La France s’engage à fournir "3 milliards d'euros de soutien militaire additionnel" à Kiev
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alors mesdames et messieurs les sénateurs nous devons réagir c'est pourquoi le président de la République a appelé ces dernières semaines à un sursaut un sursaut collectif pour aider l'Ukraine et pour éviter le scénario du pire la Russie ne peut ni ne doit gagner la guerre alors dans un esprit de lucidité en veillant à refuser toute escalade nous prenons nos responsabilités c'est le sens de l'accord de sécurité conclu entre le Président de la République et le président Zelenski à Paris le 16 février dernier cet accord bilatéral sur lequel nous vous demandons de vous prononcer ce sont des engagements mutuels entre la France et l'Ukraine c'est d'abord un engagement politique très fort de la France à renforcer structurellement et sur le long terme les capacités de l'Ukraine sur tous les plans militaires économiques et également pour la reconstruction du pays l'objectif est d'accroître la capacité de l'Ukraine à résister d'accroître sa capacité de résilience de décourager tout acte d'agression dans l'avenir cet accord fait suite aux engagements pris par les pays du G7 dans une déclaration adoptée le 12 juillet 2023 en marge du sommet de l'OTAN à Vilnius il s'inscrit donc je le dis ici dans une logique collective en plus des pays du G7 25 pays ont adhéré à cette démarche avec la France ce sont déjà se pays qui ont conclu des accords similaires l'Allemagne le Royaume-Uni le Canada l'Italie les Pays-Bas et le Danemark c'est donc bien VI sur un élan de solidarité internationale que nous vous proposons de vous prononcer aujourd'hui quel est l'engagement des pays signataires d'un accord de ce type en cas de nouvelle agression russe contre l'Ukraine il s'agit de lui fournir une assistance rapide notamment en matière de sécurité d'équipement militaire et d'assistance économique en matière d'aide militaire cet accord prévoit pour l'année 2024 jusqu'à 3 milliards d'euros de soutien militaire additionnel c'est pratiquement une fois et demi que ce que nous avons fourni en 2023 et près de deux fois plus que ce que nous avons fourni en 2022 par votre vote nous vous demandons d'affirmer que la France est un partenaire militaire fiable de l'Ukraine un partenaire capable de créer l'initiative je pense notamment à la livraison de chars léger un partenaire capable de livrer des capacités qui font la différence sur le terrain je pense notamment à nos canons César ou au au missilees de longue portée scalpe en contrepartie de ces engagements financiers importants l'Ukraine s'engage dans cet accord pour sa part à poursuivre sa trajectoire ambitieuse de réforme cela implique la poursuite des efforts importants initiés par les autorités ukrainiennes en matière de lutte antiorruption de réforme judiciaire de consolidation de l'État de droit de décentralisation de modernisation de son secteur de défense ou encore de transformation de son agriculture vers les standards européens cet accord est un acte fort il réaffirme le soutien de la France à l'Ukraine dans la durée et s'il n'est juridiquement pas soumis à la ratification du Parlement le président de la République a souhaité qu'il vous soit présenté que vous puissiez en débattre et que vous puissiez voter car derrière cet accord ce n'est pas seulement l'avenir de l'Ukraine c'est aussi la défense de nos intérêts et de notre sécurité qui est en jeu cet accord les défend cet accord les protège et j'appelle évidemment à l'esprit de responsabilité de chacun au moment de le voter Mesdames et Messieurs les sénateur au-delà de cet accord qui fera l'objet de votre vote la France prend ses responsabilités aussi en mobilisant la communauté internationale lors de la réunion qui s'est tenue à Paris le 26 février avec les chefs d'État et de gouvernement de 27 États et leurs représentants de nouveaux engagements ont été pris collectivement nous avons décidé de continuer à renforcer notre soutien à l'Ukraine collectivement nous avons choisi de renforcer nos efforts pour fournir à l'armée ukrainienne les munitions dont elle a besoin collectivement nous avons décidé de renforcer la défense anti-aérienne et les capacités de frappe dans la profondeur des forces ukrainiennes une 9e coalition internationale a été créée en ce sens enfin de nouveaux axes d'effort ont été identifi et proposé sur lesquelles chacun pourra s'engager comme il le souhaite et autant qu'il le souhaite il s'agit de renforcer la défense cyber et les capacités de déminage ukrainienne d'être en en mesure de coproduire de l'armement en Ukraine d'assurer la défense des pays directement menacés par l'offensive russe comme la Moldavie et d'être en capacité de soutenir l'Ukraine pour qu'elle puisse continuer de sécuriser sa frontière avec la Biélorussie ces engagements ont porté leurs fruit loin des caricature des partisans de la défaite permanente et du déclin la France a donné un nouvel élan de soutien à l'Ukraine lors de la Conférence ministérielle de suivi organisé la semaine dernière sous l'égide du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et du ministre des armées des dizaines d'états partenaires ont accepté de se saisir de nos réflexions de s'engager et même de prendre la tête des travaux sur certains chantiers grâce à la volonté du Président de la République à l'engagement du gouvernement la France est à l'initiative elle est moteur nous avons posé toutes les options sur la table sans logique d'escalade sans faux semblant cela a permis un électrochoc salutaire a donné un coup d'accélérateur à la réaction internationale nous avons assumé notre rôle les travaux sont lancés nous proposons et nos partenaires sont libres de participer d'avancer et de contribuer Enfin je veux le dire clairement ici dans un moment aussi grave dans une situation aussi complexe il n'y a pas de place pour l'instrumentalisation le message du président de la République a été très clair nous n'abandonnerons pas l'Ukraine et nous n'excluons pas par principe aucune option nous nous inscrivons dans un cadre réfléchi pour réaffirmer notre soutien à l'Ukraine sans faire la guerre à la Russie et en refusant toute logique d'escalade nous ne nous fixons pas de limite face à une Russie qui elle n'en fixe aucune nous continuerons comme nous le faisons depuis le début du conflit à faire évoluer notre soutien à l'adapter aux besoins des Ukrainiens en 2 ans beaucoup d'évolutions que l'on croyait impensables ont eu lieu la Suède et la Finlande qui rejoignent l'OTAN impensable et pourtant c'est fait l'Europe capable de prendre des sanctions fortes en quelques heures impensable et pourtant c'est fait l'Europe qui se mobilise qui fournit des armes impensables et pourtant c'est fait il y a différence entre le soutien militaire et la cobéligérence nous pratiquons cette différence tous les jours avec nos partenaires et nos alliés une dynamique est en train de se lancer les chantiers sont ouverts et se poursuivent afin de faire plus mieux et si besoin différemment pour soutenir l'Ukraine dans la durée mesdames et messieurs les sénateurs ces propos sont fermes je le sais mais je veux ici rappeler qu'aucun pays plus que la France n'a uvré au dialogue avec la Russie n'a uvré pour ramener ses dirigeants à la raison que ce soit dans les négociation du format dit Normandie avec l'Allemagne dès 2014 sous l'égite du président François Hollande et repris par le Président de la République que ce soit par toutes les initiatives françaises de ces dernières années lors des rencontres entre le Président de la République et le président Poutine à Versailles à Saint-Pétersbourg à Osaka ou à brgançon que ce soit dans l'organisation à l'initiative du Président de la République de ce qui s'est avéré être la seule rencontre entre les présidents zelanski et Poutine en décembre 2019 c'était en France à l'Élysée que ce soit dans les mois les semaines les jours les heures qui ont précédé l'éclatement du conflit où le président de la République a tout tenté jusqu'à se rendre à Moscou pour éviter la guerre à toutes les étapes notre engagement pour l'Ukraine a été constant en faveur de sa souveraineté et du respect de son intégrité territoriale sans volonté d'ostraciser la Russie c'est la raison pour laquelle la position de la France en faveur de la paix est unchangé notre objectif reste clairement celui d'une solution négocier qui respectent les droits de l'Ukraine et nos intérêts de sécurité c'est la seule solution qui permet d'obtenir des garanties crédibles de la part de la Russie pour s'assurer qu'elle ne retournera à l'assaut ni de l'Ukraine ni d'un autre pays européen et je dois le dire j'entends dans le débat public et nous l'avons entendu à l'Assemblée nationale hier certaines voix qui disent nous ne soutenons pas l'accord que vous nous présentez qui prévoit de renforcer notre soutien à tout point de vue à l'Ukraine mais nous plaidons pour une solution négociée mais comment comment peut-on imaginer une solution négociée qui permette aux Ukrainiens de vivre libre si la situation reste la même c'est-à-dire celle d'un rapport de force absolue de la Russie sur les Ukrainiens comment peut-on imaginer une solution négociée acceptable qui se traduise par une paire réelle si cela se fait avec un pistolet sur la tempe pour les Ukrainiens par la Russie assumer de soutenir l'Ukraine c'est lui permettre de résister et c'est lui permettre de bénéficier d'un rapport de force qui fera qu'une solution négociée se fasse dans l'intérêt des Ukrainiens l'inverse malheureusement n'est pas envisageable mesdames et messieurs les sénateurs dans quelques instants vous voterez vous voterez sur notre accord bilatéral de sécurité avec l'Ukraine vous voterez sur notre soutien à l'Ukraine vous voterez sur notre capacité à défendre nos intérêts et nos valeurs au moment de ce vote les Français nous regardent des Français qui s'inquiètent de la situation des Français que la Russie menace des Français qui tiennent à nos valeurs à notre liberté à notre démocratie des Français qui je le crois ont compris les dangers qui les guê si la Russie l'emporter et je crois que c'est aussi notre responsabilité de leur redire évidemment que lorsque nous annonçons des montants de soutien il y a des Français qui réagissent qui nous interrogent qui nous posent des questions qui entendent 3 milliards d'euros de soutien à l'Ukraine à nous aussi de leur rappeler que si ce soutien a un coût nos valeurs la liberté des peuples la sécurité de l'Europe n'ont pas de prix et que si la Russie venait à l'emporter sur l'Ukraine ce serait bien des moyens supplémentaires budgétaires qu'il faudrait engager pour soutenir les Français face aux conséquences que j'ai évoqué tout à l'heure sur l'inflation des prix alimentaires ou de l'énergie qui serait pire encore que celle que nous connaissons aujourd'hui évidemment l'Ukraine aussi nous regarde je salue son ambassadeur qui est présent elle attend la [Applaudissements] confirmation et le signal de notre unité [Applaudissements] [Applaudissements] [Musique]
Gabriel Attal