Guerre en Ukraine, liberté d'expression, nomination de Richard Ferrand... le "8h30" franceinfo de Laurent Jacobelli
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Bonjour Laurent Jacobelli, Emmanuel Macron réunit tout à l'heure à 11h les chefs de partis politiques pour évoquer avec eux la défense et la sécurité de l'Europe ainsi que la situation en Ukraine. C'est Louis Alliot qui vous représente, qui représente le Rassemblement National à cette réunion. Jordan Bardella devant se rendre à Washington au Congrès des conservateurs. Ça veut dire que la sécurité de l'Europe et l'avenir de l'Ukraine, ce n'est pas plus important ?
Non, pas du tout. Ça veut dire qu'on peut avoir plusieurs fers au feu et bien évidemment nous avons toujours répondu à l'appel du Président de la République lorsqu'il a voulu réunir les partis politiques. Ça a été souvent malheureusement totalement inutile et totalement pas suivi de faits. Mais pour autant la situation internationale est tellement grave et tellement inquiétante qu'il est important, ne serait-ce que d'avoir à écouter ce que le Président de la République a dit. Peut-être a-t-il des informations que nous n'avons pas pour avoir un panorama total de la situation. Donc bien évidemment nous irons.
C'est tellement important que le Président de votre parti n'y va pas.
Non mais attendez, là vous êtes dans la caricature et vous êtes journaliste, vous essayez de me titiller, ce n'est pas tout à fait anormal. Le premier vice-président du parti qui est Louis Alliot, il va. Une fois encore, nous pouvons avoir plusieurs activités en même temps. Nous sommes un futur parti de gouvernement. Il est donc important d'être sur le maximum de terrain. On a la chance d'avoir des couleurs de qualité. Et donc voilà, Louis Alliot est parfaitement au courant de la politique et de la volonté du Rassemblement national. C'est quelqu'un qui suit ses affaires par curiosité personnelle déjà absolument de près.
C'est quelqu'un de travailleur et quelqu'un qui, je crois, a une vraie vision des choses. C'est plutôt une chance aussi d'avoir Louis Alliot à cette réunion.
Une nouvelle fois, on parle de la sécurité de l'Europe. On parle de la situation en Ukraine. Marine Le Pen, votre président de parti, s'envole pour les Etats-Unis. Marine Le Pen, elle est où ?
Non mais attendez, vous pouvez me poser 47 fois la question. Du coup, je n'ai pas de réponse. Je vous ferai 47 fois la même réponse. Mais il ne vous aura pas échappé que Marine Le Pen n'est pas aujourd'hui présidente de la République. Non mais elle est présidente du groupe. Et elle souhaite être candidate en 2027. Vous avez raison. Donc notre mouvement sera représenté et bien représenté. Et c'est ça qui est important. Mais vous savez, je vous posez la question.
Parce que l'Élysée a proposé que la présidente du groupe à l'Assemblée, Marine Le Pen, soit présente. Et la réponse a été non. Pourquoi ?
Non mais elle est représentée. Et c'est ça qui compte. Mais moi, je veux bien qu'on fasse le débat là-dessus. Mais excusez-moi.
Les questions de symboles, c'est important aussi.
Oui, bien sûr, les questions de symboles, c'est important. Mais le président de la République, il était où ces derniers mois dans la résolution du conflit ? Il a fait quoi ces derniers mois ? Le président de la République, aujourd'hui, il n'a plus de voix à l'international. Le président de la République, il est aujourd'hui dans un besoin d'exister. Alors qu'il s'est fait voler la vedette par M. Poutine et par M. Trump, qui sont en train de négocier entre eux, sans même que la voix de la France soit entendue. Il était où, le président de la République, quand il a fallu défendre la diplomatie française ?
Vous savez, cette diplomatie gaullienne qui faisait qu'on était dépendant de personne, et qu'on était une voix unique, une voix à part, qui permettait la résolution des conflits. La vraie question que vous devriez vous poser, c'est de savoir ce que faisait le président de la République et comment il a pu être aussi absente. Il ne trouve qu'il n'est pas dans ce signeau et que c'est vous qui êtes là ce matin.
Il n'a pas eu des questions à vous poser, Laurent Jacobelli. Ça fait deux jours que Donald Trump semble lâcher le président ukrainien. Jean-Yves Le Drian parlait hier de revirement d'alliance. Cette nuit, il a répété qu'à ses yeux, Volodymyr Zelensky était un dictateur. Dictateur, Volodymyr Zelensky ?
Il y a un dictateur dans l'affaire. Il y a quelqu'un qui a agressé l'autre, et c'est Vladimir Poutine. Je pense qu'il ne faut pas, par ses déclarations intempestives, brouiller la vision des choses. La réalité, ce n'est pas ça. La réalité, c'est que vous avez un pays souverain, un pays indépendant qui s'appelle l'Ukraine, qui a été agressé, voire partiellement envahi par un pays agresseur, donc, qui s'appelle la Russie. Bon, moi, ce que je regrette, c'est qu'aujourd'hui, une voie modérée, une voie équidistante des différentes puissances internationales que devrait être la France ne soit pas audible. Je suis désolé, mais aujourd'hui, Emmanuel Macron, il nous dit quoi ?
Il nous dit, finalement, c'est la guerre, on ne s'en sort pas, il faut créer l'Europe de la défense, il faut créer l'Europe de la diplomatie, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est comment on sort de ce conflit. L'Union européenne, aujourd'hui, n'est pas un État. Madame von der Leyen n'est pas représentative. La France, dans le passé, lorsqu'elle a eu un rôle international, c'était en tant que nation souveraine.
Vous savez, nous, on a beaucoup de chance, on a été une nation qui ne s'est jamais affiliée à aucun des empires, nous avons une nation qui a la puissance nucléaire, nous avons une des plus grandes armées d'Europe, et donc, on a un rôle singulier, un rôle à part, et plutôt que de vouloir se fondre dans une masse informe, et donc d'être inaudible, et cette masse informe, c'est l'Union européenne, et notamment l'Union de la Défense. Le Président de la République aurait dû dire, moi, en tant que Président de la France, ce pays héritier d'une tradition gaullienne, je vais amener la paix. On n'a jamais entendu ce discours.
Alors, Laurent Jacobili, c'est bien Emmanuel Macron qui a organisé les réunions à l'Élysée avec les chefs d'État européens. C'est lui qui est à l'initiative, le dialogue commence, c'est lui qui est à l'initiative, et c'est lui aussi qui se rend à la Maison Blanche la semaine prochaine.
Enfin !
Que doit-il dire à Donald Trump ?
Quel est le chemin vers la paix ? Attention, pas une capitale... Quel est le chemin vers la paix pour arrêter ce conflit terrible ? Où il y a, on a les chiffres varient, mais au moins des centaines de milliers de morts. Comment on en sort ? Mais comment on en sort sans accepter la capitulation, excusez-moi, de l'Ukraine ? Ce ne serait pas la bonne voie. Comment on en sort pour mettre autour de la même table des gens qui ne peuvent plus se supporter et qui ne veulent pas discuter ensemble ? Ce serait ça le vrai chemin que devrait mettre en place Emmanuel Macron ? Mais concrètement, c'est quoi ?
Le chemin vers la paix, ça a été dit lundi soir après cette toute première réunion, notamment par Ursula von der Leyen. La paix par la force, au passage, ce sont les mêmes termes que ceux employés par Donald Trump, c'est-à-dire, pour qu'il y ait une paix, il faut que l'Europe soit forte et impliquée, et notamment dans son soutien aux Ukrainiens.
Pourquoi vous dites non ?
Je suis désolé, l'Europe de la diplomatie, l'Europe de la défense n'existe pas. Tous les pays n'ont pas la même vision, tous les pays n'ont pas les mêmes objectifs. Il ne faut pas la créer, il ne faut pas plus de coopération. En tout cas, aujourd'hui, au moment où on se parle, on ne va pas attendre dix ans que ça se fasse. Il faut que l'Ukraine soit libérée du jour russe plus vite que ça. Donc, il faut un président de la République, mais arrêtez de croire que la France n'existe pas. Arrêtez de croire que l'Union Européenne et que Mme Van der Leyen n'est plus puissante. Personne ne sait qui est cette dame, personne n'a élu cette dame.
Aujourd'hui, le président de la France devrait pouvoir parler à la fois à M. Zelensky, il le fait, et c'est très bien, et à M. Poutine, même si c'est difficile, il dit qu'il s'apprête à le faire.
Mais il a eu au téléphone, en fait. Je me rappelle, par contre, je vais essayer de terminer une phrase, c'est un sujet complexe.
Moi, quand j'entends le ministre des Affaires étrangères qui dit qu'il refusera de prendre son homologue russe en ligne, je pense que c'est une erreur stratégique. Il doit le prendre au téléphone, ne serait-ce que pour lui dire nos points de désaccord majeurs vis-à-vis de cette politique agressive de la Russie, et imaginez après comment on en sort. Aujourd'hui, sur la scène internationale, Emmanuel Macron n'existe plus, et donc il en est à faire des réunions Tupperware, où il reçoit d'autres leaders européens, mais en fait, qu'il parle à Mme Mélanie, c'est bien, qu'il parle à M. Tusk, c'est bien, mais il devrait surtout parler aux deux parties en présence et être écouté.
Or, je n'ai pas le sentiment que c'est le cas.
Mais il faut être fort, et on fait partie de l'Union Européenne encore aujourd'hui, même si vous le regrettez, Laurent Jacobelli. Non, non, je n'aimerais pas qu'on fasse partie de l'Union Européenne.
Je pense que la France a une place singulière, et qu'elle ne doit pas l'abandonner.
Si je vous écoute, l'Europe de la défense, vous vous dites, non, ce n'est pas une option pour nous au Rassemblement National.
En 2022... Est-ce que je peux juste...
Non, mais j'essaie de comprendre ce que vous allez proposer au Président de la République tout à l'heure. Quelle est votre vision pour sortir de la crise ? Laissez-moi juste poser ma question. En 2022, donc c'était hier, au RN avec Marine Le Pen, vous vouliez quitter le commandement intégré de l'OTAN. Aujourd'hui, vous dites quoi ?
L'objectif est de quitter le commandement intégré de l'OTAN. En période de conflit en Europe, ce n'est pas le moment, c'est tout. Donc c'est une question de tempo, une question d'agenda. Vous savez, on est des gens raisonnables, on n'est pas des idéologues. Vous parliez de l'Europe de la défense, mais est-ce que vous saviez que 80% des armements achetés par nos partenaires européens sont américains, alors qu'ils pourraient acheter français ? Est-ce que vous savez, par exemple...
L'Europe de la défense, c'est peut-être de changer ça.
On est en train de créer une usine à gaz où l'Europe va emprunter de l'argent pour financer l'industrie de défense européenne, entre guillemets. En fait, ça veut dire quoi ? La France va s'endetter pour abander un emprunt qui va être fait à l'Allemagne pour acheter du matériel américain. Qu'est-ce qu'on va y gagner ? On va affaiblir notre industrie de défense, qui est une des plus puissantes, pour essayer de faire en sorte que la Pologne ou l'Allemagne achètent aux États-Unis. Excusez-moi, cette Europe de la défense-là, oui, nous n'en voulons pas, parce qu'elle n'est pas efficace et qu'elle nuit aux intérêts de la France.
Il faut qu'on réécoute ce que disait avant-hier dans ce studio Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, après les déclarations de Donald Trump. Il y a eu aussi celle du vice-président américain Jelly Vance la semaine dernière à Munich. Et certains se posent des questions sur vos réactions. Celle du RN, celle de Jordan Bardella, qui avait dit que le vice-président américain avait tenu un discours lucide. Écoutez Jean-Noël Barraud.
Je dois dire que ce qui m'estomac plus que le discours de Jelly Vance, c'est de voir des commentateurs français, des responsables politiques français, se prosterner littéralement devant Elon Musk, ses amis et leur idéologie. Qui nous disent la liberté d'expression est brimée en Europe. Mais qu'est-ce qu'ils veulent exactement ? Ils veulent avoir la liberté d'injurier, de diffamer ? Est-ce qu'ils veulent avoir la liberté de faire l'apologie du terrorisme ? Est-ce qu'ils veulent pouvoir tenir des propos racistes et antisémistes en toute impunité ?
Alors, Laurent Jacobelli, qu'est-ce que vous répondez ?
D'abord, il va falloir qu'il trouve des arguments peut-être un peu plus subtils. Il est ministre. Il n'est pas militant à l'UNEF ou à la France Insoumise. Il va falloir prendre un peu de hauteur. Quelqu'un doit lui dire qu'il est ministre. M. Vance n'est pas notre modèle. Il n'est pas notre patron. Nous, on n'a pas besoin de s'affilier à qui que ce soit. C'est peut-être ça qu'il a du mal à comprendre. Lui qui s'affilie en permanence aux autorités de l'Union Européenne. Oui, il y a un problème. On l'a déclaré bien avant, M. le vice-président.
Un problème de liberté d'expression. Bien sûr.
Et on l'a dit avant le vice-président américain. Que des commissaires non élus puissent diriger nos vies à coup de normes, à coup de taxes, à coup d'interdictions, ce n'est absolument pas démocratique. Il faut le dire.
Contrôlé par le Parlement européen. Contrôlé aussi par le Conseil européen. Le Parlement souverain.
Le Parlement souverain, c'est le Parlement français. Que l'Union Européenne choisisse de pousser pour que des élections soient annulées quand des gens qui ne sont pas pro-européens sont en passe d'être élus, ça pose une question. On est dans un pays aujourd'hui où je suis invité chez vous, donc il y a une forme de liberté d'expression, et merci de m'accueillir, mais où on va fermer deux chaînes de télévision qui ne peut pas avoir une alarme en tête. Quelle démocratie ? Ferme des chaînes de télévision sous pression de la gauche avec son bras armé qui est une espèce de machin d'État qui ne défend pas la liberté d'expression, mais je parle de l'ARCOM.
Et donc voilà, moi je regrette qu'Energie 12 et C8 ferment, et notamment C8, pour apparemment une divergence d'opinion avec le président de la République. Tout ça me choque. Pour être complet,
parce que l'ARCOM, là pour le coup, on renvoie au fait, C8 a été sanctionné 28 fois par l'ARCOM depuis 2016, après une succession de manquements de la chaîne à ses obligations telles qu'elles sont définies dans le cas lié des charges et dans la loi, notamment la question de la maîtrise de l'antenne, du respect du droit des personnes. Si on met même de côté les publicités clandestines, ça relève de la liberté d'expression, par exemple, de présenter des personnes handicapées comme des toxicomanes. C'est l'une des raisons pour lesquelles C8 avaient été sanctionnées.
Mais il y a eu des rapages d'antenne. Ils ont payé, je crois, des amendes, et des amendes historiquement hautes. Mais quand l'animateur de variété du service public, Nagui Fahm, reçoit un chanteur du groupe Chaka Ponck qui vomit sa bile sur le Rassemblement National dans une émission de variété, liberté d'expression, il a le droit de ne pas aimer le Rassemblement National et d'appeler à ne pas voter pour nous. Mais la modération de l'antenne, elle est où ? Quand l'animateur dit c'est le rôle du service public que vous puissiez dire ça ? C'est-à-dire que 11 millions d'électeurs, au bas mot, payent des impôts pour se faire insulter par le service public.
Moi, j'ai fait une déclaration à l'Arcom, je n'ai toujours pas de réponse. Il y a un deux poids, deux mesures qui ne résonnent pas avec le mot démocratie.
Pareil, l'importance des faits, il faut les rappeler, Laurent Jacobali, vous êtes d'accord avec moi. Sur C8, juin 2024, présentation de personnes handicapées comme des possibles.
Je ne suis pas salarié de C8 ni défenseur de C8.
Vous en parlez vous-même. Mais j'aime la liberté d'expression. Interview insistante de Loana dans une situation de profonde détresse. Mars 2024, baiser forcé et attouchement envers une chroniqueuse. Janvier 2024, insulte contre la fille de Johnny et Laetitia Lidé. Juillet 2023, diffusion d'une théorie du complot sur l'adénochrome. Je continue ? Non mais c'est moi
qui vais continuer. France Inter, propos antisémite d'un pseudo-comique. France Inter, propos antisémite d'un pseudo-comique. Oui, mais France Inter, on ne ferme pas. Donc, il y a un deux poids, deux mesures. Je suis désolé. Oui, il y a des dérapages sur toutes les antennes. C'est la vie du direct. Vous le savez comme moi, vous animez du direct. Si je dis une horreur, vous allez me contredire. C'est ce qui s'appelle tenir l'antenne. Et parfois, certains ne le font pas. Y compris dans le service public. Mais là, totem d'immunité. Pourquoi ? D'abord parce que c'est public et ensuite parce que c'est de gauche.
Et juste d'un mot, est-ce qu'il y a un propos, des idées qui vous empêchent de tenir du fait d'une restriction de liberté d'expression en France ?
Non, moi je dis ce que je pense. Je crois l'avoir fait ici aujourd'hui. Ce que je ne voudrais pas, c'est que des médias où je puisse m'exprimer librement ferment parce qu'ils me laissent s'exprimer librement. Et je vous le dis, si demain quelqu'un veut fermer France Info, France Info, tiens, je lis l'absus. Parce que vous m'avez invité, je me battrai pour vous défendre.
8h47, on vous retrouve dans un instant, juste après le fil Info de Maureen Suignard. Une mise en scène macabre, le Hamas a exposé ce matin quatre cercueils. Il s'agit des dépouilles qui viennent d'être remises à la Croix-Rouge pour rejoindre Israël. Celle de quatre Israéliens dont trois membres de la famille Bibas, deux enfants et leur mère. Une famille qui symbolise le traumatisme national après les attaques du Hamas en Israël. Alors que les Européens craignent d'être laissés de côté pour les négociations de paix entre Kiev et Moscou, Donald Trump affirme que le Premier ministre britannique et le président français seront bientôt reçus à Washington.
Peut-être lundi pour Emmanuel Macron, dit Donald Trump. Toute la société est responsable et doit protéger les enfants, affirme ce matin le secrétaire général de l'enseignement catholique. Réaction alors que l'affaire Betaram se poursuit. Plus d'une centaine de plaintes pour violences physiques et sexuelles au sein de l'establissement du Béarn avant 2004. Elles ont toutes été déposées. Trois suspects sont en garde à vue depuis hier après-midi. Et voici un nouvel épisode dans l'affaire qui oppose Dazon à la Ligue de football professionnel. Le principal diffuseur du foot en France qui ne veut pas payer une partie des droits télé réclame maintenant 573 millions d'euros à la LFP.
Dazon estime avoir été trompé par la Ligue sur le produit acheté. France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia
Et toujours le député RN Laurent Jacobelli à une voix près. Richard Ferrand l'un des plus proches d'Emmanuel Macron a donc obtenu hier la présidence du Conseil constitutionnel. Le RN s'est abstenu. Est-ce grâce à vous ?
Ah non. Si vous regardez bien la chronologie des faits c'est au Sénat que ça s'est joué. Vous savez au Sénat où les sénateurs votent à bulletin secret et quand vous faites le décompte des voix vous voyez qu'il y a des républicains, les LR qui n'ont pas suivi les consignes et qui ont voté pour Richard Ferrand. Et la bascule elle s'est faite là-bas. Maintenant nous nous sommes abstenus et je vais vous expliquer pourquoi parce qu'au final le fond de votre question c'est ça.
Vous savez quand on est député de l'opposition on est amené chaque jour à faire des choix difficiles où on choisit entre le très mauvais et le mauvais parce que nous ne sommes pas au gouvernement et que nous ne sommes pas aujourd'hui majoritaires et croyez bien que je le regrette.
Vous avez un choix.
Oui. On a un choix. D'abord on s'est abstenu on n'a pas voté pour. On s'est abstenu parce que M. Ferrand n'est pas notre choix. Et si Marine Le Pen avait été présidente de la République évidemment elle n'aurait jamais soumis ce nom. Et puis on s'est dit comment on vote ? Si on vote contre que va faire Emmanuel Macron ? Évidemment il va nous représenter quelqu'un. On commence à connaître Emmanuel Macron. Ce ne sera pas une personne neutre ce sera quelqu'un de son entourage un copain et on va voter contre pour les mêmes raisons deux fois, trois fois et à la fin il va chercher une majorité.
Cette majorité puisqu'il ne l'aura pas chez nous il ira la chercher à gauche et donc on va avoir une personnalité compatible avec le nouveau front populaire qui nous aurait été présenté. Un Dupond-Moretti une Madame Borne. Et donc ça aurait été terrifiant que le côté le plus sectaire aujourd'hui de la représentation nationale Vous voyez une différence
entre Richard Ferrand et Madame Borne ?
Bah oui parce qu'il y a des idéologues M. Ferrand on peut lui reprocher plein de choses et je lui reproche plein de choses mais il y avait pire. Donc oui c'est le choix que nous avons fait et que nous expliquons aux Français.
Vous avez entendu des députés LR et LFI d'ailleurs qui parlent d'une même voix cette fois-ci pour dénoncer une magouille un deal secret entre vous et les macronistes. Il y a une entente
Vous savez on accuse toujours les autres des turpitudes dont on est soi-même coupable.
Les LR les leçons de morale de LR excusez-moi mais ça me fait doucement rigoler les LR qui aujourd'hui ont pactisé avec Emmanuel Macron et avec les socialistes Non mais là répondez sur le fond je vais terminer ma phrase c'est compliqué je suis en train de répondre il nous dit que nous sommes accusés par les LR je réponds cette accusation c'est simplement un contrefeu des LR les LR qui doivent se faire pardonner auprès de leur électorat d'avoir un Bruno Retailleau qui dit le matin je vais lutter contre les narcotrafiquants et avoir derrière des députés du même bloc central qui disent il faut légaliser la drogue M.
Retailleau qui dit que je suis contre le droit du sol avec d'autres ministres qui disent vous ne le ferez pas non et donc ils ont besoin de faire
il y a eu deal caché ou pas
il n'y a pas de deal mais attendez arrêtez une fois encore on vous pose la question est-ce que oui mais je veux bien qu'on parle de complotisme mais il y a un moment je pense que c'est trop sérieux les affaires nationales pour ça M.
Ferrand est-il un mauvais choix oui est-il le pire des choix non et c'est terrible d'être dans l'opposition quand on a évidemment le choix entre la peste et le choléra parfois ou entre deux mauvaises directions mais notre rôle c'est d'éviter le pire aux français vous savez moi j'ai qu'une attente c'est qu'on dissolve l'Assemblée nationale pour qu'il y ait une majorité c'est que Marine Le Pen soit présidente de la République Jordan Bardella Premier ministre là il y aura une direction claire sauf que là
on parle du conseil constitutionnel
aujourd'hui c'est pas le cas et bien pendant les deux ans maximum qui nous restent à devoir subir Emmanuel Macron nous éviterons le pire c'est ce que nous avons fait est-ce que c'est satisfaisant non est-ce qu'on avait un autre choix non
pas de deal caché c'est ce que vous dites ce matin Laurent Jacobili mais ce qu'il faut expliquer à ceux qui nous regardent à ceux qui nous écoutent c'est le rôle que pourrait jouer le prochain président du conseil constitutionnel donc Richard Ferrand sur l'avenir politique de Marine Le Pen j'explique le 31 mars le tribunal judiciaire de Paris rentre à son jugement dans l'affaire des assistants parlementaires du FNRN s'il prononce une peine d'inigibilité pour Marine Le Pen malgré un possible appel le conseil constitutionnel devra se prononcer sur ce qu'on appelle une question prioritaire de constitutionnalité précisément donc sur ce sujet sur la question de l'inigibilité et donc Richard Ferrand devra donner sa réponse avec le conseil constitutionnel ce serait paranoïaque de penser que quand vous abstenant hier vous vous êtes acheté les bonnes faveurs de Richard Ferrand
vous avez le droit de me poser la question il n'y a pas de problème je vous dis que ce n'est pas du tout le cas d'abord parce que le conseil constitutionnel ce n'est pas qu'un homme donc il sera président de cette institution mais il n'est pas le seul ensuite il y aurait eu quoi qu'il en soit un président du conseil constitutionnel il y aurait eu cette décision du conseil constitutionnel à venir et quel que soit le futur président du conseil constitutionnel puisqu'à la fin il aurait été élu vous m'auriez posé la question
mais là vous avez facilité la tâche en vous abstenant convenez-le
on n'a pas facilité la tâche je le redis si les LR avaient respecté leur consigne de vote aujourd'hui Richard Ferrand ne serait pas président du conseil constitutionnel alors je veux bien qu'on nous rende responsable de tout c'est un peu facile et c'est un peu l'habitude mais je pense qu'il faut avoir une analyse un petit peu plus précise un peu plus détaillée et là on s'aperçoit que les choses ne sont pas si simples
vous entendez les LR depuis hier qui disent il accède à ce poste à une voix près sa légitimité est remise en cause il faut qu'il renonce vous vous dites quoi ?
après c'est la décision de Richard Ferrand vous souhaitez ? Richard Ferrand n'est pas notre choix je ne vais pas être son avocat aujourd'hui je vous dis qu'on aurait pu avoir bien pire mais je vous dis qu'on aurait pu avoir bien mieux mais pour avoir bien mieux il aurait fallu avoir quelqu'un d'autre qu'Emmanuel Macron président de la république et je rappelle au LR qui semble très critique parfois que si aujourd'hui Emmanuel Macron est président de la république c'est parce qu'ils ont appelé à voter pour lui
d'ailleurs une question sur ces institutions on entendait Donald Trump cette semaine dire celui qui sauve son pays ne viole aucune loi et donc il remet en cause les tribunaux notamment de son pays on vous a entendu critiquer tout à l'heure l'ARCOM mais aussi en fait une décision du conseil d'état puisque la suppression de C8 dont on parlait tout à l'heure a été validée par le conseil d'état conseil constitutionnel conseil d'état quel regard comme porte-parole du groupe RN à l'assemblée vous portez sur ces institutions est-ce qu'elles sont politisées est-ce qu'elles sont-elles légitimes
il y a beaucoup de questions dans ce qu'on veut d'abord on peut critiquer on a le droit on parlait de liberté d'expression tout à l'heure sans vouloir ne pas respecter des décisions j'ai critiquer la décision qui est de fermeture de C8 et d'énergie 12 pour autant je suis un élu de la république et j'accepte le verdict mais on est bien obligé de voir ce qui fonctionne et ce qui dysfonctionne or et on le voit bien puisqu'on parle de politique en parlant du président du conseil constitutionnel ça pose une question on a vu que monsieur Fabius n'était pas un homme neutre et qu'il s'est servi du conseil constitutionnel pour essayer de créer une jurisprudence qui amènerait un mode de gouvernance qui lui paraissait bon lui en tant que socialiste mais qui ne correspondait pas à la vision des français donc il faut respecter les institutions je crois que nous les respectons nous respectons la 5ème république
mais parce que la question de départ de Gérôme c'était la déclaration de Donald Trump mais on peut proposer
parfois aux français de les changer
celui qui sauve son pays ne viole aucune loi
je ne souscris pas à cette déclaration
voilà c'est ça c'est la question
mais en revanche ça ne veut pas dire que nous sommes figés et bloqués à vie il y a des institutions qui vieillissent qui montrent qu'elles ne répondent pas parfois à l'objectif qui leur a été donné alors on doit toileter il faut avoir une réflexion effectivement sur les limites du pouvoir du conseil constitutionnel est-ce qu'il fabrique une jurisprudence ou est-ce que simplement il est le garant de la constitution nous nous sommes plutôt du deuxième avis aujourd'hui il y a une dérive vers la première option est-ce que c'est ce que veulent les français on a le droit d'y réfléchir pour autant aujourd'hui nous respectons toutes les institutions et je crois que notre comportement à l'assemblée etc.
le montre d'autres veulent casser les institutions de la 5ème république je pense à la France insoumise ils ne respectent rien ils salissent tout c'est pas notre rôle en revanche on n'est pas des bénis oui oui quand quelque chose ne fonctionne pas on le met sur la table on en débat et on décidera avec les français ça s'appelle la démocratie
Laurent Jacobelli il y a un ministre au gouvernement que vous critiquez beaucoup au Rassemblement National en ce moment c'est bien simple dès qu'il ouvre la bouche vous cherchez à le décrédibiliser c'est le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau vous en avez parlé tout à l'heure tout seul vous y êtes allé tout seul ça vous agace parce que lorsqu'il parle du droit du sol d'immigration de sécurité il vous coupe l'herbe sous le pied
mais non mais moi je lui dis Bruno Retailleau chiche allons-y réformons le droit du sol faisons un référendum sur l'immigration contrôlons nos frontières renvoyons chez eux leurs OQTF mais allons-y Bruno Retailleau mais vous avez fait le moche choix c'est bien de parler comme nous moi je suis très heureux d'avoir un ambassadeur en Macronie si jamais ça arrive à convaincre ces gens qui sont perdus dans l'extrême centre mais Bruno Retailleau agissez agissez vous voyez aujourd'hui sa popularité vous avez à côté de vous des ministres qui veulent exactement l'inverse de vous et vos arbitrages sont tous perdus tous perdus auprès du premier ministre
la seule action déclare vous voyez aujourd'hui sa popularité à Bruno Retailleau vous craignez qu'il fasse en 2027 par exemple ce qu'a fait Nicolas Sarkozy 20 ans plus tôt en 2007 c'est-à-dire absorber votre électorat
mais il fait déjà ce qu'a fait Nicolas Sarkozy il parle fort il agit mou Sarkozy rappelez-vous c'était le Karcher et puis quand il est arrivé 12 000 postes de policiers en moins ouverture des frontières record d'immigration qui a été battu par Macron bah monsieur Retailleau c'est la meilleure comparaison possible il dit oui il y a un influenceur algérien qui appelle à la violence c'est inacceptable je le renvoie chez lui pan il revient et on lui doit 1200 euros il a son affaire Léonarda c'est un mélange Bruno Retailleau entre François Hollande et Nicolas Sarkozy aujourd'hui même s'il essaye de parler comme nous mais je le redis
les LR vous dites que les LR viennent chasser sur les thèmes du RN
mais s'il est sincère qu'ils fassent des propositions de loi avec nous qu'on les vote ensemble nous tout ce qui va dans le sens de moins d'immigration de plus de contrôle de plus d'ordre de plus de sécurité pour la paix dans notre pays et pour la tranquillité des français nous le ferons rapidement
les LR qui viennent donc chasser sur les thèmes du RN Jordan Bardella qui parle désormais d'assistanat comme la droite comme Laurent Wauquiez en particulier elle utilise ce mot aussi Marine Le Pen elle considère qu'il y a des français assistés
mais il y a des français assistés mais c'est pas la même chose qu'est-ce qu'on entend par là si on parle d'un français qui a perdu son boulot qui cherche un boulot qui est sur le bord de la route qui a une famille à nourrir il est normal et je le revendique ici que les impôts de la collectivité nationale servent à l'aider à passer ce passage difficile mais si c'est simplement se lever à 10h du matin jouer à la Playstation et se dire je vais gagner autant en ne travaillant pas qu'en travaillant alors c'est inacceptable c'est cette deuxième catégorie de personnes mais bien sûr qu'il y en a il y a des profiteurs du système mais il faut le dire aussi en même temps pour ne pas aller dans les caricatures de certains il y a des honnêtes gens qui veulent s'en sortir et qui n'ont d'autres choix que pendant des périodes transitoires et difficiles d'avoir recours à la solidarité nationale et c'est notre honneur
Merci Laurent Jacobelli Merci à vous du Rassemblement National d'avoir été ce matin sur France Info
Laurent Jacobelli