Face-à-Face : Jordan Bardella - 23/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC BFM TV. Bonjour Jordan Bardellard. Vous êtes président du Rassemblement National, mais pour l'instant pas intérim. Et vous espérez l'être pour de bon, puisque vous êtes candidat à la présidence du RN face à Louis Alliot et pour prendre la succession officielle de Marine Le Pen. On va revenir dans un instant sur la crise énergétique, sur les retraites. On devrait savoir un peu plus aujourd'hui sur la manière dont cette réforme pourrait arriver. Mais je voudrais d'abord vous interroger sur ce qui se passe en Ukraine. À partir d'aujourd'hui, ce référendum fantoche, il n'y aura pas d'urne, il n'y aura pas d'isoloir.
C'est un simulacre.
Oui, c'est un simulacre. Je pense que Vladimir Poutine cherche à légitimer l'agression de l'Ukraine en utilisant la démocratie, en utilisant des référendums qui sont parfaitement illégitimes. On ne peut pas concevoir qu'il y ait un référendum quand le sang est en train de couler. Et quand, en vérité, Poutine a probablement sous-estimé la résistance ukrainienne et la résistance des Ukrainiens.
Et notre résistance à nous ? Quand il nous désigne, Vladimir Poutine, comme l'ennemi, disant qu'il fait en réalité plus la guerre à l'Occident qu'à l'Ukraine, est-ce que vous vous dites aujourd'hui, nous avons été un peu aveugles, nous avons pensé que nous pourrions avoir presque une relation d'amitié avec Vladimir Poutine ?
Non, je ne le crois pas, parce qu'en vérité, personne, si on est très honnête, dans la classe politique française, internationale, européenne, et même d'ailleurs le président ukrainien, ne pensait que Vladimir Poutine irait jusqu'à l'invasion de l'Ukraine. Quelques jours encore avant, d'ailleurs, le président Zelensky doutait la capacité de la Russie à envahir l'Ukraine. Je pense que les déclarations de Vladimir Poutine et du président russe sont un aveu de faiblesse et un aveu d'impuissance. Je pense qu'Emmanuel Macron a cherché à maintenir un lien diplomatique, une pression diplomatique jusqu'au bout avec la Russie. Je pense qu'il a eu raison de le faire.
On a été extrêmement réticents sur les livraisons d'armes offensives. On peut livrer du matériel défensif, mais sur les livraisons d'armes offensives, parce qu'à partir du moment...
Et vous êtes toujours réticents à cela ?
Oui, je le suis pour une raison très simple. Parce qu'à partir du moment où la France se met à livrer des armes dans un conflit armé, elle se place de facto en position de co-belligérant. On est là face à une puissance, la Russie qui est une puissance nucléaire. La France est une puissance nucléaire. Or que deux puissances nucléaires se fassent la guerre, entrent en guerre directement, posent un certain nombre de périls. Et je pense qu'à partir du moment où on se met dans cette philosophie-là, il faut solliciter l'avis du peuple français et avoir un débat à l'Assemblée nationale.
Ça veut dire que vous, aux manettes, vous n'auriez pas envoyé d'armes pour soutenir les Ukrains ?
Pour l'instant, les armes qui sont envoyées sont des armes défensives. Ce sont des matériels défensifs. On joue un peu sur les mots.
Honnêtement, le canon César...
Vous avez raison, mais la France est extrêmement prudente en la matière. Et si vous voulez, nous, on n'est pas là pour étaler notre science ou pour essayer d'entraver le travail de la diplomatie française. En période de guerre, je pense qu'il y a une forme d'unité qui est nécessaire derrière le chemin.
Vous diriez toujours, comme Marine Le Pen lors de son discours de rentrée à Agde, que les sanctions sont à la fois inappropriées et irréfléchies ?
Les sanctions énergétiques, oui. Je veux dire, on a du recul aujourd'hui. Il y a des sanctions qui fonctionnent sur la Russie. C'est vrai que les sanctions sur les semi-conducteurs, les sanctions bancaires, les sanctions contre les oligarques. Et on a voté un certain nombre de ces sanctions, notamment au Parlement européen, sur la fin, par exemple, du projet Nord Stream 2. Parce que je rappelle que ceux qui ont relié l'Europe et la Russie, ce n'est pas le Rassemblement national.
Ce sont les gens qui sont au pouvoir depuis 30 ans, qu'on fait Nord Stream 1 et Nord Stream 2 et qu'on reliait la Russie avec des gazoducs et qui nous ont même mis dans une situation de dépendance énergétique à son égard. Deuxièmement, les sanctions énergétiques, aujourd'hui, ne fonctionnent pas. Je veux dire, c'est un fait. 40% d'augmentation des revenus d'hydrocarbures de la Russie depuis l'an dernier. Elle vend moins de pétrole, mais elle vend du pétrole plus cher. Deuxièmement, elle a multiplié ses excédents commerciaux par deux. Et on voit bien aujourd'hui que tout cela est d'une hypocrisie totale.
Parce qu'en réalité, les Français doivent savoir qu'on n'achète plus du pétrole à la Russie, mais on achète du pétrole russe qui transite par l'Inde ou l'Arabie saoudite et qui nous est revendue beaucoup plus cher. La vraie question, c'est notre indépendance énergétique. Et je n'occupe en la matière que les choix qui ont été faits par Emmanuel Macron ont été absolument calamités, notamment sur l'affaissement du nucléaire et la fermeture de Fessenheim, l'abandon d'Astrid, la vente de nos turbines aux Américains, la faiblesse du nombre d'investissements dans le nucléaire ont entraîné aujourd'hui une situation de dépendance de la France.
Et j'entendais l'autre jour, à votre antenne sur RMC, un spécialiste expliquer que la baisse du nucléaire, c'est à la fois la hausse des factures et la hausse des coupures. C'est exactement cela.
Je pense que vous parliez de Jean-Marc, Jean Colissy. Exactement. Restons sur ce point de l'énergie, Jordan Bardella. Quand on parle aujourd'hui de sobriété et de réponses, en effet, pour accélérer la production d'énergie, on a Emmanuel Macron qui hier a été inauguré le plus grand parc offshore au large de Saint-Nazaire d'éoliennes. Ça, avec vous, c'est non ?
Parce qu'on sait que l'éolien, si vous voulez, est absolument inefficace. C'est-à-dire que d'abord, l'éolien, dans la part générale de la production d'électricité, est extrêmement faible. Or, on sait aujourd'hui qu'un quart du temps, les éoliennes tournent à vide et l'énergie ne se stocke pas. Donc, on sait que ce qu'on appelle les énergies interminentes ne sont pas des sources d'énergie qui sont pérennes. En vérité, quand on parle de transition énergétique, mais la France a fait sa transition énergétique, ça s'appelle le nucléaire. C'est le nucléaire qui, du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy, dans une forme de consensus...
Donc, on ne change rien. On ne fait que du nucléaire.
Non, je pense qu'il y a des investissements... D'ailleurs, je crois que l'une des raisons aussi pour lesquelles Nicolas Hulot avait quitté le gouvernement, il dénonçait la faiblesse d'investissement dans l'hydrogène. Il y a des énergies alternatives à trouver. Il y a tout un tas d'investissements à faire. Mais le nucléaire est ce qui garantissait à la France une énergie propre, une énergie peu chère et surtout une énergie décarbonée.
Parce que quand on parle du réchauffement climatique aujourd'hui, permettez-moi de vous rappeler que la responsabilité de la France aujourd'hui, dans ce qui est avéré, c'est-à-dire le réchauffement climatique, quoi qu'on en dise, la France, c'est 0,9% des émissions de CO2 dans le monde. La Chine, c'est 22%. Les États-Unis, c'est 15%. Donc, c'est un atout français à préserver. Et il faut aussi, évidemment, voir le débat sur le pillage d'EDF.
Il faut savoir aujourd'hui qu'il y a un pillage qui est rendu légal, ce qu'on appelle la règle de l'AREN, qui fait aujourd'hui qu'EDF est contrainte, depuis son ouverture à la concurrence, la soumission aux règles européennes, de vendre un quart de sa production d'électricité à ses concurrents, c'est-à-dire à des fournisseurs privés, qui se contentent de récupérer les productions d'EDF et de les revendre beaucoup plus cher. Or, tout ça a organisé l'effondrement du pillage d'EDF.
Soyons très honnêtes, il y a deux points. D'abord, en effet, le gouvernement lui-même dit, depuis quelques mois, qu'il va œuvrer à pouvoir décorréler ces tarifs. Vous n'avez pas l'air de les croire, vous ?
Absolument pas, parce que ça fait maintenant un an qu'on nous explique qu'on va réformer le marché européen de l'électricité et qu'on va décorréler les prix de l'électricité de ceux du gaz. Or, aujourd'hui, il y a en Europe des pays comme l'Espagne, comme le Portugal, qui sont sortis de ce marché européen de l'électricité et qui, sur les six prochains mois, projettent une baisse de 30 à 40% de leur prix d'énergie. Donc, on peut faire, je dis juste, que la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui est de l'entière responsabilité d'Emmanuel Macron.
Donc, quand on appelle les Français à la sobriété aujourd'hui, vous estimez qu'en fait...
C'est très hypocrite, parce qu'Emmanuel Macron est responsable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Quand on cherche à expliquer aux Français que la crise de l'énergie est liée à la guerre, c'est un mensonge. L'inflation sur l'énergie, comme notre dépendance énergétique, elle a commencé bien avant la guerre en Ukraine et les situations de pénurie que nous connaissons aujourd'hui et que nous allons connaître cet hiver sont intégralement dues aux choix politiques qui ont été faits par Emmanuel Macron.
Il n'y a rien à voir avec la guerre ?
Il y a à voir avec un contexte international qui fait que, par des sanctions qui ont été absurdes et irréfléchies, on se met aujourd'hui entre les mains de la Russie...
Donc, ce que vous voulez dire, c'est qu'indirectement, ça a provoqué une forme d'inflation ?
Je dis que ce n'est pas Vladimir Poutine, si vous voulez, et d'ailleurs, c'était le sens de mon intervention au Parlement européen face à la preuve de la Commission la semaine dernière, ce n'est pas Vladimir Poutine qui a obligé Emmanuel Macron à vendre nos turbines à Général Électrique. Vous voyez, ce n'est pas Vladimir Poutine qui a fait fermer Fessenheim. Donc, si vous voulez, la guerre n'est pas en cause dans les choix politiques qui ont été faits par Emmanuel Macron. Il y a une guerre, elle est grave. Il faut que des sanctions soient prises et continuent d'être prises quand elles fonctionnent.
Il faut arrêter de s'infliger des sanctions où on se tire une balle dans le pied, qui enrichissent la machine de guerre russe.
Est-ce qu'il faudrait rouvrir d'urgence les réacteurs, même ceux qui y sont quand même en maintenance ?
Et vous voyez que la fermeture des centrales nucléaires, je vous rappelle aujourd'hui qu'on a 55%, merci François Hollande, merci Emmanuel Macron, du parc nucléaire français, qui est à l'arrêt à cause des sous-investissements qui ont été faits dans le nucléaire. J'ai juste que le nucléaire, c'est un atout pour la compétitivité des entreprises. C'est un atout pour le pouvoir d'achat des Français qui nous permettait d'avoir en Europe l'énergie la moins chère.
C'est un atout pour la souveraineté de la France, or aujourd'hui tout cela a été détruit et nous proposons notamment nous la création d'une trentaine de réacteurs à la fois EPR1 et EPR2 à l'horizon 2040, mais parce que l'énergie c'est le temps long. Or on s'aperçoit aujourd'hui que Mme Bande comme M. Macron, qui se félicitaient de la fermeture de Fessenheim, sont obligés en urgence de rouvrir des centrales à charbon et notamment celles de Saint-Avold en Moselle. Et même pire d'ailleurs, on vend du gaz à l'Allemagne. C'est-à-dire que vous voyez où on va aujourd'hui...
Mais c'est une forme d'échange. Ça ne vous plaît pas ça ?
Ah d'accord. Il y a une forme de solidarité. Non mais voilà, donc vous voyez bien...
Non mais on vend, mais ils nous vendent aussi.
D'accord. Pas non plus que vous racontiez que la moitié de l'histoire. Non mais on va raconter la totalité de l'histoire. Donc on ferme Fessenheim pour faire plaisir aux écologistes et on rachète de l'énergie à l'Allemagne tout en leur vendant du gaz, énergie qui est produite à base de charbon parce que la conséquence du suivisme des écolos fous et des écolos doctrinaires en Allemagne a abouti au sabotage total de la filière nucléaire allemande et à la réouverture de centrales à charbon beaucoup plus polluantes. Merci les Verts.
Merci les Verts. Tiens, je voulais vous interroger mais je pensais le faire plus tard mais puisque vous parlez des Verts à l'instant. Il n'y a pas de problème de violence sexuelle et sexiste au RN ?
A ma connaissance, non. Et si j'en ai connaissance, j'inciterai en tant que président du Rassemblement national à ce que les victimes aillent porter ces témoignages devant la justice. Parce que ce qui m'étonne un peu à gauche, c'est la volonté pour les partis de dissimuler ces affaires dans des commissions qui sont extrêmement bidons. Vous vous rappelez de l'affaire Tahabouaf où en fait tout le monde savait à la France insoumise et on a cherché à dissimuler l'affaire sous le tapis. Mme Autain était parfaitement au courant, ça a été reconnu et on a cherché à expliquer que M. Tahabouaf avait démissionné parce qu'il était sois dans la cible des attaques de l'extrême droite.
C'est la gauche, faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais. Parce que ça fait des années que cette gauche-là donne des leçons de morale et qu'elle se positionne en redresseur de tort à l'égard de la terre entière et on s'aperçoit aujourd'hui qu'elle est concernée par ces affaires. Et ce qui m'étonne d'ailleurs, c'est que pour cette gauche-là, à chaque fois qu'il y a une suspicion, la moindre suspicion, sur tout autre responsable politique qui n'est pas de gauche, il faut forcément que ça entraîne une démission. Avant même la moindre enquête, avant même la moindre interrogation, avant même la moindre écoute de témoignages, c'est forcément une démission.
Et là, vous vous dites, Julien Capnin, Julien Bayou... Et il reste en poste, il n'y a pas de problème. Je trouve ça extrêmement hypocrite.
Mais vous, vous vous dites, il ne devrait pas rester en poste ?
Moi, je pense que... D'abord, on n'a pas à faire l'éloge de la culpabilité. Parce que... C'est quand même perturbant. C'est la réaction de Jean-Luc Mélenchon, qui est indigne. C'est-à-dire qu'on nous parle de quelqu'un qui avoue avoir commis des violences conjugales.
Qui reconnaît l'avoir fait, oui. La première réaction de M. Mélenchon, c'est...
Alors, je l'ai noté parce que c'est tellement, si vous voulez, exceptionnel. Donc, son tweet, c'est « Dignité, courage, confiance, affection ». Il n'y a pas un seul mot pour la victime. Il est remis quelques heures, plus tard. Non, mais écoutez, imaginez qu'une telle affaire soit venue des Républicains ou du Rassemblement National. Mais toute la gauche aurait manifesté devant l'Assemblée Nationale pour exiger la démission des gens qui sont concernés. Donc, je pense que ces affaires-là doivent être portées devant la justice.
Mais quand vous dites « portées devant la justice », je comprends bien que vous, vous estimez qu'en fait, ce n'est pas aux partis de faire justice eux-mêmes et dans ce que vous appelez une forme de commission bidon. Mais cela dit, au RN, vous n'avez pas de cellules d'écoute comme celles qu'ils ont mises en place. Si, d'aventure, je ne vous le souhaite pas évidemment, puisque dans tous les partis, c'est une catastrophe, si d'aventure vous découvriez, et si d'aventure il y avait quelqu'un chez vous qui avait ce genre d'attitude, qu'est-ce qui se passerait ?
Eh bien, je...
Il irait voir qui ? Si quelqu'un avait connaissance de ça, il ferait quoi ?
Non, mais d'abord, je pense que dans une telle affaire, vous vous confiez beaucoup plus facilement à des gens qui vous sont proches et probablement à des individualités que vous connaissez au sein du mouvement, au sein de votre entreprise, au sein de votre organisation humaine.
Et dans ce cas-là, qu'est-ce que vous dites à ceux qui auraient connaissance de ça ?
Devant une commission dont, si ça se passe au sein du parti, il y a quand même une très grande problématique, les membres de cette commission connaissent à la fois la victime et celui qui est potentiellement agresseur. Eh bien, j'incite à aller devant la justice. Ce n'est pas au parti politique de se faire justice en interne, parce que bien souvent, ces histoires de justice interne,
l'article 40, quand on a connaissance,
eh bien, il faut porter cela devant la justice, et c'est à la justice de faire son travail, et certainement pas au parti politique, mais c'est une forme de naufrage morale de la gauche, et dans ce drame-là, ça fait sourire beaucoup de gens qui nous écoutent ce matin, et qui disent « mais ces gens-là passent leur temps à donner des leçons à la terre entière, et en fait, ont été pris la main dans le sac. »
Les retraites, c'est aujourd'hui qu'Elisabeth Borne et Emmanuel Macron, autour d'un déjeuner, devraient décider de la méthode, c'est-à-dire, est-ce qu'ils tentent de faire passer cette réforme des retraites dans le budget pour utiliser aussi peut-être le 49-3, ou est-ce que ce sera sous forme d'une loi à proprement parler ? S'ils maintiennent l'idée, qui est encore sur la table au moment où on se parle, de faire cette réforme via le budget ? Ce sera un nom catégorique ?
La nouvelle méthode d'Emmanuel Macron, elle a duré deux mois. C'est-à-dire que ça devait être la concertation, on va associer, etc. Puis maintenant, on nous parle de faire passer la réforme des retraites, c'est-à-dire juste l'une des réformes de société les plus importantes de la décennie, qui a été promise par Emmanuel Macron en 2017, dans un amendement au projet de loi de finances de la sécurité sociale. On ne peut pas trancher ce qui n'est pas un choix comptable, mais un choix de société dans un amendement à l'Assemblée nationale. Ça exige un vrai débat.
Il y a des sondages qui ont été faits, 70%, 71% des Français qui nous écoutent ce matin sont opposés au report de l'âge légal de la retraite. La vérité, c'est qu'on cherche aujourd'hui à faire des économies. Or, la retraite, ce n'est pas de la compta. C'est une vision qu'on a de l'homme. C'est un choix qu'on a de la société. Le rapport du Conseil d'orientation des retraites, il nous dit deux choses. Premièrement, il nous dit que le système des retraites est excédentaire sur l'année 2021 et 2022.
Il dit aussi que sa stabilité n'est pas menacée,
mais je l'ai lu jusqu'au bout, et la stabilité du système des retraites n'est pas menacée à l'horizon de 2070.
Mais qu'il sera à nouveau en débit dès l'année prochaine.
On parle d'un débit de 0,5% du PIB, c'est-à-dire grosso modo 10 milliards.
Et à nouveau à l'équilibre aux alentours entre 2030 et 2050.
Exactement. Donc, on parle d'un déficit de 9 à 10 milliards d'euros. Est-ce qu'on est prêt, oui ou non, chaque année à débourser 9 à 10 milliards d'euros pour permettre aux Français de partir en retraite à un âge qui soit un âge de départ digne ?
C'est quoi un âge de départ digne ?
Nous nous défendons un système de retraite où tous ceux qui ont commencé à travailler entre 17 et 20 ans peuvent partir à 60 ans et 40 à nuitée pleine. Parce que madame, quand vous avez commencé à travailler avant 20 ans, bien souvent c'est un métier difficile, c'est un travail de force, c'est un travail que vous exercez dans des conditions qui ne sont pas les nôtres. où nous avons la chance de pouvoir travailler dans des bureaux qui sont climatisés pendant l'été, qui sont chauffés en hiver, il y a beaucoup de Français qui nous écoutent qui n'ont pas cette chance-là.
Or, je pense que cette France-là, cette France qui travaille dur et qui se lève tôt, elle a le droit de partir à la retraite en bonne santé et pouvoir arriver, si vous voulez, à un âge où on n'a pas le dos cassé, on n'a pas les bras cassés et on peut profiter un temps soit peu de sa famille et de ses proches en bonne santé. Et au-delà de 20 ans, nous pensons qu'il doit y avoir, si vous voulez, une forme de modulation qui va jusqu'à 62 ans et c'est tout. Et c'est tout.
Parmi les lois qui vont arriver à l'automne, il y a celle sur l'immigration. Emmanuel Macron estime que le système ne fonctionne pas, qu'il faut accueillir peut-être moins, mais mieux. Et dans ce qu'il appelle mieux, il y a notamment l'idée d'une meilleure répartition des personnes qui obtiendraient l'asile sur l'ensemble du territoire et notamment dans les territoires ruraux.
Mais c'est extrêmement intéressant parce que les Français qui nous écoutent ce matin doivent donc savoir qu'ils ont à la tête de l'État un président de la République qui souhaite exporter les problèmes des banlieues et donc qui souhaite exporter la Seine-Saint-Denis et la Porte de la Chapelle dans les campagnes françaises. Dans les campagnes françaises où il y a déjà beaucoup de Français, beaucoup de nos concitoyens qui sont partis s'y installer justement pour retrouver un bout de France et pour fuir la situation absolument invivable d'innombrables banlieues aujourd'hui. Ah non, moi je l'ai dit, plutôt que de les répartir, je pense qu'il faut les faire repartir.
Et je pense qu'il faut, début 2023, organiser en France un grand référendum sur l'immigration. Parce que les Français ont le droit de se prononcer. La politique d'immigration, voulez-vous continuer d'accueillir 450 000 personnes chaque année comme c'est le cas avec Emmanuel Macron ? Sans parler des 900 000 clandestins. Parce qu'elle est là la réalité. On impose aux Français une immigration massive depuis des années qui change profondément le visage de nos territoires. Mais on a aussi des témoignages.
J'ai eu un témoignage sur RMC il y a deux jours d'un homme qui est arrivé il y a 15 ans qui a d'abord obtenu immédiatement comme tout le monde un logement en Seine-Saint-Denis et il dit je n'ai voulu qu'une chose, c'est m'échapper. Et aujourd'hui, il est à ta tête d'une entreprise, il est propriétaire de trois établissements parce qu'il est sorti de ce ghetto.
Mais madame, il y aura toujours des histoires louables. Il y aura toujours des trajectoires louables.
Heureusement qu'il est arrivé en France.
Mais le général de Gaulle disait on assimile des individus, on n'assimile pas des peuples. Or aujourd'hui, quand vous avez l'équivalent de deux fois la ville de Bordeaux de manière légale, 900 000 clandestins d'après Patrick Stéphanini, la situation migratoire est hors de contrôle. Vous avez vu l'affaire du Stade de France, pardon, je veux dire, on est vite passé sur cette affaire avec la responsabilité très lourde du ministre de l'Intérieur. On a vu toutes les cités de Seine-Saint-Denis, notamment la Cédé-François-Moisin, les gens de la Porte de la Chapelle, venir piller les supporters anglais. En vérité, pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron veut répartir l'immigration dans les campagnes ?
Parce qu'il veut planquer la poussière sous le tapis en prévision des Jeux Olympiques 2024 et qu'il sait très bien que compte tenu des lieux vont se dérouler les JO 2024, c'est-à-dire dans mon département en Seine-Saint-Denis, dans des territoires qui sont complètement hors de contrôle. On sait très bien qu'on va risquer des incidents. Pour vous,
c'est une forme de réponse à ce qui s'est passé au Stade de France ?
Oui, je pense qu'on cherche à dissimuler la poussière sous le tapis avant les JO 2024 et je pense qu'on ne réglera pas les problèmes de la ruralité, les problèmes très graves de désertification de la ruralité en y installant des familles afghanes. Parce que je pense qu'aujourd'hui, les Français ne souhaitent pas cette immigration. Est-ce que les Français qui nous écoutent aujourd'hui qui habitent dans des territoires qui sont préservés, souhaitent voir des mini-portes de la Chapelle ou des mini-sets de Saint-Denis s'installer sur leur territoire ? Je ne le crois pas. Or, nous sommes les seuls aujourd'hui au Rassemblement National à proposer aux Français de reprendre le contrôle.
Nous sommes les seuls à proposer le traitement de l'asile dans les pays de départ, d'arrêter d'avoir un système social qui fait qu'on prend aujourd'hui en charge l'intégralité des soins, de la scolarité des gens qui viennent dans notre pays sans jamais avoir cotisé ? Regardez, on parlait des retraites. Aujourd'hui, vous arrivez en France, vous êtes étranger, vous avez plus de 65 ans sans jamais avoir cotisé, vous bénéfiez de 750 euros de retraite. C'est parfois deux fois plus que ce que gagnent des retraités qui vivent avec 8 euros par jour en France et qui n'arrivent plus à se chauffer ou à se soigner.
Donc, si Emmanuel Macron veut mettre fin à l'abondance, moi, je lui propose de réserver les aides sociales aux Français et croyez-moi, les 12 milliards d'euros qui vont...
Fin à l'abondance pour vous, c'est de l'abondance 750 euros pour un retraité étranger en France ?
C'est en tout cas une forme d'injustice et puisqu'on cherche 10 milliards pour les retraites, moi, je lui propose de réserver les aides sociales aux Français, d'instaurer la priorité nationale et croyez-moi que ces 12 milliards, il va les récupérer.
Le Qatar, on y va, on n'y va pas ?
Écoutez, maintenant, on y va. Je veux dire, à un moment donné, le problème aujourd'hui, c'est la mise devant le fait accompli. Que ce soit sur l'énergie ou sur le Qatar, on nous pousse dans le vide et puis on nous dit ensuite maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? La vérité, c'est que cette Coupe du Monde n'aurait jamais dû avoir lieu les meilleurs relations du monde avec le Qatar, c'est d'une hypocrisie totale. En vérité, il y a eu dans ces chantiers des milliers de morts sur les chantiers de la Coupe du Monde et évidemment que nous n'aurions pas dû aller mais encore une fois, c'est ce qu'on appelle la mise devant le fait accompli.
Vous ne l'auriez pas choisi mais désormais, vous dites, on y va. Jordan Bardella, merci d'avoir été mon invité ce matin sur RMC BFM TV.
Jordan Bardella