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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 3 mars 2021 19 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprises

Instéco | La crise économique est déjà là | Thomas Porcher

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    La génération du baby-boom de l'an 2000 est-elle une génération sacrifiée ?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que la crise sanitaire a créé cette situation pour les jeunes ?

  • 10:26OuverteRéponse directe

    Que prévoit exactement le projet Hercule ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Que faut-il penser de la sortie de Marine Le Pen sur la dette ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:19Locuteur non identifiéFait
    « « A partir du moment où un État souverain fait appel à une source de financement, sa parole se doit d'être des reins ». »
  • 3:10InvitéFait
    « « On a eu la crise de 2008, qui était une crise financière qui venait des États-Unis, qui s'est transformée rapidement en crise de la zone euro à cause de mauvais choix de politique économique et qui a fait qu'on a perdu quasiment une décennie pour se remettre de cette crise. » »
  • 3:24InvitéChiffre
    « « 10 ans après la crise de 2007, en 2017, il y avait toujours 1,5 million de chômeurs en plus par rapport à 2007. » »
  • 4:13InvitéChiffre
    « « Il y a, par exemple, le déploiement du RSA pour les jeunes qui sont au chômage, en dehors des étudiants, je parle. C'est une mesure qui coûterait 5 milliards. » »
  • 4:55InvitéChiffre
    « « 12 milliards, c'est à peu près l'équivalent de la baisse des impôts de production qu'on a offert aux entreprises dans un contexte de crise. » »
  • 6:08InvitéFait
    « « Vous n'avez pratiquement rien pour les étudiants. » »
  • 6:21InvitéChiffre
    « « il aurait fallu peut-être 15 milliards pour 17% de la population. » »
  • 10:37InvitéFait
    « « nos énergéticiens, ce sont des monopoles publics à la base, verticalement intégrés. » »
  • 14:20InvitéChiffre
    « « 75% de l'électricité en France c'est du nucléaire. » »
  • 15:29Locuteur non identifiéFait
    « « qui paye ses dettes s'enrichit. » »
  • 15:33Locuteur non identifiéFait
    « « la France doit rembourser ses dettes pour ne pas dépendre de ses créanciers internationaux. » »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur17 %
  • Locuteur non identifié3 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'Instant Éco, présenté par Elsa Marguerita. La crise économique est déjà là, avec Thomas Porchet. Bonjour à tous et merci de nous rejoindre sur cette édition spéciale de notre émission L'Instant Éco, où nous accueillons Thomas Porchet, économiste, membre des économistes atterrés, et désormais chroniqueur aux médias où il s'exprimera une fois par semaine. Bonjour Thomas.

0:27
Invité politique

Bonjour.

0:28
Présentateur

Aujourd'hui, nous évoquerons trois sujets. La génération du baby-boom de l'an 2000 est-elle une génération sacrifiée ? La question se pose quand on observe la détresse psychosociale chez les jeunes, la catastrophe de la gestion des universités lors de la crise sanitaire, l'explosion des suicides chez les plus jeunes et le désarroi des étudiants privés de liens sociaux. Le démantèlement d'EDF, projet vertement critiqué par les syndicats, ainsi que de nombreuses personnalités politiques attachées aux services publics. En effet, le géant français de l'électricité subit les pressions de la Commission européenne avec son projet Hercule, qui prévoit de le démanteler en trois sociétés.

Une partie nucléaire, une autre hydraulique et une dernière consacrée aux énergies renouvelables. Faut-il annuler la dette ? Pour Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, la réponse est non. En effet, le 21 février dernier, elle déclarait dans un entretien sur l'opinion qu'il fallait rembourser la dette puisque, et je la cite, « A partir du moment où un État souverain fait appel à une source de financement, sa parole se doit d'être des reins ». Mais avant tout, quelques images du désarroi de ce qu'on appelle la génération sacrifiée, en tout cas d'une grande partie de la jeunesse française, qui plonge peu à peu dans la détresse et la précarité.

1:35
Invité politique

« Nous, on voit ces images avec cette file d'attente qui est assez impressionnante. C'est quelque chose qui est inédit. Ça illustre la précarité aujourd'hui des étudiants. » « C'est terrible ce qui se passe maintenant, c'est terrible, vous le voyez. »

1:54
Invité

« Déjà, je fais du baby-sting pour pouvoir me permettre de vivre un peu parce que mes parents ne m'ont pas du tout donné de sous pour vivre ici. Après, ils me payent le loyer, donc c'est déjà ça. Mais il faut que je me débrouille toute seule. Donc c'est vrai qu'il y avait des moments où j'étais un peu en mode « Ah, que faire ? » Mais du coup, c'est assez pratique parce que j'y viens une semaine sur deux. Les semaines où je n'ai pas mon baby-sting, comme ça, ça me permet de me nourrir pendant une semaine. C'est dans la résidence universitaire Jussieu à Villeurbanne qu'un jeune homme a sauté d'une fenêtre du cinquième étage ce vendredi soir.

Actuellement hospitalisé avec un pronostic vital engagé, personne n'a pu anticiper l'acte de détresse de cet étudiant en première année de master de droit à l'université Lyon 3.

2:39
Présentateur

C'est un sujet qui inquiète après ces images terribles de ces jeunes étudiants. Une détresse mise en lumière par la crise sanitaire que nous traversons. Et moi, j'ai une question, Thomas. Est-ce qu'on peut dire que c'est cette situation sanitaire qui a créé cette situation pour les jeunes ? Où il y avait des signes avant-coureurs ?

2:56
Invité

Alors, quand on regarde le contexte macroéconomique, on se rend compte que cette génération a vécu la majeure partie de sa vie dans la crise. La réalité, c'est ça. On a eu la crise de 2008, qui était une crise financière qui venait des États-Unis, qui s'est transformée rapidement en crise de la zone euro à cause de mauvais choix de politique économique et qui a fait qu'on a perdu quasiment une décennie pour se remettre de cette crise. C'est-à-dire que des jeunes qui ont 20 ans aujourd'hui ont vécu de 10 à 20 ans dans une économie qui était en déficit d'emploi. Vous savez, 10 ans après la crise de 2007, en 2017, il y avait toujours 1,5 million de chômeurs en plus par rapport à 2007.

Donc, ces jeunes ont grandi dans une France en crise. Et là, la crise sanitaire arrive, qui arrête complètement l'économie avec les drames qu'on a vus dans votre reportage. Et il va y avoir ensuite la réponse à cette crise sanitaire. Et moi, j'ai bien peur qu'on nous refasse le coup de 2008 en faisant un tournant austéritaire, ce qui replongerait l'économie dans 10 ans d'une croissance morose ou d'une crise supplémentaire. Ça veut dire que les jeunes auront vécu, des jeunes qui auront 30 ans dans 10 ans, auront vécu 20 ans de leur vie dans la crise. Donc ça, c'est le contexte macroéconomique.

Maintenant, quand on regarde la situation actuelle des jeunes, qui est dramatique, il va falloir trouver des mesures à mettre en place pour sortir ces jeunes de la pauvreté. Et là, il y a un certain nombre de possibilités. Il y a, par exemple, le déploiement du RSA pour les jeunes qui sont au chômage, en dehors des étudiants, je parle. C'est une mesure qui coûterait 5 milliards. Donc là, je parle vraiment des jeunes qui perdent leur emploi. C'est un tiers des jeunes qui ne sont pas en études, qui ont perdu leur emploi. Et puis après, on pourrait créer une allocation universelle aussi pour les jeunes étudiants.

Maintenant, idem, de manière provisoire, ça coûterait, je veux dire, donner aujourd'hui 400 euros à tous les étudiants. Après, on peut moduler ça, donner plus à ceux qui sont plus pauvres et moins à ceux qui ont des parents riches qui peuvent subvenir à leurs besoins. Mais en moyenne, 400 euros aux 2,7 millions d'étudiants que compte la France, c'est une enveloppe de 12 milliards. 12 milliards sur un plan de relance à 100 milliards. 12 milliards, c'est à peu près l'équivalent de la baisse des impôts de production qu'on a offert aux entreprises dans un contexte de crise. Enfin, je ne pense pas que ce soit le moment de négocier ça.

Peut-être à un autre moment, on aurait pu le faire, mais là, ce n'était pas le moment. Vous donniez ça à des étudiants et vous leur permettiez d'avoir un souffle supplémentaire pour éviter qu'ils aillent à l'aide alimentaire. Donc, il y avait des choses à faire qui n'ont pas été faites.

5:12
Présentateur

Le baby-boom des années 2000, finalement, est-ce qu'il y a pour quelque chose dans cette crise ?

5:16
Invité

Pas du tout. Alors, certes, le vrai problème, c'est que la démographie a augmenté très fortement. La démographie a augmenté très fortement. Elle a continué à augmenter, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, moi, je pense, parce qu'il y a beaucoup de pays en Europe qui vieillissent, comme l'Allemagne, et qui ont un vrai problème aujourd'hui de renouvellement, on va dire, de leur population. Nous, on n'avait pas ce problème-là. Mais l'économie n'a pas suivi. En PIB par habitant, vous avez encore aujourd'hui des zones qui sont plus pauvres qu'il y a 10 ans.

C'est-à-dire qu'un enfant grandit dans les Hauts-de-France ou dans le Grand Est, grandit dans un environnement économique plus pauvre, en réalité, que 10 ou 15 ans avant. Donc, non, non, ce n'est pas une question démographique. C'est vraiment une question de choix économique. Et là, encore une fois, je reviens un peu sur ce que j'ai dit. C'est ce plan de relance. C'est en fait un plan de compétitivité qui ne s'adresse qu'aux entreprises. Vous avez seulement 0,8% du plan, 0,8%, qui s'adresse aux ménagers plus pauvres. Vous n'avez pratiquement rien pour les étudiants.

Alors, il y a un plan jeune qui a été fait par le gouvernement, qui donne 6 milliards, mais qui sont pareils des mécanismes basés sur la formation, sur le fait qu'on va permettre aux jeunes de trouver un emploi dans les entreprises. Mais ça, ce n'est pas valable dans une économie qui a perdu plus d'un million d'emplois. Je vous le dis, il aurait fallu peut-être 15 milliards pour 17% de la population. 17% entre 15 et 29 ans. Donc, allez, encore moins de ça. 17 milliards pour des gens qui se sont sacrifiés aujourd'hui, qui ont fait société, qui ont accepté de jouer le jeu pour que les personnes les plus âgées n'aillent pas en réanimation. C'est une réalité.

Aujourd'hui, les jeunes, tout le monde le sait, vont moins en réanimation. Donc, ils ont joué le jeu et rien ne leur a été accordé. Et ça, c'est un vrai problème. Alors qu'ils ont un taux de pauvreté, un taux de précarité et un taux de chômage plus élevé que les autres parties de la population. Donc là, il y a un vrai problème pour moi. Il y a clairement eu un arbitrage qui a été fait en faveur des entreprises plutôt qu'en faveur de ces jeunes.

6:59
Présentateur

Des investissements publics auraient dû être faits pour éviter justement cette crise ?

7:03
Invité

Alors, déjà, en amont, oui. Ça, c'est clair. C'est clair que les dix dernières années, si on a vu des investissements publics, peut-être qu'aujourd'hui, l'université serait dans un meilleur état. Mais aujourd'hui, quand il y a une crise comme ça qui vous tombe dessus, qui n'était pas prévue, crise sanitaire, pour moi, il faut aller à l'essentiel. Il faut aller à ceux qui sont le plus impactés par cette crise. Et alors là, le gouvernement nous dit qu'il ne savait pas que les jeunes étaient impactés par cette crise. Alors qu'il y avait des gros problèmes structurels depuis longtemps, les chiffres étaient là.

Avant même la crise, ils étaient plus affectés par le chômage et par la pauvreté que le reste de la population. C'était déjà le cas. Il ne peut plus faire un job à mi-temps où quelqu'un qui ne fait plus d'études mais qui est jeune et qui a déjà du mal à trouver un emploi va être encore plus dans une situation de difficulté.

7:43
Présentateur

Rappelons d'ailleurs qu'en mars 2020, 36% des étudiants salariés ont perdu leur emploi. Chaque année, 700 000 jeunes entrent sur le marché de l'emploi. Avec ce contexte de crise sanitaire, notre économie, est-ce qu'elle peut soutenir ces jeunes-là ?

7:55
Invité

Alors déjà, ça c'est intéressant ce que vous dites. Vous avez raison de le rappeler. Il y a 700 000 jeunes qui rentrent sur le marché de l'emploi chaque année. Et là, le plan jeune du gouvernement, c'est de faire en sorte que ces jeunes-là, par la formation, par des mécanismes mis en place pour favoriser les entreprises qui embauchent ces jeunes, faire en sorte que ces jeunes trouvent un emploi. Pourquoi pas ? Sauf que là, aujourd'hui, avec ces 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi, vous avez eu en 2020 plus d'un million d'emplois qui ont été détruits.

Donc ils arrivent dans un contexte, dans une conjoncture économique qui détruit des emplois et qui n'en crée pas pour les accepter. Donc faire des mécanismes incitatifs, ça ne sert absolument à rien à ce moment-là. Donc là, de manière temporaire, il faut soutenir, enfin il faut qu'ils survivent, où on accepte de les laisser comme ça, aller dans les aides alimentaires ou faire n'importe quel emploi, à n'importe quel prix. Et on va se retrouver avec des gens, et c'est déjà le cas, qui ont fait 5 ans d'études ou 4 ans d'études, qui vont travailler dans des McDo. On ne peut pas avoir cet avenir-là pour un jeune.

Donc il faut, pour réarmer justement cette force de travail face aux offres d'emploi et pour faire en sorte qu'elles puissent survivre, leur donner temporairement de l'argent. C'est tout. Par le RSA ? Par le RSA, pour ceux qui n'ont pas d'emploi, même si ce n'est pas encore suffisant. Le RSA, c'est un peu plus de 500 euros. Le seuil de pauvreté, c'est 80% du revenu médian, c'est 1 000 euros. Donc là, ce n'est pas suffisant. Mais c'est déjà mieux que rien. Et cette allocation aussi, destinée aux étudiants, c'est mieux que rien pour qu'ils puissent survivre. Voilà. 400 euros en plus, je pense qu'aujourd'hui, tous les étudiants seraient contents de les avoir.

Enfin, les étudiants tous les cas les plus précaires. Et aujourd'hui, on refuse de faire ça. Parce qu'on dit, si on fait ça, on va les... J'entendais le patron du MEDEF qui disait, vous avez des dizaines de milliers de personnes qui sont jetées dans la précarité. Donc là, je pense que chaque euro compte. Vous voyez ? Et c'est pour ça que le plan de relance, là où j'en veux à la majorité, il a fait un plan marketing, plan de compétitivité en mettant un peu de verre. La question écologique, elle est très importante. Moi, je l'ai toujours défendue. Mais là, aujourd'hui, c'est la fin du monde, tous les soirs, pour un certain nombre des habitants en France.

Donc le plan, en premier lieu, doit être un plan social. Un plan de relance social. Et moi, j'aurais fait un plan en deux temps. Plan de relance social dès qu'on sort de la crise sanitaire. Plan de relance économique et écologique.

10:05
Présentateur

Alors que la priorité devrait être d'investir dans les secteurs des énergies renouvelables, cela ne semble pas être le cas de la Commission européenne avec son projet Hercule, qui préfère investir dans le démantèlement du service public. Ce projet inquiète, notamment parce qu'en Grande-Bretagne, pays érigé en modèle de privatisation du secteur de l'énergie, l'état actuel des choses n'est pas rassurant. J'ai une question, Thomas. Que prévoit exactement le projet Hercule ?

10:28
Invité

Alors, le projet Hercule, pour moi, s'inscrit dans une longue tradition de démantèlement de nos industries en France, défendue par la Commission européenne. Donc là, qu'est-ce qui se passe ? Il faut rappeler que nos énergéticiens, ce sont des monopoles publics à la base, verticalement intégrés. C'est-à-dire qu'ils produisent et distribuent l'énergie. C'est ça au départ. Et vous aviez EDF, GDF, parce qu'au début, les deux étaient ensemble, qui produisaient de l'énergie et puis qui le distribuaient aux Français. Tout ça était intégré. Puis la Commission européenne a dit, ah non, mais monopole et public, ce sont deux choses qui ne vont pas. Il faut que ce soit plutôt la concurrence et du privé.

Donc il faut démanteler ces monopoles publics, ces énergéticiens, avec cette idée que ça profiterait aux consommateurs parce que les prix diminueront. C'était ça, l'idée de départ. Donc on a scindé EDF et GDF, on a mis GDF d'un côté qu'on a quasiment entièrement privatisé, alors qu'on a dit qu'on n'allait jamais le faire. Sarkozy s'était engagé à ne pas le faire.

11:16
Présentateur

On ne viendra pas à la privatisation. C'est clair, simple et net.

11:21
Invité

Il n'y aura pas de privatisation d'EDF, des gaz de France. Puis on avait EDF qu'on a cassé en entité juridique. On a fait en sorte que la production d'énergie se fasse d'un côté et que la distribution se fasse de l'autre. C'est comme ça que ça a commencé. Et là, une partie privée qui s'occupera des énergies renouvelables. Donc on est toujours dans cette même idée qu'il faut créer des entités comme ça homogènes avec une holding et puis à la fin se séparer des entités les plus fragiles ou faire en sorte que ce soit le public qui récupère les plus fragiles ou celles qui ont le plus de dettes et puis celles qui sont les plus rentables iront au privé. C'est toujours comme ça que ça s'est passé.

Alors on dit oui, mais oui, mais c'est très bien que ça se passe comme ça puisque quand le privé gère et qu'il y a de la concurrence, les prix diminuent. Sauf que le bon exemple de la Commission européenne qui était le Royaume-Uni à l'époque qui avait libéralisé à marche forcée ces énergéticiens en cassant ces monopoles publics, les prix ont augmenté. Les prix ont tellement augmenté que même le régulateur anglais a demandé une enquête parce qu'il s'est dit pourquoi les prix ont autant augmenté. Chez nous, la libéralisation qu'on a eue a fait aussi augmenter les prix.

Je veux dire, dans les années 2000, les politiques ont dit allez arrêter les tarifs réglementés de l'énergie, allons sur les prix de marché. Ils ont dit ça, ils ont dit aux gens il faut y aller parce que les prix de marché vont être plus faibles. Alors tu as tous ceux qui croient à la mondialisation et qui regardent trop la télé qui ont été, qui ont dit oui on va aller sur les prix de marché, les prix vont être moins chers. Sauf que les prix ont été plus chers. Donc l'État, on dit on va faire des tarifs réglementés provisoires, on va permettre aux gens qui ont été dans les tarifs de marché de revenir aux tarifs réglementés.

Donc pendant 10 ans, plutôt que de se concentrer sur la transition énergétique, de lutter contre la précarité énergétique, nos hauts fonctionnaires et nos dirigeants ont fait en sorte de boucher les problèmes de la libéralisation des marchés de l'énergie en créant toujours des lois qui permettent en fait de revenir réglementés quand le tarif de marché ne marche pas et ainsi de suite. Donc là il y a un moment où il faut s'interroger sur la finalité de ce projet.

Je veux dire là on est dans l'idéologie claire et nette en se disant que quand on libéralise ça va mieux alors que ça n'a jamais été mieux nulle part et donc la vraie question aujourd'hui qui tourne autour de 2F c'est à partir de quel moment on fait d'une entreprise publique un vecteur de la transition énergétique et pour ça il faut qu'il y ait une vision stratégique, il faut qu'il y ait un État stratège et pour qu'il y ait un État stratège il faut qu'à la tête de l'État il y ait un stratège ce qui est loin d'être le cas donc ça c'est une vraie question parce qu'aujourd'hui l'État ne fait rien dans l'EDF il est juste actionnaire mais c'est un État pantouflard qui récupère son pognon.

Là-dessus je pense qu'il faut s'opposer le projet Hercule c'est un projet qui date des années 90 en réalité dans son fonctionnement donc il faut s'y opposer il faut s'y opposer et il faut défendre un service public de l'énergie qui s'oriente sur la transition énergétique et sur la précarité énergétique. Or aujourd'hui le seul but de Hercule c'est de casser ce monopole public et d'en faire une entreprise qui ressemble le plus à une entreprise de l'économie de marché même si l'efficacité n'a pas été prouvée.

14:00
Présentateur

On peut imaginer que les citoyens demandent un référendum sur le démantèlement d'EDF ?

14:05
Invité

Je pense que ce serait une bonne chose et moi je pense quand même il faut aller plus loin il faudrait à un moment bien encadrer que ça ne ressemble pas au débat de la convention climat qui était plus ou moins organisée mais demander aux citoyens quel avenir ils veulent sur l'énergie et à quel prix mais de manière réelle pour qu'ils tranchent. Vous savez 75% de l'électricité en France c'est du nucléaire. Nos réacteurs arrivent à 40 ans dans les années 2030 à peu près. Là on a le droit de les faire vivre 10 ans de plus avec un coût qui se chiffre en milliards mais 10 ans plus tard on devra se poser encore la question du démantèlement.

Donc cette question ne doit pas être que technocratique elle doit être aussi posée aux citoyens. Est-ce que vous voulez garder du nucléaire avec le coût que ça peut avoir ou même les risques que ça peut avoir ou est-ce que vous voulez passer au renouvelable avec d'autres coûts et aussi d'autres risques des notes in my backyard je ne veux pas dans mon jardin avoir une éolienne et ainsi de suite mais il va falloir poser ce débat parce que là on arrive vraiment à un carrefour de décision. Est-ce qu'on continue dans le nucléaire ou est-ce qu'on change de voie ?

14:58
Présentateur

Le débat fait rage à droite comme à gauche faut-il rembourser la dette ? Nous avons reçu récemment Nicolas Dufresne initiateur d'une tribune demandant son annulation en tout cas la part détenue par la Banque Centrale Européenne. De nombreuses personnalités politiques avaient déjà évoqué cette éventualité et c'est désormais au tour de Marine Le Pen de surgir dans le débat via un entretien accordé à l'opinion. Regardons un petit extrait.

15:21
Locuteur non identifié

Marine Le Pen prend position dans le débat contre l'annulation de la dette publique avec deux arguments. D'abord l'argument de souveraineté. Elle considère que qui paye ses dettes s'enrichit. Autrement dit elle estime que la France doit rembourser ses dettes pour ne pas dépendre de ses créanciers internationaux. Et puis deuxième argument très nouveau chez elle l'argument moral. La France a non seulement intérêt mais elle a aussi le devoir de rembourser parce qu'elle a donné sa parole. C'est ce qu'elle expose dans sa tribune. Et ça c'est une conception qu'on entend plutôt dans les partis libéraux d'Europe du Nord et d'Allemagne. C'est extrêmement nouveau au Rassemblement National.

D'où la surprise que suscite ce revirement.

16:00
Présentateur

Thomas, que faut-il penser de cette sortie de Marine Le Pen et faut-il ou pas annuler la dette ?

16:06
Invité

Alors il faut déjà rappeler d'où vient le Front National parce que sur la question économique je crois que la seule constante qu'a eu ce parti c'est le combat contre l'immigration et j'irais même plus loin le combat contre une partie de français qui aurait des origines étrangères. C'est la seule constante qu'ils ont en réalité. Sur l'économique au début ils étaient plutôt sur la ligne Reagan-Thatcher et puis après comme une partie de la gauche a théorisé l'abandon des classes populaires via Terra Nova il ne faut jamais l'oublier Jospin il a eu beaucoup de mal à prononcer le mot ouvrier.

Peut-être que dans ses années jeunes il l'a prononcé mais là quand il était en tous les cas à la présidentielle 2002 il l'a très peu prononcé. Et donc quand ils ont abandonné les classes populaires Marine Le Pen par pure ambition électorale a été rechercher les classes populaires en reprenant une grosse partie des idées de la gauche notamment sur le protectionnisme la critique de l'Union Européenne et la critique du libre-échange qui avait été complètement abandonnée par une partie de la gauche et qui revient aujourd'hui dans le débat clairement. Donc voilà ce qui s'est passé.

Et là Marine Le Pen qui était qui était vent debout en 2017 contre l'euro et d'ailleurs qui s'est pris les pieds dans le tapis au débat elle a vu qu'elle ne maîtrisait pas trop ça là elle revient sur une ligne mainstream c'est la ligne du grand patronat c'est la ligne libérale c'est la ligne de droite voilà il faut rembourser la dette et vous regardez toute l'extrême droite européenne a fait ça Salvini il était vent debout contre vous vous souvenez contre l'euro contre l'Europe vent debout dès qu'il a été au gouvernement il ne pouvait rien faire il avait très peur donc il s'en est pris à l'immigration très fortement et puis aujourd'hui il vote la confiance à Draghi qu'il a critiqué tout le temps qui est le plus grand pro européen de la terre donc voilà quoi donc Marine Le Pen ce sera ça là aujourd'hui elle veut rester dans l'euro l'Europe va bien tout va bien mais on va taper fort sur l'immigration et les gens qui sont français mais d'origine étrangère donc elle va faire ça donc je pense qu'elle a voulu montrer maintenant qu'économiquement le grand patronat les dirigeants peuvent être tranquilles et les mainstream et moi je pense que la dette aujourd'hui d'une fois que ce débat là aura on va dire ruisselé via les éditos médiatiques intellectuels parisiens la perception du public risque d'en être dangereuse et je le vois déjà aujourd'hui c'est que pour le public aujourd'hui il ne s'agit plus d'annuler une partie de la dette de l'ABC il s'agit d'annuler la dette donc déjà le débat a été transformé transposé et ça ça risque d'enfermer encore une fois on va dire la gauche dans cette position utopiste machin etc alors non seulement ça ne répond pas à l'urgence moi je trouve aujourd'hui qui est basé sur la relance et deuxièmement ça télescope des débats très compliqués qui risquent d'être mal perçus par le public

18:30
Présentateur

c'est la fin de cette édition spéciale de notre émission l'instant écho si elle vous a plu n'hésitez pas à la partager sur vos réseaux sociaux pour soutenir le média devenez sociaux faites un don au média et à bientôt

18:41
Invité

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18:58
Locuteur

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