périodes. Je me souviens de la COP de Copenhague, en 2009. - Y.Arthus-Bertrand: On y croyait, à ce moment-là.

On croyait aux COP. - L.Romejko: Les micros leur avaient été tendus.

Ils avaient été entendus. En 2015, ça s'est calmé. Là, j'ai l'impression qu'il y a à nouveau une parole qui doute. - Y.Arthus-Bertrand: Trump en est le leader. - L.Romejko: C'est l'accélérateur de tout ça. - Y.Arthus-Bertrand: Ce qui est formidable, c'est que les gens de la météo parlent beaucoup d'environnement.

Il y a 140 t de pesticides dans les nuages en France. - M.Bouhafsi: Il faut souligner le travail du service public.

Météo climat tous les jours sur France Télévisions. - L.Romejko: Malheureusement, les événements qui se déroulent...

On a eu le cas cette semaine avec des intempéries importantes. Ca démontre que ce dérèglement est bel et bien là. - Y.Arthus-Bertrand: On rabâche toujours la même chose. - M.Bouhafsi: On va passer à table dans quelques instants.

Zoé La Diet a trouvé votre péché mignon. Dans "Météo à la carte", vous aimez évoquer les régions françaises. On a retrouvé une archive de vous.

Vous rendez hommage au Sud, mais un peu moins à la chanson et à N.Ferrer. - L.Romejko: Oh non!

On dirait le Sud. Le temps dure longtemps. Et la vie, sûrement plus d'un million d'années...

Et toujours en été. Etonnez-vous qu'il pleuve! - M.Bouhafsi: Ca s'est passé après une rupture? - L.Romejko: Je vous raconte.

J'étais parti pour participer à cette spéciale avec une autre chanson que je maîtrisais un peu mieux. Je choisis bêtement...

J'ai choisi la chanson qui me plaisait et pas celle que je savais chanter. Ca a été une erreur de débutant. - M.Bouhafsi: Un message solennel à Nagui: invitez L.Romejko à "N'oubliez pas les paroles".

Heureusement que vous présentez la météo et que vous ne faites pas de chansons! Zoé La Diet, vous nous avez rejoints pour un koulibiak généreux, magnifique. Surtout, c'est le péché mignon de Yann. - Y.Arthus-Bertrand: Ce n'est pas mon péché mignon.

C'est le repas de ma mère. Ma mère le faisait tous les ans. J'ai une belle et une sale histoire avec ma mère.

Je ne l'ai pas assez aimée. Quand je suis parti de chez moi, quand j'avais 17 ans, mon père m'avait dit: "Ta mère a pleuré tous les jours pendant un an quand tu es parti." Un jour, je vais voir ma mère, il y a quelques années.

Je lui dis: "Je voudrais que tu me pardonnes pour tout ce que je t'ai fait." Ma mère a éclaté de rire. "On pardonne tout à ses enfants." Ca m'a fait un bien incroyable.

Demander pardon, c'est quelque chose qu'on ne sait pas faire. Ca, c'était son repas préféré. Elle le faisait tous les jours.

Et le saumon...

Quand mon père avait été en Norvège, il avait ramené un petit morceau de saumon pour 6 enfants. Aujourd'hui, c'est une industrie. Il ne faut pas manger du saumon industriel.

C'est de la merde totale. Dans un élevage de saumons, il y a 20 à 30 % de pertes, d'animaux morts. - L.Mariotte: Les labels essaient de faire en sorte que le saumon soit bien élevé.

Il y a un élevage de saumons à Cherbourg. Les saumons ont besoin d'être musclés. - M.Bouhafsi: C'est le plat préparé par Zoé La Diet.

On espère que vous allez vous régaler. Merci pour ce très joli moment d'émotion. Je parlais de la cause animale.

Ce n'est pas facile de reprendre derrière l'émotion de Yann. Vous avez une ferme, Laurent. Il y a des vaches...

Vous protégez vos animaux. Vous avez même un magnétiseur. - L.Mariotte: Je n'ai pas une ferme.

J'ai perdu mon père quand j'étais gamin. Je viens de récupérer les terres. Elles sont exploitées par des gens qui s'en occupent très bien.

J'ai raconté ça l'autre jour parce que des éoliennes ont été posées pas loin d'un champ, mais qui n'est pas à nous. L'éleveur a vu ses vaches déréglées, perturbées. Il a fallu faire venir un magnétiseur pour régler les vaches. - M.Bouhafsi: Il y en a un qui vit une love story avec ses 2 ânesses.

C'est L.Romejko. - L.Romejko: C'est marrant, comme animal.

C'est très paisible. Quand je passe un moment avec elle, on est hyper zen et on souffle. On dit que quand on prend un âne dans ses bras, tous les soucis tombent par terre.

J'essaie de les prendre le plus souvent possible. Je suis en train de lui mettre un peu de goudron sur les sabots. L'hiver, il y a le froid, l'humidité, la boue.

Il faut protéger la jambe. - M.Bouhafsi: Vous prenez soin de vos ânesses. - L.Romejko: Je leur chante des chansons! - A.Bégot: Ah non! - M.Bouhafsi: Maya, ce n'est pas votre fort, les animaux. - M.Lauqué: Il a trouvé ma jupe! - T.Isle: On va montrer... - M.Lauqué: Non! - T.Isle: Il s'est soulagé sur Maya. - C'est le parfum de l'amour!

M.Lauqué hurle. - M.Lauqué: Elle m'a attaquée! - M.Bouhafsi: Vous aimez les animaux, mais les animaux ne vous aiment pas.

C'est dur, les animaux en direct. - M.Lauqué: C'est drôle, c'est génial, mais en les chouchoutant et en faisant attention à ce que leur bien-être soit respecté.

Quand je présentais "La Quotidienne"...

L.Barlerin est vétérinaire. Elle venait souvent avec des animaux.

Il pouvait se passer des accidents, mais qu'on adore. - M.Bouhafsi: Avant de passer à la photo de la semaine, un tout autre sujet avec Yann.

Dans quelques semaines, on commémore les 40 ans de la disparition de Daniel Balavoine. Vous étiez avec lui quelques minutes avant son crash d'hélicoptère. - Y.Arthus-Bertrand: J'ai une relation avec lui très spirituelle.

Tous les matins, je suis réveillé avec "SOS". J'étais le photographe sur le Paris-Dakar. Un jour, Thierry Sabine me demande si je peux donner ma place au chanteur.

C'était quelqu'un d'extrêmement humain, formidable. Après, j'ai bien connu F.Gall, qui m'a raconté plein d'histoires sur lui.

Il s'est tué à ma place dans l'hélicoptère. J'ai aidé son association. Je me réveille tous les matins avec sa chanson.

J'adorais ce type. Je l'adore encore. Il a marqué...

Toutes ses chansons, c'est invraisemblable. Il avait une voix inouïe. - M.Bouhafsi: Merci.

Ca va être une année importante, en 2026. On pense à la famille de Daniel Balavoine, 40 ans après son décès. On passe à la photo de la semaine. - P.Larrouturou: On revient sur les photos marquantes de cette semaine, et cette une de "Paris Match" avec T.Pesquet.

Vous avez choisi une photo. Maya, vous avez choisi la fille d'E.Musk.

Pourquoi? - M.Lauqué: D'abord, la photo est belle.

J'aime sa liberté, son humour, son courage. Elle s'appelle Vivian. Elle est née dans un corps de garçon.

E.Musk l'a reniée. Elle se retrouve porte-drapeau d'une jeunesse LGBT dans une Amérique où il y a des propos transphobes, homophobes... - P.Larrouturou: Dont ceux de son père. - M.Lauqué: Les droits des femmes sont remis en cause aussi.

Je pense à l'avortement. On dit souvent que ce qui se passe aux Etats-Unis finit par arriver en Europe et en France quelques années plus tard. C'est sa première interview européenne.

J'y vois un appel à la vigilance. - P.Larrouturou: Yann? - Y.Arthus-Bertrand: Prenez quelqu'un d'autre... - P.Larrouturou: Laurent...

Vous avez choisi T.Pesquet à la une de "Paris Match". Pourquoi le choix de ce simulateur spatial, de T.Pesquet devant le simulateur spatial? - L.Romejko: La mission Artemis est prévue dans quelques années, conjointement avec l'Agence spatiale européenne et la Nasa.

C'est une nouvelle aventure, une aventure spatiale. C'est aussi une aventure collective. Si ça se fait, T.Pesquet sera le 1er Européen, le 1er Français à marcher sur la Lune.

Ca fait plus d'un demi-siècle...

Je crois que le dernier homme sur la Lune, c'était 72. Il n'y en a que 12 qui ont foulé le sol lunaire. On espère que T.Pesquet sera le prochain.

C'est une belle aventure. Quand il y a une aventure collective comme ça, on est tous derrière, qu'on soit passionné ou pas par le voyage spatial. Ca peut concerner tout le monde. - P.Larrouturou: Je passe à l'autre Laurent, cette photo d'une poissonnière-écaillère, Meilleur Ouvrier de France. - L.Mariotte: Le col bleu-blanc-rouge est magnifique.

C'est le lien à la mer et l'explication de ce que sont les espèces de pêche durable. On veut tous manger du cabillaud et du saumon. Il y a d'autres espèces abondantes, abordables et il faut aller vers ces espèces. - M.Bouhafsi: Avant de passer au créneau de D.Segard...

En un mot... - P.Larrouturou: C'est quelqu'un qu'on a découvert dans le film "Un p'tit truc en plus". - Y.Arthus-Bertrand: Je voulais en parler... - M.Bouhafsi: On va jouer tous ensemble.

C'est le blind-test de vos vies. J'espère que vous êtes meilleur en jeu qu'en chanson, Laurent. Le principe est simple.

Qui aime bien châtie bien...

Vous devez trouver l'artiste et tout le monde joue. Les chroniqueurs n'ont pas les réponses. Premier titre. ... - L.Romejko: A.Cordy. - M.Bouhafsi: Bravo.

Cette musique, c'est pour qui? C'est pour L.Mariotte. - L.Mariotte: J'adorais cette femme.

Elle est venue cuisiner avec moi à la télévision. A 5 ans, je montais sur la table et je chantais "La Bonne du curé". - M.Bouhafsi: C'est votre moment, Laurent! - L.Mariotte: Moi, c'est pire que toi encore. - M.Bouhafsi: Au moins un petit chant? - L.Mariotte: Mon oncle présentait sa nouvelle femme à toute la famille.

Je suis monté et j'ai dansé "La Bonne du curé" à 5 ans. J'adorais le tempérament d'A.Cordy.

Cette femme était un antidépresseur naturel. - M.Bouhafsi: 2e titre. ... - M.Lauqué: K.Maro, "Femme like U". - M.Bouhafsi: Je crois que vous maîtrisez cette chanson. - M.Lauqué: Oui.

Les L5 aussi...

Lâchez-moi dans un karaoké et je performe. - M.Bouhafsi: 3e titre. ... - L.Romejko: Les Stones.

Je ne sais plus...

Il y a "le diable" dedans... - M.Bouhafsi: Vous avez rencontré M.Jagger. - Y.Arthus-Bertrand: Oui.

Je l'ai rencontré... - M.Bouhafsi: A un dîner au château de Versailles. - Y.Arthus-Bertrand: Je me retrouve invité au château de Versailles avec le roi d'Angleterre.

Je connais bien le prince, le roi...

On se voit de loin, le roi vient vers moi et me prend presque dans ses bras. On me demande comment je le connais. Il est très écolo.

J'avais fait une émission de télé avec lui pour France 2. - M.Bouhafsi: Je connais P.Larrouturou, vous connaissez le roi... - L.Romejko: Un peu de rigueur...

Je crois que j'ai 3 points. - M.Bouhafsi: Vous avez gagné.

Bravo! Il est compétiteur! M.Lauqué, on vous retrouve dans "Télématin" tous les jours dès 6h30 sur France 2.

L.Romejko, "Quand le ciel fait des histoires" est disponible et on vous retrouve dans "Météo à la carte" tous les jours sur France 3. L.Mariotte, "Une année en cuisine" est paru.

Cette chanson qu'on a écoutée tout à l'heure me fait penser aussi à vous. Vous êtes un battant, Y.Arthus-Bertrand.

Votre livre, "France, un album de famille", est disponible. - Y.Arthus-Bertrand: Je peux dire un mot?

Vente aux enchères formidable pour la Fondation GoodPlanet. - M.Bouhafsi: On finit avec le créneau de D.Segard.

On est très en retard mais on a passé un bon moment. C'est la fin des vacances de la Toussaint pour plus de 6 millions d'enfants. On entame le dernier week-end.

Ca t'a inspirée. - D.Segard: C'est l'histoire de Karine.

Elle a 35 ans et elle vient d'accoucher de son 3e enfant. Elle en a gros sur le placenta car elle constate avec tristesse que ses enfants emmerdent tout le monde et qu'ils ne sont les bienvenus nulle part. Notre président de la République incite les femmes à pondre plus, mais manifestement, la basse-cour n'est pas très accueillante et arrive à saturation des petits poussins.

Karine est au restaurant et les réflexions fusent quand elle ose donner le sein à son bébé. "Je prends ma bavette tranquille, je tourne la tête et je vois une paire de loches. Un peu de pudeur!" Karine n'a pas le sentiment d'être une exhibitionniste prête à dégainer ses roberts aux passants.

Elle donne juste à manger aux enfants. Au moment du dessert, ses 2 grands se chamaillent pour avoir la plus grande cuillère. Des regards outrés envahissent Karine.

Pour la dame d'à côté, le concept du vivre-ensemble, ça casse un peu les roupètes dans la vraie vie. Dans le train du retour de vacances, son nourrisson qui pleure, c'est 60 snipers prêts à exploser la tronche de Karine. Son bébé empêche un cadre dynamique de faire sa conf call avec Dubaï. "Il y a un bébé qui gueule dans le train." Karine, la honte du wagon 7, celle qui n'a pas de bagnole et qui n'a même pas pensé à faire le trajet Paris-Roubaix à pied avec 3 enfants et un cosy pour ne déranger personne.

Un peu d'efforts. Submergée par la culpabilité, elle sera condamnée à faire des allers-retours pendant 1 heure 45 entre 2 wagons pour calmer son nouveau-né. Dans son immeuble aussi, la présence de ses enfants s'apparente à une torture pour ses voisins.

Le chahut empêche Jacques, le voisin du dessous, de lire son journal en écoutant Chopin. S'en est trop pour le mélomane, qui intervient. En ouvrant la porte, il voit une Karine fatiguée.

Elle lâche les chevaux et l'arrête dans son élan. "Je sais, on fait encore trop de bruit. C'est la 6e fois que vous venez cette semaine.

Il est 18h30. Je suis dans le tunnel des devoirs, de la douche, de la lessive et du dîner et je dois dire en plus à mes gosses de faire moins de bruit? Vous habitez en centre-ville.

Les murs, c'est du PQ. Je n'ai pas vu mes gosses de la journée. Ils sont pleins de vie.

Je ne vais pas les entourer de cellophane dès qu'ils jouent, qu'ils crient, qu'ils s'amusent. Vous allez rentrer chez vous, écouter la musique à fond, danser à poil dans votre salon, je m'en fous et vous me lâchez la grappe." Après avoir vomi son monologue libérateur, Karine se sent déchargée d'un léger poids.

Jacques est rentré chez lui silencieux. Elle lui avait cloué le bec. Il resta un long moment sans rien dire assis sur son canapé.

Il était un peu sonné. Son regard tomba sur la seule photo de la table basse, de ballon prisonnier dans le jardin de leur grand-père, un cliché qui ressemblait ce soir-là à une preuve à charge. Il se souvint du vacarme, de la chaleur d'un été où tout débordait un peu.

Il se demanda depuis quand il avait commencé à trouver ça insupportable. C'était quoi, la chanson qu'ils écoutaient? Jacques a trouvé le vinyle.

Il le fait tourner un peu fort. Ca réveille le bébé de Karine.