"Adopte un Premier Ministre" : au cœur des consultations "bidon" de Macron | Nils Wilcke
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Comme l'indique le nom de l'émission, les indiscrets de Nice-Villeque nous emmènent dans les coulisses de la politique telle qu'elle se fait, vraiment au-delà des éléments du langage et du marketing politique. Au sommaire, la rencontre tant attendue et forcément polysémique entre Macron et le NFP, qui a en quelque sorte imposé Lucie Casté, sa candidate à Matignon comme chef de délégation, et le dernier sale coup de la très macroniste et aussi, surtout, très opportuniste, Aurore Berger. Salut Nils ! Salut Théo, salut à tous !
Alors, c'est la fin des vacances et peut-être aussi du déni et de la hype des JO pour Emmanuel Macron, qui a embrassé plus souvent qu'à son tour nos sportifs ces dernières semaines pour éviter de faire face à ses propres problèmes.
Oui, en effet Théo, c'est ce retour à la réalité, à la dure réalité pour le Président, qui va devoir enfin nommer un nouveau Premier ministre. Donc, il est à peine rentré du fort de Brégançon vendredi, qu'il reçoit les chefs des différents partis politiques et les présidents des groupes parlementaires à l'Élysée. Donc, c'était ce matin, à partir de 10h30 dans le salon Murat à l'Élysée. Alors, il y a une sorte de dramatisation, tu sais, dans la communication de l'Élysée. C'est une échéance importante, me dit l'un de ses interlocuteurs réguliers. Le Président va demander aux chefs de parti à quoi ils sont prêts à faire comme concession pour éventuellement participer à un gouvernement.
Alors, bon, il y a une forme de scénographie là-dedans. En fait, tout ça est bidon, me souffle l'un de ses anciens conseillers. Macron cherche seulement un nom qui lui permette de conserver le pouvoir. Et donc, ce vendredi, au moment où on enregistre l'émission, la gauche est chaude bouillante. Roussel évoque un coup d'État. Marine Tondelier continue de marteler qu'il n'y a pas de plan B à lui s'y caster. Bon part pour LFI brandit la menace de destitution du Président qui a été présenté cette semaine. Et donc, ils sont tous arrivés en ordre de bataille à l'Élysée. Alors, c'est assez amusant pour l'info.
Les téléphones ont été confisqués au chef du nouveau Front populaire qui rencontre le Président. Et puis, l'Élysée a aussi limité l'accès aux équipes qui accompagnent les participants, leurs collaborateurs. On ne peut pas dire que ça respire la sérénité. On peut dire même que Macron est un petit peu fébrile.
En plus, il y a un problème. Manifestement, tout le monde au NFP ne semble pas voir qu'il y a ce problème qui demeure, malgré les astuces de séduction d'Emmanuel Macron. Mais il ne veut absolument pas de Lucie Casté à Matignon.
Oui, alors, officiellement, l'Élysée explique qu'elle ne répond pas aux critères de stabilité, puisqu'en proposant un gouvernement avec la participation de la France insoumise, elle se ferait renverser par une motion de censure, comme s'est fait un plaisir d'ailleurs de le rappeler Aurore Berger pour la Macronie sur France Inter jeudi.
J'entends la fable qui veut nous être racontée par le nouveau Front populaire. Nommez demain quelqu'un issu du nouveau Front populaire. Sachant deux critères. Un, qu'ils disent aujourd'hui que les membres de la France insoumise seraient des membres du gouvernement. C'est s'exposer à une censure immédiate. Le Bloc central l'a dit, la droite l'a dit. Donc, ils savent qu'ils ne tiennent pas plus de 24 heures en ayant des membres de la France insoumise en leur sein. Et en plus, ils ne peuvent pas revendiquer la victoire. Encore une fois, je me souviens, il y a trois mois, ils nous disaient illégitimes quand on était 250 députés dans le Bloc central. Ils sont aujourd'hui 193.
Ils disent qu'ils ont gagné. En l'occurrence, ils sont les plus nombreux. Oui, mais ils n'ont pas de majorité. Et ils nous disaient illégitimes quand nous étions 250. Ils sont 193. Vous voyez bien quand même le paradoxe.
Et donc, à gauche, qui passe en premier ce matin, forte quand même de sa première position législative, qu'on a tendance à l'oublier. On se demande notamment au Parti socialiste si la France insoumise pourrait faire comme le PC l'avait fait avec le Front populaire en 1936, c'est-à-dire soutenir un gouvernement de gauche sans y participer. Et c'est le rêve notamment des socialistes pro-Hollande et anti-LFI. Alors, j'ai quand même demandé au Parti des Insoumises ce qu'ils en pensaient. C'est un niet catégorique. De toute façon, ce n'est pas le choix de Lucie Casté. Elle l'a dit depuis le début qu'elle veut gouverner avec toutes les composantes.
C'est ce que m'a expliqué le député Adrien Clouet ce matin pour LFI. Et puis, il me dit si on fait une élection, c'est quoi le but ? Est-ce qu'on est là pour permettre à Macron de composer tranquillement son gouvernement ? Soit on peut s'imposer dans un rapport de force, mais autrement, on n'a aucun intérêt de se faire l'écho des volontés de Macron. Et écoutez Manon Aubry, l'eurodéputée à LFI. Elle ne dit pas autre chose ce matin. C'était sur France Info.
Si nous allons à Matignon, ce n'est pas pour faire de la figuration. Si nous allons à Matignon, c'est pour gouverner, c'est pour changer la vie des gens. Et j'ai un scoop pour vous. On est prêts ? On est prêts ? S'il faut faire un budget dans les semaines qui viennent, on est prêts. On l'a sous le coude. S'il faut faire un certain nombre de réformes dans l'éducation, dans la santé, on est prêts. Maintenant, il est temps que le président de la République sorte de sa tour dorée, arrête de penser qu'il est le seul à gouverner le pays, tienne compte enfin des élections qu'il a lui-même souhaitées, lui-même voulues, et qu'il en prenne bonne note, et qu'il nomme Lucie Casté à Matignon.
Il n'y a pas d'autre alternative, il n'y a pas d'autre issue à cette crise politique que nous connaissons depuis maintenant bien trop de semaines.
Vous avez conscience que le point de blocage, c'est la France insoumise au sein du NFP ?
Mais vous savez très bien qu'on va nous dire, aujourd'hui c'est la France insoumise, demain c'est les écologistes, et à la fin ce sera l'ensemble du nouveau Front populaire. Le nouveau Front populaire, c'est inédit, il s'est accordé sur un programme ambitieux, un programme de rupture, notamment avec la politique macroniste.
La France insoumise pour ré-écarter, pour laisser les gauches accéder à Matignon et aux fonctions gouvernementales.
Mais on nous dit du matin au soir que nous avons une majorité relative, qui n'est pas une majorité suffisante, et puis ensuite on nous dit, mais attendez, il faudrait retirer les 72 députés de la France insoumise. Mais c'est complètement ubuesque, on marche sur la tête. Imaginez, on nous dit que vous n'êtes pas assez nombreux, et on va se priver d'une partie du nouveau Front populaire. Vous voyez que ça n'a aucun sens comme raisonnement. Le nouveau Front populaire, il est uni autour d'un projet. C'est pour aller gouverner, c'est pour appliquer ce projet que nous voulons aller à Matignon, mais surtout que les Françaises et les Français en ont décidé.
Sinon, qu'est-ce qui va se passer dans un an, dans deux ans, quand il y aura de nouvelles élections de législatives, voire en 2027, si ça attend 2027 ? Qu'est-ce qu'on va dire aux gens ? Allez voter, mais le résultat des urnes ne sera pas respecté. C'est la démocratie que nous sommes en train de sauver, et j'en appelle à l'ensemble des démocrates, des républicains de notre pays. Qu'ils soient d'accord ou non avec le nouveau Front populaire, il en va du respect de cette démocratie.
Et alors, c'est assez drôle, parce que le scénario heurte aussi à droite. La droite qui craint, en fait, de devenir le dindon de la farce si la situation était inversée. On peut imaginer, par exemple, si LR était arrivé premier sans majorité aux législatives. La droite n'aurait pas non plus voulu que Macron n'en fasse qu'à sa tête et tente d'imposer ses vues. Et donc, voilà, c'est un scénario, la non-participation d'un parti, un gouvernement de coalition qui ne convient ni à gauche ni à droite.
Alors, Niel, selon toi, Macron va logiquement opposer au nouveau Front populaire, et donc à Lucie Casté, leur absence de majorité dans l'hémicycle, où la coalition de gauche dispose de, on le rappelle, de 193 députés sur 577.
Oui, oui, alors c'est vrai que c'est un beau résultat aux législatives. On oublie souvent de le dire, il faut le rappeler. Mais c'est vrai que c'est insuffisant pour avoir la majorité. Alors, à l'Élysée, on... Majorité absolue. La majorité absolue, exactement. Alors, à l'Élysée, on explique que le président a fixé un cadre dans sa lettre aux Français, donc la fameuse lettre qui date du 10 juillet, dont on avait parlé lors d'une émission précédente. C'est la majorité la plus large et la plus stable possible.
La nomination du ou de la première ministre sera faite en considération de ces deux critères, sachant que la stabilité, c'est la capacité pour un gouvernement à ne pas tomber à la première motion de censure déposée. Alors, bon, on peut dire un peu que l'Élysée réécrit l'histoire en affirmant aux journalistes que le président a pris un temps utile de décantation pour poser son choix à Matignon. À vrai dire, bon, le président a plutôt semblé chercher à gagner du temps plutôt qu'à en prendre pour réfléchir à choisir la bonne personne pour le poste. Alors, on peut dire, par exemple, que le gouvernement Attal a battu le record de longévité d'un gouvernement démissionnaire, 38 jours.
C'est un record qui était alors jusque-l'heure détenu par René Maillard sous la 4e République. Regardez cette archive de l'INNAU.
Après huit jours de consultation, M. Petsch a dû renoncer à former un ministère. C'est M. René Maillard, garde des Sceaux du gouvernement sortant, qui devait parvenir, après de nombreux pourparlers, à faire l'union sur son nom.
Et donc, on assiste quand même à une situation qui est lunaire. Ou Attal propose le gel des dépenses de l'État alors qu'il en est démissionnaire. D'ailleurs, les lettres de crédit qu'il a envoyées, c'est du vent. On en parlait dans cette émission la semaine dernière. Et un conseiller ministériel en poste me rappelait hier que ça va faire trois mois que le gouvernement, en réalité, ne peut plus rien faire, à part éventuellement les postes régaliens. Et encore, à l'intérieur, c'est uniquement la sécurité pour les Jeux olympiques ou les missions normales de police.
Et on a aussi l'exemple de Nicole Belloubet, qui annonce une conférence de presse pour la rentrée, comme si elle était toujours ministre de l'Éducation nationale de plein exercice, alors que ce n'est plus le cas, comme l'a relevé d'ailleurs le site spécialisé Café Pédagogique.
Alors Emmanuel Macron veut aussi imposer à son Premier ministre quelque chose que le nouveau Front populaire ne pourra pas raisonnablement accepter, Nils.
Oui, là, alors c'est un autre obstacle et ce n'est pas des moindres. Macron exige de son futur Premier ministre qu'il ne touche pas à la détestable réforme des retraites qu'il a imposée aux Français. Rappelons-le, plus des trois quarts des Français étaient opposés au report de l'âge de la retraite ou encore à sa réforme de l'assurance chômage qui précipite des milliers de gens dans la précarité et que le nouveau Front populaire a permis d'abolir s'il arrive au pouvoir. Bref, on a un peu l'impression que le Président se passerait bien de Premier ministre. Alors c'est un ancien conseiller de Macron qui m'a dit ça en plaisantant à moitié.
Alors il faut souligner quand même par honnêteté intellectuelle qu'il n'est pas le seul à avoir voulu supprimer Matignon à gauche comme à droite. Avant lui, le socialiste Claude Bartholaine qui a été président de l'Assemblée nationale proposait en 2014 de supprimer le poste de Premier ministre tout comme d'ailleurs François Fillon. Et d'ailleurs c'est assez drôle parce que Fillon a fait cette proposition avant de devenir Premier ministre de Sarkozy qui l'humiliait d'ailleurs en parlant de lui comme de son collaborateur. Et puis d'autres politiciens ont fait cette proposition comme un certain François Hollande pas plus tard qu'en 2018, regardé sur Public Sénat.
S'il y a une étape nouvelle, et j'y suis favorable, c'est que notre régime est à la fois parlementaire, le chef du gouvernement est responsable devant l'Assemblée nationale, et présidentiel, le chef de l'État dispose de prérogatives importantes. Et il y a ce personnage, le Premier ministre, dont on ne sait pas s'il est encore le chef de la majorité. Je crois qu'Edouard Philippe n'est même pas membre du parti de la majorité. Ou s'il est un collaborateur, c'était le mot que Nicolas Sarkozy avait utilisé pour qualifier à l'époque François Fillon. Moi je considère qu'il faut, comme l'avait dit Georges Pompidou, couper le nœud gordien.
C'est-à-dire qu'il faut aller jusqu'au bout, c'est-à-dire que le président de la République doit être le seul chef de l'exécutif. Donc plus de Premier ministre. Donc plus de Premier ministre, plus de responsabilité devant le Parlement, plus de droit de dissolution. Plus le président de la République pour l'Assemblée nationale. Donc un hyper-président. Et pour éviter ce qu'on constate aujourd'hui, depuis des années, l'hyper-présidence, l'hyper-présidence n'est pas liée à la constitution actuelle, au sens où il n'y a pas les pouvoirs de tout l'exécutif. Mais le problème de notre constitution, c'est que le Parlement y est trop faible et qu'il y a une diarchie au sein de l'exécutif.
Donc je vais jusqu'au bout de la logique, qui me paraît être finalement celle de la Ve République dans sa modernité. C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait un Parlement qui ressemblera à bien des égards au pouvoir du Congrès américain, qui n'est pas rien dans un régime présidentiel, et un président de la République élu pour cinq ans, qui doit remplir son mandat et qui est forcément le chef de la majorité.
Alors on peut dire que Macron ne supporte aucune contradiction, aucune opposition et que quoi que les uns et les autres pensent, c'est bien lui qui va décider à la fin qui il va nommer, me dit cet ancien conseiller. D'ailleurs, l'entourage du président a fait part de ses réserves sur cette stratégie de latentisme. On lui a dit qu'il allait se couper davantage des Français, que ce genre de procrastination, ça passe par exemple pour la nomination de la direction du château de Versailles, mais pas pour Matignon, me confie un ministre démissionnaire cette semaine.
Et finalement, ce que révèle un peu cette séquence, c'est la défiance envers Macron, parce qu'il y a une crise de confiance après la dissolution qu'il a imposée à son propre camp. Le lien qu'il avait encore avec ses députés et ses troupes s'est cassé. On en avait parlé lors d'une émission. Une fois que le gouvernement sera installé, le nouveau gouvernement sera installé, Macron va être encore plus marginalisé. Et donc, c'est pas très étonnant que finalement, le président éprouve le besoin de prendre tout son temps.
Et si on parlait, Nils, du dernier sale coup d'Aurore Berger, pour changer ?
Oui, c'est le dernier psychodrame en Macronie. Aurore Berger change de camp une fois de plus. Incroyable ! La députée des Yvelines, qui était une grande copine de Gabriel Attal depuis son entrée au gouvernement, roule désormais pour Elisabeth Borne, à qui elle a apporté son soutien pour le poste de secrétaire général de Renaissance. Donc, en gros, c'est le poste de direction du parti présidentiel auquel l'ancienne première ministre postule. C'était dans le Parisien en exclusivité. Et donc, les pontes macronistes vont élire ce nouveau patron de parti lors du prochain congrès, qui va se tenir fin novembre le 30, je crois. Et donc, on peut dire que Berger est là, Châtal en race campagne.
Écoutez-la sur France Inter. Jeudi, ça vaut le détour.
Mon soutien, c'est pas une guerre de succession. C'est juste une vie normale d'un parti politique et démocratique et qui élit, lui, son secrétaire général. Je crois qu'elle a démontré qu'elle a été ministre, première ministre. Elle a été réélue députée dans un territoire très difficile qu'elle a disputé face au Rassemblement national. Et je crois qu'on a besoin de cet esprit collectif et de cet esprit de rassemblement dont elle est capable. C'est pas une guerre, mais elle nous dit que si Gabriel Attal est candidat, il devra forcément quitter le poste de président du groupe à l'Assemblée. Ça donne un peu le ton.
Non, mais c'est pas une guerre, tout simplement, parce qu'encore une fois, elle n'anticipe pas un calendrier. C'est prévu qu'il y ait une élection. J'ai eu l'honneur d'être présidente de groupe. Je sais l'engagement qu'il faut pour l'aide et je sais qu'on ne peut pas l'être à mi-temps. C'est un temps plein. Et je crois que Gabriel Attal, on a la chance qu'il soit président de groupe. Il a souhaité l'être. Et je crois qu'il souhaite surtout le rester.
Voilà, donc, Aurore Berger qui déclare qu'Attal est déjà président de groupe à l'Assemblée et qu'il a probablement envie de le rester. Ça donne un peu le ton quand même de leur rapport. Et puis, jusqu'à présent, comme je le disais, ils étaient très copains. Elle était la meilleure amie du premier ministre des missionnaires. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, ce qui s'est passé, c'est qu'Attal s'est fait élire président du groupe macroniste à l'Assemblée et qu'Aurore Berger s'est sentie flouée. Parce qu'elle n'avait obtenu aucun poste à sa mesure, alors qu'elle était justement… À sa mesure, selon elle. Oui, en fait, elle était présidente de groupe avant son entrée au gouvernement.
Et bon, elle voulait évidemment briller après son départ du gouvernement, puisque le gouvernement est des missionnaires. Et donc, elle voulait, par exemple, obtenir un poste à la questure de l'Assemblée. Alors, la questure, le poste de questeur, c'est un peu l'organe de contrôle de l'Assemblée interne, c'est-à-dire qu'on gère… C'est eux qui gèrent toute la partie matérielle des députés. Donc, c'est un poste qui s'accompagne de privilèges, comme de très beaux appartements pour organiser des réceptions. Voilà un siège aussi au bureau de l'Assemblée, qui est l'organe disciplinaire de l'Assemblée.
Et malheureusement, c'est raté pour Aurore Berger, parce que c'est la députée alsacienne Brigitte Klinkert, qui est aussi une ancienne ministre, une ancienne collègue au gouvernement de Aurore Berger, qui a remporté la timbale et la voiture avec chauffeur, forcément. Et donc, on ne sait pas trop si Aurore Berger a à nouveau versé des larmes de rage, comme quand elle avait échoué une première fois à rentrer au gouvernement en 2020 sous Castex. Mais effectivement, elle n'a pas du tout apprécié, selon mes informations, cette rebu fan.
Alors, on rappelle quand même, pour la petite histoire, que cette ancienne fan de Nicolas Sarkozy avait été nommée ministre par Macron lui-même pour répondre à une demande pressante des députés de son groupe qui ne supportaient plus de l'avoir à l'Assemblée, et puis d'être sous sa tutelle, qu'elle était jugée pesante, infantilisante, méchante même. Plusieurs députés, d'ailleurs, en avaient témoigné. Et puis, auprès de moi, quand j'avais fait un article à son sujet, et on retémoignait à ce sujet cette semaine lors de la préparation de cette émission.
Et Berger emmène avec elle des soutiens de poids pour Elisabeth Borne, et notamment Clément Bonne et Gérald Darmanin, qui soutiennent eux aussi l'ex-premier ministre pour prendre la tête du parti. Alors, c'est un peu la coalition des mécontents, puisque Bonne est lui aussi décidé à prendre sa revanche après avoir perdu son Marocain sous le gouvernement Attal, puisqu'il a été désavoué, il n'a pas rempli le gouvernement. Et Darmanin, lui, il est surtout intéressé pour mettre des bâtons dans les roues du premier ministre des missionnaires, qui lui a ravi la place à la tête du groupe à l'Assemblée. Écoute, est Bonne enterrée la candidature d'Attal sur TF1 cette semaine.
Alors bref, le groupe vit bien, comme on le dit souvent dans cette émission. Il faut dire que si Aurore Berger suscite tant de rejets, c'est aussi en raison de ses retournements de veste aussi spectaculaires que successifs.
Oui, alors c'est un peu la politicienne qu'on adore détester. C'est une grande fan de Margaret Thatcher. Elle a d'abord soutenu Alain Juppé, puis Nicolas Sarkozy, enfin François Fillon, au cours de sa jeune carrière, avant de rejoindre La République En Marche en 2016. Et elle a laissé un souvenir épouvantable au sujet de campagne macroniste, au point que quand certains anciens de ses collaborateurs se sont plaints de son management, c'était dans un article du Canard Enchaîné en avril dernier, ils l'ont quand même décrite d'une grande cruauté à leur égard, ce qui est quand même assez rare dans les cabines mystérielles.
Eh bien, j'avais contacté l'un de ses collègues de l'époque quand elle avait fait la campagne d'Alain Juppé, et il m'avait confié qu'il était prêt à témoigner de ses méthodes en cas de passage au tribunal des Prud'hommes. Donc, c'est pour te dire un petit peu l'ambiance qu'elle faisait régner avec ses équipes. Alors, en plus, il y avait un autre lien qui est assez méconnu entre Gabriel Attal et Aurore Berger. Aurore Berger a travaillé avec la communicante Patricia Chappat à Hopscotch. Donc, c'est un groupe international de conseils en communication. Et c'est le cas aussi de Louis Jubelin, qui est l'un des Power Rangers de Gabriel Attal. C'est son communicant.
Donc, c'est un peu le trait d'union entre le Premier ministre des missionnaires et son ancienne collègue au gouvernement. Alors, cette communicante Patricia Chappat, c'est un peu une femme d'influence. Elle a aussi participé à la campagne natale aux dernières législatives. Elle a aussi conseillé l'ancien garde des Sceaux, Dominique Perben, Godin, l'ancien maire de Marseille, ou encore Kerviel, le trader qui a fait trembler la Société Générale. Et elle préside aussi le prix Femmes d'influence qu'elle a créé, qui récompense des personnalités féminines. Bref, c'est un réseau pensé pour faire marcher le business, comme il en existe tant.
On la voit, par exemple, sur cette photo, dans un Raoult organisé avec des membres du gouvernement, il y a quelques temps, dont Aurore Berger. Comme tu peux le voir, Théo, Paris est un village. Et en tout cas, le dernier revirement de Berger ne va pas améliorer sa cote de popularité au sein des macronistes.
Mais il faut faire ce qu'il faut faire pour rester en lumière. Merci Nils et merci à vous d'avoir regardé cette émission. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez par YouTube et via email si vous nous regardez à la télé. Si vous avez quelques secondes, allez sur tnt.lemediatv.fr pour signer notre pétition et soutenir notre recours après l'attribution des fréquences TNT par Arcom. Si vous le pouvez, apportez-nous votre soutien, toujours sur tnt.lemediatv.fr. Restez connecté aux médias. Restez connecté aux médias.
Emmanuel Macron