Éric Zemmour, une candidature aux relents passéistes - Avec Richard Ferrand - C à Vous - 01/12/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00FerméeÉludée
Peut-on devenir président après avoir été condamné deux fois pour incitation à la haine raciale, M. Ferrand ?
- 1:31OuverteRéponse directe
Et sur le fond, sur ces transgressions, j'en ai cité une, mais on pourrait en citer d'autres
- 3:53OuverteRéponse directe
Je vois bien votre proximité avec Emmanuel Macron, y compris dans les mots
- 4:03OuverteRéponse directe
Le 7 novembre, vous dénonciez l'invraisemblable bienveillance des médias à l'égard d'Éric Zemmour
- 5:11OuverteRéponse directe
Ici même, Arnaud Montebourg affirmait qu'il y avait une douce tolérance du pouvoir à l'égard du polémiste
- 6:15FerméeRéponse directe
Avec des adversaires politiques également ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05Invité politiqueFait
« Les électeurs en décideront, mais surtout ce qui me frappe dans la démarche d'Éric Zemmour, c'est qu'il a le comportement du pire des politiciens, en vérité. »
- 0:24Invité politiqueFait
« Regardez, il fait son clip vidéo, son annonce avec la componction d'un prélat, et en même temps, à Marseille, il fait des doigts d'honneur. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Et au fond, on se dit que tout son discours, il a des propos extraordinairement misogynes, mais voilà qu'il dit vouloir protéger nos femmes et nos sœurs de l'hypothétique obligation de s'habiller comme ci ou comme ça. »
- 2:02Invité politiqueFait
« J'ai été condamné par une loi, donc je vais abroger la loi. Et de la sorte, je ne serai plus condamnable. »
- 2:08Invité politiqueFait
« Ensuite, il oublie de dire que le racisme, les incitations à la haine, dans notre état de droit, c'est un délit. »
- 2:16Invité politiqueFait
« C'est un pas de civilisation que de faire en sorte que qui crie à la haine soit condamné. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Mais il voudrait la figer dans le temps. »
- 2:34Invité politiqueFait
« Mais quand est-ce que la France était plus française à une époque qu'à une autre ? Sous Clovis ? Sous De Gaulle ? Sous Napoléon ? Sous Robespierre ? »
- 2:56Invité politiqueFait
« L'histoire française est un bloc. »
- 4:30Invité politiqueFait
« il sait comment ça marche mieux que d'autres. Et donc, il a bénéficié des micros tendus, comme on dit, il a bénéficié un certain nombre de choses. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Je n'en sais rien, mais je ne serais pas surpris. »
- 6:01Invité politiqueFait
« Et souvent, il dit « Écrivez-moi pour me dire comment vous voyez les choses. » »
- 6:20Invité politiqueFait
« Un adversaire politique, il n'y a zéro doute. »
Temps de parole
- Invité politique82 %
- Présentateur12 %
- Locuteur non identifié7 %
≈ 4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Peut-on devenir président après avoir été condamné deux fois pour incitation à la haine raciale, M. Ferrand ?
Les électeurs en décideront, mais surtout ce qui me frappe dans la démarche d'Éric Zemmour, c'est qu'il a le comportement du pire des politiciens, en vérité. On sent qu'il a 40 ans de cynisme derrière lui, et surtout, il n'est pas ce qu'il donne à voir. Regardez, il fait son clip vidéo, son annonce avec la componction d'un prélat, et en même temps, à Marseille, il fait des doigts d'honneur. Ce n'est pas en phase avec sa manière de se comporter. Il a choisi le jour de son annonce, le jour où précisément entré Joséphine Mecker au Panthéon.
Et au fond, on se dit que tout son discours, il a des propos extraordinairement misogynes, mais voilà qu'il dit vouloir protéger nos femmes et nos sœurs de l'hypothétique obligation de s'habiller comme ci ou comme ça. Donc ce qui est frappant, c'est son insincérité absolue, son opportunisme, et lui qui veut se présenter comme un homme différent, utilise en vérité les plus vieilles ficelles que plus personne n'utilise aujourd'hui. C'est véritablement assez pathétique de se vouloir le chantre de la lutte contre, au fond, celles et ceux qui aujourd'hui font de notre vie démocratique, en utilisant les ficelles politicardes les plus éculées.
Et sur le fond, sur ces transgressions, j'en ai cité une, mais on pourrait en citer d'autres, on a souvent parlé de son rapport à l'histoire, mais aussi là, de cette loi qui est importante pour réguler nos vies et notre façon de vivre ensemble.
Ce qui est, comment je vais dire, très choquant, mais tout l'est, donc les mondes ne veulent plus dire grand-chose, c'est l'ensemble qui est un peu obscène. C'est une sorte de berlusconnade. J'ai été condamné par une loi, donc je vais abroger la loi. Et de la sorte, je ne serai plus condamnable. Ensuite, il oublie de dire que le racisme, les incitations à la haine, dans notre état de droit, c'est un délit. Ça n'a rien à voir avec la liberté d'expression. C'est un pas de civilisation que de faire en sorte que qui crie à la haine soit condamné. J'ajoute que sur l'identité qui l'obsède, ça pose un problème de fond. Évidemment que la France a une identité.
Mais il voudrait la figer dans le temps. Il choisit la période où la France est France. Mais quand est-ce que la France était plus française à une époque qu'à une autre ? Sous Clovis ? Sous De Gaulle ? Sous Napoléon ? Sous Robespierre ? Ensuite, est-on meilleur français si on est républicain avec Clémenceau ? Monarchiste avec Bernanos ? Nationaliste avec Péguy ? Européen avec Victor Hugo ? Non. La France, c'est tout ça. L'histoire française est un bloc. Et l'identité française, c'est d'abord une mémoire. Et c'est une sorte de palincepste de la mémoire. Et notre identité s'écrit tous les jours. Donc oui, évidemment, il y a une identité française.
Mais c'est d'abord une mémoire que parfois certains français peuvent perdre et que des étrangers qui arrivent peuvent acquérir. C'est ça, la France. Ce n'est pas vouloir figer de manière artificielle dans le temps l'idée que l'identité serait ceci ou cela. L'identité, c'est quelque chose de vivant. C'est tout autant la famille arc-en-ciel de Joséphine Bakker que les radotages de ce polémiste. C'est comme ça qu'il faut considérer l'identité. Moi, je n'ai pas peur de ce mot. Dès l'instant qu'on en prend une exception qui comprend que c'est une mémoire. Ce sont des couches sédimentaires de ce que nous avons vécu et que ceux qui vivront après nous, français, vivront différemment.
Je vois bien votre proximité avec Emmanuel Macron, y compris dans les mots. Pas l'impseste, vous lui avez piqué. Il vous fait ça plusieurs reprises.
Vous soufflez ? Ah oui, c'est peut-être dans ce sens-là. Le 7 novembre, vous dénonciez l'invraisemblable bienveillance des médias à l'égard d'Éric Zemmour. Il faut se réveiller collectivement. Seuls les médias sont responsables de s'apercer dans les sondages ?
Non. Non. D'ailleurs, je n'ai pas voulu... Semblant voulu dire que, comme il faisait le buzz en permanence dans toute une série de déclarations provocatrices, et il le faisait pour ça, comme il vient du milieu, il sait comment ça marche mieux que d'autres. Et donc, il a bénéficié des micros tendus, comme on dit, il a bénéficié un certain nombre de choses. Moi, j'ai déjà discuté avec un certain nombre de vos confrères qui eux-mêmes me disent que dans leur rédaction, ce n'est pas toujours simple de savoir comment traiter un objet politique non identifié comme celui-là. Eux-mêmes, ils se posent des questions, et je le comprends. Mais il y a aussi le fait que...
Il est de la profession, et il est connu sans doute sous des dehors sympathiques ou agréables, de sorte qu'il est toujours plus difficile de traiter avec distance quelqu'un qu'on connaît que quelqu'un qu'on ne connaît pas. C'est cela que j'ai voulu dire lorsque j'ai exprimé ce propos que je pourrais tenir aujourd'hui.
Ici même, Arnaud Montebourg, candidat à l'élection présidentielle, affirmait qu'il y avait une douce tolérance du pouvoir à l'égard du polémiste qui n'était pas encore candidat. Éric Zemmour, lui-même, dans son dernier ouvrage « La France n'a pas dit son dernier mot », raconte par le menu un long entretien téléphonique avec le président, 45 minutes au cours desquelles Emmanuel Macron lui aurait demandé une note concernant un plan sur l'immigration auquel il réfléchit. Un faux ? Un tox ?
Je n'en sais rien, mais je ne serais pas surpris. Le président de la République, précisément, n'est pas un homme seul, enfermé, isolé. Et lorsqu'il a des rencontres dans ses déplacements n'importe où en France, lorsqu'il entend tel ou tel propos, il peut prendre son téléphone, appeler, dire « Mais pourquoi vous pensez ça ? » etc. etc. Il s'intéresse, il s'interroge. Et souvent, il dit « Écrivez-moi pour me dire comment vous voyez les choses. » Ce n'est pas « Je vous ai demandé un plan, quoi plus aussi, un ministre peut-être ? » Non, c'est de dire, mais il le fait avec... Je vous dis, lorsqu'il vient...
Avec des adversaires politiques également ?
Mais bien sûr !
Ce qu'est Éric Zemmour aujourd'hui ?
Mais bien sûr ! Un adversaire politique, il n'y a zéro doute. Mais ce n'est pas parce que vous demandez à un adversaire politique, à quelqu'un avec qui dont vous ne partagez pas les idées, soyez plus explicite, dites-moi comment vous voyez les choses, etc. que soudain, vous en seriez complice. J'ajoute que le rôle du président de la République, après tout, c'est d'être véritablement à l'écoute des Français et de demander à tous, y compris à ceux qui font du rafu, écoutez, explicitez un peu votre pensée, ça m'intéresse. Donc, je ne sais pas si c'est vrai, ça ne m'étonnerait pas, et s'il l'a fait, c'est plutôt bien.