"Très inquiète" : Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire réagit à la mobilisation des lycéens
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse directe
Dans quel état d'esprit vous êtes-vous ce matin en tant que « propriétaire » des lycées ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Après les dégâts chiffrés à 3 millions d'euros sur la région Pays de la Loire la semaine dernière, vous souscrivez-vous à l'idée du casseur-payeur ?
- 1:57OuverteRéponse partielle
Vous savez, vous, jusqu'à quand le lycée Mandela va rester fermé ?
- 3:01OuverteRéponse directe
Vous évoquiez les lycéens et les casseurs qu'il ne faut peut-être pas confondre.
- 3:49OuverteRéponse directe
On est aussi dans une période difficile en termes de pouvoir d'achat. Dans votre livre, vous martelez votre credo : stop à la dépense publique, stop aux subventions.
- 6:05OuverteRéponse directe
J'ai une dernière question à vous poser sur ce sujet du pouvoir d'achat et des impôts : est-ce que c'est un gros mot pour vous, impôts ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:40Invité politiqueFait
« Quand on est parent, on se doit d'éduquer, d'élever ses enfants et moi je suis favorable justement à ce que la justice aille chercher la responsabilité civile des parents. »
- 1:11PrésentateurChiffre
« Après les dégâts chiffrés, je crois, à 3 millions d'euros sur la région Pays de la Loire la semaine dernière lors des incidents »
- 8:03Invité politiqueChiffre
« C'est 95 millions d'euros. »
- 8:09PrésentateurFait
« Et qui ne veut plus les mettre ? »
- 6:23Invité politiqueFait
« Et l'arrêt de la taxe d'habitation, moi, je pense que c'est une erreur. »
- 6:43Invité politiqueFait
« Le plus taxé en termes d'impôts, en termes de charges, etc. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Parce que, si vous voulez, aujourd'hui, la France n'a plus les moyens. »
- 4:42Invité politiqueFait
« On vous donne 100 et on vous reprend 150 dans notre poche. »
- 5:15Invité politiqueFait
« Si on veut résoudre le problème du pouvoir d'achat, il faut s'attaquer aux dépenses publiques. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Aux dépenses publiques, c'est moins d'impôts, moins de charges. »
Temps de parole
- Christelle Morançais60 %
- Présentateur35 %
- ?3 %
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Et notre invitée à 8h-mois le quart,
c
'est Christelle Morancé, la présidente de la région Pays de la Loire et vice-présidente du parti Horizon d'Edouard Philippe. Bonjour Christelle Morancé,
merci
d'être en direct avec nous dans le studio d'ici Loire Océan à Nantes à l'occasion de la sortie de votre livre que je montre à la télé
qui
s'appelle Courage et Coeur, dans lequel vous vous livrez un peu aussi sur le plan personnel, beaucoup sur votre vision politique, sur ce que vous pensez de bien pour la France. On va évidemment y revenir dans un instant, mais d'abord la région en première ligne avec les lycées et ses blocages depuis une semaine. Nouvelle journée d'action ce matin, cette fois a priori mieux encadré avec syndicats et FCPE, parents d'élèves qui sont là pour protéger les cortèges. Dans quel état d'esprit vous êtes-vous ce matin en tant que « propriétaire » des lycées ?
Écoutez, très inquiète, comme beaucoup de parents, de proviseurs, l'ensemble des personnels aussi de la région. On a vu les événements la semaine dernière, donc cette journée nous inquiète et j'espère qu'elle se passera dans le calme, dans l'apaisement, parce que je pense que c'est nécessaire et notamment, je pense, je m'adresse aux lycéens, ils ont certainement des revendications,
des
messages, mais ils passent mieux quand c'est dans l'apaisement et je pense que c'est important que l'ensemble des lycéens puissent aussi retourner à l'école.
Après les dégâts chiffrés, je crois, à 3 millions d'euros sur la région Pays de la Loire la semaine dernière lors des incidents, notamment le lycée Mandela à Nantes, le principal qui a été visé, le gouvernement a évoqué l'idée, et plus qu'évoqué l'idée, d'ailleurs prépare une loi sur le principe du casseur-payeur, c'est-à
-dire
faire payer les parents quand on a identifié les casseurs s'ils sont mineurs. Vous souscrivez-vous à cette idée
?
Oui, je l'ai affirmé, je l'ai dit, je pense que sur les mineurs,
il
y a d'abord avant tout une responsabilité, ce sont celles des parents. Quand on est parent, on se doit d'éduquer, d'élever ses enfants et moi je suis favorable justement à ce que la justice aille chercher la responsabilité civile des parents parce que c'est inacceptable. Encore une fois, on peut avoir des revendications, mais ça doit se faire dans l'apaisement et dans la paix.
Je reviens au lycée Mandela qui est le plus touché, celui qui est fermé. D'ailleurs, on ne sait pas jusqu'à quand. Vous savez, vous, jusqu'à quand il va rester fermé ou c'est trop tôt ?
C'est trop tôt, il y a des équipes techniques qui sont venues hier, qui viendront également demain. Aujourd'hui, il y a des gros, gros travaux sur ce lycée à effectuer avec des incertitudes, on va dire techniques,
je
ne
vais
pas rentrer
dans le volet
technique. Tout ce qui a pu être endommagé, l'électricité, etc., les réseaux, au-delà du hall, ce n
'est
pas que le hall qui a brûlé. Non,
c
'est beaucoup plus large et donc l'objectif aujourd'hui, c'est qu'ils puissent être en service le plus rapidement possible. Encore une fois, l'enjeu, il y
a
les vacances de la Toussaint qui arrivent. On essaye, là, aujourd'hui, il
y a
une distribution des ordinateurs pour les jeunes qui rentrent en seconde et en première année de CAP pour pouvoir faire du distanciel. Hier, on avait des jeunes étudiants qui étaient dans l'hémicycle justement pour pouvoir avoir cours.
Vous l'avez accueilli
dans l'hémicycle de
la région. Dans l'hémicycle
de la région et donc l'objectif, c'est quand même de rétablir le plus rapidement possible que les lycéens aient cours dans leur établissement. Je pense qu'il y
a
une volonté aussi de leur part.
Vous évoquiez les lycéens et les casseurs qu'il ne
faut
peut-être pas confondre. Tout à
l
'heure, nous étions à cette heure, nous entendions des lycéens de Mandela, des internes qui sont allés récupérer leurs affaires, qui en avaient gros sur le cœur et la boule au ventre en allant chercher leurs affaires dans leur chambre du lycée qui est fermée jusqu'à nouvel ordre.
Oui, la plupart des lycéens ne sont pas à l'origine aussi de ces dégradations qu'il y a pu y avoir.
Et
donc ça, il faut le dire, ce n
'est
pas l'ensemble des lycéens. Et ceux qui sont sur place, et notamment au lycée Nelson Mandela, je pense qu'il y a beaucoup de tristesse, beaucoup d'écœurements aussi de la part des élèves, de la part des agents, encore une fois, que je vais rencontrer aussi cet après-midi, des professeurs. Je pense qu'il
y a
un attachement.
Et
donc, pour vie actuellement, moi, ça me rend triste. Je vous le dis très sincèrement, ça me rend triste. Et je pense qu'il faut retrouver l'apaisement. On est dans une période difficile. Et je pense qu'on doit retrouver l'unité. Je pense que ça, c'est essentiel.
Alors, on est aussi dans une période difficile en termes de pouvoir d'achat. Et dans votre livre, Courage et cœur, que vous venez nous présenter ce matin, vous martelez votre credo qu'on a connu ici à la région, qui est désormais stop à la dépense publique, stop aux subventions. La politique du chèque, c'est fini, dites-vous. Ça marche même quand le litre de gasoil est à 2,40
euros
et que les habitants de notre région, en zone rurale notamment, sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler.
Ce
n
'est
pas mon credo. Ce n
'est
pas de l'idéologie. C'est juste de la responsabilité, comme n'importe quel chef de famille ou comme n'importe quel chef d'entreprise. Quand vous avez 100 et que du jour au lendemain, vous avez 50, vous
ne
continuez pas à dépenser 100. Et donc, moi, aujourd'hui, je suis à la tête de cette région. Je me dois gérer ce budget le
mieux possible. Mais pour
l'État, par exemple, pour le gouvernement...
Mais pour
l'État ou n'importe quoi, quand la politique du chèque... Moi, je suis contre. Parce que, si vous voulez, aujourd'hui, la France n'a plus les moyens. Et la politique du chèque, pour moi, c'est la politique de l'échec. On vous donne 100 et on vous reprend 150 dans notre poche. Aujourd'hui, moi, j'entends parfaitement les difficultés de pouvoir d'achat des Français.
Vous les
entendez
parce que vous dites... Mais je les entends, vous savez... Enfin, je fais mes courses les
week-ends. Mais vous avez certainement un
salaire plus confortable
en tant que le groupe de région que l'infirmière qui va gagner 1 200 euros. Ou
l'aide-soignante. L'infirmière ou l'ouvrier de chez LDC qui fait 30 kilomètres pour aller travailler, je l'entends parfaitement. Mais la seule chose, c'est illusoire de faire croire qu'on peut résoudre le problème du pouvoir d'achat par le chèque. Si on veut résoudre le problème du pouvoir d'achat, il faut s'attaquer aux dépenses publiques. Aux dépenses publiques, c'est moins d'impôts, moins de charges. Et ça, vous allez donner plus de pouvoir d'achat. Alors, c'est sûr, c
'est
s'attaquer aux dépenses publiques, c'est pas toujours facile. J'en ai eu, j'en ai fait l'expérience.
Vous avez fait l'expérience à la région. En revanche,
d'autres ne le font pas. Et la solution, c'est qu'ils augmentent les impôts. C'est le cas ici à Nantes. Donc aujourd'hui, vous voyez, on vous donne 100 d'un côté,
on
vous reprend 150 dans la taxe foncière ou d'autres taxes. Donc moi, je ne crois pas à ça. Vous ne le croyez pas à ça
?
Non, je ne crois pas à ça. Et on voit bien que c'est un échec total. Et aujourd
'hui,
il faut travailler pour plus de pouvoir d'achat. C'est entre le brut et le net sur le bulletin de salaire.
Et un écart un peu moins entre le brut et le net, si j'ai bien compris. On se retrouve dans un instant pour la suite de cet entretien. Christelle Morancé, à tout de suite. 7h50 de Christelle Morancé, la présidente de la région Pays de la Loire et notre invitée ce matin. J'ai une dernière question à vous poser sur ce sujet du pouvoir d'achat, Christelle Morancé et des impôts.
Parce
qu'on les évoquait. Est-ce que c'est un gros mot pour vous, impôts ? Parce que finalement, une société,
c
'est aussi de la solidarité. Chacun participe à l'effort et on redistribue.
Mais
ce n
'est
pas un gros mot, impôts. Moi,
je
suis même favorable à ce que tout le monde paie des impôts. Et l'arrêt de la taxe d'habitation, moi, je pense que c'est une erreur. Parce que ça responsabilise aussi les habitants. C
'est
-à-dire que l'éclairage dans la ville, etc., ça ne tombe
pas du ciel.
En revanche, il faut
avoir
conscience aussi, aujourd'hui, qu'on est le pays le plus taxé. Le plus taxé en termes d'impôts, en termes de charges, etc. Mais est-ce qu'on est les mieux lotis ? Non, on voit bien. Si aujourd'hui, vous payez des impôts, vous avez une dette très importante. Mais derrière, l'école va bien. La sécurité va bien. La justice va bien. La santé va bien. Ce
n'est
pas très grave, mais ce n
'est
pas le cas. Donc, aujourd'hui, il faut une bonne utilisation de l'impôt et arrêter de trop taxer. Et puis, surtout, l'efficacité de nos politiques
publiques.
L
'efficacité des politiques publiques. Tiens,
justement,
prenons un des champs de compétences du Conseil Régional. Les trains, les TER, parce qu'il
n'y a
pas que les lycées. Vous avez dans vos missions et dans notre territoire cette ligne de Vendée. La ligne 14, Saumur-Laroche-sur-Yon, qui va l'été jusqu'au Sable-de-Lonne, qui est une ligne qui a besoin de gros travaux, mais qui passe aussi par,
si
je ne dis pas de bêtises, le département de Sèvres et donc la région Aquitaine. On est bien d'accord ?
On est bien d
'accord.
Donc, le président socialiste de la région Aquitaine dit, moi, je ne donnerai pas d'argent. Comment vous allez faire pour sauver cette ligne de train qu'il y
a
besoin ? Les Vendéens en ont besoin. Vous allez tout payer
?
Écoutez, cette ligne, déjà, c'est une ligne, parce que les différentes lignes, elles ont été...
Il y
a des catégories, savoir si c'est l'État, la région ou partagé entre l'État et la région. Cette ligne, elle est totalement région. Donc,
région Nouvelle-Aquitaine
et région Pays de la Loi. Moi, je suis très à l'aise. Je veux dire, j'ai fait un budget qui a fait beaucoup de bruit il y
a
deux ans pour maintenir un haut niveau d'investissement.
Et
vous voyez le résultat au bout de deux ans ? Moi, je suis toujours au rendez-vous pour sauver cette ligne, pour faire les travaux. C'est 95 millions d'euros. Et il
y a
le président de la région voisine... Qui
lui
doit rajouter 35 et qui ne
veut
plus
les mettre. Et qui
ne veut pas y aller, parce qu'il n'a pas fait les choix que j'ai pu faire. Voilà, moi, les choix que j'ai faits, c'est pour maintenir un haut niveau d'investissement et d'assurer nos compétences. Donc, je me battrai jusqu'au bout sur cette ligne. J'ai rencontré Jean Castex, il y a quelques jours...
Qui est président de
la
SNCF.
De la
SNCF, pour lui demander de me chiffrer les travaux d'urgence pour maintenir cette ligne dans les semaines à venir. Et donc, il faut se battre pour cette ligne. Parce que c'est, encore une fois, une ligne des territoires ruraux. Et puis, c'est dans nos compétences.
Christelle Moran,
c
'est vos compétences. C'est ça que vous dites depuis le début, depuis deux ans et demi, que vous défendez vos choix budgétaires à la région. Dans votre livre, vous vous livrez sur un plan plus personnel. Et vous parlez d'une de vos fragilités. Cette rupture d'anévrisme que vous avez eue à 27 ans dans le cerveau, qui aurait pu vous être fatale. Sa récidive, l'année dernière, vous avez été repassée à l'hôpital et vous n'avez à ce moment-là rien dit. Pourquoi vous avez ressenti le besoin de raconter ce moment-là ? C'est pour montrer que,
derrière
la femme d'action, la femme politique qui, parfois, est critiquée parce qu'elle avance tout droit sans forcément s'arrêter, il y a aussi quelqu'un d'humain
?
J'ai voulu le raconter. Souvent, en politique, c'est tabou, les sujets de santé. Je l'ai raconté parce que ces épreuves, comme beaucoup de Français, ou même les échecs, moi, c'est ce qui m'a construit. On apprend plus des épreuves, des échecs que de ces réussites. Et c'est ce qui fait aussi mon parcours. C'est ce qui fait aussi ma personnalité et qui m'a rendue peut-être aussi plus forte. et qui
me
donne envie de croquer la vie à pleines dents parce qu'elle est très fragile.
Et
je pense que ça, parmi vos auditeurs,
je
pense qu'il y
en
a beaucoup à qui ça fait écho. Et donc, je veux continuer à vivre pleinement.
Dans votre livre, vous rendez aussi hommage à votre père, chef d'entreprise qui a été votre modèle et pour qui chaque euro gagné, il allait le chercher. C'est aussi ça, vous expliquez, qui a façonné votre engagement politique. D'ailleurs, sur le plan politique,
c
'est Bruno Rotaillot. D'ailleurs, vous dites beaucoup de bien de Bruno Rotaillot qui vous a passé la main au Conseil régional au moment où il a dû choisir entre la région et le Sénat. Malgré vos divergences aujourd'hui, vous continuez de dire du bien de lui. On vous présente comme la future ministre de l'économie d'Edouard Philippe s'il était candidat à l'Elysée. Les deux sont candidats. C'est vous qui ferez la passerelle entre les deux, la jonction ?
Des divergences avec Bruno Rotaillot ?
J
'en ai pas. Enfin, j'ai beaucoup d
'amitié. Vous n'êtes
plus chez LR,
quoi. Je ne
suis
plus chez LR. Il y a quand même pas mal de choses. Il est
dans
ma majorité. On a quand même pas mal de choses qui nous rassemblent, plus qui nous divisent. J'ai beaucoup d'affection et d'amitié pour Bruno ou pour Edouard. Et moi, j'en appelle à un rassemblement.
Je
pense que l'enjeu aujourd'hui,
il y a plus de choses
qui nous rassemblent, qui nous divisent. Et que sur cette présidentielle, l'enjeu, c'est la France. On est dans une période très inquiétante. Et qu'aujourd'hui, je pense que les intérêts individuels doivent être derrière nous et plutôt l'intérêt collectif qui doit nous animer. Et
moi, j'ai pleinement
confiance qu'à un moment ou à un autre, il y aura un grand
rassemblement. C'est qui votre modèle en politique ? C'est Thatcher ? Puisqu'on en parlait tout à l'heure ?
Non, moi, vous savez, je l'ai toujours dit, je n
'ai
pas de modèle en politique. Et
puis
la caricature de Thatcher, encore une fois, moi, ce que j'ai fait, je pense qu'il y a plein de Français qui le font actuellement. C'est juste par responsabilité. Faire des choix. Voilà, faire des choix. Et on l'a vu, notamment pour l'investissement, pour préparer le futur. Je pense que c'est des enjeux importants.
Christelle Morencel,
la
présidente de la région Pays de la Loire, vice-présidente du parti Horizon, était notre invitée ce matin avec son livre Courage et cœur aux éditions du Rocher. Merci beaucoup, bonne journée.
Merci à vous.
Christelle Morançais