Mort de Quentin Deranque : Laurent Nuñez accuse l'ultragauche et cible la Jeune Garde
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous ce qui s'est passé jeudi soir à Lyon ?
- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce une rixe qui a dégénéré en lynchage ?
- 0:27OuverteRéponse directe
Quentin Deranque a-t-il été victime d'un guet-apens ?
- 1:13RelanceRéponse directe
Le mot « rixe » vous semble-t-il adapté ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
Vous avez affirmé que l'ultra-gauche était à la manœuvre.
- 1:54OuverteRéponse partielle
Quels éléments vous font dire que des militants de la Jeune Garde étaient impliqués ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le lynchage à coup sûr, il y a un affrontement qui se termine par un lynchage. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Plusieurs individus qui portent des coups dont ils ne peuvent pas imaginer une seconde, qu'ils ne sont pas mortels ces coups-là. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Je crois que le lynchage à coup sûr, il y a un affrontement qui se termine par un lynchage. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Manifestement, c'est l'ultra-gauche. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Le discours, la radicalité dans le discours, ça peut parfois se traduire par de la violence dans la rue. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Le lien entre la France Insoumise et la jeune garde, il est très fort. »
- 5:09Invité politiqueFait
« La jeune garde, c'est un mouvement qui appelle à la violence, qui est structuré autour de la violence. »
- 5:23Invité politiqueFait
« C'est justement parce que ce sont des groupes qui provoquent, qui appellent à des manifestations armées ou à des manifestations violentes. »
- 5:42Invité politiqueFait
« Ça n'a aucun sens, ça n'a aucun sens. Les mots juridiques ont un sens. Le terrorisme, c'est vraiment autre chose. »
- 5:53Invité politiqueFait
« L'ultra-gauche française tombe souvent dans la violence. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Ce drame peut susciter effectivement des affrontements. »
- 8:03Invité politiqueFait
« En 2013, il y a eu la mort de Clément Méric, un jeune militant antifasciste, qui avait été précédé d'affrontements. »
Temps de parole
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Et Benjamin Duhamel, vous recevez le ministre de l'Intérieur. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Alors que beaucoup de questions restent encore en suspens après la mort de Quentin Deranque, étudiant et militant identitaire de 23 ans, roué de coups à Lyon jeudi soir en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Un drame qui fracture la classe politique. Pour commencer, je voudrais savoir comment est-ce que vous qualifiez ce qui s'est passé jeudi soir dans les rues de Lyon ? Est-ce que c'est une rixe qui a dégénéré en lynchage ? Est-ce que Quentin Deranque a été victime d'un guet-apens comme le dit l'avocat de sa famille ?
Bonjour. D'abord une pensée évidemment à nouveau, j'adresse toutes mes condolences à la famille. Le qualifié, l'avocat parle de lynchage et de guet-apens. Je crois que le lynchage à coup sûr, il y a un affrontement qui se termine par un lynchage. Plusieurs individus qui portent des coups dont ils ne peuvent pas imaginer une seconde, qu'ils ne sont pas mortels ces coups-là. Ça n'est pas possible autrement. Ensuite, le guet-apens, ça suppose une préméditation. Voilà, le parquet le confirmera ou pas, mais ça semble la préméditation à ce point-là, je n'en suis pas complètement certain. Par contre, le lynchage, évidemment, c'est manifeste.
Et d'ailleurs, c'est pour ça que le procureur ouvre pour violences criminelles.
Est-ce que le mot « rixe » vous paraît adapté ou est-ce qu'il représente une forme d'atténuation de ce qui s'est passé ?
Ça peut être vu comme une forme d'atténuation. Ça fait penser à un affrontement entre bandes. Là, c'est beaucoup plus grave. Ce sont des mouvances ultra qui recourent de part et d'autre, de part et d'autre, très souvent à la violence. Et donc, non, le mot « rixe » me semble un peu sous-estimer le phénomène. Et quand bien même ça aurait commencé par une rixe, ça se termine par un lynchage qui entraîne la mort d'un jeune homme de 23 ans. Donc c'est très grave. Pour moi, il n'y a même pas débat sur ce terme.
Vous avez affirmé hier soir que c'était, je cite, manifestement l'ultra-gauche qui était à la manœuvre. Et vous avez rajouté que les témoignages allaient dans le sens de profil lié à la jeune garde, cette organisation antifasciste dissoutant en juin dernier. Est-ce que vous pouvez nous préciser ce matin, Laurent Nunez, les éléments qui vous font dire qu'il s'agirait notamment de militants de la jeune garde ?
D'abord, première chose, il n'y a que le parquet qui pourra le confirmer. Moi, je n'ai pas... c'est lui qui confirmera l'appartenance. Je me réfère à ce que vous avez dit hier soir. Il y a le groupe qui est pour l'instant dissous. Il y a un recours mais qui n'est pas suspensif. Donc le groupe pour l'instant est dissous. Et puis ça peut être la participation de certains membres qui ont été d'anciens membres de la jeune garde. Je dis anciens parce qu'elle est dissoute et qui peuvent se réunir ponctuellement. Moi, ce sont les témoignages, ce que j'entends dire. Et puis c'est, vous êtes à Lyon, la jeune garde était très présente sur Lyon. On parle d'un mouvement d'ultra-gauche.
Manifestement, c'est l'ultra-gauche. Il n'y a aucun doute là-dessus. Et donc voilà, on pense évidemment tout de suite à la jeune garde. Mais le procureur confirmera, on verra bien.
Il y a un élément très important. Est-ce que vous pouvez nous confirmer l'information, notamment de nos confrères de Mediapart, selon laquelle l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, député de la France Insoumise, cofondateur de la jeune garde, était présent sur les lieux de l'agression ?
Non, je ne peux pas vous le confirmer. Il n'y a que le parquet qui peut le faire. Mais de ce que je comprends, il y a de nombreux témoignages, notamment de militants de la partie adverse, qui le disent. Voilà, on verra. Les investigations sont en cours, on verra. Ce sera confirmé ou infirmé.
Donc des témoignages qui vont dans le sens de la présence de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud. Je vous confirme qu'il y a des témoignages en ce sens. Ce collectif antifasciste est lié à la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon, le 30 avril 2025, on l'entendait il y a un instant dans l'édito de Patrick Cohen, affirmait dans un meeting à Auxerre que la jeune garde était alliée et liée à la France Insoumise. Pour autant, hier soir, Jean-Luc Mélenchon a condamné ce crime et a affirmé que la France Insoumise n'avait rien à voir avec cette histoire. Est-ce que vous le jugez de bonne foi, Jean-Luc Mélenchon, quand il dit que la France Insoumise n'a rien à voir avec tout cela ?
D'abord, il y a deux choses. Premier point, le discours, la radicalité dans le discours, ça peut parfois se traduire par de la violence dans la rue. Donc il faut toujours veiller dans la discussion politique à la modération. En démocratie, on n'a pas de discours radical. Parfois, il peut y avoir une traduction dans la rue. Premier point. Deuxième point, non, le lien entre, à supposer que ce soit des militants de la jeune garde qui sont en cause, le lien entre la France Insoumise et la jeune garde, il est très fort. Il ne faut pas le nier.
Il y a quelques jours encore, il y avait un communiqué de la France Insoumise qui me demandait, enfin, demandait au gouvernement de renoncer à la procédure de dissolution en cours qui doit donner lieu à une décision du Conseil d'État dans les jours ou les semaines qui viennent. Donc il y a des liens extrêmement forts entre la France Insoumise et la jeune garde. Et ça fait partie des éléments que j'ai pris en compte d'ailleurs pour nuancer, je dis bien nuancer et non pas étiqueter, la France Insoumise à l'extrême gauche de la vie politique française pour les blocs de nuance.
Et vous faites référence à ce communiqué de presse du 11 février où effectivement le groupe insoumis à l'Assemblée nationale vous demandait instamment de renoncer à la dissolution de la jeune garde. Vous dites qu'il faut faire attention à la radicalité dans les mots. C'est-à-dire que vous considérez qu'il y a une violence verbale, une radicalité dans les propos de Jean-Luc Mélenchon qui peut ensuite armer un certain nombre de militants violents ?
Qui peut avoir une traduction dans la rue. Quand les mots dépassent la normalité, et quand il y a une forme de radicalité, ça peut évidemment être traduit par des violences dans la rue. Juste un mot quand même sur la jeune garde. Je veux quand même préciser, j'entendais l'extrait du meeting de Jean-Luc Mélenchon. La jeune garde, c'est un mouvement qui appelle à la violence, qui est structuré autour de la violence et qui organise des formations de ces militants au combat. C'est bien pour ça que nous avons lancé une procédure de dissolution. C'est justement parce que ce sont des groupes qui provoquent, qui appellent à des manifestations armées ou à des manifestations violentes.
Il faut bien le dire, c'est un groupe qui organise des formations et on documente leur participation à de nombreuses actions violentes telles que celles qu'il y a eu jeudi soir.
Marine Le Pen vous demande notamment de classer un certain nombre d'organisations antifascistes comme des organisations terroristes.
Ça n'a aucun sens, ça n'a aucun sens. Les mots juridiques ont un sens. Le terrorisme, c'est vraiment autre chose. Par contre, attention, l'ultra-gauche, l'ultra-gauche française, tombe souvent dans la violence, mais nous sommes très attentifs. Tous les services de renseignement sont mobilisés, les services de police, de gendarmerie. Contrairement à ce qu'on a pu lire hier ou entendre, on ne minimise pas. Il n'y a pas de sous-estimation de la menace de l'ultra-gauche. On ne sous-estime pas cette violence. Les services du ministère de l'Intérieur, comme l'ultra-droite, ne la sous-estiment pas.
Je rappelle, et on le disait qu'effectivement, la jeune garde a déposé un recours devant le Conseil d'État contre sa dissolution. Est-ce qu'il faut aller plus loin que la dissolution de la jeune garde ? Vous avez par exemple un collectif qui a été lancé en janvier dernier, lancé notamment en présence de Raphaël Arnaud, qui s'appelle le collectif Génération Antifasciste. Est-ce qu'il faudra aller plus loin et opérer d'autres dissolutions de collectifs ?
Alors d'abord, pour terminer sur le terrorisme, je complète ma réponse précédente. Les services français les suivent de près parce que dans d'autres pays, dans d'autres pays européens, cette mouvance d'ultra-gauche, elle a pu verser dans des actions à caractère terroriste. C'est pour ça que nous sommes très attentifs, évidemment. Je pense à l'Allemagne, je pense à la Grèce, à l'Italie. Sur la question de ce que vous dites, quand on dissout un mouvement, évidemment qu'on suit ensuite l'évolution des membres, qui souvent, et c'est vrai aussi à l'ultra-droite, essaient de se reconstituer.
Et à ce moment-là, on documente cette reconstitution et on va au pénal sur le délit de reconstitution de Ligue dissoute. Et c'est ce qui est fait à l'ultra-gauche comme à l'ultra-droite.
Plus généralement, Laurent Nunez, la mort de Quentin Derangue pose une fois encore la question de la violence en politique. Il reste un mois de campagne avant le premier tour des élections municipales. Est-ce que vous craignez que ce genre de drame ne se reproduise, qu'il y ait un cycle de représailles qui s'engage ? Est-ce que ce matin, vous êtes inquiet ?
Alors, moi, je ne suis jamais inquiet, toujours déterminé et serein, mais oui, oui, il faut qu'on ait à un mois des élections municipales. Hier, nous étions à un mois, donc maintenant, moindre mois des élections municipales. On voit qu'il y a une montée de détention. Ce drame peut susciter effectivement des affrontements. Donc, c'est pour ça que j'ai adressé un télégramme à tous les préfets, mais qui sont déjà très mobilisés, pour être extrêmement attentifs autour des rassemblements politiques, autour des permanences. Il faut savoir que dans la nuit de vendredi à samedi, il y a une dizaine de permanences de députés de la LFI qui ont été dégradés.
Donc voilà, il faut qu'on reste extrêmement vigilants. Vous savez, vous avez le précédent. En 2013, il y a eu la mort de Clément Méric, un jeune militant antifasciste, qui avait été précédé d'affrontements, d'attaques, de répliques. Donc, évidemment, on va être extrêmement...
Est-ce que là, Laurent Nunez, vous avez des éléments à votre disposition qui vous permettent de dire qu'on risque de voir dans les jours qui viennent des éléments de représailles et des nouveaux affrontements ?
Il y a eu hier de nombreux rassemblements des militants nationalistes, royalistes et identitaires, pardon, un peu partout. Donc voilà, il y a une mobilisation. Je n'ai pas d'éléments concrets précis, mais c'est mon job de les anticiper, et nous les anticipons.
D'un mot rapidement, Laurent Nunez, vous vous envolerez dans quelques heures pour l'Algérie. Est-ce que vous avez prévu de rencontrer le président Tebboune ?
Je rencontre le ministre de l'Intérieur qui m'a invité. Donc, on va balayer l'ensemble des champs de discussion en cours, et notamment les questions migratoires, de sécurité, de narcotrassage. Donc, il n'y a pas de rencontre prévue avec le président algérien. Je vais en Algérie rencontrer mon homologue, et puis sur place, sur place... Donc, ça, c'est une façon de dire
que peut-être vous le rencontrerez ?
Je verrai bien ce qui se passe sur place. Vous voyez, j'y vais dans un état d'esprit très constructif, constructif, et en tout cas déterminé à aboutir et à réenclencher une relation sécuritaire avec l'Algérie, et même au-delà, bien évidemment.
Est-ce que vous avez bon espoir d'obtenir la libération de notre confrère Christophe Glez qui est emprisonné en Algérie ?
Il y a une procédure judiciaire en cours, il y a une procédure judiciaire en cours qui se déroule en Algérie. Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. Moi, je vais discuter de sujets sécuritaires pour réenclencher une discussion. Vous savez, on ne peut pas ne pas avoir de relations sécuritaires avec l'Algérie. Ça n'est pas possible. Ça n'est pas possible. C'est mettre en danger nos concitoyens. C'est mettre en danger nos concitoyens parce qu'avec l'Algérie, on a toujours travaillé en étroite confiance.
Merci beaucoup, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur,
d'être venu au micro de France Inter.
Et merci, Benjamin Duhamel.
Laurent Nuñez