Thomas Ménagé : "Ce qu'on souhaite, c'est que la culture ne soit pas dans une vision militante ou politique"
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France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question Politique. Qu'on soit au Rassemblement National, déjà en campagne, ou tout simplement passionné et observateur de la vie politique comme nous, impossible de faire abstraction de ce compteur. Dans 16 jours et une heure et demie, pour être précise, toute l'attention sera arrivée sur Marine Le Pen au sein de la Cour d'Appel de Paris le 7 juillet. La justice se prononcera, confirmera ou non sa peine de 5 ans d'inéligibilité,
le vertige pour le RN, mais aussi pour Edouard Philippe, Gabriel Attal ou Jean-Luc Mélenchon qui attendent sur le ring la fille du fondateur ou le jeune patron du parti Jordan Bardella. De quel côté retombera la pièce ? L'incertitude alimente les divisions sur les retraites, la stratégie européenne. Notre invité, on l'espère, va nous aider à comprendre la ligne de son parti sur des sujets cruciaux et ses revirements parfois. Thomas Ménager est avec nous, député RN du Loiret,
porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Nationale, proche de Marine Le Pen.
Bonjour Thomas Ménager. Bonjour mesdames. Vous êtes en direct sur France Inter, sur France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h pour répondre à toutes nos questions. Merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés aujourd'hui pour vous interviewer. Je les salue, Naïla Latrouz. Bonjour. Bonjour. Rédactrice en chef du service politique de France Télé. Bonjour Naïla. Tout à l'heure, vous allez nous faire le portrait de notre invité, de Thomas Ménager.
Ce n'est pas un exercice facile parce que très présent dans les médias, Thomas Ménager, vous êtes pourtant très discret sur ce qui vous anime en dehors de la politique. Est-ce par pudeur ou parce que vous avez des choses à cacher ? Réponse dans une demi-heure. Et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour. On vous retrouvera vers midi 50. Avec cette question 2027, un sujet crucial, l'éducation, l'école. Oui, et peut-être plus précisément le baccalauréat,
puisque plus d'un million d'élèves sont en train de le passer cette année, si l'on tient compte de ceux qui sont aussi en épreuve anticipée en classe de première. À quoi ressemblera le bac si le RN accède au pouvoir ? Et plus généralement, quelles réformes de l'éducation nationale préconisent-ils ? Mais d'abord, quelques questions d'actualité. Ça ne vous a pas échappé. Il fait très chaud en ce moment. La France suffoque. 35 départements sont désormais en vigilance rouge au moment où on se parle,
jusqu'à 40 degrés à certains endroits. Le réchauffement climatique vous inquiète ? Il faudrait être fou pour ne pas s'inquiéter, pour ne pas voir l'accélération, l'impact sur la vie quotidienne des Français et la nécessité à la fois de le réduire, c'est-à-dire continuer à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, même s'il faut toujours rappeler qu'il y a encore des efforts à faire, mais la France est quand même un pays globalement vertueux, donc on peut encore s'améliorer et puis s'adapter,
et c'est ça ce qui aussi nous préoccupe aujourd'hui, c'est la question de l'adaptation. D'ailleurs, on verra dans quelques instants tout ce que vous proposez au RN. Je voulais juste qu'on écoute une archive d'il y a trois ans de vous chez nous sur France Inter. Nous ne pouvons pas uniquement nous baser sur les données du GIEC, mais dans tous les cas, il n'y a pas seulement à suivre automatiquement ce qui peut être fait dans les données du GIEC. Il y a à voir une vision politique qui, bien entendu, tient compte du réchauffement climatique,
mais ça a été dit par Marine Le Pen. Ils ont parfois tendance à... à exagérer, et c'est leur rôle. Vous avez dit vous-même qu'on n'est pas scientifiques, nous, donc il faut quand même croire les scientifiques. Oui, on les croit, on les suit, bien entendu, mais notre rôle aussi, c'est de tempérer pour éviter que si on suit bêtement les données du GIEC, on risque de contrevenir à la qualité de vie des Français. Donc pour vous, le GIEC exagère, sauf qu'aujourd'hui, votre collègue Sébastien Chenu
regrette que le gouvernement n'ait finalement pas écouté le GIEC. On a un peu de mal à vous suivre. Est-ce que vous, déjà, vous maintenez vos propos d'il y a trois ans ? D'abord, en politique, des fois, dire qu'on n'a pas été clair et qu'on a même dit des bêtises, ce n'était pas très clair, parce que, en fait, dans ma tête, j'avais en tête, notamment, un certain nombre d'experts du GIEC, c'est le cas de M. Gemene, qui ont fait des fois de la politique,
étaient en soutien à M. Jadot. Le GIEC, en tant que données scientifiques, c'est-à-dire en tant que consensus scientifique, le rapport en tant que tel, il est incontestable. C'est une donnée scientifique qui peut parfois aussi évoluer, bien entendu, qui, malheureusement, au vu de l'évolution, en fait, la situation est encore pire que prévue, et donc, il faut le tenir. Donc, voilà, moi, je n'avais pas été clair à l'époque, il faut aussi savoir le reconnaître.
Et ça, on ne le savait pas il y a trois ans ? Non, mais, je veux dire, moi, en tant que député qui avait un an d'expérience, peut-être que je n'avais pas... Vous savez, on vient de la société civile, on est jeté, au bout de quelques semaines, sur des plateaux de chaînes importantes, comme France Inter, et des fois, on n'est pas clair, on s'exprime mal. Mais je tiens, quand même, à maintenir le fait que certains, qui ont pris des positions politiques, parfois, qui ont été, par exemple,
c'est le cas des personnes de M. Gemene, je l'ai en tête, parfois, ont pris des positions antinucléaires, etc., qui n'étaient pas forcément les bonnes positions. Et que le politique, il est là pour prendre les données scientifiques et de tout mettre en œuvre pour essayer d'atteindre ses objectifs, mais sans contrevenir à la qualité de vie. C'est tous les débats qu'on va peut-être avoir dans quelques instants sur la climatisation. Sauf qu'il n'y a pas que vous qui avez tenu des propos au RN sur le GIEC.
Marine Le Pen estimait que le GIEC avait toujours été alarmiste. Votre collègue Hervé de Lépineau les qualifie même de propagandistes. Julien Audoul utilise le terme d'ayatollah. Est-ce que, pour contester... Mais c'est parce que... Des scientifiques qui font un travail utile et nécessaire au moment où on parle de réchauffement climatique, vous ne pensez pas que vous allez à l'encontre ? Non, mais le rapport en tant que tel, c'est la somme de toutes les opinions des scientifiques.
C'est une compilation. Ça s'appelle une compilation inconsensuelle. Une compilation, mais ce n'est pas des opinions, c'est des analyses. Et là, quand vous parlez d'ayatollah, c'est parce que, je vous le dis, il y en a qui ont pris des positions à gauche ou à l'extrême gauche, parfois contre le nucléaire, parfois contre les climatisations. Ayatollah, c'est Julien Audoul qui dit ayatollah. Oui, c'est pour ça que je reprenais les propos de mon collègue.
Il n'y a aucune ambiguïté au Rassemblement national. Et tout notre programme depuis des années est un programme qui est vertueux pour l'environnement. Et on va y venir. C'est parce que disent les scientifiques, et notamment François Génel. Vous savez, moi, juste après mes propos, j'avais eu la chance de rencontrer Valérie Masson-Delmotte, qui m'avait proposé de venir échanger avec elle, qui était co-auteur du dernier rapport du GIEC à l'époque. Et je lui avais expliqué quelle était notre vision.
Elle m'avait informé aussi. Et c'est le rôle des politiques d'aller chercher l'information. Mais il n'y a aucune ambiguïté. Quand on propose depuis des années de réindustrialiser notre pays, alors même que 50% des gaz à effet de serre, c'est les importations, ce sont les importations, je pense qu'on a un programme qui est aujourd'hui un programme modèle en termes d'environnement. Vous proposez aussi de supprimer les agences environnementales publiques,
d'arrêter le financement des énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien... Les énergies intermittentes. On va y venir. Le problème qu'il y a, c'est que depuis des années, il y a eu une idéologie autour de l'environnement. Où, quand vous êtes contre l'éolien, qui est une énergie intermittente, vous êtes contre les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables, c'est la géothermie, c'est l'hydraulique, c'est l'hydroélectricité, on y est favorable.
Mais il y a une nécessité de voir l'ensemble de la chaîne de la valeur. Quand vous produisez des panneaux photovoltaïques, à l'autre bout de la planète, comme les éoliennes, que vous ne savez pas comment vous allez les recycler demain, que vous utilisez des terres rares, que vous utilisez aussi humainement des personnes avec des conditions sociales qui ne sont pas à la hauteur, que vous avez des productions qui sont faites à l'autre bout de la planète,
qui ne respectent pas nos normes environnementales, je ne suis pas sûr que ça soit brillant d'un point de vue environnemental au global. Sur la canicule. Votre proposition, votre grande proposition, c'est un plan climatisation, un investissement de l'État pour climatiser les écoles, les EHPAD, les bâtiments publics. Alors je dis financement de l'État, mais on ne sait pas trop. C'est l'État qui finance ? Non, je vais vous l'expliquer très clairement.
Pour revenir, parce que c'est quand même des sujets très précis, il y a deux éléments. Il y a une adaptation au climat qui doit être une adaptation passive qui existe. Donc c'est de la rénovation énergétique. C'est tout ce qui existe en termes de parts vues, de parts soleil qui peuvent être mis en place. C'est d'avoir des bâtiments qui sont plus... Plus verteux. Et après, quand ces adaptations passives aussi, c'est des îlots de fraîcheur, c'est végétaliser nos villes.
Ça, vous êtes pour végétaliser les villes, investir dans les centres-villes ? Bien entendu. Enfin, il y a un moment, on voit bien que c'est la réverbération, notamment de tout ce béton en ville et notamment de villes comme Paris qui ont été pensées avec des parcs qui sont à l'extérieur et pas qui sont à l'intérieur. Pourquoi les maires et les reines construisent des grands parkings dans leurs villes du coup ? Non, mais alors ça, c'est totalement...
Et bétonnisent. Non, mais ça va à l'encontre de ce que vous dites. C'est totalement bidon. Enfin, je veux dire, à un moment, à quel endroit ? Quand il y a besoin de parking, oui, on construit du parking. Et en plus, maintenant, aujourd'hui, les parkings, ils sont construits avec des matériaux qui sont perméables pour pouvoir aussi permettre, avec ce qu'on appelle des evergreens, c'est-à-dire des places de parking qui sont vertes. Quand il y a besoin de parking pour développer le commerce de centre-ville, il faut le faire.
Mais à Paris, notamment, de faire en sorte que l'on végétalise les toitures, que l'on peigne les toitures en blanc aussi, qui sont aussi des éléments pour pouvoir éviter que les rayons du soleil impactent les bâtiments et augmentent la température. Ça, c'est la politique, d'ailleurs, écologiste d'Anne Hidalgo, d'Emmanuel Grégoire, que vous êtes en train de saluer, du coup. Je veux dire, enfin, ils n'ont pas attendu. Il n'y a pas qu'Emmanuel Grégoire.
Il y a énormément de villes, de droite comme de gauche, parce qu'en fait, c'est du bon sens paysan. C'est du bon sens de se dire, à un moment, il faut faire en sorte que les rayons du soleil réchauffent beaucoup moins les bâtiments. Sauf que malheureusement, ces adaptations qu'on pourrait considérer comme passives ne suffisent pas. Et c'est pour ça qu'un grand nombre de pays dans le monde, vous allez au Japon, vous allez aux Etats-Unis, mettent la climatisation.
90% des bâtiments sont équipés dans ces pays. Et ça pourrait être une folie de climatiser. Juste pour finir, ça pourrait être une folie de climatiser si on avait une énergie qui n'était pas décarbonée. C'est-à-dire que si on brûlait du pétrole et du gaz pour faire fonctionner des climatiseurs, c'est sûr que ça serait une dinguerie, parce que ça augmenterait le réchauffement climatique. On a une électricité décarbonée grâce au nucléaire et grâce à notre nucléaire.
Est-ce que les Français, est-ce que vous invitez, vous encouragez les Français à climatiser leur appartement, par exemple ? Parce que là, vous parlez des bâtiments d'Etat, mais est-ce que vous les appelez plutôt à la sobriété ? Ou vous cautionnerez, par exemple ? La sobriété, quand il fait 40 degrés dans une bouilloire thermique, il y en a 6 millions en France, malheureusement. Donc la clim partout pour tous ? Oui, et il y a une vraie fracture sociale aujourd'hui.
Et c'est la raison pour laquelle, nous, on ne souhaite plus mettre en place ce qui existait avec MaPrimeRénov', c'est-à-dire de l'argent qui ne marche pas. Parce qu'il y a 300 000, 5 milliards par an, 300 000 qui, depuis le début, qui, à ces dispositifs, ont permis des rénovations globales. On a un dispositif qui s'appelle 100%Rénov', qui ne coûterait que 300 000. 300 millions d'euros par an, ce sont des prêts de long terme à 0%. Pour tout le monde, sans condition de ressources.
Pour les enfants de Bernard Hannault, encore une fois, vous faites quelques gestes aux milliardaires. Parce que les usines à gaz, avec des critères, avec des abus, avec des dossiers frauduleux, l'ANA, on est plein. Avec votre projet, il n'y aurait pas de fraude, par exemple. Non, parce qu'en fait, il n'y a plus d'argent magique. On n'a plus l'argent pour donner des subventions. Nous, ce que l'on fait, c'est qu'on ferait des prêts à taux zéro. Ce qui fait que ça coûterait à l'État seulement la différence
entre l'emprunt sur les marchés financiers et le taux zéro. Ça, ça coûterait 300 millions d'euros pour atteindre les objectifs de Pisaniférie. Et on dit aux Français, vous remboursez progressivement, sur le long terme. Ça peut prendre 20 ans, 30 ans. Dans tous les cas, l'État ne perd jamais l'argent. Puisque l'État, si la personne ne rembourse pas, au moment de la cession de son bien, ou au moment d'un décès d'une succession, il y a obligation de rembourser.
Donc c'est quelque chose qui permet que tout le monde ait accès, tout le monde rénove ses bâtiments à la fois pour les passoires et les bouilloires thermiques, et qu'on puisse aussi améliorer la qualité de vie des Français. Naïla Latrosse. Thomas Ménager, vous venez de citer l'exemple du Japon qui climatise largement. Le Japon est un des pays qui produit aussi largement de la climatisation. Dans le plan massif que vous proposez, il faudrait équiper en priorité près de 3 000 établissements de santé,
7 500 EHPAD et plus de 50 000 établissements scolaires. Tout climatiser, c'est aussi accepter d'importer massivement. Et je vous entendais parler des éoliennes et du photovoltaïque en disant on enrichira la Chine et d'autres pays. C'est exactement le même sujet pour la climatisation puisqu'on est dépendant sur les compresseurs, sur le cuivre, sur les fluides frigorigènes, mais aussi parce que nos coûts de production sont plus élevés que les Japonais, les Chinois ou les Coréens.
Est-ce qu'il n'y a pas de solution plus souveraine ? Là, pour le coup, vous tenez un discours de souveraineté et vous proposez une solution qui, techniquement, ne l'est pas. Et parce que, malheureusement, vous avez raison. Et ça passe par le plan, et j'en parlais au tout début de notre émission, de réindustrialisation de notre pays. C'est-à-dire que si vous ne recréez pas des filières en baissant les impôts de production, parce que c'est aussi ce qui pèse lourdement...
La réindustrialisation, ça prend du temps, la climatisation, c'est l'urgence. Mais inévitablement, notamment dans les lieux prioritaires que sont les EHPAD, que sont les écoles, vraisemblablement, je ne peux pas vous donner tort, et c'est triste de voir qu'on a malheureusement démantelé notre pays au point qu'on n'est plus en capacité de produire ce genre de production qui serait utile pour les Français. Il y avait aussi un leader en matière de pompes à chaleur
qui n'a pas été soutenu dans notre pays et qui, aujourd'hui, n'est plus là pour pouvoir répondre à ce besoin. Mais la climatisation, avec un développement de la filière qui va avec, c'est aussi un élément pour décarboner notre économie. Pourquoi ? Parce qu'en mettant des pompes à chaleur, vous avez le chaud l'hiver et le froid l'été. Et vous remplacez aussi les chauffages au fioul et au gaz qui, eux, polluent et contribuent à accentuer le réchauffement climatique.
Deuxième difficulté, la question de la main-d'oeuvre. Le technicien CVC, donc chauffage, ventilation, climatisation, c'est un métier en pénurie en France. Est-ce que votre plan de climatisation s'accompagne d'une immigration économique de pays qui, précisément, ont l'habitude de cette massification de la climatisation ? Non, mais je pense qu'on n'est pas condamnés à cela, on n'est pas condamnés indéfiniment à importer nos productions et importer de la main-d'oeuvre.
Aujourd'hui, c'est une filière qui est sinistrée, c'est une filière où il n'y a pas de main-d'oeuvre. Oui, mais je ne peux pas vous donner tort. Mais quand il y a 5,7 millions de Français qui sont au chômage, quand aujourd'hui, on a des Français qui cherchent des formations qui pourraient déboucher sur de l'emploi et qu'il n'y a que 500 000 offres d'emploi en face, on n'a pas besoin d'importer. Il n'y a que 500 000 offres d'emploi disponibles. Et il y a 5,7 millions de chômeurs.
Donc, au contraire, il va falloir, et c'est ce que nous avons développé avec mon collègue Jean-Philippe Tanguy dans le plan 100% Rénov' que j'invite vos téléspectateurs à aller consulter sur Internet, c'est qu'il y ait aussi des filières à la fois de production de matériaux biosourcés pour la partie rénovation-isolation, des filières de construction aussi, comme vous l'avez dit très justement, pour qu'on soit indépendant d'un point de vue climatisation,
et un plan de formation avec les filières en se basant sur ces filières qui, aujourd'hui, ont besoin d'être soutenues. Quand on met énormément d'argent dans la formation professionnelle sur des formations de production, qui n'aboutissent à aucun boulot, aucun job, il va falloir aussi travailler fortement sur la matière de la formation professionnelle. Françoise Fressos. Alors, d'abord, je dois dire que je suis assez estomacée par votre revirement sur le réchauffement climatique.
Vous avez une prise de conscience énorme qui n'existait pas il y a trois ans, qu'on peut saluer d'ailleurs. Deuxièmement, il y a quand même une contradiction, notamment au moment où il y a une crise pétrolière, où le RN est un des partis qui continue à dire qu'il faut baisser la TVA sur le pétrole et sur le gaz. Et je pense que c'est un peu alors que ça coûte plus de 10 milliards d'euros et que vous dites vous-même qu'au fond, on va avoir un problème de finances publiques.
Alors, expliquez-nous la logique de cette proposition. Alors, d'abord, moi, je m'inscris en faux sur l'idée qu'en baissant la TVA, on va accentuer les utilisations d'énergie fossile. Parce que 99% des Français n'ont pas les moyens de se dire, on va utiliser plus la voiture pour se faire plaisir, on va brûler du fuel, du gaz, et on va chauffer. Il y a déjà une sobriété qui, malheureusement, est contrainte financièrement. Nous, on a une vision qui est assez simple
qui est de se dire qu'aujourd'hui, les Français ne s'en sortent plus, que l'énergie coûte cher, qu'ils n'arrivent plus à boucler les fins de mois, à nourrir leurs enfants, à se déplacer, à se soigner, et que ce que l'on redonne en pouvoir d'achat, ils vont le réinvestir aussi dans l'économie, dans la consommation, dans la croissance, en allant au restaurant, en payant des loisirs, et que tout ça, ça clé à un cercle vertueux. Vous savez, l'austérité,
c'est-à-dire de prendre plus en plus d'argent dans les poches des Français, ça n'apporte jamais, la croissance et l'amélioration économique, et vous ne faites qu'aggraver votre déficit et votre dette qui est déjà abyssale en France avec 3 400 milliards, avec Emmanuel Macron. Et la crise du carburant est alimentée par ce conflit entre les Etats-Unis et l'Iran. Un protocole d'accord entre ces deux pays est signé, mais des frappes se sont poursuivies au Liban juste après.
G.D. Vance, le vice-président américain, vient d'arriver en Suisse pour le début, normalement, des négociations, parce que ça a été retardé, deux mois de négociations. Vous y croyez ? Ça y est ? On voit le bout ? On n'a pas le choix que d'y croire. Malheureusement, la France est un petit peu absente de ces négociations, excepté avoir fourni la table, et tant mieux, c'est bien que ça ait été signé en France, d'espérer que cet accord tienne, parce qu'on vient d'en parler,
il en va du pouvoir d'achat en matière de carburant, de nos capacités, malheureusement aussi, de notre dépendance et notre souveraineté en matière d'engrais, sur tout un tas de sujets, et il faut espérer que l'Iran... Vous dites espoir, mais derrière l'espoir, il y a aussi le doute. Est-ce que ce n'est quand même pas un camouflet pour les Etats-Unis, qui étaient partis, au fond, vraiment cœur battant dans ce conflit, et arrivent à ne pas imposer sa loi ?
Et même, certains disent, c'est très déséquilibré, c'est plutôt les Iraniens qui sont en train d'imposer leur loi. Je pense que c'est un échec total pour Donald Trump, à la fois d'avoir déclaré cette guerre, même si on pouvait être d'accord, bien entendu, sur la philosophie, c'est-à-dire d'aller protéger les démocraties face à l'Iran, qui continuait à se doter de l'arme nucléaire, mais aujourd'hui, toute cette séquence, elle n'est pas bonne pour Donald Trump,
elle n'est pas bonne pour le monde entier, et notamment pour la France. Donc, on ne peut que le déplorer, et qu'être en doute quand on voit aussi les derniers événements, et l'inquiétude qu'on peut avoir sur le respect et une issue pacifique de ce conflit. Dans ce protocole d'accord, il est prévu la levée des sanctions sur un certain nombre de dignitaires iraniens. La France aura un rôle à jouer, puisque Emmanuel Macron a prévenu, il faudra que la France ne pose pas son veto
au Conseil de sécurité de l'ONU, où nous avons un siège permanent. Est-ce qu'il faut, selon vous, ou quelles sont, selon vous, plutôt les conditions à poser pour lever ces sanctions ? Alors, sur ces sujets, je vais être assez clair, il faut savoir qu'en politique, parfois, rester à sa place. Moi, en tant que porte-parole du groupe Rassemblement national, je n'ai pas un mandat, et c'est Marine Le Pen et Jordan Bardella qui auront l'occasion de s'exprimer sur ces questions.
Ce qui est certain, c'est que nous, notre vision en la matière, c'est toujours défendre l'intérêt des Français, et l'intérêt des Français, en l'occurrence, c'est de faire en sorte de ne pas permettre de donner des éléments qui entraîneraient vers un conflit, qui continueraient, et qui seraient néfastes pour notre économie. Sur ce point précis, vous savez que c'est un domaine réservé pour le Président de la République au sein d'un parti. Une consigne a été passée chez vous,
d'ailleurs, pour qu'il y ait une réserve de la part des cadres RN sur ces questions de défense internationale. Oui, enfin, c'est même pas... C'est de la logique, c'est de la même manière que le secrétaire d'État en charge de, je ne sais pas, la transition écologique qui serait sur votre plateau, n'irait pas s'exprimer au nom de Jean-Noël Barraud ou d'Emmanuel Macron. Ces sujets-là, qui sont des sujets très précis, qui nécessitent d'avoir les données
du ministère des Affaires étrangères, du cœur diplomatique, ça ne se fait pas autour d'un comptoir où Thomas Ménager, qui n'y connaît, pour être sincère, que peu de choses, parce qu'il n'a pas les éléments et que ce n'est pas en plus son domaine, puisse avoir une position. Votre parti a pris ses distances avec le Trumpiste. On parlait justement de Donald Trump. En Italie, les rapports se compliquent encore un peu plus entre le Président américain et Giorgia Meloni.
Elle a très mal pris que Donald Trump lui a assuré, qu'elle avait insisté pour avoir un selfie avec lui. On écoute la chef du gouvernement italien.
Les déclarations de Donald Trump sont totalement inventées. Franchement, je suis stupéfaite. Je ne comprends pas pourquoi le Président des Etats-Unis se comporte ainsi envers ses propres alliés. Mais il y a une chose dont il doit se souvenir. Ni l'Italie, ni moi, ne supplions jamais. Thomas Ménager, c'est devenu un boulet pour ses alliés, Donald Trump ? Vous avez dit que vous prenez une distance. Moi, j'étais sur votre plateau à plusieurs reprises.
On a dit pendant toute la campagne américaine qu'on n'était pas américain, qu'on ne prenait pas parti, que Donald Trump défendait juste... Sauf pendant l'investiture où vous envoyez Louis Alliot à la cérémonie d'investiture de Donald Trump. Mais de la même manière que quand le pape a pris ses fonctions d'y aller et qu'on défend la laïcité... C'est quand même... C'est différent. C'est des comparaisons un peu quand même troublantes. Non, pas du tout troublantes.
C'est-à-dire que c'est un chef d'un pays qui sera encore en poste, qu'on le veuille ou non, en 2028, lors de notre arrivée, si les Français nous font confiance au pouvoir. Donc un allié, un allié sur la scène internationale. Sur un certain nombre d'aspects, bien entendu. C'est une démocratie qu'on en dise. Mais il y avait une forme de fascination quand même. Un allié, un adversaire et très souvent un concurrent. C'est le concept de la diplomatie. C'est-à-dire que vous avez
parfois des échanges qui sont assez fermes avec vos alliés sur certains aspects, vos concurrents sur d'autres, vos adversaires. Le principe de l'alliance aménagée, c'est de pouvoir faire confiance aussi à son interlocuteur. Là, dans ce qui se passe avec que ce soit Emmanuel Macron ou avec Giorgia Meloni qui, en l'espèce, incarne un camp bien plus proche de Donald Trump, c'est que vraisemblablement Donald Trump n'est pas un allié de confiance. Donc je repose ma question.
Est-ce que c'est un boulet pour ses alliés ? Je pense que ce n'est pas un allié de confiance. Donald Trump, au vu de ses revirements permanents, de sa personnalité, les États-Unis le sont, mais ça reste le président des États-Unis. Donc on doit faire avec. Les Américains l'ont choisi. C'est leur liberté. C'est le concept de la démocratie. Mais, c'est vrai qu'on aimerait peut-être avoir des personnalités un peu moins exubérantes, un peu plus simples,
un peu plus claires dans les échanges qu'on pourra avoir avec les différents alliés. Est-ce que ça veut dire que vous approuvez au fond Emmanuel Macron de continuer sans arrêt le dialogue avec Donald Trump ? Est-ce que vous considérez que ce qui s'est passé à Versailles quand on a vu Donald Trump signer le protocole d'accord avec l'Iran était un bon coup politique pour Emmanuel Macron ? Je vous le dis, c'est dommage qu'on n'ait pas pesé dans l'accord
et qu'on n'ait pas que la diplomatie française, que la voix de la France ne soit pas suffisamment forte alors que la diplomatie française était reconnue. Mais c'était bien que ça se passe à Versailles quand même. Oui, enfin, je veux dire, on a fourni la table, tant mieux, ça a parlé de la France. C'est pas pour rien que Donald Trump accepte de se mettre à la table à côté d'Emmanuel Macron. Le sens des images. C'est juste une question de temporalité
qui a fait que ça a pu se faire en France. Et tant mieux, mais par contre, sur la position, oui, et nous, on n'est pas dans la politique politicienne en matière diplomatique. Emmanuel Macron a raison de maintenir le dialogue. Ce sont les Etats-Unis. Il a réussi. On ne peut pas faire fi, ce n'est pas un petit pays avec qui on pourrait se dire bon, on coupe les relations diplomatiques et ce n'est jamais bon même quand ce n'est pas un pays aussi important
que les Etats-Unis parce que, voilà, la France doit pouvoir peser sur la totalité du monde. Oui, excusez-moi, vous aviez une question, je vous ai coupé. Non, mais on va parler d'Ukraine maintenant puisque c'était l'un des grands sujets aussi de ce G7 où Donald Trump était et restait d'ailleurs jusqu'au bout. Il a même réaffirmé son soutien à l'Ukraine. Là encore, il y a eu un travail diplomatique pour arriver à ces fins-là. Vous, RN, notamment le patron
de votre parti, Jordan Bardella, répète que la Russie représente une menace multidimensionnelle pour la France. Il dit soutenir l'Ukraine mais il s'oppose dans le même temps au Parlement européen à un prêt de 90 milliards d'euros d'aide pour l'Ukraine pour permettre à son économie notamment de ne pas s'effondrer, pour permettre d'avoir assez de force vis-à-vis de la Russie. Pourquoi cette contradiction ? Comment vous pouvez l'expliquer ? Alors, j'entends votre question.
Depuis le premier jour, on a bien entendu été aux côtés de l'Ukraine, soutenu l'Ukraine. Nos maires ont accueilli, nos maires, comme Louis Alliot a été un des premiers maires à accueillir des réfugiés ukrainiens. On a été favorables même... Marine Le Pen n'a toujours pas condamné l'annexion de la Crimée par la Russie. Ça, c'était un débat qui était antérieur. Mais que de revirements quand même ! Il n'empêche qu'aujourd'hui, nous avons une position
qui est claire. Soutien, soutien notamment en matière d'armes défensives à l'Ukraine. Mais à un moment, de continuer à accentuer la guerre en ne disant pas clairement que l'objectif, c'est de mettre tout le monde autour de la table et d'aller vers la paix, on a une possibilité aussi aujourd'hui qui est une bonne possibilité puisqu'on a la chance, c'est que le courage des Ukrainiens, la force des Ukrainiens, la résilience du peuple ukrainien fait que l'Ukraine...
Que vous n'avez pas tellement appuyé quand même. Mais si, mais c'est-à-dire que cette résilience est en avant-garde. On a soutenu toutes les initiatives contre la Russie d'un point de vue financier qui n'étaient pas néfastes pour les intérêts des Français. Et ce prêt de 90 milliards d'euros, pourquoi il est néfaste pour les intérêts des Français ? Parce que ce prêt, il y avait un problème de conditionnement du remboursement de ce prêt. Ce prêt n'engageait pas
l'Ukraine en termes de remboursement. Le remboursement était à la charge de la Russie, hypothétiquement, en cas de fin du conflit. Je suis désolé, mais... C'est ce qu'on appelle les réparations, en fait. Dans chaque conflit, c'est comme ça. Je veux dire, c'est très hypothétique. Ça représentait pour la France, je crois, 7 ou 8 milliards. Quand on est... Vous m'avez interpellé tout à l'heure, Madame Fressos, en disant qu'on avait une situation où les finances publiques
étaient tellement dégradées qu'il fallait être sérieux et responsable. Eh bien, excusez-nous de dire que oui, on soutient en envoyant des armes, en envoyant des armes défensives, en envoyant de l'aide humanitaire, en pesant de toutes nos forces. Parce que ce qu'on oublie toujours, c'est que chaque jour, il y a des morts. Chaque jour, il y a des familles qui sont décimées et que l'objectif est tant mieux si Donald Trump se remet du côté de l'Ukraine
pour essayer de forcer Vladimir Poutine à se mettre à la table des négociations au moment où, en plus, l'Ukraine a repris du terrain, a réussi à reprendre la main pour arriver à une paix durable parce que c'est la seule solution. Et on oublie que derrière toutes ces histoires de milliards et tous ces financements en termes de militaires, il y a des morts et il y a des familles. Et très rapidement, encore sur l'Ukraine, Jordan Bardella n'était pas très loin de la frontière.
Il était en Pologne cette semaine. On a suivi le déplacement. Mais il ne l'a pas franchi, cette frontière. Est-ce que, selon vous, le ou la candidate aérienne à la présidentielle devrait se rendre pendant la campagne en Ukraine ? Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Rotailleau l'ont fait ? Plusieurs parlementaires de notre groupe y sont allés. Je sais que mon collègue Alexandre Sabatouké... Ça n'a pas le même symbole. Oui, mais je... Voilà. Si nous y sommes invités,
s'il y est invité, je ne vois pas pourquoi Jordan Bardella ou Marine Le Pen n'iraient pas. Voilà. Mais il y a le symbole. Très bien. Très bien d'y aller. Mais derrière, il faut faire il faut surtout apporter un poids massif pour une conférence internationale pour la paix et pour sortir de ce conflit. Je pense que c'est ce que les Français attendent et surtout les Ukrainiens attendent. Lors de ce déplacement, toujours en Pologne, le patron du RN a valorisé
l'agence gardienne des frontières de l'Europe, l'agence Frontex, et même le mur construit par les conservateurs polonais entre la Pologne et la Biélorussie. C'est une solution pour vous d'ériger des murs pour lutter contre les flux migratoires ? Quand certains pays aux frontières de l'Europe utilisent malheureusement le malheur des migrants comme une manière de faire un rapport de force avec l'Union Européenne, vous n'avez pas... Vous parlez de la Biélorussie.
Voilà, je parle de la Biélorussie en l'occurrence, vous avez raison. Comme la Turquie en son temps, régulièrement, vous n'avez pas d'autre moyen que de mettre des éléments matériels pour bloquer la frontière. C'est-à-dire à la fois avec des hommes avec Frontex, mais aussi des éléments comme un mur pour protéger parce que, vous le savez, dès lors qu'ils rentrent aussi au sein de l'espace Schengen, il y a aussi une liberté de circulation. Plus d'argent pour ces murs
tout en réduisant de moitié la contribution française à l'Union Européenne. Là encore, on pourrait parler d'un paradoxe ? Non, mais parce qu'en fait, l'argent ne sera pas au même endroit. C'est-à-dire que vous pouvez réduire votre contribution nette comme on le souhaite pour le remettre. Où ça ? Vous la réduisez où ? Mais sur certains domaines, sur le coût, rien que le coût de la structure. C'est-à-dire les fonctionnaires européens, le coût de la structure
de l'Union Européenne, des compétences et des domaines sur lesquels les compétences ne sont pas essentielles, ne nécessitent pas que l'Union Européenne y mette son nez. Parce que depuis ces dernières années, que ce soit en matière de défense où il y a une volonté, en matière de santé, ce sont des compétences qui reviendront dans le cadre de notre Europe des Nations et des Coopérations à la France, à chaque État souverain qui pourra décider de faire de la coopération.
À condition qu'il n'y ait pas de crise en Europe et que les autres acceptent ce que vous proposez. Sur cette question, ça c'est notre travail. C'est d'aller, et d'où les échanges que Jordan Bardella a eu par exemple avec le président polonais qui est quand même la sixième économie de l'Union Européenne pour construire cette Europe des Nations. Pour terminer sur cette question migratoire, il y a eu ce vote au Parlement européen du règlement retour,
l'extrême droite et la droite, notamment François-Xavier Bellamy qui votent ensemble. Ça y est, c'est l'Union des droites que vous prenez ? Je crois qu'il y a aussi quelques députés Rignoux, c'est-à-dire le groupe d'Emmanuel Macron qui ont ouvert les yeux après avoir soutenu des éléments au niveau européen et surtout en France qui étaient immigrationnistes, qui ne prenaient pas conscience de la réalité en matière d'immigration. Voilà, il y a des sujets
sur lesquels, bien entendu, les gens peuvent ouvrir les yeux indépendamment de leur étiquette politique, ça va dans le bon sens. C'est aussi une victoire idéologique, je pense, pour le Rassemblement national et pour le groupe des Patriotes au niveau de l'Union Européenne. Depuis des années, notamment au moment du pacte exil-immigration, on a dit mais vous ne nous rendez pas compte de la situation catastrophique en matière migratoire dans laquelle vous mettez
l'Union Européenne et d'aller vers plus de fermeté et ça me rassure aussi de voir Emmanuel Macron dire que c'est une mauvaise chose et qu'il ne souhaite pas l'appliquer, qu'il ne souhaite pas ce règlement retour. Ça prouve bien que je pense que ça va dans le bon sens. Mais LR a été très très à l'offensive sur ce règlement. Est-ce que vous pensez que ça peut préfigurer en France un rapprochement entre LR et l'extrême droite ? Est-ce que c'est ce que vous souhaitez ?
Je ne sais pas ce que vous appelez l'extrême droite, on n'est pas d'extrême droite, je ne vais pas y revenir. Vous êtes en partie classé à l'extrême droite par le ministère de l'Intérieur.
C'est une insulte d'être d'extrême droite selon vous. Oui, parce que vous savez l'extrême droite c'est l'antiparlementarisme, c'est le refus des résultats des élections, c'est dans l'histoire des idéologies qui sont à l'opposé du projet républicain que nous défendons. Donc oui, excusez-moi de défendre qu'aujourd'hui quand on voit que plus de 50% des Français dans tous les sondages veulent voter pour nous ne sont pas d'extrême droite, ils veulent juste une France
libre, indépendante qui les protège. Alors revenons à la question, est-ce que ça peut être un rapprochement des droits ? Mais nous, on l'a toujours dit, on tend la main à toute personne et peut-être en priorité parce qu'il y a une proximité sur un certain nombre de sujets régaliens à la droite, c'est ce qu'on a fait à plusieurs reprises, c'est pour ça qu'on a cette alliance avec l'UDR d'Éric Ciotti mais Jordan Bardella et Marine Le Pen le disent, on n'est pas là
pour sauver la droite ou faire une union des droites parce qu'en plus, quelle droite ? Enfin, M. Bellamy peut-être qu'il est sincère dans son engagement mais est-ce que c'est M. Retailleau
personnel de M. Darmanin de s'allier avec les socialistes dans des gouvernements pour garder un certain nombre de postes, pour exister politiquement ? Ça dépend de ce que vous parlez de la droite mais nous, on est là pour sauver la France et donc toutes les personnes de volonté, de droite et de gauche qui partagent nos idées seront bien entendu les bienvenues. On a également besoin d'y voir plus clair sur les retraites, sujet crucial de la campagne présidentielle
à venir. Emmanuel Macron, invité de l'événement sur France 2. Il faudra reprendre le chantier des retraites. C'est indispensable dans un pays qui vieillit. J'ai été élu en 2022 en portant devant le peuple français une réforme des retraites à 65 ans. Je suis obligé de constater qu'elle n'a pas été acceptée, qu'elle n'a pas été soutenue, qu'il y a ensuite eu notre majorité parlementaire qui est revenue dessus. C'est la vie démocratique. Je peux le déplorer,
déplore un titre personnel, mais c'est la vie démocratique. Simplement, c'est la chose la plus efficace et pertinente à faire pour baisser nos dépenses parce que c'est le plus grand poste de dépense aujourd'hui public, c'est la retraite. Thomas Ménager, vous êtes sur quelle ligne vous personnellement ? Celle de Jordan Bardella qui préfère l'option on supprime l'âge légal ou celle de Marine Le Pen qui ne veut pas changer sa réforme de 2022 jusqu'à 42 annuités
pour un départ jusqu'à 62 ans ? Vous êtes sur quelle ligne ? Parce qu'on dirait qu'il y en a deux. Sur le programme du Rassemblement National qui est celui que vous avez cité quand vous citiez Marine Le Pen, mais Jordan Bardella ne dit pas le contraire. Il dit une chose très claire et vous lui faites dire ce qu'il n'a pas dit. Il répondait sur Edouard Philippe qui exprime une position comme celle du corps actuellement qui est de repousser à 67 ans
l'âge de départ à la retraite en disant que plus que la question de l'âge, c'est la question des annuités. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on le sait, en France, on a le premier emploi stable autour de 25-26 ans. Quand on a aux Pays-Bas et en Allemagne un âge de moyen d'entrée sur le marché du travail avec un emploi stable à 22-23 ans. Nous, on assume de dire qu'il faut faire travailler deux ans plus tôt en faisant des filières plus courtes, plus professionnalisantes,
en accentuant l'apprentissage plutôt qu'aller faire travailler des gens qui n'ont plus la capacité physique de le faire. Si on suit 42 annuités, quelqu'un qui rentre dans le monde du travail à 20 ans part à 62 ans, c'est bien ça ? Et quand on rentre dans le marché du travail à 30 ans, ça veut dire qu'on additionne 42 ans ? Alors, ça sera 67 ans. Pourquoi ? Parce que c'est très technique, les retraites. Pour avoir une retraite à taux plein, il y a à 67 ans,
ce qui existe actuellement, ce n'est pas une invention du Rassemblement National, une fin de décote. Mais oui, c'est une question de justice. Quand vous avez fait des études, que vous avez souvent des métiers plus protégés, c'est-à-dire que vous n'êtes pas sur un toit en pleine chaleur en ce moment ou en train de couler du béton. Mais ces métiers-là sont aussi importants. Non, mais ces métiers sont aussi importants, mais vous avez la capacité physique.
Je pense que vous et moi qui sommes aujourd'hui dans ce studio climatisé, travailler jusqu'à 67 ans, ça dépend, on aura tous des situations physiques différentes. On peut le faire parce qu'on aura travaillé et on sera rentrés plus tard sur le marché du travail parce qu'on aura fait des études plus longues. Et c'est une question de justice. C'est-à-dire faire en sorte que ce n'est pas parce que vous allez continuer vos études indéfiniment qu'on ne va pas vous demander
ces annuités et que vous n'allez pas devoir cotiser sur une période suffisamment longue. Vous aménagez quel est le calendrier de votre réforme ? C'est-à-dire, elle s'appliquera à partir de quand et à qui ? Est-ce que c'est uniquement pour les nouveaux entrants sur le marché du travail ou est-ce que ceux qui travaillent actuellement qui ont commencé aux âges que vous évoquez pourront eux aussi bénéficier de votre réforme ? Non, bien entendu, ça s'appliquera sur tous ceux
qui ne sont pas encore partis en retraite et qui... Ce n'est pas que pour la nouvelle génération. Ça sera pour tous ceux qui sont aujourd'hui désactifs. Après, le calendrier précis, vous l'avez entendu par le Président de la République qui a raison, il y aura un débat parlementaire. Il y aura un moment de débat qui nécessitera plusieurs mois, plusieurs semaines comme on l'avait eu au moment de la... Ce ne sera pas en janvier 2028 que cette réforme,
par exemple, s'appliquera ? D'un point de vue temporel, ça sera la candidate à l'élection présidentielle Marine Le Pen qui expliquera et le Premier ministre Jordan Bardella qui dira quels sont les textes et dans quel ordre. C'est déjà dans votre tête l'ordre Marine Le Pen et Jordan Bardella ? Oui, c'est l'ordre qui est le nôtre et c'est celui que nous avons choisi. On y viendra peut-être. Mais ça, il y aura un calendrier parlementaire et un ordre du jour parlementaire
qui fixeront les délais. Sur les retraites, on a l'impression qu'un verrou est tombé chez Marine Le Pen. Le verrou de la capitalisation, elle y est favorable. Elle était plus frileuse il y a quelque temps. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que c'est la ligne de Jordan Bardella qui infuse aussi ? Non, alors... Clairement pas parce que moi je me souviens il y a deux ans, j'étais rapporteur pour le Rassemblement National pendant la niche du Rassemblement National,
le temps dédié au Rassemblement National et à l'Assemblée Nationale pour l'abrogation de la réforme des retraites. On m'a posé la question et la ligne était claire, c'est que nous sommes favorables à une part de capitalisation facultative mais une capitalisation qui doit être au sein d'un fonds souverain. On ne veut pas qu'il y ait des fonds de pension étrangers qui viennent capitaliser autour de cet argent et ça doit être une capitalisation collective.
Ça existe déjà dans la fonction publique. Donc en fait sur le même modèle il y aurait cette possibilité mais aujourd'hui le faire de manière globale ce n'est pas possible. On a 28% de cotisation sur les retraites quand on est à 18% en moyenne dans les pays de l'OCDE donc on n'a plus de gras pour rajouter cet étage obligatoire de capitalisation. Donc j'aurais la latrosse. C'est une réforme où il y aura une part de capitalisation avec des fonds français.
C'est une réforme qui s'appliquera à ceux qui travaillent déjà actuellement. Le calendrier on ne sait pas trop. Dans ce qui explique aussi Marine Le Pen en disant c'est une réforme systémique et ça tient au fait que les jeunes entrent plus tôt sur le marché du travail est-ce que le non-dit ce n'est pas de dire que ceux qui entreront sur ce marché du travail avec a priori des salaires plus bas partiront aussi avec des retraites plus basses et plus faibles ?
Non je ne pense pas parce que tout ce qu'on va mettre en place en termes de revalorisation vous savez c'est un programme global qu'il faut voir de réindustrialiser notre pays de hausse des salaires avec la mesure que l'on défend d'une hausse de 10% des salaires sans charge c'est de relancer tout un système vertueux en matière économique mais ce qu'on oublie comment vous faites en sorte que ceux qui commencent à travailler tôt soient mieux payés c'est que vous n'allez
pas fixer les salaires très rapidement pour terminer mais globalement aujourd'hui ce que proposent les autres c'est de désindexer les retraites nous ça ne sera pas le cas elles seront toujours indexées et vous savez qu'on prend le calcul sur les 25 meilleures années donc de toute façon ce n'est pas parce que vous n'avez que quelques-uns qui commenceront un peu plus tôt et donc auront des salaires un peu plus faibles que ça remettra en cause mais le sujet majeur
dans votre réforme des retraites c'est de dire on va inciter les jeunes à travailler plus tôt comment vous faites pour inciter un jeune à travailler plus tôt alors que au fond on leur a dit vous faites des études longues et ça fait partie du statut social c'est-à-dire aller à l'université c'est une façon de s'ouvrir sur le monde aussi comment vous faites pour convaincre ces jeunes de s'arrêter est-ce que c'est de façon autoritaire est-ce que c'est incitatif
comment vous faites il n'y a pas d'autorité et ceux qui voudront faire des études des études longues pourront le faire aujourd'hui il y a un problème c'est qu'on a considéré que d'aller faire un bac général puis aller à l'université c'était la voie royale et que si vous aviez une filière professionnelle plus rapide ce n'était pas une bonne voie donc il va falloir revoir la formation l'enseignement supérieur avec des formations plus courtes mais moi ce que je veux dire
pour terminer c'est qu'aujourd'hui on a reporté indéfiniment l'âge de la retraite le rapport du corps disait que 64 ans ça irait maintenant on dit 67 ans c'est bien que le levier n'est pas le bon il y a une personne qui part en France à la retraite sans activité parce qu'à un certain âge vous êtes considéré comme périmé par les employeurs par le patronat donc il y a des mesures aussi d'incitation à conserver les seniors dans les entreprises et parce qu'au final
on n'a rien gagné sur ces réformes des retraites parce qu'on a dépensé aussi sur d'autres branches de la sécurité sociale en termes de maladies en termes d'indemnités journalières et de RSA et tout ça ça coûte de l'argent à l'État aussi et on aura très certainement votre programme bien détaillé après le 7 juillet on en parlait en introduction puisque c'est à ce moment-là que la justice se prononcera en appel dans l'affaire des assistants parlementaires
du RN confirmera ou non la peine d'inéligibilité de 5 ans de Marine Le Pen vous qu'est-ce que vous ressentez à deux semaines de cette attente et surtout quel est votre pronostic vous pensez que vous sentez les choses comment là ? C'est qu'on est en pleine coupe du monde et que tout le monde fait des paris mais c'est un jeu trop important pour parier ou pour faire des pronostics Vous aimeriez quoi Marine Le Pen ? Vous vous êtes engagé en politique pour elle ?
On souhaite que dans tous les cas des juges ne décident pas de qui sera candidat à l'élection présidentielle et nous voulons nous souhaitons et Jordan Bardella le premier que Marine Le Pen soit la candidate à l'élection présidentielle donc j'espère que l'innocence de Marine Le Pen sera reconnue ou qu'à minima elle sera en capacité parce qu'elle est innocente de pouvoir se présenter parce qu'il y a un principe constitutionnel majeur en France c'est la liberté de choix
des électeurs le conseil constitutionnel l'a réaffirmé et j'espère je pense que les juges en prendront Si justement les juges décident qu'elle ne peut pas se présenter vous pensez qu'il peut y avoir des manifestations de rue des protestations comment voyez-vous ? Vous savez on n'est pas la France insoumise il pourrait y avoir des rassemblements Vous avez organisé une grande manifestation pour dénoncer cette décision de justice et qui n'a pas tellement
donné de propulse Mais pacifique nos électeurs nos cadres etc nous on n'appelle pas à marcher sur les institutions on respecte et on respecte la décision de justice même si on peut considérer qu'elle est injuste qu'elle n'est pas fondée on est dans un état de droit donc non il pourrait y avoir des manifestations entre guillemets organisées peut-être de soutien à Marine parce qu'elle a donné sa vie à notre pays elle a fait d'énormément de sacrifices
et ça serait une profonde injustice mais bien entendu qu'on n'appellera pas à l'insurrection c'est pas du tout notre vie Le rapport d'inspection sur le meurtre de la petite Liana sera publié demain la tribune du dimanche révèle qu'il pointe une série d'erreurs individuelles et humaines vous en attendez quoi précisément de ce rapport Alors moi je ne l'ai pas encore consulté c'est de voir où ça a failli même si on a déjà une idée sur des problèmes comment dire
structurels macro au delà de ce cas particulier qui est le besoin qu'il y a financier d'investir en matière de notre justice on voit qu'on a moins de procureurs on a moins de magistrats que d'autres pays par nombre d'habitants et quand on regarde par nombre d'actes de délinquance de délits et de crimes on est encore en train de voir plus loin donc il y a besoin de mettre des moyens il y a besoin aussi de peut-être changer certains éléments de notre droit
mais l'idée c'est pas d'être dans la course à l'échalote d'augmenter les peines d'augmenter les peines il faut surtout faire en sorte aujourd'hui que les peines elles soient prononcées elles soient appliquées que la justice puisse rendre des décisions dans un temps qui soit raisonnable et c'est tout ça sur lequel et ça on le sait déjà au delà même de ce rapport C'est l'heure de mieux vous connaître Thomas Ménager France Inter
Et celle qui dévoile nos invités c'est Neila Latrous notre spécialiste en la matière A l'époque j'étais pas hostile au mariage j'étais hostile à l'adoption et sur ce sujet-là je me suis trompé j'avais 18-19 ans je venais de perdre ma mère j'étais un gamin qui était en recherche je vais être sincère c'est très personnel et c'est pas toujours très agréable de parler mais ça fait partie du rôle quand on est une personnalité politique de la société d'être en transparence
et je me suis trompé je me suis trompé et donc bien entendu c'était une erreur de participer à ces manifestations On parle des manifestations contre le mariage pour tous et c'est l'une des rares aspérités Thomas Ménager que l'on trouve dans votre parcours pour révéler un échange que nous avons eu aux auditeurs lorsque vous avez appris que je faisais votre portrait vous m'avez écrit vous ne trouverez pas de dossier je suis sérieux comme mec votre vie ressemble
C'était pour rire pour paraphraser les grands auteurs aux mémoires d'un jeune homme bien rangé parent artisan la droite bontain du Loir-et-Cher chiracienne puis sarkoziste vous concernant vous prenez votre carte à l'UMP en 2007 vous avez 15 ans à l'âge où d'autres ont des posters dans leur chambre de Rihanna Beyoncé ou Amy Winehouse votre idole à vous c'est Nicolas Sarkozy ma première question c'est est-ce que vous aviez des affiches politiques dans votre chambre
en tant qu'adolescent ? Non j'étais pas mordu à ce point là Non j'avais des affiches Green Day enfin de groupe de rock de groupe de musique comme tous les gars D'accord donc vous avez été un peu rock'n'roll après Nicolas Sarkozy c'est un autre Nicolas que vous rejoignez Nicolas Dupont-Aignan lorsqu'il crée sa boutique Debout la France la suite en accéléré vous quittez votre mentor vous créez votre propre mouvement vous vous faites élire maire adjoint
conseiller régional parcours classique au fond d'un baron de droite à ceci près que vous vous détachez progressivement des contraintes morales ou des interdits de votre famille politique d'origine c'est ce que vous faites lorsque vous vous rapprochez du Rassemblement National et de Marine Le Pen cadre dans l'immobilier vous étiez promis à une vie bourgeoise dans le Loir-et-Cher vous changez de département et vous vous faites élire député dans le Loir-et
vous êtes le tombeur à l'époque de Jean-Michel Blanquer l'ancien ministre de l'éducation et c'est là que vous vous faites un nom au National est-ce que ça a été facile pour votre famille chiracienne de vous voir élu sous étiquette RN ? Alors comme je l'explique malheureusement dans l'extrait j'ai perdu ma mère assez jeune donc elle n'a pas suivi mon engagement politique mon père est très peu politique mais c'est vrai que mes parents je me souviens très bien
en 2002 de l'effroi que ça avait pu être après mon père artisan a aussi lui-même évolué et donc non il n'y a pas eu de crise familiale lors de mon choix Vous êtes du 6 juin 1992 tombe aménagé né le même jour vous ne le saviez peut-être pas que Fritz Corleone c'est un rappeur franco-sénégalais qui est très pour le coup urtiquant puisqu'il a été poursuivi pour provocation à la haine raciale et injure à caractère raciste l'affaire a depuis été classée
vous nous avez dit que vous écoutiez du rock pas de rap dans votre playlist moi je suis assez œcuménique en la matière j'écoute du Theodora du Jul du Gims j'écoute pas de Médine pas de Médine non pas de Médine parce que là il y aura un problème idéologique mais j'écoute un petit peu tout donc si du rap aussi si si qu'on reste dans la culture Aya Nakamura par exemple est-ce que pour vous elle participe au rayonnement de la culture française vraisemblablement oui
enfin oui clairement à un moment quand vous avez une artiste qui est connue mondialement qui est connue mondialement qui est connue mondialement elle fait partie elle fait partie de ce rayonnement et de la culture française je vous pose la question parce que votre partie c'était un peu offusqué qu'elle représente la France aux Jeux Olympiques de 2024 Sébastien Chenu notamment député jugeait pas à l'époque qu'elle ne valorisait pas la langue française
et de manière plus générale ce qui m'intéresse c'est votre rapport au monde de la culture parce que on sent effectivement des tensions entre le Rassemblement National au niveau municipal notamment avec ce monde là je ne vais pas faire je n'ai pas le temps d'être exhaustive sur les événements annulés mais est-ce que le monde de la culture doit craindre par exemple une victoire du RN l'an prochain ? Non absolument pas à un moment nous ce qu'on souhaite
juste c'est que la culture soit dans une vision qui ne soit pas militante ou politique et il y a eu un certain nombre de fausses informations Mais par définition la culture est par définition engagée, militante et politique Vous pouvez vous engager sur des causes mais vous vous engagez contre des mouvements politiques je pense que la culture c'est comme le sport c'est quelque chose qui rassemble et vous comprenez volontiers que quand des électeurs
ont fait un choix dans une ville de dire on vote pour le Rassemblement National ils n'ont pas envie qu'avec leurs propres impôts on aille subventionner des pièces des moments où on va être sur scène et on va insulter les électeurs du Rassemblement National Mais vous allez plus loin Thomas Ménager parce que ce n'est pas que municipal vous avez dit il y a quelques jours qu'en cas d'élection du Rassemblement National le CNC le Centre National Cinématographique
ne serait pas conservé parce que vous dites cet argent devrait aller vers d'autres visions de la culture face à des films jugés très orientés très woke très militants pardon mais est-ce que vous ne craignez pas là aussi de faire fausse route comme à l'époque du mariage pour tous ce que vous considérez peut-être comme être woke aujourd'hui est en réalité une position progressiste si je reprends l'exemple du mariage pour tous J'entends ce que vous dites
c'est toujours le vrai sujet c'est de savoir et on évolue au fur et à mesure de notre vie et donc bien entendu il y a des choses qu'on ne voit pas qui évoluent et puis on peut dire des bêtises et on change tous c'est le concept de la vie de la progression et qu'on apprend chaque jour n'empêche que sur le CNC nous ce qu'on souhaite c'est juste qu'au sein du ministère de la culture il n'y ait plus une agence dédiée mais que ça soit remis au sein du ministère de la culture
avec des critères beaucoup plus clairs et peut-être un peu moins d'idéologie mais on a besoin du CNC son financement est aujourd'hui assuré par les places de cinéma etc. et donc tout ça ça devra aller cet argent de la culture encore une fois la culture mais peut-être éviter notamment ces agences qui coûtent énormément d'argent où on paye des personnes qui sont à la tête de ces agences et au contraire de pouvoir remettre en administration centrale un certain nombre
de la gestion de ces fonds Ma dernière question sur l'aide active à mourir je vais vers le sociétal vous êtes l'un des rares dans votre parti à être favorable à cette aide active à mourir ça veut dire que vous voterez pour le texte a priori juillet Alors moi j'ai voté à deux reprises pour le texte donc à titre personnel j'y suis favorable après il y a une liberté de vote au sein du Rassemblement national parce qu'on considère que les sujets de société
devraient être tranchés par la société par référendum et une majorité de mon groupe vous l'avez dit vous avez vu que le conseil constitutionnel a dit ça ne rentrait pas dans le champ il y a des favorables c'est un débat de faire évoluer les possibilités mais moi à titre personnel j'ai été engagé auprès de mes électeurs je considère que je n'ai pas un mandat sur ce sujet qui est un sujet très intime et donc je ferai quelque chose un peu original c'est-à-dire que
dans ma circonscription il y aura le week-end du 11 et 12 juillet des urnes dans plusieurs communes dans plusieurs bureaux de vote et pour pouvoir avoir l'avis des habitants Et si l'avis vous y plairait à l'avis ? Je ne consulte pas pour me faire plaisir ça serait vraiment pas logique de demander l'avis pour ne pas le suivre donc il y aura des assesseurs des deux camps des deux côtés et je suivrai bien entendu l'avis pour ce dernier vote mais en ne me cachant pas
derrière mon petit doigt l'idée ce n'est pas de se défausser moi j'assume y être favorable Thomas Ménager on vous a demandé de venir avec un sujet sur lequel vous voulez braquer les projecteurs vous avez choisi l'intelligence artificielle on vous écoute moins de deux minutes moins de deux minutes ? Non mais c'est un sujet majeur pour 2027 on voit tout ça modifie notre vie nos usages nos utilisations je pense qu'on l'utilise tous et il faut être sincère
ça pose deux enjeux ça pose l'enjeu de la souveraineté et la décision de monsieur Trump montre bien que encore une fois je pense que la France l'Union Européenne va rater le virage comme on l'a raté au moment du web d'internet c'est-à-dire de pouvoir créer des leaders des géants et eux ont fait le choix d'investir énormément d'utiliser la commande publique c'est-à-dire de privilégier dans la commande publique ces entreprises pour leur donner les moyens de se développer
dans l'administration dans le militaire nous on ne fait pas ce choix le choix de l'Union Européenne aujourd'hui c'est de réglementer toujours plus on a eu l'EIA qui au final est venu réglementer quelque chose alors qu'il faudrait plutôt innover et soutenir et puis ça pose une deuxième question et ça c'est un chantier que j'ai lancé avec plusieurs collègues de tous bords on a lancé une mission d'information ces derniers jours pendant 6-8 mois sur l'impact
sur le modèle social c'est-à-dire ce que ça va changer on parlait de formation tout à l'heure la formation à l'IA c'est-à-dire pour éviter une fracture numérique la formation par l'IA comment on fait en sorte que les 5,5 millions de chômeurs on puisse accélérer leur formation on puisse faire des formations plus adaptées et comment on peut donner les moyens aux entreprises de s'y adapter et puis ça pose une dernière question aussi sur la question de la santé
la prévention le diagnostic donc c'est tous ces éléments sur lesquels il ne faut pas avoir peur du progrès il faut l'accompagner il faut le soutenir et il faut en garder le meilleur quand on compare aujourd'hui le champion américain en tropique au champion français enfin pardon le champion américain NVIDIA plus exactement au champion français Mistral on réalise que la différence de capitalisation est de 1 à 50 qu'est-ce qui vous fait croire qu'on n'est pas déjà
décroché en fait ? J'aimerais être un optimiste au point de vous dire que je suis convaincu et certain que ce n'est pas trop tard mais il faut tout mettre en oeuvre au niveau français et là au niveau européen sur des sujets comme celui-ci pour investir et ça passera je vous le dis par des fonds mais surtout par des fonds de la commande c'est-à-dire que ce n'est pas possible que dans les administrations françaises dans le milieu militaire dans les collectivités
on n'oblige pas et aujourd'hui le droit européen ne permet pas forcément de faire en sorte que ce soit Mistral qui soit choisi pour pouvoir lui donner les moyens de rattraper ce retard si bien qu'il soit possible et on se projette encore vers 2027 avec Françoise Fressoz France 2027 c'est la question des jeunes que vous avez choisis pris sous le prisme de la formation et de l'éducation alors on a déjà pas mal parlé de la formation on va se concentrer
sur le bac parce que c'est très d'actualité à quoi ressemblera le bac si le Rassemblement National accède au pouvoir ? Déjà en fait d'arrêter de se dire que par exemple quand on fait des fautes ce n'est plus grave d'arrêter de baisser le niveau c'est-à-dire d'avoir des grilles de notation qui sont chaque année de plus en plus c'est en train de changer il y a des directives ça vous approuvez ? vous dites c'est bien ? Oui tant mieux on est arrivé à une situation
dans tous les cas on touche le fond de la piscine donc il faut mettre un coup de pied et remonter il faut aller plus vite il faut faire en sorte que le bac comme le brevet ça soit un vrai moment de passage c'est-à-dire de plus faire en sorte que ça soit un acquis aujourd'hui en fait quand vous arrivez en troisième vous êtes sûr d'avoir quasiment le brevet quand vous arrivez au bac vous êtes sûr d'éviter qu'il y ait toute une classe d'âge automatiquement
toute la classe d'âge et le bac en méprisant les formations professionnelles pour faire en sorte que ça soit une vraie moment de sélection pour l'université C'est quoi votre objectif à vous ? Je n'ai pas d'objectif chiffré je veux dire je n'ai pas d'objectif chiffré mais de faire en sorte que demain on ne force pas des gamins à aller jusqu'au bac général quand ils peuvent faire une formation en deux ans On ne les force pas en général parce que vous l'avez dit
vous l'avez dit il y a un conditionnement idéologique une pression sociale vous l'avez dit une pression sociale tout à l'heure je crois que vous avez évoqué ce terme-là Non ce n'est pas une pression sociale c'est une ouverture au monde on peut dire de faire des études supérieures c'est l'ouverture au monde Mais je veux bien mais quand vous n'avez plus de boulot après votre ouverture au monde quand vous allez dans des filières qui vous ont peut-être ouvert
mais il faut il y en a mais il faut qu'on puisse vivre de ses études de son travail d'avoir un diplôme qui vous apporte la plus belle réalisation qui est celle de pouvoir vivre pour après vous ouvrir pour après avoir les moyens de vous payer de la culture aller au musée voyager à la rigueur mais ce n'est pas uniquement au moment de l'université que vous devez pouvoir vous ouvrir donc je pense que de donner la possibilité de faire des BTS de faire des DUT
qui sont des formations peut-être plus rapides plus professionnalisantes ça vous donnera cette liberté pour pouvoir vous ouvrir Jean-Michel Blanquer qui a été l'un des ministres de l'éducation nationale qui a marqué la réforme du bac lui disait on va faire beaucoup de contrôles continus est-ce que le fait qu'il y ait de l'intelligence artificielle de plus en plus importante avec des risques au fond de tricherie ça vous incite plutôt à dire il faut revenir
à des contrôles en salle et est-ce que vous êtes partisan de ça ? C'est une certitude dans le sens où premier point on voit que moi quand je parle avec des gens avec des gamins qui sont dans l'année du bac ils ne sont pas très stressés parce qu'ils ont déjà le bac avant d'arriver au bac parce que tout le long de l'année il suffit les 3-4 derniers mois vous ne faites plus rien parce que vous savez que vous avez déjà le bac là de faire en sorte que vous vous préparez
toute l'année que vous avez cet élément de passage un moment où vous passez et puis après ça pose la question aussi des oraux peut-être d'augmenter la question de faire passer plus à l'oral qu'à l'écrit mais il y aura un bouleversement on ne pourra pas lutter contre l'intelligence artificielle à l'école non plus et il faudra en garder le meilleur mais peut-être l'interdire par contre chez les plus jeunes parce qu'il faut que vous ayez la possibilité
de votre intelligence humaine puisse se développer vous parliez des transformations au fond de l'intelligence artificielle et même du marché de l'emploi est-ce qu'il y a des formations ou en tout cas des matières sur lesquelles il faudra plus insister qu'aujourd'hui très rapidement la fin du collège unique aussi au passage mais il faut insister sur les savoirs fondamentaux lire, écrire, compter remettre plus d'heures sur les français sur les mathématiques
et peut-être supprimer des matières qui sont peut-être utiles aujourd'hui par exemple on a rajouté des éléments extérieurs d'ouverture au monde qui sont peut-être bien mais il faut peut-être les garder pour plus tard parce que quand vous ne savez pas lire, écrire, compter vous n'avez pas la capacité d'aller chercher l'information et après de vous ouvrir à la culture au monde et à l'extérieur on touche à la fin de notre émission on va se terminer avec notre question
notre vrai ou faux de cette fin de question politique Thomas Ménager très rapidement vous allez me répondre vrai ou faux vous auriez moins de fougue à faire campagne pour Jordan Bardella que pour Marine Le Pen vrai ou faux il y a des trous dans la raquette dans votre programme dans tous les programmes il y a besoin vrai il y a besoin d'améliorer sur certains sujets et il ne faut pas être présomptueux le monde évolue il faut l'améliorer et il faut être
humble seul Edouard Philippe est en capacité de vous faire perdre au second tour de la présidentielle vrai ou faux tout candidat il ne faut pas être présomptueux et même contre Jean-Luc Mélenchon certains nous disent vous êtes sûr de gagner et justement c'est pas ça il faut se battre vous êtes impressionné parfois par Jean-Luc Mélenchon et ses idées très très vite par ses idées non par sa capacité à reprendre le drapeau français dans ses meetings après avoir pensé
qu'au drapeau palestinien et à chanter la marseillaise après avoir chanté que l'international sa capacité à retourner sa veste ça je suis impressionné merci Thomas Ménager député RN du Loiret d'avoir été avec nous dans Question Politique merci à toute l'équipe en plateau et en régie
Thomas Ménagé