Marie Brunet, quand le classique devient contemporain
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Pourquoi la clarinette ? C'était ma première question.
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Pourquoi est-ce que vous avez choisi, à l'âge de 7 ans, de vous orienter vers cet instrument-là plutôt qu'un autre ?
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Quel poste vous occupez dans cet orchestre ?
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Qu'est-ce que ça signifie justement pour les gens comme moi, d'ailleurs, qui ne connaissent pas les orchestres ?
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Mais qu'est-ce que l'on vient d'écouter ?
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Vous avez longtemps joué seule, en solo, comme on dit, de la clarinette. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager dans des groupes ou à jouer d'une façon plus collective ?
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France Culture, les matins d'été, Quentin l'a fait.
Jusqu'au 22 juillet au cœur de Paris se déroule le 23ème Festival Européen des Jeunes Talents. L'objectif, mettre la lumière sur de jeunes musiciens professionnels issus de grands conservatoires européens. Parmi eux, parmi elles, cette année, une clarinettiste de 24 ans, Marie Brunet. Une clarinettiste à l'Orchestre d'Harmonie de la Garde Républicaine. Ce soir, elle présentera une carte blanche avec le quatuor Zahir, un concert intitulé « Danes orientales et autres novelettes » où elle jouera du Bartok, du Stravinsky, entre autres. Elle nous en parlera et pour évoquer justement sa vocation, sa pratique, sa vision de la carte blanche qu'elle donnera ce soir. Bonjour, Marie Brunet. Bonjour.
Et pourquoi la clarinette ? C'était ma première question. Pourquoi est-ce que vous avez choisi, à l'âge de 7 ans, de vous orienter vers cet instrument-là plutôt qu'un autre ? Pourquoi la clarinette plus que tout autre ?
Alors, en fait, tout simplement, c'est mon grand frère qui m'a montré la voie vers la musique. Il a deux ans de plus que moi, donc il a commencé avant moi. Et donc, un jour, je suis allée écouter un de ses concerts. Il jouait en orchestre d'harmonie. Et donc, les orchestres d'harmonie, les clarinettes, elles sont au premier rang. Elles sont à la place des violons. Et je suis tombée sous le charme de l'instrument, de la clarinette. Et j'ai dit, mes parents, c'est ça que je veux jouer.
Et aujourd'hui, vous êtes clarinettiste au sein de l'orchestre d'harmonie de la garde républicaine. Quel poste vous occupez dans cet orchestre ?
Alors, je suis au poste de petite clarinette solo.
Qu'est-ce que ça signifie justement pour les gens comme moi, d'ailleurs, qui ne connaissent pas les orchestres ?
Alors, du coup, la petite clarinette, c'est une clarinette plus aiguë. J'en prie. Et du coup, en fait, dans l'orchestre d'harmonie, il n'y a pas de cordes. Et donc, les clarinettes jouent le rôle des violons. Donc, nous, en fait, on joue pas mal de... Donc, on joue des pièces pour harmonie. Mais on joue aussi des pièces arrangées qui sont tirées d'œuvres symphoniques. Et du coup, nous, on joue les parties de violon.
Allez, justement, on va vous écouter. On vient de vous entendre, Marie Brunet. Mais qu'est-ce que l'on vient d'écouter ?
Alors, donc là, c'était un extrait du deuxième mouvement de la pièce Prélude, canon et riff d'Alexis Siasla. Et donc, c'est un extrait d'une pièce qu'on va jouer ce soir.
Et que vous jouez ce soir ?
C'est ça, exact.
Vous avez longtemps joué seule, en solo, comme on dit, de la clarinette. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager dans des groupes ou à jouer d'une façon plus collective ?
C'est vrai qu'en tant que musicien, on travaille quand même beaucoup seul pour se perfectionner son jeu. Mais avant tout, si on travaille, c'est aussi pour partager sa passion avec des amis, faire des rencontres. Et c'est pour ça que j'affectionne particulièrement de jouer en musique de chambre et de jouer dans des orchestres.
Est-ce que c'est important pour vous de participer au 23e Festival Européen des Jeunes Talents ? Et même, qu'est-ce que ça signifie pour vous, au fond, être un jeune talent sans dire que vous vous identifiez à cela ? Mais plutôt, est-ce que vous vous identifiez à cette nouvelle génération de musiciens et de musiciens professionnels ?
C'est une chance, avant tout, de pouvoir jouer dans ce cadre-là. Surtout entouré de musiciens comme le Quatuor Zahir, qui ont plus d'expérience que moi. Et c'est très, très enrichissant d'avoir travaillé avec eux. Et de se produire dans des beaux lieux comme ça, c'est vraiment une chance.
Et on le disait, ce soir, vous jouerez du Bartók, du Stravinsky. Est-ce que c'est, au fond, un voyage vers l'Est de l'Europe, vers l'Est tout court que vous proposerez ?
C'est ça, voilà. On va un peu vers la danse. C'est un programme assez festif. C'est très bien pour l'été.
Et bien, on va écouter un deuxième extrait. C'est la même pièce, Marie Brunet, que l'on est en train d'écouter ?
Exact. Du coup, c'est un extrait du troisième mouvement de la même pièce. C'est un mouvement plus rythmique, une autre atmosphère où ça groove un peu plus.
On l'entend bien. Et vous nous disiez, en préparant cette matinale, en préparant cette émission, que depuis toute petite, on vous avait appris à bien respecter la partition. Et peut-être que ce qui vous plaisait un peu plus aujourd'hui, c'était de sortir de la partition, de sortir du texte, si je puis dire, pour proposer une vision, pour proposer une interprétation. C'est ça qui vous plaît aujourd'hui dans la clarinette, Marie Brunet ?
Exactement. C'est un peu le but de progresser toute la vie, de s'approprier de plus en plus les pièces qu'on joue. Et aussi, en les retravaillant, à un moment, on travaille une pièce et on la reprend peut-être cinq ans plus tard. On a une autre vision et on s'approprie plus la pièce. Et c'est vrai que c'est ça qu'on recherche en tant que musicien, de se libérer de la partition et de prendre des inspirations.
Est-ce que pour se libérer de la partition, est-ce qu'aujourd'hui, vous admettez qu'il fallait d'abord la maîtriser, qu'il fallait d'abord passer par la maîtrise du solfège, de la technique, de la clarinette, avant de pouvoir proposer votre propre vision ?
Évidemment, c'est la base. C'est pour ça qu'on fait tant d'années d'études. Il faut quand même avoir des bonnes bases solides pour pouvoir être libre et laisser son imagination.
Et laisser votre interprétation jaillir. Une dernière question. Comment s'est noué votre partenariat avec le Quatuor Zahir ? Avec lequel vous jouerez ce soir ?
Alors, en fait, moi, du coup, je suis à l'Orchestre d'harmonie de la Garde républicaine avec Florent, qui joue du saxophone ténor dans le Quatuor. Et du coup, ça fait un an qu'on se connaît. Et en fait, c'est rigolo parce que moi, je viens de Toulon. Et lui est professeur de saxophone au concerteur de Toulon depuis quelques années. Donc, c'est le collègue de mes tout premiers professeurs de musique. Et donc, voilà, c'est une collaboration un peu amicale et une belle rencontre.
Si on veut vous entendre, Marie Brunet, vous écoutez ce soir au 23e Festival européen des jeunes talents. Où est-ce qu'il faut se rendre et à quelle heure ?
Alors, c'est à 20h à la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens.