Bourdin Direct du 5 juin - 8h/9h
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 30 %Défensif 46 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 24:42OuverteRéponse directe
Vous avez entendu ce qui s'est passé à Rouen avec ce policier noir ?
- 26:37RelanceÉludée
Vous étiez hier au tribunal judiciaire de Rouen. Un des policiers incriminés aurait été en poste là-bas et chargé de votre protection. Vous le saviez ?
- 27:05OuverteRéponse directe
Un policier a été traité de traître par une manifestante parce qu'il est noir. Que pensez-vous de ces faits ?
- 28:13RelanceRéponse partielle
Combien de policiers ou gendarmes sont condamnés pour propos racistes ?
- 29:23OuverteRéponse directe
Que dit Omar Sy dans sa tribune sur l'affaire Adama Traoré ?
- 31:07OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut établir une comparaison entre l'affaire George Floyd et l'affaire Adama Traoré ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 25:08PrésentateurFait
« Les six policiers déversent leur haine. Ils affirment qu'ils stockent des armes en vue d'une guerre raciale. »
- 25:13PrésentateurFait
« Les Noirs sont appelés les Nègres, les Arabes les Bouneaux, les Juifs des fils de putes. »
- 28:00Nicole BelloubetChiffre
« Il y a environ entre 400 et 500 condamnations pour des faits de racisme et d'antisémitisme par les tribunaux en France. »
- 30:03Nicole BelloubetFait
« La justice, parce qu'elle est indépendante, a dépaysé le procès puisque les faits sont déroulés dans le Val d'Oise. C'est à Paris que l'affaire est traitée. »
- 30:17Nicole BelloubetFait
« Ça fait 4 ans pour connaître la vérité. On ne connaît toujours pas la vérité. »
- 35:30PrésentateurFait
« Proposition de loi de la République en marche limitant à 48 heures la rétention des mineurs étrangers et de leurs familles. »
- 35:56PrésentateurFait
« L'instauration de mesures de sûreté à l'encontre des auteurs d'infractions terroristes à l'issue de leur peine. »
- 37:10PrésentateurChiffre
« 13 500 détenus en moins dans les prisons françaises depuis le début du confinement. »
- 37:06PrésentateurChiffre
« 13 500 détenus en moins dans les prisons françaises depuis le début du confinement. »
- 37:29PrésentateurChiffre
« Taux d'occupation des prisons aujourd'hui ? 96%. Tous établissements pénitentiaires confondus. »
- 39:51PrésentateurFait
« n'oubliez pas qu'une loi a été votée et que cette loi précise que pour les courtes peines, il y a d'autres solutions que l'emprisonnement. »
- 41:14PrésentateurFait
« la Cour de cassation n'a pas dit que les dispositions que nous avions prises étaient contraires à la Convention européenne des droits de l'homme. »
Temps de parole
- Présentateur90 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC, vendredi 5 juin, l'info sur RMC. Et 8h01, merci d'être avec nous. Céline Kalman est là pour les dernières informations. Céline, bonjour. Bonjour à tous. Nègres, singes, fils de juifs, des policiers de Rouen renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes, antisémites, échangés en privé sur la messagerie WhatsApp. L'affaire a démarré avec le dépôt de plainte d'un policier qui a découvert ses enregistrements. Le télétravail au cœur d'une réunion ce matin avec une partie du gouvernement et les syndicats pour certaines entreprises. Ce sera désormais la nouvelle norme. Des salariés abasournis, ceux de la sucrerie de Toury en Orélois. L'entreprise va fermer ses portes.
Elle est pourtant restée mobilisée durant toute la crise pour fabriquer la matière première pour le gel hydroalcoolique. Bienvenue à tous sur RMC. Des policiers de Rouen sont donc renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes. Les fonctionnaires sont mis en cause par un de leurs collègues noirs. Il a découvert un groupe de messages audio sur WhatsApp avec des propos très crus, racistes, donc sexistes, antisémites, Quentin Vinet. Oui, c'est en décembre dernier que ce policier noir, Alex, découvre sur le téléphone d'un de ses collègues qu'il est la cible de propos racistes de la part d'autres policiers, des stagiaires, mais aussi des titulaires.
Ces propos racistes sont prononcés dans des messages privés sur WhatsApp que Mediapart et RT Radio se sont procurés. Des échanges que je vais citer. Les noirs sont appelés les nègres, les arabes les bougnoules, les juifs des fils de putes. C'est un déferlement de haine contre ceux qui sont appelés les ennemis de la race blanche. Le policier noir visé dans ses messages prévient sa hiérarchie. En décembre, la police des polices, l'IGPN, est saisie un mois plus tard. En janvier, nous sommes en juin, les policiers incriminés sont renvoyés en conseil de discipline. Ils risquent d'être révoqués, mais Mediapart écrit qu'en attendant, ils sont toujours en activité. Merci Quentin.
Stanislas Godon, délégué général du syndicat de police Allianz, c'était ce matin sur RMC. Il a condamné ses propos, mais rappelle donc qu'une enquête disciplinaire est en cours. J'ajoute que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sera votre invité Jean-Jacques à 8h30 sur RMC et BFM TV. À six jours, des obsèques de George Floyd à Houston ou Texas. Une première cérémonie d'hommage a eu lieu hier soir à Minneapolis. Des centaines de personnes ont observé 8 minutes 46 secondes de silence, comme le temps qu'a passé le policier à genouiller sur son cou lors de son interpellation. De nombreux rassemblements hier aux Etats-Unis avec une nouvelle vidéo de violence policière.
Un homme de 75 ans qui est poussé, qui chute lourdement. Le maire de Buffalo, dans l'état de New York, précise ce matin que la victime est dans un état grave, mais stable. Les deux policiers impliqués ont été suspendus. En France, les manifestations pourtant interdites à cause de la crise sanitaire se poursuivent, contre les violences policières et contre le racisme. 2000 personnes à Lille hier soir, des incidents en fin de soirée, des événements organisés spontanément via les réseaux sociaux. Olivier Chantereau.
Quand Lille se remémore, cette manifestation marseillaise du 2 juin, elle n'en revient toujours pas.
En voyant autant de monde, aussi déterminé, autant de jeunes que de moins jeunes, c'était très émouvant.
3000 personnes marchant contre les violences policières suite à un appel sur les réseaux sociaux seulement 24 heures avant.
Je cherche un mouvement à Marseille, je n'en trouve pas. Je vois que quelqu'un cherche aussi à Marseille. On décide de lancer un mouvement en se disant qu'on ne sera pas beaucoup, mais il vaut mieux peu que zéro.
On a eu des réponses de collectifs, on a eu des gens qui se sont déplacés de façon très spontanée. Des rassemblements, il y en a eu partout en France. Une contestation globale qu'explique Farid Temsamani, porte-parole de l'association Banlieue Plus. Il est d'abord le fruit de l'émotion mondiale de ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Le meurtre affreux de ce père de famille à Minneapolis. Et donc c'est venu en plus de ce que nous vivons, ce que nous connaissons ici en France, notamment dans les quartiers populaires. Et effectivement, en parallèle, d'une affaire malheureusement connue qui est dite Adama Traoré. Et puis surtout, le déni de justice dans notre pays.
À Marseille, une autre manifestation contre les violences policières est prévue demain.
Le coup de grâce pour l'étude de l'ANCET sur l'hydroxychloroquine. Étude qui, lors de sa parution, avait été qualifiée de foireuse par le professeur Raoult. Hier, trois des quatre auteurs de cette étude controversée ont décidé de se rétracter. Mais avant cela, la France et l'OMS avaient décidé de suspendre les essais cliniques. L'Organisation Mondiale de la Santé a déjà fait machine arrière. RMC 8h06, le télétravail, l'heure du bilan. À 10h ce matin, réunion entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux pour faire un point sur le positif, le négatif de travailler à distance.
En tout cas, certaines entreprises voient aujourd'hui plus d'avantages que d'inconvénients dans cette manière de travailler. Réminc. Depuis trois semaines, Julien Lozano a abandonné ses locaux en région parisienne. 100% télétravail désormais pour son entreprise de location immobilière. Ces dix salariés restent à la maison avec des avantages certains.
Les collaborateurs étaient plus concentrés et surtout, on s'est rendu compte qu'ils étaient moins stressés. Quand vous venez de passer une heure, une heure et demie dans les bouchons ou dans des transports surpeuplés, effectivement, vous n'arrivez pas à 9h le matin tout à fait opérationnel et détendu.
Autre changement de poids, le fait d'économiser un loyer. Pas négligeable pour une jeune entreprise.
On va économiser sur une année un peu plus de 40 000 euros de loyer. Ça représente 15% de notre vie de janvier.
Ce jeune chef d'entreprise veut toutefois continuer à voir physiquement ses collaborateurs. C'est essentiel pour Benoît Serres, vice-président de l'Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines.
On l'a vu pendant la période, les gens qui étaient tout en télétravail, quelquefois souffraient d'isolement. Ensuite, ceux qui étaient en télétravail tout le temps avaient le sentiment de plus travailler. Ce qui n'est pas forcément vrai d'ailleurs. C'est simplement parce que vous n'avez pas ces moments de pause que vous avez dans une entreprise. Aller prendre un café avec un collègue, discuter dans le couloir, etc. Des risques psychologiques pour les salariés qui seront au menu des discussions ce matin entre organisations patronales et syndicats.
Eux sont défaits après avoir appris la fermeture de leur usine, la sucrerie de Toury en Nord-et-Loire, qui existe depuis 145 ans. Usine qui produit du sucre, comme son nom l'indique, mais aussi du surfain qui sert à l'élaboration du gel hydroalcoolique. Pendant tout le confinement, les salariés ont travaillé 7 jours sur 7 sans compter leurs heures, mais ça n'a pas suffi. Reportage sur place de Florian Chevalet, Romain Cluzel. Une usine au ralenti, seulement 60 employés présents contre 128 en janvier. Après 27 ans dans la sucrerie, Frédéric Rebiffé n'accepte pas la fermeture prochaine de l'entreprise.
Ça me donne envie de chialer parce que j'ai passé plus de la moitié de ma vie ici. Il y a eu une transmission du savoir, il y a eu une transmission du métier, l'amour de notre métier. Quand on voit à quoi ça en est réduit aujourd'hui et comment ça va finir, c'est de la tristesse et de la colère.
Depuis un an, ce représentant CGT se bat avec ses collègues pour sauver des emplois. Parmi eux, Kevin, il a écrit une lettre au président de la République en avril. En pleine crise du Covid, l'usine a continué à produire du surfin, la matière première pour le gel hydroalcoolique.
Nous travaillons le jour, la nuit, les dimanches, les jours fériés. Participons à cet effort de guerre en prenant des risques pour notre santé et celle de nos proches. Je vous avoue que j'aurais quand même espéré une réponse.
Malgré leur licenciement à venir, impensable pour les employés de ne pas aider, explique Stéphane Delannoux, salarié depuis près de 30 ans.
Nous, on pouvait faire de l'alcool, on a fabriqué de l'alcool. C'est peut-être pas grand-chose, mais on a fait ce qu'on a pu faire. Et aujourd'hui, on peut être fiers de nous. Et ce qui m'a choqué, c'est quand on reçoit un papier pour avoir le droit de circuler, comme quand on est ouvrier indispensable. Mais un ouvrier indispensable, il n'est pas dehors qu'un jour après. Résigné, Stéphane et ses collègues appellent à une reconnaissance de leur travail en sauvant l'usine et les emplois de Toury.
En Guadeloupe, le préfet et le rectorat ont envoyé au maire une mise en demeure de rouvrir les écoles fermées depuis le début de la crise du coronavirus. Les règles pour visiter les prisonniers assouplis depuis mardi, il est désormais possible notamment de venir à deux avec un enfant. La distanciation sociale reste toutefois maintenue. Maxime Brandstatter a pu le constater dans la maison d'arrêt d'Hony Pontoise.
Lala patiente devant l'entrée de la maison d'arrêt du Val d'Oise. Elle a réussi à obtenir un parloir pour voir son neveu. Pas mal de familles, ils appellent. C'est dur pour avoir un rendez-vous. On met le masque, le gel. On ne s'approche pas trop. Même pour lui, il est content de nous voir. Amel sort d'un parloir avec son mari. On est loin l'un de l'autre, dans une petite pièce. Au bout de la salle et moi de l'autre, ils sont plus proches des sauveillants que de nous. On est quand même de la famille. Même s'ils sont masqués, on est masqués aussi. On sait très bien qu'il ne faut pas contaminer la personne qu'on vient voir. Donc si on est malade, on sait qu'on ne va pas venir.
Face au risque de contamination, Nourédine Brahimy, le directeur de la prison,
a dû établir un protocole strict pour que les parloirs reprennent. Et il l'a expliqué aux détenus.
L'instation sociale veut dire ne pas se toucher, bien évidemment. Ça, ils n'ont pas le droit de le faire. Mais non seulement ils n'ont pas le droit, mais ils le comprennent très bien. On peut déporer un seul incident depuis la réouverture des parloirs en considérant qu'on a à peu près 5 ans de visite par jour. Aussi, les détenus s'informent, communiquent avec leur famille. Et prendre le risque d'attraper, d'être contaminés par le Covid, ça impacte aussi la santé des uns et des autres. Ils l'ont très bien compris. Interdit jusqu'ici, les enfants des détenus peuvent revenir voir leurs parents depuis le 2 juin.
Du monde attendu sur la route pour ce week-end, c'est le premier où l'on peut s'éloigner à plus de 100 km de son domicile. L'occasion de retourner voir ses amis, sa famille, dont on a été privés pendant 2 mois et demi. Et pourquoi pas aussi visiter l'un des premiers monuments historiques à rouvrir le domaine de Chambord, Romain Poiseau. Archiviste, conservateur, guide, tout le monde s'y met pour nettoyer le château avant l'ouverture.
Pour l'occasion, c'est le ménage.
Aspirateur à la main, Virginie, est chargée de recherche au service de la conservation.
Chauve-souris, des oiseaux se sont laissés aussi enfermés dans le château, donc ils ont fait pas mal de dégâts. Oui, on sent que le château a vraiment vécu sans nous. Alors, dehors les chauve-souris, place aux touristes. Le gel hydroalcoolique bien installé. Guillaume Trouvé, directeur des bâtiments et jardins, contrôle le dispositif sanitaire mis en place avant l'ouverture. On a fait un parcours fléché à l'intérieur du château. Mais que les visiteurs se rassurent,
le château a été conçu à la Renaissance pour éviter la propagation des virus.
Déjà sous François 1er, ils avaient peur des épidémies. C'est pour ça qu'on a un espace qui est très aéré naturellement, les couloirs sont très larges, l'escalier à double révolution. On monte par un sens et on descend par le sens sans jamais se croiser.
Habituellement, le domaine accueille en moyenne 2500 visiteurs par jour, mais le directeur général, Jean Dossonville, ne se fait pas d'illusions.
On n'aura pas les groupes scolaires, les groupes de seniors, ni les visiteurs internationaux. On s'attend à faire un petit mois, ce qui en même temps, sur le plan sanitaire, règle beaucoup de problèmes parce que ça règle les problèmes de jauges. Il attend avec impatience la réouverture des frontières européennes.
À Chambord, 35% des visiteurs viennent de l'étranger. – Bien, merci Céline, vous allez partir pour Chambord ce week-end ? – Oui, pourquoi pas. – Bon, d'accord. Bon, allez, Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice, sera notre invitée tout à l'heure. J'ai beaucoup de questions à lui poser, et notamment sur la police, notamment sur ce que demande le défenseur des droits, qui propose une traçabilité des contrôles d'identité. Il est 8h12, Roland Marchal est avec nous. Roland Marchal, bonjour. Je rappelle les faits. Un an de prison, déjà un an de prison, pour votre compagne Fariba Abdelka, qui est aujourd'hui, c'est ça ? – Abdelka.
– Abdelka, oui, vous prononcez autrement que moi, oui. Abdelka, qui est aujourd'hui en prison en Iran. – En Iran. – Elle a été arrêtée avec vous. C'était il y a un an, jour pour jour. Dans quelles circonstances ? – Écoutez, elle venait me chercher à l'aéroport de Téhéran, à l'aéroport international de Téhéran. Elle a été arrêtée dans la zone où attendent les gens. Moi, j'étais arrêté au moment où je faisais ma demande de visa. – Vos demandes de visa. Ensuite, vous avez été conduit où ?
– À la première nuit, j'ai été interrogé pendant 6h dans l'aéroport, et je passais la première nuit dans un endroit, je pense à un camp militaire, mais je n'en suis pas sûr, parce que j'avais les yeux couverts. Et puis, le lendemain matin, donc le jeudi matin, j'ai été finalement amené à Évin, où je suis resté 9 mois et demi. – Combien de temps êtes-vous resté en prison ? – 9 mois et demi. – 9 mois et demi. Séparé, évidemment, de votre compagne. Vous saviez où elle était ? – Non, j'ai su vers la fin de juin, donc après plusieurs semaines de détention, parce qu'elle a crié « azadi » qui, en perçant, veut dire « liberté ». Et comme je connais sa voix, j'ai su qu'elle était là.
Je me posais évidemment la question de son statut. Plus tard, j'ai eu la possibilité, mais des mois après, de l'entrevoir dans des couloirs, ou de l'entendre aussi, parce que comme moi, elle avait des interrogatoires difficiles, et il lui arrivait aussi de hurler face au hurlement de ses geôliers. – Elle l'entend à la voix, vous l'avez reconnu à la voix, à son cri. Je rappelle, Roland Marshall, que vous êtes chercheur au CNRS, spécialiste de l'Afrique. Votre compagne est aussi chercheuse. Quel est l'objet de ces recherches ? – Non, elle travaille plus sur la société iranienne ou sur l'Afghanistan. Elle a publié beaucoup sur les nouvelles écoles en Afghanistan.
Et là, elle était dans un grand projet, financé par Sciences Po, sur les réseaux transnationaux des clercs chiites. Et parallèlement, elle suivait les cours de l'école religieuse de Rome, qui sont en fait très intéressants et beaucoup plus novateurs que sans doute on le pense en Iran, et que le voudraient les gardiens de la révolution. – Bien, double nationalité, double nationalité franco-iranienne. Elle est toujours en prison. Elle a observé une longue grève de la faim, 49 jours, je crois. Roland Marshall, comment va-t-elle ? Est-ce que vous avez des nouvelles ? – Écoutez, on a des nouvelles parce qu'elle peut appeler sa famille, elle peut voir sa famille, ses deux sœurs, une fois par mois.
Donc, ce qu'on voit, c'est que physiquement, les choses vont un peu mieux qu'au sortir de cette longue grève de la faim. Psychologiquement, c'est beaucoup plus difficile. Il y a des jours où ça va et beaucoup de jours où ça ne va pas du tout. – Où en sont les accusations ? Que lui reprochent les autorités iraniennes ? – Les autorités iraniennes lui reprochent des textes publiés depuis de très longues années, accessibles à tout le monde. Et ce qu'il y a derrière, les deux chefs d'accusation pour lesquels elle a été condamnée à six ans, c'est-à-dire collusion, j'imagine avec moi, en vue de menacer la sécurité intérieure de l'Iran.
C'est lourd pour mes pauvres épaules et également propagande contre le régime actuel. Elle est iranienne, elle participe aux débats publics qui existent en Iran parce qu'il y a des débats qui ne sont peut-être pas voulus par les gardiens de la Révolution et par certains dans le régime, mais il y a des débats et c'est aujourd'hui ce qu'on lui reproche. – C'est une chercheuse. – C'est une chercheuse. – Et on l'accuse d'espionnage. – En fait, les chefs d'accusation ne concernent plus l'espionnage parce que l'espionnage est puni beaucoup plus sérieusement. Mais on lui reproche en fait ses écrits universitaires. – Ses écrits universitaires.
– Et c'est pour ça que nous disons et nous soulignons que c'est une prisonnière académique et pas politique au sens où ce qu'on lui reproche, c'est simplement d'avoir fait son travail d'anthropologue. – Shirin Ebadi, qui est prix Nobel, parle de prise d'otage. Elle est otage des autorités iraniennes à des fins de marchandage, dit Shirin Ebadi. Vous êtes d'accord avec ça ? – Écoutez, je ne sais pas s'il y aura un marchandage. J'étais neuf mois et demi en prison. Je n'ai su qu'il y aurait un échange que le jour où ça s'est produit, le 20 mars. – Vous avez été changé contre eux ?
– Un ingénieur iranien qui a été détenu en France, accusé par le gouvernement américain de ne pas avoir respecté des sanctions américaines que critique par ailleurs le gouvernement français. Donc il y a de ce point de vue-là, si vous voulez, des choses qui mériteraient peut-être une réflexion aussi des journalistes. Mais moi je ne l'ai su qu'au dernier moment. Sa situation à elle est beaucoup plus particulière dans la mesure où elle est iranienne, que le gouvernement iranien, comme beaucoup d'autres pays, ne reconnaît pas la double nationalité. Et donc il est très difficile d'imaginer un échange comme ça a pu se passer pour moi. – Que fait le gouvernement français, la concernant ?
– Écoutez, je suis un chercheur. Je me suis beaucoup battu dans ma vie professionnelle pour être autonome, y compris de mon pays et de mon État. Je crois que si vous voulez savoir ce que fait le gouvernement français, il faut interroger le ministre des Affaires étrangères. – Avec lequel vous êtes en relation quand même régulièrement, j'imagine ? – Avec qui fait son travail et nous faisons le nôtre de chercheurs, mais je dois dire que les contacts ne sont pas très fréquents et peut-être n'ont-ils pas besoin de l'aide. Chacun reste dans son autonomie. – Mais comment l'aider ? Comment l'aider Roland Marshall ? – Je crois, écoutez, il y a plusieurs choses qu'il faut faire.
Il y a d'abord le fait de considérer que Fariba est exemplaire, comme le sont d'autres cas en Iran et dans la région, en Arabie Saoudite et aux Émirats. Moi, j'ai passé, comme Fariba, du temps en cellule avec des gens, des environnementalistes, qui ont été innocentés par le ministère de l'Intérieur, par le ministère du Renseignement, par le ministère de l'Écologie, mais qui ont été jugés coupables par les gardiens de la Révolution et qui ont écopé de peines extrêmement lourdes.
Donc, il y a Fariba, évidemment, et ça me tient particulièrement à cœur, mais il y a aussi bien d'autres cas, d'universitaires, de travailleurs, d'expression de la société civile, de journalistes, et dans ce pays et dans les pays voisins, qui devraient quand même soulever un intérêt international, en tous les cas européen, pour ce qui me concerne, beaucoup plus fort que ce qu'on voit à l'heure actuelle.
Donc, ça aussi, j'ai des attentes vis-à-vis de mon gouvernement et vis-à-vis de l'Union européenne, pas simplement des discours, mais aussi des actions, et pas simplement pour soutenir verbalement un accord sur le nucléaire que les Américains se sont employés à saboter, mais également travailler sur une extension des libertés ou un maintien des libertés constitutionnelles en Iran.
Il ne s'agit pas de faire du régime change, mais il s'agit simplement de défendre des droits constitutionnels en Iran et ailleurs dans le Golfe, de façon à ce que les chercheurs, les journalistes, les activistes de la société civile puissent mener leurs activités sans risquer, comme c'est le cas, l'arbitraire le plus total et des détentions qui sont très longues. On détruit des vies. C'est la chose qui m'a le plus marqué. Au-delà de mon cas particulier, j'étais en prison avec des gens qui sont restés 20 mois, qui sont restés 3 mois en isolement complet. On détruit des vies. L'Iran n'est pas le seul pays où ça se passe.
Il faut rappeler qu'y compris dans les pays démocratiques comme aux Etats-Unis, il y a des situations et Guantanamo pourrait être discutée ici qui soulèvent beaucoup de questions. Et je trouve que là, on a une acceptation peut-être un peu trop silencieuse d'un mode de fonctionnement des Etats qui est de plus en plus problématique. Merci Roland Marchal d'être venu nous voir. Merci beaucoup. Il est 8h20. Vous êtes sur RMC. RMC Découverte. A tout de suite. La police est-elle raciste en France ?
Question franche qu'on vous a posée tout au long de la matinée. De très nombreux témoignages. Abdel Karim nous écrit « Oui, c'est certain. Il y a des fonctionnaires de police racistes
et ne pas le reconnaître ne fait qu'accroître le malaise. J'ai 49 ans et j'ai moi-même vécu des actes racistes, des contrôles au faciès en permanence. Des flics racistes, dit Nicolas. Oui, il doit y en avoir. Mais comme dans les métiers de poissonnier, de maçon, de chauffeur, il faut arrêter d'incriminer toujours et encore la police, Ali, nous dit la même chose. Le racisme existe, mais c'est à l'image du racisme dans notre société. On reproche souvent de faire des généralités, des amalgames sur les jeunes de banlieue qui seraient tous des dealers. Ne faisons pas la même chose avec les forces de l'ordre. Tous ne sont pas racistes. Daniel est policier. Et absolument pas raciste, dit-il.
Nous constatons que la moindre intervention est prétexte maintenant d'accusation de racisme. On ne peut plus travailler sereinement. William nous dit aussi accuser la police d'être raciste. C'est exactement la même chose que de dire que les Maghrébins sont des dealers. Nicole Belloubet, ministre de la Justice, garde des Sceaux, à 8h35 sur RLC et BFM TV. Allez, Quentin Vinet, pas de 14 juillet avec défilé cette année sur les Champs-Elysées.
Non, pas cette année. Et c'est exceptionnel, il faut bien le dire, c'est exceptionnel. Ce n'est plus arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est une vieille tradition pourtant instaurée en 1880.
Ça remonte, un décret impose un défilé militaire dans la capitale. Mais contexte sanitaire oblige. Cette année, le défilé sera remplacé par une cérémonie place de la Concorde à Paris. Un hommage sera rendu aux soignants qui ont œuvré pour combattre ce virus. Plus généralement, ce 14 juillet 2020
sera une façon de saluer tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le Covid-19. Il n'y aura que 2000 participants, c'est moitié moins que l'année dernière.
Il est 8h26. Guillaume Paul, bonjour. Bonjour Jean-Jacques. Guillaume Paul, refus, le refus de paiement en liquide. Ces refus ont explosé pendant le confinement. Les Français ont essuyé, 11% des Français ont essuyé au moins un refus de la part de leurs commerçants. 11% des Français qui disent depuis 2-3 mois au moins une fois je suis arrivé à la caisse d'un commerce, on m'a dit non, pas de liquide. Ça ne m'est pas arrivé, Mathieu ? En tout cas, on nous encourage de plus en plus, on nous tend directement la machine à carte bleue, même pour un euro. C'est plus pratique avec la carte bleue. Raison à voquer la peur d'attraper le Covid-19 avec les pièces et les billets.
Il faut savoir que ça, c'est totalement interdit. C'est passé de 150 euros. Mais beaucoup de commerçants l'ont fait. Mais au-delà de ça, on voit bien que cette crise a modifié tous nos façons de payer depuis quelques mois. On a relevé le plafond du sans-contact à 50 euros. Mais c'est un mouvement de fond. Il y a un an, 87% d'Ixit, la même étude, disait que 87% des Français privilégiaient le liquide pour les petits achats du quotidien. On est à 67%. Moi, je privilégie toujours le liquide. J'ai toujours du liquide sur moi et j'aime bien payer en liquide. Pas vous ? Parce qu'on sait ce qu'on dépense en liquide. Avec la carte, beaucoup moins.
Et plus ça va aller, moins on va pouvoir payer en liquide. Sans doute, parce qu'on voit que ça rentre de l'émeurtre. Il y a de moins en moins de distributeurs. Les commerçants prennent de plus en plus le sans-contact. Il y a une pression des banques, des géants, des cartes bancaires, des GAFA, pour nous offrir de plus en plus de services. Maintenant, est-ce que ça veut dire que l'argent liquide va disparaître ? Ça, c'est le grand mythe. Non. Un chiffre intéressant rapidement, c'est que la Banque de France, l'an dernier, contre toute attente, a produit quasiment 10% de billets en plus que l'année 2018. Parce qu'il y a toujours en 2020 une demande d'argent liquide.
Parce que ça rassure aujourd'hui d'avoir de l'argent sous le matelas pour contrer certaines évolutions. Vous savez, la peur de la cyberattaque qui ferait que je serais détroussé de mon argent. La peur d'être tracé. Qu'est-ce qu'on va faire de mes données bancaires ? Et puis, vous avez aussi les banques. La peur de laisser de l'argent en banque. Les banques ont commencé à taxer les dépôts de leurs clients. Vous vous dites aujourd'hui, pourquoi pas moi demain ?
Donc, vous avez cette force de rappel, en fait, la crainte de ces nouvelles technologies qui font dire aux spécialistes que, oui, il y aura moins d'argent liquide dans les prochaines années, mais on aura toujours besoin d'avoir le choix quand on est consommateur. Très simple. Merci, Guillaume. Merci. Merci encore une fois à vous toutes et à vous tous de nous avoir accompagnés et suivis ce matin sur RMC. Notre lien, vous le savez, le 32-16. Nous serons là lundi, évidemment, pour poursuivre avec vos témoignages. Merci à toute l'équipe qui m'accompagne tous les matins. C'est un vrai bonheur, un vrai plaisir. Je serai dans un instant avec Nicole Belloubet, qui est ministre de la Justice.
J'ai beaucoup de questions à lui poser, notamment sur les débats autour des violences policières, du racisme dans la police, du racisme en général, de ce qui s'est passé aux Etats-Unis, mais aussi des détenus, de l'élargissement de nombreux détenus pendant la crise du Covid, puisque les prisons françaises sont moins peuplées qu'avant la crise sanitaire. Ces questions et d'autres à Nicole Belloubet. Tout à l'heure, dans 3-4 minutes, il est 8h29.
RMC, Bourdin Direct,
du lundi au vendredi, 6h-9h. Sophie, bonjour. Bonjour Jean-Jacques. Bonjour à tous. Des policiers de Rouen vont être renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes échangés sur WhatsApp. L'affaire remonte à décembre dernier. C'est un de leurs collègues, un policier noir, qui a porté plainte. Rebondissement sur cette étude controversée sur l'hydroxychloroquine publiée dans la revue de Lancet. Trois des quatre auteurs de l'article ont décidé de se rétracter. Ils ont des doutes sur les données utilisées et récoltées par une start-up américaine, l'entreprise Surgisphère. Et puis, le télétravail au menu d'une réunion à 10h entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux.
Avec le confinement, près de quatre salariés du secteur privé sur dix a travaillé depuis chez lui un record. Il est à bientôt 8h31. Dans un instant, Nicole Belloubet, ministre de la Justice,
est l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV. RMC Bourdin Direct
Jean-Jacques Bourdin Belloubet, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous avez entendu, oui, j'imagine, parce que vous suivez l'actualité, ce qui s'est passé à Rouen avec ce policier noir. J'étais hier à Rouen. Oui, justement. Justement, vous étiez hier à Rouen. Oui, pour d'autres choses. Oui, pour d'autres raisons, mais j'en parlerai tout à l'heure. Nicole Belloubet, ce policier noir qui découvre qu'il est la cible de propos racistes de la part de six autres policiers qui échangent des messages dans une discussion WhatsApp. Les six policiers déversent leur haine. Ils affirment qu'ils stockent des armes en vue d'une guerre raciale.
Les Noirs sont appelés les Nègres, les Arabes les Bouneaux, les Juifs, des fils de putes, enfin bon, etc. Je ne vais pas continuer parce que c'est insupportable, Nicole Belloubet. Ils ne sont pas suspendus. Comment se fait-il ? Alors ça, il appartient au ministre de l'Intérieur de prendre les décisions sur ce sujet-là. Moi, ce que je peux dire si les faits sont avérés, c'est que c'est scandaleux et que c'est inadmissible et que ce n'est pas le reflet de la police française. Donc, je crois qu'il y a déjà une enquête préliminaire qui est ennette par le parquet. Un conseil de discipline, me semble-t-il, ou en tout cas une procédure de discipline qui est engagée par le ministère de l'Intérieur.
En tout cas, clairement, ces faits-là, s'ils sont avérés, sont absolument inacceptables. De manière générale, le racisme... La justice doit être saisie si les faits sont avérés. Elle l'est, mais la justice doit condamner si les faits sont avérés. Je ne peux pas me prononcer à la place des juges. Je sais. Non, mais très clairement, c'est inacceptable. Oui. Le racisme n'est pas compatible avec la République. Je crois que vis-à-vis de la police comme de l'ensemble des institutions, il ne faut être ni dans le déni ni dans le systématisme. La police est républicaine. Le racisme n'est pas compatible avec la République.
Et donc, s'il y a des actes ou des paroles qui sont prononcées, évidemment, il doit y avoir des sanctions. Est-ce que vous savez, j'ai eu une petite précision à vous demander. Vous étiez au TGI de Rouen hier. On dit le tribunal judiciaire. Le tribunal judiciaire maintenant. Oui, pardon, pardon. Oui, c'est vrai. Avec la réforme. Mais l'un des policiers concernés aurait été en poste au tribunal judiciaire et armé hier. et été chargé de votre protection, peut-être, ou de la protection du tribunal. Vous ne le savez pas ? Non, je ne le sais pas. Ok, on verra. Ça mérite d'être vérifié.
Il y a aussi un autre fait sur le racisme, toujours, avec cette manifestation de mardi soir en soutien à Adama Traoré. Je vous parlais de l'affaire Adama Traoré, pas sur le fond de l'affaire mais sur la justice, évidemment. C'est une manifestante qui a traité un policier de traître tout simplement parce qu'il est noir. Là aussi. Là aussi, ce policier a déposé plainte. Le racisme dans tous les sens. Mais absolument. Moi, je crois qu'il faut être très clair. Oui. Le racisme, je le redis, ce n'est pas compatible avec la République. Ni dans ses principes, ni dans son objet même. Franchement, la République, c'est la recherche de la cohésion sociale. Je m'arrête là sur les grands principes.
Je ne veux pas aller au-delà et de la cohésion républicaine. Donc, le racisme, par définition, n'est pas compatible avec cela. C'est pour ça que toutes les injures raciales, tous les actes racistes sont pénalement sanctionnés. Et vous savez, je regardais chaque année, il y a environ entre 400 et 500 condamnations pour des faits de racisme et d'antisémitisme par les tribunaux en France. Donc, très clairement, ce n'est pas possible. Et combien de policiers ou de gendarmes sont condamnés ? Alors, il y a des policiers et des gendarmes qui sont condamnés parce que je lis trop souvent, vous parliez, je crois, à l'instant, de la tribune d'Omarcy. Oui. J'allais vous en parler.
Bon, alors, sur le fond, je ne peux que... partager un certain nombre de choses qu'il dit. Mais quand il dit qu'il ne peut pas y avoir d'impunité, mais précisément, les juges, la justice est là pour cela. Et quand c'est nécessaire, il y a des sanctions. Alors, donnons des chiffres exacts du nombre de policiers ou gendarmes condamnés pour propos racistes, pour comportement raciste. Donnons-les, ces chiffres. Je n'ai pas là les chiffres exacts. Non, mais donnons-les. Oui, mais il n'y a aucune difficulté là-dessus. Vous savez, il y a... Enfin, la semaine dernière, je crois, il y a des policiers qui ont été condamnés pour des faits de violence et qui ont été condamnés à de l'emprisonnement.
Donc, on ne peut pas dire qu'il y a impunité. La justice est là pour ça. Alors, Omar Sy... C'est son rôle. Mais, encore une fois, je le redis, on met là l'accent sur des faits singuliers qu'il faut sanctionner. Mais la police, ce n'est pas cela. La police protège les Français. C'est son rôle. C'est ce qu'elle fait. Et ça, ça ne doit être dit. Ni déni, ni systématique. Et justice doit être rendue. Bien sûr. Que dit Omar Sy dans sa tribune ? Il dénonce l'inertie de l'institution judiciaire depuis 4 ans dans l'affaire Adama Traoré et l'indifférence des pouvoirs publics. Une justice sourde aux demandes de la famille. Il faut dire que depuis 4 ans, expertise contre expertise se succède.
Se succède et la justice n'a pas l'air d'avancer. Écoutez, moi, je ne veux pas me prononcer sur l'affaire Traoré. Non, pas sur l'affaire en elle-même, mais sur l'aspect judiciaire de l'affaire. Mais sur l'aspect judiciaire de l'affaire, s'il y a quelqu'un qui ne peut pas parler, c'est bien moi. Mais ce que je veux dire, c'est deux choses. Oui. D'abord, c'est que la justice, parce qu'elle est indépendante, a dépaysé le procès puisque les faits sont déroulés dans le Val d'Oise. C'est à Paris que l'affaire est traitée. Elle a nommé deux juges d'instruction qui sont indépendants, qui suivent ce dossier. Laissons-les faire. Ça fait 4 ans pour connaître la vérité.
On ne connaît toujours pas la vérité. Ils ont demandé des expertises. C'est à eux d'apprécier ce que sera la procédure. Est-ce que justice sera rendue à Adama Traoré, à sa famille ou aux policiers ? Je ne sais pas. Est-ce que justice sera rendue ? Mais bien sûr, M. Bourdin, comment pouvez-vous en douter ? Mais la justice est toujours rendue parce que la famille doute de l'impartialité de la justice. Alors là, nous entrons dans un autre débat et évidemment, moi, je ne peux pas du tout aller en ce sens. Et parle d'impunité organisée. Non, ça, c'est inexact. C'est inexact.
Quand je vous cite l'exemple de ce qui s'est passé la semaine dernière pour des policiers qui avaient commis des violences, quand je vous cite 500 condamnations pour des faits de racisme, non, la justice doit statuer à charge ou à décharge et ces jugements, évidemment, sont essentiels dans ce type d'affaires. Est-ce qu'on peut établir une comparaison entre l'affaire George Floyd et tout ce que ça a provoqué et l'affaire Adama Traoré, par exemple, en France ? En aucun cas. En aucun cas. Pourquoi en aucun cas ? Parce que nous ne sommes pas dans le même pays avec la même histoire. Les États-Unis se sont construits sur une histoire qui a été partiellement fondée sur la ségrégation.
Ce n'est pas le cas en France qui, depuis 200 ans, travaille à partir de l'esprit des Lumières, de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui, je le dis et je le répète, précise que la loi doit être la même pour tous qu'elle protège ou qu'elle punisse. Et c'est là-dessus que nous travaillons. Il n'y a pas de comparaison. Nicole Belloubet, les policiers demandent autre chose. Et on peut comprendre leur demande. Pourquoi les sanctions pénales de ceux qui attaquent les policiers, outrages, rébellions, violences, ne sont pas connues ? Pourquoi est-ce qu'on ne les connaît pas ? Elles sont connues. Encore une fois, tous les jugements...
Les syndicats de police demandent à ce qu'on donne des chiffres. Je veux bien être... Oui, ça, c'est pour le syndicat de police qui le demande. Je veux bien... Quand la justice rend des jugements, ces jugements sont publics. Vous le savez, c'est une des caractéristiques de la justice que d'être public. Et donc, il n'y a pas de difficulté à porter à connaissance l'ensemble des jugements qui sont rendus. Mais je ne sais pas s'il faut catégoriser les jugements pour telle catégorie, pour telle autre catégorie. Mais enfin, s'il y a une exigence de transparence, je serai la première à la porter. Bien. Il faut rétablir la confiance entre une partie de la population et la police.
C'est indispensable. Voyez-vous, dans ce qui se passe actuellement, je trouve que ce malaise, il doit être entendu. C'est ce que je vous disais tout à l'heure. Ni déni, ni systématisme. Il faut entendre ce que disent nos concitoyens. Il faut le comprendre. Mais il ne faut pas faire d'amalganement. Vous comprenez, vous entendez, toutes celles et ceux qui se plaignent de contrôle au faciès. Vous le comprenez, vous les entendez ? Nicole Belloubet. J'entends cela. Cette observation-là, ou en tout cas, cette crainte, ces récriminations-là ne sont pas nouvelles, vous le savez. Oui. Puisqu'il y a eu de très nombreuses...
C'est ça le problème, c'est qu'elles ne sont pas nouvelles et elles persistent, elles perdurent. Elles ne sont pas nouvelles mais encore une fois, je pense qu'il faut être très clair, la police fait son travail. S'il y a des difficultés, s'il y a des changements de pratiques à opérer, elles sont analysées par le ministre intérieur, évidemment, et il faut toujours être ouvert à des évolutions. Mais encore une fois, la police n'est pas raciste en elle-même et ça, c'est important. Le défenseur des droits propose une traçabilité des contrôles d'identité. Est-ce que vous y êtes favorable ? Encore une fois, c'est un dossier qui doit être traité... Par le ministère de l'Intérieur.
Je ne me défile pas. Ça doit être traité par le ministère de l'Intérieur. C'est le droit des citoyens qui est en cause. Et c'est important. C'est en question. Mais encore une fois, il y a des expériences qui ont été tentées sur cette traçabilité. C'est évidemment extrêmement lourd à porter et un contrôle qui a été opéré le matin peut très bien avoir nécessité d'être opéré à nouveau le soir. On ne peut pas... Oui, mais pendant le confinement, on a eu une sorte de traçabilité et des contrôles d'identité. Franchement. Oui, ça a été tout à fait dans un objectif de santé publique. Ça a été mis en place. Dans un objectif de justice aussi. De santé publique. Oui, je sais. Non, non, pas de justice.
De santé publique. Oui, dans un objectif de santé publique. Mais dans un objectif de justice, on pourrait aussi mettre en place une forme de traçabilité des contrôles d'identité. Nicole Belloubet. Je suis favorable à l'examen de tout ce qui peut améliorer l'exercice de nos pratiques. Vous n'êtes pas contre. Vous n'êtes pas contre. Je suis favorable à l'examen parce que je n'ai pas, moi, au moment où je vous parle là, je n'ai pas l'ensemble des données qui me permettent de dire... Oui, mais l'examen, ça veut dire qu'on ouvre le débat. Pourquoi ne pas ouvrir le débat ? Le défenseur des droits fait des propositions.
Ce que fait ou ce que propose cette autorité administrative indépendante mérite d'être entendu et je suis certaine que le ministère de l'Intérieur... Ça m'intéresse. Ça mérite d'être entendu. Donc ça mérite d'ouvrir ce débat à nouveau. Il avait déjà été ouvert. Je ne sais pas quelle réponse pertinente peut-il être apportée. Bien. Le 23 juin, proposition de loi de la République en marche, limitant à 48 heures la rétention des mineurs étrangers et de leurs familles. Vous soutenez ou pas cette proposition de loi ? C'est aussi très intéressant, la rétention des étrangers. Je suis désolé, c'est encore une compétence du ministre de l'Intérieur.
Décidément, c'est ça qu'il va falloir que je fasse prochainement à vous entendre. Non, je ne crois pas, non ? Ça vous intéresse ? Il y a un excellent ministre de l'Intérieur. Bon, d'accord. Donc, cette question-là, elle est évidemment très intéressante. Bien. L'instauration de mesures de sûreté à l'encontre des auteurs d'infractions terroristes à l'issue de leur peine ? C'est aussi une proposition de la République en marche qui est là dans mon champ de compétences. Et oui. On comprend très bien ce qui légitime cette proposition de loi. Il y a là des questions de constitutionnalité qui méritent d'être étudiées. Encore une fois, l'objectif est parfait. Vous la soutenez ou pas ?
Il faut travailler pour voir comment cette proposition de loi peut se transformer. Parce que je comprends bien l'objectif puisqu'il s'agit pour des personnes qui ont été condamnées pour des faits de terrorisme de s'assurer d'une forme de sécurité à la fin de leur condamnation. D'un suivi. D'un suivi. D'un suivi. Sérieux. Exactement. Et donc, il y a un travail très soutenu qui a été fait par la présidente de la commission des lois qui porte cette proposition de loi. Il y a une brune pivée. Voilà. Nous sommes... Cette proposition est soumise à l'avis du Conseil d'État. Et donc, nous allons voir ce que le Conseil d'État va en dire. Bon, mais vous...
Non, la seule question, c'est encore une fois, la constitutionnalité... Elle est bienvenue quand même. Sur l'objectif, il faut assurer la sécurité de nos concitoyens. C'est très clair. Bien. 13 500... Il y a aussi un objectif qui est que quand une peine a été exécutée, elle est exécutée. Et donc, c'est très important de trouver le bon équilibre entre les deux. 13 500 détenus en moins dans les prisons françaises depuis le début du confinement. C'est bien cela ? Vous confirmez ce chiffre ? C'est bien cela, oui. Libération anticipée. Qui a été libéré ? Les prisonniers à courte peine qui n'avaient plus que deux... Non, pas...
Les prisonniers auxquels ils restaient, les détenus auxquels ils restaient environ deux à trois mois de peine. Et donc, ils ont été libérés en fin de peine, en libération anticipée. Taux d'occupation des prisons aujourd'hui ? 96%. Tous établissements pénitentiaires confondus. C'est-à-dire que je ne trahis pas la réalité. Il y a des taux d'occupation, notamment aux maisons d'arrêt, qui sont encore supérieurs mais qui ont évidemment beaucoup diminué par rapport à ce qu'ils étaient avant le confinement. Vous tenez à ce que l'on soit en dessous d'une surpopulation carcérale ? Non, mais moi, je n'ai pas d'objectif chiffré, M. Bourdin. Je n'ai pas d'objectif chiffré.
Je souhaite évidemment supplémentaire par rapport aux places de prison dont nous disposons. Oui, la France a été condamnée à plusieurs reprises pour cela. Mais mon objectif n'est pas quantitatif. Mon objectif, il est qualitatif. Il est de dire utilisons la prison lorsque elle est utile, lorsque cette peine-là est utile, soit pour écarter un individu dangereux, soit parce que la peine prononcée est d'une telle longueur qu'il doit aller en détention. Mais dans les courtes peines dont on sait qu'elles sont désocialisantes, déstructurantes, qu'elles coupent du lien familial qu'elles coupent du travail, il y a peut-être d'autres solutions à trouver.
Oui, des aménagements de peine, du travail d'intérêt général, de bracelets électroniques. Où est-ce que vous en êtes avec le bracelet électronique ? Est-ce qu'on a les moyens aujourd'hui de généraliser le port du bracelet électronique ? Il s'agit d'être tout le monde sous bracelet. Quand c'est utile ? Oui, bien sûr. Il n'y a aucune difficulté financière. Il y a aussi la détention à domicile. Oui, c'est ça. Oui, tout à fait. C'est ce qui a été pratiqué en quelque sorte pour les personnes qui étaient en fin de peine. Vous espérez, vous ne souhaitez pas ne pas remplir à nouveau les prisons ? Non, mais je suis lucide. D'une part... Elles vont se remplir à nouveau ?
D'une part, l'activité des tribunaux reprend par logique, par voie de conséquence, parce que la délinquance de rue aura repris. Le confinement, c'est une diminution extrêmement forte de la délinquance de rue, puisque évidemment, les gens ne pouvaient pas sortir. Là, aujourd'hui, le déconfinement et c'est heureux... Est-il vrai que vous avez envoyé une circulaire au procureur ? J'en envoie assez fréquemment. Oui, non, non, mais à ce propos... Je termine juste mon raisonnement, parce que si vous voulez, tout est lié.
Confinement, baisse de la délinquance de rue, déconfinement, par définition, hausse de la délinquance, on le suppose en tout cas, les tribunaux reprennent leur activité, des peines, des sanctions vont à nouveau être prononcées. Donc, des peines de prison. Mais ce que je dis simplement, et c'est le sens de la circulaire, j'imagine, à laquelle vous faites allusion, ce que j'ai clairement dit au procureur, c'est n'oubliez pas qu'une loi a été votée et que cette loi précise que pour les courtes peines, il y a d'autres solutions que l'emprisonnement. Voilà. Voilà. Vous rappelez au procureur. Je rappelle tout à fait cela. Ce qui permet peut-être d'éviter l'engorgement des prisons. Oui.
Nicole Belloubet. Oui. Bien. Pendant le confinement, des détenus ont été maintenus en prison. Oui. Oui, mais maintenus alors que injustement. Ah, vous parlez de la détention provisoire. Oui. Des détenus, oui, en détention provisoire. Injustement maintenus. Prolongation, non ? Oui, c'était une prolongation que nous avions voulu de plein droit. J'en dis juste la raison. Pendant la période de confinement, les tribunaux ne fonctionnaient pas normalement parce qu'un certain nombre de magistrats étaient dans l'impossibilité d'être présents et de pouvoir organiser des débats contradictoires, ce qui est nécessaire pour prolonger la détention provisoire.
Nous avons donc, pendant un temps limité, celui du confinement, seulement ce temps-là, nous avons donc dit que la détention provisoire serait prolongée de plein droit. Bien. et maintenant, certains vont être libérés. Alors, cette prolongation a eu lieu. Il y a eu des recours. La Cour de cassation a rendu un arrêt et dans cet arrêt, la Cour de cassation, contrairement à ce que j'ai lu partout, la Cour de cassation n'a pas dit que les dispositions que nous avions prises étaient contraires à la Convention européenne des droits de l'homme.
Elle a dit que ces dispositions étaient compatibles avec la Convention européenne des droits de l'homme sous réserve, que les prévenus puissent dans un certain délai voir un juge. C'est ce qui a été fait et c'est ce qui fait que d'ailleurs, très peu de personnes vont être libérées. Mais certaines personnes soupçonnaient de terrorisme. Ah non. Non, non, absolument pas. Non, non, non, non. Il n'y a pas de... Si vous voulez, les personnes qui seront libérées sont celles qui n'auront pas pu voir un juge. Il y en a quelques dizaines qui n'ont pas pu voir un juge pendant les délais imposés par la Cour de cassation. Ces derniers temps, il n'y a pas eu de libération.
Mais non, mais vous savez, dans les dispositions que j'avais prises pendant la période du confinement, j'avais exclu les auteurs de violences conjugales, les auteurs de faits de terrorisme, etc. Les règles de visite ont été assouplies dans les prisons ? Oui, mais là aussi, il faut se replacer dans cette idée de virus, de pandémie. Nous avions suspendu les parloirs pendant la période du confinement puisque les gens ne pouvaient pas sortir de chez eux. Ils ne pouvaient pas aller voir leur famille détenue. Le déconfinement arrivant, nous avons remis en marche les parloirs. StopCovid, l'application StopCovid est disponible sur les smartphones depuis mardi.
Combien de fois t'elle a été téléchargée ? Vous avez des chiffres ? Je crois qu'il y a 48 heures ou 24 heures, c'était 300 000 fois. C'est beaucoup. C'est beaucoup. Ce n'est pas obligatoire. Non, ce n'est pas obligatoire. C'était l'une des conditions d'ailleurs. Donc, cette application... Vous êtes rassurée concernant les données ? Moi, j'avais un certain nombre... Dans mon esprit, je portais ce que la loi porte, le règlement général de protection des données, c'est-à-dire le caractère volontaire, l'absence de traçabilité, pas de géolocalisation... Temporaire aussi ? Temporaire, bien sûr. C'est important. Absolument. Et c'est clairement écrit. Et c'est clairement écrit. Bien.
Les violences conjugales, je vais terminer avec cela parce que c'est plus 36% pendant le confinement, enfin, signalement... De signalement, oui. Oui, de signalement. J'ai vu qu'il y avait une proposition de loi très intéressante qui proposait plusieurs mesures, notamment la suspension du droit de visite et d'hébergement d'un enfant mineur lorsqu'un parent violent est mis en examen. Oui, nous sommes... Enfin, c'est une proposition de loi qui a déjà été examinée à l'Assemblée nationale et qui arrive au Sénat. C'est un texte important qui vient compléter... Oui. Marie Mercier, effectivement. C'est un texte important qui sera rapporteur. Oui, exactement.
C'est un texte qui vient compléter la loi du 28 décembre qui a déjà été mise en place et qui, notamment, portait le bracelet anti-rapprochement, vous savez, qui permettra à des conjoints violents de rester éloignés, qui portait également la question des ordonnances de protection. Bref, c'est tout un ensemble de dispositifs qui est mis en place dans celui que vous citez. Et c'est un dispositif... Mais vous seriez favorable à la suspension des droits de visite ? Ah, mais oui, nous avons vraiment là-dessus par rapport à la proposition de loi qui a été portée par la REM et par Mme Couillard à l'Assemblée nationale. Il y a des dispositions sur lesquelles nous sommes en plein accord.
En plein accord. Merci beaucoup, Nicole Le Préleau. Merci à vous. D'être venue nous voir. Merci, garde des Sceaux, ministre de la Justice sur RMC et BFM TV ce matin.